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Guéoula & les 2 retours en terre d’Israël

+ Guéoula & les 2 retours en terre d'Israël :

-> "Hachem, ton D., ramènera tes captifs (véchav Hachem) et aura pitié de toi, et Il reviendra (véchav) et te rassemblera de toutes les nations où Hachem ton D. t'aura dispersé. Si tes dispersés se trouvent aux extrémités des cieux, de là Hachem ton D. te rassemblera et de là Il te prendra. Et Hachem ton D. te ramènera dans la Terre [d'Israël] de tes Patriarches" (Nitsavim 30,3-5).

-> Le Messé'h 'Hokhma explique :
[La raison pour laquelle le mot "véchav" (וְשָׁב) est mentionné 2 fois est que] Hachem d'abord ramènera et aura pitié des juifs qui sont en captivité, ceux qui aspirent à la terre d'Israël et veulent fuir de 'houtz LaAretz comme [on veut fuir] une prison. [malheureusement ils doivent pour le moment rester dans la terre en dehors d'Israël, s'y sentant comme en captivité, tellement ils aspirent à vivre en Israël. ]

[La deuxième partie du verset], "et Il vous rassemblera de toutes les nations" fait référence aux juifs qui ont trouvé de la satisfaction dans des terres étrangères ('houtz laAretz), ceux qui ont perdu tout désir pour la Terre d'Israël. Hachem les rassemblera également, et Il les ramènera après [le premier groupe].

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=> Le point important ici est qu'avec la venue du machia'h, il y aura deux étapes dans le rassemblement des exilés : d'abord, Hachem délivrera les juifs qui vivent dans des terres qui leur semblent hostiles (car ils aspirent tellement à Israël!).
C'est uniquement pour ces juifs que le verset indique : "Hachem aura pitié de toi" (véri'hamta), comme indiquant que leur retour se fera dans de belles conditions (puisqu'ils voulaient sincèrement y être mais ne le pouvaient malheureusement pas, alors Hachem considère cette aspiration sincère comme s'ils avaient vécu en Israël).

Ensuite, Hachem ramènera chez eux les juifs qui vivent dans des terres qui leur semblent confortables (ils ont perdu tout désir ardent pour la Terre Sainte, préférant, trouvant des qualités à une autre terre).
Non seulement ces juifs ne bénéficient pas de la pitié, de la miséricorde d'Hachem, ils auront perdu la mitsva de la Torah de chaque instant de vivre en Israël, mais en plus ils auront une sorte de honte d'avoir comme trompée la terre d'Israël (où Hachem est si présent), une honte de retourner les derniers se réunir en terre d'Israël avec leurs frères juifs qui y seront déjà.

Ne pas désirer résider en Israël est la source de tous nos malheurs

+ Ne pas désirer résider en Israël est la source de tous nos malheurs :

-> Le seul but de tous les coups que nous recevons [en exil] est de nous inciter à retourner dans notre Terre Sainte [d'Israël].

J'ai entendu une idée sur ce concept au nom du rabbi Bounim de Peshischa (1765-1827). Il explique ... comme suit :
Lorsqu'on acquiert un animal, il existe deux types de méchikha (מְשִׁיכָה - un moyen de acquérir l'animal par traction - voir guémara Kidouchin 22b].
Le premier consiste à appeler l'animal et qu'il nous suive. Le second consiste à le frapper avec un bâton et à le faire courir devant soi ...
Nous sommes dans la même position devant Hachem, en ce qui concerne l'appel à retourner en terre d'Israël. Si nous écoutons la voix de D. qui nous appelle à retourner dans notre Terre, alors nous incarnerons l'aspect de la méchikha par l'appel. Nous ne souffrirons aucune douleur ni aucune souffrance.
Au contraire, nous irons avec empressement, sans aucune contrainte extérieure. Hachem nous guidera et nous Le suivrons.

Cependant, si nous ne nous efforçons pas de retourner volontairement (de notre pleine volonté) dans notre Terre, et que nous attendons que le bâton vienne nous frapper, le machia'h prendra la forme d'un coup ... Nous souffrirons l'agonie et la douleur du bâton de nos ennemis jusqu'à ce qu'ils nous forcent à courir devant Hachem vers la terre d'Israël.
[quelqu'un qui ne peut véritablement pas aller actuellement en Israël, devra le désirer ardemment en son cœur (ex: en valorisant la terre bien au-delà de toute autre, en exprimant ce souhait à Hachem dans nos prières). ]
[rav Yissa'har Shlomo Teichtal - Ein haBanim Sémékha]

Avraham & vivre en terre d’Israël

+ Avraham & vivre en terre d'Israël :

-> Il est connu qu'Hachem a initialement donné comme commandement à notre premier Patriarche : "Quitte ta terre, ta patrie et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai" (Lé'h Lé'ha 12,1).
Cependant, on sait moins qu'Avraham, le "pilier du monde" (Rambam -Hiklhot Avodat Kochavim 1,2), qui s'est empressé d'aller accomplir avec joie le commandement divin d'égorger son fils unique, a eu beaucoup de mal à accomplir le commandement d'Hachem de s'installer en Terre d'Israël.

Le Roch (Yébamot 6,12) affirme que la raison pour laquelle Avraham n'a pas eu d'enfants en dehors de la terre d'Israël est "parce qu'Hachem lui a ordonné : "Quitte ta terre pour le pays que je te montrerai", mais il a procrastiné et il n'est pas parti. Et même après son arrivée en terre d'Israël, il est retourné dans son lieu [de naissance] ... C'est pourquoi il a été puni."

-> Le Ramban (sur Lé'h Lé'ha 12,10 ; voir aussi 15,12) est du même avis :
"Sachez qu'Avraham Avinou a commis une grande faute, involontairement, en mettant sa femme vertueuse dans une situation où elle risquait de fauter, parce qu'il craignait qu'ils ne le tuent ...
De plus, son départ de la Terre, qui lui avait été ordonné au départ, en raison de la famine, était également une faute qu'il avait commise. Car Hachem, en période de famine, le délivrera de la mort (voir Iyov 5,20 : "en temps de famine, il te sauvera de la mort").
A cause de cet acte, ses descendants ont été condamnés à l'exil en Egypte, aux mains du Pharaon. "

La source du Ramban est le Zohar (Lé'h Lé'ha 81b) : "Rabbi Yéhouda dit : "Puisqu'Avraham est descendu en Egypte (quittant la Terre Sainte) sans permission, ses descendants ont été asservis en Égypte pendant 400 ans."

[imaginons l'horreur de l'esclavage en Egypte, et on se rend compte de la grandeur et de l'importance du fait de résider en Israël. ]

-> On a un principe : "Les actes des Patriarches sont un signe pour leurs descendants".
Le même phénomène de faiblesse dont Avraham a fait preuve s'est reproduit tout au long de notre longue histoire, et Hachem est très strict lorsque nous négligeons la mitsva de résider en terre d'Israël.
Ne pensez pas que notre premier Patriarche manquait d'explications ou d'excuses solides pour ses actions. Cependant, Hachem a les moyens d'annuler les excuses.
Lorsque nous tombons amoureux de l'exil, Il nous jette dans la fournaise ardente : "Lorsque [Avraham] fut jeté dans la fournaise ardente [à Our Kasdim], c'était un signe qu'il devait s'éloigner de là" (Chla haKadoch - Chné Lou'hot haBrit - Torah Chébikhtav - Lé'h Lé'ha p.11b).
[Tsvi Glatt]

Israël – le lieu pour avoir davantage de proximité avec Hachem

+ Israël - le lieu pour avoir davantage de proximité avec Hachem :

-> Les premiers versets du Séfer Yonah (Yonah 1,3) disent : "Et Yonah se leva pour fuir vers Tarchich, de devant Hachem". Que signifie "de devant Hachem" (milifné Hachem)?
La Mékhilta (parachat Bo - Pesichah) enseigne que "de devant Hachem" fait référence à la terre d'Israël.
Le Targoum Yonathan traduit le verset ci-dessus comme suit : "Et Yonah se leva de l'endroit où il prophétisait auparavant au nom d'Hachem pour s'enfuir vers la mer".

La Mékhilta poursuit en disant que Yonah voulait fuir la terre d'Israël afin de ne plus pouvoir recevoir de prophétie divine. Yonah savait qu'une fois qu'il serait en dehors d'Israël, il ne serait plus à un niveau suffisamment élevé pour atteindre la prophétie.
Ce n'est qu'en terre d'Israël, où le lien [de tout juif] avec Hachem peut être davantage renforcé et intime, que la prophétie peut exister.

Mais comment les Sages ont-ils su que "de devant Hachem" fait référence à la terre d'Israël?
Le terme "milifné Hachem" est utilisé ailleurs dans un contexte très différent. Dans la paracha (A'haré Mot 18,29), Rabbénou Bé'hayé discute longuement des différents aspects de la punition de karét (mort).
Il cite le verset (Emor 22,3) : "Et cette âme sera retranchée de devant Moi", expliquant que l'expression "de devant Moi" (milfanaï) fait référence à l'endroit où Hachem repose Sa Présence Divine. Cet endroit est la terre d'Israël, où se trouvent les portes du ciel et c'est de là que l'âme monte au ciel après la mort d'une personne.

Nos Sages expliquent les versets dans Yonah de la même manière.
Puisque Yonah fuyait "de devant Hachem", cela signifie qu'il fuyait la terre d'Israël, où Hachem repose constamment Sa Présence divine.

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=> On apprend de là que si un juif désire avoir une relation plus intime et forte avec Hachem, cela ne peut se passer qu'en Israël, lieu où la présence Divine est beaucoup plus présente.
Ainsi, quitter sa terre natale, son confort de galout, pour la terre d'Israël est non seulement une mitsva de la Torah (de résider en Israël), mais surtout un acte d'amour pour papa Hachem (je t'aime, je veux être au plus proche de Toi!), et pour soi-même (notre âme ne pouvant être entière et épanouie qu'en Israël).

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-> Le Navi fait référence à Hachem en tant que "Eloké haAretz" (le D. de la Terre - voir Méla'him II 17,26), ce qui fait spécifiquement référence à la terre d'Israël. Nous constatons également qu'Hachem est souvent appelé "Eloké Israël" (D. d'Israël).

Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Béréchit 1,1) explique que le nom Elokim vient toujours démontrer la hachgakha (providence) d'Hachem et Son implication personnelle dans le monde et dans notre vie quotidienne.
Le Gaon de Vilna écrit qu'Hachem est appelé Eloké Israël pour démontrer qu'Il est toujours impliqué dans la vie des juifs et pourvoient à tous leurs besoins.

Le rav 'Haïm David Sapirstein, élève du rav Moché Shapiro et l'auteur du Yadav Emouna, explique, en se basant sur les paroles du Gaon de Vilna ci-dessus, que c'est également la raison pour laquelle Hachem est parfois appelé "Eloké ha'Aretz". Ce nom montre qu'Hachem a une relation étroite avec les juifs, en particulier en terre d'Israël. Là, Il est beaucoup plus présent et impliqué dans tous les aspects de leur vie.

Le rav Sapirstein cite une autre source du Gaon de Vilna pour étayer cette affirmation.
Dans le Adéret Eliyahou (Dévarim 1,6), le Gaon de Vilna écrit :
"Deux choses se distinguent des autres entités similaires : le peuple juif et la terre d'Israël. Le peuple juif se distingue des 70 nations non juives, et la terre d'Israël se distingue de toutes les autres terres".
Le Gaon de Vilna ajoute que tout comme Hachem est appelé "Eloké Israël", il est également appelé "Eloké Haaretz".

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[de même qu'un juif semble identique à un non juif en apparence, la terre d'Israël nous semble identique extérieurement.
Mais en réalité, il n'y a pas de comparaison possible, les deux (un juif et la terre d'Israël) sont une réalité spirituelle infiniment plus élevée, ils sont aimés et proches d'Hachem.
Etre en Israël plutôt qu'en dehors, est une réalité tellement différente comme le jour et la nuit, comme le fait d'être juif ou pas. ]

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-> Au début, le rav Eliyahou Dessler ne restait en terre d'Israël que pour des périodes limitées avant de retourner en Angleterre, mais il finit par s'installer définitivement à Bné Brak.
Dans une lettre adressée à sa fille peu après son déménagement définitif, il écrivait :
"Ici, je peux vraiment ressentir les paroles de rav Yéhouda HaLévi : "L'air de la Terre [d'Israël] est l'air de la sainteté". Cela est vrai même s'il existe encore certains endroits ici où la sainteté est cachée et difficile à trouver. Cependant, dans les lieux où l'on entend le son de la Torah, la sainteté est palpable.
C'est seulement ici (en terre d'Israël) que nous pouvons nous libérer de l'emprise des autres nations et de leurs modes de vie négatifs. Ici, la sainteté est le catalyseur du bonheur et de la joie sans limites."

-> Dans une lettre adressée à son élève, le rav Aryeh Carmell, le rav Dessler écrit qu'il est approprié que chaque individu se donne pour priorité de venir au moins voir la Terre que Hachem nous a promise et à laquelle nous aspirons tant.

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+ Tout juif est influencé par l'ange responsable du pays où il habite :

-> Après avoir travaillé pendant 20 ans à 'Haran, Yaakov Avinou décida finalement de prendre sa famille et de retourner en terre d'Israël. Sa décision, comme le mentionnent les versets, fut motivée par la rancœur et la jalousie de la famille de Lavan envers le succès de Yaakov.

Le verset dit : "Et il entendit les paroles des fils de Lavan, qui disaient : "Yaakov a pris tout ce qui appartenait à notre père, et c'est à partir de ce qui appartenait à notre père qu'il a amassé toute cette richesse" (Vayétsé 31,1). Plus tard, Lavan lui-même répète cette accusation à Yaakov, en disant : "Tout ce que tu vois m'appartient" (Vayétsé 31,43).

Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav Mé'Eliyahou vol 4, p.129) soutient qu'il est impossible que ces affirmations soient complètement fausses. Si elles sont consignées dans la Torah, elles doivent contenir au moins un soupçon de vérité.
Le rav Dessler explique que toutes les richesses qui descendent dans ce monde en dehors d'Israël ('houtz laAretz) sont envoyées par des intermédiaires plutôt que directement par Hachem. Ces intermédiaires sont les anges Tutélaires spécifiques à chaque terre/pays.
Ainsi, les richesses qui sont descendues sur la terre d'Aram Naharayim et sur la ville de 'Haran ont été envoyées par l'ange Tutélaire de ces lieux. Lavan et ses fils avaient donc raison de dire que Yaakov avait pris les richesses qui étaient venues dans ce monde par l'intermédiaire de leurs anges.

Le rav Dessler va encore plus loin. Non seulement les bienfaits matériels sont apportés dans ce monde par les anges gardiens (Tutélaires) de chaque pays, mais le caractère et la mentalité de chaque civilisation sont également déterminés par ces intermédiaires.
Les juifs qui vivent en dehors d'Israël sont affectés par ces influences tout comme les non juifs qui y vivent.

Il donne des exemples que l'on peut observer dans le monde actuel. Les Russes sont très passionnés, et la forme d'avodat Hachem qui s'est développée en Russie est le 'hassidisme. À l'inverse, les Lituaniens sont froids et calculateurs, et les juifs de Lituanie se caractérisent par leur étude approfondie de la Torah et leur étude du moussar. Les Allemands sont généralement ordonnés et méticuleux dans le respect des règles, et la marque distinctive des juifs allemands est leur loyauté envers la tradition et diverses coutumes.

[mais malheureusement notre environnement non juif nous influence en mal (même Yaakov a subi cela!), développant de mauvaises midot, limitant/étouffant notre spiritualité, créant une distanciation avec Hachem et une appétence aux visions matérielles du monde comme un non juif, ...
A l'inverse, en Israël nous sommes directement sous l'influence d'Hachem (sans intermédiaire), et nous bénéficions bien davantage d'une influence Divine très puissante, très pure. ]

Hachem veut que Ses enfants rentrent à la maison

+ Hachem veut que Ses enfants rentrent à la maison :

-> "Une opinion de nos Sages est que tant que la malédiction de désolation n'envahit pas notre Terre, Hachem souhaite que la Terre soit peuplée par son peuple Israël ...
Le son de notre Bien-aimé, Hachem, est actuellement sur nous ... Il veut que les dispersés d'Israël s'installent peu à peu sur la Terre.
Il a donc influencé le cœur du roi, le Kaiser et de ses ministres pour qu'ils permettent aux juifs de créer un comité et une organisation afin de collecter des fonds pour soutenir nos frères, les agriculteurs et les artisans de la terre d'Israël et de Syrie...
C'est un signe que Hachem veut établir un peuplement de juifs dans notre Terre Sainte. Nous devons donc susciter et évoquer un esprit d'amour pour la Terre et accomplir le désir de D. de quelque manière que ce soit ...
Ainsi, à un moment comme celui-ci, où nous voyons comment Hachem a suscité le cœur du généreux, [c'est-à-dire le baron Rothschild] à faire des choses merveilleuses pour le bien du Yichouv (le fait de résider en Israël), en persuadant le sultan et ses ministres d'y consentir, "ces signes sont Ses mots mêmes, comme il est dit : "Ils ont placé parmi eux les paroles de Ses signes" (samou vam divré ototav - Téhilim 105,27).
Et nous ne devons pas être trop sages et dire que cela doit se passer d'une autre manière ..."
[Nétsiv de Volozhin - rapporté dans le Shivat Tzion - sect.1 p17-18 ]

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-> Les kabalistes enseignent que le serment de D. [de ne pas nous délivrer] n'était valable que pour une durée de mille ans. [voir rav 'Haïm Vittal - intro Etz 'Haïm]
Le 'Hida (Shem Haguédolim - vol.1,sec.119) écrit : "le décret de destruction était pour 1000 ans".
[le 2e Temple a été détruit en 68-70 de l'ère des nations. ]
[de même le rav Mordé'haï Atiya (intro Pardess Rimonim) ; rav Yéhouda Alcalay (Kitvé haRav Alcalay) ; le Shévet Moussar (téchouva rapporté dans Hichbati Etkhem du rav Weingarten)]

-> A ce moment-là, "la jeune fille" [c'est-à-dire Israël] fut pardonnée, et elle fut autorisée à retourner dans la maison de son Bien-Aimé et à manger à nouveau à la table de son Père. Ainsi, le Bien-Aimé se mit à frapper à sa porte, en disant : "Ouvre-moi, ma sœur, mon amour, ma colombe, ma parfaite, car ma tête est couverte de rosée, mes boucles [sont couvertes] des gouttes de la nuit" (Shir haShirim 5,2).
Néanmoins, [Israël (les juifs) resta indolent, comme il est dit] : "Je dors, mais mon cœur veille" (id. 5,2).
Lors du premier retour à Sion (après la destruction du 1er Temple), Ezra, Né'hémia et les autres prophètes servirent de "cœur conscient", exhortant les juifs à monter en terre d'Israël.
Cependant, par la suite, lors du dernier retour (menant à la construction du 3e Temple) le peuple juif n'a pas de prophètes, et nous n'avons pas eu le privilège d'assister à l'envoi de la main droite du Bien-Aimé (Hachem) [celle de l'Attribut de miséricorde].
La seule main qu'Il a envoyée à travers le trou est, par la force des choses, la main gauche, qui agit par le biais de l'Attribut de la Rigueur.

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-> "Mais la colombe ne trouva pas de repos" (Noa'h 8,9) :
Yéhouda bar Na'hman dit au nom de Rabbi Shimon : "Si elle avait trouvé le repos, elle ne serait pas revenue (en terre d'Israël - selon le Matnot Kéhouna)".
De même, "Elle [Israël] a habité parmi les nations, mais n'a trouvé aucun repos" (Eikha 1,3) = si elle avait trouvé le repos, elle ne serait pas revenue.
De même, "Et parmi ces nations, tu ne seras pas tranquille ; il n'y aura aucun repos pour la plante de tes pieds" (Ki Tavo 28,65) = s'ils avaient trouvé le repos, ils ne seraient pas revenus.
[midrach Béréchit rabba 33,8 ]

-> Rabbi Ze'ev Wolf Einhorn (dans sonPérouch Maharzou) : "Mais la colombe ne trouva pas de repos ... alors elle retourna vers Noa'h = cela fait probablement allusion à l'Assemblée d'Israël, qui est comparée à une colombe... C'est pourquoi Hachem afflige Israël de souffrances et de pauvreté, pour son propre bien, afin qu'elle revienne vers Lui".

Rabbi Barou'h Epstein (Torah Témima - Eikha 1,62) ajoute :
"Elle vivait complaisamment parmi les nations et n'envisageait pas de retourner en terre d'Israël. Elle a toutefois échoué, car elle n'a pas trouvé le repos. Voici, la perspective claire (hachkafa) de cette maxime est très chère, et son écho résonne dans chaque génération, jusqu'à ce jour."

-> "Je vous ferai sortir des nations et je vous rassemblerai des pays où vous avez été dispersés, à main forte, à bras étendu et à la colère déployée" (Yé'hezkel 20,34).
Commentant ce verset, rabbi Its'hak Abarbanel témoigne de l'expulsion d'Espagne :
"Ils ont brûlé [les juifs] par centaines et par milliers, avec une cruauté féroce et une colère débordante, comme nous l'avons vu de nos propres yeux dans cette génération, dans le royaume d'Espagne. C'est pourquoi les Marranes, avec leurs femmes et leurs enfants, se sont décidés à fuir leurs lieux de résidence parmi les chrétiens et à partir vers des terres lointaines, afin de sauver leur vie.
C'est également ainsi que Hachem les rassemblera des terres où ils sont dispersés : [ils s'enfuiront] sous la contrainte et par crainte de la mort, en raison de la colère déversée par Hachem qui régnera sur eux.
En effet, le rassemblement et l'exode des juifs misérables se feront sur ordre des rois, qui leur diront : "Levez-vous et sortez de mon peuple".
C'est pourquoi il est dit que Hachem les rassemblera d'une main puissante, c'est-à-dire de la même manière que Pharaon les a chassés de son pays, par la force.

Le midrach Aggadah (Noa'h 8,11) [de même] déclare : "La colombe représente le peuple juif. Tout comme la colombe n'a pas trouvé de repos pour la plante de ses pieds, Israël ne trouvera pas de repos en exil, comme il est dit : "Il n'y aura pas de repos pour la plante de tes pieds "(Ki Tavo 28,05).
Et, tout comme la colombe est revenue à l'Arche, Israël finira par revenir de son exil vers sa terre, à cause du joug des nations qui sont comparées à l'eau, comme il est dit : "Malheur à la multitude des nations qui sont aussi tumultueuses que le tumulte des mers" (Yéchayahou 17,12)."

[à nous de voir si nous voulons revenir en Israël par nous-même, ou bien forcés par les souffrances des nations qui nous environnent. ]

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b'h, sur ce sujet :
- le rav Mordé'haï Jaffe qui se lamente que nous ne prêtons pas attention à l'appel au retour à notre Terre : https://todahm.com/2025/12/08/rabbi-jaffe-la-terre-disrael
- de même pour le rav Yaakov Emden : https://todahm.com/2025/12/08/le-yaavets-terre-disrael
- d'autres enseignements très parlant : https://todahm.com/2025/12/08/rabbi-alkalay-terre-disrael
- ainsi que la réflexion du Messé'h 'Hokhma : https://todahm.com/2023/11/28/le-messeh-hokhma-terre-disrael
- le rav Its'hak El'hanan Spector : https://todahm.com/2025/12/08/rabbi-spector-terre-disrael

- par ailleurs : Diaspora & construction permanente : https://todahm.com/2016/11/04/diaspora-construction-permanente

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+ "Plus le peuple juif se développe en dehors de la terre d'Israël, plus il cause de la destruction au peuple juif"
['Hatam Sofer - sur guémara Soucca 36a]

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-> Voici le divré Torah en entier :
La guémara (Béra'hot 35b) traite d'une célèbre dispute entre Rabbi Yichmael et Rabbi Shimon bar Yo'haï. Il semble y avoir une contradiction entre 2 versets.
Un verset dit : "... et tu récolteras ton grain" (Ekev 11,14), indiquant qu'il est permis, voire obligatoire, de consacrer du temps à travailler pour gagner sa vie. Cependant, un autre verset dit : "Ce livre de la Torah ne s'éloignera pas de ta bouche" (Yéhochoua 1,8).
Cela semble nous enseigner de ne pas abandonner l'étude de la Torah, même pour un instant. Si tel est le cas, nous ne devons pas perdre de temps à récolter le grain et à effectuer d'autres travaux agricoles ; chaque instant de notre vie doit être consacré à l'étude de la Torah.
Rabbi Yichmael soutient que ce dernier verset doit être compris dans le contexte du premier. Cela signifie qu'en nous demandant de "récolter notre grain", la Torah nous permet de gagner notre vie de manière normale. Après avoir pourvu à ces besoins essentiels, tout notre temps libre doit être consacré à l'étude de la Torah.

Cependant, Rabbi Shimon bar Yo'haï n'est pas d'accord avec cela. "Est-il vraiment possible, s'exclame-t-il incrédule, qu'un homme laboure son champ au moment de le labourer, sème au moment de semer, récolte, bat et vannent au moment opportun? Si tout le monde se comportait ainsi, qu'adviendrait-il de la Torah?"
La réponse à ces 2 versets apparemment contradictoires est plutôt la suivante : lorsque le peuple juif suit la voie d'Hachem, son travail est accompli par d'autres et il peut se consacrer entièrement à la Torah. Cependant, lorsqu'il ne suit pas la volonté d'Hachem, il doit accomplir son travail lui-même, comme il est dit : "Et tu ramasseras ton grain".

La guémara conclut par les paroles d'Abayé : "Beaucoup se sont comportés selon l'opinion de Rabbi Yichmael et ont réussi, tandis que d'autres se sont comportés selon l'opinion de Rabbi Shimon bar Yo'haï et n'ont pas réussi".

-> Le 'Hatam Sofer (Soucca 36a) propose une explication novatrice qui démontre l'amour qu'il portait à la terre d'Israël.
Même Rabbi Yichmael, qui soutient qu'une personne peut s'occuper de son gagne-pain au détriment de l'étude de la Torah, ne parle que du moment où le peuple juif réside en terre d'Israël.
Travailler la terre d'Eretz Israël fait en soi partie de la mitsva de résider en Eretz Yisrael (terre d'Israël), et ce n'est qu'en terre d'Israël que la Torah nous commande de "récolter ton grain".
Cependant, en dehors d'Israël, Rabbi Yichmael est d'accord avec l'opinion de Rabbi Shimon bar Yo'haï selon laquelle il vaut mieux pour une personne de ne pas travailler et de se concentrer uniquement sur l'étude de la Torah.
Le 'Hatam Sofer écrit que "plus le peuple juif se développe en dehors d'Israël, plus il cause de la destruction au peuple juif."

Le 'Hatam Sofer ajoute que cela explique pourquoi Boaz, dans la Méguilat Ruth, vannait son orge tout seul. Boaz était un riche propriétaire terrien qui employait de nombreux ouvriers. Si tel était le cas, pourquoi effectuait-il ce type de travail?
Cependant, si l'on garde à l'esprit que le travail de la terre fait partie de la mitsva de résider en terre d'Israël, les actions de Boaz ne sont plus surprenantes. Il voulait accomplir personnellement la mitsva et ne voulait pas laisser d'autres le faire à sa place.

Pour clarifier son propos, le 'Hatam Sofer fait une analogie très forte. Il est évident que personne ne cesserait de mettre ses téfilines, même s'il craignait que cela lui fasse perdre du temps pour l'étude de la Torah. De même, personne ne devrait jamais prétendre que la raison pour laquelle il ne travaille pas la terre d'Israël est que ce travail l'empêcherait d'étudier la Torah.

Nos Sages désiraient vivre dans la terre d’Israël

+++ Nos Sages désiraient vivre dans la terre d'Israël :

+ Le Gaon de Vilna :

-> Il est connu que le Gaon de Vilna (1720-1797) encourageait ses élèves à monter en Terre Sainte afin d'initier le processus de rédemption (guéoula). Ce qui est peut-être moins connu, c'est qu'il a lui-même tenté de s'y rendre, mais que, pour des raisons mystérieuses, il n'y est jamais parvenu.
Voici un extrait de la lettre d'adieu qu'il a écrite à sa famille (Iguéret haGra) :
"Je suis venu vous demander de ne pas vous affliger, comme vous me l'avez promis, et de ne pas vous inquiéter. Après tout, les hommes voyagent [à l'étranger] pendant des années afin de gagner de l'argent, laissant leurs femmes derrière eux et errant sans aucun moyen de subsistance.
Mais moi, grâce à D., je voyage vers la Terre Sainte, que tout le monde aspire à voir, l'amour de tout Israël (version alternative : [la terre d'Israël] est l'amour d'Hachem ; tous les êtres célestes et terrestres la désirent).
Et je voyage en paix, D. merci. De plus, vous savez que j'ai laissé derrière moi mes enfants, auxquels mon cœur aspire, et tous mes précieux livres, devenant comme un étranger en terre étrangère. J'ai tout laissé derrière moi ... Il est bien connu que ce monde est entièrement futile et que tous les plaisirs sont sans valeur. Malheur à ceux qui poursuivent la vanité, qui n'apporte aucun bénéfice."

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-> Un des disciples le plus proche du Gaon de Vilna, le rabbi Hillel de Shklov (Kol haTor - chap.5) écrit :
"Qui, parmi toutes les autorités postérieures, est plus grand que notre maître le Gaon de Vilna, le saint d'Israël, qui exhortait ses élèves avec des paroles enflammées à monter en terre d'Israël et à s'engager dans le rassemblement des exilés?
Il encourageait sans cesse ses élèves à hâter le [signe] révélé de la fin [des temps], à rapprocher la fin de l'exil en s'installant en terre d'Israël ...
Qui peut exprimer et décrire l'angoisse de notre maître, lorsqu'il nous parlait de ces choses, à travers son roua'h HaKodech (inspiration divine), les larmes aux yeux?"

Le rabbi de Shklov écrit ailleurs (Kol haTor - chap.1) :
"À mesure que le rassemblement des exilés [en Israël] s'intensifie, la Sitra Achra (forces du mal) augmentera sa puissance. Alors, un autre accusateur s'ajoutera à ceux qui n'encouragent pas le rassemblement des exilés [en Israël] après que le début [de la guéoula] aura commencé avec cela. Car alors, il y aura un refuge à Sion, à Jérusalem et parmi le reste. Un mot suffit aux sages. Cela inquiétait beaucoup notre maître."

-> Un autre disciple du Gaon de Vilna écrit :
"Cette prophétie, "Il y aura un refuge à Sion et à Jérusalem" (Yoel 3,5), a beaucoup inquiété notre maître, le Gaon de Vilna. Car selon cela, un temps viendra, pendant "les pas du machia'h", où le rassemblement des exilés se fera par le biais d'un refuge. Autrement dit, les troubles et les mauvais décrets les forceront à fuir, et seuls les rescapés atteindront Sion et Jérusalem.
C'est l'une des principales raisons pour lesquelles le Gaon de Vilna exhortait ses élèves à se dépêcher de se rendre en terre d'Israël, afin de participer au rassemblement des exilés en temps utile, afin de provoquer le retour à Sion de leur plein gré, et non par nécessité de fuir [par des souffrances et mauvais décrets].
[HaMaguid Dorech Tsion - vol.2, p.71]

-> Le Gaon de Vilna disait : "Nous devons espérer que le rassemblement des exilés [en Israël] se fasse par choix et non par fuite."
[HaMaguid Dorech Tsion - vol.2, p.71, note 33]

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+ Rabbi Na'hman de Breslev :

-> Rabbi Na'hman (1772-1810) a composé des centaines de prières pour de nombreuses occasions et situations. Voici un échantillon de ses nombreuses supplications pour avoir le privilège de vivre en terre d'Israël.

1°/ Dans son Likouté Téfilot 1,47 :
"Accorde-moi le privilège d'aller rapidement, sans délai et sans tarder en terre d'Israël, la Terre de la Vie (érets a'haïm), la Terre Sainte, pour me rouler dans sa poussière, embrasser ses mottes de terre, respirer son air sacré et trouver refuge à son ombre.
Aie pitié de moi et sois miséricordieux envers moi ; aie pitié de moi et accorde-moi le privilège de venir rapidement et en paix en terre d'Israël, la Terre que Tu as choisie parmi toutes les autres terres, la Terre qui est sanctifiée par dix [niveaux] de sainteté (Kélim 1,6), la Terre de la Vie, la Terre où tu mangeras du pain sans pénurie ; tu ne manqueras de rien là-bas (Ekev 8,9) ; la Terre que le Seigneur ton D. recherche ; les yeux du Seigneur ton D. sont toujours sur elle, du début de l'année à la fin de l'année (Ekev 11,12).

2°/ Dans son Likouté Téfilot 1,84 :
"Hachem, Hachem, Tout-Puissant, compatissant et miséricordieux, lent à la colère, abondant en bonté et en vérité : accorde-moi le mérite, dans Ta miséricorde abondante, que moi et tout Israël aspirions, désirions ardemment et souhaitions sincèrement aller en terre d'Israël, jusqu'à ce que j'aie le privilège, dans Ta miséricorde abondante et Ta bonté immense, de réaliser mon désir dans la pratique, d'aller, de voyager et d'arriver en paix en terre d'Israël, rapidement, sans délai et sans tarder.
Car Tu connais l'énormité de mon besoin, combien j'ai besoin d'être en terre d'Israël, la Terre Sainte, en raison de l'immense distance qui existe entre Toi et moi, et en raison de l'énorme densité de mon côté physique, de la perversité de mon cœur et de la confusion de mon esprit.
Pour toutes ces raisons, j'ai besoin d'être en terre d'Israël, où se trouve le fondement principal [et] la source de la foi sacrée. C'est là que se trouve la racine de la sainteté globale d'Israël.
C'est la Terre que Hachem a choisie pour Son peuple élu, Israël.
C'est la Terre que Hachem recherche constamment (cf. Dévarim 11:12), la Terre de la vie véritable et éternelle, la Terre délicieuse, bonne et vaste que Tu as désiré donner à nos ancêtres en héritage (d'après le "Al HaMé'hiya"), la Terre qui contient la Cité de notre D., Sa montagne sainte, belle de ses paysages, joie de toute la terre (cf. Téhilim 48,3).

S'il te plaît, Hachem, Toi qui es miséricordieux et plein de miséricorde, Toi qui es bon et plein de bonté, ... : accorde Ta bonté à mon peuple, selon Ta volonté, et accorde-moi le privilège... de venir rapidement en terre d'Israël, la Terre Sainte, la Terre que nos Patriarches ont héritée, la Terre où tous les vrais tsadikim ont aspiré et désiré ardemment y être.
Et la plupart d'entre eux y sont venus et ont rectifié ce qu'ils pouvaient, ont contribué ce qu'ils pouvaient et ont mérité [d'accomplir] ce qu'ils pouvaient, tout cela grâce à la sainteté de la terre d'Israël, qui est le point le plus saint du monde entier."

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+ 'Hafets 'Haïm :

-> Le 'Hafets 'Haïm (1839-1933) a aspiré toute sa vie à vivre en terre d'Israël, comme en témoigne son fils, rabbi Arych Leib, dans son ouvrage Michtavé hé'Hafetz 'Haïm, une sorte de biographie de son illustre père.
Il y écrit (p.76) :
"Mon honorable père a aspiré toute sa vie à voyager [vers la terre d'Israël], et il était déjà prêt à le faire. Il a [même] envoyé ses livres et ses effets personnels [là-bas], mais au grand regret de tous, [D. dans] les cieux l'en a empêché.
Moi, l'auteur, j'ai voyagé vers notre Terre à mon retour d'exil, dans le seul but de voir la Terre dont nous parlons jour après jour tout au long de notre vie.
Je n'en ai pas parlé à mon honorable père, car je craignais qu'il m'empêche d'y aller en raison des frais importants [que cela impliquait]. Je ne lui en ai parlé que lorsque j'étais déjà dans la Terre, et lorsque je suis revenu [en Europe] et que j'ai rendu visite à mon père, il m'a dit : "Tu as agi de manière insensée! Si tu étais déjà là-bas, tu aurais dû t'y installer"."

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+ Le Ramban :

-> C'est cela (l'importance de vivre en terre d'Israël) qui m'a poussé à quitter ma terre et à m'éloigner de chez moi. J'ai quitté ma maison, abandonné mon héritage, je suis devenu comme un corbeau envers mes fils, cruel envers mes filles, [tout cela] parce que je veux que le départ de mon âme [ait lieu] dans le sein de ma mère (la terre d'Israël).
[Ramban - dracha pour Roch Hachana - selon le commentaire de Rabbi 'Haïm Chavel ]

-> Le Ramban (1194-1270) a immigré en Israël vers la fin de sa vie, sachant qu'il ne reverrait jamais sa
famille, afin de vivre ses derniers jours et de rendre son âme à son Créateur en Terre Sainte.

Selon rabbi Chavel, le Ramban fait référence à un Yérouchalmi (Kilayim 9,3) dans lequel Oula déplore le fait qu'il meurt en dehors de la Terre d'Israël. En réponse à l'assurance de ses élèves qu'ils l'emmèneront en Israël pour l'enterrer, il dit : "Quel avantage [cela m'apporte-t-il] ? Je perds ma perle [c'est-à-dire mon âme] dans une terre souillée. Il n'y a aucune comparaison entre celui qui rend l'âme dans le sein de sa mère et celui qui rend l'âme dans le sein d'un étranger."

Les Guédolé Israël des générations précédentes et suivantes ont tous nourris un amour intense pour la terre d'Israël.
Cet amour brûlait en eux comme une flamme sacrée, que même une abondance d'eau ne pouvait éteindre et que les rivières ne pouvaient emporter.
[rabbi Yé'hiel Michel Tikochinsky (1871-1955) - séfer Eretz Israël 27,7]

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-> Il écrit dans la suite (séfer Eretz Israël 27,9) :
"Alors [que par le passé il était long et dangereux (voir impossible) de faire le trajet jusqu'à Israël, que la vie y était très difficile], que manque-t-il aujourd'hui (où tout est plus facile et confortables)?
Ce désir intense qui brûlait dans le cœur des juifs fidèles qui vivaient dans la diaspora dans le passé, [c'est cela qui manque] ! ...

Aujourd'hui en particulier, les juifs soutiennent la communauté juive en terre d'Israël tout autant que par le passé, mais ils continuent d'aimer la vie en exil, et certains d'entre eux imaginent que c'est là que se trouvera leur foyer à l'avenir ...
Il incombe à chaque juif pratiquant, en particulier à nos rabbins, de tirer les leçons des aliyah précédentes, lorsque [les juifs] sont montés en terre d'Israël en se sacrifiant et en aspirant à trouver refuge dans les cours d'Hachem et à sauver la Terre Sainte de ses profanateurs.
"Quand Hachem favorise les voies d'un homme, même ses ennemis font la paix avec lui" (Michlé 16,7).
[C'est-à-dire] qu'Israël vivrait en sécurité, à l'abri de ses ennemis extérieurs, et que le peuple juif en terre d'Israël rayonnerait à nouveau de son éclat [unique], comme dans les années passées, et que nous nous rapprocherions chaque jour davantage de notre guéoula complète et de notre destin espéré."

La terre d’Israël & séfer ‘Harédim

+ La terre d'Israël & séfer 'Harédim :

-> Rabbi El'azar Azikri a écrit le séfer 'Harédim, il est l'auteur du chant de Shabbath Yédid Néfech. Il était un disciple du Arizal, et il a vécu a Sfat de 1533 à 1600.

-> Le séfer 'Harédim (chap.59) souligne l'importance du désir ardent pour Israël :
"Nous trouvons dans le midrach qu'au début, Hachem dit à Avraham d'aller en terre d'Israël, de la voir, puis de revenir [dans son lieu de naissance]. Après son retour, Il ne lui a pas donné la permission de retourner en terre d'Israël pendant cinq ans, période pendant laquelle [Avraham] a aspiré à y retourner, en disant ce verset : "Ah! me dis-je, que n’ai-je des ailes comme la colombe? Je m’envolerais pour établir [ailleurs] ma demeure. Oui, je fuirais au loin, je chercherais un asile dans le désert; Sélah!" (Téhilim 55,7-8).
[Avraham] dit : "Il vaut mieux loger dans les déserts de la terre d'Israël que dans les palais en dehors d'Israël ('houts laAretz)".
Avraham aspirait [à retourner dans la Terre], et lorsqu'il en reçut la permission [de le faire], il est dit : "Avraham partit comme le Seigneur lui avait dit" (Lé'h Lé'ha 12,4).
Avant d'entrer dans la Terre, il n'en avait pas le désir ardent. Cependant, après y être allé pour la première fois et avoir vu, grâce à une vision prophétique, la précieuse gloire de la sainteté de la Terre, il en eut un désir intense.
Nous, ses descendants, devons tirer une leçon de son exemple, pour les générations futures, afin de désirer ardemment, comme lui, [vivre en terre d'Israël], même si ses habitants souffrent. Nous devons [y vivre] en gardant cela à l'esprit [et accepter] nos souffrances avec joie.

C'est pourquoi la section traitant [du souvenir] d'Amalek est juxtaposée à l'entrée [des Bné Israël] en terre d'Israël dans la paracha Ki Tavo.
Nos Sages (guémara Béra'hot 5a) ont dit : "Hachem a donné 3 cadeaux aux Bné Israël, et Il ne les leur a donnés qu'à travers la souffrance. Ce sont : la Torah, la terre d'Israël et le monde à Venir".
Tout comme Amalek est venu [nous combattre] lors de notre première entrée [dans la Terre], un Amalek viendra de la même manière sur notre chemin lors du rassemblement des exilés, lorsque [les juifs] voudront entrer en terre d'Israël, comme nous le voyons constamment à notre époque. Que Hachem voie cela et juge [nos ennemis]."

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-> Le séfer 'Harédim (chap.59) parle ensuite des sentiments contradictoires, mais complémentaires, de joie et de crainte que l'on doit éprouver lorsqu'on vit en Terre Sainte. Il écrit :
"[La paracha Ki Tavo] commence par le mot véhaya (ce sera - וְהָיָה), [qui est] l'une des douze combinaisons du nom sacré [des lettres de D.], pour suggérer que celui qui vit en terre d'Israël s'accroche à Hachem, à l'opposé de celui qui réside en dehors ('houtz laAretz), c'est-à-dire à un juif qui est comparé à quelqu'un qui n'a pas de D.
[Le verset] utilise cette combinaison [particulière] pour faire allusion à la déclaration de Chazal : "Chaque fois qu'il est dit véhaya, c'est une expression de joie."

Le Ramban inclut la mitsva de résider en terre d'Israël dans [son] décompte des 613 [mitsvot]. Une personne accomplit cette mitsva à chaque instant où elle se trouve dans la Terre [d'Israël].
Or, il est bien connu que la principale récompense [que l'on reçoit pour avoir accompli] une mitsva est la grande joie [que l'on éprouve en la réalisant], comme il est dit : "Parce que tu n'as pas servi le Seigneur ton D. avec joie" (Ki Tavo 28,47).
Par conséquent, celui qui réside en terre d'Israël doit se réjouir continuellement de sa mitsva constante et bien-aimée.
[Mais] il doit également avoir peur et trembler, comme l'écrit Rabbi Shimon bar Yo'haï : "Toute mitsva qui n'est pas [accomplie] avec crainte et amour n'est pas une mitsva". C'est pourquoi il est dit dans Avot déRabbi Natan : "Il faut se réjouir et trembler [de crainte] devant les mitsvot".

Le mot "véhaya" écrit à côté de la mitsva de résider terre d'Israël (yichouv Eretz Israël) fait allusion à la joie [que l'on doit ressentir en accomplissant] la mitsva, et la juxtaposition avec la section d'Amalek fait allusion à la crainte [que l'on doit ressentir en réalisant] la mitsva ...
Les souffrances [que l'on subit en] terre d'Israël, qu'elles proviennent des nations non juives ou de la maladie, sont [comme] un autel expiatoire ...
Les difficultés [que l'on subit] en terre d'Israël déduisent et diminuent [nos] fautes, et les personnes qui y habitent sont pardonnées de leurs fautes.
Il est également dit : "Son pays expiera [pour] Son peuple" (Haazinou 32,43). Mais cela n'est vrai que pour les fautes mineures, pour lesquelles on se repent et que l'on regrette d'avoir commises.
Alors les souffrances [de terre d'Israël] nous purifient, et quand on y meurt, on va directement au gan Eden. "

[chaque juif en Israël accomplit à chaque seconde les 613 mitsvot (par le simple fait d'y résider), ce qui lui procure un avantage éternel énorme, dont il serait passé à côté en étant en dehors d'Israël.
Imaginons la honte d'un juif dans le monde de Vérité quand il réalisera ce qu'aurait pu être la part de son monde à Venir s'il avait vécu en Israël!
De plus, chaque petite souffrance vient nous purifier. Or, selon le principe de nos Sages qu'une souffrance dans ce monde vaut énormément de souffrances expiatoires après notre mort, on se rend compte que le fait d'être en Israël va nous dispenser de tellement de rectifications douloureuses après notre mort. ]

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-> Le séfer 'Harédim (chap.59) conclut son exposé sur la terre d'Israël par une mise en garde :
"Cependant, ceux qui viennent en terre d'Israël sans réaliser qu'ils se trouvent dans le palais du Roi, et qui se rebellent, fautent et passent le plus clair de leur temps à festoyer avec leurs amis et à s'amuser, le verset dit à leur sujet : "Vous êtes venus souiller Mon pays, vous avez fait de Mon héritage une abomination" (Yirmiyahou 2,7).
Il dit également : "Quand vous venez vous présenter devant Moi, qui vous a demandé de fouler Mes cours?" (Yéchayahou 1,12).
[Ces personnes] ne doivent pas penser qu'elles resteront en terre d'Israël après leur mort. Au contraire, [Hachem] les expulsera comme des chiens lorsqu'elles mourront.
Le Pirké déRabbi Eliezer (chap.34) déclare : "Les âmes de tous les réchaïm en terre d'Israël seront chassées du pays, comme il est dit : "Il lancera l'âme de tes ennemis comme du creux d'une fronde" (I Shmouel 25,29).
Et à l'avenir, Hachem saisira les coins de la terre d'Israël et la secouera pour la débarrasser de toute souillure (impureté) et chassera [les fauteurs] de la Terre [saitne], comme il est dit : "Pour saisir les coins de la Terre et en secouer les réchaïm" (Iyov 38,13)."

Le Ramban (dans la paracha A'haré Mot) écrit que la Torah déclare : "La terre a été souillée, et j'ai fait retomber son iniquité sur elle" (A'haré Mot 18,25) en ce qui concerne les relations illicites, même si ces relations sont des interdictions personnelles, n'ayant rien à voir avec la terre d'Israël.
Néanmoins, l'accomplissement principal de toutes les mitsvot est destiné à ceux qui habitent la Terre d'Hachem.
Le Sifra (Kédochim 11,14) enseigne de manière similaire : "Que la terre ne vous vomisse pas" (A'haré Mot 18,28, la terre d'Israël est différente des autres terres ; elle ne retient pas les fauteurs."
Voici, les Cuthéens n'ont pas été punis dans leur terre [natale], mais lorsqu'ils sont venus dans la Terre de D. et y ont commis les mêmes actes [fauteurs] qu'ils avaient commis auparavant, [Hahem] a envoyé contre eux des lions qui les ont tués. C'est pourquoi chacun doit trembler lorsqu'il vient en terre d'Israël [et s'assurer] de craindre Hachem beaucoup plus [vigoureusement] qu'il ne le ferait en 'houtz LaAretz.
Et chacun doit réaliser qu'il vit dans la demeure du Roi."

Avraham & désirer vivre en terre d’Israël

+ Avraham & désirer vivre en terre d'Israël :

-> Le Chlah Hakadoch (Shaar Ha'Otiyot - Ot Kouf, 23) cite le midrach (Béréchit rabba 39,8) qui affirme que Hachem ordonna à Avraham Avinou de se rendre en terre d'Israël, puis lui dit de la quitter pendant cinq ans. Pendant ces années, Hachem n'a pas permis à Avraham de retourner en terre d'Israël, malgré son immense désir de le faire, afin qu'il développe un profond attachement pour la Terre Sainte.
Il est écrit :"Et j'ai dit : si seulement j'avais des ailes comme la colombe, je m'envolerais et je trouverais le repos. Voici, je m'en irais au loin, je demeurerais dans le désert pour toujours" (Téhilim 55,7-8).
Nos Sages déduisent de ce verset qu'il vaut mieux résider dans le désert de la terre d'Israël que dans les grands châteaux d'en dehors d'Israël (en 'houtz la'Aretz).

Avant qu'Avraham n'entre en terre d'Israël, il n'en avait pas envie, car il ne l'avait jamais expérimentée. Ce n'est qu'une fois qu'il eut enfin pénétré dans le pays qu'il fut capable, grâce à la prophétie, d'apprécier à sa juste valeur la sainteté et le caractère sacré qui lui sont inhérents.
C'est pourquoi, lorsqu'il fut contraint de quitter la terre d'Israël, son désir d'y retourner ne connut aucune limite.

Le Chlah Hakadoch ajoute un autre aspect de la relation d'Avraham Avinou avec la terre d'Israël : sa détermination à y vivre malgré les épreuves qu'il a endurées.
Cela devrait nous servir de leçon, [d'exemple sur la façon de voir les choses]. Tout comme [notre papa] Avraham et sa descendance ont désiré [ardemment] la terre d'Israël malgré les souffrances qu'ils y ont endurées, nous devrions également désirer y vivre, même au prix de souffrances et d'épreuves. [même s'il est sincèrement compliqué d'y aller vivre pour le moment, on doit aimer, aspirer, et prier pour notre terre d'Israël! ]
C'est pourquoi la Torah juxtapose le passage de l'attaque d'Amalek contre Bné Israël avec celui qui traite de leur entrée dans la terre d'Israël. Amalek a attaqué Bné Israël alors qu'ils étaient en route vers la terre d'Israël, leur infligeant beaucoup de difficultés et de souffrances.
De même, lorsque les juifs tenteront de monter en terre d'Israël depuis l'exil, Amalek s'interposera et les attaquera. Cela nous causera des difficultés, mais la guémara dans Massékhet Béra'hot nous y a déjà préparés, en nous informant que la terre d'Israël est un cadeau qui doit être acquis à travers la souffrance.

Le Chlah Hakadoch ajoute qu'il est bien connu que la principale récompense pour l'accomplissement d'une mitsva dépend du degré de joie que l'on éprouve en l'accomplissant. Si tel est le cas, celui qui vit en terre d'Israël doit toujours se réjouir de cette mitsva, qui est une mitsva accomplie en permanence, à chaque instant de la journée.
Les souffrances que nous endurons en terre d'Israël, causées par les non juifs hostiles qui nous entourent et par les conditions de vie difficiles, sont pour nous comme un autel d'expiation.
C'est à travers ces tribulations que nos fautes sont effacées et que nous méritons d'aller directement au Gan Eden après notre mort.

Amour de la terre d’Israël & les fruits de Guénosar

+ Amour de la terre d'Israël & les fruits de Guénosar :

-> Dans son séfer de réponses halakhiques intitulé Torah Lichma (siman 418), le Ben Ich 'Haï répond à la question suivante qui lui a été posée :
"Moi, serviteur d'Hachem, j'ai récemment eu le mérite de quitter mon domicile et de monter en terre d'Israël, dans la ville sainte de Tsfat. A quelques heures de route de chez moi, il y a des vergers dont les fruits sont particulièrement sucrés et savoureux, même selon les normes d'en dehors d'Israël.
Je demande s'il serait mal vu de m'y rendre et d'y rester quelques jours, même selon les normes des pieux, car cela serait une perte de temps et une recherche des plaisirs mondains.
Peut-être, cependant, que cela n'est pas considéré comme problématique, même selon les critères des pieux, puisque le voyage est motivé par les fruits de la terre d'Israël et qu'il montrera à quel point j'apprécie la terre d'Israël."

La réponse du Ben Ich 'Haï n'est pas moins surprenante que la question :
"Même pour ceux qui agissent au niveau des pieux, il ne devrait y avoir aucune hésitation à entreprendre un tel voyage. Nous trouvons la même activité décrite dans la guémara (Erouvin 30a) qui rapporte au nom de Rabba bar bar 'Hana :
"Lorsque je suivais Rabbi Yo'hanan pour manger les fruits de Guénosar (des fruits très sucrés qui poussent dans la région du lac Kinéret - גִינּוֹסַר), alors que nous étions une centaine d'étudiants à l'accompagner, chacun d'entre nous ramassait dix fruits pour Rabbi Yo'hanan, soit un total de mille fruits.
Mais lorsque nous n'étions que dix étudiants à l'accompagner, nous ramassions chacun cent fruits pour Rabbi Yochanan, soit un total de mille.
Rebbi Yo'hanan consommait alors tous les fruits et disait : "Je jure que je ne suis pas rassasié".

Nous voyons que Rabbi Yo'hanan et une centaine de ses étudiants prenaient du temps libre uniquement dans ce but. Comme l'indique clairement la guémara, ils voyageaient uniquement dans le but de manger les fruits.
Ils faisaient certainement cela pour montrer à quel point la terre d'Israël leur était précieux. Ils étaient sans aucun doute tous des rabbins saints et spirituels, et nous pouvons donc en conclure qu'il s'agit bien d'une pratique pieuse.
C'est ainsi qu'ils montraient à Hachem à quel point ils étaient reconnaissants de vivre en terre d'Israël".