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"On l'appela Essav ... il le nomma Yaakov."  (Toldot 25,25-26)

Le Rabbi Moché 'Haïm Efraïm de Sudilkov (le Déguel Ma'hané Efraïm), petit-fils du Baal Chem Tov de commenter :

-> Essav est le symbole du mensonge.
L'emploi du pluriel : "on", s'explique par le fait que de nombreuses personnes sont attirées par le mensonge et s'y complaisent, aiment ça.

-> Yaakov est le symbole de la vérité ("Tu donnes la vérité à Yaakov").
L'emploi du singulier : "il", s'explique parce que la vérité n'a que peu d'adhérents, seul un petit nombre de personnes seront attirées par Yaakov.

=> Tâchons de suivre la voie de Yaakov (avinou), d'être dans le émet (la vérité), même si cela n'est pas très populaire/tendance, n'attire pas la majorité des personnes du monde environnant.

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"L'époque de sa délivrance arrivée, il se trouva qu'elle portait des jumeaux.
Le premier qui sortit était roux et tout son corps pareil à une pelisse ; on lui donna le nom d'Essav"
(Toldot 25,24-25)

-> Le Béer Mayim 'Haïm fait le commentaire suivant :
Il est un fait que personne dans le monde ne sait : quand l'exil prendra fin.
Le temps de la rédemption est dissimulé. Cependant, nous pouvons trouver une allusion aux jours de la guéoula finale dans le verset ci-dessus, qui raconte la naissance d'Essav, l'ancêtre d'Edom et de la Rome antique, la nation qui a jeté Israël en exil.

"Le premier qui sortit était roux" = quand tout le rouge sera parti, que tout le mal disparaîtra de la terre, et que la sainteté, la pureté et la bonté auront eu le dessus, et que toutes les étincelles de sainteté auront été libérées, et que les âmes opprimées auront été extirpées de leur enveloppe, alors le machia'h viendra et nous délivrera.

A un niveau spirituel, le sens réel de la rédemption est la libération de la bonté des chaînes du mal, la libération des âmes captives et des étincelles de sainteté de la servitude des forces de l'immoralité.
Lorsque ce sauvetage spirituel se produira, la délivrance aura lieu.

"Les fils se bousculaient dans son sein. Elle dit : "S'il en est ainsi, pourquoi cela pour moi?"
Et elle alla consulter Hachem". "  (Toldot 25,22)

Le midrach (Béréchit 63,6) explique :
"Toutes les fois que Rivka se tenait près d'une synagogue ou d'une salle d'étude, Yaakov se débattait pour sortir, et chaque fois qu'elle passait à côté de temples païens, Essav courait et s'agitait pour émerger."

+ Rav Zalman Sorotskin note qu'elle :
- "se tenait près d'une synagogue" = elle s'y arrêtait, y restait
- "elle passait à côté de temples païens" = le plus rapidement possible => "Essav courait" afin de pouvoir sortir à temps.

+ Comment tous les 2 savaient-ils, dans le ventre de leur mère, qu'elle passait près d'une synagogue ou d'un temple païen?

Le rav Yérou'ham Leivovitz (Machguia'h de la yéchiva de Mir) explique que de même nous avons des sens matériels, de même disposons-nous des sens spirituels.

Ainsi, la boussole : où qu'on la tienne, son aiguille se dirige toujours vers le nord, parce que des forces magnétiques invisibles la font se tourner dans cette direction.
De même, des forces spirituelles indiscernables influencent l'orientation de ceux qui sont sensibilisés par elles.

C'est ainsi que Yaakov se sentait attiré par les synagogues et autres endroits sacrés, tandis que Essav se sentait entraîné dans le sens contraire.

+ Nos Sages disent : "Lorsqu'un fœtus est dans le ventre de sa mère, on lui enseigne toute la Torah" (guémara Nidda 30)

On comprend alors qu'Essav voulait sortir car il n'y avait pas d’idolâtrie dans le ventre de sa mère.
Mais en ce qui concerne Yaakov, pourquoi voulait-il lui aussi sortir (on lui apprenait toute la Torah)?
Pourquoi vouloir apprendre la Torah à l'extérieur par son rav (qui selon la guémara 'Haguiga 15b, doit être à nos yeux comme un ange), plutôt que de rester dans sa situation d'apprendre déjà par un ange?

Répondons à cette question par une question 🙂 ... du Gaon de Vilna :
" Etant donné qu'un enfant dans le ventre de sa mère est porteur de toute la Torah, comment se fait-il que nous ne soyons pas tenus de nous lever devant une femme enceinte? "

Lorsque que la loi juive nous demande de nous lever devant un sage, c'est pour honorer la Torah, qui est rentrée en lui au prix de durs efforts personnels investis pour l'acquérir.

=> Ainsi, on ne doit pas se lever devant la Torah d'un "futur être" qui a reçu ce cadeau sans s'être investi.

==> Yaakov voulait se précipiter vers la Torah pour l'apprendre par ses propres efforts, son investissement personnel, et non dans la tranquillité.
[De plus, Yaakov ne voulait pas fréquenter la même école qu'Essav, pour ne pas subir sa mauvaise influence.]

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-> Selon le 'Hatam Sofer, Yaakov désirait absolument sortir car il ne voulait pas étudier au même endroit que Essav, [un racha].

-> Le rabbi Yoël Teitelbaum de Satmar (Divré Yoël) explique que Yaakov désirait servir Hachem d'une manière qui était strictement personnelle, et créer une approche de D. qui était en accord avec la racine de son âme. Il ne voulait pas se couler dans le moule de son père Its'hak.
C'est à cause de cela, qu'il luttait pour sortir lorsque Rivka passait devant la yéchiva de Chem et Ever. Là, il pouvait trouver une approche pour servir D. qui était ajustée à sa personnalité, plutôt que de la modeler à celle de son père.

[certes les mitsvot sont communes à tous les juifs, mais nous devons utiliser notre personnalité pour servir Hachem de toute notre unicité.]

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Il est écrit dans la Torah à propos de la naissance des 2 frères : "Et ensuite sortit son frère, sa main tenant le talon d'Essav." (Toldot 25,26)

Après un combat gagné, Essav a obtenu le droit de sortir du ventre de sa mère en 1er, alors pourquoi Yaakov a-t-il saisi le talon d'Essav?

-> Le Panéa'h Raza explique que Yaakov savait qu'une naissance est un événement douloureux pour une femme, et encore plus dans le cas de jumeaux. C'est pour cela que Yaakov a choisi de tenir le talon de Essav, car il voulait faciliter autant que possible l'accouchement.

-> De même, le Daat Zékénim explique : la Torah nous précise que Yaakov saisit le talon d'Essav pour nous apprendre la piété de Yaakov alors qu'il n'était encore qu'un nouveau-né dans le ventre de sa mère. Il s'est dit : "puisque l'utérus de ma mère va s'ouvrir, il est préférable que je saisisse le talon de mon frère afin que l'on puisse sortir ensemble et ne pas faire souffrir ma mère une 2e fois".

-> Le Rabbi de Lelov explique que cette prise du talon n'était motivée par aucun but immédiat ou concret.
Elle ne faisait que refléter le comportement de Yaakov.

= Dans le service de D., on ne doit jamais se résigner à la défaite, même quand elle a toutes les apparences de la réalité.
On doit persister avec ténacité, afin de laisser place à une réussite miraculeuse.
C'est ainsi, que D., a opéré à Yaakov un miracle, en lui faisant bénéficier plus tard du droit d'aînesse.

Certes Essav lui bloquait le chemin, mais Yaakov a fait de son mieux (symbolisait par le fait de lui prendre le talon), car c'est Hachem qui octroie toute chose, et il peut absolument tout.
En effet, d'après le rabbi de Kotzk : Ceux qui désespèrent sont ceux qui pensent pouvoir agir uniquement par eux-mêmes. Lorsqu'ils reconnaissent que leurs capacités sont limitées et insuffisantes, alors ils deviennent inquiets et perdent espoir.
S'ils avaient su qu'absolument tout vient d'Hachem, alors ils auraient également su qu'il y a toujours de l'espoir, car Hachem peut tout faire.
[én mazal les Israël = les juifs sont au-dessus de toute logique naturelle de ce monde car ils dépendent directement de D., contrairement aux autres nations.]

-> Le Divré Israël explique qu'un juif a une obligation de moyen (faire du mieux de ses capacités), et le résultat est offert par Hachem. Même si finalement nous ne réussissons pas, ce qui compte c'est les efforts que nous avons déployé, et ils sont très précieux à Hachem.
Le Zohar (vol.1,69b) affirme que tout celui qui s'efforce de tendre vers la spiritualité, et ce bien qu'il lui soit impossible d'arriver à son désir, il est immensément loué car il essaie d'y parvenir.
Ainsi, même si en apparence cela semblait impossible pour Yaakov de sortir en tant que premier-né, il y aspirait de tout son cœur, il a essayé autant que possible, et c'est cela qu'attend Hachem.
[d'ailleurs, au final Hachem lui a accordé le statut de premier-né!]

Le Divré Israël écrit : "Les descendants [de Yaakov] ont hérité de ce trait ... Ainsi, lorsque quelqu'un travaille dans son magasin, et qu'il a de nombreuses obligations [professionnelles], et qu'il a de bonnes pensées du type : il aurait souhaité quitter son commerce pour étudier la Torah. Alors bien qu'il ne soit pas capable de le faire, cela lui est très louable!"

Le rav Méïr Shapiro fait remarquer que lorsque Hachem a demandé à Avraham de compter les étoiles (paracha Lé'h Lé'ha), Avraham a vraiment commencé à compter les étoiles.
Hachem lui a dit : "ainsi sera ta descendance" = de même que toi Avraham tu as commencé à compter les étoiles bien que cela soit une tâche quasi impossible, de même ta descendance va toujours essayer de faire le maximum pour suivre Ma volonté, même si en apparence cela semble inatteignable.

=> Ce qui compte aux yeux d'Hachem, c'est notre attitude de s'investir de tout notre être vers un objectif (comme tendre vers le niveau d'Avraham), peu importe que nous l'atteignons ou pas. Hachem prend un plaisir énorme de nous voir rester fidèles à ce chemin quel qu'en soient les difficultés rencontrées.
[un juif a conscience qu'il a une partie Divine en lui et qu'il peut réaliser des choses très très élevées. Qu'avec Hachem rien n'est trop grand, rien n'est trop petit, tout devient possible tant que l'on fait de notre mieux.]

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+ Dans notre verset, il est aussi écrit : "Elle [Rivka] alla consulter Hachem."

Selon Rachi = elle alla à la maison d'étude de Chèm et de Ever afin qu'ils lui révèlent le sens de ses douleurs et quelle en serait l'issue.

De même, sur le verset suivant Rachi rapporte le commentaire du Midrach (Béréchit Rabba 63,17) : "Hachem lui dit par l'intermédiaire d'un messager (le Rav).
Chèm recevait l'inspiration de l'esprit saint (roua'h akodech), et lui en transmettait le message".

=> On en tire la preuve que consulter un Rav revient à consulter Hachem.
Un Rav est un véritable réceptacle de D.

Les pirké avot nous disent : "Fais-toi un Rav (interroge-le) et sors de tous tes doutes".

==> A l'image de notre Rivka (iménou), n'hésitons pas à avoir un Rav de confiance et à le consulter aussi souvent que nécessaire.

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+ "Et après cela, son frère sortit et sa main (véyado - ויְדָוֹ) le talon d'Essav" (Toldot 25,26)

-> Rachi commente: "Le talon d’Essav : [Ceci est un] Signe que l’un (Essav) n’aura pas terminé son règne (le ‘talon’ désigne la fin) que l’autre (Yaakov) lui prendra son pouvoir".

[La prise de pouvoir de Yaakov des mains d’Essav (le royaume du machia’h qui succédera au Royaume d’Edom) aura lieu à la fin des Temps, lors de la délivrance du peuple juif, à la fin du 6e millénaire, dans cette période appelée "le talon du Machia’h" (עקבתא דמשיחא). Entre temps, Israël souffrira, et particulièrement durant son dernier Exil, celui d’Edom (Essav), des persécutions de son frère (les romains, l’église, l’inquisition, l’antisémitisme occidental, le régime bolchévique, l’Allemagne nazie, ...). ]

-> Le Baal haTourim voit dans le mot : "véyado" (Et sa main - ויְדָוֹ) de notre verset, une allusion au signe de la fin des Temps relevé par Rachi : la chute des Nations et la Délivrance d’Israël programmées depuis la naissance de Yaakov et Essav. En effet, il fait remarquer que le mot ויְדָוֹ apparait seulement 3 fois dans tout le Tanakh (Bible) : une première dans notre paracha (Toldot), et deux fois dans le Livre de Yéchayahou pour faire allusion à la chute des Nations : "Oui, quand Hachem Tsébaot a décrété, qui peut faire obstacle? Et Sa main (ויְדָוֹ) étendue, qui peut la ramener?" (Yéchayhou 14,27) et "Lui-même a jeté le sort pour elles (les Nations comparées aux Bêtes), et Sa main (ויְדָוֹ) leur a mesuré une part au cordeau" (Yéchayahou 34,17).

Le "talon" d’Essav peut être aussi interprété comme la fin du mot עשו (Essav), c’est-à-dire la lettre "Vav" qui conclut son nom et correspond à sa vitalité spirituelle (le "Vav" désigne la lettre de la Vérité – Zohar).
Ainsi en tenant le "talon" d’Essav, Yaakov récupéra-t-il la lettre "Vav" dans son nom יעקוב atteignant ainsi, aux Temps messianiques, la plénitude spirituelle et matérielle.
En revanche, Essav, ne lui restant dans son nom que lettres formant le mot עש (ach), scella sa perdition, comme il est dit à propos des ennemis d’Israël : "Certes, ils seront tous comme un vêtement usé, que la mite ע ש (ach) dévore" (Yéchayahou 50,9).

On retrouve cette idée en remarquant qu’en retirant la valeur numérique de mot עקב Ekev (172) à celle du mot עשו Essav (376), on obtient le nombre 204, valeur numérique du mot רד (Red – descend), allusion à sa chute définitive [voir Ohev Israël et Maor vaChémech].

S’éloigner d’un racha :

"Les fils se bousculaient dans son sein. Elle dit : "S'il en est ainsi, pourquoi cela pour moi?"
Et elle alla consulter Hachem". " (Toldot 25,22)

-> Rachi explique : "Les Rabbanim expliquent le mot "vayit'rotsatsou" (luttaient/se bousculaient) comme une expression de course. Lorsqu'elle passait devant les entrées de la yéchiva de Chem et Ever, Yaakov courait et luttait pour sortir. Lorsqu'elle passait devant l'entrée d'un temple idolâtre, Essav courait et luttait pour sortir".

Le rav 'Haïm de Brisk cite son père, le Beit haLévi qui demandait pourquoi Yaakov courait pour sortir lorsque sa mère passait devant un beit midrach (maison d'étude). Nous savons que lorsqu'un bébé est dans le ventre de sa mère, il apprend toute la Torah avec un ange (mala'h). Pourquoi voudrait-il quitter cet environnement?
Il répond que lorsque Yaakov était dans le ventre de sa mère, il était coincé à côté d'Essav. Il savait qu'il serait préférable de partir, même si cela signifiait renoncer à apprendre avec un ange, tant qu'il n'était pas obligé d'être aussi proche d'un racha.

"Cet homme devint grand ; puis sa grandeur alla croissant et enfin il fut très grand. Il avait des possessions en menu bétail, des possessions en gros bétail, des cultures considérables et les Philistins le jalousèrent." (Toldot 26,13-14)

-> Le Ben Ich 'Haï (séfer Adéret Eliyahou) explique ce verset comme suit : Si Hachem veut donner à une personne 1 000 pièces d'or afin de la rendre riche et qu'Il les lui envoie en une seule fois, la personne sera très heureuse à ce moment-là.
S'Il l'envoie en deux ou trois fois, la personne sera heureuse chaque fois qu'elle recevra une partie de l'argent.
Un autre avantage de recevoir quelque chose en petits versements est que les autres ne remarqueront pas un changement soudain dans le statut de la personne, et ne seront donc pas incrédules à son égard.

Le verset dit que Its'hak a grandi graduellement, s'élevant d'un niveau à l'autre jusqu'à ce qu'il devienne extrêmement grand.
Au début, il possédait des moutons. Plus tard, il a acquis du bétail. Par la suite, il a acquis une "grande production" de tous les types d'animaux. C'est la raison pour laquelle les Philistins l'enviaient.
S'il était devenu riche d'un seul coup, ils auraient dit que, tout comme il était devenu riche soudainement, il pouvait aussi perdre tout son argent et devenir pauvre. Mais lorsqu'ils virent qu'il s'enrichissait progressivement et que toutes les entreprises qu'il entreprenait étaient couronnées de succès, ils comprirent que son mazal était si bon qu'il n'échouerait jamais. C'est pourquoi ils étaient jaloux de lui.

"Et maintenant, aiguise tes instruments, ton épée et ton arc, et va dans les champs, et chasse le gibier pour moi" (Toldot 27,3)

-> Pourquoi Its'hak a-t-il demandé à Essav de chasser pour lui. Pourquoi ne pouvait-il pas lui apporter de la viande provenant d'animaux qu'ils possédaient déjà?

Le Avné Nézer (cité dans Chem miChmouel - Toldot) répond que le trait de caractère (mida) déterminant d'Its'hak était la midat haguévoura, le trait de force qui permet de conquérir les forces extérieures (forces du mal) et de les amener du côté de la sainteté (kédoucha).
C'est pourquoi il voulait qu'Essav attrape des animaux sauvages afin de conquérir leur pouvoir et de les rendre saints.

Le fait de piéger quelque chose contre sa volonté symbolise la façon dont Its'hak a piégé les forces impures/négatives et les a amenées du côté de la sainteté.

Yaakov dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse" (Toldot 25,31)

-> Le Yalkout Chimoni (Remez 110) raconte que lorsque Yaakov et Essav étaient dans le ventre de leur mère, Yaakov a dit à Essav :
"Il y a deux mondes devant nous. Tu prends ce monde-ci (olam hazé) et je prendrai le monde à Venir (olam haba), comme il est dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse".
Ce même jour, Essav a refusé l'idée qu'il y a une résurrection des morts, comme il est dit : "Voici que je vais mourir". À ce moment-là, Essav prit la part du Olam hazé et Yaakov prit la part du olam haba."

-> Le séfer M'Zékénim Et'bonen cite le rav Mordé'hai 'Haïm de Slonim qui rapporte l'explication suivante du Yalkut Chimoni au nom du Yessod ha'Avodah :
Après l'accord conclu entre Yaakov et Essav pour diviser les deux mondes, Essav vit que Yaakov faisait des séoudot festives chaque Shabbat, où il chantait avec une joie extrême. À la fin du Shabbath, il faisait également un Mélava Malka festif. Il se rendit compte que Yaakov appréciait en fait ce monde. Il en fut contrarié et se plaignit qu'ils avaient convenu qu'il obtiendrait ce monde et que Yaakov n'obtiendrait que le Olam Haba. Yaakov lui répondit : "Le Shabbath est 'mé'én Olam Haba'. Il est comparable au Olam Haba et fait donc partie de ma part."

Essav se rendit un jour à la maison de Yaakov, un jour de semaine, et le vit assis en train de savourer une séouda. Il lui demanda pourquoi il tirait du plaisir de ce monde un jour de semaine et Yaakov répondit : "Aujourd'hui, c'est Roch 'Hodech. Ce n'est pas un jour de semaine ordinaire. Il s'agit plutôt d'un yomtov mineur et il est inclus dans le Olam Haba."

Essav demanda : "À quelle fréquence célébrez-vous Rosh 'Hodech ?"
Yaakov répondit : "Une fois tous les 30 jours." Essav fut quelque peu réconforté, car il pensait toujours que Yaakov ne tirerait pas de plaisir de ce monde la plupart des jours de l'année et qu'il serait le seul à avoir la portion du Olam Hazé la plupart du temps.

Un autre jour de la semaine, Essav se rendit chez Yaakov et l'entendit chanter de joie. Il entra et le vit à nouveau en train de prendre un repas copieux. Il lui demanda : "Que fais-tu? Ce n'est pas Shabbat ni Roch 'Hodech aujourd'hui !" Yaakov répondit : "Aujourd'hui, je termine la Massé'het Baba Kama. Je fais une séouda pour le siyoum." Essav se mit en colère et dit : "Le Olam Hazé et ses plaisirs m'appartiennent. Pourquoi me les voles-tu ?"

Yaakov répondit : "Si tu penses qu'une séouda pour un siyoum fait partie du Olam Hazé, tu peux en faire une toi aussi! Maintenant que nous avons terminé les Massé'het Baba Kama, nous commençons à étudier Baba Métsia. Viens étudier avec nous, et lorsque nous aurons terminé la massékhta, tu pourras également faire un siyoum et en profiter."

Essav accepta ce conseil. Mais lorsqu'il s'assit devant la guémara, il n'eut immédiatement plus envie d'apprendre. Il se leva et quitta la yeshiva en courant. Essav alla alors demander conseil au frère de son père, Yichmaël.
Yichmaël lui conseilla de dire à Yaakov ce qui suit : Nous avions convenu que j'obtiendrais le Olam Hazé et que tu obtiendrais le Olam Haba. Je vois que je ne profite pas de ce monde. Bien que je mange et boive autant que je veux, je ne ressens pas le vrai bonheur parce que je sais que je n'ai aucune part dans le Olam Haba. Par conséquent, je vis une vie de douleur et de misère. Je n'ai ni Olam Hazé ni Olam Haba. Par conséquent, l'accord que nous avons conclu est nul et non avenu.

Essav accepta le conseil de son oncle et présenta cette demande à Yaakov.
Lorsque Yaakov entendit ce qu'Essav avait à dire, il lui dit : "Je te promets que tu auras une part dans le Olam Haba afin que tu puisses jouir du Olam Hazé sans inquiétude ni peur."

Lorsque Esav mourut et se rendit dans le monde supérieur, il réclama la part de Olam Haba que Yaakov lui a promise. On lui répondit que Yaakov ne lui avait promis une part dans le Olam Haba que pour qu'il puisse jouir du Olam Hazé. Sa promesse a fonctionné, car Essav a pleinement profité du Olam Hazé après l'avoir entendue. Par conséquent, il avait déjà reçu tout ce qui lui revenait et il n'avait aucun droit à une quelconque portion dans le Olam Haba.

La preuve de l’hérésie d’Essav

+ La preuve de l'hérésie d'Essav :

"Essav dit : "Je vais mourir, à quoi me servira ce droit d'aînesse?"" (Toldot 25,32)

-> Le midrach dit (Béréchit rabba 63,17), au nom de Reich Lakich, qu'Essav commença à maudire Hachem et à nier Son existence.
Reich Lakich tire cette conclusion du fait qu'Essav a ajouté le mot "zé" (זה). Essav aurait pu simplement dire : "vélama li bé'hora" (à quoi me sert le droit d'aînesse). Au lieu de cela, il a dit : "vélama zé li bé'hora" (à quoi me sert ce droit d'aînesse).
Reich Lakich dit que puisque le verset se réfère ailleurs à Hachem avec le mot "zé" (zé Eli véanvé'ou - Béchala'h 15,2 - c'est mon D. ...), et Essav a utilisé ce mot alors qu'il était en train de dégrader le droit d'aînesse, il incluait également Hachem dans ses malédictions.

-> Le Zéra Chimchon demande : bien que le mot "zé" puisse sembler légèrement inutile, il semble tout de même drastique d'en tirer la leçon qu'Essav a maudit et nié l'existence d'Hachem?

Le Zéra Chimchon explique comment Reich Lakich a vu cela dans le mot "zé".

La guémara (Erouvin 19a) dit que même les réchaïm, lorsqu'ils sont finalement punis par Hachem pour leurs méfaits, ils proclament la justice d'Hachem et sont d'accord avec Lui pour les avoir punis pour leurs actions.
En revanche, lorsqu'une personne est condamnée à mort par un roi, sa bouche est obstruée afin qu'elle ne puisse pas maudire le roi.
Telle est la différence entre la façon dont le peuple juif accepte la punition d'Hachem et celle dont les nations du monde acceptent la punition de leurs dirigeants respectifs.

À propos de cette guémara, le Maharcha affirme que même parmi les fauteurs juifs, ceux qui sont devenus hérétiques et ne croient pas en Hachem réagissent comme le feraient les nations du monde face à une punition, c'est-à-dire qu'ils maudissent Hachem.

Rachi écrit que lorsque Essav a demandé à Yaakov en quoi consistait le droit d'aînesse, ce dernier lui a répondu que ce droit d'aînesse s'accompagnait de nombreuses punitions possibles, voire de la mort.
En entendant cela, Essav aurait dû demander à Yaakov pourquoi il s'intéressait tant à ce droit d'aînesse. Le fait qu'Essav se soit contenté de vendre et n'ait pas posé cette question à Yaakov montre clairement qu'Essav avait compris que Yaakov était prêt à accepter n'importe quelle punition, voire la mort, associée au droit d'aînesse. Essav n'était pas intéressé par cela et il a rapidement vendu ses droits d'aînesse à Yaakov.

C'est à partir de là que Reich Lakich a compris que le mot "zé" représente plus qu'il n'y paraît.
Cet échange montre clairement qu'Essav ne fait pas partie de ceux qui sont prêts à accepter les punitions d'Hachem et une éventuelle mort de leur plein gré.
Selon la guémara mentionnée ci-dessus, même les réchaïm fauteurs du peuple juif, tant qu'ils ne sont pas devenus hérétiques, acceptent les châtiments d'Hachem.
Cela place Esav dans le groupe des hérétiques. Par conséquent, il est maintenant logique pour Reich Lakich d'étayer son idée, à savoir qu'Essav a nié l'existence d'Hachem à partir d'un mot apparemment supplémentaire, car il n'est plus injuste d'accuser Essav d'hérésie.
Une fois qu'Essav a montré qu'il n'acceptait pas les punitions d'Hachem, il s'est regroupé avec les hérétiques.

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=> La nature d'un juif croyant Hachem, même fauteur, est d'admettre la justice d'Hachem lorsqu'il est puni.
Mais à l'inverse, lorsqu'un juif est hérétique, il va se comporter comme les non juifs, et il va maudire les punitions qu'Hachem.

Its’hak pria pour la richesse des générations juives futures

+++ Its'hak pria pour la richesse des générations juives futures :

"Its'hak pria en face de sa femme parce qu'elle était stérile, et Hachem l'exauça" (Toldot 25,21)

-> Le midrach (Béréchit rabba 63,5) dit que "Its'hak a versé des prières avec 'osher' ".

Le séfer Divré Israël explique le mot "osher" comme signifiant qu'il priait beaucoup.

Le rabbi de Modzhitz dit que nous pouvons expliquer le mot "osher" comme signifiant "richesse".
Si nous le traduisons ainsi, le midrach dit que Its'hak a prié pour la richesse. Le fait qu'il ait mérité la richesse est illustré par le midrach (Béréchit rabba 64,7) qui dit que "l'engrais produit par les mules d'Its'hak valait plus que tout l'or et l'argent d'Avimélé'h".

Nos Sages (Béra'hot 7a) disent que les prières d'Its'hak ont été exaucées parce qu'il était tsadik, le fils d'un tsadik, et que les prières de quelqu'un qui est à la fois un tsadik et le fils d'un tsadik sont facilement exaucées. Comme ses prières ont été acceptées, il a été récompensé par la richesse.

Le rabbi de Modzhitz pose la question suivante : Pourquoi Its'hak prierait-il pour de l'argent? Bien sûr, il est inimaginable que Its'hak Avinou ait désiré la richesse (matérialité). Quel était le but de cette prière?
Il répond en citant le midrach (Tan'houma - Lé'h Lé'ha 9) qui dit : "maassé avot siman la'banim". Les actions des Patriarches (Avot) ont eu un impact sur leurs enfants.
Par conséquent, lorsque Its'hak a prié pour la richesse, il l'a fait au nom de ses descendants, et non pour lui-même. Il priait pour que ses enfants aient des moyens de subsistance pendant leur période d'exil.

Pour expliquer cela davantage, le rabbi de Modzhitz cite le midrach (Béréchit rabba 44,21) qui dit qu'Hachem a donné un choix à Avraham : soit ses enfants partaient en exil (galout), soit ils allaient au Guéhinam. Il choisit l'exil.
Its'hak le savait. C'est pourquoi il a prié pour qu'ils aient de la richesse. Il a prié pour qu'ils aient au moins de l'argent pendant qu'ils sont en exil afin qu'ils restent droits et ne se rebellent pas contre Hachem, ce qui les conduirait forcément au Guéhinam. Ceci était important car nous savons que "la pauvreté conduit les gens à transgresser la volonté d'Hachem" (guémara Erouvin 41b).
[en un sens, Its'hak a prié de toutes ses forces pour que ses descendants (les juifs) aient suffisamment de ressources pour ne pas en venir à se rebeller contre Hachem, malgré la difficulté de l'exil. ]

Cela explique également la guémara (Shabbath 89b) qui dit : "Dans le futur, Hachem dira à Avraham : 'Tes enfants ont fauté' ... Hachem dira à Its'hak : "Tes enfants ont fauté". Its'hak répondra : "Sont-ils mes enfants et non Tes enfants? Par ailleurs, quelle est la durée de vie d'une personne? 70 ans. Soustrayez (dal) les 20 premières années de sa vie. (On n'est pas puni pour les fautes commis alors). Il leur reste 50 ans. Soustrayez 25 ans de sommeil, et il leur reste 25 ans. Soustrayez 12,5 ans pendant lesquels on prie, on mange et on va aux toilettes, et il leur reste douze ans et demi. (Ce qui montre qu'ils ont très peu de temps pour fauter)."

Le mot utilisé par la guémara pour "soustraire" est "dal", qui peut également signifier "pauvre".
La guémara peut être lue comme signifiant que Its'hak défendra le peuple juif en disant qu'ils étaient pauvres, et que c'est ce qui les a conduits à fauter. Its'hak dira qu'Avraham a choisi que le peuple juif soit exilé, mais pas qu'il soit pauvre. Ils ne peuvent donc pas être punis pour les fautes qu'ils ont commis à cause de la pauvreté.

"Vois, je suis devenu vieux, je ne connais pas le jour de ma mort" (Toldot 27,2)

-> Le rav Shalom de Belz explique ce verset en citant la guémara (Béra'hot 5a) qui dit : "Il faut toujours inciter son yétser tov contre son yétser ara. Si l'on réussit, c'est bien ... Si l'on ne réussit pas, il faut se rappeler le jour de la mort".

Telle était l'intention d'Its'hak. Il dit : "Je ne connais pas le jour de ma mort", ce qui signifie qu'il a réussi à vaincre son yétser ara et qu'il n'a jamais eu à utiliser la tactique consistant à penser au jour de sa mort.

Hachem tire du plaisir de la Torah chélo lichma

+++ Hachem tire du plaisir de la Torah chélo lichma :

"Si par hasard mon père me touche, je serai à ses yeux comme un trompeur, et, au lieu de bénédiction, , c'est une malédiction que j'aurai attirée sur moi" (Toldot 27,12)

-> Le séfer Zéra Kodech dit que ce verset est une indication qu'une personne doit étudier la Torah même si c'est "chélo lichma" (pour des intérêts personnels).
La guémara (Sanhédrin 105b) décrit la Torah et les mitsvot comme étant "délicieuses" pour Hachem.
En conséquence, le verset (Toldot 27,7) qui parle d'apporter des "matamim" (choses délicieuses) au "Père" (Its'hak, les demandant au moment de donner ses bénédictions) peut être compris comme disant que l'on peut offrir sa Torah à Hachem "pour qu'Il le bénisse", ce qui signifie que l'on peut étudier la Torah pour des motifs personnellement intéressés et être quand même récompensé.

Bien qu'une certaine malhonnêteté soit inhérente à une telle étude, tout comme Yaakov a essayé d'obtenir les bénédictions en trompant son père, on peut toujours tirer le bénéfice des bénédictions qu'Hachem fournit même pour la Torah chélo lichma.

Le verset utilise le mot "yémouchéni" (me touche) comme une allusion à la guémara (Erouvin 13b) qui dit : "On a conclu qu'il aurait été préférable pour une personne de ne pas naître ; cependant, maintenant que quelqu'un est né, il devrait inspecter ses voies, et certains disent qu'il devrait ressentir (yémachmech) ses voies (avec lesquelles il se conduit)".
Le 'Hozé de Lublin explique le mot "yémachmech" comme signifiant que l'on doit ressentir ses actions pour voir si elles sont vraiment pures et si elles ont été faites avec les meilleures intentions.
Ainsi, le verset peut être lu comme disant que Its'hak a dit à Rivka qu'il était inquiet que sa Torah et ses mitsvot soient "chélo lichma" parce qu'elles n'ont pas été faites avec les meilleures intentions et que, par conséquent, il recevrait une malédiction au lieu d'une bénédiction.

Rivka répondit qu'elle serait prête à accepter cette malédiction, ce qui signifie que même la Torah chélo lichma est digne d'une bénédiction divine [et elle est appréciait par Hachem].

-> Dans le même ordre d'idées, le rabbi de Shinov dit que si l'on étudie la Torah à notre époque (avec la yéridat hadorot) avec l'intention d'être reconnu comme une personne érudite et honorable, cela est toujours considéré comme de la Torah lichma.