Les 3 clefs qui permettent à une personne de trouver grâce aux yeux d’Hachem sont : l’humilité, l’étude de la Torah avec amour et le savoir-vivre (déré’h érets), c’est-à-dire des comportements de moralité élevée, aux mœurs raffinées, conformes à l’esprit de la Torah.

[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 4)]

Nos Sages disent : « dans l’avenir, Hachem montrera aux tsadikim le Guéhinam et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de bonnes actions et vous avez mérité le gan Eden.

Hachem fera la même chose pour les réchaïm, il leur montrera le gan Eden et les places qui y sont libres, et leur dira : ces places libres étaient préparées pour vous, mais vous avez fait de mauvaises actions et vous avez hérité du Guéhinam. »
[midrach Téhilim 6]

=> C’est cela le pire des enfers. Lorsque dans le monde de Vérité, nous réaliserons à quel point notre place éternelle aurait pu être largement meilleure, si nous avions su dominer nos instincts, notre yétser ara, durant les quelques années de notre vie physique.
Il nous sera renvoyé au visage cette magnifique place qui aurait pu être nôtre, si seulement nous avions fait le nécessaire pour pouvoir l’occuper.

=> « Ah, si seulement j’avais écouté Hachem. Ah, si seulement j’avais … » : cela constituera la pire des punitions, la pire des hontes!

Prendre conscience de sa grandeur – Quelques pensées de nos Sages (2e partie)

+ Prendre conscience de sa grandeur – Quelques pensées de nos Sages (2e partie) :

-> « Chaque personne est obligée d’être consciente qu’elle a une valeur énorme.
Cela ne fait pas allusion à une estime de soi illusoire, qui est basée sur un sentiment d’arrogance de se sentir meilleur que les autres, mais à une réelle estime de soi qui est totalement incroyable de par son immensité.

Chaque personne est obligée de se dire : « Le monde n’a été créé que pour moi » (guémara Sanhédrin 37a).
Rachi de commenter : « J’ai l’importance du monde entier ».

Chaque personne est un phénomène unique, un événement qui n’a jamais eu lieu avant et qui n’aura plus jamais lieu ensuite.
Tu es un mélange unique de traits de caractère et de personnalité.
Tu es unique dans ta constellation familiale, né à un moment spécifique de l’histoire, et dans un environnement spécifique.

Cette unicité te donne une énorme importance, car il n’y a que toi qui peut accomplir les missions uniques de ta vie. »

[Rav Wolbe – Alé Chour]

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+ « D. créa l’homme à son image ; c’est à l’image de D. qu’il le créa. » (Béréchit 1,27)

-> La guémara (Yérouchalmi Nédarim 9,4) nous enseigne :
« Rabbi Akiva a dit : « Le verset : « Aime ton prochain comme toi-même » (Vayikra – Kédochim 19,18) est un grand principe de la Torah ».
Ben Azaï a dit : « Le verset : « Lorsque D. créa l’être humain, il le fit à sa propre ressemblance » (Béréchit 5,1) est un principe encore plus grand ». »

=> Comment comprendre l’affirmation de Ben Azaï?

Toute personne n’est qu’une parmi des milliards d’êtres humain, et la terre n’ai même pas un grain de sable dans l’univers.
Dans l’histoire du monde, que vaut la durée de notre vie.
Nous sommes constitués d’os, de muscles, de sang, …
Qu’est-ce qui fait que l’on doit à un homme plus de considération qu’à un animal ou un insecte?

Le fait que l’homme a été créé à l’image de D., va le transformer d’un état de « sans importance », « insignifiant » à celui de « sans comparaison », car même s’il semble minuscule, il est le summum, l’aboutissement de toute la Création.

=> Ainsi, c’est ce que Ben Azaï nous apprend lorsqu’il nous dit que le fait que l’homme a été créé à l’image de D. est un principe plus important que « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Etant créé à l’image de D., il doit être respecté en conséquent.

[Ne pas avoir confiance en soi, c’est ne pas avoir confiance en Hachem! ]

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-> Plutôt que de rechercher des titres de grandeur, il faut chercher à utiliser son potentiel interne au maximum.
Le Rachab disait : « Un homme doit méditer à ce qu’il peut être, à ce qu’il doit être, et à ce qu’il est effectivement ».

-> Une personne qui ne fait pas dépendre sa grandeur de son âme divine, va facilement fuir le bonheur, car il y a toujours quelque chose qui nous manquera, qui pourrait être meilleur.

On peut citer l’exemple du roi de Babylone Névou’hadnétsar, qui au lieu de se focaliser et de profiter de sa grande puissance, va constamment se sentir embarrassé par le fait d’être petit et gros (midrach Tan’houma).
En se répétant que son corps n’était pas impressionnant, il se cachait tous les aspects positifs de sa vie.

[Avoir de l’estime de soi, c’est avoir la certitude que je suis au top, car c’est Hachem qui m’a fait! ]

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+ Prendre conscience de sa grandeur, ce n’est pas de l’arrogance :

-> La Torah nous demande de réaliser à quel point nous sommes élevés, et ce n’est qu’alors que l’humilité peut avoir de la valeur.
Ne pas avoir conscience de cela, n’est pas une qualité, mais un défaut majeur.
[‘Hovot haLévavot 6,2]

-> Moché Rabbénou, dont D. atteste lui-même qu’il est l’homme le plus humble, avait conscience de sa grandeur qui était équivalente aux 600 000 hommes de sa génération (la dor déa : la génération de la connaissance).
Cette conscience impliquait que ses actions devaient au moins être égales à celles des 600 000 autres juifs.

-> Rabbi Salanter, qui est à l’origine du mouvement du moussar, avait aussi conscience de sa grandeur.
Il disait : « Je sais que j’ai la capacité de 1 000 personnes, donc j’ai l’obligation d’agir comme 1 000 personnes. »

-> Rabbi El’hanan Wasserman rapporte sur son maître le ‘Hafets ‘Haïm : « Bien qu’il était rempli d’humilité, néanmoins, il disait fréquemment qu’en ce qui le concerne, il avait la responsabilité pour le bien-être spirituel de toute la génération »

Il ne faut pas se mentir à soi-même en se dévalorisant sous couvert d’être humble, car en réalité c’est notre yécher ara qui désire que nous minimisons nos efforts (par paresse), en fuyant nos responsabilités.
=> Plus nous avons conscience des capacités dont Hachem nous a dotées, plus nous sommes responsables de devoir les utiliser pleinement

Imaginez si Moché rabbénou, le ‘Hafets ‘Haïm, … n’avaient pas voulu prendre conscience de leur grandeur (sous couvert d’humilité), et se seraient dit : « Pour qui je me prends à accomplir autant de belles actions? Quel orgueilleux, je suis! Plutôt rester un bon juif dans la moyenne!! »
Quelle perte! Quel manque de respect pour Hachem qui nous dote d’aussi belles capacités!!

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Il n’y a pas d’humilité, sans conscience de sa grandeur.
L’estime de soi est la cartographie de mes capacités, qui sont les outils que D. m’a confié pour accomplir mon rôle sur terre.

Sans un inventaire complet de ces outils, nous ne pouvons pas tous les utiliser afin de faire de notre vie la plus belles des réalisations, qui nous suivra ensuite pour l’éternité dans le monde à Venir.
Quels regrets, et quelle honte nous risquons d’avoir pour avoir négligé notre propre valeur!

La vraie humilité, c’est être un gadol de soi-même (je réalise au maximum mes potentialités), et avoir conscience que cela est grâce aux dons permanents de Hachem (qui peut tout nous reprendre à chaque instant).
Avoir une vision où l’on n’est rien, où l’on n’a pas de valeur, c’est développer un orgueil de n’être rien, au même titre que certains ont un orgueil d’être tout.

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-> La conscience de sa valeur n’est pas contradictoire avec l’obligation d’être humble.
Uniquement un fou n’est pas conscient de ce qu’il est véritablement.

L’humilité est le fait de savoir au plus profond de soi, qu’absolument toute chose que l’on a, ne nous appartient pas. C’est plutôt un cadeau de D., qui déverse sa bonté sur nous.
Le plus une personne ressent que ce qu’elle a est un cadeau, le plus elle a d’humilité
[Rabbi Leib ‘Hassman]

[Ainsi, l’humilité passe par une 1ere étape : être conscient de sa grandeur, et ensuite l’utiliser et l’attribuer à D.]

-> L’orgueil est positif lorsqu’il nous permet de reconnaître tous les trésors que Hachem a mis en nous, et qui n’attendent qu’à être exploiter.
L’orgueil devient négatif lorsqu’une personne demande aux autres de l’honorer.
[Rabbi Avraham Wolf]

-> Rabbi Sim’ha Zissel disait qu’il est faux pour un riche de se sentir supérieur aux autres grâce à sa richesse, et pour un pauvre de se sentir inférieur en raison de son manque d’argent.
Les 2 (richesse et pauvreté) sont des circonstances qui fournissent des tests, et ne sont pas le reflet de la valeur d’une personne.

[D. nous confie avec précision les outils adaptés à notre mission sur terre. S’ils sont plus importants qu’autrui ce n’est pas une source d’orgueil, mais de responsabilité à les utiliser pleinement.]

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+ Une mauvaise utilisation de l’humilité est une faute :

-> Bien que l’humilité est un comportement essentiel, une personne qui n’est pas consciente de sa grandeur peut violer la Torah toute entière à cause d’une humilité mal placée.
[Rabbi Yérou’ham Lévovitz]

[Une personne qui ne sait pas dire non, ne saura pas dire non à son yétser ara.
Penser que l’humilité c’est avoir le moins d’estime de soi possible, c’est donner les clés de soi-même au yétser ara.]

-> Même l’humilité, la reine des traites de caractère, peut se transformer en un mauvais trait de caractère.
Si l’on est trop soumis, on prend le risque d’être influencé par de mauvaises personnes à faire le mal.
[Rav Dessler – Mikhtav méEliyahou]

[l’estime de soi est la muraille nous protégeant de mauvaises influences extérieures.
A l’inverse, si l’humilité nous conduit à nous voir comme un nul, un rien, alors nous n’avons pas de gêne à fréquenter ou à faire des choses nulles.]

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-> « Chaque personne doit toujours 2 morceaux de papier dans sa poche.
Sur l’un, il inscrira : « Je ne suis que poussière et cendre. »
Sur l’autre : « Le monde n’a été créé que pour moi. »
Une personne doit avoir l’intelligence de lire chaque papier au bon moment. »

[Rabbi Bounam de Psiskhé]

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-> Le Ben Ich ‘Haï enseigne qu’en terme de matérialité, on doit regarder les personnes qui ont moins que nous, et en terme de spiritualité, ceux qui ont plus que nous.

Selon la Torah, la jalousie se doit uniquement d’être constructive : ce que je vois en autrui doit m’inciter à grandir spirituellement.
A l’inverse, envier ce qui est extérieur à ma personne, ne va faire que générer des frustrations, de la haine.

Certaines personnes ont le besoin d’être la meilleure dans tous les domaines, sinon c’est un échec.
A l’image d’Haman, dont tout le royaume se prosternait devant lui, à l’exception d’une seule personne : Mordé’haï.
On est tous meilleurs dans certains domaines plutôt que d’autres. On est tous uniques.

C’est pour cela que l’on doit se comparer uniquement à nous-même : est-ce que je suis une bonne personne dans la réalité, par rapport aux potentialités que Hachem me donne?

Il ne faut pas être trop dur ou trop gentil avec nous-même : juste ce qu’il faut pour être constructif dans la joie!!

Ainsi, de la même façon que l’on doit se taper sur les doigts lorsque l’on agit pas comme on devrait, on doit savoir aussi se faire des compliments à soi-même, faire la fête, lorsque l’on réussit des objectifs (même petits!) que l’on s’est fixé.

En effet, c’est la capitalisation positive sur le passé qui nous donnera des forces pour accomplir la suite, selon le schéma : j’ai des objectifs -> je les réalise -> je suis très fier et content d’avoir réussi => j’ai la force pour de nouveaux objectifs et réalisations -> …

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+ Ne laissons pas nos erreurs nous voler notre estime de soi :

-> Si tu as fait une faute, il ne faut pas s’en sentir découragé et en perdre le sentiment que l’on est quelqu’un d’important, car il n’y a pas de plus grand danger.

Mais plutôt, après une transgression, renforce-toi et élève-toi au-dessus de cette faute.
Garde ton esprit focalisé sur ton grand potentiel, et peu importe le mal que tu as pu faire par le passé, tu as toujours la possibilité de t’élever.
[Rabbi Nathan Tsvi Finkel ]

-> Un élève de Rabbi Na’houm Zev Ziv s’est trompé dans la prononciation d’un mot au cours d’une répétition de la amida.
Une personne lui a immédiatement fait une remarque, et suite à cela il a perdu ses moyens et était très nerveux de s’être trompé.
Après la prière, Rabbi Na’houm lui a dit : « Comment peux-tu être aussi arrogant? Penses-tu être parfait au point de ne jamais faire d’erreur? »

[parfois, même de façon inconsciente, on se gâche la vie, car on a fait une erreur banale, que l’on va grandir à nos yeux au point qu’elle devient presque l’erreur de notre vie!

=> Il est important d’avoir conscience que notre valeur intrinsèque, n’est pas remise en question à chaque échec de la vie.
Le fait de tomber signifie uniquement que l’on avance, que l’on essaie des choses, et au contraire c’est positif! ]

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-> Certaines personnes ont peur d’agir, en raison des éventuelles erreurs qu’elles risquent de commettre.
Elles renoncent à avoir un niveau supérieur, préférant ne pas se tromper.

Toute personne a l’obligation de se développer au maximum de ses capacités.
[Même] La personne la plus simple a en elle les potentialités pour la grandeur, pour peu qu’elle exploite ce qui a en elle.
[Rabbi Yossef Leib Bloch – Shiouré Daat]

[le yétser ara cherche en permanence à nous faire oublier nos immenses potentialités, pour ne pas que nous les exploitions en bien.
Utilisons ce que Hachem nous donne, et nous verrons à quel point il y avait des trésors en nous!]

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-> « La tristesse qui suit la faute est pire que la faute elle-même.
Davantage qu’il n’espère t’amener à fauter, le yétser ara guette ce sentiment de tristesse que tu ressentiras après la faute. »
[le ‘Hozé de Lublin]

-> Un rabbin a un jour fauté pendant le jour de Kippour en arrachant par mégarde un poil de sa barbe.
Il a alors dit tout sourire au yétser ara : « Tu m’as eu une fois par la faute, tu ne m’auras pas une 2e fois par la culpabilisation, par la tristesse, car pour la faute, il suffit que je fasse une téchouva sincère pour m’en débarrasser. »

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+ Education des enfants & Estime de soi :

-> « La façon d’éduquer les plus jeunes, est de les élever en soulignant la grandeur qui peut devenir leur, s’il utilise leur potentiel. »
[Rav Yé’hezkel Levenstein]

[L’objectif principal d’un enseignant est de transmettre de la confiance en soi et de l’estime à ses élèves, en montrant qu’en utilisant ses dons uniques, il peut devenir un grand personnage de l’histoire juive.

Plus généralement, nous avons tous tendance à être plus bavard lorsqu’il faut critiquer, faire des reproches à autrui, mais on considère comme normal la situation inverse.
Or, un des plus grands actes de bonté, est le fait de trouver ce qu’il y a de positif en l’autre, et de l’en féliciter, car cela va lui redonner de la vie, en lui insufflant un flux d’optimiste, d’estime de soi.
(Si untel dit que je suis quelqu’un de bien, c’est que c’est surement vrai. Je dois donc agir en conséquent.)

La vie est la mort sont au pouvoir de la langue.
Mes quelques mots à mon prochain, vont en faire une personne nouvelle, regonflée à bloc pour réussir sa vie!]

« Devant l’infinité de D., le saint le plus élevé et l’homme simple le plus bas sont égaux »

[rabbi Ména’hem Mendel de Vitebsk]

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-> Nous savons tous que D. a créé le monde ex nihilo, à partir du néant.
Nous disons qu’Il a créé quelque chose à partir de rien (yéch méAyin).

Un tsadik fait exactement le contraire. Il transforme quelque chose en rien (ayin miyéch).
Il asservit tous les attributs à D., comme l’a fait le roi David lorsqu’il disait : « A Toi Hachem appartiennent la grandeur, la puissance, la gloire, l’autorité et la majesté » (Divré haYamin I 29,11).
Le tsadik les retourne à leur racine où elles sont absorbées et dissoutes.

[rabbi Ména’hem Mendel de Vitebsk – Pri Haarets – Béréchit]

[plutôt que d’abreuver son égo (en ramenant tout à nous), il faut reconnaître la véritable origine première de toute chose!]

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-> Le rabbi Aharon de Karlin (Birkat Aharon) écrit de même :
« Hachem a créé le monde de matière à partir de rien.
Un tsadik créé le rien à partir de la matière ; il purifie [alors] le monde physique, pour le transformer en spiritualité. »

Notre relation avec la matérialité (1ere partie)

+ Notre relation avec la matérialité (1ere partie) :

-> « La raison pour laquelle les gens sont à la recherche de plaisirs, est pour dissiper la tristesse résultante de l’obscurité de notre matérialité brute »
[Rav Aharon Kotler – Intro – Michnat Rav Aharon]

[on est toujours à la recherche de ce que nous n’avons pas, pour combler le vide qui est en nous parce que nous ne nourrissons pas notre âme de sa spiritualité vitale à son épanouissement.]

Le rav Akiva Eiger déclarait : « La joie de plonger dans la Torah de Hachem : c’est la joie ultime qu’on peut atteindre dans ce monde! »

-> Le culte de l’argent, comme le culte des idoles, provient d’un manque de confiance en Hachem.
Le plus il est déraciné, le plus le monde rayonne de la bénédiction de Hachem.
[Rabbi Na’hman de Breslev]

-> « On n’aime pas l’argent, on le « convoite » et, à ce titre, on n’en est jamais assouvi. »
[Rabbi Meïr d’Apt]

-> Rav Yé’hezkel Levenstein dit : « Je n’ai jamais été attaché aux préoccupations matérielles, et quelle belle vie j’ai pu mener dans ce monde! »
Il explique que si l’on veut atteindre de hauts niveaux spirituels, on doit maîtriser le trait de se satisfaire de son sort avec peu.

-> Selon le Ramban (paracha Kédochim), un épicurien est « un racha dans les paramètres de la Torah »
[certes on respect la loi juive, mais pas son état d’esprit latent!
Dans le matériel, tout ce qui ne permet pas une amélioration de notre service de Hachem ne doit pas être recherché!]

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-> « Hashem veut que nous profitions des plaisirs du monde physique. Mais c’est une erreur de faire du matérialisme une fin en soi. »
[rav Noa’h Weinberg]

-> « En t’écartant de ce dont tu n’as pas besoin, tu parviendras à obtenir ce dont tu as vraiment besoin. »
[Rabbi Chlomo Ibn Gabirol]

-> Les excès de plaisirs matériels totalement débridés ont pour conséquence de renforcer notre yétser ara, et de lui permettre de contrôler une personne, la rendant esclave.
[Rabbénou Yona – Chaaré Avoda]
Chaque personne doit se connaître avec sincérité, et savoir ce qui est considéré comme vraiment nécessaire à ses yeux.

-> Lorsque l’homme suit les désirs de son cœur, la matière domine son intellect et aveugle sa raison, or un aveugle est considéré comme un homme mort.
[Méam Loez – Nitsavim 30,6]

-> Combien est agréable ce monde si nous n’y sommes pas soumis, et combien il est difficile sinon.
[Rabbi Barou’h de Mezhibuzh]

-> Certes nous devons répondre à nos besoins physiques, puisque sinon il serait impossible de vivre. Cependant, nous n’avons pas besoin de sans cesse en parler.
[l’Alter de Novardok]

-> « En fonction de ses possessions matérielles, les hommes se glorifient et pensent être importants. Ils ont fait de leur estomac un dieu, de leur habit une Torah, et de l’amélioration de leur maison une moralité. »
[‘Hovot haLévavot]

-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin fait remarquer qu’une personne qui possède une petite fortune, va ressentir que ses opinions sont importantes, et va parler avec une confiance absolue.
Il faut que Hachem (qui a donné, et qui peut tout reprendre) soit toujours devant nous (cf. Téhilim 16,8), et non pas notre richesse, car sinon on en vient à être ébloui par notre réussite, oubliant notre totale dépendance à D. et érigeant notre « égo » en dieu (j’ai fait, j’ai réussi, je suis, …).

-> Le désir pour la richesse emprisonne une personne pour la vie et l’enchaîne avec une faim jamais satisfaite pour elle.
Cela va lui retirer toute sa moralité et ses obligations religieuses.
[…]
Le plus d’efforts une personne mettra pour reconnaître l’insignifiance de la matérialité, le plus facile il lui sera de purifier ses pensées.
[le Ramh’al – Rabbi Moché ‘Haïm Luzzato]

-> La richesse peut être extrêmement dangereuse.
En effet, trop d’attaches avec ce monde peut mener à l’hérésie, que D. nous en préserve.
[Rav Yé’hezkel Levenstein]

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+ Par respect pour Hahem :

-> « Comment puis-je vivre confortablement tandis que la présence divine et en exil, et que la Maison de Hachem n’est pas reconstruite ? »
[rav Yossef ‘Haïm Sonnenfeld]

-> Dans la maison du ‘Hafets ‘Haïm, on s’asseyait sur des bancs, et il disait à ce sujet : « Tellement de personnes peuvent s’asseoir sur un banc qui a 2 pieds, pourquoi alors une seule personne devrait s’asseoir avec 4 pieds?
La Chaise de Hachem est incomplète, pendant notre époque d’exil! »

-> Le rav Yéhochoua Leib Diskin vivant dans un 2 pièces très simples, montrant par la fenêtre le mont du Temple désolé, il disait : « Un serviteur n’a pas besoin de demander davantage que son maître (Hachem).  »

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+ Le Pidiyon haBen :

-> Lors du rachat d’un 1er né (pidiyon haben), le Cohen demande au père : « Qu’est-ce que tu préfères : ton enfant ou bien les 5 sélaïm [pièces]? »

=> Quel père va répondre en public devant tous ses proches : je préfères quelques pièces à mon fils?

En réalité, selon le rav de Poniovitch, l’idée est de faire réfléchir le père sur ses priorités dans la vie.
Est-ce qu’il va préférer « sacrifier » son fils pour amasser le plus d’argent possible (se donnant bonne conscience en lui achetant des cadeaux)?
Ou bien va-t-il fixer comme priorité l’épanouissement de son enfant selon ce qu’il est (et non ce que le père aimerait qu’il soit!), le guidant sur le bon chemin et le comblant d’amour?

[un exemple de reformulation de cette question peut être : est-ce que tu préfères donner de l’écoute/de l’affection à ton enfant ou bien être sur ton téléphone, ordinateur?]

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+ Adam – L’essence d’un juif :

-> Le Ach Pri Tévoua rapporte qu’en hébreu, les termes caractérisant un être humain (une personne) ont tous un singulier et un pluriel.
Ainsi, on a :
-> Ich (איש) qui est singulier ; et anachim (אנשים) qui est pluriel ;
-> guéver (גבר) qui est le singulier ; et guévarim (גברים) qui en est le pluriel.
-> Seul le mot: Adam (אדם) n’existe qu’au singulier.

Nos Sages (guémara Yébamot 61a) nous enseignent que c’est seulement le peuple juif qui est appelé : adam (אדם), car ce n’est que parmi le peuple juif qu’il existe un sentiment intrinsèque d’unité, qui conduit au fait que toutes les individualités de la nation se fusionnent en une seule, unifiée.

-> Le Chla haKadoch (paracha Béréchit) fait remarquer que le 1er homme s’appelle : Adam (אדם). [allusion plus généralement au juif, comme on vient de le voir b’h]
Habituellement, on explique ce nom, comme lié à : « adama » (la terre – אדמה), puisqu’il a été créé à partir de la terre. [matérialité]
Cependant, ce mot est également lié au mot : « Je serai l’égal du Très-Haut » (adamé lééli’on – אֶדַּמֶּה, לְעֶלְיוֹן – Yéchayahou 14,14), qui décrit le désir de l’homme d’être similaire à Hachem. [spiritualité]

=> Ainsi, un être humain juif a le choix entre soit être similaire à la poussière de la terre, ou bien s’il se travaille il peut ressembler à D.

-> Le terme : « Adam » (אדם), désigne le juif accompli.
Il est la fusion du de
– la lettre « aléph » (א), symbole du 1, l’aspect Divin de l’homme ;
– et du mot « dam » (sang – דם), allusion au côté corporel et physique de l’homme.
Par conséquent, Adam (renvoyant au juif) est une personne dont le « aleph », qui représente les aspirations spirituelles, précède et domine son : « dam », ses bas instincts [naturels et matériels].

Cela implique également que nous devons respecter notre prochain juif en zoomant sur son élément « aléph », l’étincelle Divine en lui, tout en dézoomant ses aspects corporels : ses défaillance et faiblesses de la chair [propres au fait d’être humain].
[en ayant un regard plus spirituel que matériel, nous en arrivons à aimer pleinement notre prochain! A vouloir le meilleur pour nous même, en restant focalisés sur le Véritable objectif de notre vie!]
[d’après le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo Rabinowitz de Radomsk)]

-> 45 est la valeur numérique du mot Adam (homme – אדם) et également du mot : « ma » (Quoi? Que suis-je? – מה) :
[En ayant toujours ces questionnements en tête, nous n’en venons pas à oublier Hachem, noyés dans la matérialité et notre train-train quotidien.
Notre vie a une finalité, nous devrons rendre compte à D. de chacune des capacités, occasions, … que nous avions en notre possession!]

-> Une « personne » [juif] se dit en hébreu : Adam (אדם).
Si l’on écrit pleinement chacune des lettres de ce mot, on a :
-> le א = aléph = אלף ;
-> le ד = dalét = דלת ;
-> le מ = mém = מם
Lorsque l’on garde de ces lettres uniquement celles qui ne sont pas présentes dans le mot Adam (אדם), on peut former le mot : mitpalel (מתפלל), mot qui caractérise une personne qui prie.
[issu d’un dvar Torah du rav Daniel Abdelhak]

=> Ainsi, l’homme, dans son essence, dans son intériorité, a été créé pour prier, se tourner vers D.

[la matérialité n’est qu’un moyen au service de l’essentiel. En effet, le plus important n’est pas d’obtenir l’objet de notre prière, mais plutôt le rapprochement avec D. qui en résulte, puisqu’ayant mis en Lui tous nos espoirs!]

Notre relation avec la matérialité (2e partie)

+ Notre relation avec la matérialité (2e partie) :

-> Ne gâchez pas votre énergie à courir après le luxe, il vaut mieux l’utiliser pour profiter de ce que l’on a déjà.
[Rambam – Iguéret haMoussar]

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-> « Le manque et l’insatisfaction chez l’homme sont proportionnels à [son] attrait pour le matériel »
[Maharal – Nétivot Olam]

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-> « Telle est la voie qui mène à la Torah : de pain et de sel tu te nourriras, de l’eau avec mesure tu boiras, sur le sol tu dormiras, une existence de peine tu vivras, et dans [l’étude de] la Torah tu te dépenseras.
Si tu agis ainsi, tu es heureux et tu t’es acquis le bonheur.
Tu es heureux : dans ce monde-ci ; tu t’es acquis le bonheur : dans le Monde Futur. »
[Pirké Avot 6,4]

=> On peut comprendre que l’on aura une récompense dans le monde à venir, mais en quoi cela nous garantit une vie heureuse dans ce monde?

-> Le Sfat Emet répond qu’il s’agit d’une personne qui est contente quoiqu’elle puisse avoir (même le minima), sans avoir de demande particulière.
[ce que j’ai réellement besoin, c’est ce que Hachem a déjà mis en ma possession.]

-> Le Ramban explique qu’on ne garantit pas à une personne qui craint Hachem d’avoir tout le bien du monde, mais ce sentiment de manquer de rien.
Une telle personne est satisfaite de son sort, du coup il ne lui manque rien!

A l’inverse, chez quelqu’un d’autre, qui ne place pas sa émouna en D., il sera toujours dans une situation de manque, et d’une certaine façon même si il a énormément de richesses, il sera beaucoup plus pauvre que l’autre, puisque lui manquant tellement!

[ => avec la émouna, on apprécie ce que l’on a (puisque fait sur mesure par Hachem), tandis que sinon, on apprécie ce que l’on n’a pas, entraînant une tristesse à l’évocation de ce que l’on a (quoiqu’il puisse avoir, il pensera : il me manque tellement!)!]

<—>

-> « Pourquoi est-ce que les fêtes à Bavél étaient tellement joyeuse?
Car ses habitants étaient pauvres »
[guémara Shabbath 145b]

Le ‘Hatam Sofer explique que c’est également parce que les riches ont tellement de soucis, d’inquiétudes, comme il est écrit : « l’abondance de biens entraîne l’abondance de soucis » (Pirké Avot 2,7).
Pour cette raison, il est plus dur pour les riches d’être joyeux au moment des fêtes.

<—>

-> Rabbi Yéhouda haNassi dit : « Quiconque accepte les jouissances de ce monde-ci, on le privera des jouissances du monde futur ; et quiconque n’accepte pas les jouissances de ce monde-ci, on lui accordera les jouissances du monde futur. »
[Avot déRabbi Nathan – chap.25]
[chacun définira, en toute honnêteté, sa limite caractérisant une jouissance non vitale, non nécessaire (nous sommes humains et non des anges!)]

-> Se lancer dans des poursuites superflues, c’est le signe le plus évident d’un attachement excessif au monde matériel.
[rav Shraga Mendelowitz]

-> Selon rav Israël Salanter acheter quelque chose de non nécessaire est détestable.
[car signifiant que nous accordons trop d’importance au matériel!]

-> Habitues ton âme au minimum, car sinon, il [ton corps avec ses désirs] va t’exiger le maximum.
[Tséma’h Tsédek]

[« Celui qui a 100, veut 200, … » = Plus on a, plus on veut davantage!
Quoiqu’on puisse avoir, plutôt que d’en profiter, on a déjà la tête sur la prochaine chose à devoir posséder!
Plutôt que de vivre sa réalité, dans la Torah/Hachem, on est sans cesse dans l’imaginaire, esclaves de nos désirs matériels superflus.]

-> Le Séfer ha’Hinoukh (mitsva 387) explique que la mitsva de ne pas aller après notre cœur et nos yeux, fait référence à tous nos désirs pour la nourriture, l’argent, …

-> A Novardok, le propriétaire d’un nouveau vêtement, le donnait à quelqu’un d’autre pour qu’il le porte pour la 1ere fois.
C’était une façon de diminuer l’attachement aux choses matérielles.
En ce sens, d’une manière plus générale, les étudiants y avaient l’habitude de se prêter des vêtement ou autres objets, dans l’espoir de retirer leur dépendance à ces choses.

[lorsque l’on témoigne de l’excitation pour de la matérialité, on affaiblit notre attachement à la spiritualité.
Par exemple, en faisant de la nourriture et de la boisson le principal, nous renforçons en nous l’idée qu’il n’y a pas d’autre monde que l’actuel (alors profitons à fond!), ne percevant pas le besoin de se préparer au monde à venir.
Il faut manger pour avoir les forces nécessaires à notre santé et à nos réalisations spirituelles, et non par pure gloutonnerie.]

-> Lorsque l’on fait de la Torah notre priorité, et qu’on limite son business, on en vient rapidement à réaliser que beaucoup de nos « nécessités » sont purement du luxe, et que nos vrais besoins sont rapidement pourvus.
[Pélé Yoets]

-> Quand est-ce qu’une personne sait qu’elle a besoin de quelque chose?
Lorsque Hachem la lui fournit.
[Rabbi Shlomke Zhviller]

-> Une fois, on a demandé à rabbi Moché Feinstein s’il fumait, et il a répondu : « Je ne me rappelle pas avoir mis quelque chose dans ma bouche uniquement pour le plaisir ».
Son fils Réouven, rapporte qu’il ne s’appuyait pas sur le dossier de sa chaise lorsqu’il étudiait la Torah, toujours en avant, pencher avec ferveur sur le livre devant lui.
Il n’a jamais dormi plus que le minimum nécessaire pour maintenir sa santé.

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-> Lorsqu’un tsadik prie, il est certainement attaché à Hachem avec des pensées pures, claires et saintes.
Cependant, lorsqu’il mange, il tremble à l’idée que cet acte matériel/physique puisse le rabaisser et rompre sa connexion avec la sainteté.

Ainsi, lorsqu’il mange un tsadik lutte bien davantage pour se sanctifier et se lier à Hachem avec un grand attachement spirituel.
Il en découle qu’un tsadik est plus saint lorsqu’il mange que lorsqu’il prie
Pour la majorité des gens, c’est le contraire ; ils se sanctifient par leur prière davantage que lorsqu’il mange.
[Noam Elimélé’h – Kora’h]

-> « Ne vous adonnez pas trop librement à un repas que vous appréciez » [guémara Guitin 70a]
Le Divré Emet (Réé) dit que nous devons manger en l’honneur de Hachem (pour la mitsva, pour prendre des forces pour mieux Le servir, …), et si nous apprécions trop fortement la nourriture, alors cela signifie que nous n’en mangeons plus de manière désintéressée.
Il faut alors savoir se retenir et casser son désir, jusqu’à ce que l’on ressente que nous pouvons manger avec les bonnes intentions, et alors nous pouvons retourner à notre repas.
[Hachem ne nous interdit pas de prendre de bons repas, mais même dans un acte matériel, l’essence doit rester spirituelle, et l’animalité en nous ne doit pas prendre le dessus.]

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+ L’étude de la Torah = ce qui compte c’est l’effort investi!

-> « Quiconque aime la richesse et les plaisirs ne peut pas étudier la Torah Orale, car celle-ci exige que l’on se donne beaucoup de peine, que l’on se prive de sommeil et que l’on sacrifie son corps pour elle »
[midrach Tan’houma – paracha Noa’h]

-> Moché dit à Israël : « Combien ai-je souffert pour la Torah! Combien ai-je peiné et combien me suis-je acharné pour l’acquérir … J’ai dû passer au milieu des anges et des Séraphins, dont un seul d’entre eux pourraient brûler le monde entier … Je suis allé parmi les créatures célestes, j’ai donné mon âme et mon sang pour la Torah !
De même que je l’ai apprise dans la souffrance, vous aussi, étudiez-la dans la souffrance »
[midrach Yalkout Chimoni – chap.942]

-> « Les paroles de Torah ne se maintiennent que chez les hommes qui se sacrifient pour elle. » [guémara Shababth 83b]
Le Maharcha (dans la guémara Guittin 57) précise que « se sacrifier » pour la Torah signifie : « donner la mort à son corps, en le privant de toute jouissance superflue. »

-> « La Torah que j’ai étudiée dans la frustration (af), c’est elle qui s’est maintenue »
[le roi Salomon – midrach Kohélét rabba – chap.2 : « même (af) ma sagesse se maintint »]

-> « Chez qui trouve-t-on la Torah?
Chez celui qui laisse son visage se noircir pour elle [par l’exténuement], autant que le corbeau est noir  »
[guémara Erouvin 21b]

-> « La Torah n’est pas au Ciel » (Dévarim chap.30) : mais si elle y était, tu aurais dû y grimper pour la retrouver, et si elle était au-delà des océans, tu aurais dû les franchir pour l’obtenir. »
[guémara Erouvin 55a]

-> « L’homme peine pour comprendre [jusqu’à la limite de sa compréhension], et la Torah œuvre pour lui [révéler ses secrets]. »
[guémara Sanhédrin 99b]

-> Les Tossafot (guémara Kétoubot 104a) écrivent : « Avant que l’homme prie pour que la Torah pénètre en lui, qu’il prie d’abord pour que les plaisirs matériels n’envahissent pas son corps. »
En effet, un intérêt trop important envers les plaisirs matériels empêche la réussite de nos recherches spirituelles.

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-> Le Kédouchat Tsion (rabbi de Bobov) disait que pour l’étude de la Torah, les femmes auront une récompense supérieure à celle de leur mari, car elles font des sacrifices pour leur permettre d’étudier, tout en se privant de ressentir la joie de l’étude de la Torah lichma.

D’ailleurs le rav ‘Haïm Chmoulévitch conseillait de dire chaque jour à sa femme avant de quitter la maison combien nous la remercions et combien nous lui demandons pardon pour tout le temps passé loin d’elle [puisqu’étant en train d’étudier la Torah].

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-> « Celui qui est rassasié fait fi des rayons de miel, mais pour celui qui a faim, tout ce qui est amer semble doux » (michlé 27,7)
Le Gaon de Vilna explique que si un homme cède à tous ses désirs, il ne ressentira aucune attirance pour l’étude de la Torah.
S’il abstient de ces satisfactions, toutes les difficultés de l’étude continue de la Torah lui seront favorables et agréables, car il goûtera la douceur de la sagesse enfouie dans la Torah.

-> « Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine » (Pirké Avot 3,17)
Le Knesset Israël commente : S’il n’y a pas de satisfaction avec les nécessités de base, symbolisées par la farine, et qu’une personne recherche le luxe, alors elle ne méritera pas de véritables accomplissements dans la Torah.

-> Dans la guémara (Sanhédrin 111a), on trouve l’anecdote suivante : Rav vit que rav Kahana se frottait la tête [Rachi : et il se détendait pendant qu’il étudiait la Torah ].
Lorsqu’il se présenta devant Rav, ce dernier lui dit : « Elle est introuvable au pays des vivants » (Iyov 28) = on ne trouvera pas la Torah chez ceux qui se préoccupent de leur bien-être en l’étudiant. »

Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

+ Notre relation avec la matérialité (3e partie) :

-> Le luxe nécessite de l’argent. L’argent demande un grand investissement en temps.
Qui est-ce qui veut échanger des milliers de pages de guémara pour des extravagances décoratives? »
[‘Hafets ‘Haïm]

[le fait de décorer luxueusement notre maison dans ce monde éphémère, vient au détriment des décorations de notre « maison » dans le monde à venir éternel.]

Au cours d’une visite chez un de ses proches qui avait des stores à ses fenêtres, le ‘Hafets ‘Haïm a dit : « Je vois des pages de guémara suspendues aux fenêtres ».

=> En ce sens, le Steïpler faisait remarquer que l’on met des pages du talmud sur nos murs, des pages de michnayot sur nos tables et nos chaises élaborées, et toutes les halakhot décorent nos habits à la mode.

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-> Chacun ressent qu’il lui manque de l’argent, mais peu de personnes réalisent qu’il leur manque de la sagesse.
[Baal Tsor haMor – Rav Moché Saba]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm déplorait que l’on consacre tellement de temps, de soucis à acquérir des biens dans ce monde passager, et qu’en parallèle, nous ne pensons que très peu à notre monde à venir.
[en témoigne le fait que l’on va jalouser autrui sur ce qui a une durée de vie courte, au lieu d’avoir une jalousie positive afin d’acquérir un maximum de mérites éternels.]

Le ‘Hafets ‘Haïm disait : « Nous investissons la plupart de nos efforts à agrandir et à décorer notre maison dans ce monde, et nous ne réalisons pas que par cela nous réduisons la taille de notre maison éternelle « .

-> Le Séfer ‘Hassidim (84) explique que les plaisirs dans ce monde diminuent notre récompense dans le monde à venir.
[Nous ne devons pas oublier que ce que nous voulons véritablement, ce n’est pas ce monde-ci, mais c’est avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

-> Lorsque nous arriverons dans le monde de Vérité et que nous nous rendrons compte que nous avons préféré échanger des diamants (Torah, mitsvot) contre de vulgaires lentilles, et même pire que nous avons jalousé d’en avoir, en arrivant à critiquer la gestion du monde faite par Hachem, nous en ressentirons alors une honte terrible et éternelle, qui ne diminuera jamais en intensité.
[Rav Shabsai Yudelevitz – Drachot haMaggid]

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Nos Sages font remarquer que la Torah a été donnée :
– dans le désert = lieu où il y a le strict nécessaire, allusion au fait que nous devons savoir être heureux avec peu ;
– avec le feu = il faut avoir un enthousiasme et une dévotion ardentes pour l’étude de la Torah ;
– avec l’eau (selon le Shirat Dvora, les Nuées faisaient aussi tomber de l’eau). Or, selon la guémara (Taanit 7a), l’eau symbolise l’humilité, car dès que possible elle quitte sa place la plus élevée pour aller vers le bas.

=> Pour acquérir la Torah, il faut sacrifier de la matérialité, afin de pouvoir laisser de la place pour se lier au maximum à la spiritualité.

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-> « C’est un avantage pour moi d’avoir connu la misère, pour que j’apprenne Tes préceptes. » (Téhilim 119,71)

-> « Soit vigilant à l’éducation des enfants de pauvres, car c’est [plus probable que ce soit] d’eux que sortira la Torah! »
[guémara Nédarim 81a]

-> Le roi David dit à Hachem : « Maître de l’univers! … Le riche se fait remarquer [devant Toi] grâce à sa richesse [qui lui permet d’être généreux]. Mais que doit faire le pauvre? »
« Le pauvre atteindra la célébrité grâce à ses enfants … D. accorde aux pauvres des fils qui deviennent des maîtres de Torah. »
[Tana débé Eliyahou rabba – chap.18]

-> Lorsqu’il était jeune, le Nétsiv a rendu visite au Rachash, et ce dernier lui a demandé de clarifier une difficile explication de la guémara (Tossafot), qu’il n’arrivait pas à solutionner.
Le Netsiv lui a brillamment répondu avec un commentaire sublime.
Le Rachash a été ravi de sa réponse, et il a demandé au Nétsiv : « Pourquoi est-ce que cette explication ne m’a-t-elle pas été révélée?
Le Nétsiv lui a alors dit : « C’est parce tu as étudié la Torah dans un environnement luxueux, avec de la richesse et des honneurs, tandis que mois je me suis démené pour maîtriser la Torah dans la pauvreté! »

=> On voit de là que même si une personne étudie à la perfection dans le luxe, elle aurait pu atteindre des niveaux plus élevés si elle l’avait fait en se contentant du minimum.
[ainsi, lorsque l’on jalouse les biens d’autrui (souhaitant être plus riche), on doit avoir conscience que l’on renonce à de la Torah qui va avec notre situation actuelle!]

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-> Nous apprenons du roi David que le juif ne se lie pas à l’argent et à l’or.

On raconte à son sujet qu’il était paré d’une couronne en ornée de diamants, trophée de guerre, qui pesait plusieurs centaines de kilos.
La guémara (Avoda zara 44a) rapporte qu’il parvenait à la porter par un phénomène magnétique qui la maintenait en l’air, au-dessus de sa tête. [selon rabbi Yossi, ben rabbi ‘Hanina]

Le roi David voulait ainsi faire comprendre aux juifs que l’or et l’argent n’avaient aucun rapport avec lui, se trouvant au-dessus de tête, hors de son esprit.
De plus, il ne passait pas son temps à compter sa fortune, si bien que son esprit, ainsi libre, pouvait s’imprégner de Torah et de sainteté, comme il est écrit : « Ta Loi (Toraté’ha) a pénétré jusqu’au fond de mes entrailles » (Téhilim 40,9).

La Torah était en lui, dans son corps et dans sa tête. Quant aux honneurs et à la couronne royale, ils étaient suspendus dans les airs, n’ayant aucune prise sur son corps.
Ce fut de cette manière qu’il combattit le mauvais penchant durant toute son existence.

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-> L’amour de l’argent est comparé à l’idolâtrie.
[Iguéret haKodéch – à la fin du Noam Elimélé’h]

[d’une certaine façon lorsque nous donnons tellement d’importance à notre argent, au point de lui vouer un cule idolâtre, nous ne laissons alors plus de place pour que Hachem réside en nous. Ainsi, plus la matérialité a de la place à nos yeux, moins D. n’a de place pour être avec nous!]

[« Tout homme qui a en lui de l’orgueil, c’est comme s’il était idolâtre » – guémara Sotah 4b]

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-> « Accorde-moi ni la pauvreté ni la richesse » (Michlé 30,8)
Rabbénou Bé’hayé explique que le roi Chlomo affirme qu’il est préférable de n’être ni pauvre ni riche, car ces 2 états sont mauvais.
Lorsqu’un homme est riche, il devient aisément orgueilleux. Le monde lui appartient, et il ne prête aucune attention au monde futur.
Quand un homme est pauvre, il flatte autrui, ment et accomplit d’autres péchés sans s’en rendre compte.

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-> « La fortune ne sert à rien au jour de la faute » (Michlé 11,4)
-> « Par le ‘hessed et la verité, la faute sera expiée » (Michlé 16,6)
-> « Celui qui donne la tsédaka et pratique la justice est préféré par Hachem à un sacrifice » (Michlé 21,3)
-> « La tsédaka sauve de la mort » (Michlé 10,2)
Nos Sages expliquent : Même si quelqu’un a fauté et que l’ange a la permission de le frapper, la tsédaka qu’il a donnée a aidé des gens à vivre, et elle sauvera son âme de la mort.

=> Combien nous devons voir nos richesses comme un moyen magnifique pour améliorer notre vie spirituelle, et non uniquement notre confort matériel éphémère, ou bien encore de le laisser dormir à la banque plutôt que de l’investir pour fructifier nos mérites éternels.

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-> Une personne qui renonce aux plaisirs matériels obtient [entre autre] le bénéfice suivant : elle ne réduit pas la récompense qui lui est destinée au monde futur. Si un homme profite de la vie en ce monde et assouvit tous ses désirs, il risque de perdre une si grande part de sa récompense qu’il ne lui restera rien au monde futur.
[…]

Dans le domaine spirituel, l’âme vient en ce monde pour acquérir les pierres précieuse et l’or que sont les commandements et les bonnes actions. Ces richesses peuvent être acquises seulement ici-bas.
Au monde futur, elles seront revendues à très bon prix.

Lorsque le voyage se fait long, certains commettent l’erreur d’échanger ces magnifiques « pierres précieuses » contre de vulgaires valeurs matérielles.
Ils perdent ainsi leur capital pour le monde futur.

Par contre, les hommes perspicaces ne vendent pas leurs bonnes actions à bas prix. Ils savent que la différence entre prix d’une bonne action en ce monde et dans le monde futur dépasse l’imagination.
Elle est bien plus importante que celle de la vente d’une pierre précieuse en Inde ou à Venise.
Comme l’enseigne nos Sages : « Une heure de tranquillité au monde futur est meilleure que toute la vie en ce monde » (Pirké Avot 4,22).

[Méam Loez – Kédochim 19,1-2]