Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Hachem regretta d'avoir créé l'homme sur la terre, et Il s'affligea en son cœur" (Béréchit 6,6)

-> "Il s'affligea en son cœur" = cela ne signifie pas que D. Lui-même fut attristé. De telles émotions ne s'appliquent en aucun cas à Hachem.
En réalité, nous apprenons que 7 jours avant le Déluge, le monde fut en deuil : le soleil et la lune masquèrent leur lumière.
Le monde fut plongé dans les ténèbres et couvert de nuages.
[...]

En ces temps, D. provoqua de terribles tremblements de terre dans les montagnes, et le monde était plongé dans les ténèbres.
Le tonnerre et les éclairs étaient constants.

Ces signes invitaient les hommes au repentir. Mais malgré tout, ils ne prêtèrent aucune attention à ces présages."

[Méam Loez]

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-> b'h, lire également : https://todahm.com/2016/08/22/le-regard-juif-face-a-une-catastrophe-dans-le-monde

"D. vit que tout ce qu'il avait fait, était très bien (tov méod), et ce fut ... le 6e jour" (Béréchit 1,31)

-> L'expression "très bien" (tov méod) se réfère aux 2 anges ayant des pouvoirs sur l'homme :
- Le premier = l'ange de la vie (yétser atov), lui conseille de bien agir et de mériter la vie éternelle.
- Le 2e = l'ange de la mort (yétser ara) éveille en l'homme des désirs pernicieux l'incitant à pécher.

Pour le 1er, la Torah emploie "c'était bien", tandis que pour le 2e : "très", ce qui indique que le yétser ara est le plus puissant des 2 penchants.
[...]

Il est évident que lorsque le yétser ara pousse l'homme à pécher, il le fait pour son bien.
Car même le penchant au mal a été créé par D., et comme étant son serviteur, il ne se rebelle pas contre lui ...
Il est clair que même le yétser ara accomplit la volonté Divine en exécutant sa tâche.
[...]

Si ce n'était le yétser ara, qui pousse l'homme au péché, l'homme ne mériterait aucune récompense pour avoir fait le bien.
[A ce sujet, le Méam Loez (Béréchit 2,7) écrit : "Avant sa naissance, une âme est semblable à une personne acceptant la charité à la table de son hôte. Une telle personne éprouve de la honte à regarder en face son bienfaiteur.
Pendant sa vie, un individu peut vivre selon la Torah et observer les mitsvot de D.
A sa mort, l'âme retourne à sa place d'origine, mais elle peut alors se réjouir du rayonnement de la Présence Divine, puisque cela provient du résultat de ses propres efforts, et non du "pain de la honte".]

C'est pourquoi nos Sages déclarent: "Heureux celui qui ne rencontre pas le penchant au mal, et heureux celui qui a rencontré le penchant au mal." [tout dépend si l'on en sort victorieux ou non]
[...]

Ne pensez pas que le penchant au mal désire tuer les gens, il n'en tire aucun profit.
Il réalise la volonté de D. en tentant l'homme, mais s'afflige lorsqu'un homme meurt /cède pour ses péchés. (Zohar - Chla'h)
L'individu éclairé remercie le yétser ara, puisqu'il porte la responsabilité pour son ultime récompense.
[...]

L'intention du yétser ara est calculée, et il éprouve un grand plaisir lorsque nous le faisons échouer et que nous sommes récompensés par Hachem ...

Nous suspectons à tort le yétser ara de vouloir nous faire pécher, mais en réalité, notre faute réside dans notre faiblesse à résister à la tentation. [D. ne nous envoie pas d'épreuves qui sont en-deçà de nos capacités!]
[...]

Si l'homme naissait parfait, il n'y aurait aucune différence entre lui et un animal.
Mais Hachem fait en sorte que l'homme naisse sans intelligence. Ainsi en vieillissant, il est lui-même responsable du développement de sa conscience : les qualités positives acquises au cours de sa vie ne sont pas innées comme pour les autres animaux.

Un animal à la naissance et à l'âge adulte n'est en rien différent.
L'homme, par contre, doit se battre pour ses bonnes qualités, ainsi elles deviennent véritablement siennes.

[Méam Loez - Béréchit 1,31]

"Et D. créa les monstres marins, et toutes les créatures vivantes qui se meuvent dans la mer selon leur espèce" (Béréchit 1,21)

-> Dans la guémara (Baba Batra 5), Rabba bar bar 'Hana décrit qu'une telle créature fut tuée par un parasite qui pénétra par ses narines. Puisque tout élément mort est rejeté par la mer, 60 villes furent détruites par le refoulement de cet animal.

Une multitude de gens purent manger de sa chair, tandis que le reste fut salé et conservé. Du globe de l’œil, ils firent quantité d'huile.
Lorsque le sage revint un an plus tard, il constata que les arêtes du poisson avaient permis de reconstruire les 60 villes détruites par le corps de l'animal.

Un jour que Rabba bar bar 'Hana voyageait en mer, il vit quelque chose ressemblant à une île.
Sur cette dernière poussait même de l'herbe. Pensant qu'il s'agissait de la terre ferme, les passagers débarquèrent du bateau se promenèrent sur "l'île" et allumèrent un feu pour cuisiner.
Lorsque le "sol" devint chaud, "l'île" se mit à bouger, rejetant tout le monde à la mer.
Si le bateau n'avait pas été proche, ils se seraient tous noyés.

Cette "île" n'était autre qu'un immense poisson, camouflé par du sable.

[Méam Loez]

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+ Le Léviatan :

-> Nos Sages parlent également d'un grand poisson appelé : Léviatan, créé lui et sa femelle le 5e jour de la Création.

Sa demeure est au plus profond de l'océan, le monde reposant sur son dos. Il garde toujours la bouche ouverte, aspirant des poissons et les mangeant. Chaque jour un autre poisson immense s'approche de la bouche du Léviatan, heureux d'être sa nourriture.
Tous les 70 ans, le Léviatan remue ses nageoires et provoque des tremblements de terre.

Il n'est pas permis au Léviatan de s'accoupler avec sa congénère, sinon sa descendance nombreuse engloutirait le monde.
Hachem, par conséquent, a tué la femelle, l'a salée, et l'a réservée pour le grand festin des tsadikim dans le monde à venir.

Après le festin du Léviatan, les hommes cesseront de manger et de boire, puisque ce ne sont que de simples plaisirs physiques.
Dans le monde futur, ils n'auront plus qu'à accomplir la Torah et à se délecter de la Présence Divine, la seule véritable nourriture de l'âme.

Ce festin n'aura pas pour but de rassasier. Il ne le pourrait pas, car les délices du monde futur n'incluent pas la nourriture et les boissons, mais uniquement le plaisir extrême de sentir l'émanation de la Présence Divine.
Pour ce festin, D. lui-même a réservé la chair créée lors des 6 jours de la Création. C'est la forme la plus élevée des nourritures, très semblable à la manne qui était complètement absorbée par le corps.
Des aliments fins apportent sérénité à ceux qui les mangent : à plus forte raison le festin du Léviatan.

Quiconque mange une nourriture cashère, ne laisse point sortir de sa bouche les mensonges et la médisance et réprime les vœux inutiles, partagera le festin du Léviatan dans le monde à venir.

D. tua la femelle car sa chair salée est meilleure que celle du mâle.

[Méam Loez]

+ "Israël est plus aimé que les anges.
En effet, les juifs ont la possibilité de prier D. à tout instant, tandis que les anges ne le peuvent qu'une fois par jour.
Certains anges ne prient qu'une fois par semaine. D'autres prient une fois par mois, une fois par an, une fois tous les 7 ans ou tous les 50 ans qui représentent le cycle du jubilé.

Israël peut prononcer le nom Divin après 2 mots lorsque nous disons : "Ecoute Israël Hachem est notre D., Hachem est Un" (Shéma Israël Hachem Elokénou).
Tandis que les anges ne peuvent évoquer Son nom qu'après 3 mots lorsqu'ils disent : "Kadoch, Kadoch, Kadoch D. des légions célestes".

Les anges ne peuvent pas prier en haut tant qu'Israël n'a pas prié dans le monde du bas.
Certains anges ne peuvent louer Hachem qu'une seule fois.
[...]

Israël est supérieur aux anges ...
Notre place est si importante que nous devons pendre garde à ne pas violer les commandements de D."

[Méam Loez - Béréchit 1,8]

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+ "D. vit que tout ce qu'il avait fait, était très bien, et ce fut ... le 6e jour" (Béréchit 1,31)

-> La création de l'homme ce jour-là justifie cette expression (très bien - tov méod), puisque les lettres du mot : "très" (méod - מְאֹד) forment le mot : "Adam" (homme - אדם).

Cela nous indique la place essentielle de l'homme dans la Création.

[Ramban]

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+ "Le jour où Hachem fit une terre et un ciel" (Béréchit 2,4)

-> Dans le 1er verset de la Torah : "Au commencement, D. créa le ciel et la terre" : on a le ciel qui précède la terre.
Dans le présent verset, la terre est mentionnée avant le ciel.

De cela, nous apprenons que même un bon juif ne se compose que de chair et de sang, mais au regard de D., il est encore plus précieux que les anges.

[Lors de la création du ciel et de la terre, le ciel fut plus important, et donc mentionné en premier.]
Mais dès la création d'Adam, la terre devint plus importante [et donc mentionnée en premier].

La terre (lieu de résidence des être humains) est maintenant supérieure au ciel dans lequel les anges demeurent.

[le Ahavat Tsion - rapporté dans le Méam Loez - Béréchit 2,4]

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+ "Hachem façonna l'homme, poussière de la terre, insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint une âme vivante" (Béréchit 2,7)

-> La parole de D. créa l'univers, à l'exception de l'homme qu'Il créa de ses "mains".
[...]

Adam fut créé au lever du soleil le 6e jour selon le processus suivant :
- à la 1ere heure = la terre fut réunie ;
- à la 2e heure = elle fut pétrie [avec de l'eau] ;
- à la 3e heure = ses membres furent formés ;
- à la 4e heure = une âme lui fut insufflée ;
- à la 5e heure = il se tint debout sur ses pieds.

Hachem aurait pu réaliser tout cela en un instant, exactement comme pour la Création du monde. Mais Il désirait montrer aux anges qu'il accordait une importance extrême à l'homme.
Et D. prit donc son temps pour le créer.

[Yéfé Toar - rapporté dans le Méam Loez - Béréchit 2,7]

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-> Chaque fois qu'un homme observe une mitsva, il nourrit l'un de ses membres, ainsi qu'une partie du monde.
C'est la raison pour laquelle l'homme est semblable à un univers miniature, disposant en lui de tout ce qui existe dans le monde.

[Méam Loez - Béréchit 1,27]

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+ "D. dit : ‘Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance’ … c’est à l’image de D. qu’Il le créa" (Béréchit 1,26-27)

-> Rabbi Moché Cordovéro explique que le mot : image (tsélem – צלם) est dérivé du mot : ombre (tsél – צל).
Ainsi, dire que l’homme a été créé à "l’image de D." signifie que l’homme représente "l’ombre" d’Hachem projetée sur cette terre ; on comprend mieux alors le lien entre D. et l’homme.

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-> "Hachem dit : "Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance" (נַעֲשֶׂה אָדָם בְּצַלְמֵנוּ כִּדְמוּתֵנוּ - Béréchit 1,26).
Rachi commente : "Nous apprenons ici la modestie d'Hachem. L’homme étant à l’image des anges, ceux-ci auraient pu être jaloux. C’est pourquoi Il les a consultés"

-> Au moment où Hachem a voulu créer l’homme, les anges de Service, enseigne le midrach, se sont répartis en plusieurs groupes. Certains disaient qu’il ne fallait pas le créer et d’autres, qu’il fallait le créer.
Alors que les anges débattaient de la question, Hachem leur dit : "Pourquoi discutez-vous? L’homme a déjà été fait (Naassé Adam (נַעֲשֶׂה אָדָם) – forme passive)".
Les anges sont supérieurs aux hommes essentiellement en ce qu’ils partagent la même opinion étant donné qu’ils sont privés de Libre Arbitre. Les désaccords entre les hommes proviennent du Libre Arbitre.
Cependant, lorsque des différences d’opinion ont vu le jour entre les anges à propos de la création de l’homme, le Créateur leur a dit : "S’il en est ainsi, vous n’êtes pas supérieurs à l’homme! L’homme peut donc être créé!". "Pourquoi discutez-vous? Si vos opinions sont différentes, c’est que l’homme a déjà été fait".
[‘Hidouché haRim]

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+ A propos des anges il écrit :

"Un ange peut avoir une plus grande intelligence qu'un autre et reconnaît son Créateur à un degré plus élevé.

Certains anges ont des noms, pas spécifiques mais associés à leur mission.
Lorsqu'ils sont envoyés pour guérir un homme, ils se nomment Raphaël [signifiant "guérisseur de D."].
Si un ange est envoyé pour aider quelqu'un, son nom est Azriel [signifiant "aide de D."].
Il en va de même pour les autres missions.

L'ange Raphaël peut parcourir d'un coup d'aile le monde de part en part.
Pour cela, Gabriel a besoin de 2 coups d'aile, le prophète Elie de 4 et l'ange de la Mort de 8 ...

Les anges reconnaissent la gloire de D. selon le niveau de leur perception. Mais aucun, pas même le plus grand, ne peut saisir complètement l'essence infinie de D.

[Méam Loez Béréchit 1,14-19]

[tout élément de la Création a un ange qui lui est préposé, à l'exception des 4 espèces de Souccot et du peuple juif, qui sont directement sous la supervision de Hachem.]

"Celui qui a eu le mérite d'avoir une part dans la Torah, mérite d'avoir le monde entier à sa disposition, tandis que celui qui ne s'est pas impliqué dans la Torah n'est pas autorisé à jouir de ce monde, serait-ce uniquement pour y poser ses pieds, sauf s'il soutient ceux qui étudient la Torah."

[Ohr ha'Haïm haKadoch - Béréchit 1,1
en effet, Rachi rapporte que le monde a été créé pour la Torah et Israël]

"Voici la bénédiction que Moché, l'homme de D., a donnée aux bnei Israël avant sa mort" (Vézot haBéra'ha 33,1)

-> Moché n'a mérité d'être appelé "homme de D." que lorsqu'il a béni les bnei Israël. (Yalkout)

-> Le rabbi Avraham de Slonim explique : Comment Moché a-t-il mérité le niveau "d'homme de D."?

Parce qu'il était "avec les bnei Israël".
Certes, il était un "homme de D.", constamment attaché à la Présence Divine et se promenant dans les mondes supérieurs, et pourtant il a su descendre des hautes Célestes, et se promener "avec les bnei Israël", c'est-à-dire s'intéresser à la situation et aux besoins matériels de chacun.

C'est là-dessus qu'il est dit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" = si un juif aime l'autre, alors Hachem dit : "Je suis le 3e!".

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-> b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2015/10/25/3964-2

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+ "Voici la bénédiction que Moché, l'homme de D., a donnée aux bnei Israël avant sa mort"
=> Pourquoi Moché a-t-il attendu le dernier moment, juste avant sa mort, pour bénir le peuple? Pourquoi ne les a-t-il pas bénis avant?

En réalité, la force d'une bénédiction dépend de la grandeur et du niveau spirituel de celui qui la donne. Or, Moché ne cessait de s'élever de niveau à chaque instant. Ainsi, Moché ne voulait pas bénir le peuple plus tôt, car il savait qu'il allait encore s'élever et donc que sa bénédiction aura donc encore plus de force dans le futur.
Mais le jour de sa mort, quand il va se séparer du peuple et qu'il ne pourra donc plus les bénir plus tard, c'était donc le jour où il a atteint le plus haut niveau ici-bas. C'était ce moment que Moché a choisi pour bénir le peuple, car alors sa bénédiction pourra avoir le maximum de sa force, puisque c'était à ce moment que Moché a atteint le sommet de sa grandeur.
[Létit'ha El'yione]

"Haazinou hachamayim va'adabéra" (Ecoutez, cieux! Je vais parler! - Haazinou 32,1 - début du cantique de Moché)

-> "Haazinou" (écoutez) = cette paracha contient 613 mots, correspondant aux 613 mitsvot.
Chaque mot fait allusion à un commandement.

-> "hachamayim va'adabéra" (השמים ואדברה) = cette expression a une valeur numérique de : 613.

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+ "Prêtez l'oreille, ô cieux, et je parlerai ; et que la terre écoute les paroles de ma bouche" (32,1)

-> Moché dit aux Bné Israël qu'il y a 2 parties dans une personne : le ciel (chamayim) qui représente l'âme (néfech) ; et la terre (arets) qui représente le corps (gouf).
Si nous accomplissons la volonté de Hachem, alors absolument rien sur terre n'a de pouvoir sur nous.
Par contre, si nous allons à l'encontre des mots d'Hachem, alors nous sommes soumis aux nations du monde.
[midrach haGadol]

-> Rachi enseigne :
Moché a pris à témoins contre eux le ciel et la terre, des témoins qui dureront éternellement. Et aussi parce que, s’ils le méritent, les témoins viendront leur apporter leur récompense : la vigne donnera son fruit, et la terre sa récolte. Quant au ciel, il donnera sa rosée. Et s’ils se rendent coupables, "la main des témoins sera contre eux en premier" (Dévarim 17,7) : "Il fermera le ciel, et il n’y aura pas de pluie, et la terre ne donnera pas sa récolte" (Dévarim 11,17), après quoi "vous serez détruits bientôt" (Dévarim 11,17) sous les coups portés par les idolâtres.

"Ce n'est pas un enseignement vide pour vous. C'est votre vie! Grâce à qui, vous vous maintiendrez longtemps sur la terre que vous occuperez après avoir traversé le Yarden" (Haazinou 32,47)

-> Le Méam Loez commente :

""Ce n'est pas un enseignement vide pour vous" = il n'y a rien de vide dans la Torah ; tout ce qui y est écrit contient des secrets sublimes.
De plus, s'il vous semble qu'un enseignement de la Torah est vide de sens, sachez que ce vide [de compréhension] est en vous.

"Grâce à [la Torah], vous vivrez longtemps" = même si vous ne saisissez pas ses secrets, l'étude prolongera vos jours, comme il est écrit : "Ils sont la vie pour ceux qui les prononcent".
[...]

"C'est votre vie" = grâce à la Torah, vous êtes appelés "vivants" même après votre mort.
Certains commentateurs expliquent ainsi le verset : "Ne pensez pas que votre service de D. sera vain un jour! Il est votre vie, et grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps ... Vous recevrez une récompense dans ce monde-ci et dans le prochain."
["Il (l’homme) peine dans ce monde (pour la Torah), et sa Torah peine pour lui autre part (dans le monde à venir)" (guémara Sanhédrin 99b)]
[...]

Voici une autre explication du verset : "C'est votre vie pour que vous jouissez de la récompense dans ce monde. Grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps = car la Torah est différente des autres sagesses : vous profiterez de sa récompense même lorsque vous serez vieux. Vous seuls l'avez méritée pour qu'elle vous procure constamment un profit, de votre jeunesse à votre mort.
[...]

"C'est votre vie!" = si vous instruisez vos enfants afin qu'ils observent la Torah, vous serez considérés comme vivants.
En effet, quiconque laisse après lui un fils tsadik et intègre dans ce monde-ci, c'est comme s'il n'était pas mort ...
[De plus,] vos jours ne seront pas raccourcis, au contraire, grâce au mérite d'avoir enseigné la Torah à vos enfants, vous vous maintiendrez longtemps, comme il est écrit : "la crainte de D. ajoute des jours".

Les mots : "ki lo davar rék hou mikèm" (כִּי לֹא דָבָר רֵק הוּא מִכֶּם - ce n'est pas un enseignement vide pour vous - 679) ont une valeur numérique équivalente au mot : "guématriot" (גימטריות - valeurs numériques - 678 + 1 du kollel).
Cela nous apprend que les interprétations de la Torah à partir des valeurs numériques ont elles aussi une grande importance.

Les 248 mitsvot positives correspondent aux 248 membres de l'homme, et les 365 mitsvot négatives à ses 365 tendons.
Chaque mitsva donne vie et santé à un membre.

Ainsi, le verset recommande-t-il d'observer avec soin toutes les paroles de cette Torah sans omettre une seule mitsva. Pourquoi?
"Car ce n'est pas un enseignement vide pour vous" = Il n'existe pas, dans la Torah de chose qui ne corresponde pas à l'un des membres ou des tendons de votre corps.
"C'est votre vie!" = chaque mitsva donne la vie à l'un de vos membres.
Ainsi, "grâce à lui, vous vous maintiendrez longtemps."
[...]

Si un juif ne connaît pas la Torah, on ne peut pas simplement dire : "Untel est vide de Torah", car sans Torah le juif est comme une corps sans âme, il est dépourvu de toute vitalité.

Voilà pourquoi le verset dit : "Ce n'est pas un enseignement vide pour vous".
Pour quelle raison?
Car "c'est votre vie!" = la Torah est votre vitalité ; sans elle votre vie n'en est pas une!"

"Aharon [le Cohen Gadol] mettra sur les 2 boucs des [tirages au] sort : un sort pour Hachem, et un sort pour Azazel" (A'haré Mot 16,8)

-> A Yom Kippour, afin de s’assurer que le yétser ara n’interviendra pas, Hachem nous demande d’apporter un bouc à l’Azazel (une sorte de pot-de-vin), et ce pour corrompre le Satan afin qu’il nous laisse seul renforcer nos liens avec D."
[Ramak - dans son commentaire sur : "A La'hma Anya"]

-> Rachi décrit :
Aharon met 2 plaquettes dans une boîte.
Sur la 1ere est écrite : "l'Hachem" (pour Hachem) et sur l'autre : "la'Azazel" (pour Azazel).
Aharon qui se tient entre les 2 boucs, plonge ses 2 mains dans la boîte et en retire les plaquettes.
Il place celle qui se trouve dans sa main droite sur la tête de l'animal situé à sa droite, et celle qui se trouve dans sa main gauche, sur l'autre bouc.

-> Selon la guémara (Chvouot 13b), les 2 boucs doivent avoir le même aspect, le même poids et la même valeur.

-> La guémara (Yoma 41b) explique que pour éviter de les confondre, le Cohen Gadol attache une langue de laine rouge sur la tête du bouc pour Azazel, et un autre autour du cou du bouc pour Hachem.
Lorsque le bouc pour Azazel était précipité du haut de la falaise, la laine rouge blanchissait, signe que les fautes d'Israël avaient été pardonnées.

-> Selon Rachi, le mot Azazel est composé de : az (fort - עז) et él (puissant - אל).
Il s'agit d'un rocher haut et escarpé.

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-> Observons les lettres suivantes du mots : Azazel (עֲזָאזֵל) :
- le ע est suivi du : פ
- le ז est suivi du : ח
- le א est suivi du : ב
- le ז est suivi du : ח
- le ל est suivi du : מ

=> Ces 5 lettres : פ-ח-ב-ח-מ ont une guématria de : 138, qui est la même que : 'hamets (חמץ).

Le bouc pour Azazel est envoyé dans le désert (midbar - מדבר), et les lettres suivantes de ce mot sont : נ-ה-ג-ש; dont la valeur est de : 358, la même que le mot : na'hach (le serpent - נחש).

=> Quel est le lien entre : le 'hamets, l'Azazel, le na'hach, et le midbar?

La différence entre חמץ ('hamets) et מצה (matsa), se trouve entre la lettre ח et ה (les autres étant identiques).
La guématria du ח est de 8, celle du ה est de 5. La différence entre ces 2 lettres est de : 3.

Les 3 de plus que possède le 'hamets sont : "la jalousie, la concupiscence et les honneurs qui excluent l’homme du monde" (Pirké Avot 4,21 - Rabbi El’azar haKappar), et nous devons tout faire pour nous en débarrasser.
En effet, de même que nous ne devons pas posséder une miette de 'hamets, de même nous ne devons pas laisser se développer en nous ces 3 traits, même un tout petit peu, car ils sont très nuisibles.

On a vu que :
Azazel -> 'hamets
midbar -> na'hach (le serpent, qui symbolise la tentation au mal, le yétser ara)

=> Ainsi, il convient d'envoyer le bouc à l'Azazel (rocher élevé) dans le désert, un lieu faisant allusion au yétser ara que nous détruisons/tuons [à l'image du 'hamets à Pessa'h].

['Hatam Sofer]

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-> Les mots : חמץ et מצה sont pratiquement identiques, à l'exception des lettres : ח et ה.
La différence entre ces 2 lettres est un tout petit trait, à l'image de la différence entre le 'hamets et la matsa qui se joue à quelques instants de trop où la pâte a pu lever.

Nous utilisons la même farine et la même eau pour les 2, la différente se joue ensuite lorsque le levain va se développer.

=> La levée du levain symbolise l'orgueil (Je sais mieux que Hachem!), et lorsque l'on élimine le 'hamets à Pessa'h, on doit également retirer l'orgueil qui est en nous.

['Hida]

[A l'origine, les boucs sont exactement identique (même aspect, même poids, même valeur), mais ensuite l'un d'eux va suivre le chemin qui mène vers les hauteurs (Azazel = un rocher élevé et escarpé), matérialisant son orgueil débordante.
La finalité est que la chute sera d'autant plus haute, plus terrible.
A l'inverse, l'autre bouc, sacrifie sa volonté pour celle de Hachem, et méritera de vivre!

Selon le rabbi Yaakov Schechter, le Cohen Gadol envoyait dans le désert le bouc (sé'ir) laAzazel, pour servir de réparation à la faute d'Adam.
En effet, Adam savait que l'unique chose que Hachem attendait de lui était de ne pas manger du fruit de l'arbre de la Connaissance (ets hadaat). Cependant, il n'a pas suivi la volonté de D.
Cette faute a pour origine l'orgueil.

Azazel -> 'hamets = ce bouc représentant l'orgueil, le fait de se croire supérieur à tout même Hachem (az él - Je suis fort et puissant!) ;

midbar -> le serpent (na'hach) = le désert qui symbolise les tentations de fauter du serpent, qu'on envoie à la mort, puisque seul la volonté de D. nous intéresse!
On fait croire à notre yétser ara qu'on lui donne au moins aussi bien (voir mieux : un beau rocher élevé!) qu'à notre yétser atov, mais en réalité ce pot-de-vin l'est uniquement pour l'envoyer à la mort, et ce afin qu'il nous laisse tranquille! ]

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-> Le Méam Loez (v.16,21-22) enseigne :
Hachem a distribué le monde à 70 anges, nommés chacun responsable d'une nation.
Le procureur général, responsable d'eux tous est : Samaël.
Le jour du jugement est Roch Hachana. Ce jour-là, des décrets sont scellés contre toutes les nations : la vie ou la mort de chacun est décidée.
Par contre, le jugement des juifs est différé à Yom Kippour.

L'ami du roi est Israël. Lorsque les juifs ont fauté toute l'année, Hachem leur inflige des malheurs, des maladies et autres tourments, et compte cela comme une "amende" réparant leurs fautes.
Au jour du jugement, Hachem élabore un plan pour empêcher le procureur de dénoncer les juifs. Il envoie à chacun de Ses anges responsables une prime mais ne donne pas au Satan sa part ce jour-là. Il attend Yom Kippour.

Quand arrive Yom Kippour, Hachem remet sa part à Samaël sous la forme d'un bouc envoyé à Azazel. Les juifs l'expédient dans le désert, un lieu de démons (chédim) où règne Samaël.
En conséquence, à Yom Kippour, Samaël ne peut dénoncer les juifs et doit se comporter comme s'il était leur ami.

Samaël prend donc la défense des juifs :
"Maître du monde! Tu possèdes une nation qui ressemble aux anges!
Comme les anges marchent pieds nus, ils sont pieds nus eux aussi aujourd'hui [Yom Kippour]. [interdiction de porter des chaussures en cuir]
Comme les anges ne mangent ni ne boivent, ils ne mangent et ne boivent pas aujourd'hui.
Comme les anges sont debout et non assis, Israël est debout aujourd'hui toute la journée.
De même que la paix règne parmi les anges, la paix règne parmi les juifs. Il n'y a chez eux ni querelle ni dispute.
Comme les anges sont purs de tout péché, Israël est pur de tout péché."

Lorsque Hachem entend le procureur louer Israël, Il approuve ses paroles et pardonne les fautes des juifs.
Le verset suivant y fait allusion : "Ce jour-là, Essav retourna vers Séïr" (Béréchit 33,16).
Essav désigne l'ange Samaël et Séïr (bouc en hébreu) représente le bouc envoyé à Azazel.
Lorsque Essav (Samaël) voit le bouc envoyé dans le désert, il l'y rejoint et ne dénonce plus Israël.
[...]

Le bouc désigné pour Hachem est égorgé et son sang est aspergé dans le Saint des saints.
De même, la place des descendants de Yaakov leur est réservée dans le sanctuaire du monde futur. Ils y goûteront l'éclat de la Présence Divine.

Le bouc pour Azazel fait allusion à Essav. Comme ce bouc est envoyé dans le désert et projeté d'une montagne pour être démembré, Essav sera effacé du monde.
Il tombera de sa grandeur, comme il est écrit : "Il ne restera rien de la maison d'Essav, car D. a parlé" (Ovadia 1,18).
Essav ne bénéficiera d'aucune place au monde futur.

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-> "Aharon tirera au sort pour les deux boucs, un lot sera pour Hachem et un lot pour Azazel" (A'haré Mot 16,8)

=> Pourquoi l'expiation de Kippour devait-elle se réaliser par des offrandes que l'on aura tiré au sort?

En fait, les gens pensent souvent que quand on effectue un tirage au sort, le résultat est le fruit du hasard. Le sort est un moyen de déterminer qui aura quoi de façon fortuite.
La Torah veut nous enseigner, par le fait qu'elle demande de tirer au sort les boucs, que même ce qui peut nous paraître hasardeux, comme le tirage au sort, est uniquement l'expression de la Providence Divine.
Par cela, on se pénétrera de la conscience et de la foi capitale pour un juif, que le hasard n'existe pas, mais que tout vient d'Hachem et émane de Sa Volonté.
Or, toutes les fautes proviennent d'une foi imparfaite. Ainsi, c'est en renforçant notre foi et notre conscience que tout vient d'Hachem, que l'origine de toutes les fautes sera éliminée. L'expiation des fautes pourra alors intervenir.

[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot]

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-> Rav Saadia Gaon explique la raison pour laquelle D. ordonne de tirer au sort lequel des 2 boucs sera choisi pour Hachem et lequel sera envoyé dans le désert :
Hachem désire par cela nous enseigner un grand principe d’émouna dans tous les évènements de l’existence : tout provient du Ciel, et même le choix du bouc qui est destiné à être envoyé à Azazel, cela aussi c’est Hachem qui l’a décrété, et cela aussi est dans les mains de la Providence qui régit le destin de Ses créatures dans les moindres détails.
C’est pour cela que le ‘choix’ du bouc pour Azazel est effectué par un tirage au sort, afin qu’aucune intervention humaine n’y soit mêlée et qu’il soit clairement établi que sa désignation est le fait d’un décret Divin supérieur.
Partant de là, l’homme en tirera une leçon pour toute son existence.

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+ Un leçon d'éducation aux parents :

-> Rabbi Moché Mordé'haï Epstein enseigne :
"Quand tous les juifs venaient au Temple à Yom Kippour pour accepter le joug du Royaume des Cieux pour eux et leurs enfants, on leur enseignait en cette occasion un chapitre de l’éducation des enfants d’Israël.
Deux boucs se tenaient l’un à côté de l’autre dans la Tente d’Assignation, tout à fait semblables par leur prix, leur aspect, leur couleur et leur taille. Mais l’un est le lot de Hachem, c’est pourquoi on le fait entrer dans le Saint des Saints, l’endroit le plus sacré, alors que l’autre est le lot d’Azazel, on l’emmène dans un pays désolé et désertique, pour qu’il se rompe les os.
Deux amis qui se ressemblent, et qui ont un destin tellement différent!

Cela nous enseigne que si seulement nous faisons de l’enfant un lot pour Hachem, que nous l’installons pour étudier la Torah dans le Saint des Saints du Beit HaMidrach, alors il sera saint pour Hachem.
Mais si ce n’est pas cela son destin, alors il deviendra un lot pour Azazel. Tout dépend du début de l’éducation.
Et bien qu’il soit possible que l’inclinaison ou la déviation soient très légères, on en voit les résultats dans tout le déroulement de la vie, qui séparera les deux amis semblables."

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-> Il est écrit dans notre paracha (A'haré Mot) à propos du service de Yom Kippour : "De la part de la Communauté des Bné Israël, II (Aharon) prendra 2 boucs pour l’expiation ... Et II prendra les 2 boucs et les présentera devant Hachem, à l’entrée de la Tente d’assignation. Aaron tirera au sort pour les deux boucs : un sera pour Hachem, et un pour Azazel. Aharon devra offrir le bouc que le sort aura désigné pour Hachem, et le traiter comme expiatoire ; et le bouc que le sort aura désigné pour Azazel (le bouc émissaire) devra être placé, vivant, devant Hachem, pour servir à l’expiation, pour être envoyé à Azazel dans le désert (précipité du sommet d’une montagne abrupte – Rachi)" (A'haré Mot 16,5-10).

=> Il ressort de ce texte que les 2 boucs avaient comme finalité commune l’expiation des fautes du peuple juif. Toutefois, un immense abîme séparait ces deux boucs : le premier, que le sort désignait pour Hachem, était offert par le Cohen Gadol sur l’Autel, son sang aspergé dans le Saint des Saints (voir A'haré Mot 16,15). A contrario, le second, que le sort désignait pour Azazel, n’était pas offert dans le Temple, mais envoyé, via un émissaire, pour être précipité du sommet de la montagne (voir A'haré Mot 16,21).

-> Le Méchekh ‘Hokhma explique que les fautes commises vis-à-vis d’Hachem, réveillent la faute du Veau d’Or (délit permanent du peuple juif envers D.), tandis que les fautes entre l’homme et son prochain, réveillent la faute de la vente de Yossef par ses frères (délit permanent de l’homme envers son prochain).
Ainsi, explique-t-il, que D. a séparé les expiations du Peuple en 2 boucs, car le bouc pour Hachem avait pour finalité d’expier les fautes entre l’homme et son Créateur (d’où le caractère sacré de son rituel), alors que le bouc destiné à Azazel avait pour finalité d’expier les fautes commises entre l’homme et son prochain (d’où le caractère profane de son rituel).

Nous pouvons maintenant comprendre les enseignements de 2 michnayot se rapportant aux boucs d’expiation :
1°/ "Pour les fautes graves ou légères, volontaires ou inconscientes, connues et inconnues, positives et
négatives, celles punissables de retranchement et celles punissables de mort par le Beth Din, pour toutes ces fautes, le bouc émissaire (pour Azazel) apporte expiation" (michna Chevouot 1,6).
= cet enseignement laisse entendre que le bouc pour Azazel apporte l’expiation pour toutes les fautes et pas uniquement celles commises entre l’homme et son prochain, comme stipulé par le Méchekh ‘Hokhma. Ceci n’est en rien une contradiction, car, nous explique Rabbi ‘Haïm Vital ; l’orgueil, source de toutes les fautes commises envers autrui, est également la source des fautes commises envers Hachem [voir Chaaré Kédoucha 2,4].

2°/ "Les deux boucs du jour de Kippour, l’obligation de principe à leur sujet est qu’ils soient pareils par leur teinte, par leur taille, par leur valeur, et qu’ils soient achetés ensemble" (michna Yoma 1,6).
= Il ressort de cette Michna que les 2 boucs devaient être identiques, car au fond, il n’y a pas de différence entre les fautes commises envers Hachem (expiées par le bouc pour D.) et celles commises envers autrui (expiées par le bouc pour Azazel).
A ce propos, on peut remarquer [au nom du rav de Komarna - Zohar ‘Haï, Chemot], que la valeur numérique du Commandement d’aimer D. : "véAhavta ét Hachem Elokékha - וְאָ֣הַבְתָּ אֵת ה׳ אֱל־ֹהֶיךָ - Tu aimeras Hachem, ton D." (Vaét'hanan 6,5) est exactement égale à la valeur numérique (907) du Commandement d’amour de tout juif : "véAhavta léRéakha kamokha ani Hachem - וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָמּוֹך אֲנִי ה׳ - Tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem (Kédochim 19,18).
Ainsi, ne doit-on pas faire de différence entre l’amour d’Hachem, les Commandements envers Lui, et l’amour d’Israël, les Commandements envers autrui.
[b'h, d'après le feuillet de la communauté Sarcelles - A'haré Mot 5782]

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-> Au moment où l’on sacrifiait le bouc destiné à Hachem, le 2e bouc était encore vivant (A'haré Mot 16,8), et il n’était ‘envoyé’ à Azazel qu’après l’achèvement de tout le service des Kétoret (les encens) dans le Saint des Saints, de l’aspersion du sang du taureau et du bouc.
Dès lors, il pouvait lui sembler que son sort était bien meilleur que celui de son compagnon qui avait été sacrifié, tandis que lui était demeuré en vie, la preuve est qu’on le faisait même sortir du Temple vivant!
Mais en réalité, que s’avérait-il finalement?
Son compagnon qu’il considérait comme si malchanceux avait mérité d’être sacrifié en l’honneur d’Hachem et son sang d’être introduit dans le Saint des Saints. Alors que lui, était envoyé à Azazel (il était alors jeté dans un précipice et tous ses membres se brisaient avant qu’il finisse par s’écraser au sol).

Cela constitue une parabole de ce qui se déroule dans le monde : tout ce qui semble mauvais à une personne ne l’est pas forcément et tout ce qui lui semble bien ne se révèle pas l’être réellement.
[rav Chimchon Raphaël Hirsch]

"Car en ce jour, Il leur pardonnera" (A'haré Mot 16,30)

-> Selon Rabbi Yéhouda HaNassi, le jour de Yom Kippour expie les fautes de tous les hommes, autant ceux qui se repentent que ceux qui ne le font pas (guémara Yoma 85).

=> Comment comprendre que même sans repentir, il puisse y avoir une expiation?

Le jour de Kippour, Hachem enlève l'impact de la faute à tout juif, même à celui qui ne s'est pas repenti.
Certes, la faute n'est pardonnée qu’à celui qui se repent (annulation des punitions afférentes pour avoir fauté, voir transformation en mérites, s'il y a une téchouva par amour!), et celui qui ne s’est pas repenti ne sera pas expié.
Cependant, selon Rabbi Yéhouda Hanassi, on enlèvera malgré tout le poids et l’impact des fautes à tout juif.

En effet, quand quelqu’un veut se repentir, s’il a commis beaucoup de fautes, leur poids rendra difficile le repentir.
D'autant que la faute entraîne la faute.
C’est pourquoi, à Kippour, Hachem enlève le poids des fautes et brise le cercle vicieux de la faute à tout le monde pour que si au cours de l’année à venir un homme souhaite se repentir, il ne sera pas gêné par le poids des fautes de l’année passée.

Ainsi, Hachem allège chaque juif de la lourdeur des fautes pour faciliter le repentir futur. Mais en revanche, pour faire disparaître totalement la faute, seul la téchouva pourra permettre cela.

[Rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk]

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-> La guémara (Kétoubot 103b) rapporte qu'au cours de l'enterrement de Rabbi Yéhouda haNassi, une Voix Divine a proclamé : "Tout celui qui est présent à l'enterrement de Rabbi (Yéhouda haNassi) est destiné à la vie dans le monde à venir".

=> Pourquoi est-ce que nous ne trouvons pas un événement similaire chez d'autres grands tsadikim?

Le rav Its'hak El'hanan Spektor répond par la guémara (Yoma 85b) qui contient une dispute entre Rabbi (Yéhouda haNassi) et d'autres rabbanim sur le pardon des fautes à Kippour.
Les Sages maintiennent que Yom Kippour n'est efficace que s'il y a eu un processus de téchouva de la personne, tandis que Rabbi (Yéhouda haNassi) est d'avis que la sainteté propre à ce jour suffit à amener l'expiation et le pardon des fautes (vis-à-vis de D.).

Rachi ('Houkat 20,1) enseigne : "De même que les offrandes procurent l’expiation, de même la mort des tsadikim procure-t-elle l’expiation."
[c'est à l'image de Kippour : il faut apporter l'offrande = faire téchouva, et c'est alors que la mort du tsadik peut entraîner une expiation totale.]

=> Bien que la loi juive est décidée selon la majorité des Sages, par respect pour l'opinion de Rabbi (Yéhouda haNassi), sa mort a été traité selon son opinion personnelle, et c'est pourquoi tous ceux présents ont reçu une expiation totale par leur simple présence, même s'ils n'avaient pas fait téchouva.

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-> Yom Kippour opère une réparation des fautes commises devant Hachem.
Cependant pour celles où l'on a nuit à notre prochain, Hachem n'accorde pas un pardon automatique, et il est nécessaire d'aller voir autrui pour obtenir son pardon.

[Sifra - guémara Yoma 85b]

[Nos Sages disent qu'autrui c'est du feu.
En effet, D. est tellement rempli de miséricorde qu'il est très simple d'obtenir Son pardon (même pour nos fautes oubliées, inconscientes). Cependant avec autrui, c'est tellement plus compliqué (lorsqu'un humain est blessé, il est très difficile de le faire revenir à l'état initial!).]

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+ "Car en ce jour [de Kippour], Il vous accordera l'expiation pour vous purifier, de tous vos péchés devant D. vous vous purifierez" (A'haré Mot 16,30)

-> L'expression "devant D." indique qu'un repentir intérieur sincère est nécessaire, car les pensées du cœur de l'homme ne sont révélées à personne si ce n'est à D. Lui-même.
[Kli Yakar]

-> "devant D. vous vous purifierez" = le pécheur doit se repentir ; "pour vous purifier" = cela fait référence au fait que D. nous donne une purification complète et sans douleur.
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - chaar 4]

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-> "Si un homme faute et répète ce péché, il le considère comme permis" (guémara Yoma 86b)

Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) explique qu'en répétant sa transgression, la perception de la gravité de son acte s'émousse et sa résistance pour ne pas le reproduire s'affaiblit.
Ainsi, un pécheur doit "purifier son cœur" afin de le ramener à un état où il considérera les actes interdits selon leur véritable gravité, comme il les considérait avant sa faute.

Rabbénou Yona (sur Pirké Avot 1,4) transmet l'idée que lorsque des paroles de remontrance entrent dans notre cœur, le yétser ara incite à les oublier et à les rejeter.
Notre travail est de les entendre, d'éveiller son âme, et de les garder à l'esprit jusqu'à ce qu'elles passe de notre cœur à notre esprit.

=> Pour qu'une téchouva soit complète, il faut pleinement intérioriser la réprimande, au point qu'elle s'assimile totalement en nous.

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-> "Car en ce jour il vous sera pardonné pour vous purifier de tous vos péchés, devant Hachem vous vous purifierez (Kédochim 16,30)

Rabbi Akiva a dit : "Heureux êtes-vous, Israël, devant Qui vous purifiez-vous, et Qui vous purifie, votre Père des Cieux, ainsi qu’il est dit : "devant Hachem vous vous purifierez"." (michna à la fin de Yoma).

Le Ohel Yaakov enseigne :
Quand un médecin soigne un malade, il fait tout ce qui est nécessaire pour le guérir, sans prêter beaucoup d’attention à la souffrance du malade.
Mais si le médecin soigne son propre enfant, il cherche des moyens de diminuer autant que possible la souffrance engendrée par les soins médicaux.
Hachem, en tant que Père d’Israël, cherche également des moyens pour que le rachat des fautes ne s’accompagne pas d’épreuves trop dures, c’est pourquoi Il nous a donné un jour saint, Yom Kippour, où toutes les fautes sont pardonnées.
=> Etant donné que "Qui vous purifie, votre Père des Cieux", alors Il nous a donné un moyen de guérison facile.

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-> "Car en ce jour il vous sera pardonné"

Rabbi Schmelke de Nikolsbourg donne l’exemple suivant :
Un fils de roi s’était révolté contre son père, et l’un des officiers le dénonçait constamment.
Un jour, le dénonciateur sortit de la ville. Immédiatement, le fils courut chez son père et se mit à pleurer en affirmant qu’il regrettait ses fautes et voulait revenir à lui.
Le père eut tout de suite pitié de lui.
De même, le jour de Kippour, le Satan n’a pas le droit d’accuser, et quiconque le désire peut venir vers le roi.