Imagine que chaque personne que tu rencontres a un panneau sur le front qui dit : « Fais-moi me sentir important ».

[rabbi Michael Rothschild]

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[c’est une tsédaka fondamentale dans notre génération, que de donner de l’importance, de la valeur à autrui.
Cela ne nous coûte rien (un sourire, un mot, …), mais a un impact phénoménal.

A l’image de l’air que nous respirons, nous avons tous besoin de ressentir que nous valons quelque chose, que nous sommes apprécier d’autrui.
D’ailleurs, de nombreuses personnes sont prisonnières du regard d’autrui, tellement elles sont en manque de valorisation personnelle. Cela leur prend beaucoup de temps et d’énergies, au point qu’elles ne sont pas elles-mêmes, qu’elles passent à côté de leur vie!

« Fais-moi me sentir important » = c’est indispensable, comme donner à une plante son eau vital, lui permettant alors d’exprimer toute sa magnificence!]

« Quiconque dit du lachon hara voit ses fautes grandir jusqu’au ciel, comme il est dit : « Leur bouche s’attaque au ciel, leur langue promène ses ravages sur la terre » (Téhilim 73,9). »

[selon Reich Lakich – guémara Arakhin 15b]

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-> Un juif doit se dire :
« Hachem a eu pitié de moi et m’a donné une âme sainte provenant d’un lieu saint sous le Trône de Gloire et non aux autres nations.
Hachem m’a aussi donné un joyau précieux, la sainte Torah, et ne l’a pas donné aux anges qui la demandaient, mais Il préféra l’accorder à l’humanité.
Comment pourrais-je ne pas apprécier ce joyau et ne pas l’étudier?
Comment puis-je le négliger pour parler de choses banales et me perdre en bavardages non seulement inutiles mais susceptibles de causer de graves dommages? … »
[…]

-> « Leur bouche est dirigée contre les cieux et leur langue parcourt la terre » (Téhilim 73,9)
Une langue qui médit sur terre peut causer de lourds dommage en haut.
[…]

Celui qui médit de son prochain écarte la Présence Divine d’Israël et lui fait dire : « Moi et lui ne pouvons vivre dans le même monde ».
[…]

Un homme qui dit du mal d’un autre est répugnant aux yeux de D.
Hachem dit à l’ange responsable du Guéhinam : « Moi, en haut, Je punirai cet homme. Je lui ferai contracter des maladies pénibles. Toi, en bas [au Guéhinam], tu le puniras après sa mort en le brûlant avec des braises ardentes ».

La médisance est si grave que Hachem n’a pourvu aucune partie du corps autant que la langue de protections contre la faute.
Il a placé devant elle une barrière de chair (les lèvres) et à l’intérieur de la bouche une barrière d’os (les dents). Toutes ces précautions ont pour but d’empêcher la langue de fauter.

« Que gagneras-tu et quel bénéfice auras-tu, langue trompeuse? » (Téhilim 120,3).

[compilation personnelle issue du Méam Loez – Tétsavé 28,39]

La gravité de blesser autrui

+ La gravité de blesser autrui :

-> La guémara (Kétoubot 62b) nous rapporte une histoire tragique sur la peine éprouvée par une femme :
« Le Amora rav Ra’houmi étudiait la Torah à la yéchiva de Rabba de la ville de Mé’hoza.
Avec l’accord de sa femme, rav Ra’houmi étudiait toute l’année et ne rentrait à la maison que la veille de Yom Kippour.

Une année, la veille de Kippour, rav Ra’houmi était plongé dans son étude et il tarda à prendre la route.
Sa femme l’attendait impatiemment et se disait : « Il va arriver maintenant … Il va arriver maintenant … »
Mais il n’arriva pas. Elle s’en affligea et versa une larme.

Rav Ra’houmi étudiait au même moment dans les combles du Beth haMikdach lorsque soudain, le sol s’écroula sous ses pieds et ils mourut. »

-> Le rav ‘Haïm Volozhin nous enseigne dans son livre Si’hot Moussar (chap.74, p.328) :
« Nous apprenons de là que le châtiment d’une faute envers son prochain n’est pas forcément « la restauration de la justice » pour la personne blessée, car dans le cas précipité, la punition s’est appliquée aussi à la femme En effet, c’est elle qui a le plus souffert.
Si pour un retard de son mari, elle a versé une larme, combien de larmes a-t-elle dû verser en apprenant sa mort.

=> L’offense entre les personnes est comparable à un feu dévorant. Tout celui qui mettrait sa main se brûlerait, et cela non pas en tant que punition, mais parce que telle est la réalité. »

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-> A ce sujet, le rav Eliézer Papo (Orot Ayalim p.58) dit :
« Il est difficile de s’imaginer jusqu’où peut aller la peine des femmes, qui comme nous le savons pleurent facilement.
Nous pouvons l’apprendre de cette histoire tragique dans laquelle l’homme n’avait même pas agi intentionnellement.

=> Que dire donc de ces hommes qui sèment la terreur dans leurs foyers? Ils recevront certainement un châtiment que ce soit au niveau de leur corps, de leurs biens ou de leur personne. »

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+ Nécessité à ne pas suivre notre tendance naturelle à blesser celui qui nous blesse :

-> « Prenez garde à ne pas heurter l’honneur de vos semblables, et grâce à cela vous mériterez le monde futur. »
[rabbi Eliézer – guémara Béra’hot 28b]

-> « Celui qui se préserve de l’interdiction de ne pas offenser son prochain (onaat dévarim) méritera la vie, la bénédiction et les honneurs »
[Séfer ha’Hinoukh – mitsva Chla’h]

-> « Celui qui prend garde à ne pas causer de peine à son prochain reçoit une aide Divine particulière.
Ses volontés profondes sont exaucées, il mérite d’engendrer des fils saints.
Mesure pour mesure, comme il s’efforce de ne pas faire de mal à son prochain et compatit aussi à sa souffrance, il mérite des enfants bénis, qui n’engendreront aucun mal à autrui. »
[Ménorat haMaor – 58 ; Tokhé’hat ‘Haïm chap.3]

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-> « 3 catégories d’individus sont aimées d’Hachem : celui qui se préserve de la colère, celui qui se préserve de l’ivresse et celui qui surpasse ses mauvais traits de caractère »
[guémara Pessa’him 113b]

[ex: en se retenant de notre naturalité humaine à humilier autrui, de réagir à une offense, … nous entraînons le fait d’être davantage aimés par Hachem!]

-> « Le monde ne tient que grâce à celui qui est capable de se refréner au moment d’une dispute »
[guémara ‘Houlin 89a]

-> « Tout celui qui est capable de dépasser ses mauvais traits de caractère a le mérite que ses fautes lui soient pardonnés »
[guémara Roch Hachana 17a]

Rachi commente : « Celui qui est capable de dépasser ses mauvais traits de caractère et n’est pas pointilleux sur le mal qu’on lui fait mérite que ses fautes lui soient pardonnées.
La stricte justice ne s’appliquera pas à lui de la même manière qu’il a été capable d’outrepasser sa tendance naturelle ».

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-> Il est bon de garder à l’esprit que le fait de refréner nos réactions au moment d’une offense constitue une expiation de nos fautes plus grande encore que celle de Yom Kippour.
[Chla Hakadoch – Chaar haOtiyot – 200]

Un homme malhonnête en affaires commet 5 fautes :
1°/ il souille la terre ;
2°/ cause le départ de la Présence Divine ;
3°/ profane le nom de D. ;
4°/ amène l’épée dans le monde ;
5°/ se rend responsable de la prolongation de l’exil.

[Méam Loez – Yitro 20,13]

Celui qui mérite d’éviter toute sa vie de faire honte à autrui, Hachem le délivrera de tout malheur, et il engendra des enfants droits.
C’est ce qui est arrivé à Tamar : par le mérite d’avoir pris le risque d’être livrée au feu pour ne pas faire honte à Yéhouda, elle a engendré des rois et des prophètes.
[Ménorat haMaor]

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-> Qu’est-ce qui est un meurtre qui ne se voit pas et dont le châtiment est très grand, dont la faute est légère et grave?

C’est la honte : celui qui fait honte à autrui en public ou le fait souffrir devant quelqu’un si bien qu’il a honte, c’est comme s’il le tuait. En effet, il accepterait [plutôt] la mort pour qu’on ne lui fasse pas honte.
[Séfer ‘Hassidim – 54]

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-> b’h, divré Torah – Vayéchev à ce sujet : https://todahm.com/2018/12/09/7722

Lorsqu’un juif escroque un non-juif, l’ange protecteur de ce dernier se rend chez Hachem et lui dit : « de même qu’Untel a démuni ce non-juif, de même je lui déroberai ses mitsvot! »

[Ben Ich ‘Haï]

=> Voler autrui, même un non-juif, est un acte grave, au point de pouvoir entraîner le retrait de nos mitsvot acquises!
[Voler autrui, c’est perdre en échange ce que nous avons de plus cher : notre spiritualité (qui sera notre seul argent valable dans le monde éternel à venir)!]

« Voilà que nous prions, dans nos prières et notamment celle de moussaf, pour la reconstruction du Temple, que nous espérons tous les jours. Mais nous ne réfléchissons pas à la raison essentielle de ce retard.

Or, si l’amère faute de la haine gratuite eut le pouvoir d’en causer la destruction, en dépit de la Torah et des actes bienfaisants, à plus forte raison a-t-elle le pouvoir d’en empêcher la reconstruction à notre époque, si nous ne faisons pas l’effort intense de nous en écarter, de nous défaire de cette haine qu’abrite notre cœur. »

[‘Hafets ‘Haïm – Ahavaat Israël]