Lorsque Hachem a de la miséricorde pour quelqu’un, Il lui envoie un cadeau.
Quel est ce cadeau?

Il lui envoie sur son chemin un pauvre ou une personne dans le besoin, au sujet duquel il pourra éprouver de la compassion afin de l’aider.
A ce même moment, il devient lui-même méritant de la compassion d’Hachem, et Hachem l’aide.
De cette façon, il mérite d’être sauvé même s’il ne le mérite pas.
[Zohar – Béréchit 104a]

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-> « Heureux celui qui s’intéresse au pauvre. Au jour de la calamité, Hachem le sauvera. » (Téhilim 41,2)

[même si tout ne va pas dans notre vie, et que malgré tout nous éprouvons de la compassion pour autrui, alors grâce à cela Hachem va très certainement nous aider!
Il est important d’avoir conscience que de nos jours, il y a une très importante pauvreté psychique : besoin d’être valorisé, d’être écouté, … Nous devons être à l’écoute, se mettre à la place d’autrui pour répondre au mieux à ses besoins.]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne que la bonté que nous faisons pour autrui (par de l’écoute, des encouragements, de l’argent, …) va prendre la place de soucis qui auraient dû nous arriver dans notre vie, et cela permet également que nos prières soient plus facilement acceptées.

-> « Le nom de l’homme que j’ai aidé est Boaz » (Ruth 2,19)
Pourquoi Ruth affirme avoir aidée Boaz, alors qu’en réalité c’est c’est l’inverse?

Rabbi Yéhochoua (midrach Rabba Ruth 5,9) enseigne : « La bonté que les nécessiteux font pour leur bienfaiteur est plus importante que ce que le bienfaiteur fait pour le nécessiteux. »

[non seulement un pauvre va nous permettre d’obtenir un bien éternel grâce à un petit bien matériel, mais également il va nous dispenser de souffrances, de difficultés qui auraient du nous arriver!]

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-> « Hachem ne nous doit absolument rien, mais si nous donnons à autrui ce que nous ne leur devons pas, alors Hachem va nous donner ce qu’Il ne nous doit pas.

Tout celui qui témoigne de la miséricorde aux créations de Hachem, va bénéficier de la miséricorde d’en-Haut.
Hachem agit envers chacun, mesure pour mesure. »
[rav Shlomo Zalman Auerbach]

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-> « Tout celui qui fait régulièrement du ‘hessed (de la bonté) méritera des enfants qui sont sages, riches, et versés dans la Aggada »
[guémara Baba Batra 9b]

Le ‘Hafets ‘Haïm (Ahavat ‘Hessed – vol.2,chap.5) commente : « J’ai été personnellement témoin de nombreuses personnes qui ont essayé cette ségoula, et ça a marché pour eux ».

« Tout homme qui se met en colère, n’a plus de respect pour quiconque, pas même pour la Présence Divine …

Il oublie même son étude de Torah et il devient plus stupide …

Il est certain que les torts d’un coléreux sont plus nombreux que ses mérites. »

[guémara Nédarim 22a-22b]

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+ La Présence Divine :

-> Lorsque la colère d’un racha s’élève, rien ne peut le retenir d’épancher sa rage, car il se dit que même Hachem n’en tirera pas vengeance.
La vision du monde ce coléreux se résume à : Il n’est point de D., c’est-à-dire qu’il n’y a pas de Justice et il n’y a pas de Juge.

-> Dans la guémara (Sota 4b), selon rabbi Chimon bar Yo’haï : Tout homme arrogant est comparable a un idolâtre.
En effet, dans sa colère, il manifeste son orgueil : il s’écarte de la vérité donc d’Hachem et a une vision erronée de la situation.
Bien que le roi David perçut la Présence d’Hachem en permanence, selon le verset : « J’ai fixé Hachem constamment devant moi » (Téhilim 16,8), le coléreux, au contraire, s’en détourne et ne Lui porte aucune considération.
[Maharcha]

-> Dans son arrogance et son orgueil, sources de sa colère, le coléreux ne cherchera pas Hachem et il ne Lui adressa aucune prière, comme s’il délaissait la Présence Divine.
[Radak – dans Téhilim 10,4]

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+ L’étude de la Torah :

-> La guémara (Méguila 6b) enseigne qu’il faut implorer l’aide d’Hachem pour ne pas oublier son étude de la Torah.
Or, du fait que la Présence Divine est repoussée devant le coléreux, ce dernier perd ainsi l’aide précieuse du Ciel pour se remémorer son étude, même s’il continue à faire des efforts dans l’étude.
[Nidré Zérizim]

-> La qualité de véritables talmidé hakhamim (disciples des sages) est de se calmer promptement à la suite d’une colère passagère envers leur compagnon d’étude et de ne pas en tenir rigueur (maavir al midotav).
Par contre, un homme stupide persiste dans sa colère (elle repose dans son sein).
Cette rancune l’isole de ses compagnons d’étude et il finira par étudier seul … et rabbi Yossi (guémara Makot 10a) enseigne : « Que l’épée soit sur le cou des érudits de la Torah qui étudient en solitaires et qui s’abêtissent ».
L’isolement dans l’étude empêche d’atteindre la vérité, par manque de discussion, et augmente la stupidité.
[Maharcha]

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+ Le déficit de mérites :

-> Les mérites d’un homme sont le fruit de son bon penchant (yétser hatov), mais la colère est le fruit de son mauvais penchant (yétser ara).
Si les mérites de cet homme l’emportaient sur ses fautes, il n’aurait pas ces nombreux accès de colère.
S’il est coléreux, c’est donc une preuve que dans son bilan, ses fautes l’emportent sur ses mérites.
[Lichmoa béLimoudim]

« Il n’a pas observé d’iniquité en Yaakov … Hachem son D. est avec lui et l’amitié du Roi est en lui » (Balak 23,1)

-> Selon Rachi, lorsque Israël faute, D. s’abstient d’observer de trop près ses péchés.

-> Rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev fait remarquer : Si Hachem, à qui tout est révélé et connu, ne regarde pas les fautes des juifs, combien à plus forte raison il nous est interdit de se focaliser sur les fautes d’un autre juif.
Nous devons également atteindre cette attitude élevée de : « Il n’a pas observé d’iniquité en Yaakov ».

-> Le Ibn Ezra dit que les 2 parties du verset sont liées : tant qu’il n’y a pas de faute chez Yaakov, D. lui voue son amitié. En revanche si Israël faute, D. lui retire a bonté.
C’est pourquoi Bil’am a compris que la meilleure façon de nuire aux juifs n’est pas de les maudire, mais de les inciter à pécher.

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-> Selon nos Sages, un bon ange est créé pour chaque mitsva réalisée, tandis qu’un mauvais ange est créé pour chaque faut que nous accomplissons (que D. nous en préserve).

Rabbi Zoussia d’Anipoli d’ajouter : « Les juifs sont saints, car j’ai pu voir les anges créés par leurs bonnes actions, et ceux créés par leurs fautes.
Les anges créés par leurs fautes sont imparfaits, faibles, pleins de défauts, car un juif ne faute pas de tout son cœur, puisqu’en fautant il est rempli de honte et de remords. »

« Annoncez au tsadik qu’il est bon et qu’il profitera du fruit de ses œuvres » (Yéchayahou 3,10)
Y a-t-il un « bon » tsadik et un « mauvais » tsadik? (Tout tsadik est bon!)

En fait, celui qui est bon envers le Ciel et envers les gens est désigné un tsadik « bon », mais celui qui est bon envers le Ciel et mauvais envers les gens est un tsadik qui n’est pas « bon ».

[guémara Kidouchin 40a]

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-> Le Ben Ich ‘Haï commente :
L’expression : bonne avec les créatures (tov labéri’ot) est réservée au tsadik « bon » qui s’efforce de trouver des mérites chez son prochain et cela est apprécié par Hachem.
[…]

Celui qui est mauvais avec les créatures (ra labéri’ot) ne signifie pas qu’il fait du mal à autrui en les endommageant ou en les volant par exemple, mais signifie qu’il porte souvent des accusations contre les gens au lieu de mettre en valeur leurs mérites.
Ce comportement, même pour des raisons afin de glorifier le Ciel (léchem chamayim), n’est pas apprécié par Hachem.

Quiconque se consacre uniquement à la Torah, sans pratiquer des actions de bonté (guémilout ‘hassadim), est semblable à un homme sans D.

[rav Houna – guémara Avoda Zara 17b]

« Quiconque ferme ses yeux (pour ne pas distribuer la « tsédaka ») est considéré comme un idolâtre …

Quiconque reçoit de la « tsédaka » alors qu’il n’est pas nécessiteux ne quittera pas ce monde sans devenir indigent. »

[guémara Kétouvot 67b-68a]

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=> Pourquoi ceux qui refusent de donner la tsédaka sont-ils considérés comme des idolâtres?

-> Pour ancrer dans nos esprits et dans nos cœurs que toute notre richesse matérielle provient exclusivement d’Hachem, donc ne nous appartient pas et doit être considérée comme un dépôt entre nos mains, Hachem nous demande de distribuer une partie de ce dépôt en tsédaka.

Ceux qui ferment leurs mains aux nécessiteux, c’est comme s’ils renient l’intervention d’Hachem et Sa Providence et attribuent leur succès sur le plan matériel à leurs efforts et à leur compétence uniquement, ce qui est une forme d’hérésie et d’idolâtrie.
[Torat ‘Haïm]

-> Celui qui distribue généreusement sa tsédaka est assuré qu’Hachem l’aidera et que cette tsédaka donnée ne l’appauvrira pas.
Par contre, celui qui ferme sa main aux indigents, et croit ainsi accumuler plus de richesses, se place ainsi lui-même en état d’idolâtrie.
[Ein Eliyahou]

-> En général, c’est l’orgueil qui anime celui qui refuse d’aider les nécessiteux : il se dira par exemple que ce n’est pas son honneur de prêter attention aux pauvres et défavorisés.
Or, le guémara affirme que quiconque s’enorgueillit est considéré comme s’il sert des dieux étrangers, donc est idolâtre.
[Yichma’h Moché]

-> « Sois intelligent pour savoir que Je suis Hachem qui pratique la bonté, le droit et la « tsédaka » sur la Terre » (Yirmiyahou 9,23).
Selon le Radak, de ce verset nous apprenons que « connaître » Hachem consiste à distribuer la tsédaka en « imitant » le comportement d’Hachem qui distribue en permanence Sa bonté et Sa tsédaka sur Terre.

Ainsi, la tsédaka, qu’un homme distribue aux nécessiteux, l’aide à mieux connaître Hachem.
Inversement, ne pas aider les nécessiteux équivaut à nier la tsédaka qu’Hachem exerce dans ce monde, et c’est donc une forme d’idolâtrie.
[Yalkout haGuirchoni]

« Toute influence positive sur autrui et tout mérite donné à autrui a plus de valeur aux yeux d’Hachem que toute action personnelle, si difficile à réaliser et si noble soit-elle. »

[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 94)]

Il est recommandé de fuir les honneurs (kavod), autant que possible, qu’il soit réel ou apparent.
Par contre, chacun doit s’efforcer de porter de l’honneur à autrui en toutes circonstances et sous toutes les formes possibles, fut-ce un honneur apparent.
Si Hachem a doté l’être humain de ce désir d’honneur, même imaginaire, c’est en réalité pour faciliter le devoir de tout homme d’honorer autrui comme on désirerait être honoré soi-même, et non pas pour rechercher un honneur personnel, ce qui est interdit.

[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 82)]

Les 2 termes : ‘hasser (le manque – חסר) et ‘hessed (bonté – חסד) ne se différencient dans leur écriture hébraïque que par les lettres finales : réch (ר) et dalét (ד) qui ont pratiquement la même forme dans l’écriture hébraïque, le réch étant « arrondi » et le dalet non « arrondi ».

Il y a ici une allusion au fait que la véritable bonté (‘hessed) commence par évaluer et ressentir le manque (‘hasser) d’autrui (en essayant de se mettre à sa place autant que possible), afin de combler au mieux ce manque.

[rav Lumbroso]

« Plus un homme est donneur, plus il est à l’image de son Créateur, et plus il est important (‘hachouv).« 

[Ben Ich ‘Haï – guémara Kétouvot 5a]