Aux délices de la Torah

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"Et si tu cherches Hachem, ton D., de là, tu Le trouveras" (Vaét'hanan 4,29)

-> Le Baal Chem Tov souligne que le verset dit "de là" = quelle que soit la situation d'une personne, c'est là qu'elle peut trouver D. et s'attacher à Lui.
[Méor Enayim - Likoutim]

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-> Le Baal Chem Tov enseigne : Il n'est pas nécessaire de se "placer" dans la Divinité, mais seulement de réaliser que tout est inclus dans la lumière Divine.
[Ohr HaGanouz laTsadikim - Vayéra]

-> [L'enseignement de nos Sages selon lequel D.] est "le lieu du monde" (haMakom) signifie qu'Il précède la création et que le monde existe au sein du Créateur.
Par conséquent, il est nécessaire de s'attacher à Lui au point de contempler principalement la divinité, et non pas de voir principalement le monde et de n'être conscient du Créateur qu'en second lieu ...

Lorsqu'une personne atteint ce niveau, les klippos (forces du mal) s'éloignent d'elle, car elles obscurcissent et obstruent la perception de D. en fermant les yeux de l'esprit.
Il faut contempler que le Créateur est infini, qu'il englobe tous les mondes ... nous vivons toujours dans la Divinité et ne pouvons pas faire le moindre mouvement sans son abondance (shéfa) [de bienfaits] et sa force vitale.
[Likoutim Yékarim 54]

Le Temple sera-t-il construit par l’homme ou par D.?

+ Le Temple sera-t-il construit par l'homme ou par D. (descendant du Ciel)?

-> Certains pensent que le 3e Temple sera construit par les Mains de D. : "Le futur Temple que nous espérons, se dévoilera et viendra du Ciel, construit et parfaitement terminé, comme il est dit : ‘Sanctuaire, ô mon D.! Préparé par Tes Mains’". [Rachi et Tossefot sur guémara Soucca 41a]

-> D’autres pensent que le 3e Temple sera construit par les mains de l’homme : "Lorsque cet homme [machia’h] mettra tout cela en oeuvre et qu’il construira le Temple à sa place initiale, il rassemblera les exilés du Peuple d’Israël, et nous devrons reconnaître en lui le machia’h". [Rambam - Hilkhot Méla'him 11,4]

=> Comment concilier ces 2 avis?

1°/ [selon les différents scénarios enseignés dans la guémara (Sanhédrin 98a)] Si les actes du peuple juif sont méritants, la venue du machia’h suivra un scénario surnaturel et le Temple sera alors l’oeuvre de D., en accord avec l’avis de Rachi.
Si au contraire, à D. ne plaise, nos mérites font défaut, c’est l’autre cas de figure qui se présentera au peuple juif ; la guéoula et la construction du Temple suivront un processus naturel, en accord avec l’opinion du Rambam.

2°/ Le 3e Temple est spirituel à la base et va se matérialiser pour apparaître sur Terre, lors de la Délivrance finale (à l’image de la manne qui descendait sous forme matérielle).
Par ailleurs, sa "construction" s’accomplit, tout au long de l’Exil, par l’intermédiaire du deuil et des pleurs des juifs pour la perte du Temple [selon le 'Hatam Sofer].

3°/ La construction du 3e Temple se fera de manière miraculeuse (venant du Ciel), à l’instar de la Ménora qui se dressa de façon surnaturelle, lorsque Moché jeta un bloc d’or (la main de l’homme)
Ainsi, machia’h et le peuple juif apporteront les matériaux nécessaires à la construction du Temple, mais celle-ci se réalisera d’elle-même. [Divré Yoël]

4°/ "Le sanctuaire d’ici-bas correspond au Trône Divin" (Rachi sur Béchala'h 15,17).
Ainsi, lors du dévoilement du 3e Temple, le Temple d’en-haut (Divin) descendra et s’unifiera au Temple d’en-bas (humain), comme l’âme s’habille dans le corps. [Aroukh Laner sur la guémara Soucca 41a].

5°/ Le 3e Temple descendra du Ciel sans ses portes. Celles-ci ont été englouties lors de la destruction du premier Temple, comme il est dit : "Les portes de Sion se sont enfoncées dans le sol" (Eikha 2,9).
Lors de la guéoula, elles réapparaitront et seront fixées par machia’h (la fixation des portes est assimilée à la construction - voir guémara Baba Batra 53b). [midrach Bamidbar Rabba 15,13]

Les désirs de ce monde

+ Les désirs de ce monde (selon le Baal Chem Tov) :

-> Il faut savoir que tout, que ce soit dans le monde céleste (le monde des Anges) ou dans le monde du Trône Divin, est insignifiant par rapport à D., qu'Il soit béni. Tout existe dans le vide produit par la constriction de la Lumière Infinie, lorsque D. s'est resserré [pour ainsi dire, au début de la création], et tout a été amené à l'existence par une parole divine. [voir Ramban pérouch al haTorah Béréchit 1,1]
Par conséquent, pourquoi devrions-nous être attirés par un quelconque désir pour tout ce qui existe dans ces mondes, alors que tout n'est qu'une partie d'une parole prononcée par Lui?
Il serait préférable de s'attacher avant tout au monde surnaturel, au Créateur, qui est la réalité essentielle, et non à ce qui est secondaire.

C'est ce que le Zohar (II, 134b) veut dire [lorsqu'il déclare] : "Méritoires sont les tsadikim qui savent ce qui a une vraie valeur. Le désir de leur cœur est dirigé vers le Roi Surnaturel et non vers ce monde et ses passions sans valeur."
Car le destin de tous les mondes est la destruction. [Au lieu de cela], on devrait toujours s'attacher au Créateur, avec un amour absolu. On doit l'aimer plus que tout ce qui existe dans le monde, car toute bonne chose qui existe est incluse dans sa Source, qui est D.
[Tsavaat haRivach 84, section 3]

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-> Il faut s'abstenir de regarder avec désir les choses matérielles et les belles femmes en particulier.
Ce type de regard est égoïste et s'apparente à l'adoration d'une idole.
Au contraire, si l'on voit soudainement une belle femme, il faut se dire : "Qu'est-ce qui la rend belle si ce n'est la force Divine de vie qui l'habite? Et si cette force vitale Divine est la source de la beauté, pourquoi serais-je attiré par une petite partie de cette force? Au lieu de cela, je m'attache à la Source et à l'Essence de tous les mondes, où se trouve toute la beauté."

De même, lorsque l'on contemple un objet matériel, tel qu'un vase, on doit se demander : "D'où vient la beauté de ce vase (si ce n'est du Créateur)?"
L'aspect physique de l'objet n'est pas important. Sa beauté et son design, cependant, reflètent sa spiritualité et sa force vitale. [Cet aspect intérieur de l'objet] est aussi une partie de D.

De même, lorsque l'on mange, il faut se rendre compte que le goût et l'agrément de la nourriture proviennent de sa force vitale intérieure et des délices du monde surnaturel.
Même les objets inanimés sont imprégnés de force vitale, ce qui peut être déduit du fait même de leur existence. Ainsi, la force vitale Divine est partout. [sans D. aucune chose ne pourrait exister, même une seule seconde supplémentaire]

Si quelqu'un regarde de cette manière, et si son regard est pour l'amour de l'Infini (Hachem), cela l'aidera grandement à surmonter les pensées impures.
[Tsavaat haRivach 90 , section 1]

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-> "Détournez-vous du mal et faites le bien, cherchez la paix et poursuivez-la" (Téhilim 34,15).

Le Baal Chem Tov enseigne : Dans chaque chose physique autorisée par la Torah, il y a le bien et le mal. L'aspect matériel est mauvais, et la force vitale Divine qui anime l'objet est bonne.
La personne qui utilise un objet physique doit "se détourner du mal" et ne pas désirer le plaisir qu'il procure. Elle doit plutôt "faire le bien" en tirant sa subsistance et son aide de la force de vie Divine qui se trouve à l'intérieur de l'objet.

"Cherchez la paix et poursuivez-la". Celui qui "se détourne du mal et fait le bien" doit s'efforcer de faire la paix entre l'aspect physique et la force de vie Divine qui l'anime.
[Pour ce faire, il faut l'utiliser d'une manière sacrée et non pour le plaisir physique].
En effet, c'est le but ultime de la création de l'homme et de sa descente dans ce monde physique : il doit élever le physique/matériel vers le spirituel.
[Séfer haMaamarim - Yiddich p.76]

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-> Prenons un exemple : une petite pièce de monnaie, si elle est tenue devant nos yeux, elle nous empêchera de voir une grande montagne.
Même si la montagne est des milliers de fois plus grande que l'objet, pourtant, parce que la pièce se trouve devant nos yeux, elle bloque la vision de sorte qu'un objet beaucoup plus grand ne peut pas être vu.

De même, lorsque le moment est venu pour une personne d'entrer dans ce monde, elle s'enfonce dans ses vanités et pense que rien ne pourrait être mieux. Ce monde, bien que petit et insignifiant, l'empêche de voir la grande lumière de la Torah ...
Cependant, si l'on pouvait enlever le petit obstacle devant ses yeux, si l'on pouvait détourner son regard (de la matérialité), et au lieu de cela, lever la tête, lever les yeux et regarder au-dessus des occupations mondaines qui interviennent, on mériterait de voir la grande lumière de la Torah et des tsadikim.
En vérité, leur lumière est des milliers et des myriades de fois plus grande que ce monde et ses futilités ...

C'est ainsi que le Baal Chem Tov s'est exclamé : "Hélas! Le monde est plein de lumières et de mystères merveilleux et impressionnants, mais une petite main se tient devant les yeux, les empêchant de voir ces grandes lumières".
[Likouté Moharan 1:133 , abrégé]

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-> Il faut attacher ses pensées au-dessus (au Ciel) et ne jamais manger ou boire à l'excès, mais uniquement dans le but de préserver sa santé.
On ne devrait prêter aucune attention [aux flatteries de] ce monde [matériel], et les considérer comme totalement sans valeur.
De cette façon, on peut se détacher de la matérialité.
[Cependant,] en fixant son attention sur les choses du monde, on se rend [d'autant plus] corporel.
[à la différence des non-juifs, ce monde est un moyen au service de notre vie juive, et non une finalité, sur laquelle on va se focaliser, mettre toute notre attention]
Nos Sages (guémara Ména'hot 43b) ont enseigné que le fait de voir amène à notre esprit [notre nature inférieure] et des désirs matériels.
C'est ainsi qu'il est dit que l'Arbre de la Connaissance était "désirable à voir et bon à manger" (Béréchit 3,6). En d'autres termes, le simple fait de contempler l'Arbre de la Connaissance suscite le désir.
[ainsi plus on prête "œil", notre attention, à ce monde, plus on permet aux désirs de ce monde de s'installer en nous. Nous devons nous plutôt s'en protéger et développer un "œil" juif sur ce qui nous entoure. ]
[Tsava'at haRivach 5]

-> Attachez votre pensée à ce qui est au-dessus. Ne mangez ni ne buvez excessivement, mais seulement dans la mesure nécessaire pour rester en bonne santé.
Ne regardez jamais intensément les choses matérielles, ne leur prêtez trop d'attention, afin de vous détacher du physique, matériel.
Regarder avec trop d'attention les choses matérielles rend grossier ...
Considérez que [en tant que juif(ve)] vous appartenez au monde céleste et que tous les habitants de ce monde ne devraient pas avoir d'importance pour vous. Car le monde entier n'est qu'un grain de sable par rapport au monde céleste ...

Tes pensées doivent toujours être isolées avec la Chékhina, ne pensant qu'à ton amour continu pour Elle afin qu'Elle s'attache à toi. Dis constamment dans ton esprit : "Quand mériterai-je que la lumière de la Chékhina demeure avec moi?"
[Tsava'at haRivach 5-8 ]

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-> Le Baal Chem Tov a dit un jour : Pourquoi la sexualité est-elle une si grande passion? En effet, on éprouve aussi du plaisir en mangeant et en faisant d'autres choses physiques.

[Cependant,] l'homme est né en conséquence d'un désir sexuel. [C'est pourquoi] tous les plaisirs sont secondaires et inclus dans ce désir. C'est pourquoi il s'agit de la plus grande passion.
Cela étant, [tous les désirs physiques] sont tous enracinés dans quelque chose d'insignifiant. Il faut au contraire s'attacher à Hachem.
[Likouté Amarim de Rabbi Ména'hem Mendel de Vitebsk 40 ; Tsavaat haRivach 101]

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-> Une personne ne doit pas se sentir le moins du monde déprimée parce qu'elle n'a pas satisfait ses désirs. Au contraire, il doit se réjouir d'avoir mérité de les maîtriser pour la gloire de D.
Ainsi, nos Sages déclarent : "Il est écrit, à propos de ceux qui se réjouissent de leurs afflictions : "Que ceux qui L'aiment soient comme le soleil qui se lève dans sa force"" (guémara Shabbath 88b). Puisque l'on ne suit pas ses désirs, même en pensée, mais qu'on les méprise, on est capable de maîtriser les klippos (enveloppes du mal).

"Qui peut monter sur la montagne de Dieu? Celui qui a les mains propres et le cœur pur" (Téhilim 24,3-4).
Le Zohar (I, Béréchit 10a) explique : "Un cœur pur" se réfère à quelqu'un qui ne permet pas à sa volonté et à son cœur d'être attirés par l'Autre Côté (les forces du mal, son yétser ara)."
[Une personne ne peut faire l'expérience de la Divinité que dans la mesure où elle a surmonté ses passions physiques. ]
[Tsavaat haRivach 9]

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-> Imaginons qu'une fantaisie vous vienne à l'esprit, une envie de quelque chose de ce monde.
Éloignez votre esprit de cette fantaisie. Méprisez cette envie jusqu'à ce qu'elle vous soit odieuse et répugnante. Réveillez votre envie de bien contre l'envie de mal et contre cette envie, et vainquez-la de cette manière.

Mais ne laissez pas cette envie insatisfaite vous déprimer. Au contraire, réjouissez-vous d'avoir le privilège de soumettre vos désirs pour l'honneur du Créateur, béni soit-il !

C'est une façon de comprendre ce que nos rabbins voulaient dire lorsqu'ils parlaient de "ceux qui se réjouissent de leur souffrance".
[Tsavaat haRivach 9 ]

+ Nos Sages décrivent le pouvoir de la parole comme un outil d'artisan. Avec les mots de la Torah et de la prière que nous prononçons, nous construisons notre monde à Venir spirituel.
Même l'artisan le plus talentueux et le plus expérimenté au monde sera incapable de produire un produit de qualité si ses outils sont endommagés. Lorsque quelqu'un prononce des paroles de lachon ara, de moquerie, de plaisanterie et d'autres formes de paroles inappropriées, il endommage le pouvoir de sa parole.
Lorsqu'il étudie [la Torah] et prie par la suite, il le fait avec un outil moins tranchant, et les effets spirituels qu'il peut créer avec eux sont grandement limités.
Faire attention à la façon dont nous parlons aux autres et à propos des autres est une raison pour que nos propres prières soient exaucés et que notre propre étude de la Torah nous permette d'obtenir la récompense maximale dans le monde à venir.
[selon le 'Hafets 'Haïm (Chemirat haLachon - chaar haZé'hira - ch.10)]

En période de détresse, on peut obtenir la délivrance du Ciel en restant joyeux [grâce à notre confiance en Hachem].
[Divré David de Tchortkov - cité dans Méir Einé Israel]

Quelques bienfaits de prendre le deuil de Jérusalem

+ Quelques bienfaits de prendre le deuil de Jérusalem :

-> Rabbi 'Haïm Palagi (Moed léKol 'Haï - Av - n°61) écrit :
"Lorsqu'une personne pleure la destruction du Temple, ses fautes sont pardonnése, elle vivra une
longue vie, ses enfants ne mourront pas de son vivant, et ses enfants vivront longtemps".

-> Rabbi Pin'has de Koritz (Imré Pin'has 404) dit :
"Le 9 Av expie les péchés parce que les gens ont [le cœur] très brisé. C'est la raison pour laquelle, après le 9 Av, les gens se sentent un peu comme après Yom Kippour".

-> Le 'Hatam Sofer dit que ceux qui pleurent pour la destruction du Temple méritent d'avoir de bons enfants.
[par conséquent, lorsque l'on pleure, c'est un moment propice pour prier pour la réussite de ses enfants dans la Torah et la crainte du Ciel. ]

-> C'est une ségoula pour les enfants, mais également pour devenir soi-même un sage en Torah.
Le Kav haYachar (ch.93) écrit : "J'ai une véritable kabbala dans ma main : Celui qui se préoccupe toujours de l'exil de la Ché'hina [qui n'a plus de résidence sur terre depuis la destruction du Temple], il méritera la couronne de la Torah".

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-> Le Tana déBé Eliyahou (rabba 20) nous dit que les nations de Parass (פרס) et de Madaï (מדי) sont venues au monde comme une récompense pour Korech parce qu'il a pleuré et s'est lamenté lorsque les non-juifs ont détruit le Temple.

Selon les calculs du 'Hafets 'Haïm, Korech était âgé de 7 ans au moment de la destruction du Temple.
Un enfant de 7 ans ne comprend pas pleinement la dévastation de la destruction du Temple. Néanmoins, il a pleuré et il a été récompensé pour ses larmes.
Nous apprenons ainsi à quel point la récompense sera grande pour les juifs qui pleurent et se lamentent pour Jérusalem.
[plus on sème dans nos larmes (selon nos capacités personnelles à prendre ce deuil), plus on récoltera dans la joie! ]

-> La Psikta déRav Kahana (ch.25) écrit qu'Hachem jure : "Quiconque attend Mon royaume [qui sera révélé lorsque machia'h viendra] Je témoignerai pour lui pour son bénéfice (létova - לטובה)."

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-> L'un des avantages du deuil du Temple est qu'il nous permet de vivre l'ère glorieuse de la rédemption même à l'heure actuelle.
Le Choulkhan Arou'h (Ora'h 'Haïm 554,25) déclare que : "Quiconque pleure Jérualem mérite de voir sa joie" (כל המתאבל עלירושלים זוכה ורואה בשמחתה).

Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) et d'autres expliquent que lorsque l'on pleure le Temple, on ressent immédiatement la joie de la guéoula.
Le Kédouchat Lévi (Eikha) écrit : "Lorsque l'on pense à la sainteté et que l'on pleure Jérusalem... on perçoit immédiatement un élément de la joie de Jérusalem, de ce qu'il en sera à l'avenir".
[d'une certaine façon, plus on s'attriste on détaillant tout ce qu'on a perdu à cause de sa destruction, plus on se réjouit que très bientôt on en profitera pour l'éternité. Ainsi, plus on s'en attriste, plus on s'en réjouit d'impatience, de la grandeur d'être juif, de la bonté d'Hachem à notre égard d'avoir une chose si grande que le Temple, qui arrivera avec le machia'h très rapidement. ]

-> Lors d'un mariage, nous cassons un verre sous la 'houppa, le 'hatan porte des cendres sur sa tête, ...
Ces coutumes nous aident à nous souvenir de Jérusalem et du Temple [même à un moment important de joie dans notre vie].

Le Sfat Emet (Ki Tavo 5653) explique que le but de ces coutumes n'est pas de nous faire pleurer lors d'un mariage, mais plutôt de parfaire la joie de la fête.
Nous voulons que la joie de la fête soit complète, mais comment un bonheur peut-il être complet dans l'exil? C'est pourquoi nous portons le deuil, et le deuil attire la lumière et la joie totale de l'époque du machia'h, et cela complète la joie du mariage.

Le Sfat Emet écrit :
"À chaque sim'ha (célébration), il faut se souvenir du Temple ...
Lorsque le Temple était érigé, la joie était totale. Aujourd'hui, nous méritons cette joie par le deuil et la nostalgie du Temple.
Comme il est dit : "Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l'allégresse à cause d'elle, vous tous qui l'aimez! Prenez part à sa joie, vous tous qui êtes en deuil à son sujet!" (Yéchayahou 66,10).
Par notre deuil, nous mériterons la joie de Jérusalem."

-> Le rav Eliyahou Lopian déclare qu'à Kelm, on soulignait le mot "quiconque" (kol -כל) dans la phrase : "Quiconque pleure Jérualem de voir sa joie" (... כל המתאבל עלירושלים).
"kol" (כל) = quiconque, tout le monde = signifie même les personnes qui ont commis de graves fautes et qui ne méritent pas de voir la joie de Jérusalem lorsqu'elle sera reconstruite.
Néanmoins, le fait de prendre son deuil sanctifie et purifie, et grâce à leur deuil, ils mériteront de voir sa joie.

[le rav Lopian met en avant que le fait de s'endeuiller pour le Temple, a une capacité à nous purifier, au point que même celui qui a fait des fautes très très graves il en sera purifié, et méritera alors de se réjouir pleinement de Jérusalem.
L'idée est incroyable : en pleurant pour Jérusalem, je m'évite de pleurer dans des souffrances, difficultés, de la vie, que Hachem aurait dû m'envoyer pour me purifier de mes fautes.
Ainsi, pleurer pour le Temple, c'est nettoyer/purifier son Temple intérieur, et ensuite pouvoir se réjouir car on s'est éviter des galères qui aurait nettoyé notre Temple intérieur.
Selon s'applique à plus forte raison à un niveau de la nation juive. ]

"Vous chasserez devant vous tous les habitants du pays, vous détruirez tous leurs temples, vous détruirez leurs idoles de fonte" (Massé 33,52)

-> Le 'Hida (Na'hal Kédoumim) explique ce verset en citant la guémara (Erouvin 32b) qui dit que si Moché était entré en terre d'Israël, il aurait annulé le yétzer ara pour l'adoration des idoles. Par conséquent, le Temple n'aurait jamais été détruit et le peuple d'Israël n'aurait jamais connu l'exil.

Il cite le Rama miPano qui ajoute que si Moché était entré en terre d'Israël, il aurait emmené peuple au Gan Eden dans ce monde et nous aurions vécu comme Adam Harichon l'a fait lorsqu'il a été créé.

Cela signifie que les commandements [du notre verset] de chasser les non-juifs et d'enlever leurs idoles n'auraient pas été nécessaires, car nous n'aurions eu aucun désir de servir ces idoles. Nous aurions vécu dans le Gan Eden et tout aurait été facile pour nous.
C'est pourquoi Moshé a dit : "Vous traversez le Yarden", mais pas moi ; c'est pourquoi vous avez besoin de tous ces avertissements pour détruire les idoles. Si j'avais traversé avec vous, vous n'en auriez pas eu besoin.

"Le 9 Av, lorsque nous nous asseyons sur le sol et faisons la prière, nous pouvons accomplir par la prière tout ce dont nous avons besoin.
Si quelqu'un manque de quelque chose, un bon moment pour la prière est le 9 Av, lorsque nous nous asseyons sur la terre".
[rabbi Pin'has de Koritz - Imré Pin'has 380-381]

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+ 9 Av = nécessité de prier pour la venue du machia'h :

-> Le Tiféret Shlomo enseigne :
Le Temple est déjà construit et prêt au Ciel. Nous n'avons qu'à demander qu'il descende.
C'est pourquoi le Temple est appelé : "divré bété'ha" (דביר ביתך - dans la bénédiction de Rétsé (רצה) de la Amida), du mot : "dibour" (parole - דיבור).
Nous devons demander à Hachem de construire le Temple, ce qui accélérera la guéoula."
[combien cela est nécessaire le jour du 9 Av où l'on souffre tant de son absence! ]

-> On pourrait se dire : que peut bien faire ma prière?
Le Mabit (Beit Elokim - Chaar haTéfila - ch.17) écrit :
Il est plus facile pour les prières des gens des dernières générations, qui sont plus proches du moment de la guéoula, [que leur demande pour la venue du machia'h] soient exaucées, et cela plus que les prières des générations précédentes, et ce pour 2 raisons :
1°/ Nous sommes plus proches de la guéoula, et nos prières peuvent donc accomplir plus que les prières d'il y a des années ;
2°/ Toutes les prières des deux mille dernières années sont toujours présentes et se joignent à nos prières. Ainsi, ce ne sont pas uniquement nos prières, mais plutôt les prières de toutes les générations qui s'élèvent devant Hachem.

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach - drouch 5) enseigne que le premier Temple a été détruit parce que les gens n'étaient pas en train de prier. Comme il est écrit : "Ils n'ont pas prié Hachem" (Hachem lo kara'ou - Tehillim 14,4).

Et il est dit : "les larmes inondent ses joues" (védim'ata al lé'heya - Eikha 1,2)
Le Yaarot Dvach explique que les larmes versées par la destruction du Temple étaient dues à "la joue" (לחיה). La guémara ('Houlin 134b) dit que la joue représente la prière.
Ainsi, védim'ata = l'amertume (la vraie tristesse) de la destruction du Temple provenait d'une chose: "al lé'heya" (עַל לֶחֱיָהּ) = parce que les gens ne priaient pas.

[Le Yaarot Dvach explique que nous pleurons avant tout la destruction du premier Temple (le second Temple était un répit, une pause dans le long exil [avant de la venue du machia'h], mais la destruction principale était le premier).
(en ce sens, la destruction du Temple n'a été possible parce qu'on n'a pas prié pour l'empêcher. Or, chaque année où le Temple n'est pas reconstruit c'est comme s'il était de nouveau détruit. En ce sens, nous devons particulièrement prier à ce moment de l'année pour la guéoula. [c'est bon Hachem on a compris notre erreur passée!] ).
Le 9 Av est un jour où l'on réveille, pour le restant de l'année, notre désir et conscience de l'importance de prier pour obtenir la venue machia'h (le Temple et le machia'h sont prêts, n'attendant que notre prière pour venir!).]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Yirmiyahou 327) raconte que lorsque la nation juive était sur les rives du fleuve Babylone (al naarot Babel - על נהרות בבל), en route vers l'exil, Yirmiyahou les quitta, et tout le monde se mit à pleurer amèrement.
Ils dirent : "Rabbénou Yirmiyahou! Vas-tu nous quitter?"
Yirmiyahou leur répondit : "Je témoigne par le ciel et la terre que si vous aviez pleuré une seule fois lorsque vous viviez à Jérusalem, vous n'auriez pas été envoyés en exil".

-> Le midrach (Eikha rabba 5,5) déclare :
"Le racha Névou'hadnezar dit à Névouzradan : "Leur D. accepte la téchouva. S'ils prient, Hachem les sauvera. C'est pourquoi ne les laisse pas s'arrêter de marcher [alors que tu les conduis dans l'exil], pas même un instant, afin qu'ils n'aient pas la tranquillité d'esprit nécessaire pour appeler Hachem."

Névouzradan suivit le conseil de Névou'hadnézar. Lorsqu'il emmena la nation juive en exil, il ne la laissa pas se reposer. Ses soldats coupaient les membres de tous ceux qui s'arrêtaient de marcher.
=> Ainis, même le racha Névou'hadnézar comprit que les juifs avaient le pouvoir de contrecarrer le décret d'exil par leurs prières.

[en Egypte, Pharaon avait également conscience du pouvoir de la prière, pouvant amener la guéoula, et en ce sens il faisait en sorte que les juifs n'ait pas une seconde de libre pour pouvoir penser à se tourner vers Hachem.
Nos Sages expliquent que lorsqu'il est dit qu'un nouveau Pharaon est arrivé, à ce moment là seulemen,t les égyptiens ont laissé les juifs prier pensant qu'ils pleuraient eux aussi la perte du précédent Pharaon. Les juifs en ont profité pour vider leur cœur à Hachem, ce qui a contribué à précipiter la Délivrance d'Egypte.
=> même le racha Pharaon avait conscience du pouvoir incroyable de la prière de tout juif! ]

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-> Le second Temple a également été détruit parce que les juifs n'ont pas prié pour l'empêcher.

Nos Sages (guémara 29) enseignent :
"Lorsque le premier Temple a été détruit, c'était le soir du 9 Av, à la sortie d'un Shabbath.
Les Lévi'im chantaient des chirah (chants). Ils en étaient aux paroles : "Hachem les démolira [les ennemis de la nation juive]" (yatsmitèm Hachem Elokénou - Téhilim 94,23), mais ils n'avaient pas encore prononcé ces mots et c'est à ce moment-là que les non-juifs se sont emparés du Temple.
La même chose s'est produite pour le second Temple".

=> Il semble que si les Levi'im avaient dit : "Hachem les démolira" (yatsmitèm Hachem Elokénou - יַצְמִיתֵם יְהוָה אֱלֹהֵינוּ), les deux Temples n'auraient pas été détruits. Leurs prières auraient arrêté la destruction du Temple. [rav Elimélé'h Biderman]

Prendre le deuil de Jérusalem = se lier avec Hachem

+ Prendre le deuil de Jérusalem = se lier avec Hachem :

-> Le 'Hatam Sofer (drachot 7 Av - 5560) écrit :
Il est dit : "oz vé'hédva bikomo" - Divré haYamim I 16,27).
[selon le Avot déRabbi Nathan (34,9), le terme : 'hedva (חדוה) est l'un des 10 termes hébraïques signifiant : joie.]
Ainsi, ce verset signifie : "Force et joie emplissent Sa résidence".

Hachem réside dans la joie, et nos Sage disent qu'Hachem ne réside pas dans les endroits où il y a de la tristesse. [à l'image de Yaakov dont la Présence Divine l'a quittée pendant les années où il était triste de la perte de Yossef. ]
Néanmoins, le 9 Av est appelé : "yom mar" (un jour amer - יום מר). Par conséquent, il est approprié pour tous les gens amers et brisés de pleurer et de se lamenter en ces jours où Hachem est également en deuil.
Le 'Hatam Sofer ajoute : "S'ils le font, leur deuil s'élèvera très haut. Ils ne le voient pas, mais leur mazal le voit, et ils entendront la voix d'Hachem qui pleure avec eux".

[ainsi, nous sommes très proches d'Hachem lorsque nous portons le deuil le jour du 9 Av.]

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-> Rabbi Pin'has de Koritz (Imré Pin'has 378,380) écrit :
"L'endroit où réside Hachem, tous les anges du Ciel s'y trouvent.
En ce jour [du 9 Av], si l'on peut dire, Hachem pleure. Par conséquent, lorsqu'une personne se trouve également dans ce lieu [de deuil], elle est protégée [parce qu'elle est avec Hachem].
Rire le jour du 9 Av est dangereux (sakana néfachot) car lorsqu'on est avec le roi, on est protégé, mais lorsqu'on est éloigné du roi, on n'a pas de protection. Et en ce jour, la Ché'hina est si l'on peut dire, assise sur la terre [et le seul moyen de se connecter à Elle est par le deuil]".

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-> Il est dit que le 9 Av est "appelé un moed" (kara alaï moéd - un jour de fête - Eikah 1,15).
C'est pourquoi le Choul'han Aroukh (559:4) déclare : "Nous ne disons pas de ta'hanoun ou de séli'hot le jour du 9 Av parce qu'il est appelé moéd (un jour de fête)"

=> Comment de fait-il que le 9 Av est considéré comme un jour de fête, alors qu'il semble plutôt être le contraire de cela!

-> Rabbi Mordé'haï Gifter zt'l répond que "moéd" (מועד) a deux traductions.
Il signifie : un lieu de rassemblement (comme Ohel Moéd - מועד אהל), et également : "moéd" désigne les jours spéciaux de l'année où nous nous rassemblons et nous connectons avec Hachem.
Pendant les yamim tovim, nous nous lions avec Hachem dans la joie, et le jour du 9 Av, nous nous connectons à Hachem dans le deuil.
C'est un moment particulier, car nous nous attachons avec Hachem, mais au lieu d'utiliser pour cela la joie, en ce jour nous utilisons le deuil (ex: avoir le coeur brisé, voir même en arriver à pleurer).

-> La Méguila du 9 Av s'appelle : Méguilat Eikha (מגילת איכה), et de nombreux kinot commencent par le mot "Eikha" (איכה).
Dans la Torah, Hachem demande à Adam après sa faute : "Où es-tu?" (ayéka - איכה - Béréchit 3,9).
[eikha et ayéka ont les mêmes lettres. ]

Le Zéra Kodech (Dévarim) explique que tout au long de l'exil, Hachem demande : "Ayéka?" (où es-tu? - איכה).
Si l'on peut dire, Hachem nous cherche, se demandant pourquoi nous sommes si éloignés de Lui.
Il nous cherche jusqu'à ce qu'Il nous trouve, comme il est dit : "J'ai trouvé Israël" (matsati Israël - Hochéa 9,10).
Et quand Hachem nous trouve, Il voit que tout au long du l'exil, nous étions également constamment en train de Le chercher.
Nous demandons toujours : "Où est Hachem pour que nous puissions L'exalter?" (ayé mékom kévodo léaaritso - איה מקום כבודו להעריצו).

Hachem et les juifs se cherchent et aspirent au fond d'eux à ce moment où nous pourrons totalement nous unir ensemble.
Le jour de 9 Av, nous nous unissons dans le deuil, tandis que les jours de Yom tov, nous nous unissons dans la joie, et lorsque le Temple sera reconstruit, nous nous unirons dans son mode parfait, au milieu d'une joie immense, totale.

-> Le Avodat Israël (Avos 3:1) décrit la avoda des 3 semaines (17 tamouz au 9 av) et du 9 Av par un machal :
Un père a jeté des diamants à la poubelle et a demandé à son fils de chercher dans les ordures, de les trouver et de les nettoyer. C'était un travail difficile et inconfortable.
Le fils recevra certainement une grande récompense pour avoir fait cela pour son père, plus importante que s'il avait servi son père d'une autre manière.
Ceci décrit la avoda des 3 semaines et du 9 Av. C'est une période creuse, une période difficile, mais la avoda est très précieuse.

Le Avodas Yisrael conclut : "Ce qu'une personne peut réparer le jour du 9 Av, qui est un jour bas [en joie], on ne peut pas le faire même à Sim'hat Torah (moment d'apothéose de joie, clôturant les fêtes de Tichri)".

[ainsi, en comparaison des Yom Tov c'est pas très "agréable" de s'attrister sur le Temple (on préfère se réjouir), mais c'est justement cela qui fait que l'impact et la valeur aux yeux d'Hachem est plus grande.]

Reconstruire Jérusalem avec nos larmes

+ Reconstruire Jérusalem avec nos larmes :

-> La guémara (Makot 24) dit :
Rabban Gamliel, Rabbi El'azar ben Azaria, Rabbi Yéhochoua et Rabbi Akiva se rendirent à Jérusalem. Lorsqu'ils arrivèrent au mont du Temple, ils virent des renards sortir des Saints des Saints (kodech Kodachim).
Rabban Gamliel, Rabbi El'azar ben Azaria, Rabbi Yéhochoua pleuraient. Rabbi Akiva riait.
Ils demandèrent à Rabbi Akiva : "Pourquoi riez-vous?"
Rabbi Akiva demanda : "Pourquoi pleurez-vous ?"
Ils dirent : "L'endroit à propos duquel il est écrit : "l'étranger qui s'approchera mourra" (Kora'h 18,7) [seuls les Cohanim ont l'autorisation de s'y rendre et toute autre personne mourra], or il y a des renards qui gambadent tout autour. Ne devrions-nous pas pleurer [d'une telle vision]?"

Rabbi Akiva répondit : "c'est précisément pour cela que je ris".
[rabbi Akiva leur expliqua que lorsqu'il voit que les prophéties de la destruction du Temple se sont produites, il se sent confiant dans le fait que les prophéties de la guéoula se produiront également. ]

-> D'après les mots de Rabbi Akiva : "c'est précisément pour cela que je ris" = il semble qu'il riait parce qu'ils étaient en deuil.
Rabbi Israël de Tchortkov explique que Rabbi Akiva se réjouissait que les juifs soient en deuil à cause de la destruction du Temple parce que ces larmes permettent de construire le 3e Temple.

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-> Le Chla haKadoch (Massékhet Taanit - Ner Mitsva - n°33) explique que nous ne pleurons pas le Shabbath parce que le deuil construit le Temple, et qu'il est interdit de construire le Temple le Shabbath.

-> "Hachem construit Jérusalem, Il rassemblera les exilés d'Israël" (boné Yérouchalayim Hachem nid'hé Israël yé'haness) - Téhilim 147.
Le 'Hatam Sofer (drouch 7 Av - 5599) demande : normalement ce verset devrait être au futur et l'on devrait dire : "yibané Yérouchalayim Hachem" (Hachem construra Jérusalem [avec la venue du machia'h]). Alors pourquoi en réalité ce verset est écrit au présent : "boné Yérouchalayim" (Hachem construit Jérusalem [maintenant]).

Nos Sages nous disent que le 3e Temple descendra du ciel entièrement construit (voir Rachi sur Rosh Hashanah 30).
Hachem construit le 3e Temple au Ciel ; les matériaux de construction sont nos larmes et notre deuil.
Pendant 2 000 ans, nous prenons le deuil et pleurons pour le la destruction du Temple. Hachem prend toutes ces larmes et ce deuil, et Il construit avec cela le 3e Temple dans le ciel, brique par brique, pierre par pierre, et lorsqu'il sera achevé, il descendra du ciel.
Comme il est écrit dans le Zohar (vol.2,p.12b) : "La délivrance des juifs dépend uniquement des pleurs".

[notre yéter ara nous pousse à nous dévaloriser en nous laissant penser : à quoi ça sert de pleurer pour le Temple? (les tsadikim oui, mais toi,!). Mais la réalité c'est que lorsque le Temple sera reconstruit on verra toutes les pierres, tous les embellissement du Temple, que nos larmes auront permis de faire. Quelle fierté éternelle!! ]

[Les séfarim disent que bien que nous soyons en deuil et que nous pleurions, nous ne devons pas tomber dans la tristesse du désespoir (cela provient de notre yétser ara, pour nous faire désespérer de toute spiritualité). La limite entre les deux peut être très fine, mais l'essentiel est de garder de l'espoir, de la foi en Hachem.
[ex: conscient de l'énorme perte, de la douleur d'Hachem d'être en exil, alors je suis très très triste, mais d'un autre côté je sais que Hachem a fait cela pour notre bien, et qu'à tout moment la guéoula peut arriver. Je descend bas bas dans la tristesse, mais je ne me laisse jamais noyé par le désespoir, la négativité. ]

Le 'Hazon Ich (Maassé Ich, vol.4) prouve cela à partir de la guémara (Shabbos 30b) qui dit : "la Ché'hina ne réside pas s'il n'y a pas de joie", et un prophète doit être dans un état de joie pour recevoir sa prophétie.
La question est de savoir comment Yirmiyahou HaNavi a pu recevoir la prophétie de la Méguilat Eikha, alors qu'il était certainement en train de pleurer et de se lamenter lorsqu'il a reçu cette prophétie (en plus de la destruction du Temple, il y est décrit en détails les souffrances atroces des juifs de l'époque).
Il faut croire que l'on peut pleurer et se lamenter tout en étant joyeux. ]