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La Chékhina réside avec les juifs dans toutes les situations

"Car Je suis Hachem, celui qui réside parmi les Bné Israël." (Massé 35,34)

-> Rachi écrit : "vous ne devez pas me faire résider au milieu de son impureté. "Car je suis Hachem qui réside parmi les Bné Israël" : Même lorsqu'ils sont impurs, la Chékhina réside parmi eux."

-> Les kabalistes expliquent que le terme "Chékhina" vient du mot "chakhen" (résider).
Hachem fait résider Sa présence dans ce monde en contractant (tsimtsoum) Sa Lumière brillante et infinie, afin que nous, qui ne sommes que chair et sang, puissions accueillir Sa Lumière dans ce monde.

Cela ressort clairement de nombreux versets ; par exemple, il est écrit : "Je résiderai parmi eux" (vécha'hanti béto'ham - Térouma 25,8), et "Je résiderai parmi les Bné Israël et
je serai leur D." (vécha'hanti béto'h Bné Israël, véayiti laém l'Elokim - Tétsavé 29,45), ainsi que : "Vous ne souillerez pas le pays où vous habitez, dans lequel Je réside, car Je suis Hachem qui réside parmi les Bné Israël" (ki ani Hachem chokhen béto'h Bné Israël - Massé 35,34).

-> Le Baal HaTanya (Iguéret HaKodech 23) écrit que la Chékhina, qui vient des hauteurs et dont la crainte "les cieux et les cieux des cieux ne peuvent contenir", réside et se manifeste parmi les Bné Israël, comme il est écrit : "Car moi, Hashem, je réside parmi les Bné Israël".

Et Baal HaTanya ajoute : "comme je l’ai entendu de mes rabanim, si un ange se tenait en présence d’un rassemblement de dix juifs, même s’ils ne discutent pas de Torah, néanmoins, puisque la Chékhina repose sur tout rassemblement de dix juifs, cet ange serait saisi d’une terreur et d’une crainte sans limites en raison de la Chékhina qui réside parmi eux, jusqu’à ce qu’il en soit totalement anéanti. "

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+ La Chékhina réside parmi l’individu et la collectivité :

-> Cet aspect de la présence d'Hachem qui fait résider Sa Chékhina dans ce monde s’applique tant à l’individu qu’à la collectivité : pour la collectivité, il s’agit de la Lumière d'Hachem qu’Il a contractée et fait descendre d'en-Haut, afin de donner la vie et de soutenir le monde entier.
Et pour l’individu, c’est ce qu'Hachem a insufflé de Lui-même, pour ainsi dire, dans les néchamot (âmes) d'Israël qui se trouvent dans le corps de la personne, comme il est écrit : "Hachem forma l’homme de la poussière de la terre, et insuffla dans ses narines un souffle de vie ; et l’homme devint une âme vivante (nichmat 'haïm)" (Béréchit 2,7).
Par conséquent, en chaque juif repose une partie d'Hashem, qui est la néchama.
Et toutes les néchamot d’Israël réunies sont appelées "Chékhina", qui est la Lumière qu'Hashem a fait resplendir pour faire résider Sa Chékhina en Israël.

Lorsque les néchamot d’ici-bas s’unissent à Hachem en étudiant la Torah et en accomplissant les mitsvot, Hachem s’unit à son tour à ces néchamot pour les combler de bonté.
Et tel est le véritable yi'houd d'Hachem et Sa Chékhina (koudcha béri'h ou ouchékhinaté), lorsque Hachem s’unit à la Chékhina qui est la racine des néchamot d’Israël.

C’est par cette introduction que le Baal HaTanya (Likouté Amarim 41) explique :
"Nos Sages (Béra'hot 49b) disent : "une personne ne doit jamais se séparer de la communauté" (léolam al yotsé adam atsmo min aklal) ; par conséquent, une personne doit avoir à l’esprit de s’unir avec Hachem et de s’attacher à Lui.
Hachem est la source de son âme divine et la source des âmes de tout Israël, et cette source est le souffle de vie, que l’on appelle "Chékhina" car elle réside (chokhénet) et se revêt de tous les mondes, les animant et les soutenant.
C’est la Chékhina qui lui confère le pouvoir de la parole pour prononcer des divré Torah ou accomplir des mitsvot, et cette union de la néchama avec Hachem est atteinte lorsque la Lumière du Ein Sof est attirée vers le bas par l’étude de la Torah et les mitsvot, dans lesquelles la Lumière du Ein Sof se revêt.

On doit avoir à l’esprit d’attirer la Lumière bénie de Hachem sur la source de sa neshamah, ainsi que sur les néchamot de tout Israël, afin de les unir à Lui.
Tel est donc le sens des mots : "Pour l’union d'Hachem avec Sa Chékhina ... au nom de tout Israël" (léchem yi'houd koudcha béri'h ou ouchékhinété ... béchem kol Israël)."

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+ Hachem réside au sein du peuple juif, à condition qu’il ne soit pas orgueilleux :

-> Les séfarim posent une condition fondamentale pour que la Shekhina réside en nous, comme l’écrit le Imré Yossef (Béhar) : il existe de nombreuses façons de servir Hachem, mais le point de départ essentiel, sans lequel une personne ne peut entamer son avoda, est la véritable humilité, reconnaître sincèrement à quel point on est insignifiant. Si une personne est orgueilleuse, elle est sous l’emprise de son yétser ara et ne peut même pas commencer à servir Hachem.

-> De même, le rav Shmelke de Nikolsburg (Ora'h lé'Haïm - Tsav) enseigne que quiconque souhaite de l’aide pour vaincre le yétser ara, qu’il tire enseignement des paroles de nos Sages (Kidouchin 30b) : "Le yétser ara de l’homme prend le dessus sur lui chaque jour et cherche cherche à le tuer, et sans l’aide d'Hachem, il ne pourrait pas le vaincre."
Nous voyons ici qu’il est impossible de vaincre le puissant yétser ara sans l’aide d'Hachem.
Mais nos Sages (Sotah 5a) nous disent à propos d’une personne orgueilleuse : "Hachem a dit : “Lui et moi, nous ne pouvons cohabiter dans le monde"."
Si tel est le cas, une personne orgueilleuse qui n’est pas avec Hachem et qui, par conséquent, ne peut être aidée par Hachem, est certainement dominée par le yétser ara.

Et bien que le verset dise : "Car Je suis Hachem qui réside au milieu des Bné Israël" et que Rachi commente : "Même lorsqu’ils sont impurs, la Chékhina est parmi eux", cela vaut également à condition qu’ils ne soient pas orgueilleux, car l'orgueil repousse la Chékhina.

-> Le Imré Yossef poursuit : Les talmidim du Baal Shem Tov demandèrent à ce dernier qui ils devaient choisir comme Rabbi après sa mort. Il leur répondit qu’ils devaient demander conseil à la personne qu’ils souhaitaient comme pour Rabbi afin de se prémunir contre l’orgueil. S’il leur donnait des conseils, c’était le signe qu’il n’était pas leur Rabbi.
Ce n’est que s’il leur dit qu’il n’y a pas d’autre moyen que de prier en demandant miséricorde à Hachem pour être préservés de ce trait de caractère qu’ils sauront qu’il est un véritable tsadik et digne d’être leur Rabbi.

La seule façon d’être sauvé de l'orgueil est de prier Hachem, et c’est ainsi que le roi David a prié : "Ne laisse pas l'orgueil s’emparer de moi" (Téhilim 36,12), car il n’y a pas d’autre moyen de vaincre l'orgueil que de prier Hachem pour qu’Il fasse preuve de miséricorde.

[rabbi David Abou'hatséra ]

Les 42 déplacements de chaque juif au cours de sa vie

"Voici les déplacements des Bné Israël lorsqu’ils quittèrent l’Égypte ... selon l’ordre d'Hachem" (Massé 33,1-2)

-> Le Baal Shem Tov disait que les 42 déplacements des Bné Israël (les lieux où ils ont campé dans le désert), de l’Égypte à la Terre Promise, se rejouent dans la vie de chaque juif, que son âme parcourt jusqu’à son retour dans le Monde Supérieur.
Et tout au long de ces périples, une personne doit se souvenir que "al pi Hachem ya'hanou" (sur l'ordre d'Hachem ils partaient) et "al pi Hachem yissé'ou" (sur l'ordre d'Hachem ils s'arrêtaient) (Béaaloté'ha 9,18), tout est ordonné par Hachem et tout s’accomplit sous la Hachga'ha pratit Providence Divine).

[quoiqu'il puisse nous arriver dans la vie, on doit être serein car dans les moindres détails c'est "al pi Hachem" (selon le désir d'Hachem), et donc forcément pour notre bien ultime.
Chaque juif a un trajet dans le chemin de sa vie, qui est personnalisé par papa Hachem, selon ce qui est nécessaire pour réussir au mieux sa mission dans ce monde. ]

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+ Les déplacements ont pour but d’élever les étincelles de sainteté (kédoucha) en ces lieux :

-> Le monde matériel regorge d’étincelles sacrées (nitsotsot) en chaque lieu, et le Baal Shem Tov enseignait à ses talmidim que leur avoda consistait à élever la sainteté présente partout où ils se trouvaient.
Tout ce qui a été créé dans ce monde l’a été pour honorer Hachem, et c’est pourquoi même les activités matérielles doivent être accomplies afin d’accroître l’honneur d'Hachem, d’élever les étincelles sacrées vers leur source d’en-Haut, ce qui est le but de tout notre service divin (avoda), que tout soit fait léchem chamayim.

-> Le Méor Enayim (Matot) développe cette idée en expliquant que c’est la raison pour laquelle les gens doivent se déplacer d’un endroit à l’autre, car Hachem sait que les nitsotsot liés à leur néchama se trouvent à cet endroit.
Ces nitsotsot sont dissimulées dans la nourriture, la boisson ou une activité quelconque ; c’est pourquoi Hachem amène une personne à se rendre là-bas pour une raison ou une autre, mais la véritable raison pour laquelle Hachem a provoqué cela est qu’elle y mange et y boive, ou qu’elle s’y consacre à ses affaires, et qu’en accomplissant ces actions selon la Torah et léchem chamayim, elle élève ces nitsotsot.

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+ Élever les nitsotsot tout en s’occupant des affaires matérielles :

-> Même lorsqu'on est chez nous, les nitsotsot sacrées attendent qu'on les élève.
Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayéchev) dit que lorsqu’une personne mange et boit léchem chamayim, afin d’être en bonne santé pour servir Hachem, et que, même lorsqu’elle s’occupe d’autres affaires matérielles, son intention est léchem chamayim (pour agir en accord avec la volonté d'Hachem), elle élève les nitsotsot vers leur source dans les hauteurs.
En effet, toute chose matériel ne peut exister qu'en raison d'étincelles sacrées qui sont tombées de leur niveau élevé.
Lorsqu’une personne mange et boit avec la bonne intention, elle élève le désir matériel au rang de désir spirituel, et ce faisant, les nitsotsot sacrées sont rectifiées et renvoyées à leur place légitime là-Haut.

-> Tout au long de notre parcours dans la vie, une personne doit se rappeler dans quel but elle est ici, dans ce monde. Car le monde est plein de distractions qui détournent l’esprit de sa mission principale ici-bas, et nous devons donc nous mobiliser à tout moment, afin de ne pas relâcher notre avoda.
En nous rappelant notre raison d’être dans la vie, nous puisons la force d’intensifier notre avodat Hachem et de progresser dans la spiritualité.

En guerre armés de notre brit

"Choisissez parmi vous des hommes d’armée (anachim latsava - אֲנָשִׁים לַצָּבָא) ; ils marcheront contre Midian pour exercer sur lui la vindicte d’Hachem" (Matot 31,3)

-> Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Matot 31,1-6) enseigne :
Le Nom Divin אלהים (Elokim) nous indique que si une personne respecte correctement sa brit, alors le Nom אלהים l’aidera à se venger de ses ennemis, car le Nom אלהים contient les lettres מילה (mila - qui fait référence à la brit) et la lettre א, qui est la première lettre du mot אות (ot - signe).
Ainsi, le Nom d'Hachem (אלהים) représente le "signe de la brit".
Lorsqu’une personne préserve le "signe de la brit", elle rectifie le Nom d'Hachem (אלהים), et alors Hachem se vengera de ses ennemis.
[...]

Le mot צבא (tsava - légion, armée) qui désigne le peuple juif est similaire à Celui d’En Haut, car Hachem est appelé "Hachem tsévaot" (D.des légions - יְהוָה צְבָאוֹת - Shmouel I 11,11) ainsi que "Hachem tsévaot" (D. des légions - Yéchayahou 22,14).
Le mot צְבָאוֹת (légions) qui désigne Hachem peut se lire צבא אות (tsava ot - un signe dans Sa légion) (guémara 'Haguiga 16a).
De même, le mot צְבָאוֹת (légions) qui désigne le peuple juif peut signifier "un signe dans leur légion".

Cela signifie que : même le peuple juif qui part en guerre doit avoir un signe avec lui ; il doit préserver le signe de la brit. Sinon, il ne pourra pas vaincre ses ennemis, car préserver la brit est le combat principal auquel une personne est confrontée.
À ce sujet, le roi David dit : "Ceins ton épée sur ta cuisse, ô héros, ta majesté et ta splendeur" (Téhilim
45,4).
Ce verset aurait pu se contenter de dire : "ceins ton épée". Les mots "sur ta cuisse", bien qu’apparemment superflus, font référence à la brit qui se trouve près de la cuisse.
Le roi David dit : Souhaites-tu faire la guerre à l’ennemi? Ne crois pas pouvoir compter sur ton épée, ta lance, ton arc ou toute autre arme de ce genre, car celles-ci ne t’aideront pas. L’arme principale en laquelle tu peux avoir confiance est l’épée qui se trouve sur ton corps, la brit. Si tu la protèges comme il se doit, tu seras capable de vaincre l’ennemi sans avoir besoin d’autres armes. Sinon, il est inutile que tu mènes la guerre.

Cette arme, le brit, est ta véritable "majesté et splendeur". Si tu la protèges comme il se doit, alors, comme le dit le verset (ibid., v. 5) : "Par ta splendeur, triomphe et chevauche [sur tes ennemis] au nom de la vérité" (Téhilim 45,5).
[...]

Le roi Shlomo dit : "Chacun avec son épée à la cuisse, à cause de la terreur qui règne la nuit" (Shir HaShirim 3,8).
La seule épée du peuple juif est celle qui se trouve à la cuisse, c’est-à-dire le brit. C’est pourquoi Moché n’a choisi que ceux qui gardaient correctement le brit pour mener la guerre.

Chaque bonne action réalisée ici-bas suscite un mouvement correspondant [en-Haut] dans les Attributs suprêmes [divin], qu'il s'agisse de la Bonté ('hessed) ou de la Rigueur (din), car "Hachem est ton ombre" (Téhilim 121,6).
L'être humain est créé à l'image du Créateur. S’il accomplit "Tu ouvriras largement ta main vers lui" (Réé 15,8), la source au Ciel s’ouvrira pour se déverser vers le bas.
[Otzar Ha'Haïm, Yitro - p.120d ]

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-> "S’il y a parmi vous un pauvre ... vous lui ouvrirez largement la main" (Réé 15,7-8)

-> Le Mevasser Tsédek (Réé) écrit :
"J’ai entendu le Baal Shem Tov commenter le verset : "Quant à moi, puissé-je, grâce à ma droiture, contempler Ta face, et à mon réveil, je me rassasier de ta vue!" (Téhilim 17,15).
Lorsqu’une personne donne une pièce à un indigent, elle crée une Unification.
La pièce est la lettre youd et les cinq doigts du donateur sont la lettre hé. La main tendue du donateur est la lettre vav et les cinq doigts du pauvre sont la dernière lettre hé.
Par là, il provoque un élan de compassion, car [le Nom], dans son ordre correct, est compassion (miséricorde) absolue.

Cela s’applique lorsque le donateur initie l’acte de charité, avant que le pauvre ne tende la main. Alors les [lettres du] Nom (יהוה) sont en ordre, ce qui attire la compassion dans le monde. Mais lorsque le mendiant tend d’abord la main, alors le Nom n’est pas en ordre. C’est le sens de : "Quant à moi, puissé-je, grâce à ma droiture, contempler Ta face".

Lorsque j’initie l’acte de charité, alors je contemplerai Ta face. C’est-à-dire, lorsque je provoque une unification des quatre lettres du Nom dans l’ordre, ce qui est Ta face, la compassion.
Mais "et à mon réveil", c’est-à-dire lorsque le pauvre me réveille en tendant la main pour demander l’aumône, alors "je me rassasier de ta vue". Il ne s’agit alors que de la vision des quatre lettres, et non de la face.
Et c’est cela : "Tu ouvriras certainement ta main pour lui" (Réé 15,7-8) = c’est-à-dire que c’est toi qui dois ouvrir la main, alors le Nom sera dans le bon ordre."

Rachi explique, à propos du premier verset de Vayikra, qu’avant de confier à Moché les nombreuses mitsvot de ce séfer, Hachem l’a d’abord interpellé en lui exprimant Son amour et Sa reconnaissance. [le terme "vayikra" est une expression d’affection - Rachi Vayikra 1,1]
Cela nous enseigne que chaque fois que nous nous apprêtons à étudier la Torah ou à accomplir une mitsva, nous devons imaginer la joie que ces actes de sainteté procurent à Hachem.
Hachem s’adresse à chacun d’entre nous et nous dit à quel point Il chérit, Il affectionne nos bonnes actions. Tout ce que nous faisons Lui est très précieux.
Cette approche du service de Hachem nous apporte une joie incroyable et nous rapproche du Créateur.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likoutei Mohoran I,282 ]

L’échelle entre nous et le Ciel

Lorsque Yaakov arriva à Har HaBayit (lieu où sera construit le Temple), il s’endormit et fit un rêve extraordinaire au sujet d’une échelle allant de la Terre au Ciel. Puis, il se réveilla et dit : "Que cet endroit est redoutable!" (Vayétsé 28,17).
C’est là la révélation des grands tsadikim qui revêt une importance capitale pour nos vies. La plupart du temps, nous rêvassons, sans avoir conscience qu'Hachem est très proche de nous et que chaque petit geste que nous faisons dans la kedoucha (sainteté) a un effet inconcevable dans tous les mondes supérieurs.
C’est pourquoi Hachem nous envoie des tsadikim pour nous enseigner que, où que nous soyons dans le monde, il existe une échelle qui relie notre lieu aux Cieux les plus élevés ; ainsi, chaque bonne pensée que nous avons, chaque mot positif que nous prononçons et chaque mitsva que nous accomplissons créent d’immenses tikounim dans toute la Création.
Grâce à cela, nous nous réveillons et réalisons : "Que cet endroit est redoutable!".
Nos cœurs se remplissent d’émerveillement, de crainte et d’amour pour Hachem, et nous sommes capables de Le servir à un tout autre niveau.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Min'ha 7 ]

-> Rachi dit dans la paracha de 'Hayé Sarah qu’avant qu’Avraham Avinou ne révèle Hachem au monde, Hachem n’était que le Dieu du Ciel. Par la suite, Il est devenu le Dieu du Ciel et de la Terre.
En d’autres termes, la principale leçon qu’Avraham et les Patriarches nous enseignent est que nous ne devons pas penser que nous ne pouvons être proches d'Hachem que lorsque nous passons une bonne journée et que nous sommes capables de monter au Ciel, pour ainsi dire, et de Le servir.
Au contraire, Hachem est ici même avec nous, même si nous tombons dans les profondeurs les plus basses de la Terre.

Tel est notre but dans ce monde d'obscurité. C’est pourquoi Hachem nous a envoyés dans ce lieu difficile : pour renforcer notre émouna envers les Patriarches (Avot) et les tsadikim de tous les temps, qui nous révèlent que nous procurons à Hachem la plus grande satisfaction en nous fortifiant pour faire tout ce que nous pouvons dans le service d'Hachem depuis les profondeurs cachées du monde matériel.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran I,6 ]

Les juifs = char Divin sur terre

 "Ceux qui camperont à l'avant, à l'est, formeront l'étendard du camp de Yéhouda, selon leurs divisions ; et le chef des fils de Yéhouda est Nachshon, fils d'Aminadav" (Bamidbar 2,3)

-> [Dans le désert,] il y avait quatre camps, chacun représenté par sa propre bannière.
Le premier camp était dirigé par la tribu de Yéhouda (יְהוּדָה), le deuxième par Réouven (ראובן), le troisième par Éfraïm (אפרים) et le quatrième par Dan (דן). Les initiales de ces noms forment le mot אדיר (adir - puissant), qui fait allusion au verset "Tu es puissant dans les hauteurs, Hachem" (adir bamarom Hachem - Téhilim 93,4), et nous montre à quel point le peuple juif est estimé par Hachem ; Son amour pour lui est si grand qu’Il en a fait un char pour Sa présence sur terre, exactement comme Son char au Ciel.
Ainsi, le verset "Tu es puissant dans les hauteurs, Hachem" signifie que, tout comme Hachem est puissant dans les mondes supérieurs, de même, Il est puissant sur terre [en faisant reposer Sa présence sur le peuple juif, qui est également Son "char" ].

De plus, nous pourrions expliquer comme suit : c’est uniquement le peuple juif qu'Hachem a rendu puissant, et c’est uniquement à lui qu’Il a donné de Sa puissance, de Sa grandeur et de Sa gloire, comme le dit le verset : "Heureux es-tu, Israël, qui est comme toi" (Vézot haBéra'ha 33,29) ; "Qui est comme Ton peuple Israël" (Divré haYamim I 17,21) ; et "Tu as exalté cette nation, Tu as accru sa joie" (Yéchayahou 9,2).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Bamidbar 2,3]

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-> Le peuple juif dans son ensemble est appelé "le campement de la Chékhina".
De même, chaque juif individuellement est appelé "le campement de la Chékhina", comme le dit le Zohar (Vo.I,76a) à propos du verset : "Ton campement sera saint" (Ki Tétsé 23,15) : "Ton campement" (ma'hanékha) fait référence aux 248 membres d’une personne.
Le peuple juif, dans son ensemble et chaque individu, est la manifestation sur terre du char céleste de Hachem.
Si un juif devient contaminé (impur par ses fautes) sur terre, à D. ne plaise, il fait en sorte que le campement de la Chékhina dans les mondes supérieurs devienne également contaminé (impure).
[...]

Lorsque le peuple juif se sanctifie sur terre, la Chékhina repose sur lui. [comme un char Divin sur terre]
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Nasso 5,2-4]

"Tous les secrets qui sont inclus dans les 10 Commandements ont été perçus par les yeux de tout Israël [au mont Sinaï].
Ils ont pu discerner et comprendre, aussi bien de façon intellectuelle qu'au plus profond de leurs cœurs comment le secret des 613 commandements était inclus dans les Paroles qu'ils ont entendues.
La Lumière divine a envahi leurs regards à ce moment-là, au point que tous les secrets de la Torah, ainsi que tous les secrets des mondes supérieurs et inférieurs, ne leur ont pas été dissimulés.
Devant cette contemplation du Divin, de l'Honneur du Roi de tous les rois, Hachem, ils ont accédé à ce qui n'a jamais été dévoilé depuis la Création du monde."
[Zohar - Yitro 93b]

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-> C'est ainsi, que le Zohar 'Haï explique que le peuple juif au mont Sinaï a atteint le niveau suprême à venir du 7e millénaire.
[Merkavot Argaman al haTorah]

La chute menant à davantage de hauteur spirituelle

"Yéhouda, c'est toi que tes frères reconnaîtront ; ta main sera sur la nuque de tes ennemis ; les fils de ton père se prosterneront devant toi" (Vayé'hi 49,8)

-> Il existe des âmes nobles et élevées qui sont retenues captives par la sitra a'hara (force du mal). Celle-ci ne les libère pas de son emprise car, tant que ces âmes sont sous son contrôle, elle a beaucoup à y gagner ; la sitra a'hara se nourrit d’elles et en tire sa vie. Si ces âmes étaient libérées, son énergie vitale s’en trouverait diminuée.

C’est pourquoi la sitra a'hara ne permet pas à ces âmes d’entrer dans un lieu [supérieur] de sainteté, de peur qu’elles ne s’échappent de son emprise pour ne plus jamais revenir.
En réalité, si la sitra a'hara voit qu’une âme a une imperfection, elle lui permet de monter vers un lieu plus élevé ; elle part du principe que l’âme ne s’échappera pas de son emprise.
Alors, que fait Hachem?
Il amène une personne à faire quelque chose qui, aux yeux de la sitra a'hara, apparaît comme une grande faute ; alors l’âme est autorisée à monter vers un lieu plus élevé. Par la suite, Hachem aide cette personne jusqu’à ce qu’elle soit purifiée et reste complètement sainte, laissant la sitra a'hara sans aucun contrôle sur l’âme.

C’est précisément ce qui est arrivé à Yéhouda, et c’est ce que Yaakov Avinou expliquait à ses autres fils. Ils ne devaient pas penser que ce qui s’était passé entre Yéhouda et Tamar était une faute, Hachem nous en préserve.
[...]

"les fils de ton père se prosterneront devant toi" = les âmes élevées sont capturées par la sitra a'hara, et celle-ci ne les libère que si elle trouve en elles une tache.
Cet incident avec Tamar a eu lieu afin que la sitra a'hara libère ces âmes saintes de son emprise. Nous ne devons pas penser que Yéhouda était enveloppé par la sitra a'hara, a succombé à ses désirs et a commis une faute.
Au contraire, son nom même indique qu’il est saint. Le nom יהודה contient les 4 lettres du Nom d'Hachem יהוה.

... Les ennemis [du bien], les forces de la sitra a'hara lorsqu’ils ont une âme noble entre leurs mains, ils ne la laissent pas partir à moins d’y voir une tache (faute).
C’est pourquoi cet incident avec Tamar a eu lieu afin qu’ils le perçoivent comme une faute et libèrent ces âmes nobles de leur emprise. Grâce à cela, c’est le contraire de ce qu’ils attendaient qui se produit : "les fils de ton père se prosterneront devant toi".

... La preuve en est que la dynastie royale du roi David est bâtie sur ces âmes (soustrait à la sitre a'hara), et qu’elle durera éternellement.
C'est un signe clair que ce qui s’est passé entre Yéhouda et Tamar s’est fait dans la sainteté.
Sinon, comment de si grands et saints tsadikim, ainsi que de grands rois, auraient-ils pu en découler?
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,8-9]

[voir la notion de "yérida létsoré'h aliya" = une chute spirituelle qui à postériori va nous permettre de monter encore plus spirituellement. ]

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-> "Yéhouda est un lion rugissant. De la proie, mon fils, tu t'es relevé. Il s'est couché, il s'est reposé comme un lion, et comme un lion, qui le réveillera?" (Vayé'hi 49,9)

-> Selon le Arizal (Likouté Torah - Vayé'hi), àBoaz était une réincarnation de Yéhouda, et par conséquent, Boaz pouvait être aussi fort qu’un lion et dominer son yétser hara [lorsqu’il s’est réveillé et a trouvé Ruth couchée à ses pieds].