Aux délices de la Torah

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L’après-midi du 9 Av & le début de la guéoula

+ L'après-midi du 9 Av & le début de la guéoula :

-> La Guemara (Ta'anis 29a) rapporte que le Temple a été incendié le 9e jour d'Av, avant la tombée de la nuit, et qu'il a brûlé tout au long de la journée suivante.
La question évidente est la suivante : si le point culminant de la destruction a eu lieu plus tard dans la journée, comment se fait-il qu'après le 'hatsot du jour (le midi juif), les lois du deuil soient assouplies?
Par exemple, nous ne sommes obligés de nous asseoir sur le sol que jusqu'au 'hatsot. On pourrait penser qu'au contraire, au fur et à mesure que la journée avance, les lois de deuil devraient être plus strictes, puisque c'est à ce moment-là que la destruction ultime a eu lieu.

De plus, nos Sages nous disent que le machia'h naît le jour du 9 Av après 'hatsot. Pourquoi ce moment, celui où le Temple a été incendié, est-il le moment approprié pour la naissance de machia'h?

Le Bné Yissa'har souligne que les 9 jours [de Av où le deuil s'intensifient] comptent 216 heures, ce qui correspond à la valeur numérique du mot אריה (aryé - un lion).
Il y a une allusion à cela dans le verset : "Un lion rugit, qui n'aurait pas peur?" (aryé cha'ag mi lo yira" - Amos 3,8). Pendant les 9 jours (d'Av), le temps du lion, qui ne craint pas le jugement d'Hachem?
Cependant, nous trouvons également : "comme un lion qui se cache" (ari bémistarim - Eikha 3,10). Le mot "ארי" (ari - lion) est écrit sans la lettre hé (ה - comme dans אריה), dont la valeur numérique est 5.
Ceci fait allusion au fait que le jugement douloureux des neuf jours est atténué dans ses 5 dernières heures.
Quelle est la signification particulière de cette période?

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-> Rabbi Tsadok haCohen rapporte qu'au moment de la destruction, les Kérouvim (chérubins dans le Saint des Saints du Temple) se sont retrouvés face à face.
Nos Sages nous disent que lorsque le peuple juif agissait correctement et suivait les voies de la Torah, les Kérouvim se faisaient face (comme s'enlaçant d'amour entre Hachem avec le peuple juif).
Cependant, lorsqu'ils n'agissaient pas selon les voies de la Torah, les Kérouvim se détournaient l'un de l'autre.
Si tel est le cas, pourquoi, au moment de la destruction du Temple, alors que nous imaginons que le peuple juif était à son niveau le plus bas d'observance de la Torah, les Kérouvim se faisaient-ils face les uns aux autres? Comment le moment de la destruction du Temple peut-il être un moment où le peuple juif faisait la volonté d'Hachem?

A l'époque de la destruction du Temple, le peuple juif ne pouvait pas imaginer qu'Hachem détruirait le Temple. Même les autres nations du monde ne pouvaient le comprendre, comme l'indique le verset : "Les rois de la terre ne croyaient pas ... que l'adversaire ou l'ennemi pût franchir les portes de Jérusalem" (Eikha 4,12).
Ainsi, les juifs n'ont pas fait une véritable téchouva pour leurs fautes. [ça va on a le temps, la situation n'est pas si grave, de toute façon le Temple ne va jamais être détruit! ]

Cependant, au moment où le Temple a été incendié, le peuple juif a réalisé que l'inimaginable s'était produit. À ce moment-là, les juifs se sont enfin repentis en faisant une téchouva sincère.
Ce remords, bien que trop tardif pour sauver le Temple, a créé une proximité extraordinaire avec Hachem. C'est pourquoi, dans les moments qui ont suivi la destruction du Temple, les Kérouvim se faisaient face, signe qu'Hachem était satisfait de leur repentir.

Il existe une autre explication à la raison pour laquelle les Kérouvim se faisaient face à ce moment-là.
Nos Sages disent que les Kérouvim se faisant face étaient un signe de l'amour et de la proximité entre Hachem et le peuple juif. Comme nous le disons dans les prières de Pessa'h, Shavouot et Succot : "Tu nous as élevés au-dessus de toutes les langues" (véromam'tanou mikol aléchonot).
Le sens simple est que Hachem nous a élevés au-dessus de toutes les autres nations du monde.
Une explication plus homilétique est qu'Hachem nous a élevés au-dessus de toutes les expressions d'amour qui existent dans le monde. L'amour entre le peuple juif et Hachem est plus profond que ce que l'on peut décrire avec les descriptions physiques de l'amour utilisées dans ce monde.

Lorsque 2 amis proches se font leurs adieux, toutes les émotions et tous les sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre remontent à la surface. Au moment où Hachem faisait ses adieux au peuple juif, si l'on peut dire, ce moment était l'apogée de l'amour d'Hachem pour le peuple juif. C'est pourquoi les Kérouvim étaient tournés l'un vers l'autre, afin de refléter l'extrême proximité de ce moment.
Cet amour puissant d'Hachem a généré une réponse réciproque de la part du peuple juif, qui a réagi en se repentant de ses fautes.
[ Il y a le principe : "Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent" (Michlé 27,19). Ainsi, puisqu'avec la destruction Hachem se séparait de nous, alors Son "cœur" s'est enflammé pour Ses enfants adorés (les juifs), et ce qui vient du cœur va au cœur, faisant que le cœur des juifs a ressenti inconsciemment cet amour énorme d'Hachem, les incitant à faire téchouva (retourner vers D.) ]

Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi, après 'hatsot de la journée du 9 Av, les lois du deuil sont assouplies. À un niveau superficiel, l'incendie du Temple était l'élément symbolisant même de la destruction (plus la journée du 9 Av avance plus le Temple est davantage détruit par le feu).
Néanmoins, alors que les briques et le mortier brûlaient, le peuple juig se repentit en assistant à la destruction et en ressentant l'amour d'Hachem pour l'être aimé qu'il quittait.
C'est ainsi que débuta la construction du 3e Temple. C'est donc un moment approprié pour la naissance du machia'h, et c'est la raison pour laquelle le deuil à ce moment-là est détendu.

[en plus de cela, les juifs ont réalisé d'un côté la gravité de leurs fautes, et d'un autre que Hachem est prêt à détruire Sa maison sur terre, à perdre Sa proximité avec Ses enfants, à souffrir en exil (D. souffre avec nos souffrances), ... Il a mis Sa "colère" sur des pierres plutôt que sur Ses enfants. Le feu brûlant le Temple témoignait du feu brûlant en Hachem d'amour pour chaque juif! ]

D'une façon similaire, le 'Hatam Sofer explique le verset dit : "Le bâtisseur de Jérusalem est Hachem, les exclus d'Israël seront rassemblés" (boné Yérouchalayim Hachem nid'hé Israël yé'haness - Téhilim 147,2). Il explique que dès l'époque de la destruction du Temple, Hachem a commencé à reconstruire Jérusalem dans les Cieux, grâce au mérite du peuple juif, les exclus d'Israël [suite à la perte du Temple], se rassemblant en exil et pleurant sa destruction. Lorsqu'il sera achevée, elle descendra sur terre.

[d'une certaine façon, tous les jours de l'année, en particulier pendant les 3 semaines, et surtout le 9 Av, Hachem pleure la perte du Temple et ses conséquences, et chaque juif ressent en lui cet amour d'Hachem, ce qui éveille une envie de notre part de partager avec Hachem ce douloureux constat (d'où le deuil), cela nous pousse aussi à faire téchouva et à agir de notre mieux pour provoquer au plus vite sa reconstruction sur terre. ]

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+ Le Temple en nous :

-> Hachem n'est pas seulement le bâtisseur de Jérusalem au niveau collectif, mais également au niveau individuel. Lorsqu'un individu pleure la destruction du Temple, Hachem lui donne une énorme aide Divine pour construire son propre Jérusalem, un endroit où Hachem réside, à l'intérieur de son cœur.
Nos Sages disent qu'il y a une allusion à cela dans le verset : "Et ils construiront pour Moi un lieu saint (sanctuaire - véassou li Mikdach), et Je résiderai au milieu d'eux" (Térouma 25,8).
Le verset ne dit pas "et j'y résiderai", "il" faisant référence au Mikdach (Sanctuaire). Il dit plutôt "et je résiderai au milieu d'eux" (béto'ham), c'est-à-dire dans le cœur de chaque juif.
Un moment très propice où Hachem nous accorde cette bénédiction spéciale de résider "au milieu de nous" (vécha'hanti béto'ham) a lieu à la fin de la journée du 9 Av.

La fin de cette journée du 9 Av est le point culminant de la période de 3 semaines, au cours de laquelle nous prions un total de 70 prières de Amida/moussaf (trois par jour pendant 22 jours, plus moussaf 3 fois le Shabbath et une fois le Roch 'Hodech). Ces prières représentent les 70 nations du monde.
Avec nos prières et notre avoda (service Divin), pendant cette période, nous pouvons transformer l'énergie spirituelle des 70 nations en une lumière spéciale pour le peuple juif.

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+ Talit et Téfillin pendant la Min'ha du 9 Av :

-> Le Rambam (Hilkhot Taanis) écrit que l'objectif principal d'un jour de jeûne n'est pas le sac de cendre et le jeûne, mais plutôt le repentir. En ce moment opportun, nous devrions renouveler notre dévotion à l'étude de la Torah et au guémilout 'hassadim. Comme le dit le midrach, que peut faire une personne pour être sauvée des affres de la naissance de machia'h? Il doit s'occuper à l'étude de la Torah et à la guémilout 'hassadim.

En gardant cela à l'esprit, nous pouvons comprendre la coutume de faire la prière de Min'ha le jour du 9 Av en portant le talit et les téfilin, ce qui ne se fait pas les autres jours de l'année.
Nos Sages mentionnent que les téfilin sont liés à Moche Rabbénou et que les tsitsit sont liés à Aharon haCohen. Lorsque la Torah aborde la mitsva des téfilin, elle déclare : "afin que la Torah d'Hachem soit dans ta bouche" (Bo 13,9), faisant référence à la Torah de Moché Rabbénou.
L'étude de la Torah entraînera la guéoula, comme l'explique le Ohr ha'Haïm haKadoch (Vayé'hi 49,11) : "L'exil est allongé par la faute du bitoul Torah (perdre du temps qu'on aurait pu consacrer à étudier la Torah), et la guéoula viendra dans le mérite de Moché, qui est la force de l'étude de la Torah".
Ceci est symbolisé par les téfilin que nous portons à min'ha du 9 Av, qui est le moment où la guéoula a commencé (avec la notion de naissance du machia'h et de la construction au Ciel du 3e Temple).

Les Tsitsit, qui sont portés sur un vêtement qui entoure une personne, rappellent Aharon haCohen, au mérite duquel nous avons eu les Nuées de Gloire (Anané HaKavod) qui ont entouré le peuple juif dans le désert. Les Nuées de Gloire étaient l'acte ultime de bonté, puisqu'elles protégeaient le peuple de tout danger. Le port de notre talit, qui nous entoure de tsitsit, nous rappelle cela.

En cette période propice, alors que nous revêtons nos talit et nos téfilin pour prier la dernière prière de bein hamétsarim, nous devons saisir cette occasion pour nous renforcer et nous engager à nous améliorer dans ces 2 domaines : étudier la Torah et faire du 'hessed (actes de bonté).

[rav Tsvi Meïr Zilberberg]

Sans le Temple = on est comme un corps sans vie

+ Sans le Temple = on est comme un corps sans vie :

-> Une coutume vieille de plusieurs siècles, rapporté par nos Sages (Massé'het Sofrim - perek 18), veut que le jour du 9 Av, un séfer Torah soit posé sur le sol, enveloppé de noir.
La Torah représente la Chékhina, la Présence d'Hachem, et lorsqu'elle est posée sur le sol, on dit : "nafla atérét rochénou" (la couronne de notre tête est tombée - Eikha 5,16).
On prononce alors un éloge funèbre, comme s'il s'agissait d'un cadavre.
L'avoda (service) du 9 Av est de développer le sentiment que la perte du Temple n'appartient pas seulement au passé, mais qu'il s'agit plutôt d'une tragédie actuelle.
Le jour du 9 Av, une personne doit se sentir comme si elle était assise en présence d'une personne décédée. Ce sentiment doit durer depuis le début du 9 Av jusqu'au moment de Min'ha, lorsque nous disons Na'heim.
[chaque année où le Temple est détruit, c'est comme si sa destruction avait eu lieu en cette année. Nous ne devons pas aborder le Temple comme des pierres en ruine depuis très longtemps, mais comme si on venait d'avoir un véritable mort qui nous est proche qui vient de se passer, avec toute la tristesse que cela implique pour nous. ]

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-> Le roi Shlomo écrit : "Le coeur des sages (lev 'hakhamim) se porte vers une maison de deuil (béit ével), le coeur des fous (lev kessilim) vers une maison de joie/plaisir" (béit sim'ha)" (Kohélet 7,4).
Le Targoum explique : "beit ével" fait référence à la destruction du Temple.
Le cœur des personnes sages se concentre sur la destruction du Temple et pleure l'exil du peuple juif.
Le cœur des fous sont heureux de se réjouir, et ils ne prennent pas à cœur la douleur et le supplice du peuple juif.

Le roi Shlomo nous dit qu'il faut un "lev 'hakham" (un cœur sage), pour être capable de ressentir le deuil du Temple et la douleur de l'exil du peuple juif.
=> Quelle est cette sagesse nécessaire pour comprendre pourquoi nous portons le deuil de la destruction du Temple?

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+ Un corps en décomposition :

-> Le Gaon de Vilna brosse un tableau effrayant de ce à quoi ressemble le peuple juif sans le Temple.
Il écrit : le Temple était l'âme du peuple juif. Lorsque le Temple a été détruit, notre (partie d'âme) roua'h nous a quittés. Nous sommes devenus comme un corps sans âme, comme un cadavre, un corps sans vie.
Comme nous le disons dans les bénédictions qui suivent la haftorah : "ki hi beit 'hayénou" (car c'est la maison de notre vie).
Pour le peuple juif, le Temple était la maison de la vie. L'exil du peuple juif (suite à la destruction du Temple) en dehors de la terre d'Israël est comparable à l'enterrement d'un cadavre.
Le peuple juif parmi les non-juifs voit son corps consumé, comme un cadavre consumé par les vers.

Immédiatement après la destruction du Temple, le peuple juif disposait encore des grandes yéchivot de Bavel, Soura et Poumbédissa.
Lorsque le corps du peuple juif s'est désintégré, les yéchivot ont été détruites. Puis, comme nous avons perdu les grands talmidé 'hakhamim de la génération précédente, même les os du peuple juif ont été perdus.

L'un des disciples du Rachba, dans son séfer sur Eikha, pose la question suivante : "Quel est le sens de l'affliction? Quelle est la signification des souffrances que nous subissons le jour du 9 Av, comme ne pas manger, ne pas boire et ne pas se laver?
Quel est le lien entre l'interdiction de porter des chaussures et d'avoir des relations conjugales et la destruction du Temple?
Il répond en expliquant la définition de la mort. La mort signifie la séparation de l'âme et du corps.
L'obligation de pleurer le Temple consiste à ressentir une douleur similaire à celle que l'on ressent lorsque l'âme quitte le corps.
Une personne dont le corps est dépourvu d'âme n'éprouve aucun plaisir. Lorsque nous nous abstenons de ces plaisirs, cela nous rappelle et nous donne une idée de ce qu'est réellement la destruction du Temple.

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+ L'âme et le cœur :

-> La Chékhina dans le Temple est comparable à l'âme dans le corps. Tout comme l'âme donne à une personne la capacité de parler, la présence de la Chékhina dans le Temple a révélé au peuple juif les désirs d'Hachem, comme il est dit :"et les paroles d'Hachem [sortent] de Jérusalem" (oudévar Hachem miYérouchalaim - Yéchayahou 2,3).
En outre, l'âme donne à une personne la capacité de sentir ; de même, la Chékhina dans le Temple a permis aux sacrifices d'avoir "un arôme satisfaisant pour Hachem" (réa'h ni'hoakh l'Hachem - Vayikra 1,9), c'est-à-dire d'être acceptées.
Lorsque la Chékhina était dans le Mikdach (le Saint), il est dit : "Et Tu écouteras du Ciel" (véata tichma min achamayim - Divré haYamim 6,25). Ceci est comparable à l'âme qui donne à une personne la capacité d'entendre.
Tout comme un corps perd ses capacités lorsque son âme s'en va à la mort, lorsque la Chékhina nous a quittés à l'époque de la destruction du Temple, le peuple juif a perdu ces connexions célestes.

Il est écrit : "c'est si amer, car cela atteint jusqu'à ton coeur" (Yirmiyahou 4,18).
Le midrach dit que
"ton coeur" (libé'h) est le Temple, qui est le coeur du peuple juif, comme le dit le verset : "mes yeux et mon coeur seront là tous les jours" (Méla'him I 9,3).
Le cœur d'une personne est la source de sa vie ; de même, le Temple est comparé au cœur du peuple juif.

Le Temple n'est pas seulement comparé au cœur, il est également assimilé au cou.
Le verset : "Comme Migdal David (le Temple) est votre cou" (Chir haChirim 4,4). Le midrach dit que le Temple est comparé à un cou, parce que lorsque le peuple juif avait le Temple, il était plus haut que les autres nations, comme un cou tendu élève la tête vers le haut.
La Torah (Vayigach 45,14) raconte que Binyamin et Yossef tombèrent l'un sur le cou de l'autre et pleurèrent. Le midrach explique qu'ils ont pleuré la destruction du 1er et du 2e Temple, le cou du peuple juif.
Le lieu de la ché'hita (l'abattage rituel casher) se trouve sur le cou de l'animal, car le cou est le lieu de la vie. De même, lorsque le Temple a été détruit, le peuple d'Israël a perdu la vie.
[par rapport à tout ce que nous apportait spirituellement et matériellement le Temple, nous sommes comme morts en comparaison. ]

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+ La punition pour l'absence de deuil :

-> Une guémara dans Guittin raconte qu'il y avait une ville avec de grands Tsadikim qui étaient capables de résister à de fortes tentations. Cependant, la ville fut détruite. La guémara se demande pourquoi Hachem les a punis s'il y avait là des gens si justes (tsadik).
La guémara répond : parce qu'ils n'ont pas pleuré pour Jérusalem.

Le rav Yaakov Emden (le Yaabets) explique cette guémara dans son siddour. Il écrit ce qui suit : "Si le peuple juif devait rectifier toutes ses fautes, mais qu'il lui en restait une, celle de ne pas avoir pleuré Jérusalem de manière appropriée, ce serait une raison suffisante pour qu'ils reste en exil. À mes yeux, c'est la raison la plus claire, la plus révélée et la plus forte pour toutes les persécutions extrêmement terribles qui ont eu lieu tout au long de l'exil dans tous les endroits où nous avons été dispersés.
L'étendue de nos problèmes est effrayante. Nous avons été constamment persécutés par les non-juifs, malgré notre petitesse et notre misère".
Il s'agit là d'un langage très puissant.

Le peuple juif connaît des difficultés, des persécutions et des décrets difficiles. Pourquoi cela?
Le rav Yaakov Emden poursuit : "Parce que le cœur du peuple juif est dépourvu du sentiment de vide (que nous laisse la perte du Temple). Le deuil a quitté nos cœurs parce que nous sommes heureux et satisfaits. Nous avons oublié Jérusalem et sa perte ne touche pas nos cœurs ; par conséquent, nous avons été oubliés, comme une personne décédée est oubliée après quelques générations.
Quiconque cherche la vérité admettra que c'est exact. Cela est particulièrement évident en ce jour amer du 9 Av. Qui pleure et qui gémit au plus profond de son cœur à propos de la destruction du Temple Combien de larmes sont versées à ce sujet?
Il va sans dire que les autres jours, nous ne nous souvenons pas non plus du Temple".
Le rav Yaakov Emden conclut en expliquant que c'est la raison pour laquelle la ville des tsadikim a été détruite, car un endroit qui ne pleure pas la destruction du Temple mérite d'être détruit lui-même.

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[le 9 Av ont pleure sur l'ensemble des malheurs que le peuple juif a pu connaître, car tous prennent racine dans la perte du Temple. Nous devons avoir en tête que plus nous pleurerons sincèrement cette année, le moins nous aurons à pleurer sur de nouveaux malheurs (collectif et individuel) aux 9 Av à venir.
Par ailleurs, le 9 Av nous remet en phase avec la Vérité. Souvent nous avons tout ce qu'il faut pour être heureux dans notre vie, mais on se focalise sur une chose qui pourrait nous manquer, et nous nous attristons, plutôt que d'apprécier ce que l'on a et remercier Hachem pour cela.
Ainsi, le 9 Av nous apprend qu'il y a un moment limité pour pleurer (le restant on doit être joyeux et confiant en Hachem) et qu'on doit plutôt s'attrister sur de vraies choses : savoir que Hachem n'a pas de maison (Temple), que Sa grandeur est actuellement profanée, les pertes dues à l'absence du Temple, ... ]

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+ Le but de l'humanité :

-> Lorsque rav Yonathan Eibshitz explique les bénédictions de la Amida, nous avons un aperçu de ce que Jérusalem et le Temple signifiaient pour les grands juifs. Dans son livre Yaarot Dvach, il donne une longue explication de tous les bénédiction de la Amida, mais en ce qui concerne "véli Yérouchalayim Ir'ha" et "Et Tséma'h", il dit :
"Il n'y a pas besoin d'une longue explication, parce que l'on doit crier sans cesse pour la reconstruction de Jérusalem et le retour de la royauté de la maison du roi David. Le but de l'humanité est de construire Jérusalem et le royauté de la Maison de David (beit David), et si nous ne les avons pas, alors pourquoi devrions-nous vivre?
Jérusalem est le siège d'Hachem. Les anges d'en-Haut récitent sans arrêt des lamentations pleines de larmes sur la destruction de Jérusalem, tous les jours et toutes les nuits. Si les anges pleurent Jérusalem, comment ne pas pleurer la profanation du Nom d'Hachem par la destruction de Jérusalem et de la Royauté de David (malkhout beit David)?

Chaque personne doit se dire : "Maître du monde, je donne mon âme pour l'amour de Ton Saint Nom, et si je ne suis pas digne de voir Tsion construit et la Malkhout Beit David restaurée, je mourrai afin de sanctifier Ton Nom, et je ne la verrai pas.
S'il te plaît, construis Jérusalem et restaure la royauté de la maison du roi David , afin que Ton Nom soit sanctifié. Aie pitié de Tes enfants bien-aimés qui souffrent énormément en exil et qui sanctifient Ton nom en public".
Puisque nos fautes ont causé la destruction de notre magnifique Temple et de la Malkhuout Beit David, tout le monde sait à quel point nous manquons de bonté à cause de cela et comment nous sommes passés de la vie à la mort, et cela sera inversé lorsque Hachem réalisera le retour à Sion."
[Ici termine les paroles du rav Eibshitz. ]
Il n'est donc pas nécessaire d'expliquer longuement ces bénédictions.
Tout le monde sait ce qu'ils signifient et ce que nous sommes censés ressentir en les prononçant.

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Si notre situation est si difficile, c'est parce que nous sommes si loin d'Hachem.
La source de subsistance et de salut du peuple juif est le Temple et lorsque nous ne l'avons pas, "la malédiction de chaque jour est plus sévère que celle du jour précédent" (guémara Sotah 49a).
Plus nous nous coupons de notre source de vie, plus notre situation est grave. La vie nous manque et c'est pourquoi, chaque année, c'est comme si un cadavre se trouvait devant nous.
[comme nous l'avons vu, chaque année sans le Temple c'est comme s'il était détruit actuellement devant nos yeux, mais en plus de cela chaque année qui passe c'est 365 jours de malheur plus sévère les uns des autres que nous subissons. ]
Cela nous oblige à nous lamenter et à faire l'éloge de ce corps en disant : "nafla atérét rochénou" (la couronne sur notre tête est tombée).

[d'après un dvar Torah du rav Asher David May ]

Une Torah de bonté et de vérité

+ Une Torah de bonté et de vérité :

"Une Torah de feu" (éch dat - Vézot haBéra'ha 33,2)

-> Rachi explique que les mots de la Torah sont un feu noir sur un fond de feu blanc.

-> Le Maharal (Gour Aryé) explique :
Le feu noir et blanc de la Torah correspondent à ses 2 caractéristiques principales : le 'hessed (bonté) et le émet (vérité). La Torah est vérité, mais elle est aussi bonté, comme l'a dit le roi Shlomo : "Torah de 'hessed sur sa langue" (Michlé 31,26).
La couleur blanche symbolise le 'hessed et la bonté. Le guémara (Sota 14a) affirme que la Torah commence par le 'hessed : "Hachem fit pour Adam et sa femme des vêtements de cuir, et Il les habilla" (Béréchit 3,21.) De même, la Torah se termine par du 'hessed : "Il enterra [Moché] dans une vallée" (Dévarim 4,6).
Ce n'est pas un hasard si la Torah commence et se termine par du 'hessed (acte de bonté). L'essence de la Torah est la bonté, car la Torah nous amène dans le monde à Venir, qui est pure bonté. Même lorsque la Torah préconise de punir un fauteur, c'est pour le plus grand bien de bannir le mal du monde.

Mais la Torah n'est pas seulement bonne. Elle est aussi émet, la vérité pure. La vérité de la Torah est indiquée par un feu noir.
La couleur noire symbolise la vérité, car c'est une couleur franche qui se détache sur le fond blanc de la Torah. La vérité de la Torah est claire et apparente pour tous, même pour les non-juifs, comme il est dit : "C'est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des gens qui entendront toutes ces lois, et ils diront : "cette grande nation est un peuple sage et intelligent" (Dévarim 4,6).
Il est vrai que certaines mitsvot, telles que les 'houkim, ne sont pas facilement compréhensibles. Néanmoins, la Torah est le dépositaire d'une sagesse si incomparable que toute personne exposée à sa lumière sera forcée de reconnaître ses vérités inhérentes, même si certaines de ses parties ne sont pas aussi faciles à comprendre.

Un jugement décrété par Hachem à l'encontre des nations (non-juives) est ferme et ne sera pas annulé, car elles n'ont personne qui puisse annuler le décret.
En revanche, lorsqu'un jugement est prononcé à l'encontre du peuple juif, il ne bénéficie d'aucun "soutien", car les justes (tsadikim) parmi eux peuvent l'annuler.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Balak 23,18 ]

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=> Alors que les décrets divins contre les nations non juives sont définitifs, les justes peuvent annuler les décrets divins contre le peuple juif.

-> Hachem dit : "Qui Me gouverne? Les tsadikim ; J'émets un décret [sévère] et le tsadik l'annule".
[guémara Moed Katan 16b ]

Ainsi, un tsadik a la capacité de contraindre Hachem à faire sa volonté, pour ainsi dire.
[cela témoigne d'à quel point Hachem nous aime et a confiance en nous! ]

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-> "Tu prendras une décision, et elle sera accomplie pour toi" (Iyov 22,28) = "Tu décides d'en bas, et Hachem accomplit ta parole d'en-Haut" [guémara Taanit 23a]

Les justes (tsadikim) font en sorte que Hachem se revête, pour ainsi dire, dans le tsadik, et ainsi, comme le tsadik le veut, il en sera ainsi.
Telle est la signification profonde du verset : "Une prière de Moché, un homme de D." (Téhilim 90,1).
Grâce à la prière de Moché, pour ainsi dire, D. s'est trouvé "dans l'homme", c'est-à-dire dans Moché, pour accomplir Sa volonté.
Comme il est dit :"Il avait l'intention de les détruire (le peuple juif), et Il l'aurait fait si Moché, Son élu, ne s'était tenu devant Lui sur la brèche pour apaiser Sa colère et l'empêcher de détruire (Téhilim 90,1 ; midrach Chémot rabba 41,7).
Telle est donc l'idée sous-jacente de l'expression "un homme de D." = la Divinité s'est revêtue dans l'homme.

Mais cela ne se produit que lorsque les tsadikim prient pour qu'on accorde de la bonté aux juifs.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Balak 23,19 ]

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-> Lorsque Hachem accorde des bénédictions, elles ne peuvent être retirées.
Alors que les malédictions divines, Hachem peut se rétracter, puisque le tsadik peut annuler un décret nuisible, faisant une permutation de lettres de : "calamité/souffrance" (tsara - צרה) en "souhaitable" (rétsé - רצה).
Mais tout ce qui sort de la bouche de Dieu pour le bien ne peut être retiré, comme on le sait (guémara Béra'hot 7a).
[...]

Lorsque Hachem émet un décret [difficile], un tsadik peut l'annuler (guémara Moed Katan 16a).
Quelle est la signification du verset : "que Ton trône soit établi avec bonté, que Tu t'y assoies en toute vérité" (véyikon bé'hessed kissé'ha vétéchev alav bé'émet - dans la prière de ouNétané Tokef, dans cha'harit et moussaf de Roch Hachana et Yom Kippour)?

Lorsque Hachem établit Son trône avec bonté, et suscite Sa miséricorde et Sa bonté pour le peuple juif, on peut vraiment dire que D. est assis sur Son trône de bonté, car le tsadik ne peut pas, dans ce cas, annuler Son décret.
Cependant, lorsque D. émet un décret difficile, un tsadik peut annuler le décret difficile, et D. doit se lever de son trône de jugement et s'asseoir sur le trône de la compassion.
Ainsi, dans ce scénario, Hachem n'était pas assis de manière catégorique sur le trône du jugement.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Balak 23,20 ]

=> Pour les juifs, les bénédictions sont irréversibles, à l'inverse des malédictions.

Le mois d’Elloul

+ Le mois d'Elloul :

-> Les jours d'Elloul sont appelés "yémé ratson", jours de faveur Divine.
Le Bné Yissa'har ('Hodech Ellul - maamar 1,9) écrit que pendant cette période, les portes du Ciel
sont grandes ouvertes pour accepter tous nos prières.
Une personne peut alors accomplir par ses prières, en peu de temps, ce qui impliquerait généralement un plus grand effort et prendrait beaucoup plus de temps pendant le reste de l'année.

-> Le Shaar haMélé'h (chaar 1, perek 5) écrit que la guémara (Béra'hot 60a) dit que pendant les 40 premiers jours après la conception, nous pouvons prier pour le sexe du bébé. Il est possible que le bébé soit censé être un garçon et que, grâce à nos prières, il devienne une fille, ou vice versa.
De même, les 40 jours entre Roch 'Hodech Elloul et Yom Kippour marquent le début de la nouvelle année. C'est à ce moment-là que tout se décide. Si, à D. ne plaise, quelque chose de négatif a été décrété, cela peut être changé par la prière.

-> De nombreux tsadikim et guédolim, tels que le rav Its'hak Chaver (Chaar bat Rabim 4,63), nous ont exhortés à "ne pas perdre une seconde de ces jours d'Elloul, car ils peuvent nous élever aux plus hauts niveaux de proximité avec notre Créateur".

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-> Le Alter de Kelm écrit : "Certaines périodes de l'année sont propices à la croissance spirituelle, et le mois d'Elloul en fait partie.
C'est pourquoi, pendant ces jours, nous devrions utiliser cette occasion en or pour renforcer les fondamentaux, ce qui nous apportera le succès dans d'autres domaines de la religion.
Quels sont ces fondements à renforcer?
Intérioriser le fait que tout ce qui arrive dans la vie ne vient que d'Hachem (akol bidé chamayim)."

Le Alter de Kelm écrit plus loin : "Nous devons renforcer la croyance fondamentale que tout ce qu'Hachem fait est le meilleur pour nous, même si cela ne semble pas être le cas."

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=> Dans toutes les situations de la vie, la clé est d'être conscient des opportunités qui nous sont offertes et d'en tirer parti. Le mois d'Elloul est propice à la spiritualité. Tout ce que nous faisons compte davantage. Nos prières sont plus facilement acceptées.
Ce qui peut nécessiter des dizaines de prières pendant le reste de l'année peut être accompli aujourd'hui avec beaucoup moins. Notre étude de la Torah a plus de valeur, nos mitsvot ont plus de valeur.

Hachem veut que nous soyons proches de Lui. Nous devons utiliser l'opportunité qui nous est offerte pendant le glorieux mois d'Eloul et profiter de Sa miséricorde inépuisable.
[...]

Parfois, nous entendons des gens dire : "Je sais que c'est une période si importante de l'année, mais je ne le sens pas! Je n'ai pas envie d'en faire plus. Je ne sens aucune différence dans mes prières. En fait, je me sens moins haut spirituellement parlant".

Nous devons réaliser que ce n'est pas le moment où Hachem nous donne nécessairement des dons spirituels gratuits. Il est tout à fait normal de ne pas ressentir un surplus de spiritualité. Il est même possible d'en ressentir moins. Ce n'est pas ce qui importe. Ce qu'il est important de savoir, c'est que tout ce que nous faisons maintenant a beaucoup plus de valeur. Hachem est si proche de nous. Si nous ressentons de la résistance, cela signifie simplement que l'opportunité est plus grande.
[rav David Ashear]

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-> Le Shabbat précédant un nouveau mois, nous annonçons généralement Roch 'Hodech à la synagogue et prions pour que le mois soit rempli de bénédictions. Pourtant, lors de la paracha Nitsavim, qui est lue le dernier Shabbat de l'année juive et qui est également un Shabbat avant Roch 'Hodech, nous n'annonçons pas le nouveau mois (voir Magen Avraham - Ora'h 'Haïm 417:1).

Le Baal Shem Tov (séfer Kéter Chem Tov) en explique la raison : Ce Shabbath, Hachem Lui-même annonce et bénit le nouveau mois pour nous à travers les mots de la Torah, et c'est cette bénédiction qui nous donne la capacité de bénir les 11 autres mois également.
Où Hachem annonce-t-il et bénit-il Roch 'Hodech (Elloul)?

Le verset : "atém nitsavim ayom" (Nitsavim 29,9) = vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant Hachem, votre D.
Le mot "ayom" (aujourd'hui) fait référence à Roch Hachana, qui est également Roch 'Hodech Tichri, comme l'indique le Targoum (dans Iyov 1,6).
Hachem dit : "atèm nitsavim" = vous serez en mesure de résister au jugement de Roch Hachana. C'est la plus grande bénédiction.
[rav David Ashear]

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-> L'un des aspects de la avoda du mois d'Elloul consiste à se rappeler qu'Hachem nous aime tellement qu'Il acceptera même la plus petite parcelle de téchouva de notre part.
Nous ne devrions pas nous retenir du repentir parce que nous ne pouvons pas devenir complétement parfaits (le tout ou rien), car Hachem nous dit : "Ouvre-Moi une ouverture de téchouva grande comme le chas d'une aiguille, et Moi [alors] Je te ferai une ouverture telle que des charrues et des bœufs pourront rentrer à l'intérieur" (Midrash Shir HaShirim 5,3-6).

Le midrach s'interroge : Des carrosses remplies de quoi?
Et de répondre : "Pleins d'aide et d'assistance divine et de bénédictions spirituelles sans fin!"

Le Rabbi de Kotsk nous explique au sujet du fait que l’on attend de nous qu’un petit trou de la taille d’une aiguille : "Mais, ce doit être un début approfondi. Il peut être infime en proportion, mais doit pénétrer totalement la personnalité.".
[A l’image de l’aiguille qui fait, certes un tout petit trou en taille, mais qui est très pénétrant en profondeur.]

-> De son côté le rav Yaakov Feitman remarque qu'en Elloul l'essentiel n'est pas de pleurer de douleur sur nos fautes passées, mais plutôt de verser des larmes de joie d'avoir le privilège de servir Hachem.
Même si nous n'étions pas parfaits auparavant, le mois d'Elloul lui-même à la force de nous remettre sur le bon chemin (non seulement à faire de nous de nouvelle créature suite à notre téchouva, mais également plus nous exprimons des ambitions/désirs spirituelles, plus nous pouvons recevoir de ressources et bénédictions pour y parvenir).

-> Le rav 'Hatzkel Lévenstein dit à ses disciples qu'il vivait constamment avec et par la conscience qu'Hachem l'aidait à s'élever au niveau supérieur, et qu'Hachem souriait à ses efforts et le soutenait à chaque étape pour devenir le juif idéal.
[Elloul est un moment où l'on doit mettre des sentiments dans notre avodat Hachem, dans notre relation avec Lui (un Père aimant, qui veut notre bien, qui apprécie le moindre effort que l'on fait pour Sa volonté, ...). ]

-> Le Baal HaTanya enseigne qu'il fut un temps où il était facile de passer de la tristesse à la joie. Mais à son époque, il a compris que ce n'était plus le cas, et il a donc insisté sur l'essentialité d'être dans la joie.
Bien qu'il soit toujours nécessaire d'assigner une période de temps pour s'attrister sur nos fautes, cela devrait également être abordé avec la joie de savoir que nos fautes peuvent être éradiqués et qu'Hachem est désireux d'accepter notre téchouva.
[le mois d'Elloul est une période d'intense téchouva, ce qui implique de sortir les poubelles de ce qui ne sent pas bon en nous. Le risque est d'en sortir déprimé (je suis nul, je ne vaux rien), nous empêchant alors d'avoir de l'eambition spirituelle. D'où l'importance d'avoir un temps très limité pour s'attrister sur nos fautes, pour pleurer sur quelque une demande à Hachem, et ensuite d'être dans la joie, confiant et heureux d'avoir un papa Hachem si énorme, si miséricordieux, si aimant envers nous.
Par notre joie, nous témoignons de notre confiance dans le pouvoir de la téchouva (et non notre inconscience)]

-> Le Bné Yissa'har (maamaré 'Hodech Elloul 1,2) enseigne que pendant le mois d'Elloul, notre téchouva doit se faire dans la joie.
Quelle bonne nouvelle de savoir que quelque soit les bêtises qu'on a pu faire auparavant, le pardon nous attend, Hachem est là les bras grand ouvert (les fautes créant une distanciation/séparation avec Hachem, que le repentir répare).

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-> Le rav Israël Salanter passait tout le mois d'Eloul dans un état de grande crainte.
Quelqu'un lui a même demandé directement : "Rabbi, de quoi avez-vous si peur? Pensez-vous que le mois d'Eloul est un ours?"
Il lui répondit : "Elloul est bien plus effrayant qu'un ours. Le roi David a dit à Shaoul : "Ton serviteur a tué même le lion et l'ours' (I Shmouel 17,36), mais il a néanmoins témoigné à son propre sujet : 'Ma chair a tremblé de peur de Toi et j'ai craint Tes jugements'" (Téhilim 119:120).

-> Le rav Itzélé de Peterbourg ('Hokhmat haMatspoun) avait l'habitude de dire, il y a plus d'un siècle, que pour nous, les préparatifs de Roch Hachana devraient en fait commencer à Roch 'Hodesh Shevat.
Il semblait vouloir dire par là que si, dans le passé, un mois de préparation suffisait, il nous fallait aujourd'hui une demi-année pour nous préparer au jugement. En effet, dans les yéchiva de Novardok, la coutume était qu'à partir de l'été, ils annonçaient : "Cinq mois avant Elloul ... trois mois avant Elloul".
Ainsi, même si nous n'avons pas leur niveau d'exigence, on doit passer notre Elloul en sachant et réalisant les moments précieux qui nous attendent.

-> Le rav Its'hak Ausband souligne que pendant le mois d'Elloul, nous récitons le téhilim : "léDavid Hachem ori" (Téhilim 27), qui nous rappelle à plusieurs reprises que nous n'avons rien à craindre (puisqu'Hachem est là!). Le but est de nous libérer de toutes les autres crainte du monde afin de pouvoir nous concentrer sur la crainte du Ciel, dont nous avons si profondément besoin pendant ces jours cruciaux.
Elloul est donc un répit de nos préoccupations et de nos soucis matériels, afin que nous puissions satisfaire des besoins éternels sans avoir à nous préoccuper de simples inquiétudes matérialistes.

-> Le mois d'Elloul comporte deux éléments distincts. Nous devons faire téchouva et profiter de chaque instant. Mais nous sommes presque dans le palais du Roi, dans lequel nous entrerons à Roch Hachana (rav Nathan Wachtfogel - Léket Rechimot - Roch Hachana).
=> Elloul est une synthèse de 2 approches : la crainte et l'amour d'Hachem, qui nous aide à redécouvrir notre lien avec Hachem.

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-> L'Alter de Kelm (Kitvé Yamim Noraïm) enseigne que la principale avoda du mois d'Elloul consiste à sortir de l'état d'esprit décrit par le prophète (Yéchayahou 29,13-14) : "Ce peuple ... m'a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi".
Il explique qu'il s'agit là du danger de la routine, qui consiste à s'habituer à une situation sans se rendre compte qu'elle peut ou doit changer (durant l'année on suit machinalement son train-train quotidien).
Comme les choses peuvent changer radicalement en un instant, nous devons anticiper l'arrivée imminente d'une nouvelle année et nous revitaliser spirituellement pour repartir de l'avant.

[notre yétser ara ne veut pas qu'on prenne le temps de se poser sur notre vie, de tout remettre à plan, ... pour nous éviter de faire téchouva, d'avoir davantage conscience de ce qui est essentiel (ne pas se perdre dans le futile), reprendre de meilleures habitudes et objectifs de vie, ...
On ne peut pas changer du tout au tout, mais on peut demander pardon et de l'aide à Hachem, et faire de notre mieux pas à pas. ]

Roch Hachana est le premier jour des 10 jours de Téchouva.
La première étape de la téchouva consiste à devenir une nouvelle création. Tout au long de l'année, nous sommes occupés à courir partout, et le jour de Roch Hachana, nous nous arrêtons. C'est le jour où le monde a été créé. Tout est créé à nouveau ; le monde entier est tout neuf.

Une personne peut être méritante à cette occasion et devenir une nouvelle personne.
Il n'y a pas d'autre façon d'aborder Yom Hadin et de mériter un jugement favorable que celle-là : se déconnecter complètement du passé et se transformer en une nouvelle personne.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

L'amour d'Hachem est éveillé par le peuple juif, qui Le serve sincèrement et avec amour.
Ensuite, en servant Hachem avec amour, les juifs brisent le mauvais penchant qui veut nuire au peuple juif ...
Par la suite, l'amour d'Hachem pour le peuple juif s'accroît.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

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=> Servir Hachem avec amour brise le mauvais penchant qui cherche à nuire au peuple juif et amène Hachem à nous aimer encore plus qu'avant.

"Mais moi, grâce à Ta bonté abondante, j'entrerai dans Ta maison" (vaani bérov 'hassdé'ha avo vété'ha - Téhilim 5,8).

-> Le 'Hida (Pessa'h Einayim) interprète le mot 'hasdé'ha (חַסְדְּךָ) comme "les règles de bonté que Tu nous as enseignées", ce qui signifie que nous pouvons entrer dans nos synagogues pour prier pour une bonne année parce que nous portons le mérite de tout le 'hessed (bonté) que nous avons accompli.

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-> Dans sa vieillesse, le 'Hafetz 'Haïm se plaignait de ne plus pouvoir se déplacer autant qu'avant.
"Si je le pouvais", déclara le tsadik, "j'irais de maison en maison à cette époque de l'année (les jours menant à Roch Hachana) en citant uniquement nos Sages (Shabbath 151a ; voir aussi Chaaré Téchouva 3,36) qui disent : "kol haméra'hem al habériyot méra'hamim alav min hachamayim" (quiconque fait preuve de compassion envers autrui, le Ciel aura également de la compassion pour lui'".
Apparemment, le 'Hafetz 'Haim estimait que faire preuve de bonté envers autrui est le moyen le plus infaillible d'être béni par une bonne nouvelle année.

A Roch Hachana, les trésors célestes sont ouverts. Hachem ouvre les portails de la vie, attribuant la vie à tous les vivants. Telle est la bonté accordée par le Ciel à Roch Hachana.
Au fil des jours de l'année, cette bonté est répartie en fonction de l'état des bénéficiaires. La personne jugée méritante par Hachem reçoit chaque chose particulière dont elle a besoin en temps voulu. Il lui sera accordé ce que son âme demande et ce dont elle a besoin.
Mais à Roch Hachana, la bonté qui vient d'Hachem est encore simple. Elle est encore cachée sur le plan de la "voix" non articulée, non particularisée.

C'est pour cette raison que nous soufflons dans le Shofar à Roch Hachana. La sonnerie du Shofar symbolise la voix avant qu'elle ne soit exprimée par la parole. Nous réveillons la voix céleste pour que la bonté descende. Il s'agit également d'une voix qui n'est pas articulée.
La bonté est diffusée d'en-Haut et descend vers tous les mondes et tous les anges.
Telle est la dynamique sous-jacente de la sonnerie du Shofar.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Roch Hachana]

L’impact de maudire, de faire de faux témoignage d’autrui

+ L'impact de maudire, de faire de faux témoignage d'autrui :

"C'est par la bouche de 2 témoins ou par la bouche de 3 témoins qu'un chose sera confirmée. Si un faux témoin se lève contre un homme pour parler fallacieusement contre lui, les 2 hommes [et ceux] qui sont les plaignants se tiendront devant Hachem ... et voici, le témoignage était un faux témoignage ; il a témoigné a faux contre son frère. Vous lui ferez comme il a projeté de faire à son frère et tu détruiras le mal de son sein" (Choftim 19,19)

-> La Torah stipule que les édim zomémim (témoins conspirateurs) sont punis du même châtiment que celui qu'ils voulaient infliger à leur victime. Paradoxalement, les édim zomémim ne sont punis que si leur complot n'est pas mis à exécution.
Cette punition est justifiée. En effet, lorsque des témoins font éclore un sinistre complot, leurs mauvaises pensées créent une force spirituelle qui reste puissante même après que le complot a été déjoué. Cette force spirituelle ne se dissipe que lorsque le complot est mis à exécution et devient réalité.
Ainsi, lorsque le beit din découvre que le témoignage des édim zomémim est faux, la force spirituelle qu'ils ont créée se retourne contre ses créateurs, les témoins conspirateurs, au lieu de se dissiper.
Étant donné que les faux témoins sont de toute façon vulnérables au retour de flamme du complot, la Torah autorise le beit din à les punir de la même manière.

En revanche, si leur complot parvient à atteindre son apogée et que la victime subit les conséquences de leur faux témoignage, la force spirituelle créée par leur complot perd de sa puissance et ne peut plus se retourner contre les témoins.
Étant donné que la Torah ne prescrit généralement pas de punition pour les pensées pécheresses, les édim zomémim sont dispensés de punition dans un tel cas.
Naturellement, le fait que leur complot ait été mis à exécution les rend encore plus dignes d'être punis, et en effet, ils seront punis par le Ciel. Cependant, le beit din n'est pas autorisé à les punir tant que le complot n'a pas été exécuté.

Nous retrouvons ce concept dans le cas du complot diabolique ourdi par Haman pour détruire le peuple juif. Son complot n'a pas disparu après avoir été contrecarré par Mordé'haï et Esther. Au contraire, il s'est retourné contre lui, comme nous le voyons dans Esther (9,25) : "[Le] mauvais complot qu'Haman avait conçu contre les juifs s'est retourné contre sa tête, et on l'a pendu au bois, lui et ses fils".
Le complot d'Haman s'est réalisé dans tous ses détails, non pas sur le peuple juif, mais sur lui-même et ses fils. Ils furent tous pendus à l'arbre même auquel il avait prévu de pendre Mordehaï.

L'affirmation de nos Sages (guémara Sanhédrin 49a) selon laquelle "il vaut mieux être maudit que de maudire autrui" repose sur le même postulat.
Lorsqu'une personne maudit autrui, elle crée une force spirituelle qui ne se dissipe pas tant qu'elle n'est pas libérée. Si le maudit était justifié, la malédiction libérera sa force sur le sujet. En revanche, si la malédiction n'était pas justifiée, elle n'aura aucun effet sur la cible. Au contraire, elle rebondira sur son auteur qui en subira les effets néfastes.
De même, nos Sages (guémara Shabbath 97a) nous disent que "quiconque soupçonne à tort son ami d'actes répréhensibles subira un préjudice matériel", car le faux soupçon qu'il nourrit à l'égard de son ami se retourne contre l'accusateur et lui cause du tort.
[Maharal - Gour Aryé - Choftim 19,19]

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=> Les faux témoins sont punis du châtiment qu'ils voulaient infliger à leur victime. Cela est dû à la puissante force spirituelle créée par le complot. Cette force se retourne contre eux si elle n'a pas réussi à nuire à leur victime potentielle.
Cependant, si le complot des témoins a abouti à la punition injustifiée de la victime, le complot ne peut plus se retourner contre eux. À ce titre, ils sont dispensés du châtiment du beit din et seront soumis à la châtiment céleste.