Unicité de chaque juif

+ Chaque juif a un apport unique à transmettre à l’Histoire juive :

-> « De même que 2 personnes n’ont pas le même visage … [ainsi] chaque individu a un devoir particulier de révéler Hachem »
[rav Eliyahou Dessler – Mikhtav méEliyahou]

-> « Non seulement chaque personne se voit assigner un rôle spécifique de révéler l’honneur d’Hachem [dans ce monde], mais elle doit également accomplir sa tâche particulière telle qu’elle a été déterminée par Hachem dans Sa suprême sagesse. »
[Ram’hal – Daat Tvounot – Siman 128]

[envier autrui, ne pas se satisfaire de notre situation/moyens/capacités …, c’est refuser d’accepter les outils que D. met à notre disposition afin de réaliser notre mission unique dans ce monde.]

Si on se met en colère, maudissant et blâmant autrui, pour ne pas nous avoir accordé assez d’honneurs/respect, cela est une raison suffisante pour ne pas mériter l’honneur que nous demandons.

[le Steïpler – rabbi Yaakov Israël Kanievsky]

Il est garanti qu’une prière [sincère] amène de la bénédiction.
Si une personne voit que ses prières sont répondues, cela est une forme de bénédiction.
Mais même dans le cas où une personne a prié encore et encore pour une même chose, et qu’elle n’a toujours pas obtenu ce qu’elle désirée, alors Hachem considère comme si elle avait reçu ce qu’elle demandait, et qu’ensuite cela lui avait été repris.
Dans ce cas, c’est également une bénédiction, sous forme d’expiation (kappara).

Cela est une énorme bonté de Hachem, puisque uniquement en implorant D. pour une chose et en ne l’obtenant pas, nous pouvons parvenir au même résultat qu’en subissant des souffrances.
Par exemple, en priant pour une maison encore et encore, et en ne l’obtenant pas, cela est similaire au fait de perdre toute sa maison (idem pour des sommes d’argent, …).

[rav Aharon Kotler sur la prière – citée par le rabbi Lugassi – rapportée par le rav David Ashear (Séfer li’hyot émouna tome 4 – p.201)]

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-> Le Maharcha (guémara Kidouchin 29b) écrit que toute chose obtenue par le biais de la prière, ne vient jamais réduire nos mérites.
Même si une personne n’est pas digne d’une certaine bénédiction, la prière elle-même en est le paiement.

[ne pas prier, c’est se priver de faire descendre les flux de bénédictions qui n’attendent que d’arriver sur nous, c’est également risquer d’obtenir des choses par un miracle d’Hachem, ce qui viendrait alors réduire nos mérites éternels du monde à Venir.
A l’inverse, même un racha s’il prie, il peut obtenir l’aide de D.!

Hachem est impatient de nous entendre pour avoir la possibilité de nous combler du meilleur, et notre yétser ara fait tout pour que notre prière apparaisse routinière, sans véritable importance à nos yeux, afin que nous négligeons cette opportunité incroyable!]

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-> Le rav Wolbe (Alé Chour) écrit que les difficultés se produisent car la Présence Divine est cachée.
Chaque fois qu’une personne dit une bénédiction avec une conviction que Hachem est activement impliqué dans le monde, alors cela révèle Sa Présence ici, et cela amène une lumière spéciale de Hachem dans ce monde.
C’est alors que d’une manière automatique, les difficultés disparaissent.

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On peut comprendre l’importance des prières (dualité : remercier & demander), par le fait que :
-> « Tout l’objectif de la Création [de ce monde] est afin que nous réalisions que Hachem est notre D., et pour Le remercier de nous avoir créés » (Ramban – fin paracha Bo)

-> « L’objectif des mitsvot est de nous amener à aimer et à nous attacher à D.
Le plus nous avons Hachem à l’esprit, le plus nous Le remercions, et le mieux nous réalisons notre mission dans ce monde. » (Ibn Ezra)

« Ainsi parle Hachem : … J’honore qui M’honore, et qui M’outrage sera livré au mépris »
[Chmouel I 2,30]

-> Le Ram’hal (Messilat Yécharim – chap.19) dit qu’une personne peut se réjouir lorsqu’une mitsva qu’elle souhaite réaliser devient plus difficile à accomplir.
En effet, elle a alors l’occasion de démontrer toute la valeur qu’elle accorde à cette mitsva, et à quel point elle aime Hachem.

[cela témoigne concrètement que l’on est prêt à payer un prix d’efforts plus élevé pour cette mitsva, au regard de la difficulté à surmonter].

-> Le Séfer baYam Déré’h ajoute que lorsque l’on accomplit une mitsva qui nécessite un sacrifice personnel, c’est le statut même de la mitsva qui s’élève.
En effet, à partir de ce moment, à chaque fois que nous referons cette mitsva, même si c’est très facile, la récompense sera beaucoup plus élevée, car nous avons pu démontrer à quel point nous sommes prêts à lui accorder de l’importance.

[à chaque fois qu’une mitsva est particulièrement difficile à réaliser, il faut se dire que nous avons la possibilité de réactualiser sa valeur pour toutes les autres fois à venir!]

« Nous vivons dans ce monde [éphémère] avec ce que nous prenons, mais nous vivons pour l’éternité avec ce que nous donnons »

[Sagesse juive]

La crainte du Ciel

+ La crainte du Ciel (yirat chamayim) :

-> « Un ange d’Hachem est posté près de ceux qui Le craignent et les fait échapper au danger » (Téhilim 34,8)

-> « Il (Hachem) accomplit les désirs de ceux qui Le craignent, entend leurs supplications et leur porte secours » (Téhilim 86,11)

-> « Les yeux d’Hachem sont ouverts sur ceux qui Le craignent, sur ceux qui ont foi en Sa bonté » (Téhilim 33,18)

-> « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant Sa grâce est puissante pour ceux qui Le craignent. (Téhilim 103,11)

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-> A propos de la crainte de D., le Ram’hal (Messilat Yécharim – chap.25) écrit :
« Ce qu’il faut, c’est sentir constamment que partout où l’on se trouve, on est en présence de Hachem et qu’Il observe attentivement chaque homme et chaque geste, grand ou petit, et que rien ne Lui est caché ni ne Lui échappe.

Celui qui vit avec cette conscience craindra sincèrement de faire le moindre geste qui ne soit pas en accord avec les désirs du Tout-puissant. »

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+ Hachem dit au roi David : « Tu souhaites la vie? Recherches la crainte du Ciel! »
[midrach Shocher Tov – chap.16]

-> La crainte du Ciel est une grande qualité, car le Ciel et la terre ont été créés uniquement par le mérite de la crainte du Ciel.
[midrach Kohélét rabba 3,13]

-> Il n’y a rien de plus aimé qu’une personne qui a la crainte du Ciel
[…]
Celui qui est riche, sage et intelligent, mais qui ne possède pas la crainte du Ciel, alors il ne possède rien du tout.
[Aggadot Béréchit – chap.33]

-> Il n’y a aucun trait de caractère plus désirable que d’avoir de la crainte de D. et l’humilité.
[midrach Bamidbar rabba – chap.18]

-> Tout celui qui craint le Ciel, ses mots sont entendus [les gens acceptant ce qu’il a à dire].
[guémara Béra’hot 6b]

-> Une personne doit toujours être rusée dans la crainte du Ciel
[guémara Béra’hot 17a]
[il faut concevoir des stratégies pour vaincre notre yétser ara, et acquérir de la yirat chamayim]

-> « Tout est dans les mains du Ciel, à l’exception de la crainte du Ciel »
[guémara Béra’hot 33b]
[cela implique que les circonstances et conditions d’une personne (sa taille, son apparence, sa santé, sa richesse, …) sont imposées par Hachem . Son libre arbitre ne s’étend que sur les sujets qui sont associés à la crainte du Ciel, de faire le bien ou le mal (ce qui est contraire à la Volonté de D.).]

-> Rabbi ‘Hanina ben Dossa dit : « Celui dont la crainte du péché prévaut sur la sagesse, sa sagesse se maintient ; mais celui dont la sagesse prévaut sur la crainte du péché, sa sagesse ne se maintient pas. »
[Pirké Avot 3,9]

-> Tout celui qui Me craint et accomplit les mots de la Torah, toute la sagesse et toute la Torah sont dans son cœur [= la connaissance en Torah lui sera facile à acquérir]
[midrach Dévarim rabba 11,6]

-> Celui qui ne craint pas le Ciel, n’a pas d’humilité, ni de piété en lui.
[Zohar – Bamidbar – p.145]

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-> « La crainte de Dieu, voilà sa richesse » (Yéchayahou 33,6)

Rachi (guémara Shabbath 31a) de commenter : La chose la plus importante aux yeux d’Hachem, est qu’une personne développe en elle de la crainte du Ciel, afin … de créer un moyen pour retenir son étude.
[la crainte du Ciel est ce qui permet de conserver notre étude de la Torah, à l’image d’un grenier/entrepôt]

-> Rava (Shabbath 31a) enseigne l’idée que chez celui qui n’a pas de crainte du Ciel, il aurait mieux valu qu’il n’étudie pas la Torah, et sans cette crainte on ne sera pas jugé favorablement par le tribunal Céleste.
[la Torah et les mitsvot n’ont pas de valeur sans la crainte de D.]

-> Rabba bar Rav Houna (Shabbath 31a) dit que pour celui qui a acquis la sagesse de la Torah, mais pas la crainte du Ciel, c’est semblable à un trésorier qui a les clés des salles intérieures, mais pas celle des pièces extérieures [Comment peut-il entrer? ]

-> Selon rav Yanaï (Shabbath 31a), cette situation est comme quelqu’un qui a fait une porte pour une cour, mais qui ne possède pas de cour. [la Torah permet de grandir spirituellement, mais sans crainte du Ciel la sagesse en Torah n’a pas d’utilité]

-> Selon rav Yéhouda (Shabbath 31a), Hachem a créé Son monde uniquement pour que les gens Le craignent, comme il est écrit : « D. a arrangé les choses de telle sorte qu’on le craigne » (Kohélét 3,14)

-> « Qu’est-ce que Hachem ton D. demande de toi? Uniquement de craindre Hachem ton D. … » (Ekev 10,12)

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-> « Le principe de la sagesse, c’est la crainte de Hachem » (Téhilim 111,10)

-> « La crainte du Seigneur, voilà la Sagesse » (Iyov 28,28)

Rachi (guémara Shabbath 31a) enseigne que chez un Sage nous devons plutôt louer le fait qu’il craint la faute, plutôt que son érudition, car la crainte de la faute est supérieure au fait d’avoir de grandes connaissances en Torah, et dans ce cas on diminuerait sa grandeur..

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+ « La conclusion de tout le discours, écoutons-la: « Crains Dieu et observe Ses commandements ; car c’est là tout l’homme »
[le roi Salomon – à la fin de Kohélét 12,13]

-> Selon rabbi El’azar (Shabbath 31a), cela signifie que : le monde entier a été créé en l’honneur de cette personne [qui a de la crainte du Ciel].

-> Selon rabbi Abba bar Kahana (Shabbath 31a), cela signifie que : cette personne est égale en importance au monde entier.

-> Selon Shimon ben Azzai, cela signifie que : le monde n’a été créé que pour accompagner cette personne, [afin qu’il ne se sente pas seul].

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-> La guémara (Yoma 72b) transmet l’idée que : Honte aux Sages en Torah, qui s’immergent dans la Torah et qui n’ont pas de crainte du Ciel.

-> Le rav ‘Haïm Kanievsky (Or’hot Yocher) écrit que chez celui qui étudie la Torah sans crainte du Ciel, sa sagesse ne rencontrera pas le succès, et à l’inverse, elle se transformera en un poisson mortel pour lui, comme cela s’est passé pour Doég et A’hitophel, que D. nous protège d’une telle fin.

[Doeg haAdomi était un conseillé du roi Shaül. Il était un très grand érudit en Torah, et finalement il a perdu sa part dans le monde à venir à cause de ses fautes (cf. Chmouël I chap.21-22)]

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-> Comment comprendre le paradoxe suivant :
– d’un côté l’homme est naturellement facilement effrayé par des peurs/dangers réels ou imaginaires ;
– et d’un autre côté, il a une absence naturelle de crainte envers Hachem, l’Unique Maître du monde, témoignant une indifférence quasi totale malgré l’infinie puissance de son Créateur.

=> Ce qui est minuscule/inexistant cause une inquiétude infinie, et l’infini entraîne une peur minuscule/inexistante.
Pourquoi cela?

-> Le rav Its’hak Blazer (Ohr Israël – Chaaré Or – chap.2) répond que cet étrange phénomène fait partie du plan divin.

Par décret divin, l’homme ne craint pas D. naturellement, et ce afin de le laisser profiter du libre-arbitre.
En effet, s’il était saisi par une terreur de D. instinctive et innée, il choisirait le Bien sans réfléchir, le Mal ne représenterait pas vraiment un choix.

Il faut donc rechercher de façon continue à acquérir la crainte de D., en s’efforçant de voir et de sentir sa souveraineté, et par là emplir toujours davantage notre cœur de respect et de crainte.

Le roi Salomon écrit : « Si tu la souhaites comme de l’argent, la recherches comme des trésors, alors tu auras le sens de la crainte d’Hachem » (Michlé 2,4-5).

[de même qu’il nous faut de la parnassa pour vivre, de même il nous faut de la crainte de D. pour vivre juif!]

-> Le Ram’hal (Messilat Yécharim – chap.25) suggère que nous devons se réserver chaque jour quelques moments pour méditer et réfléchir à la façon d’augmenter notre crainte de D.

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-> La sagesse et la souveraineté de D. sont évidentes dans le moindre atome de l’univers.
Chaque brin d’herbe et chaque molécule de matière crie un message parfaitement clair : « C’est le Tout-Puisant qui nous a créés! »

Mais de nombreuses personnes sont incapables de voir cette évidence parce que leur vision est souillée par la passion et l’orgueil, et qu’ils refusent obstinément de la nettoyer.

[Rav Mordé’haï Programansky]

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-> « Servez Hachem avec crainte et réjouissez-vous avec tremblement » (Téhilim 2,11)

=> Comment comprendre le fait de se réjouir « avec tremblement »?

La guémara (Béra’hot 30b) répond :
Selon Rav : « Là où se trouve la réjouissance, doit aussi se trouver le tremblement ».
[…]
Mar, le fils de Davina célébrait la noce de son fils.
Voyant les Sages d’une humeur un peu [trop] gaie, il saisit un verre de cristal d’une valeur de 400 zouzim et le fracassa sous leurs yeux, ce qui les dégrisa sur le champ.

[Selon Tossefot, c’est de là que provient l’usage de briser un verre sous le dais nuptial.]

-> Nous devons apprendre à doser la crainte et la joie, la peur et l’exaltation.

D’ailleurs, le Rama dans son commentaire du Choulkhan Aroukh :
– commence cet ouvrage par les mots : « Je fixe constamment mes regards sur Hachem » (chiviti Hachem lénegdi tamid – Téhilim 16,8) ;
– et cet ouvrage se termine (lois de Pourim) : « mais celui qui a le cœur content est constamment en fête » (vétov lév michté tamid – Michlé 15,15)

=> Le respect strict de la halakha entraîne une joie et une sérénité profondes.
La crainte mène à la joie, et ces 2 sentiments sont étroitement liés pour garantir un progrès, à l’image de la nécessité d’avoir 2 jambes!

[la joie ne doit pas amener à un excès d’intimité (c’est Hachem!), et la crainte ne doit pas causer un excès de froideur, de tristesse, d’anxiété.]

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-> On a demandé au rabbi de Satmar (le Divré Yoel), qu’est-ce que la crainte de D.?
Il a répondu : « la yir’at Hachem, c’est de penser à Hachem chaque seconde ».
[en ayant conscience de Sa Grandeur, du fait qu’Il est témoin de chacun de nos actes/pensées, en se demandant constamment : est-ce que l’action que je fais est susceptible de Lui faire plaisir?, …]

« Les lois de la Torah ne sont rien de moins que des conseils [venus] du plus Grand des conseillers (Hachem), pour corriger l’homme et parfaire tous ses actes »

[Rambam – Hilkhot Térouma 4,13]