Les relations interdites causent d’énormes dégâts dans les mondes supérieurs. C’est pourquoi on les appelle ערוה (erva - nudité), mot qui peut être réarrangé pour former רע וה (rav vav-hé), ce qui signifie qu’elles sont "mauvaises" (רע) pour les lettres וה (du Nom d'Hachem), car elles séparent ces lettres du Nom de Hachem (יהוה) en plaçant רע (le mal) entre elles, à D. ne plaise.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - A'haré Mot 18,5-7]
Catégorie : Kédoucha
Être saint, c’est concentrer et orienter toutes nos actions vers le bien d’autrui ; cela doit être le but suprême de notre vie.
Tout comme les actions d'Hachem, pour ainsi dire, visent toutes le bien de Ses créatures, nous devons nous efforcer de L’imiter pour venir en aide à nos semblables.
[rav Shimon Shkop - Shaaré Yocher ]
Préserver notre brit
-> Si une personne a fauté avec sa brit mila, même si elle respecte tout le reste de la Torah, elle peine en vain, comme le dit le Zohar : Si une personne n’a pas de crainte [de la faute] concernant la brit, alors la crainte d'Hachem ne repose pas sur elle concernant quoi que ce soit qu’elle fasse.
Puisque le corps avec lequel elle accomplit les mitsvot est entaché, tout ce qu'elle fait avec est également entaché.
Nos Sages, à travers les générations, ont dit que la plupart des souffrances qu’endure un homme, qu’il s’agisse de la peste, de l’épée ou de la famine, résultent d’une souillure de la circoncision (la brit mila).
De plus, tant que sa brit est entachée, toutes les mitsvot et les bonnes actions qu’un homme accomplit iront toutes aux forces de l’impureté [et ajouteront à leur puissance], D. nous en préserve.
En outre, une personne qui entache la brit est considérée comme ayant falsifié le sceau du Roi des rois, comme le dit le verset : "Nous n’avons pas falsifié Ton alliance" (Téhilim 44,18) ...
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra (Chaaré Téchouva) affirme que : "La brit mila est le "yessod", le fondement de notre observance religieuse. En la protégeant, toute notre Torah et nos mitsvot s'élèvent." ]
Si une personne se réveille, se repent et réalise que ce mal lui est arrivé parce qu’il a entaché la brit, tout ira bien. Mais sinon, alors Hachem augmentera ses souffrances ...
La souffrance sera sept fois plus grande, car lorsqu’une personne entache la brit, elle entache "Bat Shéva" (littéralement, "fille de sept"), qui sont les sept sefirot constituant le Royaume des Cieux dans notre monde (Zohar - vol.III,115a).
Il est donc tout à fait approprié que l’affliction de cette personne soit multipliée par sept.
Puisque les souffrances résultaient du fait que cette personne a entaché sa brit, par conséquent, si elle souhaite se repentir, elle doit d’abord rectifier la souillure qu’elle a causé à sa brit. Ensuite, quoi qu’elle souhaite faire, Hachem l’aidera à réussir ...
La valeur numérique de : Avraham, Its'hak, Yaakov (אברהם יצחק יעקב) est de 638, la même que : brit Hachem (ברית יהוה, la brit et le Nom d'Hachem). Cela fait allusion au fait que le mérite de nos Patriarches se tiennent pour leurs descendants (les juifs) et expient tout dommage qu'ils ont causé à leur brit.
Jérusalem elle-même expie toute souillure causée à la brit.
Les mots היא ירושלים (hi Yérouchalayim - c'est Jérusalem) ont la valeur numérique 612, identique à celle de ברית (brit).
Ceci nous suggère que lorsque l'affliction frappe le peuple juif, Jérusalem l'aide à expier le mal qu'il a causé à la brit, car Jérusalem et la brit sont égales.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bé'houkotaï 26,14-16&18&25&42]
Tous les efforts que je déploie pour me purifier, purifier mes pensées, mes traits de caractère et mes sentiments, contribueront à purifier le monde entier.
"Chaque personne est tenue de dire : 'Le monde a été créé pour moi'. "(Sanhédrin 37a).
[rav Avraham Kook - Shemoné Kévatsim 2,78 ]
Se trouver là où sont nos pensées
+ Se trouver là où sont nos pensées :
-> "On raconte que chaque fois que Rabbi Yonathan, fils d'Ouziel, s’asseyait pour se plonger dans la Torah, tout oiseau qui passait au-dessus de sa tête était brûlé par ses paroles". [Soucca 28a]
"Aucune mouche ne passait au-dessus de la table du prophète Elicha". [Béra'hot 10b]
-> Le Baal Shem Tov (Kéter Shem Tov 43) enseigne :
Partout où se trouvent les pensées d’une personne, elle est entourée de mondes spirituels qui reflètent ses pensées. Si ses pensées sont saintes, elle est entourée de mondes saints, mais si ses pensées sont impures, elle est entourée de mondes impurs.
De même, où que soient les pensées d’une personne, et quels que soient les mondes qui l’entourent, c’est ainsi qu’elle est entourée dans ce monde terrestre, que ce soit d’oiseaux et d’animaux casher, ou d’oiseaux et d’animaux non casher.
Et il existe trois catégories de mondes : le pur, l'impur, et celui qui se situe entre les deux. Au-dessus de ces catégories se trouve le monde de la pensée pure, qui est insondable.
C’est donc pour cela que tout oiseau s’égarant au-dessus de Rabbi Yonathan, fils d'Ouziel, était brûlé, et qu’aucune mouche ne passait au-dessus de la table d’Elicha, ce qui permit à son hôte de savoir qu’il était un homme saint, car ses pensées étaient saintes.
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-> "Les oiseaux égarés" font allusion aux pensées égarées, qui ont été "brûlées" par l’étude de la Torah de rabbi Yonathan. De même, aucune mouche, créature non casher, ne volait au-dessus de la table d’Élicha, car ses pensées étaient toujours saintes.
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-> Là où se trouvent les pensées d’une personne, c’est là qu’elle se trouve pleinement.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 56]
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-> les pensées sont si puissantes et ont un tel effet sur le corps que la pensée seule créera une réalité virtuelle comme si le corps était bel et bien "là". On retrouve un écho de cette idée dans l’enseignement des Sages selon lequel fantasmer sur une faute est pire que l’acte lui-même, alors que l’esprit est probablement ailleurs.
L’influence de l’environnement sur notre spiritualité
+ L'impact de l'environnement sur notre spiritualité :
Le peuple juif a vécu des miracles extraordinaires en Égypte, où chaque femme a donné naissance à des sextuplés et où, en 210 ans, la nation est passée de 70 âmes à une nation gigantesque comptant des millions d’individus.
Ayant vu si clairement la main d'Hachem, comment les juifs auraient-ils pu adorer des idoles en Égypte?
La réponse est qu’ils étaient entourés de l’atmosphère corrompue de l'Egypte, avec sa sorcellerie et ses magiciens, et cela a aveuglé leurs yeux et bloqué leurs cœurs, les empêchant de voir et de comprendre.
Nous souffrons, nous aussi, d’une cécité et d’un blocage émotionnel similaires ...
La main d'Hachem est manifeste à chaque instant, sauf que l’impureté de notre environnement nous empêche de le discerner.
[rav Moché Sternbuch]
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[nous voyons l'importance d'être dans des lieux où la sainteté peut nous influencer positivement, comme la terre d'Israël, une synagogue, notre maison tenue dans un esprit de la Torah, ... ]
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-> Le rav Yé'hezkel Levenstein s’est enfui à Shanghai pendant la Seconde Guerre mondiale et de là, il s’est rendu aux États-Unis, où il a rétabli la yéchiva de Mir. Peu de temps après, cependant, il est parti pour la terre d'Israël, car il ne supportait pas l’atmosphère impure de l’Amérique.
Les gens se demandaient quel effet cette atmosphère impure pouvait bien avoir sur lui, étant donné qu’il ne faisait que des allers-retours entre sa maison et la yéchiva.
"Il y a deux façons de s’enivrer", répondit-il. "L’une consiste à boire du vin, et l’autre à passer du temps dans une cave à vin, où les vapeurs du vin embrument les sens. L’Amérique est comme une cave à vin, imprégnée d’une atmosphère de matérialisme, et l’air en est empoisonné."
Un jour, après s’être installé en terre d'Israël, il dut se rendre à Tel-Aviv pour une course. C’était Tel-Aviv il y a 70 ans, mais il fit le trajet en taxi les yeux fermés. Il déclara néanmoins plus tard que ce voyage l’avait affecté négativement, ajoutant qu’il lui avait fallu plusieurs semaines pour retrouver son niveau spirituel antérieur.
[rav Moché Sternbuch]
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-> Le Zohar enseigne (vol. 2, 117a) que bien que les égyptiens ne méritaient pas de mourir de la main de Hachem Lui-même, Il n’envoya néanmoins pas d’ange pour les tuer, de peur que les anges ne soient contaminés par l’impureté des égyptiens.
C'est une leçon pour nous d'être vigilant que sur notre lieu de résidence, ni même les lieux que l'on peut traverser, car l’atmosphère qui y règne a un effet néfaste sur nous.
Personne ne devrait dire : "Je ne serai pas affecté", car si un ange pouvait être blessé, alors nous le serions certainement.
[rav Moché Sternbuch]
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-> Lorsqu'Avraham descendit en Egypte, la Torah dit qu'il regarda sa femme Sarah. Nos Sages commentent que l'environnement égyptien était tellement impur qu'il avait la capacité d'impacter négativement, même un géant comme notre Patriarche Avraham.
Ainsi, le milieu dans lequel nous vivons nous impact passivement.
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-> Le midrach (Béréchit 65,22) décrit un incident qui s'est produit avec un terrible racha, un juif nommé Yossef Méchi'ha. Lorsque les Romains conquirent le Temple, ils eurent peur d'y pénétrer. Yossef Méchi'ha se porta volontaire pour faire ce que même les Romains n'osaient pas faire. Il entra dans le Temple et en ressortit en portant la ménora.
Les Romains furent choqués par cette inconvenance. Ils lui dirent qu'il pouvait prendre n'importe quoi d'autre, mais pas la ménora. Mais il refusa d'y retourner. Ils menacèrent de le tuer, mais il resta inflexible : il ne retournerait pas dans le Temple. Ils lui infligèrent donc une mort des plus douloureuses, et il mourut al Kiddouch Hachem.
Alors qu'il mourait, il s'écria : "Malheur à moi, car j'ai irrité mon maître". Il avait fauté une fois dans le Temple, mais il ne recommencerait pas.
L'histoire est déroutante. Alors qu'il était un terrible racha, il a soudainement changé d'avis (malgré la possibilité de retourner rapidement pour y prendre des objets incroyables en or massifs, qui le mettrait à l'abri jusqu'à la fin de sa fin). Quelle est la cause de cette transformation soudaine?
Ce fut un bref moment dans le Temple, explique le rav Poniovitch. C'était tout ce qu'il fallait pour le changer. Il était entré dans cette ambassade de la sainteté et de pureté, et il était devenu une personne différente.
Pensons-y : un moment dans le Temple (même sans intention, même dans un but d'y voler un élément central comme la Ménora), cela a suffi à transformer une personne aussi racha (en quelqu'un étant prêt à mourir d'un sublime kidouch Hachem [sanctification d'Hachem], au point qu'on en parle même de nos jours! ).
-> Or, "Hachem, dans Son immense miséricorde, nous a laissé un mikdach méat (petit Sanctuaire, Temple en miniature). Ce sont les synagogues et les maisons d'étude (baté midrachot). [depuis la destruction du Temple, ces lieux tiennent viennent en place du Temple - Méguila 29a ]" (['Hatam Sofer - drachot - vol.2, 309)
Ainsi, ces lieux ont une capacité naturelle à nous influencer positivement.
[de même, il existe des endroits qui ont une tendance à nous influencer en mal (de mauvaises actes y ont été faits), et à l'inverse en bien. ]
-> Rabbi Tan'houm bar 'Hiya dit : "Une personne doit désigner un endroit pour elle-même dans la synagogue". [guémara Yérouchalmi Béra'hot 4:4]
De même : "Quiconque désigne un lieu pour sa prière , le D. d'Avraham l'assistera". [guémara Béra'hot 6b]
En relation avec notre sujet, on peut rapporter 2 des explications données par le Tsela'h (Béra'hot 6b) enseigne :
- Chaque place a son propre mazal et son propre ange. En se déplaçant d'un endroit à l'autre, c'est comme si l'on dénigrait l'endroit où l'on était assis à l'origine, ce qui à son tour dénigre l'ange qui se tenait à cet endroit, ce qui pourrait même lui causer du tort. C'est pourquoi il convient de rester à la même place.
- L'endroit où l'on fait la prière acquiert de la sainteté grâce aux prières qu'on a pu y faire, et la prochaine fois que l'on fera la prière à cet endroit, la sainteté de l'endroit contribuera à l'acceptation en-Haut de notre prière.
-> Cette réalité de l'impact de l'endroit explique pourquoi la mitsva d'habiter en terre d'Israël (la seule terre Sainte, alors que les autres sont impures) est aussi fondamentale (équivalente aux 613 mitsvot réunies), car la sainteté et la présence d'Hachem y est énormément plus présente qu'en dehors, ce qui forcément nous impacte positivement (nous réaliserons pleinement cela après notre mort, libre arbitre oblige).
Hachem exprime souvent son désire qu'on vienne résider en terre d'Israël, car ce lieu nous aide à atteindre des hauteurs spirituelles qui nous seraient inaccessibles en 'houts laArets, et grâce à cela on devient plus proche de Lui et Il peut davantage nous combler de bénédictions, ce qui Lui cause beaucoup de joie.
-> Parmi les nombreux enseignements à ce sujet, on peut rapporter celui sur le verset : "Tu ne manqueras de rien là-bas (la terre d'Israël)" (Ekev 8,9).
Nos Sages commentent : Pourtant, il existe de nombreux fruits qui ne poussent pas en terre d'Israël ; comment alors comprendre cette promesse selon laquelle nous n'y manquerons de rien?
La Torah ne veut pas dire que la terre d'Israël contient tout. Elle veut plutôt dire que la terre d'Israël possède un pouvoir (influence) particulier qui aide ses habitants à se sentir proches d'Hachem et de Sa Torah, à tel point qu’ils éprouvent un plaisir spirituel si intense qu’ils ne ressentent aucun manque matériel.
-> "En Egypte, les Bné Israël vivant hors d’Israël, ils ont été influencés par le mazal de ce pays particulier, ce qui les conduisait à adorer des idoles (comme les égyptiens). C'est pourquoi Hachem ordonna à Avraham de s’installer en terre d’Israël. En Israël, une personne est sous l’influence directe d'Hachem, comme le dit le verset : "Les yeux de Hachem, ton D., sont toujours tournés vers elle" (Ekev 11,12)". [rav Yonathan Eibshitz - Pardes Rabbi Yéhonatan ]
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-> b'h, voir aussi : impact de l'environnement : https://todahm.com/2016/12/26/etre-impacter-par-son-environnement
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+ Impact d'une personne à côté de nous :
-> Le Séfer 'Hassidim (siman 770) écrit qu'il faut éviter de s'asseoir à côté d'une personne qui n'est pas convenable, car cela conduirait à des pensées indésirables.
On ne peut que se faire du mal en s'asseyant à côté d'une telle personne.
-> Le Pélé Yoetz (Yaalozou 'hassidim 90b) cite le Séfer 'Hassidim selon lequel, en public, il ne faut pas montrer qu'on est gêné de s'asseoir à côté d'une personne inconvenante, car il ne faut certainement pas embarrasser quelqu'un en public.
Si on ne peut pas éviter subtilement de s'asseoir à côté d'une telle personne, on ne doit pas s'inquiéter,
"même une barrière de métal ne nous sépare pas de notre Père qui est aux cieux".
Néanmoins, si les personnes assises à côté de nous sont des personnes peu recommandables qui parlent pendant la prière, font des commentaires désobligeants tout au long de la prière, perturbent sa prière, et qu'on sent qu'on ne peut rien leur dire, alors on doit s'éloigner d'elles ; on doit simplement s'assurer d'éviter les disputes.
-> 'Hanna a prié pour un enfant alors qu'elle se tenait près d'Eli haCohen, car la proximité d'un tsadik a un effet sur les prières d'une personne et sur leur efficacité.
[drachot 'Hatam Sofer II 357]
-> Si l'on se retrouve assis à côté d'une personne inconvenante, il faut comprendre que c'est un signe qu'il faut intensifier ses prières.
[Toldot Yaakov Yossef]
-> De nombreuses personnes n'ont pas d'endroit précis à la synagogue pour prier ; elles se promènent tout autour pendant qu'elles prient. Si elles se rendaient compte de ce qu'elles gagneraient en désignant un endroit pour faire leur prière, comparé à ce qu'elles perdent en se déplaçant d'un endroit à l'autre pendant la prière, elles n'agiraient pas ainsi.
[Métsouva véOssé - mitsva téfila 9]
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+ Impact d'un habit :
-> "Rivka prit les vêtements propres de son grand fils Essav ... et en revêtit Yaakov son petit fils" (Toldot 27,15)
Le Tsror haMaor (Rabbi Avraham Saba) enseigne que lorsque Rivka a placé les grands habits de Essav sur Yaakov, ils lui allaient parfaitement bien, malgré que ce dernier dernier était plus petit (cf.le verset ci-dessus).
=> Quelle était la nécessité de ce miracle sachant que Its'hak était non voyant, et ne pouvait pas savoir si l'habit lui allait parfaitement ou pas?
La réponse est que le miracle était destiné à Yaakov.
En effet, selon le midrach, Yaakov était très bouleversé et il a même pleuré de devoir être impliqué dans une tromperie. Hachem a alors fait en sorte que l'habit lui aille miraculeusement bien, comme un baiser d'encouragement, lui montrant que du Ciel il avait été convenu qu'il prenne les bénédictions à son frère.
-> Avant de mettre ses peaux, Rivka va d'abord revêtir Yaakov des vêtement de propres de Essav ou bien selon Rachi des vêtements précieux qu'Essav avait volés à Nimrod.
Rav Henoch Leibowitz explique que Rivka a habillé Yaakov de ces vêtements, afin qu'ils l'influencent d'une certaine façon à agir comme Essav, aidant ainsi à l'obtention des bénédictions.
=> On apprend de là le pouvoir d'influence que les habits peuvent avoir sur nous.
C'est ainsi que le Kitsour Choul'han Arou'h (3,3) codifie : "Une personne ne doit pas revêtir des habits très chers car cela amène une personne à être hautaine ; ni des vêtements extrêmement peu chers ou sales afin de ne pas être répugnant aux yeux des autres, mais avoir des habits ordinaires et propres".
[les juifs sont des princes, des fils du Créateur, on se doit d'agir en fonction de ce haut statut, et l'habit contribue à cela.]
[Le rabbi Naftali de Ropschitz enseigne qu'il était très difficile à Yaakov d'émettre le moindre mensonge, comme le souligne le verset : "tu donneras la vérité à Yaakov" (titèn émet léYaakov).
Rivka lui demanda donc d'enfiler le costume d'Essav, afin de se mettre dans la peau du personne, car lorsqu'on s'habille comme un Essav, on devient un peu comme lui, et même notre façon de parler en pâtit. ]
La sainteté de nos yeux
+ La sainteté avec les yeux :
"Vous serez pour moi un peuple saint" (véanché kodech tiyoun li - Michpatim 22,31).
-> La Mékhilta dit que nous devons lire le verset ainsi : "véanché kodech" = lorsque vous agissez avec sainteté, alors "tiyoun li" = vous êtes à Moi.
-> Le Réchit 'Hokhma (chap.2) enseigne que nous apprenons le négatif à partir du positif : "Si vous ne vous rendez pas saints, vous n'êtes pas à Lui."
-> Le Yérouchalmi (Béra'hot 1,8) déclare : "Hachem dit : "Si vous Me donnez votre cœur et vos yeux, je sais que vous êtes à Moi."
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Hachem déclare : "ayin ta'hat ayin" (œil pour œil - Michpatim 21,24).
-> La traduction littérale est que si quelqu'un blesse l'œil d'une autre personne, il doit payer pour le dommage causé.
Le Tiféret Shlomo enseigne que le verset nous enseigne également que lorsqu'un juif garde ses yeux de regarder là où il ne devrait pas, cela incite Hachem à le regarder [bien davantage] d'en-Haut.
Il écrit : "Le verset révèle la grandeur d'un juif. Lorsqu'il agit avec sainteté, cela suscite un éveil en-Haut ... Quelqu'un qui garde ses yeux de regarder là où il ne devrait pas, cela suscite, éveil, l'œil d'Hachem d'en-Haut [qui n'est que bonté, compassion pour chaque juif] ... Cela est suggéré dans les mots "ayin ta'hat ayin" (œil pour œil).
[si tu sacrifies tes envies de fauter avec l'œil (comme si on se crevait momentanément l'œil face à notre désir naturel de regarder l'interdit), alors plein de joie, de fierté de notre acte, Hachem compense cela en nous donnant Son oeil de papa miséricordieux, qui nous comble de bénédictions au-delà de nos mérites (selon la rigueur). ]
Le Tiféret Shlomo écrit là que "mé'én olam aba" ( מעין עולם הבא - de le chant de Ma Yédidout - peut se lire : mé'ayin olam aba) qui peut être traduit par "en gardant ses yeux (ayin), on mérite le Olam Haba."
-> Le Tiféret Shlomo dit également : "Nous verrons la Chékhina dans la mesure où nous avons été prudents avec nos yeux (de notre vivant)."
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[de plus, avec la venue du machia'h, notre monde à Venir éternel sera dépendant de nos actions dans ce monde.
En ce sens, on peut éventuellement comprendre : "ayin ta'hat ayin" (œil pour œil) = notre ayin (un œil) [physique] ta'hat (en dessous : référence à notre monde ci-bas), va définir l'état de fonctionnement de notre 'ayin' [spirituel] éternel (monde de vérité) = plus nous aurons préservé nos yeux dans ce monde, plus nous pourrons voir davantage la sainteté (et donc être proche d'Hachem, la source de tout bonheur). ]
Une alliance a été conclue avec l'ensemble du peuple juif, stipulant qu'il ne deviendrait jamais totalement impur.
Certes, une telle impureté peut l'influencer et lui nuire. Néanmoins, elle ne peut jamais déraciner totalement le peuple juif de la source d'une vie Divine.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:70 ; Orot - haTé'hiya 9 ]
Etre tsadik = préserver sa brit
+ Etre tsadik = préserver sa brit :
"Yaakov envoya des messagers (des anges) devant lui (léfanav) à Essav, son frère" (Vayichla'h 32,4)
-> Le mot "léfanav" (devant lui) semble superflu. Pourquoi est-il nécessaire?
On pourrait l’expliquer ainsi :
Les hauts niveaux spirituels des tsadikim s’acquièrent grâce à leur respect de l’alliance de la brit mila, comme l’explique Rabbi Shimon bar Yo'haï (dans le Zohar - Vol.I, 94a).
Yaakov Avinou a été exemplaire dans la garde de cette alliance, car c’est lui qui est décrit comme "son lit était pur". C’est pourquoi il a mérité que tous ses enfants soient des tsadikim et il a atteint un niveau si élevé que même les anges le servaient.
[...]
"Yaakov envoya des anges" = Yaakov envoya les anges d'Hachem comme messagers. Vous pourriez vous demander : "Comment Yaakov a-t-il atteint un tel niveau que les anges le servaient?"
La réponse se trouve dans le terme "léfanav" (devant lui - litt. en face de lui], car il protégeait le signe de la brit mila qui se trouvait devant lui. C’est ainsi que Yaakov a atteint un tel niveau.
[...]
Le plus grand pouvoir que la sitra a'hara (force du mal) exerce sur un tsadik réside dans le signe de la brit, en y causant une souillure, car c’est la garde de la brit qui définit une personne comme un tsadik.
Par exemple, en Égypte, la sitra a'hara a poursuivi Yossef et a tenté de souiller sa brit. Mais Yossef, avec l’aide d'Hachem, a maîtrisé son désir, est resté sans défaut (à ce sujet), et de ce fait, a été appelé Yossef le tsadik.
Avec Yaakov aussi, la sitra a'hara a tenté de souiller le signe de sa brit, mais a échoué. C’est le mérite d’avoir préservé cette alliance qui a protégé Yaakov et lui a permis de vaincre l’ange.
Il est écrit : "Yaakov étant resté seul, un homme lutta (vayéavék - וַיֵּאָבֵק) avec lui, jusqu'au lever de l'aube" (Vayichla'h 32,25). Cela indique la bataille entre Yaakov et l'ange d'Essav, avec selon Rachi le terme "vayéavék" (וַיֵּאָבֵק) qui est lié à "avak" (אָבָק - poussière), car ils faisaient jaillir, par leurs mouvements, de la poussière sous leurs pieds.
La Torah utilise le terme אָבָק car c'est l'acronyme de : אות ברית קדש (ot bérit kodech - le signe de l’alliance sacrée).
Cela nous indique ce que l’ange avait l’intention de faire : entacher le signe de la brit.
De plus, cela nous indique comment Yaakov l’a vaincu : précisément en préservant sa brit.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - ]
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[la brit d'un juif est le yessod (fondement) sur lequel repose toute sa judaïcité, sa spiritualité. D'où l'importance de la préserver autant que possible. ]
Rabbi Yo'hanan dit : Hachem proclame [la louange] chaque jour à propos de 3 personnes : un célibataire qui vit en ville et ne commet pas de faute avec les femmes ; un pauvre qui rend un objet perdu à son propriétaire malgré sa pauvreté ; et un riche qui donne la dîme de ses récoltes en privé, sans rendre public son comportement.
[guémara Pessa'him 113a ]