Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Étant donné que Kislev est le 3e mois à partir de celui de Tichri, le début de l'année, Kislev correspond à Levi, la troisième des tribus. Par conséquent, le miracle de 'Hanouca (25 Kislev) a eu lieu par l'intermédiaire des Cohanim, les C'hachmonaïm, car les Cohanim font partie de la tribu de Lévi.

En général, à Roch Hachana et à Yom Kippour, Hachem accorde Sa bonté au peuple juif.
A Hanouca, cependant, le peuple juif voit cette bonté mentalement, dans ses pensées.
Car "les yeux de la communauté" (Chéla'h Lé'ha 15,24), comme le commente Rachi, sont "les Sages de la communauté" (Taanit 24a).
C'est pourquoi on célèbre 'Hanouca en allumant des bougies, puisque le mot pour "bougies" (nérot - נרות) est lié au mot pour "vue" (réiya - ראיה).

Ensuite, lorsque nous lisons Méguillat Esther à Pourim, la bonté de D. est exprimée par la parole.
Lorsque nous mangeons de la matsa à Pessa'h, la bonté se manifeste en actes.

[ainsi, les fêtes de Hanouca, Pourim et Pessa'h correspondent respectivement à la vue, à la parole et à l'action. ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hanoucca]

‘Hanoucca – allumer ici bas, c’est allumer en-Haut

À Hanouca, nous allumons un total de 36 bougies, ce qui entraîne une réponse correspondante en haut : dans le monde spirituel, 36 bougies sont également allumées (Zohar 1:35a).
Et 36 multiplié par deux donne 72, allusion au nom de D. composé de 72 lettres.

Si l'on inclut le chamach, la bougie d'accompagnement qui est allumée chaque soir en même temps que les bougies de Hanouca, ce sont au total 44 bougies qui sont allumées pendant la fête.
Parallèlement aux 44 bougies que nous allumons, 44 bougies sont allumées au-dessus, ce qui donne un total de 88 bougies allumées.
Ce nombre correspond à la guématrie du mot "pa'h" (פַּח), qui signifie "piège", dans le verset "le piège s'est brisé et nous nous sommes échappés" (Téhilim 124,7).
En raison du piège brisé de la souveraineté d'Antiochus, 88 bougies au total sont allumées.

Le Arizal (Pri Ets 'Haïm - chaar 'Hanouca 4) explique que la somme de la guématria de chacune des lettres initiales des mots pour "notre âme aspire à Hachem" (נַפְשֵׁנוּ חִכְּתָה לַיהוָה - Téhilim 33,20) est de 88.
Le Arizal souligne également que la somme de gématria de chacune des lettres initiales des trois derniers mots de la bénédiction récitée lors de l'allumage des bougies, "pour allumer la ménora de Hanouca" (לְהַדְלִיק נֵר חֲנוּכָּה), est également de 88.

Ainsi, les premières lettres de la bénédiction sur l'allumage des bougies totalisent 88 car elles font allusion aux 88 bougies qui sont allumées pendant Hanouca.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hanoucca]

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=> En allumant les bougies de Hanouca, nous allumons des "bougies" spirituelles, en faisant briller la lumière spirituelle dans la réalité.

Hachem aime notre avoda dans la difficulté

+ Hachem aime notre avoda dans la difficulté :

"Il n'a pas regardé l'iniquité de Yaakov, ni vu l'injustice en Israël" (Balak 23,21)

-> Chaque personne doit se clarifier sans cesse : l'Avodat Hachem qu'elle accomplit lorsqu'elle se trouve dans des situations difficiles est très apprécié par Hachem. Même si elle ne parvient pas à Le servir en toute sérénité et qu'elle ne dispose pas des outils, des capacités intellectuelles et de la compréhension nécessaires pour accomplir les mitsvot de manière optimale, ce service est tout de même plus désirable pour Hachem que son service lorsqu'il est en paix et que son esprit est serein.

Même à ce moment-là, cette personne peut se concentrer sur son avodat Hachem et même atteindre des niveaux élevés, car son engagement à servir Hachem quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve témoigne de sa puissante émouna dans le Créateur.
À travers cette avoda, elle démontre sa foi en Hachem qui a décrété qu'elle devait Le servir spécifiquement dans ces circonstances difficiles.
Puisque tout est orchestré par la Providence divine, ce doit être le sentiment qu'elle est censée avoir en ce moment.

C'est un principe fondamental de l'avodat Hachem : quelles que soient les circonstances, il faut accepter sa situation avec amour, plutôt que de rêver à des niveaux et à des réalisations élevés. Cela signifie que notre seul objectif est de servir Hachem, et qu'on ne se concentre pas sur le plaisir et les avantages personnels dont on jouirait en temps normal.
[c'est dans cet état de souffrance, de fatigue, ... car Hachem veut que Le serve, et j'accepte Sa volonté, car j'ai foi en Lui. ]

Cette idée est évoquée dans le verset : "Il n'a pas regardé l'iniquité de Yaakov, ni vu l'injustice en Israël" (Balak 23,21) ; même si une personne se trouve dans un état bas (on est loin d'être au top), en proie à l'iniquité et à l'injustice, Hachem, son D., est avec elle, et le désir du Roi est en elle, Hachem trouve son service agréable précisément dans cette circonstance, car Il a décrété que cette personne Le serve, à ce moment précis, précisément dans son état d'abaissement.
De plus, l'amitié du Roi est en lui, car il affirme qu'Hachem se trouve en tout lieu et en toute circonstance, même ceux qui sont éloignés de la sainteté. De cette manière, nous le couronnons Roi sur toute la Création : "Que tous ceux qui ont une âme dans leurs narines déclarent, Hachem, D. d'Israël, est Roi, et Son Royaume règne sur tout!"
[rabbi David Abou'hatséra - maamaré Emouna ouBita'hon]

Plus un homme se renforce dans sa foi, plus il jouit de la Protection Divine qui lui épargne les vicissitudes de l'existence.
[ 'Hazon Ich - guémara Baba Batra 21]

Le verset "Place ta confiance en Hachem, en toute situation" (Téhilim 62), signifie que même lorsqu'un homme se retrouve avec un couteau sous la gorge, sans moyen de s'échapper, il doit avoir confiance que Hachem l'aidera à s'en sortir.
[rabbénou Bé'hayé - Kad Ha'Kéma'h]

Nous ne pouvons avoir une part à la Torah de Moché que lorsque nous avons la émouna qu'Hachem est à l'origine de tout ce qui nous arrive, tant au niveau individuel que collectif.
Ces événements, loin d'être "naturels", relèvent du miracle et sont directement influencés par notre pratique des mitsvot.
[Ramban - fin paracha Bo]

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-> Avraham a ancré les racines de la émouna dans tous ses descendants, nous sommes des "croyants, fils de croyants" (guémara Shabbath 97a), ainsi notre émouna est double : elle nous est propre, mais nous vient également en héritage de nos ancêtres.

-> "Je place toujours Hachem devant moi" (dhiviti Hachem lenegdi tamid - Téhilim 16,8).
"Les actes les plus importants que l'homme doit effectuer dans ce monde-ci consistent à renforcer sa émouna et en imprégner profondément tout son être."
[rav Yé'hezkel Levenstein]

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-> Le jour précédent sa mort, le rav Isser Zalman Meltzer revint de la prière, posa son talit et ses téfilin sur le rebord de la grande fenêtre de sa maison, puis il dit : "Quel est le sens de l'existence?"
Il répondit ensuite à sa propre question : "L'homme doit déployer tous ses efforts pour connaître Hachem et déceler Sa Présence."
[Bé'déré'h Ets ha'Haïm - 2e partie - p.540 ]

Un homme doté de émouna est réellement vivant, et ses jours sont emplis de bénédictions.
Lorsque tout va bien, il s'en réjouit. Et lorsqu'il rencontre des difficultés, il sait que comme tout vient de Hachem, et qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter.
Il est convaincu que Hachem fera preuve de miséricorde et que tout finira bien.

En revanche, à D. ne plaise, un homme dépourvu de foi n'est pas réellement vivant. Lorsque le malheur le frappe, il perd tout espoir.
Rien ne peut le consoler ou le réconforter, car il n'a pas de émouna. Il se trouve en dehors de la Providence de Hachem et il ne peut éprouver aucune satisfaction.
La émouna, au contraire, permet à l'homme de vivre une existence pleine et agréable.
[Si'hot haRan 53]

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-> "Les jours du pauvre sont tous mauvais, mais celui qui est satisfait de son sort est perpétuellement en fête" (Michlé 15,15).
Le Ménorat haMaor expliqué que "l'homme pauvre" désigne quelqu'un de pauvre dans sa foi. La vie d'une telle personne est rongée par la tristesse et l'inquiétude.
En revanche, une personne qui est satisfaite de son sort et qui sait que Hachem pourvoit à tous ses besoins est toujours de bonne humeur, comme si sa table était dressée pour une fête ("est perpétuellement en fête").

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-> Lorsqu'un homme a une profonde émouna en Hachem, Hachem le récompense en lui octroyant plus de force et de courage, ce qui renforce encore davantage sa émouna.
L'on pourrait penser qu'il n'est rien de tel que la richesse pour récompenser un homme, car l'aisance matérielle le dispenserait de tous tracas. Mais les richesses ne délivrent pas l'homme de son angoisse. Même si un homme pouvait créer de l'or, il vivrait toujours dans la peur des cambrioleurs et des assassins.
En revanche, un homme doté de foi jouit d'une réelle tranquillité d'esprit. Et lorsque Hachem le récompense en lui octroyant de la force et du courage, la émouna de cet homme s'en trouve encore renforcée.
[ le rav de Brisk - rabbi Its'hak Zeev Soloveitchik]

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-> Quiconque s'attache à Hachem et à Sa Torah n'aura aucun mal à gérer les difficultés passagères, car il sait que Hachem est le Maître du monde et qu'Il organise les choses pour le bien de chacun.
[Stéïpler - 'Hayé Olam]

-> Le rav Moché Feinstein explique la différence entre une personne dotée d'un grand bita'hon et une personne qui en est dépourvue : un homme qui n'a que très peu de bita'hon élabore toutes sortes de stratégies et de calculs pour faire en sorte que Hachem l'aide.
Un homme doté d'un bita'hon solide, quant à lui, ne déploie pas autant d'efforts. Il sait que Hachem lui apportera tout ce dont il a besoin, au moment adéquat.

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-> Un homme qui a confiance en Hachem ne souffre pas du manque.
Lorsque Hachem lui retire quelque chose, il sait bien qu'au fond, cette perte le préserve d'une conséquence néfaste.
Toute situation, une fois qu'elle est comprise correctement, peut être un moyen de se rapprocher d'Hachem.
[rav Shimshon Raphael Hirsch - sur le Téhilim 23]

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-> Une authentique confiance en Hachem nous procure un profond sentiment de sécurité.
Cette sérénité provient de la prise de conscience que Hachem prodigue Sa bonté à Ses créatures, subvient à leurs besoins, prend soin d'elles, et reste proche pour leur porter secours lors des moments difficiles.
[Pélé Yoéts ; 'Hazon Ich]

-> Avant de commettre une erreur, tout homme a le libre arbitre.
Mais après les faits, nous devons nous souvenir que Hachem a souhaité cette erreur.
Une personne dotée de foi ne perd pas son temps à tenter de modifier ce qu'elle ne peut changer et n'éprouve pas d'angoisse à propos de ce que lui réserve l'avenir.
Elle ne fonde tous ses espoirs en aucun être humain, ni ne se met en colère lorsque les autres contrecarrent ses plans. [rien ne peut se passer sans que Hachem n'en émette un décret le permettant. ]
[Pélé Yoéts]

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-> Fermez vos yeux et essayez de ressentir la Présence de Hachem [tout] autour de vous.
Il est important de faire cet exercice plusieurs fois par jour, lorsque vous êtes sur le point de prendre une grande ou une petite décision.
C'est ainsi que vous renforcerez votre bita'hon d'une manière qui donnera du sens à votre vie de tous les jours. Constatez à quel point vous vous sentez détendu lorsque vous ressentez réellement la Présence du Tout Puissant.
[rabbanit Feldbrand]

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-> L'un des disciples du 'Hidouché haRim se vanta un jour de sa confiance en Hachem.
Le rav dit : "Croyez-vous réellement au bita'hon de cet homme? Il est tout simplement paresseux ! C'est pourquoi il compte sur Hachem!"
[Yalkout Sipourim]

-> À l'autre extrême, ceux qui ne comptent que sur leur propre force, leur sagesse et leur intelligence, ont des difficultés à gérer les situations d'échec.
Comme ils n'attribuent leurs réussites qu'à leur seul talent, ils se blâment dès que le succès se dérobe. Ils finissent donc par se décourager et souffrent d'un manque de confiance en eux
[Rabbénou Yona - sur Michlé]

Guéoula & la force de la téchouva

+++ Guéoula & la force de la téchouva :

-> "Les yeux rougis par le vin, et les dents blanches de lait" (Vayé'hi 49,12)

-> Le Abir Yaakov, rav Yaakov Abou'hatséra (Makhsof Lavan - Vayé'hi) explique :
ce verset est une réprimande contre le peuple juif pour ne pas être revenu à la téchouva des fautes qui ont causé notre exil. Nous aurions dû nous rendre compte que les souffrances que nous endurons parmi les nations méchantes (réchaïm) ne sont en fait qu'un appel d'Hachem. Nous devrions tenir compte de cet appel pour changer nos habitudes de fauter, et ainsi apaiser la colère d'Hachem et apporter la guéoula.

Malheureusement, malgré toutes les souffrances que nous endurons en exil, nous ne sommes toujours pas revenus à Hachem. La colère d'Hachem contre nous grandit et l'exil se poursuit.
Si nous étions revenus à Hachem avec une téchouva sincère, rien ne pourrait s'opposer à notre Délivrance (guéoula), comme il est écrit : "Revenez à Moi et Je reviendrai à vous" (Mala'hi 3,7).
Si nous revenons à Hachem par la téchouva, Il reviendra immédiatement vers nous pour nous délivrer de notre exil.

Le verset dit à ce sujet : "Les yeux rougis par le vin" = même s'il semble que les yeux d'Hachem rougeoient de fureur, pour nous punir de nos fautes, nous pouvons toujours revenir en téchouva sincère et mériter la suite du verset : "et des dents blanches de lait."
En purifiant nos cœurs et nos bouches, nous mériterons que les yeux d'Hachem deviennent plus doux et plus blancs que le lait, avec bonté et miséricorde.
Même dans les moments de jugement les plus sévères, le pouvoir de la téchouva adoucit l'Attribut Divin de Justice/Rigueur et permet à la Miséricorde de prendre le dessus.

La terre d’Israël (selon le rav Kook)

+ La terre d'Israël n'est pas seulement un élément extérieur, une possession matérielle de la nation. Elle n'est pas non plus un outil pour réaliser l'unité et renforcer notre existence physique et même spirituelle.
Au contraire, l'essence de la terre d'Israël est liée à la vie même du peuple juif.
Par conséquent, il est impossible de comprendre la sainteté de la terre d'Israël ou notre amour pour elle par une simple justification intellectuelle.

Essayer de comprendre la terre d'Israël comme un élément purement extérieur qui unifie la nation, ou comme un outil pour renforcer l'identité juive en exil, ou même comme un outil pour renforcer la foi, la crainte de D. et la pratique des mitsvot, c'est faire fausse route.
Les fondements de ces conceptions sont faibles comparés à la puissance sacrée de la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Orot - Erets Israel 1]

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-> Notre objectif ne doit pas être uniquement la Délivrance de l'Égypte, la guérison d'une maladie, la sortie de la pauvreté et de l'obscurité aveuglante. Nous ne devons pas aspirer à nous débarrasser simplement de la négativité. Cette impulsion déprime l'âme et ne donne aucun sens à la vie. D. ne nous a pas créés pour cela ...

Nous devons plutôt aspirer à être pleins de grandeur, avec la joie dans l'âme, pleins d'une vie renouvelée qui fait briller la lumière dans toutes les directions où nous nous tournons ...
Vers Toi, uniquement vers D. = c'est Ta grandeur que nous recherchons, que nous espérons et que nous attendons. C'est vers la terre d'Israël que nous venons ; nous aspirons à notre délivrance et à celle de nos âmes.
Il ne s'agit pas d'être sauvé des chaînes de l'exil ... Non!
Il s'agit de quelque chose de bien plus grand. Nous recherchons la lumière, le flux de vie provenant de la source du Saint des Saints ... nous regardons vers la terre sainte, la terre de la vie.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Miktav Yad Kodcho 1 - Jérusalem 7]

Il y a plus d'un demi-siècle, six millions de juifs ont sacrifié leur vie (sont morts) pour sanctifier le nom d'Hachem. Aujourd'hui, des centaines de milliers de juifs portent le nom de ces kédochim (saints).
Si ces saintes personnes ont sacrifié leur vie pour le kidouch Hachem, notre tâche consiste à vivre une vie de kidouch Hachem. En agissant avec courtoisie et honnêteté, en parlant d'une manière aimable et agréable, une personne favorisera le kidouch Hachem dans ses interactions personnelles.
Cela contribuera à la réalisation de la belle prophétie de Yéchayahou, qui prévoyait le jour où "tous ceux qui les verront reconnaîtront qu'ils sont la semence qu'Hachem a bénie".
[rav Avraham Pam - Atara léMélé'h]