Mourir et être enterré en terre d’Israël

+ Mourir et être enterré en terre d’Israël :

Selon le Méam Loez (Vayé’hi 47,31), on peut citer les avantages suivants :

1°/ Quand une personne meurt, l’âme quitte le corps. Si cela survient en Terre sainte, elle monte directement aux cieux.
En effet, le lieu où résident les âmes se trouve sous le trône de gloire de Hachem (kissé hakavod), et ce trône est à proximité [spirituelle] directe de la Terre sainte.
Le Temple céleste est également situé exactement au-dessus du Temple de Jérusalem, et c’est par son intermédiaire que les âmes entrent en ce monde et y vivent.

Lors des 12 mois qui suivent la mort d’un individu, l’âme descend dans sa tombe chaque Shabbath et à Roch ‘Hodech, pour rendre visite au corps auquel elle était associée.
Si le corps est enterré en Terre sainte, l’âme peut descendre et monter directement sans aucun délai.

Lorsqu’un homme décède hors de la Terre sainte, l’âme éprouve d’immenses difficultés pour s’élever vers les cieux. Elle doit franchir de nombreux obstacles, tels que les Pouvoirs dénonciateurs (Mékatriguim) associés au mal de « l’Autre côté » (Sitra A’hra).
L’âme se trouve alors dans la situation d’un homme devant affronter soudainement des dizaines de milliers de guerriers. Elle doit subir de nombreuses souffrances jusqu’à ce qu’elle les franchisse tous.
[…]

Lorsqu’un individu meurt en Israël, son âme va immédiatement vers le caveau de Ma’hpéla, et de là elle se dirige vers l’endroit qui lui est destiné. [Zohar – ‘Hayé Sarah]

L’enterrement en Terre d’Israël équivaut à être inhumé près du grand autel (mizbéa’h) [du Temple], et également sous le trône de gloire. [Zohar – Térouma]

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2°/ Quand un homme décède en-dehors de la Terre sainte, sa mort est prise en charge par l’ange de la destruction : Samael, connu aussi sous le nom d’ange de la mort.

Par contre, quand une personne meurt en Terre sainte, c’est l’ange de miséricorde : Gavriel, qui l’accueille.
Seules Moché, Aharon et Myriam firent exception. Ils moururent en-dehors de la Terre sainte, mais ne furent pas confiés à Samel. [Zohar – Térouma]

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3°/ Si un individu décède en Israël et est enterré le jour-même, avant le crépuscule, aucune force impure n’a de pouvoir sur lui.

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4°/ Les souffrances de la tombe (‘Hibout haKévère) sont pires que la mort elle-même.
En mourant hors d’Israël, il n’existe aucune voie pour échapper à ce sort.
Par contre, en Terre sainte, si un homme est enterré le vendredi après la 4e heure du jour, il évite cette terrible angoisse.
[cela concerne uniquement celui qui meurt à une heure avancée de la journée du vendredi, et non pas celui qui retarde son enterrement spécialement pour l’être à ce moment]

En effet, la sainteté de la terre d’Israël jointe à celle du Shabbath le protège.

Quand un homme vient à mourir dans ces conditions, c’est le signe qu’il ne mérite pas un tel châtiment. La Providence Divine fait en sorte qu’il décède le jour qui précède le Shabbath.
A l’évidence, s’il a été un racha, ces 2 éléments de sainteté ne le protégeront pas des souffrances de la tombe.

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5°/ La chair d’un individu, enterré hors de la Terre sainte, se décompose et s’emplit de vers.

Nos Sages disent : « Un ver dans la chair d’un mort est pareil à une aiguille dans le corps d’un vivant » (guémara Béra’hot 18b ; Shabbath 13b,152a).
[Le Emounot véDéot dit qu’il s’agit d’une angoisse plutôt psychologique que physique, qui réside dans la douleur mentale ressentie à la vue de ses restes décomposés.]

Puisque le sol de la Terre sainte est semblable à de la chaux, la chair du défunt ne devient pas véreuse.

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6°/ En-dehors de la Terre sainte, un individu meurt 2 fois.
En effet, à l’heure de la résurrection (té’hiyat hamétim), l’âme ne peut rejoindre le corps à moins qu’il ne soit en Terre d’Israël.

Au moment de la résurrection, Hachem en personne, ouvrira les sépultures, aucun ange n’en aura la charge.
Cela ne signifie pas que les gens enterrés ailleurs ne ressusciteront pas.

[Voici le processus de la résurrection : ]
Un petit os [situé à la base du cou], connu sous le nom de Louz ne se décompose pas dans la terre.
C’est à partir de cet os que sera reconstitué le corps des défunts.
L’âme, cependant, ne rejoindra directement le corps que s’il est enterré en Israël.

Dès que le corps seront reconstitués, D. créera des passages souterrains menant tous vers la Terre sainte, ils permettront le transfert de tous les corps.
Tant que ces derniers n’auront pas atteint la Terre d’Israël, ils demeureront sans âme.
Mais dès qu’ils se trouveront en Israël, les âmes les rejoindront. Les corps reprendront alors vie.
C’est là ce que sous-entend le verset : « D. donne une âme au peuple [du pays d’Israël] » (Yéchayahou 42,5).

Selon une autre opinion, l’ange Gavriel transportera les os des mort en Terre d’Israël, et là ils ressusciteront. [Zohar ‘Hayé Sarah]

De plus, la résurrection des juifs enterrés en Terre sainte interviendra avant celle de ceux inhumés dans des pays étrangers. En effet, ces derniers devront être transportés en Israël, de sorte que leur résurrection surviendra avec retard …

Une tradition affirme que les morts enterrés en Israël ressusciteront 40 ans avant ceux inhumés dans d’autres pays.
[…]

La raison pour laquelle les juifs enterrés en Terre sainte ressusciteront avant les autres repose sur le fait qu’ils ont enduré plus de souffrances durant leur vie. Ils y ont subi plus d’épreuves, sans jamais renoncer à vivre en Terre sainte.
Leur vie fut si amère, qu’ils étaient considérés comme des morts. Puisqu’ils ont accepté d’être semblables à des morts de leur vivant, ils ont droit à une période de vie supplémentaire avant la résurrection.
Leurs souffrances et leur volonté de rester en Terre sainte sont considérées comme plus importantes que l’observance de toutes les mitsvot ensembles.

=> Ainsi en résumé, quiconque est enterré en Israël bénéficie de 2 avantages concernant la résurrection : d’une part, il ressuscite avant ceux qui sont enterrés ailleurs, d’autre part, il évite l’épreuve du transfert des voies souterraines, qui provoque une terrible angoisse.
[…]

Nos Sages affirment que tous ces avantages ne concernant que ceux qui vivent en Terre sainte pour un temps et sont dignes d’y mourir. Par contre, celui qui vient à mourir ailleurs et est enterré ensuite en Israël, ne peut bénéficier de ces avantages.

Il n’est pas bon de venir enterrer un défunt en Terre d’Israël.
Concernant ceux qui agissent de la sorte, il est écrit : « Vous veniez et souilliez Ma terre » (Yirmiyahou 2,7).
Hachem se plaignait des gens qui ne venaient qu’après leur mort, un cadavre souille tout autant qu’il est impur.

=> On peut objecter que Yaakov mourut en Egypte et fut ensuite inhumé à ‘Hevron. Pour quelle raison l’exigea-t-il de ses fils?

Tout dépend des motivations de chacun.
Nombre d’hommes passent leur vie à étudier la Torah et à multiplier les bonnes actions, aidant ceux qui ne peuvent étudier la Torah à trouver le temps pour s’y consacrer.
Ces hommes ne cessent d’observer les mitsvot et prennent garde à ne pas commettre de péchés.
De tels hommes sont pareils à des saints, et même s’ils meurent ailleurs qu’en Terre sainte, ils méritent d’y être enterrés.
Le verset : « Vous venez et souillez Ma terre » ne les concerne évidemment pas.

Par contre, il existe des juifs qui ne ressentent aucun lien avec le judaïsme et n’ont jamais cru au monde futur.
Leurs pensées sont tournées toutes entières vers les plaisirs de ce monde. Même très riches, ils ne songent nullement aux pauvres. Ils sont avares et sans cœur, alors qu’ils savent qu’après la mort toutes leurs richesses seront partagées par des mains étrangères.
Souvent, de tels hommes attendent jusqu’au dernier instant avant le décès pour annoncer qu’ils lèguent une partie de leurs biens à une oeuvre charitable, uniquement pour le bénéfice de leur âme. Ils agissent ainsi, alors qu’ils n’ont jamais rien donné durant leur vie.
Le verset : « Vous venez et souillez Ma terre » s’applique à ce type d’individus.
=> Lorsqu’ils sont emmenés en Terre sainte, non seulement ils n’en tirent aucun bénéfice, mais ils risquent un châtiment particulier, puisqu’ils souillent la terre. [Zohar – Vayé’hi]

« La Présence Divine ne réside pas sur une autre terre que celle d’Israël »

[Rachi – guémara Moéd katan 25a – שאין שכינה שורה בחוץ לארץ]

« Quiconque désire devenir juif au plein sens du terme, c’est-à-dire progresser en échelons, ne pourra le faire que grâce à la terre d’Israël »

[rabbi Na’hman de Breslev – Likouté Moharan (début du 20e chapitre)]

« [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple » (Haazinou 32,43)

Ci-dessous, une partie du commentaire du Méam Loez sur ce verset :

-> Dans le midrach, nos Sages enseignent : Rabbi Méïr disait : « La terre d’Israël fait expiation pour quiconque y habite comme il est écrit : « Le peuple qui y habite voit sa faute levée » (Yéchayahou 33) … »
Le verset : « [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple » vient nous préciser que c’est D., Lui-même, qui pardonne les fautes des juifs habitant en terre sainte.

-> Rabbi Méïr disait : Quiconque habite en terre d’Israël, lit le Shéma matin et soir et parle hébreu a une place au monde futur », car la reconnaissance de l’unité de D. se réalise principalement en terre d’Israël.

Nos Sages ajoutent : « Quiconque est enterré en terre d’Israël est comme enterré sous l’autel … »
Adam a été formé à partir de la terre prise à l’endroit de l’autel car c’est là qu’il obtiendra l’expiation pour ses fautes.

Lorsque nos Sages disent : « Quiconque est enterré en terre d’Israël est comme enterré sous l’autel », il s’agit du cas où un homme est mort avant d’avoir eu le temps de se repentir. Dans ce cas, la terre fait expiation pour lui comme s’il était enterré sous l’autel et comme si tous les sacrifices offerts venaient expier ses fautes.

-> Nos Sages disent : « Quiconque parcourt 4 coudées en terre d’Israël, toutes ses fautes lui seront pardonnées » …

-> Rabbi Yéhouda dit : « Heureux le sort de l’home qui a mérité de s’installer en terre sainte de son vivant! Quiconque a mérité de s’attacher à la terre d’Israël ici-bas méritera de s’attacher la terre d’Israël d’En-Haut après sa mort. »

De quiconque n’a pas eu ce mérite mais a été amené en terre sainte après sa mort pour y être enterré … l’âme de l’homme mort en diaspora le quitte dans le domaine des non-juifs alors que son corps entre dans le domaine de la terre d’Israël. C’est comme s’il profanait les choses saintes et sanctifiait les choses profanes.

-> « Quiconque a mérité que son âme le quitte en terre d’Israël, ses fautes lui sont pardonnées et il mérite de s’attacher à la Présence Divine, comme il est écrit : « [Il] fera expiation sur Sa terre et sur Son peuple »
Si de plus, il a acquis des mérites pendant sa vie, l’esprit saint reposera sur lui. »

-> Le Sifri rapporte que si un juif est assassiné par un non-juif, cela expie ses fautes au monde futur.

Chaque chose a une intériorité et une extériorité : une vérité intérieure profonde et une apparence extérieure.

Le monde aussi possède ces 2 caractéristiques.
La terre d’Israël est l’intériorité et l’essence du monde, alors que les autres pays en sont l’extériorité et l’apparence.

[rabbi Pin’has Shapiro de Korets – Imré Pin’has (Inyanim Chonim)]

« Hachem, nous a donné une terre sacrée, dont la sainteté est proche de celle du Gan Eden. »

[le Chla haKadoch – Chaar haOtiyot – entrée Kédoucha]

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+ « Vous conquerrez ainsi le pays et vous vous y établirez, car c’est à vous que Je le donne à titre de possession. » (Massé 33,53)

-> Le Ramban écrit : « Vous conquerrez ainsi le pays et vous vous y établirez » = d’après moi, ces mots constituent un commandement à accomplir.
[La Torah] leur ordonne ici de s’installer dans le pays qu’ils auront conquis, car Il le leur a donné, et ils ne devront pas dédaigner l’héritage de D.

-> Le Séfer ‘Harédim enseigne : « A chaque instant passé sur la terre d’Israël, on accomplit la mitsva d’y résider.

D’après le Ramban, cela constitue l’une des 613 mitsvot de la Torah.
Or, nous savons que la récompense des mitsvot provient essentiellement de la joie avec laquelle nous les accomplissons, comme il est écrit : « Parce que tu n’auras pas servi Hachem ton D. avec joie » (Dévarim 28).
Dès lors, celui qui habite dans le pays d’Israël doit avoir continuellement ce sentiment [de joie], par amour pour cette mitsva qu’il accomplit à chaque moment.

Par ailleurs, il doit ressentir de la crainte et de l’appréhension, comme l’enseigne Rabbi Chimon bar Yo’haï : « Toute mitsva qui n’est pas réalisée avec amour et avec crainte n’est pas une mitsva ». »

« Quand nous voyons un juif arriver à la synagogue une fois l’an à Yom Kippour, nous le considérons avec clémence.
A plus forte raison, devons-nous porter ce regard sur ces juifs vivant toute l’année, non dans une synagogue, mais à l’intérieur d’une arche sainte [qu’est la terre d’Israël]. »

[le Saba de Slabodka – rapporté dans le Tnouat haMoussar (tome 3 p.93)]