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Réflexions sur la yirat Chamayim

+ Réflexions sur la yirat Chamayim :

-> Le rav Eliyahou Lopian enseigne que le but ultime qu'une personne doit s'efforcer d'atteindre est la yirat Chamayim (crainte du Ciel). Seule une personne dotée de bonnes midot peut atteindre une telle grandeur.

La racine des bonnes midot et de notre relation avec autrui est le 'hessed, qui signifie voir et ressentir la situation dans laquelle se trouve une autre personne.
Nos Sages enseignent que cette caractéristique est la clé pour atteindre la yirat Chamayim.

-> Le rav Wolbe (Alé Shour) explique cela par une analogie simple.
Un homme est assis dans sa chambre, les rideaux fermés. Il regarde autour de lui et ne voit que ses propres possessions et ses propres besoins. Il est complètement absorbé par son propre mode de vie. Il ne voit rien au-delà des murs de son monde privé. Soudain, quelqu'un tire les rideaux et ses yeux s'ouvrent sur un monde immense à l'extérieur. Il y a d'autres maisons, des gens qui marchent, des voitures sur la route et des avions qui volent au-dessus.
En un instant, il prend conscience de tout ce qui se trouve à l'extérieur.

Une personne qui vit dans l'état d'esprit "il y a Moi-même, et en dehors de moi il n'y a rien" (Yéchayahou 47,8), ne voit rien d'autre que lui-même et ses propres besoins. Il ne peut pas voir les autres. Il ne peut certainement pas voir Hachem.

Comme l'a dit un jour le rav Avigdor Miller : "Si vous ne pouvez pas remercier votre mère qui se tient devant vous pour le repas qu'elle vient de vous servir, alors vous pouvez être sûr que vous ne remerciez pas Hachem pour tout ce qu'Il fait pour vous, même si vous faites une très longue prière de la Amida et que vous vous prosternez très bas à Modim".

Comme le disent nos Sages (midrach haGadol) : "quelqu'un qui nie la faveur que son ami a faite pour lui finira par nier le bien qu'Hachem fait pour lui".

Mais quelqu'un qui pratique le 'hessed a ouvert ses rideaux au monde, et est capable de voir et de sentir les autres. Une fois ses yeux ouverts, il verra également Hachem dans le monde. Il verra la grande sagesse d'Hachem visible dans toute la nature. Il prendra conscience de l'infinie bonté avec laquelle Hachem fournit nourriture et subsistance à des milliards d'êtres humains et à l'ensemble des animaux, des poissons, des oiseaux et des insectes. Il observera la main d'Hachem qui guide sa vie personnelle et l'ensemble de l'histoire.

Cette prise de conscience est appelée yirat Chamayim.
Bien que yirat Chamayim soit généralement traduit par "crainte d'Hachem", les commentaires expliquent que la racine de yirat Chamayim est : réé, ce qui signifie "voir".
Il ne s'agit pas d'avoir peur d'Hachem, mais plutôt d'en être conscient.

Selon le rav Shimshon Raphael Hirsch ('Horev - chap.8) : "la pensée de Sa grandeur ne vous quitte jamais, et partout, toujours et en toute chose, vous voyez le D. tout-puissant, grand, créatif, omniprésent, qui gouverne tout ... la yirat Hachem signifie, strictement, voir D. partout et sentir notre propre petitesse dans Sa grandeur"
[ le résultat d'une telle prise de conscience est d'avoir peur d'Hachem, et de ne pas Lui désobéir ou de faire quoi que ce soit qui ne soit pas en accord avec Sa volonté. ]

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-> La guémara (Béra'hot 12b) nous enseigne que le verset : "Ne vous égarez pas après vos ... yeux" (lo tatouru a'haré ... éné'hem - Chéla'h Lé'ha 15,39) est une mise en garde contre la négation de l'existence d'Hachem.
C'est curieux. Nous associons normalement le fait de suivre ses yeux à la poursuite de désirs et de convoitises, alors que l'existence d'Hachem est un concept philosophique et idéologique. Comment comprendre alors l'affirmation de la guémara?

Le rav El'hanan Wasserman (Aggadeta - Kovets Maamarim) se demande comment il est possible de nier l'existence du Créateur. Les preuves qui attestent de la présence d'un Créateur sont tellement indéniables qu'elles sont écrasantes. [comment avec toute la perfection et les miracles du corps humain, de la nature, ... on peut affirmer que tout cela est le fruit du hasard.]
Le midrach rapporte que Rabbi Akiva a dit à un moqueur, que de la même manière qu'un vêtement tissé témoigne de l'existence d'un tisserand et qu'un livre témoigne de l'intelligence de son auteur, l'éclat insondable de tout ce qui existe dans le monde témoigne de l'intelligence d'un Être qui les a fait naître.

Rav El'hanan Wasserman conclut que c'est un trait inaltérable de la nature humaine que les désirs d'une personne influencent sa pensée.

Le plus grand désir des gens est de profiter des plaisirs de ce monde et de vivre une vie de "liberté", faire ce qu'ils veulent sans rendre de comptes à personne. Leur devise est "mangez, buvez et soyez joyeux car demain nous mourrons" (d'après Yéchayahou 22,13 et Kohélet 8,15).

Cette pulsion extrêmement puissante est le plus grand de tous les pots-de-vin qui aveugle et ridiculise les personnes les plus intelligentes. Pour satisfaire cette soif ardente de plaisir, ils doivent éliminer Hachem du tableau.
La reconnaissance d'un Créateur, qui a construit le monde dans un but précis et exige que nous contrôlions nos désirs et que nous nous soumettions à Sa volonté, limite fortement une vie de frivolité insouciante et de fautes.

Le seul moyen de vivre comme ils le souhaitent est d'en venir à nier l'existence d'Hachem. C'est pourquoi ils créent des théories et des hypothèses absurdes et ridicules pour calmer leur conscience et leur permettre de poursuivre leurs désirs.
Pour reprendre les termes du rav Wasserman, ils deviennent comme des ivrognes ; sous l'influence de l'alcool, même le plus grand des esprits est incapable de penser correctement.

C'est pourquoi nos Sages ont enseigné que l'interdiction de suivre ses yeux est une mise en garde contre le refus d'Hachem.
La véritable source de l'athéisme n'est pas une perspective philosophique, mais plutôt l'envie de l'homme de suivre ses désirs et ses envies. [on est aveuglé! ]
En revanche, une personne qui contrôle ses pulsions physiques conserve son intelligence humaine pure et intacte, et peut ainsi voir clairement la vérité la plus évidente et la plus indéniable, à savoir qu'Hachem a créé le monde et contrôle chaque chose qui s'y passe.
[un juif doit tendre vers : "chiviti Hachem lénegdi tamid (Téhilim 16,8 = à l'image du roi David : placer constamment face à nous Hachem ]

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-> La racine du mal :
-> Le rav Eliyahou Dessler (Kountress ha'Hessed - Mikhtav méEliyahou, vol.1) développe l'idée fondamentale qu'il existe 2 types de personnes dans le monde : les donneurs et les preneurs.
Un donneur est quelqu'un qui se consacre à aider les autres dans la mesure de ses capacités, alors qu'un preneur est totalement égocentrique et fait tout ce qu'il peut pour prendre aux autres et au monde tout ce qui peut améliorer son confort et son bonheur personnels.

Ce qui pousse un homme à suivre ses désirs et ses envies, c'est d'être un preneur.
Il veut tout ce qui lui permet de se sentir bien, et il est prêt à toutes les extrémités pour atteindre ce but. Plus il est tourmenté par ce trait de caractère, plus il courra après tous ses désirs.

Le rav Dessler conclut que, comme l'a expliqué le rav Wasserman, il finira par nier la présence d'Hachem dans le monde, car c'est le seul moyen pour lui de poursuivre sa course aveugle vers l'autosatisfaction.

Quel est le remède à cela? Comment retrouver la foi en Hachem?
Le seul moyen est de cesser d'être un preneur. Cela nous libérera de notre insatiable désir humain/animal d'autosatisfaction, ce qui à son tour, ramènera notre esprit à notre état pur et naturel (lié à notre source spirituelle divine élevée), un état dans lequel on voit clairement Hachem dans le monde.

Comment éliminer la tendance à prendre? En donnant !
Chaque acte de 'hessed (bonté), qui consiste à sortir de sa zone de confort pour penser à quelqu'un d'autre et l'aider, inculque lentement à l'individu le sens du don, tout en détruisant simultanément lentement notre désir de prendre.

Selon la guémara (Baba Batra 10a) : "Si quelqu'un donne ne serait-ce qu'une prouta [une petite pièce de monnaie] à un pauvre, il mérite de voir la Chékhina.
Par ailleurs, Rabbénu Yona (Béra'hot 21a, dans les pages du Rif) explique que même si Hachem n'est pas visible à l'œil humain, Sa présence et Son implication dans le monde peuvent être perçues en étudiant les merveilles du soleil, de la lune et des constellations. Être mekabel pnei Shechinah signifie acquérir une conscience accrue d'Hachem.
Une personne peut également acquérir cette conscience accrue d'Hachem en donnant de la tzedakah, car son esprit est désormais plus apte à comprendre Hachem dans le monde. [on se débarrasse de couches d'égo, on éveille notre sensibilité au divin (qui est présent dans autrui - âme)]

L'un des moments forts de la prière de Rosh Hachana et de Yom Kippour est la déclaration : "La téchouva, la téfilla et la tsédaka éliminent tous les mauvais décrets".
Ceci est basé sur la guémara (Yérouchalmi Taanis 2) qui cite comme source de la tsédaka le verset dans lequel Hachem exhorte les juifs : "Cherchez Ma présence" (Téhilim 27,8). Nos Sages ont compris que si Hachem nous supplie de Le trouver, c'est-à-dire de devenir plus conscients de Sa Présence, cela doit signifier qu'Il nous demande de faire du 'hessed, car c'est le moyen de s'éclaircir l'esprit pour pouvoir le faire (mieux le percevoir).

Cela explique la coutume répandue, citée dans le Choulkhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 92:10), qui consiste à donner la tsédaka avant la prière. Le but de la prière est de prendre conscience et de comprendre la présence d'Hachem et son contrôle total sur le monde. Donner la tsédaka nous donne une plus grande capacité à atteindre ce but.
Le rav Shlomo Zalman Auerbach (Halikhot Chlomo) note que la guémara ne parle pas exclusivement de tsédaka ; tout acte de 'hessed accompli avant la prière remplit cette exigence.

=> C'est la profondeur de ce que le rav Wolbe écrit : "Si vous ouvrez les yeux pour voir les autres, vous verrez aussi Hachem".
Lorsque l'on ouvre les yeux pour voir les autres et que l'on devient un baal 'hessed, on restaure son esprit à son état naturel et non altéré. Il en résulte la clarté qu'Hachem a créé le monde et qu'il contrôle tout ce qui s'y trouve.

[en faisant du 'hessed, on ressent davantage la grandeur Hachem, et on peut donc davantage avoir de yirat chamayim. ]

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-> Nos Sages nous racontent qu'Avraham était en train de recevoir une prophétie lorsqu'il aperçut trois arabes sans prétention qui voyageaient dans le désert. Il demanda à Hachem d'attendre pendant qu'il allait accueillir les invités, et ce n'est qu'après leur départ qu'Avraham revint à sa conversation avec Hachem.
Nos Sages en déduisent qu'accueillir des invités est encore plus important que de rencontrer la Chékhina (présence Divine).
Le rav Eliyahou Dessler explique que la prophétie est le plus haut niveau de communication avec Hachem, un don d'Hachem au prophète. Et comme il s'agit d'un don d'Hachem, il n'est qu'occasionnel et ne dure que peu de temps.

Cependant, Avraham voulait devenir une personne qui voyait et était connectée à Hachem à tout moment. C'est pourquoi il cessa de parler à Hachem pour faire du 'hessed, car faire 'hessed est un acte de croyance en Hachem. Le fait d'agir comme un donneur élimine dans une certaine mesure le trait de caractère d'un preneur.
Cela a libéré l'intelligence d'Avraham pour qu'il parvienne à une clarté encore plus grande d'Hachem dans le monde. Il atteignit ainsi un niveau de grandeur qui le transforma en une personne qui voit Hachem à tout moment, et pas seulement pendant la prophétie.

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-> Ce n'est pas une coïncidence si Avraham a excellé dans le 'hessed et dans sa émouna totale en Hachem.
Jeune garçon, il commença à remettre en question les idolâtres et à chercher qui avait réellement créé le monde. Il vit un monde avec un plan et un but et fut convaincu qu'il devait y avoir un Créateur.

Il vit également que le monde était plein de bonté et réalisa que cet Être suprême avait construit le monde pour faire du bien à ses créations.
Afin d'imiter ce trait de caractère, Avraham commença lui aussi à pratiquer le 'hessed.
En conséquence, ce 'hessed purifia davantage son esprit en éliminant la corruption et l'aveuglement liés à l'habitude de prendre, ce qui lui permit d'atteindre une conscience encore plus grande d'Hachem et de Sa bonté.
Bien sûr, cela l'a poussé à faire encore plus de 'hessed pour imiter Hachem, éradiquant ainsi encore plus le trait de caractère de la prise et raffinant encore plus son esprit pur.

C'est ainsi que commença une spirale de grandeur. Plus il faisait de 'hessed, plus il prenait conscience de la présence d'Hachem dans le monde. Plus il se consacrait à la 'hessed dans son désir d'imiter Hachem, plus il découvrait la clarté d'Hachem.
Le résultat final fut un géant du 'hessed et de émouna, des caractéristiques qu'Avraham utilisa pour construire le peuple juif.

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-> Le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - midot et Avodat Hachem - vol.1) approfondit cette idée.
Une personne qui reçoit du 'hessed acquiert une certaine conscience de ce qu'est le 'hessed.
Cependant, quelqu'un qui accomplit du 'hessed aura une bien meilleure appréciation du 'hessed accompli par d'autres. Il saura désormais ce que signifie penser aux besoins des autres. Il comprendra combien de réflexion, de temps et d'énergie ont été investis dans le 'hessed, comme il l'a fait lui-même lorsqu'il a aidé les autres. Son œil expérimenté remarquera désormais chaque détail que la plupart des gens ignorent complètement.

Le rav Friedlander illustre cette idée par une analogie simple.
Imaginez un artiste professionnel qui montre ses meilleures peintures à un groupe de visiteurs. Il explique chaque tableau et l'idée qui le sous-tend, en soulignant les différentes couleurs et nuances. La plupart des membres du groupe se montrent intéressés et impressionnés, mais sont rapidement prêts à passer à autre chose. Cependant, l'un des spectateurs est également un artiste. Son expérience est complètement différente de celle des autres. Il se délecte des nuances de chaque coup de pinceau.
Il admire le mélange subtil de couleurs et les ombres délicates que personne d'autre n'a remarquées. Il est impressionné par l'immense talent qui ne peut être remarqué que par l'œil expert et expérimenté d'un autre professionnel.

De la même manière, une personne qui ne pratique pas le 'hessed n'a pas les outils nécessaires pour voir tout le 'hessed qu'Hachem accomplit dans le monde. En revanche, celui qui pratique le 'hessed a tout ce qu'il faut pour apprécier les moindres détails et l'étendue incommensurable du 'hessed qu'Hachem accomplit constamment pour Ses créations.

Les nombreux actes de 'hessed d'Avraham ont non seulement éliminé toute trace d'une attitude de preneur, mais ont également élargi et approfondi sa capacité à comprendre l'étendue du 'hessed d'Hachem.
C'est l'une des raisons pour lesquelles nous sommes invités à suivre les traces d'Avraham afin d'accroître et de perfectionner notre 'hessed.
Voici une pensée forte à considérer : à cet égard, nous avons un avantage sur les anges, même les plus saints. Les anges sont les bénéficiaires de l'infinie bonté et du 'hessed d'Hachem, et ils louent Hachem sans cesse pour cela. Un juif, cependant, est capable d'accomplir le 'hessed lui-même.
Cela lui permet d'apprécier encore davantage la bonté d'Hachem envers Ses créations.

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-> Le rav Shlomo Wolbe ajoute une autre explication au fait que l'incroyable émouna d'Avraham s'est accompagnée d'un formidable 'hessed.
L'objectif ultime d'Avraham était d'enseigner au monde l'existence d'Hachem, de démontrer tout le 'hessed qu'Hachem fait pour tout ce qui existe dans le monde, et de prouver que l'octroi du 'hessed était la raison pour laquelle Hachem a créé le monde.
Pour atteindre cet objectif, Avraham doit d'abord présenter au monde le concept de 'hessed en général. Les gens devaient voir et ressentir par eux-mêmes l'énorme 'hessed qu'Avraham avait fait pour eux. Ce n'est qu'une fois qu'ils furent familiarisés avec le concept et l'étendue du 'hessed qu'un être humain peut accomplir qu'Avraham fut en mesure de leur enseigner le 'hessed d'Hachem.

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-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 33) explique qu'il s'agit là de l'une des idées fondamentales de la mitsva d'honorer ses parents. L'enfant doit reconnaître tout ce que ses parents ont fait pour lui, et par gratitude, il doit les honorer au mieux de ses capacités.
Il sera alors capable de reconnaître tout le bien qu'Hachem fait pour lui, et développera le désir d'honorer Hachem et d'accomplir Ses commandements.

[rav Avraham Tabor]

Même lorsqu'un homme est dominé par quelqu'un qui lui fait du mal, il doit comprendre que tout vient d'Hachem, et l'homme qui lui fait du mal n'est que le bâton par lequel [D.] punit les coupables ...
Donc, lorsqu'un homme battu cherche ensuite des stratégies et supplie son poursuiveur d'avoir pitié, sans penser à rechercher l'aide d'Hachem, il est comparable à un homme frappé par un bâton ou une canne qui pleure et supplie abondamment le bâton et la canne au lieu de supplier la personne qui brandit ces armes" et il n'y a pas de plus grande sottise.

La demande adressée au bâton ne sert à rien ; au contraire, elle cause du tort car cette requête mal dirigée montre qu'on ne reconnaît pas qu'Hachem est la cause du malheur ; elle suscitera donc une punition supplémentaire.
[Beit haLévi - maamar haBita'hon]

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-> Nos Sages (Sota 49b) enseignent que l'une des calamités qui surviendront à l'ère prémessianique sera : "la face de la génération sera comme la face d'un chien".
Le 'Hafets 'Haïm (Kovets Maamarim, Vol.1, p.301) explique au nom du rav Its'hak de Volozhin que si quelqu'un lance une pierre sur un chien, celui-ci se jette sur la pierre pour la mordre. Le chien ne comprend pas que ce n'est pas la pierre qui l'a frappé, mais la personne qui a jeté la pierre.
De même, à l'ère prémessianique, l'émouna des juifs faiblira et ils attribueront leurs malheurs à diverses causes sans comprendre que tout vient d'Hachem.

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-> Dans le Réchit 'Hokhma (Chaar HaAnava, Chap. 3), il est dit qu'il faut être content lorsque quelqu'un nous humilie. C'est Hachem, en réalité, qui nous envoie cette petite punition pour nous purifier de nos fautes et nous épargner un châtiment bien plus important dans le monde futur.

-> Rabbénou Yona (Michlé 3,26) écrit que les difficultés qu'un homme connait dans ce monde sont souvent une expiation pour ses fautes. Comme la punition pour la faute est beaucoup plus forte dans le monde futur que dans celui-ci, il faut être content d'avoir des difficultés ici-bas, car elles nous évitent une souffrance bien plus grande.

Le corps et l’âme

+ Le corps et l'âme :

-> Le Tour explique les mots "oumafli laassot" (et agit merveilleusement - bénédiction de acher yatsar) en se basant sur le midrash (Béréchit rabba 81:3) : "Car Tu es grand et Tu fais des merveilles" :
"L'homme est comme un ballon rempli d'air. Si le moindre trou était fait dans un ballon, tout l'air s'échapperait. L'homme est couvert de trous, mais tout l'air reste à l'intérieur. Il s'agit là d'un acte merveilleux d'Hachem."

-> Le Darké Moché explique que la merveille de la création de l'homme est l'union du corps et de l'âme :
"Il me semble que "oumafli laassot" fait référence à l'âme qui est placée dans le corps. C'est une merveille étonnante qu'un être spirituel du Ciel puisse exister sous la forme physique du corps, qui est fabriqué à partir du monde inférieur.
Si une partie du corps est malade, l'âme ne peut pas remplir sa fonction, qui est de s'engager dans des questions spirituelles et intellectuelles. La douleur du corps la distrait.
C'est pourquoi nous disons : "rofé 'holé kol bassar" (Hachem guérit la maladie de toute chair) et par conséquent, "oumafli laassot" (Il maintient le lien merveilleux entre le corps et l'âme).
C'est dans cet esprit que nos Sages ont placé la bénédiction "Elokaï néchama" (qui fait référence à la descente de l'âme) immédiatement après acher yatsar (qui fait référence à l'union du corps et de l'âme)."

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-> L'âme spirituelle a été jointe au corps physique, afin de guider le corps dans le service d'Hachem, comme nous le voyons dans le Zohar ('hadach 35b,40b) :
"L'âme vient d'un lieu saint afin d'illuminer le corps sombre, de le guider sur le droit chemin pour servir le Créateur et accomplir Sa volonté. Ainsi, elle pourra venir demain (dans le monde à venir) et réclamer sa récompense.

Venez et voyez. Le verset dit à propos de l'homme : "Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul. Je lui ferai une aide à côté de lui" (Béréchit 2,8).
Rabbi dit que cela fait référence à l'âme, qui l'aide en le guidant sur les voies de son Créateur. Il est écrit à ce sujet : "Celui qui vient se purifier est assisté" (Shabbath 104a ; Yoma 38b).
Rabbi Yaakov bar Idi dit : Toutes les âmes des justes sont taillées sous le Trône de gloire, afin de guider leur corps comme un père guide son fils. Sans l'aide de l'âme, le corps serait incapable de connaître ou d'accomplir la volonté du Créateur.
Comme le dit Rabbi Abahu, l'âme enseigne et guide l'homme sur le droit chemin."

-> Le Ramban (Torat haAdam - fin chcar haguémoul) explique :
"L'aspiration principale de tous ceux qui espèrent en Hachem est le monde à Venir, dans lequel le corps deviendra comme l'âme, et l'âme embrassera la sagesse surnaturelle comme elle le faisait dans le Gan Eden, qui est le monde des âmes.
Elle dépassera ce niveau et atteindra un niveau de sagesse encore plus élevé, qui perdurera pour l'éternité."

-> Selon le Zohar (I, 113b-114a) :
"Rabbi Pin'has déclare qu'à l'avenir, Hachem accordera la beauté aux corps des justes, comme la beauté d'Adam dans le Gan Eden, comme il est écrit : "Hachem te guidera à tout moment ... et tu seras comme un jardin saturé" (Yéchayahou 58,11).
Rabbi Lévi dit que pendant que l'âme attend dans les hauteurs (suite au décès), elle est nourrie par la lumière d'En-Haut et s'y habille.
Lorsqu'elle réintègrera le corps dans le futur, elle le fera avec cette même lumière. Alors le corps brillera de l'éclat du firmament, comme il est écrit : "Les sages brilleront de l'éclat du firmament" (Daniel 12,3).
L'humanité atteindra alors la connaissance parfaite."

-> Le Aboudraham (Birkot haChakhar) cite la Riva selon laquelle c'est pour cette raison que les bénédictions s'adressent à Hachem à la fois à la 2e et à la 3e personne :
"Hachem est à la fois révélé et caché. Il est révélé par Ses actes, mais sa divinité est cachée.
Il en va de même pour l'âme, qui est à la fois révélée et cachée. C'est pourquoi l'âme bénit Hachem en termes directs ("Vous") et indirects ("Il").
Une bénédiction est dite avec les mots de la bouche et les pensées du cœur. Les pensées sont cachées, mais la voix est entendue. L'homme est une combinaison de corps et d'âme.
Dans son âme, il est digne d'être attaché à son Créateur et de se tenir devant Lui à tout moment.
Cependant, son corps l'en empêche. C'est pourquoi les bénédictions sont dites en utilisant à la fois des termes directs (2e personne) et cachés (3e personne).

Les juifs – la nation bien-aimée d’Hachem

+ Les juifs - la nation bien-aimée d'Hachem :

-> Esther dit : "Tu es le Saint, trônant au milieu des prières d’Israël. " (ata kadoch yochev téhilot Israël - Téhilim 22,4).
Elle voulait ainsi rappeler la bonté dont Hachem a fait preuve à l'égard des Bné Israël depuis qu'il nous a choisis comme Sa nation préférée et qu'Il nous a élevés au-dessus des autres peuples.

Le choix des mots qu'elle utilise pour qualifier Hachem de "Saint" et de "trônant au milieu des prières d'Israël" peut être compris sur la base de la guémara ('Houlin 91b), qui affirme que les anges prononcent le nom d'Hachem après trois mots, comme il est écrit : "Les anges s'appellent l'un l'autre et disent : "Saint, saint, saint, Hachem des armées "(Yéchayahou 6,3), alors que les juifs prononcent Son Nom après seulement deux mots, comme il est écrit : "Shéma Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un" (Vaét'hanan 6,4).
De plus, lorsque nous faisons des bénédictions, nous nous adressons directement à Hachem : "Béni sois-Tu" (barou'h ata), alors que les anges s'adressent à Lui à la troisième personne : "Bénie soit la gloire d'Hachem depuis son lieu" (barou'h chem kévod Mal'houto).
Cela aussi est un signe de l'amour particulier qu'Hachem porte aux Bné Israël, qui transcende son amour pour toute autre création.

Le midrach (Bamidbar rabba 12:3) affirme également que Hachem a choisi d'habiter parmi les juifs, alors que "les Cieux et les Cieux supérieurs au-dessus des Cieux ne peuvent Te contenir" (achamayim ouchémé achamayim lo yé'halkélouhou - Divré haYamim II 2,5).
Hachem a, pour ainsi dire, "contracté" Sa gloire afin d'habiter parmi les juifs, dont il est écrit : "Il habite dans l'abri caché du Suprême" (Téhilim 91,1).

Nos Sages (Yérouchalmi Taanit 2:6) nous disent également que les descendants d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov sont appelés "Israël", car Hachem voulait que nous ayons un nom dans lequel Son propre Nom, Kél, apparaisse.
Il a ainsi montré que, tout comme Il est éternel, le peuple juif l'est aussi. Nous ne serons jamais détruits.

Nos Sages expliquent cela par la parabole d'un roi qui possédait de nombreux coffres remplis de ses biens. Pour tous ses grands coffres, il avait de grandes clés. Cependant, le plus petit coffre de tous contenait ses bijoux les plus précieux. La clé de ce coffre était également petite et le roi avait peur de la perdre. C'est pourquoi, plutôt que de la laisser avec ses autres grandes clés, il la suspendit à une corde autour de son cou.

De même, le peuple juif est le joyau le plus précieux d'Hachem. Il a confié les autres nations à leurs divers Anges Gardiens/Tutélaires, mais en raison de Son amour pour le peuple juif et de Sa crainte de voir ce minuscule trésor se perdre parmi les nations géantes, Il nous a attachés à Lui-même, comme il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem, votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Vaét'hanan 4,4).
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra - le Abir Yaakov]

Il est expliqué dans le Réchit 'Hokhma (chaar haYira 7:12) que lorsqu'une personne faute, elle endommage une partie de son âme, en fonction de la faute et du membre avec lequel elle a fauté.
En effet, de même qu'il y a 248 membres et 365 nerfs physiques, il y a un nombre similaire de "membres" et de "nerfs" dans l'âme spirituelle, correspondant aux 613 commandements. [Chaaré Kédoucha 1:1]
C'est la raison pour laquelle le résultat d'une faute est appelé un "vide" dans l'âme (midrach Téhilim 51), car ce membre spirituel particulier devient vide de sa sainteté, et le vide qui s'ensuit est occupé par une force extérieure racha (mauvaise/impure), qui demeure jusqu'à ce que l'âme soit purifiée dans le guéhinam, si la personne ne s'est pas repentie [de son vivant].

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,28]

Servir Hachem pour Lui donner du plaisir, c’est mériter Ses bontés infinies, et non limitées

+ Servir Hachem pour Lui donner du plaisir, c'est mériter Ses bontés infinies, et non limitées :

-> Au sujet de la gloire future du peuple juif, il est écrit : " la reine se tient à ta droite, parée de l’or d’Ophir" (Téhilim 45,10)

Nos Sages (guémara Roch Hachana 4a) disent : "Parce que la Torah est aussi chère au peuple juif que les relations intimes le sont aux nations du monde, vous avez mérité comme récompense l'or d'Ophir".
Ce passage du Talmud est difficile à comprendre. Pourquoi le peuple juif devrait-il être récompensé de cette manière spécifique? Les nations non juives recherchent également d'autres types de plaisir (que celui des relations intimes).

Lorsqu'une personne pense à certains désirs, qu'il s'agisse de relations intimes ou de tout autre plaisir physique, elle devrait réfléchir à ce qui suit : Ce plaisir particulier a été créé par D., et tout ce que D. a créé, Il l'a créé pour Sa gloire (Pirké Avot 6,11). C'est son objectif et sa raison d'être.
Pour toute chose, son but et son objectif sont toujours plus grands qu'elle-même.

Si c'est le cas, la personne doit penser : "Pourquoi devrais-je désirer quelque chose d'insignifiant, qui est éphémère et disparaît? Ne serait-il pas préférable pour moi de servir Hachem, de L'aimer, Lui qui est la raison d'être de toutes choses?
De plus, même si j'obtiens le plaisir que je désire, je ne pourrai en jouir qu'une seule fois à la fois. Mais lorsque je sers D. avec ardeur et exubérance, je peux en un instant goûter à tous les plaisirs, car Il est le plaisir qui englobe tout".

C'est ainsi qu'une personne peut maîtriser son penchant et s'élever du plus bas au plus haut des niveaux.

Bien que cette technique soit efficace, ce n'est pas la façon idéale de servir Hachem. En effet, la personne qui agit ainsi se sert elle-même d'une certaine manière, en considérant son propre plaisir et le bonheur qu'elle tire du service de D.
La meilleure façon de servir Hachem est de lui faire plaisir : que D. se réjouisse de son œuvre, qu'Il se réjouisse du service de ses enfants, tout comme un père se réjouit de son fils intelligent.
Comme le dit le verset : "Mon fils, si ton cœur est devenu sage, mon cœur aussi se réjouir" (Michlé 23,15).
Il dit aussi : "Réjouis toi, D., de ton œuvre" (Téhilim 104,31).

Normalement, les désirs physiques/matériel sont généralement des choses qui procurent du plaisir à une personne, faisant d'elle un bénéficiaire de ce plaisir.
Tous les plaisirs physiques sont temporaires et finissent par disparaître, montrant ainsi leur inutilité.
Le plaisir que procurent les relations intimes, en revanche, est exactement l'inverse.
Dans ce cas, c'est l'homme qui donne et la femme qui reçoit. L'homme tire son plaisir de ce qu'il donne à la femme, et malgré le fait qu'il soit celui qui donne, il reçoit du plaisir.

Telle est l'intention du passage talmudique susmentionné : "Parce que la Torah est aussi chère au peuple juif que les relations intimes le sont aux nations du monde, vous avez mérité comme récompense l'or d'Ophir".
Dans les relations intimes, celui qui donne éprouve du plaisir à donner. De même, l'étude de la Torah et le service d'Hachem, sont précieux pour le peuple juif, car leur principale façon de servir D. est de donner, d'accorder le bonheur et le plaisir à D.

Lorsque l'on sert D. de la première manière, nous recevons facilement l'aide divine.
En revanche, lorsqu'on sert D. de la seconde manière, l'aide divine lui nous parvient plus difficilement, au prix d'efforts considérables.

[ => ainsi, lorsque nous servons Hachem dans un but de recevoir Sa bienveillance/bontés, la bienveillance que nous recevons est limitée.
En revanche, lorsque nous servons Hachem pour Lui donner du plaisir, la bienveillance/bontés que nous recevons de D. à ce titre est infinie. ]

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-> Une personne peut recevoir une récompense proportionnelle à sa capacité de recevoir et à sa stature. Dans ce cas, chacun reçoit différemment de l'autre, car la capacité de recevoir de chacun dépend de sa préparation.
Cependant, il arrive que D. donne de manière disproportionnée par rapport à la préparation, selon Son désir inné, qui dépasse la capacité de réception de la personne.

Or, lorsqu'une personne saisit le niveau supérieur du service divin, c'est-à-dire qu'elle sert Hachem uniquement pour accomplir la volonté de D. (pour Lui donner du plaisir), elle peut obtenir une bienveillance/bonté illimitée de la part d'Hachem. [et non limité à ses actes]
De même que D. est infini, de même Sa volonté est infinie ...
Mais pour atteindre ce niveau élevé, il faut d'abord commencer par le niveau le plus bas, celui de la foi (émouna) de base. Ensuite, on peut compléter cette foi par une compréhension intellectuelle, en vertu de laquelle on réalise qu'il ne doit servir Hachem que pour Lui plaire [Lui faire plaisir].

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,28]

La émouna est le cœur du corps spirituel, injectant la vie dans toutes les autres mitsvot.
[Maharcha]

Les mistvot = donner de la joie, de la fierté à Hachem

+++ Les mistvot = donner de la joie, de la fierté à Hachem :

+ Hachem est fier de nous à chaque pas que nous faisons vers Lui :

-> Chaque juif doit constamment s'attacher à un comportement vertueux et droit afin de satisfaire D.
L'intention est que nous devons suivre le droit chemin afin que Hachem soit fier de nous.

Mais en réalité, cela semble difficile à comprendre. Quelle est l'importance du culte humain pour D.? N'a-t-il pas de nombreux anges célestes qui le louent? Leur service n'est-il pas supérieur au nôtre?

La réponse est que oui, c'est vrai, mais c'est en fait la raison principale pour laquelle D. choisit la nation juive : bien qu'ils soient au niveau le plus bas de la conscience divine, ils surmontent néanmoins ce handicap et persistent à Le servir.
Bien qu'une personne puisse être la plus petite des petites (même le plus grand tsadik ne connaît rien en rapport à l'infinité divine), elle sert néanmoins D., ... et notre conduite droite est une source de fierté pour Hachem.
Lorsqu'une personne garde cela à l'esprit et sert D. dans ce but, elle fait plaisir à D. et précipite un flot de bontés divines vers tous les mondes.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béréchit 2,10]

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=> Nous devons constamment avoir en tête que Hachem prend plaisir à l'accomplissement des mitsvot de chaque juif, et ce plaisir suscite de Sa part une génération de flux de bontés dans les mondes.
[nous ne devons pas croire notre yétser ara en pensant que nous ne valons rien, que nous n'avons pas tant d'importance aux yeux d'Hachem, car au contraire si nous sommes bas spirituellement et que malgré tout nous faisons de notre mieux pour D., alors cela a encore plus de valeur et est encore plus apprécié pour Hachem.
Nous devons être certain que : Hachem prend du plaisir et est tellement fier de moi! (à l'image d'un enfant qui tombe souvent, malgré tout ses parents sont tellement fiers et heureux de le voir marcher de SON mieux qu'il peut.) ]

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-> La raison pour laquelle Hachem tire plus de plaisir du service de l'homme que des milliers et des milliers de groupes d'anges qui Le servent est que "l'inclination du cœur de l'homme est mauvaise dès la jeunesse"(Noa'h 8,21), et "la faute est tapi à ta porte" = dès notre naissance, "à la sortie du ventre de la mère, le fait de vouloir fauter est à l'affût" (guémara Sanhédrin 91b).
Néanmoins, lorsqu'une personne fait abstraction de toutes ses préoccupations et commence à servir D. avec joie et sincérité afin de satisfaire son Créateur, et surmonte son penchant à satisfaire les désirs de son cœur, alors Hachem tire un immense plaisir de cette personne qui subjugue son mauvais penchant pour Le servir de tout cœur.

Telle était l'intention de nos Sages lorsqu'ils disent : "À la place des baalé téchouva, même les complétement justes ne peuvent s'y tenir"" (guémara Sanhédrin 99a).
Hachem tire plus de plaisir du pénitent (baal téchouva) que du complétement tsadik, car le complètement tsadik ne possède plus de mauvais penchant et sert D. facilement, alors que le penchant du baalé téchouva l'a dominé jusqu'à ce point. Maintenant, il l'a brisé et l'a complètement soumis, ce qui procure à D. un grand plaisir.
[...]

Une personne peut apporter de la fierté à Hachem. Pourquoi D. s'enorgueillit-il d'une telle personne, et non des anges et des séraphins?
Parce que le service Divin vient "de l'homme", d'un être mortel qui, bien que revêtu d'un corps physique, surmonte son mauvais penchant et sert D. de tout son cœur. De cette manière, Hachem est glorifié par les êtres humains plus que par tous les anges et séraphins qui Le servent.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémini 9,3-4]

=> à l'inverse de ce que veut nous faire croire notre yétser ara, nos faiblesses sont justement ce qui donnent une valeur phénoménale à nos actions, c'est ce qui donne davantage de plaisir et de fierté à Hachem.
Ainsi, le juif le plus simple, le plus fauteur, lorsqu'il va mettre de côté (même une fois) ses attirances pour ses désirs de ce monde et faire la volonté de D., alors il entraîne une énorme satisfaction à Hachem.
Cette conscience d'à quel point chacun de nos actes dans notre service Divin est apprécié par Hachem, cela nous donne également une grande satisfaction de le faire.

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-> "Le peuple juif assure la subsistance de leur Père céleste" [Zohar 3:7b]

-> La subsistance que le peuple juif fournit à Hachem est le plaisir, car comme on le sait, D. reçoit du plaisir du service du peuple juif.
Hachem aspire constamment à éprouver du plaisir par le service du peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Toldot 27,28]

[nous disons : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35) = de même que chaque juif est unique, de même chaque juif doit se sentir responsable d'apporter une "nourriture" unique de plaisir à son papa Hachem.
Du plus grand tsadik au plus grand racha, nous avons tous une façon unique de préparer de la subsistance pour D., pour Lui donner de la force et de la joie. Toute pensée contraire est l'œuvre de notre yétser ara.
Précision importante : évidemment que Hachem est infini, hors du temps et n'a besoin de rien. Ce n'est qu'une réalité avec notre perception limitée (bien que reçue de façon 'prophétique' par nos Sages), pour appréhender la relation si particulière qu'il y a entre Hachem et chaque juif. Cela doit nous remplir de fierté et de joie d'être juif(ve), et conscients de cet amour infini de D. à notre égard, nous pousser à agir au mieux selon Sa volonté. ]

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-> "Le peuple juif fait vivre son Père qui est aux cieux" (Zohar 3:7b).
Mon maître, le Maggid de Mézéritch explique :
Le plaisir est appelé "subsistance", et Hachem reçoit du plaisir du service divin du peuple juif, qui donne ainsi du plaisir à Son Père céleste.

Cette idée est évoquée dans le verset "et il produira des mets royaux" (Vayé'hi 49,20).
Celui qui mérite de servir Hachem avec un amour total, un amour de plaisirs, "produira des délices royaux", c'est-à-dire qu'il fera plaisir à D., qui "se réjouira de Son œuvre" (yisma'h Hachem bémaassav - Téhilim 104,31).
[il "nourrira" ainsi D., pour ainsi dire. ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,20]

=> Hachem se réjouit à chaque fois qu'une juif fait Sa volonté!
En ce sens, nous pouvons nous réjouir de faire les mitsvot car par cela on fait plaisir à papa Hachem!

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-> Il y a 2 formes d'éveil : un éveil d'en bas, c'est-à-dire l'initiative de l'homme pour s'approcher du Divin, et un éveil d'en haut. L'éveil d'en haut signifie que D. éveille ses créatures pour qu'elles fassent Sa volonté. Mais l'homme n'est pas éveillé par lui-même. C'est plutôt Hachem, dans Sa bonté, qui éveille ses créatures.
Cette notion, que D. réveille l'homme, n'est pas comprise. Où l'homme a-t-il le mérite d'être réveillé d'en haut alors qu'il n'a pris aucune initiative?

Le principe est le suivant : chaque fois qu'une personne accomplit une mitsva avec un véritable désir et une grande excitation, elle glorifie D.
D. est glorifié par l'homme devant les anges, parce que l'homme a montré comment il chérit une mitsva et l'accomplit avec une grande joie. Hachem en est donc fier.
À son tour, D. veut accorder Sa bonté à l'homme, en lui accordant une plus grande perspicacité intellectuelle.
[...]

Certains justes (tsadikim), ceux qui ont une haute stature, voient clairement comment ils font plaisir à Hachem par la réalisation de bonnes actions. C'est l'explication de la déclaration : "Hevel a regardé la Chékhina". [Tikouné Zohar 69 - 102a]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayétsé 28,11]

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-> Il existe deux types de service divin.
Le premier consiste à tirer une leçon de tout ce que l'on voit pendant la journée et à en déduire la grandeur d'Hachem. En apprenant une telle leçon, une personne se renforce dans l'adoration de D., et en raison de sa grande ardeur et de son enthousiasme, elle se réjouit, comme nous l'avons vu chez de nombreuses personnes. Une telle personne en retire un immense plaisir, et lorsqu'elle se rend compte qu'elle en retire autant, elle veut toujours être enthousiaste dans son service divin, afin d'éprouver un plaisir supplémentaire. Elle se concentre alors sur le plaisir qu'elle éprouve à servir D.
Avec un tel service, elle suscite une ample bienveillance divine pour tous les mondes spirituels, pour toutes les âmes saintes, tous les esprits saints, et pour notre monde inférieur également.

Mais il existe un type supérieur de service divin, dans lequel une personne se concentre uniquement sur le plaisir qu'elle donnera à D., pour ainsi dire, afin que Son nom soit sanctifié dans tous les mondes.
Un tel service attire également la générosité d'Hachem dans tous les mondes.

La différence entre les deux types de service divin est que le premier est un mouvement descendant : il adore D. parce qu'il reçoit du plaisir en Le servant, attirant le plaisir vers le bas sur lui-même.
Le but du second type de service divin est que D. reçoive du plaisir ; le plaisir monte donc de la personne vers D.
Dans ce dernier cas, la générosité/bonté vient d'elle-même, et non parce que la personne la suscite intentionnellement. L'intention principale de la personne est de donner du plaisir à Hachem.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,8]

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-> Lorsqu'un tsadik accomplit une mitsva, son principal plaisir réside dans le fait que D. lui-même prend plaisir à son accomplissement.
[Kédouchat Lévi - Noa'h 6,9]

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-> Le plaisir des tsadikim, qui sont les érudits de la Torah de D., est de faire la volonté de leur Créateur, afin que D. puisse ensuite leur faire du bien.
Car D. se réjouit de pouvoir, grâce au service divin du tsadik, conférer beaucoup de bonté, de tranquillité et de vie à la nation juive, son peuple, puisque, comme le disent nos Sages : "Plus que le veau ne désire téter, le mouton désire allaiter".
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayéra 21,8]

=> Cela est valable pour chaque juif. Chaque fois que nous accomplissons la volonté de D., nous devrions nous réjouir de Lui permettre de nous récompenser, individuellement et collectivement, pour nos efforts.

On sait que "dans chacune de leur douleur, Il en souffrance [également]" (bé'hol tsarotam lo tsaar - Yéchayahou 63,9) = la moindre de notre peine/chagrin, douleur, atteint également Hachem. Ainsi, nous pouvons imaginons la souffrance de la Chékhina dans l'exil actuel.
Par ailleurs, nous disons : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35).
On peut éventuellement expliquer que chaque mitsva qu'un juif peut faire, c'est comme une personne crevée qui gagne le jackpot au loto, alors elle va retrouver un maximum d'énergie et va se réjouir grandement.
De même Hachem connaît l'impact infini et phénoménal d'une seule mitsva, et en plus Il se réjouit de pouvoir nous déverser des bontés en conséquence. Nous donnons alors du plaisir, de la force à D.

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+ Notre joie ultime = apporter de la joie à Hachem :

-> Lorsqu'une personne reçoit la bonté d'Hachem, son principal plaisir doit provenir du fait que D. se réjouit que la personne reçoive cette bonté.
[...]
Lorsqu'une personne reçoit une bonté, elle produira alors des délices royaux ...
Le plaisir principal d'une personne, auquel fait allusion le mot "délices", devrait être "royal", c'est-à-dire que son plaisir devrait provenir du fait de donner du plaisir à D., le Roi de l'univers.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,20]

=> Notre véritable joie/plaisir devrait être sur le plaisir d'Hachem à nous accorder Sa bienveillance.
[ "Plus que le maître de maison ne fait pour l'indigent, l'indigent fait pour le maître de maison" (midrach Vayikra rabba 34:8). Hachem nous aime infiniment, Il n'aspire qu'à notre proximité, qu'à nous combler du meilleur, mais cela est dépendant de nos prières, de nos mérites, ... Lorsqu'Il a la capacité de nous donner de belles choses, (si l'on peut dire) Hachem est infiniment plus joyeux que nous ne pouvons l'être. Ainsi, nous devons nous réjouir de la joie qu'on peut Lui apporter de par nos prières, de par nos mitsvot, notre comportement, ... ]

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+ Générer une odeur agréable à Hachem :

-> "Hachem a senti l'odeur agréable" (Noa'h 8,21)

=> Qu'est-ce qui rendait ce parfum agréable?
Le fait que l'homme possède une mauvaise impulsion (yétser ara), mais qu'il la surmonte et sert D., comme l'indique l'offrande d'animaux de Noa'h, qui exprime l'élévation du côté animal de l'homme au service d'Hachem. C'est pourquoi "D. dit : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, car le penchant de l'homme est mauvais dès sa jeunesse".
En effet, D. se réjouit de notre maîtrise du mauvais penchant (yétser ara).

De plus, parce que le peuple juif réprime son mauvais penchant, D. "revêt" Lui-même d'eux, comme il est dit : "Israël en qui Je me glorifierai" (Yéchayahou 49,3) et le Maggid de Mézéritch, a interprété le verbe "je me glorifierai" (étpaar) comme signifiant "Je m'habillerai moi-même", selon les versets suivants "et ils se revêtirent (vayitpérou) des feuilles de figuier pour s'en faire des pagnes" (Béréchit 3,7).
[cette interprétation est possible parce que la lettre muette alef est parfois omise.
L'expression "D. se revêt" du peuple juif signifie qu'Il en est fier, tout comme un roi mortel exhibe ses vêtements royaux exquis en les portant en public. Hachem considère que le peuple juif est beau parce qu'il a vaincu son mauvais penchant. ]

Ainsi, D. se revêt du peuple juif, plutôt que des anges célestes, en raison de l'immense plaisir que lui procure le peuple juif, un plaisir qu'il ne reçoit de personne d'autre, précisément parce qu'il possède un mauvais penchant et qu'il le conquiert malgré tout.
[comme les anges n'ont pas de mauvais penchant, leur service de D. n'est pas aussi louable que celui du peuple juif.]

C'est la signification de l'expression "Hachem a senti le parfum agréable" (Noa'h 8,21) = Il a senti, c'est-à-dire anticipé, le plaisir qu'Il tirerait du service de l'homme.

C'est également le sens profond du verset "Il sentit le parfum de ses vêtements" (Toldot 27,27), qui implique que D. sentit, c'est-à-dire anticipa, que l'humanité agirait comme Ses vêtements dans lesquels Il se vêtit Lui-même. Et parce qu'Il anticipait le plaisir qu'Il tirerait de leur service, Il eut pitié d'eux et jura de ne plus jamais les exterminer.

[ainsi, l'offrande de Noa'h (après être sortie de l'Arche du Déluge), exprimant la volonté et la capacité de l'humanité à soumettre sa nature animale, a incité D. (pour ainsi dire) à avoir pitié de l'humanité, promettant de ne plus jamais l'exterminer en dépit de sa propension à se rebeller contre Lui.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béréchit 8,21]

=> Notre capacité et notre volonté de maîtriser notre nature animale font tellement plaisir à D. qu'en raison de ce mérite, il a pitié de nous et pardonne nos méfaits.

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-> Lorsqu'une personne parle, même lorsqu'elle converse avec d'autres, et qu'elle a des pensées saintes au cours de la conversation, elle élève ainsi les étincelles divines inhérentes à cette conversation.
Cette élévation des étincelles divines rend D. joyeux.
[Maggid de Mézéritch - rapporté par son élève le Kédouchat Lévi ('Hayé Sarah 24,63)]

J’aime Hachem, car Hachem m’aime

+ J'aime Hachem, car Hachem m'aime :

"Il m'embrassera avec les baisers de Sa bouche, car Son amour est meilleur que le vin" (Chir haChirim 1,2)

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,20) enseigne :
Il y a deux niveaux dans le service D.
Certains aiment D. parce qu'Il montre son amour en acceptant volontiers notre service divin et en récompensant chaque personne, en fonction de ses actes, par d'abondantes bontés. Il nous récompense généreusement, nous donnant une récompense que "nul œil ne peut prévoir" (guémara Béra'hot 34b).
En raison de la récompense qu'une personne reçoit pour son service, elle va aimer D. d'un amour total.

Mais il existe un niveau plus élevé de service à D.
Il y a ceux qui aiment D. simplement parce que Hachem les aime, même s'ils ne reçoivent aucune récompense pour Le servir.
L'amour de D. est si cher, si précieux et si délicieux qu'en raison de cet amour lui-même, nous l'aimons d'un amour consommé.
L'amour qu'Il a manifesté en nous choisissant comme Son peuple nous est plus précieux que toute autre chose.
[chaque mitsva, témoigne qu'Il nous a choisi parmi toutes les autres nations, et sont un signe de Son amour infini pour chaque juif (ex: "Hachem a voulu donner des mérites (énormes) aux juifs, et pour cela Il leur a multiplié la Torah et les mitsvot")]

[ Ailleurs, sur le verset "qu'Il m'embrasse avec [littéralement, 'de'] les baisers de Sa bouche", le rabbi de Berditchev (Chir haChirim 3) commente :
nous déclarons que notre amour et nos baisers pour Lui ne sont que le résultat des baisers de Sa bouche, c'est-à-dire uniquement en raison de Son amour pour nous, et non parce que Son amour pour nous nous profitera d'une manière ou d'une autre.
Nous l'aimons d'un amour total simplement à cause de son amour pour nous ...

C'est le sens de la phrase "Car Ton amour vaut mieux que le vin" = "Ton amitié et Ton amour pour nous, comme le dit le verset : "Je t'aime", dit Hachem" (Mala'hi 1,2), valent mieux pour nous que le vin.
Le "vin" fait ici référence au plaisir spirituel avec lequel Il nous récompensera bien, d'un royaume si sublime que "nul œil ne l'a jamais vu".
Notre amour pour Lui n'est pas motivé par l'attente de cette bonne récompense, mais exclusivement par Son amour pour nous, la seule chose qui soit vraiment précieuse, chère et agréable pour nous.
C'est pourquoi nous l'aimons d'un amour total, parfait. ]

L’impact de l’humilité sur nos prières

+ L'impact de l'humilité sur nos prières :

-> "Plus que le maître de maison ne fait pour l'indigent, l'indigent fait pour le maître de maison" (midrach Vayikra rabba 34:8).
Lorsqu'une personne prie, elle doit se considérer comme appauvrie, comme si elle n'était rien, ainsi qu'il est dit : "Une prière pour le pauvre" (téfila léani ki yaatof - Téhilim 102,1).
[cette phrase peut être comprise comme signifiant : "La prière est quelque chose que l'on doit aborder comme si l'on était un pauvre" (en mérite, que l'on dépend pour tout à 100% d'Hachem, sans aucun plan B) ]

Lorsqu'une personne se considère comme importante (par son orgueil), une accusation est portée contre elle d'en haut.
De plus, les seules klipot (forces d'impureté/du mal) qu'une telle personne est capable de couper de leur source de force vitale, sont ceux qui correspondent à sa stature actuelle, mais pas celles qui sont soit plus élevées que son niveau, soit plus bas, puisqu'elle n'a aucun lien avec eux.
Mais lorsqu'une personne est humble, se considérant comme un pauvre, alors elle est capable de couper [toutes les klipot] même celles qui existent aux niveaux inférieurs.
[en se sentant "néant" (face à la grandeur infinie d'Hachem), nous réduisons à néant les anges Accusateurs qui pourraient empêcher nos prières d'être exaucées. ]

En se considérant comme pauvre et humble, et en priant, on accorde en fait de la bonté à D., car, comme nous l'avons mentionné plus haut, "plus que le maître de maison ne fait pour le pauvre, le pauvre fait pour le maître de maison."

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Vayé'hi 49,19]

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=> L'humilité nous permet d'affaiblir les forces du mal.
Nos prières étant plus exaucées, nous faisons davantage plaisir à Hachem car Il pourra davantage nous combler de belles bénédictions.

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-> Hachem écoute avec attention les paroles du pauvre, ouvre les fenêtres du ciel et accepte sa prière avant toutes les autres, parce qu'il s'adresse à Lui, seul à seul, comme le laisse entendre le verset : "Devant Hachem, il répand sa plainte" (Téhilim 102,1).
A ce moment-là, les anges demandent les uns aux autres : "Que fait Hachem?"
On leur répond : Il s'occupe avec amour de Ses ustensiles cassés, c'est-à-dire des pauvres au cœur brisé. Car le pauvre aspire à verser des larmes en adressant sa plainte devant le Roi, et Hachem aspire à les recevoir, alors que même Moché dut attendre longtemps (40 jours) avant d'être agréé.
[Zohar - Balak 195a]