Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

La joie amène la guéoula

+ La joie amène la guéoula :

"Pour ne pas avoir servi Hachem ton D. dans la joie" (Ki Tavo 28,47)

-> Le Sfat Emet (Ki Tavo - 5643) commente :
"On peut apprendre de là, a fortiori dans le bien, que lorsque les Bné Israël servent, même en exil, Hachem dans la joie, alors qu’ils sont démunis de tout, que c’est précisément de cela que germera la délivrance.
C’est pourquoi cette raison de l’exil a été dévoilée dans la Torah, afin que nous puissions la corriger en nous conduisant à l’inverse, à savoir en nous efforçant de servir Hachem dans la joie même au milieu des épreuves."

Hachem est davantage proche de nous lors de nos moments difficiles

+ Hachem est davantage proche de nous lors de nos moments difficiles :

"Vous adorerez Hachem, votre D., et Il bénira votre nourriture et votre boisson, et Je retirerai la maladie de ton sein" (Michpatim 23,25).

-> On peut remarquer que dans ce verset, Hachem est appelé "Il" et "Je".
Le verset commence par "Il bénira ta nourriture" (ouvéra'h ét la'hmé'kha), puis il poursuit par "Je retirerai la maladie de ton sein" (va'assiroti ma'hala mikirbé'ha).

Le Beit Elokim (chaar HaTéfilah - chap.1) explique que la hachga'ha pratit (providence, intervention) d'Hachem est particulièrement proche et plus manifeste pour ceux qui souffrent.
La fin du verset fait référence à une personne malade, en déclarant : "J'éloignerai la maladie". Le début du verset traite de la réception des bénédictions d'Hachem. Lorsque tout va bien et que Hshem accorde Ses bénédictions, la hachga'ha d'Hachem sur un juif n'est pas aussi manifeste.

On peut comparer cela à une personne qui a plusieurs enfants et dont l'un est malade. L'esprit des parents est davantage concentré sur cet enfant. Hachem aussi est plus proche de ceux qui traversent des moments difficiles.

-> Dans les mots du Beit Elokim :
"Il est écrit וַהֲסִרֹתִי (va'assiroti - Je retirerai), et non והסיר (Il retirera) ... En effet, la hachga'ha (l'intervention) d'Hachem sur Ses créatures pour les sauver de leurs ennuis est d'un niveau plus élevé que Sa hachga'ha pour leur donner du bien.
Hachem fait preuve de bonté envers toutes Ses créatures, comme il est dit : "Hashem est bon envers tous" (tov Hachem lakol - Téhilim 145,9).
Mais pour les sauver lorsqu'elles sont dans une souffrance, il faut un niveau plus élevé de hachga'ha pratit et une plus grande compassion.
C'est pourquoi, en ce qui concerne les bénédictions, il est écrit : "Il bénira votre nourriture" (ouvéra'h ét la'hmékha), une expression cachée. Et pour le salut et la guérison, il est écrit : "J'ôterai la maladie" (va'assiroti) ... Tu sauras et tu comprendras ... que c'est moi qui sauve et guéris toute vie, grâce à ma hachga'ha pratit qui est sur eux."

-> Ainsi, la hachaga'ha pratit d'Hachem est moindre lorsque tout va bien : lorsqu'Il agit avec bonté (יהוה) il est perçu comme plus loin de nous.
A l'inverse, lorsque l'on traverse des moments difficiles : lorsqu'Il agit avec Rigueur (אלקים ), la hachaga'ha d'Hachem est importante, Il est très proche de nous.

-> "Car Hachem, Elokim, est un soleil et un bouclier" (ki chéméch oumaguen Hachem Elokim - Téhilim 84,12).
Le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov - vol.2, p.24) enseigne que le soleil est une allusion pour le nom d'Hachem יהוה, et que le bouclier du soleil est une allusion pour le nom d'Hachem אלקים .
Il est impossible de regarder le soleil sans bouclier (protecteur).
De même, l'attribut de bonté d'Hachem, représenté par le nom יהוה , serait trop intense pour être reçu sans un bouclier, représenté par le nom אלקים , qui représente les dinim (rigueurs).
Il est dit (guémara Avoda Zara 3b) qu'à l'avenir, Hachem retirera le soleil de son étui (נרתיקה) et les tsadikim seront guéris par sa lumière.
Cela signifie qu'à l'avenir, nous pourrons voir Hachem même à travers Sa bonté directe. Il ne sera plus nécessaire d'être protégé par l'Attribut divin de Rigeur (midat hadin).
Mais dans ce monde, la seule façon dont nous pouvons percevoir Hachem est à travers le bouclier et les épreuves de la vie.

<---------->

+ Le bel enseignement du Maharal :

-> "Venez voir combien le peuple juif est aimé par Hachem. Partout où il est allé en exil (galout), la Présence Divine (Chékhina) l'a accompagné.
Ils sont allés en Egypte, la Chékhina les a accompagnés ... ils ont été exilés à Eilam, et la Chékhina était avec eux ... ils furent exilés à Bavel, et la Chékhina était avec eux ... ils furent exilés à Édom, et la Chékhina était avec eux ...
Et de même lorsque les juifs seront délivrés dans le futur, la Chékhina sera avec eux (véaf [וְאַף] kéché'èn atidin ligaél Chékhina imaèn)".
[guémara Méguila 29a]

-> L'expression אף (af - de même) indique qu'il s'agit d'un 'hidouch, de quelque chose de nouveau.
Le Rachba s'interroge : pourtant à priori cela n'est pas un 'hidouch. Il semble évident qu'Hachem sera avec nous lors de la guéoula (rédemption).
Si Hachem était avec nous pendant les moments difficiles, en exil, il sera certainement avec nous au sommet de notre gloire.

Le Maharal (Nétsa'h Israël - chap.10) écrit : "J'affirme ... qu'il y a plus de raisons pour qu'Hachem soit avec le peuple juif lorsqu'il est en exil (galout) qu'au moment de la guéoula".

Ainsi, selon le Maharal, la guémara doit être lue littéralement. Il y a un plus grand 'hidouch dans le fait qu'Hachem sera avec nous au moment de la guéoula, car il est plus naturel pour Hachem d'être avec nous pendant les périodes de souffrance, de difficulté.
Il est écrit : "Hachem le soutiendra sur son lit de malade" (Téhilim 41,4). La guémara (Shabbath 12b) tire de ce verset qu'Hachem est au-dessus de la tête d'une personne malade. Il est davantage proche des malades et des souffrants que de ceux qui n'ont pas ces problèmes.

Le Maharal poursuit : "Il y a deux raisons à cela. Premièrement, quiconque a besoin d'être surveillé et soigné (physiquement comme moralement), bénéficie davantage de la Providence (hachga'ha) d'Hachem.
La deuxième raison est qu'il est écrit : "Je demeure avec ceux qui ont [le cœur] brisé et qui sont humbles d'esprit" (אשכון ואת דכא ושפל רוח - Yéchayahou 57,15).
C'est la manière d'agir d'Hachem, de demeurer avec les opprimés et ceux qui souffrent. Par conséquent, Hachem est particulièrement proche de la personne malade qui est דכא (daka - brisé, écrasé).

Pour ces deux raisons, il est plus raisonnable que la Chékhina soit avec nous en exil qu'au moment de la guéoula. En exil, nous devons être protégés afin que les non juifs (goyim) ne nous fassent pas de mal.
De plus, nous sommes opprimés et écrasés (moralement, spirituellement, physiquement) en exil, et Hachem demeure avec les "les opprimés et les humbles d'esprit".
On pourrait donc penser que lorsque nous serons délivrés de l'exil (que tout ira bien pour nous), la Chékhina ne sera plus avec nous.
C'est pourquoi la guémara vient nous donner une 'hidouch : la Chékhina restera avec nous même à ce moment-là.

=> On voit de là qu'à un niveau individuel ou collectif, plus il y a de l'obscurité, des moments durs, plus Hachem est présent à nos côtés.
Cette règle est telle? qu'il pourrait en résulter que la guéoula où l'on sera remplie de joie implique un retrait de la divinité par rapport à avant, dans les ténèbres de l'exil. Nos Sages ont dû faire un ajout spécifique pour dire que ce ne sera pas le cas.
Ainsi, un juif n'est jamais seul, et plus il est dans le noir de sa vie, plus la lumière de papa Hachem est puissante à ses côtés. (libre arbitre oblige, nous n'aurons conscience de cela que dans le monde de Vérité)

-> La question se pose : pourquoi la Chékhina restera-t-elle avec nous pendant notre guéoula?
Les deux raisons mentionnées ci-dessus ne s'appliquent pas. Nous n'aurons plus besoin d'une protection spéciale et ne serons plus opprimés.
Le Maharal explique qu'il existe une 3e raison pour laquelle Hachem est avec le peuple juif. C'est parce que Hachem et le peuple juif ont un lien et une connexion solides qui ne peuvent jamais être rompus.
Le peuple juif est appelé ישראל , qui contient le nom d'Hachem (le nom א"ל ), et c'est une chaîne qui nous relie à Hachem.
Par conséquent, même pendant la guéoula, Hachem sera avec nous, car Hachem et le peuple juif sont éternellement liés.

<--->

-> Il est écrit : "Tu as créé le Léviatan pour jouer avec lui" (Liv'yatan zé yatsarta lécha'hék bo - Téhilim (104,26). Pourquoi le verset mentionne-t-il le Léviatan en particulier?
Nos Sages (Baba Batra 74b) affirme qu'Hachem a créé un Léviatan mâle et une Léviatan femelle. Mais lorsque Hachem a vu que le monde n'existerait plus s'ils se multipliaient et avaient des enfants (vu leur taille énorme), Hachem a tué la femelle et l'a salée pour les tsadikim du futur.
Le Léviatan mâle est resté seul. Hachem dit au Léviatan : "Tu n'es pas seul au monde. Hachem sera là avec toi, et si l'on peut dire jouera avec toi."
C'est une leçon pour tous ceux qui se sentent seuls au monde à cause de leurs souffrances et autres. Sachez que vous n'êtes pas seuls. Hachem est avec vous. Il vous attire près de Lui pour être avec Lui.
[rav Elimélé'h Biderman]

[on voit que dans notre exil les juifs se sentent seuls parmi les nations hostiles, et on pourrait croire qu'Hachem nous ayant chassé du Temple, Il est très loin de nous. Mais c'est l'inverse, justement comme nous sommes seuls, cela implique qu'Il doit être davantage à nos côtés. [à l'image du Léviatan ]
On peut éventuellement ajouter qu'avec la chute spirituelle, génération après génération (ex: moins de lien, de connaissance d'Hachem), on a un sentiment d'être toujours plus loin de la divinité, mais en réalité Hachem n'a jamais été aussi proche de chaque juif qu'à notre génération (justement du fait que nous sommes plus loin de lui par nos capacités spirituelles faibles). ]

Le fondement du bita'hon est de ne pas avoir peur.
La peur vient de l'imagination ; la confiance vient de l'âme.
[rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk]

+ "achré aam yod'é téroua" (אשרי העם יודעי תרועה - Téhilim 89,16)
Le Noam Mégadim explique que le mot : תרועה (téroua) vient du mot : רעה (raa - mauvais)
Le verset nous dit : "Heureuse est la nation qui "yod'é téroua" = qui sait que même le mauvais est à son avantage.

Lorsqu'une personne fait une bonne action, en agissant avec l'attribut de bonté ('hessed), elle ravive l'attribut de bonté dans le monde entier, et incite tout le monde à vouloir faire preuve de bonté.
[ rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hayé Sarah]

<--->

-> Imaginons cela : pas besoin de milliards, mais juste un petit acte de bonté (ex: un sourire, une écoute, un mot, une pièce, ...) accompli en privé et dont parfois personne n'en saura jamais rien. Notre nom ne figurera pas à la une des journaux, mais pourtant nous avons changé le monde d'une manière importante, en lui insufflant de la brillance, davantage de bonté d'Hachem.

-> La société prétend que pour changer le monde, il faut une révolution (quelque chose de grand, de visible, ...).
Le rabbi de Berditchev enseigne que ce n'est pas vrai ; chacun d'entre nous change le monde chaque jour. Chacune de nos actions a un effet réel, à la fois spirituel et physique, sur l'ensemble de l'humanité, amenant les gens du monde entier à commencer à agir comme nous l'avons fait (enclenchant une dynamique positive de bonté!).
Nous pouvons changer le monde!

[le libre arbitre, yétser ara, empêche que nous ayons conscience pleinement de cela, mais les paroles du rabbi de Berditchev sont la réalité du fonctionnement du monde. ]

<--->

-> Ainsi, par notre attitude de 'hessed tournée vers l'extérieur, nous permettons aux forces positives de 'hessed d'en-Haut de nous inonder.
L'inverse est également vrai. Lorsqu'une personne s'engage dans un comportement égoïste, elle attise la négativité, qui se propage dans le monde entier, empêchant le flux d'amour, de miséricorde d'Hachem de se déverser sur l'humanité.
[rabbanit Feldbrand]

-> Le 'Hafets 'Haïm suppliait les gens de poursuivre le 'hessed et d'éviter son contraire.
Il disait : "A une époque où l'attribut de Rigueur (mida hadin) prédomine de jour en jour, le seul salut possible réside dans l'adoption de l'attribut de bonté (mida ha'hessed), qui reste le meilleur instrument pour parvenir à la rédemption".

Les Shéva Bra’hot

+++ Les Shéva Bra'hot :

+ Yotser ha'adam (bénédiction n°3) :

-> On nous enseigne que celui qui n'est pas marié n'est qu'une moitié (palga dégoufa).
En ce sens, le mot kalla partage la même racine que "kila" (finir), comme dans "kaacher kila" (quand Il eut fini - Vayéra 18,33). C'est parce qu'elle complète l'homme.
Ceci est en accord avec ce qu'Adam a dit : "étsem méatsamaï" (c'est un os de mes os - Béréchit 2,23), ce qui signifie qu'elle est son autre moitié. Un mari et une femme ne font qu'un.
C'est ainsi que 'Hava est littéralement issue du corps d'Adam.
D'une façon identique, la guémara (Béra'hot 24a) dit : "ichto kégoufo" (la femme est comme lui-même [litt. comme son corps (kouf - à l'image d'Adam et 'Hava)]).
Par conséquent, cette unité n'est atteinte que lorsque le mari et la femme se marient.

Ceci permet d'expliquer pourquoi nous disons dans les Shéva Bra'hot : "yotser ha'adam" (qui a formé l'homme). En effet, ce n'est qu'après s'être marié qu'une personne devient une personne complète. [d'ailleurs dans le langage courant on dit : "trouver sa moitié!". Ce n'est qu'avec le mariage qu'on est pleinement créé. D'où cette bénédiction à ce moment pour remercier Hachem, ainsi que notre conjoint, ses parents, ... car grâce à eux nous avons pu terminer notre processus de création dans ce monde, nous amenant à être complet (passant de moitié d'être à une totalité).
Chacun dans un couple doit avoir conscience qu'à leur source/racine d'âme ils ne sont qu'un, que la matérialité de ce monde semble diviser.]

-> Dans la Torah, la première fois que l'homme est appelé "ich" et non plus sous la forme générique "Adam", est lorsqu'Adam rencontre 'Hava.
Il est écrit : "celle-ci sera nommée Icha [femme], car c'est de Ich [homme] que celle-ci a été prise" (Béréchit 2,23).
Ich est une expression d'importance. Elle fait référence à l'aspect le plus élevé de l'homme.
Ainsi, c'est uniquement par le fait de rencontrer sa femme qu'il peut devenir un Ich. Il a la capacité de rencontrer son moi supérieur à travers elle.

-> Le mot kalla (une mariée) a pour racine : kol (tout). C'est parce qu'un homme possède tout après s'être marié, comme l'affirment nos Sages (guémara Yébamot 62b) qu'un homme qui n'est pas marié vit sans bonheur, sans bénédiction, ...

<--->

+ Saméa'h téssama'h (bénédiction n°6) :

-> Il y a ceux qui rencontre quelqu'un et ensuite se marient, puis ils ont des doutes quant à savoir si c'était le bon conjoint pour eux.
Ils peuvent penser : "Peut-être aurais-je dû épouser quelqu'un qui a de meilleurs traits de caractère, ou qui accomplit plus d'actes de 'hessed, ..."
[on a tendance à penser que l'herbe est plus verte ailleurs, mais certains conseillent plutôt : "l'herbe est plus verte là où on l'arrose" (si tu fais l'effort de faire en sorte que ton conjoint(e) soit épanoui(e), alors il sera à l'image de cette herbe qui deviendra resplendissant de verdure. ) ]

Rabbi Aryeh Levine explique que nous donnons donc la bénédiction à un 'hatan et à une kalla (dans la bénédiction de Saméa'h téssama'h) : "qu'Hachem réjouisse ce 'hatan et cette kalla tout comme Adam et 'Hava dans le Gan Eden, puisque Adam et 'Hava savaient tous deux qu'ils étaient faits l'un pour l'autre, car personne d'autre n'existait alors.

Cela explique également la phraséologie de cette bénédiction : "saméa'h téssama'h" (se réjouir intensément), puisque "il n'y a pas de plus grand bonheur que la résolution d'une incertitude" (én sim'ha kéatarat hasfékot), du fait de l'absence de comparaisons et de concurrents.
[avant le mariage on peut s'interroger (est-ce la bonne), mais une fois le mariage (aré at mékoudéchet) alors on a la certitude que Hachem nous a destiné cette femme, et alors il n'y a plus de doute : c'est elle, et aucune autre au monde. ]

-> "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Yaakov!" (ma tovou ohalékha Yaakov - Balak 24,5)
Rachi : Parce qu’il a vu que les entrées [de leurs tentes] ne se faisaient pas face.
Selon le rav Yéhochoua Alt, à un niveau plus profond cela peut être compris comme le fait qu'ils vivaient chacun en sachant que "j'ai le bon conjoint".
[j'ai le/la meilleur(e) conjoint, alors pas la peine de regarder chez le voisin]

-> Puisque 'Hava était la seule au monde, il était évident qu'elle était pour Adam.
Pourtant, il y a eu contestation car Adam a dit que la femme que Tu m'as donnée, m’a donné de l'arbre et j'ai mangé (Béréchit 3,12).
["La femme que tu m’as donnée avec moi, c'est elle qui m'a donné de l'arbre et j'ai mangé" - Rachi = Il marque ici de l’ingratitude envers la bonté de D. (j'ai fauté à cause d'elle!). ]
Selon le rav Yéhochoua Alt, c'est pourquoi depuis lors, le mariage demande du travail, même si nous sommes certains qu'elle est la bonne personne pour nous.
[en ce sens, pour réparer cette faute, nous devons avoir de la gratitude, avoir un regard où l'on apprécie et remarque les qualités de l'autre, ... Cela ne suffit pas qu'elle soit l'unique femme au monde, elle doit devenir unique par la façon dont on l'apprécie au quotidien. (on doit nourrir cette unicité, cette valeur supérieure qu'elle a).
En effet, ensuite Adam a compris son erreur et il a eu une telle démarche de la voir positivement en la caractérisant de "mère de tous les vivants", plutôt que de responsable d'avoir amenée la mort dans le monde (suite à la faute).]

<--->

+ Yatsar ét ha'adam bétsalmo ( qui a créé l'Homme à son image - bénédiction n°4) :

Il est écrit : "L'homme a été créé à l'image d'Hachem" (tsélem Elokim - Béréchit 1,27).
On peut citer à ce sujet :
-> Une des 10 étapes du rav Avigdor Miller pour atteindre la grandeur est : "Regardez le visage de quelqu'un et penser : Je vois l'image de D. (tsélem Elokim)".
-> Rabbi Moché Cordovéro explique que le mot : image (tsélem – צלם) est dérivé du mot : ombre (tsél – צל). Ainsi, dire que l’homme a été créé à "l’image de D." signifie que l’homme représente "l’ombre" d’Hachem projetée sur cette terre ; on comprend mieux alors le lien entre D. et l’homme.
-> Selon le rav Yéhouda Zev Segal (Kédochim 19,18) : "Le fait d'honorer un être humain revient à honorer Hachem Lui-même, puisque chaque personne est créée à l'image de D. (tsélem Elokim).
Si quelqu'un possède un véritable respect de Hachem, alors naturellement il ne fera aucun mal à ceux qui sont créés à Son image."

-> "Tous les juifs sont des princes ‘’ (kol Israël bné méla'him hén - guémara Baba Métsia 113b)

=> Nous devons garder à l'esprit, surtout lorsque notre conjoint fait une erreur (personne n'est parfait, tout le monde à des hauts et des bas, des qualités et des défauts), qu'il est créé à l'image d'Hachem, et nous devons donc le traiter en conséquent, avec tout le respect et la considération que cela implique.
Nous disons donc dans les Shéva Bra'hot : "yatsar ét ha'adam bétsalmo" (Il a façonné l'homme à Son image).

[d'une certaine façon, il y a à minima une double mitsva de la Torah :
- une d'aimer Hachem, ton D. = puisqu'il y a une partie d'Hachem en ton conjoint, tu dois donc la chouchouter (ce n'est pas n'importe qui!) ;
- une d'aimer son prochain comme soi-même = cela commence par notre moitié. A chaque fois qu'on la rend plus heureuse, plus épanouie, ... nous accomplissons cette mitsva de la Torah! ]

<--->

+ binyan adé ad (construction éternelle - bénédiction n°4) :

-> Les shéva bra'hot (les 7 bénédictions) sont aussi appelées : birkot nissouïm (les bénédictions du mariage).
Le mot "nissouïm" (נישואים) vient du terme : "nasso" (soulever, élever).
Cela fait allusion à la notion que l'un des buts du mariage est de nous élever au niveau supérieur.
Une autre raison à cela est que chaque conjoint est censé élever et faire grandir/épanouir l'autre en se complétant l'un l'autre.
L'adage dit : "les hommes peuvent venir de Mars et les femmes de Venus, mais le but est de faire en sorte que ça marche sur terre".
[selon nos Sages : "les femmes sont un peuple à part entière" (guémara Shabbath 62a)]

-> Le mot "nissouïm" a également pour racine "nassa" (supporter, tolérer) [comme dans : "nossé béol im 'havéro - Pirké Avot 6,6], car nous devons tolérer notre conjoint dans les choses qui nous différencient.
Il existe un axiome : "N'essayez pas de transformer votre conjoint. Transformez plutôt le regard que vous portez sur votre conjoint".

Nos Sages disent : "kol hagadol mé'havéro, yitsro gadol éménou" (guémara Soucca 52a) = celui qui est plus grand [spitiruellement] que son ami a également un plus grand yétser ara que lui.
Mais cela peut également être compris de la manière suivante : si quelqu'un est plus grand (kol hagadol), c'est grâce à son ami (mé'havéro), c'est-à-dire parce qu'il travaille ses traits de caractère au contact avec les différentes personnalités des autres.
"yitsro gadol" = si quelqu'un a un yétser ara plus fort, c'est à cause de lui-même (éménou), ce qui signifie qu'il doit s'améliorer davantage lui-même.
[même si cela ne nous fait pas toujours plaisir sur le moment, le mariage est là pour nous élever par ce face à face constant avec "mé'havéro" (notre conjoint est notre "meilleur ami"), qui nous voit constamment et nous connait parfaitement (ce qu'on a beau, et de moins beau en nous [donc à améliorer]).]

Le mariage ne se construit pas en un court laps de temps. Il nécessite de nombreuses années d'efforts. C'est pourquoi on parle d'un binyan, d'une construction, comme nous disons dans les shéva bra'hot : "biyan adé ad".
Tout comme la construction d'un bâtiment prend beaucoup de temps, la construction d'un mariage prend également beaucoup de temps.
[d'une certaine, le mariage est comme obtenir le terrain sur lequel on va pouvoir construire le plus bel édifice : fruit d'efforts, de temps, de moyen (un sourire, un encouragement, une intention, ...), de compromis, ... et qui nous accompagnera dans l'éternité du monde à Venir, où l'on profitera et sera fier de s'être investi pour ce si beau binyan.
Le mariage marque la validation de ce couple au ciel, et le commencement de notre travail conjointement dans la réalité terrestre.]
[rav Yéhochoua Alt]

Mitsva & ADN de la Torah

La Torah "est un arbre de vie" (éts 'haïm hi - Michlé 3,18).

Le frère du Gaon de Vilna, Rabbénou Avraham (au début de son séfer Maalot HaTorah) écrit :
un arbre est une seule entité se ramifiant en de nombreuses branches qui elles-mêmes fructifient, les fruits étant à leur tour composés de diverses parties avec de nombreux pépins. Chacun, une fois semé, peut reproduire un arbre entier. Cela signifie que chaque graine porte en elle un potentiel de tout un nouvel arbre.
La même chose est vraie pour les mitsvot, fruits de l’arbre de la Torah. Chaque mitsva est une entité distincte mais chacune contient l’essence de toute la Torah, le "code" spirituel de l’Arbre de vie.
Ainsi, toutes les mitsvot sont inextricablement interconnectées au point qu’un aspect d’une certaine mitsva peut être lié et représentatif d’une autre.
On peut comprendre cela avec la comparaison au corps humain formé de plusieurs membres et organes avec chacun leur fonction spécifique. Néanmoins, chaque partie du corps partagent le même ADN.
Idem pour chaque mitsva qui renferme l’ "ADN" de la Torah qui unifie tous les commandements.

Hachem tire plus de plaisir d'un acte qui profite aux gens, que d'un acte par lequel il est Lui-même adoré.
[Pélé Yoets]

"Lorsqu’un homme croit sincèrement qu’il n’existe rien au monde en dehors d'Hachem, tous les décrets rigoureux sont adoucis grâce à la lumière de la émouna, et il n’a même plus besoin de crier vers Lui.
Car par le mérite de la confiance en D. et de la foi, la bonté d’Hachem se dévoile sur le champ."
[rabbi Eizik de Kamarna - Zohar 'Haï - Vaéra]

<--->

Le Ohev Israël écrit :
"Chaque membre du peuple d’Israël doit posséder la foi que tout provient d’Hachem, est pour son bien et qu’Hachem se conduit avec bienveillance envers Ses créatures et tout particulièrement avec les Bné Israël, Son peuple de prédilection. Même si, pour l’heure, ce bien et cette bonté ne sont pas encore dévoilés, mais voilés et dissimulés, car cet homme n’en est pas encore digne.
Lorsqu’il atteindra cette compréhension et cette émouna intègre, la rigueur qui pèse sur lui s’en verra adoucie.
Et il ne verra alors que le bien et la bonté que le Créateur lui a prodigué à travers ces difficultés."

<--->

-> issu du divré Torah : La émouna permet d'adoucir la Rigueur : https://todahm.com/2023/01/24/la-emouna-permet-dadoucir-la-rigueur

Lorsque nous avons un amour sincère pour Hachem, cela a pour conséquence de brûler toutes les pensées mauvaises/stupides.
Et c'est le seul moyen efficace de vaincre les mauvaises pensées : d'avoir un désir constant de servir Hachem.
[Sfat Emet - Tsav 5634]