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L’orgueil (selon le rav Kook)

+ Manque d'estime de soi :

-> "Moins on a confiance en soi, plus on recherche la reconnaissance extérieure. Ce n’est que lorsque l’on se sent petit au fond de soi que l’on aspire à être admiré et loué par les autres, tant pour ce que l’on possède que pour ce que l’on n’a pas.
C’est pourquoi il est de notre responsabilité de renforcer notre estime de soi.
En conséquence de cela, notre langage et nos relations envers nous-mêmes et les autres s’ajusteront de manière appropriée.
[rav Avraham Kook - Maamaré haRéiya - Kavod 4 ]

-> Des traits de caractère diamétralement opposés s’entremêlent lorsque l'orgueil atteint son paroxysme et que l’on se croit parvenu à la perfection ultime. On ne ressent plus le besoin de chercher ni de tendre vers une plus grande excellence. Cela conduit l’âme, dont la nature est de toujours rechercher sa véritable valeur, à se sentir vide et sans valeur.
À cause du poison de l'orgueil, on est dépourvu de cette valeur qu’est la quête de croissance, et par conséquent, la vie perd son sens. Afin de combler ce grand vide, on commence à rechercher l’approbation des autres.
Ainsi, le sentiment exagéré de sa propre grandeur conduit en réalité à une faible estime de soi. On choisit d’être asservi aux réactions de son entourage et on ira jusqu’à prendre des mesures extrêmes pour plaire aux autres.

Mais cet effort ne nous vaudra qu’une approbation superficielle de la part des autres, et il ne faudra pas longtemps avant que même cet effet ne s’estompe complètement, à moins que le désir de gagner l’approbation des autres ne s’intériorise au point que la personne perde entièrement son sens de l’identité, et avec lui, tout sentiment d’estime de soi.
[Ein Aya - Shabbat 2, p.90 ]

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+ Un amour de soi sacré :

-> L'amour que l'on porte à soi-même peut s'exprimer de manière grossière et se corrompre, incitant à commettre des actes malveillants et engendrant de mauvais traits de caractère. Plus les talents et les capacités d'une personne sont grands, plus cette autodestruction entraînera la destruction du monde.
D'un autre côté, l'amour de soi peut être sacré (saint) et idéal. Tout dépend de la mesure dans laquelle on perfectionne son esprit, ses sentiments et ses actions. Car lorsque l’on s’améliore et que notre bon côté grandit jusqu’à remplir tout notre être, notre regard sur la réalité s’illumine de joie, car nous contemplons la valeur intérieure de toutes choses.
Et la réalité est véritablement bonne lorsque la personne qui la contemple, la vit et agit en son sein est bonne.
[Shmoné Kévatsim 1:115 ]

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+ Une fierté sainte :

-> Il faut analyser les sentiments de fierté qui existent au plus profond de notre âme et apprendre à faire la distinction entre l'orgueil, qui ruine notre relation avec nous-mêmes ainsi qu’avec Hachem, et la confiance en soi, qui élargit notre esprit et nous rappelle notre importance spirituelle.
Il arrive souvent que notre cœur soit submergé par une confiance qui, à première vue, ressemble à de l’orgueil. Pourtant, en examinant ce sentiment, on s’aperçoit qu’il s’agit en réalité d’une âme remplie d’assurance divine.
(ex: fierté d'avoir une partie divine en nous, d'être juif, un enfant chéri d'Hachem ; ou bien d'avoir de super qualités provenant d'Hachem qu'on pourra exploiter en Son honneur)

Si l’on tente de prendre ses distances par rapport à cette "orgueil", non seulement on ne fait rien pour son âme, mais on paralyse également toutes ses forces spirituelles.
Cela mènera à la tristesse, et l’on croira que cette tristesse est une proximité avec Hachem alors qu’il s’agit en réalité d’un éloignement ultime de Lui.
[Maamaré haRéiya - Gaava 7 ]

-> Lorsque l’on se sent tellement accablé qu’on ne peut même pas faire le plus petit pas vers la croissance (spirituelle), il est nécessaire de se relever grâce à la qualité de la fierté sainte.
Il faut se considérer d’une manière entièrement positive et trouver les qualités au cœur de tous ses défauts. Car lorsque l’on se concentre sur la recherche de ses qualités, ses erreurs se transforment immédiatement en bien.
En effet, on commence à découvrir tant de qualités en soi que l’on en est comblé de joie, et chaque jour verra se multiplier ses actions positives.
[Maamaré haRéiya - Gaava 26 ]

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+ Se méfier de la fausse humilité :

-> Il arrive parfois qu’une personne devienne extrêmement sûre d’elle sous l’effet d’un élan de fierté (orgueil) sacrée. C’est à ce moment-là qu’elle se trouve au niveau du Saint des Saints et prononce des paroles de feu. Dans cet état, elle se met en colère contre tout esprit mesquin qui tente de lui insuffler une fausse humilité. Car en vérité, cette assurance est empreinte d’une humilité mêlée de force, de bonheur et d’un amour qui pousse à voir chacun réussir.
[Maamaré haRéiya - Gaava 27 ]

-> b'h, l'humilité (selon le rav Kook) : https://todahm.com/2016/08/11/lhumilite-selon-le-rav-kook

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+ L'orgueil détruit le désir de s’améliorer :

-> L'orgueil endort la volonté d’une personne. Et lorsque la volonté est faible, aucune qualité potentielle (en nous) ne peut se concrétiser (se traduire dans la réalité). [notre autosatisfaction peut nous anesthésier spirituelle, nous autosuffire de notre niveau actuel ]
[rav Avraham Kook - Maamaré haRéiya - Gaava 7 ]

-> Lorsque l’on ignore la négativité qui est en soi, que l’on ne se concentre pas sur le fait de s'améliorer, que l’on ne reconnaît pas la laideur de cette négativité, et que l’on se croit ensuite vertueux ... voilà l’essence même de l’orgueil.
En revanche, lorsqu’une personne s’efforce à tout moment de s’améliorer, pour transformer le mal en bien, l’amer en doux, les ténèbres en lumière ; pour ressentir avec honnêteté la douleur spirituelle qui l’habite ; pour prendre conscience de ses propres imperfections, alors une telle personne est considérée comme un maître de l’introspection.
[Shiv'hé haRéiya - 6:254 ]

Lorsque le machia'h viendra, il se tiendra sur le toit du Temple et s’écriera : "Anavim, anavim (ô humbles, ô humbles), l’heure de votre rédemption est venue". [Yalkout Chimoni - Yéchayahou 62,60]

Le machia'h appelle les humbles, car c’est grâce à ces personnes que la rédemption (guéoula) viendra.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

Orgueil – A chaque action un juif peut changer le monde entier

Ai-je un conseil qui puisse inspirer et encourager une personne à servir Hachem avec joie et dévouement? ... La vérité est qu’il est extrêmement difficile d’expliquer en quelques mots ne serait-ce qu’un seul des principes du véritable travail spirituel ...
Et pourtant, cela dit, je ne m’empêcherai pas de vous exposer une grande leçon spirituelle. Bien sûr, même cette idée ne sera véritablement comprise qu’après avoir été examinée et étudiée de manière beaucoup plus approfondie. Mais elle peut tout de même contribuer à motiver une personne vers un plus grand amour d'Hachem et de la sainte Torah.

... Toute paresse et toute fatigue qu’une personne éprouve trouvent leur origine dans son manque de conviction (ex : parfois par fausse humilité : je ne suis que poussière donc mon acte doit avoir peu d'impact), que par ses propres actions, étudier la Torah, accomplir les mitsvot, prier et s’améliorer, elle transforme réellement l’univers tout entier pour le mieux.

C’est pourquoi Hachem a éclairé nos yeux grâce aux paroles sacrées des véritables maîtres kabbalistes.
Ces sages nous ont expliqué à quel point toutes nos actions sont d’une importance capitale pour transformer l’univers tout entier.
[rav Avraham Kook - Igrot HaRéiya 1 - p.339 - dans lettre au rav Tzvi Hirsch Weisfish en mai 1910 ]

Le juste (tsadik) prend conscience qu’il vit (comme tout juif) sous la protection de la Chékhina. Fort de cette prise de conscience, il fera naturellement preuve d’humilité et de modestie.
[...]

En faisant preuve d’humilité, une personne dompte l’ange du mal Samaël et élève l'ange Michael, l’ange gardien du peuple juif.
Lorsque le peuple juif agit avec humilité et s’abaisse [devant la grandeur et l'omniprésence d'Hachem], alors il élève l'ange Michael.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Chéla'h Lé'ha 13,13 ]

Nous pensons que nous devons travailler très dur dans la avodat Hachem pour remplir nos obligations. Nous avons l’impression de devoir faire plus que ce dont nous sommes capables afin de plaire à Hachem. À cause de cela, nous nous refusons de mener une vie de délivrance personnelle, une vie de joie, de paix, de clarté d’esprit, ...

Le tikoun pour y remédier consiste à renforcer notre émouna en nous-mêmes. Nous devons croire que chaque petite chose que nous faisons dans la avodat d'Hachem illumine tous les mondes supérieurs et inférieurs et procure au Créateur une joie incroyable.
Chaque bénédiction et chaque mot de la Torah sont très précieux aux yeux de Hachem. Hachem n’attend pas de nous que nous soyons parfaits.
[rav David Kivak - rapportant Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,86 ]

Humilité & mériter qu’Hachem soit une couronne

-> Rabbi Elazar rapporte que Rabbi Hanina dit : Hachem est destiné à être une couronne sur la tête de chaque juste, comme il est dit : "En ce jour-là, l’Éternel des armées sera une couronne de gloire et un diadème de beauté pour le reste de son peuple" (Yéhayahou 28,5).
Que signifie l’expression : "Une couronne de gloire et un diadème de beauté"?
Cela signifie : une couronne pour ceux qui accomplissent sa volonté et un diadème pour ceux qui attendent son salut.
On pourrait penser que cela s’applique à tous ceux qui appartiennent à ces catégories. C’est pourquoi le verset précise : "pour le reste de son peuple", ce qui signifie que Hachem sera une couronne et un diadème pour celui qui s’établit humblement se considérant comme un reste (il ne se comporte pas avec orgueil, arrogance).
[guémara Sanhédrin 111b]

-> Nos Sages expliquent qu’à l’avenir, Hachem sera une couronne sur la tête de ceux qui sont justes et humbles, car il n’y a pas de vertu plus grande que l’humilité.

Si une personne est humble, [comme] pressée et piétinée par tous, à l’avenir, Hachem sera une couronne pour elle (il ajoute comme condition le fait de respecter sa brit mila).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tétsavé 27,20 ]

L’orgueil

-> L'orgueil est le plus méprisable de tous les traits de caractère. Nos Sages disent qu'une personne arrogante chasse la Chékhina du monde (Sotah 5a) ; Hachem dit à propos d'une telle personne : "Lui et moi ne pouvons pas cohabiter dans le même monde".
Une personne orgueilleuse ferme les yeux et le cœur et refuse de réfléchir à qui elle est vraiment et à quoi elle a bien pu se trouver pour être si orgueilleuse.
A-t-elle vraiment accompli quoi que ce soit par elle-même? Elle n’est rien de plus que de la chair et du sang, des vers et des asticots. [nos capacités (dont le fait de vivre) ne sont possible à chaque seconde que par décret du Ciel le permettant. ]
A ce sujet, nos Sages ont commenté le verset : "Toute chair viendra se prosterner devant Moi, dit Hachem" (Yéchayahou 66,23) : ils ont dit que si une personne se considère comme de la simple chair, elle méritera de se prosterner et de se présenter devant Hachem (ibid.). Cela exclut une personne qui se considère comme une personne importante méritant prestige et honneur.

Il est dit dans le Michnat 'Hassidim (Massé'het HaTéchouva 2,1) que, d’ordinaire, les forces de l’impureté ne s’emparent que des deux dernières lettres du Nom d'Hachem (le וה de יהוה).
Cependant, une personne orgueilleuse fait en sorte que ces forces [du mal] s’emparent également même du יה, les deux premières lettres.
C’est pourquoi le mot גאוה (gaava - orgueil) a une valeur numérique de 15, ce qui correspond aux lettres יה ; cela indique qu’une personne orgueilleuse entache le Nom יה et renforce les autres dieux.
[...]

Par son orgueil, une personne cause un terrible préjudice au monde et donne un immense pouvoir à l’ange maléfique Samaël ...

La personne orgueilleuse est immédiatement jugée au Ciel par Michael, le Cohen Gadol qui règne là-haut.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tazria 13,2-3]

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=> en étant orgueilleux, non seulement on se déclare dieu (au détriment d'Hachem), mais on renforce les forces du mal.

Plus un juif est humble, plus il est grand

-> Voici une prière d'humilité à Hachem du rav Kook :
Maître de tous les mondes, je déverse mes paroles devant Toi. Ne m’empêche pas de rencontrer Ta grandeur. La véritable grandeur n’est-elle pas l’humilité?

Je suis conscient de mon humilité et de mon néant. Néanmoins, ne me prive pas de la force nécessaire pour m’approcher de Toi, la Lumière de la vie et la Source du bien.
Il n’y a pas de fin à la grandeur que mon cœur ressent du fait que je suis l’une de Tes créations.
S’il y a parmi Tes créations celles que je regarde de haut, qui sont imparfaites à mes yeux, c’est uniquement à cause de ma folie.
Toi seul, Source de sagesse, connais Ta grandeur, et par la puissance de cette grandeur, toutes Tes créatures sont précieuses. Elles sont Tes œuvres. D. grand et merveilleux.

Il me suffit d’être considéré comme l’une des créatures de Tes mains ; cette vérité couvre toutes mes imperfections.
Je m’approche de Toi, mon Roi, avec une sainte crainte. Sauve-moi. Sauve-moi de toutes mes fautes.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Yad Kodcho 1 - Pinkas Yérouchalayim 18 ]

Faire bon usage de l’orgueil

-> "Quelle est la différence entre les disciples de notre ancêtre Abraham et les disciples de Bil'am?" (Pirké Avot 5,19)

-> La question ici est évidente. La réponse est que même les disciples d’Avraham possèdent le trait d’un esprit orgueilleux (rempli de fierté), et l’inverse est également vrai, à savoir que les disciples de Balaam possèdent le trait d’un esprit humble.
La seule différence est que les disciples de Bil'am utilisent leurs traits dans les affaires matérielles, tandis que les disciples d’Avraham les utilisent dans les questions spirituelles.
Autrement dit, les disciples d’Avraham élèvent leur cœur au service d'Hachem grâce à leur esprit orgueilleux et aspirent à accomplir de grandes œuvres, tandis que les disciples de Bil'am se considèrent comme indignes en raison de leur esprit humble et se dispensent d’accomplir la volonté d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 68]

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-> L’idée que nous ne méritons pas de servir Hachem est un obstacle spirituel pour quiconque vit en ayant conscience de la grandeur d'Hachem et de l’insignifiance relative de l’homme.
La seule façon de surmonter cette idée est de réaliser que même les êtres spirituels les plus impressionnants sont insignifiants devant Hachem, tout comme l’est la grandeur du cosmos.
Néanmoins, au-delà de toute compréhension humaine et au-dessus de toute raison humaine, le D. infini a choisi l’homme mortel infinitésimal sur ce grain de poussière qu’est la planète Terre pour Le servir et parfaire Sa création.
Faire l’expérience de cette prise de conscience est en effet à la fois la quintessence de l’humilité et, paradoxalement, le summum de la fierté (orgueil), et c’est le point où le "je" humain, se dissout dans le "Je" divin.

"On ne doit se lever pour prier qu’avec koved roch (lourdeur de la tête ; humilité)" (guémara Béra'hot 30b).
Le sens est que lorsqu’on prie avec kavana, Hachem est glorifié dans le "Monde de la Parole". Cela apporte la glorification dans tous les mondes, ainsi que sur [celui qui prie].
On doit donc veiller à ne pas cesser le dvékout (l’attachement [à Hachem]), c’est-à-dire qu’on ne doit pas penser à s’autoglorifier (enorgueillir) sous prétexte de prier avec une grande kavana.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 123]

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[cela implique que nous devons avoir conscience de la grandeur de la prière de chaque juif, de son impact énorme dans tous les mondes.
On doit donc être fier de nous (une sorte d'orgueil de nous qui nous pousse à apprécier et profiter de chaque prière!), tout en reconnaissant que ce pouvoir extraordinaire provient d'Hachem. ]