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"En honorant ses parents qui l'ont mis au monde, l'ont entretenu et élevé, l'homme apprend à éprouver de la reconnaissance à l'égard de D. pour Ses multiples bienfaits."
[Ramban]

-> 3 partenaires participent à la formation d'un être humain : un père, sa mère et Hachem.
Le père fournit les os, les nerfs, le cerveau, les ongles et le blanc des yeux de l'enfant.
La mère lui fournit la peau, la chair, le sang, les cheveux et la pupille de l’œil.
Quant à Hachem, Il lui fournit l'esprit, l'âme, la vue, l'ouïe, le toucher, la parole, la marche, l'intuition, la compréhension et la raison.
[Zohar 93a]

-> D. désire que ces 3 partenaires soient honorés.
Cependant, si un parent dit à son fils de commettre une faute, il doit ignorer cet ordre, et obéir à Hachem.

-> La récompense promise est la longévité (Mékhilta), d'éviter de commettre la moindre faute, et en particulier la profanation du Shabbath, ainsi que l'honneur et la richesse dans ce monde et une part plus importante dans le monde futur (Eliyahou rabba 26).

-> La longévité est la conséquence naturelle de la mitsva de respect ses parents.
Hachem n'a pas besoin d'y interférer, les jours [de sa vie] s'allongeant d'eux-mêmes.
[le Or ha'Haïm]

-> Rachel voulait anéantir tout objet d’idolâtrie de la maison de son père, en volant ses idoles (térafim).
Le Zohar (1,8) rapporte qu'elle a, quand même, été puni pour avoir porté atteinte à son père (même si l'intention est bonne), en mourant durant sa grossesse, sans pouvoir profiter d'un moment avec son bébé Binyamin.

[Certes, au regard de sa grandeur, D. l'a jugé très sévèrement, mais cela nous apprend à quel point il faut être vigilant à l'honneur et au respect de nos parents]

-> La guémara (Kiddouchin 31a) nous rapporte l'épisode du remplacement d'une des pierres du pectoral du Cohen Gadol, appelée le "Yachfé", et qui lui empêchait de réaliser son service sacrificiel dans le Temple.
Nos Sages sont allés voir un non-juif s'appelant : Dama Ben Nétina, qui possédait une telle pierre très précieuse.
Il était prêt à la leur céder, en échange de 60 bourses remplies de dinars d’or.

Dama alla chercher la pierre quand il vit que son père était allongé, ses jambes étendues et ses pieds posés sur le coffre dans laquelle elle se trouvait. Il retourna auprès des Sages et les informa que, pour l’instant, il ne pouvait la leur donner.
Ils pensèrent que peut-être il en voulait davantage et doublèrent la somme proposée ! Cependant, Dama s’en tint à son refus. Les Sages essayèrent d’augmenter leur offre encore et encore ! Mais il campa sur sa position. Quand ils se rendirent compte qu’il resterait inflexible, ils s’en allèrent.

Quand son père se réveilla, Dama rappela les Sages et leur dit : "Voici, je suis prêt maintenant à vous vendre la pierre".
Les Sages voulurent lui payer la dernière somme proposée. Dama leur dit : "Vais-je vous vendre l’honneur que j’ai rendu à mon père pour de l’argent ? Je n’en tirerai aucun profit !"

Quelle récompense Hachem lui réserva-t-il ?
L’année suivante naquit dans son troupeau une vache rousse et le peuple d’Israël la lui acheta pour l’équivalent de son poids en or !

Nos Sages enseignent que cela met en avant le comportement des juifs, qui n'agissent pas uniquement en suivant la logique (comme Dama et les non-juifs), mais parce que : "comme t'a ordonné Hachem, ton D." (ils sont prêts à dépenser un somme énorme pour acheter une vache rousse, l'exemple type des mitsvot ['hok] dont nous ne comprenons pas le sens).

Le Meshech Chochma demande, pourquoi est-ce qu'il s'agit particulièrement de la pierre précieuse appelée : "Yachfé", et qui est liée à la tribu de Binyamin.
La raison est que c'est le seul qui n'a pas été lié à la vente de Yossef, qui a causé à leur père Yaakov une peine infinie.
Puisqu'il a honoré son père à la perfection, il a mérité que se soit sa pierre qui soit liée à l'exemplarité du respect des parents.

-> Le Séder haDorot rapporte que Rabbi Yéhochoua ben Elem va partager le même Gan Eden que le boucher de sa ville : Nanas, ce-dernier accomplissant tous les jours la mitsva de respect de ses parents âgés, de son mieux.
Rabbi Yéhochoua s'est même exclamé : "Quelle chance j'ai d'être ton voisin dans le monde à venir!"

"Quand un juif accepte avec joie la conduite du Créateur envers lui, mesure pour mesure, D. accepte en retour avec amour sa conduite à lui, même si elle est loin d'être parfaite"

[Torat Avot]

"Pour moi, il n'existe qu'un seul moyen contre tous les malheurs : priez!"

['Hazon Ich]

-> "Dans une lettre, il écrit :
"Quand un incident quelconque se produit, je me suis habitué à renforcer en moi-même la foi que rien n'arrive par hasard.
Tout vient uniquement de la providence divine. Et je m'efforce, par ma prière, d'annuler le décret divin."

D'ailleurs, le 'Hazon Ich raconta à ses disciples que l'effort qu'il investissait dans sa prière était supérieur à l'effort qu'il fournissait dans l'étude des passages les plus difficiles du Talmud.

-> Chaque fois qu'on parlait au 'Hazon Ich d'un mauvais décret, d'un malheur, d'une maladie ou autre, il répondait spontanément : "Eh bien, Hachem veut qu'il prie ..."

-> Le Rav Chlomo Zalman Auerbach dit :
"Je n'ai jamais raconté mes malheurs à un être humain. Quand quelque chose me faisait mal, quand quelque chose me dérangeait, je me levais et priais D. d'être bon envers moi ..."

-> Le Steïpler écrit (Birkat Pérets - paracha Chémot) :
"Tous les actes et manoeuvres humaines ne serviront absolument à rien pour ajouter ou retirer à ce qui a été décrété pour l'homme à Roch Hachana.
C'est seulement par la prière, les mérites et le repentir que le décret divin peut changer"

-> Le 'Hafets 'Haïm enseigne :
"Tous les malheurs qui nous arrivent et dont nous ne sommes pas délivrés persistent parce que nous n'abondons pas en prière.
Si nous priions et déversions nos paroles devant D., nos prières et nos requêtes seraient certainement exaucées. [...]
Si un homme épanche son cœur devant D. ; sa prière sera sincère et viendra d'un cœur brisé et humble.
Une telle prière sera certainement exaucée"

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-> "Il faut nous rappeler que nous n'avons aucune force d'agir.
Simplement, par nos actes, nous éveillons les Portes de la miséricorde afin d'atteindre le but que nous recherchons.

Celui qui prie et abonde en supplications pour être délivré accomplit davantage que celui qui fait des efforts sur le plan matériel"

['Hazon Ich - Kovets Igrot - lettre 62]

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-> Le Baal haTanya explique pourquoi il priait si longtemps :
"Imaginez-vous convoqué à une entrevue avec un ministre important. Ne vous serait-il pas agréable d'être assis en sa compagnie?
Vous voudriez certainement rester parler aussi longtemps que possible car vous regretteriez de le quitter.
C'est ce que je ressens quand je prie : je ne parle ni à un ministre, ni à un roi humain, mais avec le Tout Puissant, le Roi des Rois!
Pourquoi raccourcir ma conversation avec Lui alors que je suis autorisé à la prolonger et qu'elle m'est agréable?

A chaque instant, je ressens ce privilège que D. accepte d'écouter les paroles d'un serviteur humain"

-> "Si seulement l'homme pouvait prier toute la journée!"
[guémara Béra'hot 21a]

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-> "Au moment où vous priez, n'ayez pas 2 cœurs, l'un devant D. et l'autre pour d'autres choses"
[midrach Tan'houma - Ki Tavo]

-> "Que ta langue ne précède pas ton cœur, car dire peu avec concentration vaut mieux que beaucoup à la vitesse des mouvements de ta langue sans que ton cœur ne soit présent"
['Hovot haLévavot - Ahavat Hachem 6]

-> "Il peut arriver qu'un homme ne mérite pas que D. exauce sa prière, mais qu'à cause de ses supplications et de ses larmes fréquentes, bien qu'il n'ait pas de mérite ni de bonnes actions, D. accepte sa prière et fait ce qu'il demande"
[Séfer 'Hassidim 130]

La prière dépend du cœur, de la sincérité, ...

Un juif ne doit jamais désespérer, car il a toujours la possibilité de se tourner en prières vers son papa Hachem, qui peut tout, et qui l'aime d'un amour sans limite.

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-> "Tout homme, sans distinction, est capable de prier et ressent même le besoin intérieur de prier, car la prière est l'expression la plus forte du lien naturel de l'homme avec D."

[Rav Wolbe]

"Dans le judaïsme, le mariage n'est pas le couronnement, mais la racine de l'amour"

[Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch - Béréchit 24,67]

A l'image de Its'hak avec Rivka, qui plus ils vivaient ensemble, plus son amour pour elle grandissait!
"La plus grande douleur de l'âme, c'est de voir après la mort ce que l'homme aurait pu atteindre et n'a pas atteint lorsqu'il était en vie"
[Gaon de Vilna]
Le yétser ara est là pour nous faire perdre notre temps, avec des occupations futiles/vaines.
Dans le monde de vérité, nous ferons face à ce que l'on aurait pu être.
Résisterons-nous à la comparaison?

L’éveil d’en haut dépend de l'ardent désir d’en bas.
[Zohar, Bereshit 86b
[it'arouta dil'éla béti'ouvta dilétata tal'ya]

 Tout ce qui se passe dans ce monde dépend de ce qui se passe en Haut.
Ce qui est convenu en Haut est accepté en bas. Aucun pouvoir n’existe en bas tant qu’il n’a pas été accordé d’en Haut.
[Zohar - Vayichla'h 9 ]

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-> Hachem orchestre les mouvements et le fonctionnement du monde ; tout se déroule avec une précision absolue.
[Zohar - Vayéra 21 ]

-> Rien ne se produit dans le monde sans avoir d’abord été annoncé [du Ciel] par un rêve ou une proclamation (bé'hélma ou al yéda dé'haroza).
[Zohar - Vayéchev 7 ]

Une personne ne connaît pas le goût de la douceur tant qu’elle n’a pas goûté à l’amertume.
[Zohar - Vayikra 48a ]
[la yada énach taama dimtika, ad déta'im mérira]

Ceux dont l’âme s’est réincarnée (c’est-à-dire que ce n’est pas leur première vie) peuvent attirer plus rapidement leur âme sœur par la prière.
[Zohar - Lé'h Lé'ha 32]

"Une femme qui s'écarte" (ki tichté ichto - Nasso 5,12)

La Torah utilise ici le terme "tichté" (תִשְׂטֶה - qui s'écarte), évoquant la folie (שטות - chetout), pour enseigner qu'un homme ne peut commettre de faute, que si un esprit de folie s'est emparé de lui.
["Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a) ]
Un homme pleinement conscient de l'impact de ses actes, ne pourrait commettre la moindre faute.

=> Mais pourquoi la Torah a t-elle choisi la situation de la femme "sota" qui se dévie de son mari afin de donner cette leçon, commune à toutes les fautes?

En fait, la Torah veut nous apprendre que la relation entre Hachem et son peuple est similaire à celle d'un homme et son épouse. Hachem a pris le peuple juif pour épouse, si on peut ainsi dire. Il lui a donné Sa Torah et les mitsvot, qui sont les moyens pour Israël de Lui rester fidèle.
Par chaque faute commise, il trahit Hachem, à l'image d'une femme qui trahit son mari en se rapprochant d'un autre homme. Tous les plaisirs interdits par la Torah sont en fait assimilés au plaisir que cette femme adultère pense trouver chez un autre homme.
Bien entendu, ce plaisir ne peut être vraiment épanouissant. Au contraire, il finit par causer de l'amertume et des conséquences dommageables.

[Likouté Si'hot]

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-> La guémara (Sota 3a) déclare : "Une personne ne commet une transgression que si l’esprit de folie (roua'h chetout - רוח שטות) s’empare d’elle», et le texte cité pour l’appuyer est une phrase de notre paracha : "Si une épouse se détourne (Tisté - תשטה) de son mari et lui devient infidèle" (Nasso 5,12). [Chetout et Tisté dérivent de la même racine]
Ainsi, Rachi rapportant cet enseignement talmudique, cite le verset du roi Salomon : "Commettre un adultère, c’est être insensé, qui veut se perdre agit ainsi" (Michlé 6,32).

=> Quel rapport y a-t-il entre la faute en général et la femme Sota (l’épouse soupçonnée d’adultère)? Pourquoi l’adultère est-il de toutes les transgressions, celle qui montre que le péché est toujours irrationnel et absurde.

La réponse est que l’adultère est le prototype même de toute transgression.
En effet, le péché d’adultère dans la loi juive s’applique, bien entendu, seulement si la femme en question est mariée, d’où la phrase : "Si une épouse se détourne de son mari».
Or, le peuple juif dans son ensemble est considéré comme l’épouse de D. En effet, le lien forgé entre eux au Mont Sinaï était semblable à celui d’un mariage.
Plus précisément, le Kli Yakar, au début de la Paracha de Bamidbar, nous explique que les fiançailles entre Hachem et Israël (et donc chaque juif individuellement) eurent lieu lors de au don de la Torah, tandis que le Mariage proprement dit a été célébré lors de l’édification du Michkan.

Ainsi, chaque fois qu’un juif commet une faute, si légère soit-elle, il trahit l’Alliance, "le contrat matrimonial", entre lui-même et Hachem. Il est coupable d’adultère spirituel, d’infidélité envers son partenaire Divin.
Tel est donc le rapport entre notre verset sur la femme Sota et l’enseignement de la guémara sur la folie de la faute.

=> Pourquoi un péché, même insignifiant, est-il "folie"?
Parce qu’il provoque une rupture du lien entre l’homme et D., inacceptable du point de vue de la raison.

=> Et pourquoi la faute provoque-t-elle une telle rupture?
Car lorsqu’un juif commet une transgression même légère, c’est un geste d’infidélité et une trahison envers le Mariage contracté au mont Sinaï.
Aucun juif ne désire cette infidélité qui crée une "rupture" avec son Créateur. Si un tel fait insensé est possible, c’est parce que l’homme succombe malheureusement aux aspirations de son yétser ara dont le nom שטן (Satan) s’apparente à celui de שטות (chtout - folie).

La phrase "Si une épouse se détourne de son mari" ne s’applique pas à la femme convaincue d’adultère, mais seulement à celle soupçonnée d’adultère. Ainsi, cette accusation est-elle de courte durée.
En effet, si, après que le nécessaire a été fait pour déterminer si le soupçon est fondé, l’épouse est déclarée innocente, non seulement elle est lavée de toute souillure, mais aussi retourne à son mari et connait la bénédiction.
Cet espoir concerne aussi l’homme qui a fauté. Il ne doit pas tomber dans le désespoir mais au contraire, il doit se souvenir qu’il peut toujours se rapprocher à nouveau du Créateur. Quand il fera téchouva et retrouvera la pureté de l’innocence, il s’efforcera de se rapprocher véritablement de Lui (Hachem), jusqu’à ce que "mari et femme soient unis", et que la présence du Divin soit révélée en son âme. [et à l'image de la femme Sota, il bénéficiera de la bénédiction Divine (d'une certaine façon, c'est la joie de papa Hachem de nous voir revenir près de Lui, de renouer nos liens d'amour/proximité par la téchouva)]
Telle est la délivrance personnelle, prélude à la Délivrance collective.
[Collel de Sarcelles - feuillet de la communauté 5783]