Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Lag baOmer

+ Lag baOmer :

-> Même les personnes qui ne vont pas à Méron doivent se réjouir à Lag baOmer.
Le 'Hida (Moré béEtsba 223) écrit : "Soyez heureux en l'honneur de rabbi Chimon bar Yo'haï, car Lag baOmer est sa hilloula, et l'on sait qu'il souhaitait que les gens se réjouissent en ce jour".

-> Le Michnat 'Hassidim écrit : "C'est une mitsva d'être heureux en ce jour, la joie de Rabbi Chimon bar Yo'haï".

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-> Le Zohar raconte que lors de la lévaya (levée du corps) de rabbi Shimon bar Yo'haï, il y eut une dispute concernant l'endroit où l'enterrer. Alors qu'ils passaient devant Tsipori, les habitants de Tsipori exigèrent que rabbi Shimon y soit enterré. Ils prirent même des bâtons et frappèrent les habitants de Méron qui voulaient emmener rabbi Shimon à Méron.
C'est alors qu'un miracle se produisit. Le lit/cercueil de eabbi Chimon bar Yo'haï s'éleva dans les airs et vola jusqu'à son lieu de sépulture à Méron. C'est alors que le voix Divine (bat kol) annonça : "Rassemblez-vous et célébrez la hilloula/la fête de rabbi Chimon bar Yo'haï".

-> Rabbi Asher Zelig Margolis dit que cette bat kol émane et est entendu chaque année. La preuve en est le grand nombre de personnes qui souhaitent célébrer ce jour très saint et spécial. [et ce quelque soit la tendance religieuse! ]
Manifestement, au plus profond de leur âme, ils entendent l'appel de la bat kol et se rassemblent pour le célébrer.

-> Le Zohar (Idra Zouta 291b) raconte que le dernier jour de la vie de rabbi Shimon, il révéla à ses élèves les grands et saints secrets de la kabbale. Tant qu'il enseignait, le soleil ne se couchait pas.
Les Bné Yissa'har (Lag baOmer 6) écrit que cela explique la coutume d'allumer des bougies et des feux de joie le jour de Lag baOmer. C'est en commémoration du soleil qui a continué à briller le dernier jour de la vie de Reb Shimon.

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-> Le Maharil (החדשות ק "ד) ) écrit : "Les repas à la suite d'une brit mila, d'un pidyon haben, d'un sioyum massekhta [sont tous des séoudat mitsva] ... Lag baOmer est également considérée comme une séoudat mitsva".

-> Le Taamé haMinhaguim explique : rabbi Shimon bar Yo'haï était unique dans sa manière d'annuler les décrets sévères.
La plupart des tsadikim jeûnent pour annuler les décrets sévères, mais le Zohar nous dit que rabbi Shimon bar Yo'haï annulait les décrets sévères par la joie.
C'est pourquoi, le jour de la hiloula de rabbi Shimon, nous mangeons et nous faisons la fête. C'est ainsi que nous annulons les décrets sévères en ce jour.

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Pour ceux qui ne peuvent se rendre à Méron à Lag baOmer :

-> Il faut se rappeler les paroles de nos Sages (Kidouchin 40a) : "Si une personne voulait faire une mitsva, mais que les circonstances l'en ont empêché, le verset lui accorde le crédit comme si elle avait accompli la mitsva".
Ainsi, on doit être heureux le jour de Lag baOmer, où qu'il se trouve.

-> Il est également recommandé d'étudier les enseignements de rabbi Chimon bar Yo'haï.
Le Méor Enayim (Shabbath) nous dit qu'étudier les enseignements d'un tsadik est semblable à se trouver sur sa tombe.

-> Le rebbe Karliner disait : "Tout comme Hachem est là pour tout le monde, Rachbi est là pour tout le monde, même pour les gens les plus bas [spirituellement parlant]".

Tout comme Hachem est partout et que Sa gloire remplit le monde entier et peut être ressentie par tous les gens où qu'ils se trouvent, la puissance de Rachbi peut être ressentie en tout lieu.
Même si l'on ne mérite pas de se rendre dans la ville sainte de Méron, on peut mériter d'être relié à rabbi Chimon (Rachbi).
Comme on le dit au nom des tsadikim : "Où qu'un juif se trouve, s'il se connecte à Rachbi, il peut y trouver Rachbi."
Par conséquent, même si nous ne pouvons pas nous rendre chez rabbi Shimon, rabbi Shimon viendra quand même à nous.
[rav Méïr Rosenbaum]

-> Le jour de Lag baOmer est si saint que le rabbi de Kalish s'immergeait au mikvé en ce jour, et il disait : " Je prends sur moi la sainteté du jour".

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-> Le Beit Yossef dit que nous célébrons Lag baOmer, parce que les élèves de rabbi Akiva ont cessé de mourir en ce jour.

Certains commentateurs ne sont pas d'accord. Ils disent que le fait que les élèves ont arrêté de mourir n'est pas une raison de célébrer, car la raison pour laquelle ils cessent de mourir, c'est parce qu'il n'y en a il n'y en avait plus! Tous les 24 000 étudiants étaient morts.
La raison de notre réjouissance est la célébration de la continuité de la Torah.

Car lorsque rabbi Akiva a vu qu'il ne lui restait n'avait plus d'élèves, il s'est se rendit dans le sud et enseigna la Torah à cinq élèves : Rabbi Méïr, Rabbi Yéhouda, Rabbi Yossi, Rabbi Shimon, et Rabbi El'azer ben Shamoa.
Leurs enseignements ont été consignés tout au long des les Michnayot et la Guémara, et c'est ainsi que la Torah s'est perpétuée jusqu'à aujourd'hui.
Le jour de Lag baOmer nous célébrons la continuité de la de la Torah, et cela s'est produit parce que Rabbi Akiva n'a pas perdu l'espoir.
Même après avoir perdu tous ses élèves (24 000!), il est allé de l'avant et a fait ce qu'il a pouvait, et c'est ainsi que la Torah se perpétue jusqu'à aujourd'hui.

Rabbi Shimon bar Yo'haï n'a pas perdu espoir non plus, et c'est ce qui l'a amené à ce qui l'a amené aux plus niveaux les plus élevés.

[ainsi, à Lag baOmer on festoie sur l'importance de toujours garder espoir et faire de son mieux dans la spiritualité (un pas avec l'autre), car on n'imagine pas l'énormité de ce qu'on pourra finalement faire. ]

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-> Nous sommes joyeux à Lag baOmer, parce que ce jour-là, Hachem juge tout le monde favorablement. Hachem voit nos bonnes actions, se concentre sur nos bons désirs et ignore nos fautes.
[rav Elimélé'h Biderman]

-> La Guemara (Soucca 45) affirme :
Rabbi Chimon bar Yohaï affirme : "Je peux libérer tout le monde du jugement [faisant qu'ils ne soient pas punis pour leurs fautes] depuis le jour de ma création jusqu'à aujourd'hui.. Si j'ajoute les mérites de mon fils, Eliézer, je peux racheter les gens du jugement depuis le début de la création jusqu'à aujourd'hui.
Et si nous ajoutons les mérites de Yotam ben Ouziyahou, nous pouvons racheter le monde entier du jugement, depuis le jour de la création du monde jusqu'à la fin des temps".

[Rachi écrit que Yotam ben Ouziyahou "était un tsadik, plus humble que les autres rois, et excellait dans le kiboud av. A son sujet, il est dit (Mala'hi 1) : 'un fils honore son père' (בן יכבד אב). Parce que tous les jours où son père avait des tsaraat et que Yotam jugeait la nation ... il n'a pas mis la couronne sur sa tête. Il attribuait tous les jugements qu'il gouvernait à son père. jugements qu'il gouvernait à son père".]

=> Comment Rabbi Chimon bar Yo'haï nous rachète-t-il du du jugement?

-> Rachi écrit : [Rabbi Shimon dit] : "Je prends leurs leurs fautes. Ainsi ils sont libérés du jugement. jugement."

-> Dans les marges de la guémara, il y a des notes de rabbi Akiva Eiger appelées Gil'yon haShass.
Sur la guémara (Soucca 45b) où rabbi Chimon a proclamé qu'il peut racheter le monde entier du jugement et de la punition, rabbi Akiva Eiger a écrit les mots suivants : עיין אבות דר' נתן פט "ז.

Les Avot déRabbi Nathan raconte que rabbi Shimon dit : "La nation juive nation juive ne va pas au Guéhinam".
Et la raison est qu'ils ne sont pas coupables de leurs fautes parce qu'Hachem leur a donné un yétser ara, alors que peut-on attendre d'eux?

Après avoir donné un machal, rabbib Chimon bar Yo'haï conclut :
"C'est la défense que la nation juive présentera à Hahem le jour du jugement. Ils diront : "Maître du monde, tu sais que le yétser ara nous pousse à fauter". Comme il est dit : "Hachem connaît notre yétser ara" (ki ou yada yitsrénou - 103,14).
Alors, ne nous tiens pas responsables de nos mauvaises actions. [Car] nous avons fait de notre mieux."

-> Le 'Hidouché haRim dit que chaque année, à Lag baOmer, rabbi Chimon bar Yo'haï répète sa célèbre déclaration : "Je peux exempter le monde entier du jugement et de la punition!".
A Lag baOmer, en particulier, Hachem voit notre bien, ignore notre mal, nous aime immensément, et c'est l'origine de notre grande joie en ce jour.

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-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarat Dvach vol.2, 11) écrit :
"Il convient à chaque personne craignant D. (yéré chamayim) de faire téchouva le jour de Lag baOmer parce que le mérite de rabbi Chimon l'aidera à se purifier. Il ne doit pas passer ce jour à faire des bêtises, car ce sera une douleur pour le tsadik".

-> Rabbi Tsadok haCohen (Tsikdat haTsadik 127) écrit :
"Le Zohar ('Hayé Sarah 129) affirme que lorsqu'une personne fait téchouva, et même lorsque le plus grand racha fait téchouva, elle s'élève aux niveaux les plus élevés.
J'ai entendu dire, au nom de Rabbi Bounim de Pshischa, que tout cela est dû au mérite de Rabbi Chimon bar Yo'haï. Il a accompli par son labeur en avodat Hachem qu'un baal téchouva devrait atteindre de tels niveaux. niveaux si élevés".

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-> Le Sar Shalom de Belz parlait un jour de la grandeur de Lag baOmer, et son fils, rabbi Zoundel a dit : "Lag b'Omer est comme Yom Kippour". Son père lui répondit qu'il avait raison.

-> Le 'Hatam Sofer (Drachot vol.2 280) écrit également que Lag baOmer est comme Yom Kippour.

-> Rabbi Yehoshua de Kaminka enseigne :
La guémara (Béra'hot 58a) dit que le Temple est appelé : הוד (od - splendeur).
Nous pouvons donc déduire que הוד שבהוד (od chébé'od - splendeur de la splendeur) est le Kodech Kadochim.
Le jour de Lag baOmer correspond à : הוד שבהוד (comme nous le disons à la fin du compte du Omer de ce jour), nous arrivons au Kodéch Kadochim, semblable au Cohen gadol qui y qui y entre seulement le jour de Yom Kippour.

-> Le Beit Aharon écrit :
"Les tsadikim, par leurs bonnes actions, purifient les Bné Israël, et rabbi Shimon bar Yo'haï purifie toujours les corps des Bné Israël."
Cette purification est un autre élément de Lag baOmer, qui rappelle Yom Kippour.

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-> Le jour de Lag baOmer, il est de coutume de chanter le chant "bar Yo'haï" (le fils de Yochaï - בר יוחאי).
Reb Naftali Katz (Siddour Beit Rachel) écrit que chanter Bar Yo'haï purifie l'âme, même pour ceux qui ne saisissent pas les secrets les secrets de cette chanson.

-> Nous n'imaginons pas grandeur phénoménale de Rabbi Chimon bar Yo'haï.
Le rav Elimélé'h Biderman dit que c'est peut-être la raison pour laquelle nous chantons בר יוחאי (bar Yo'haï, dans ce chant nous le dénommons : "le fils de Yo'hai" (non "Chimon bar Yo'haï) .
Nous nous rappelons que rabbi Shimon était un être humain, qu'il avait des parents, et qu'il a pourtant atteint de tels niveaux. Par conséquent, si nous nous consacrons au service d'Hachem, nous pouvons également atteindre des niveaux très élevés.

Les gens ont tendance à considérer les tsadikim comme des personnes nées totalement différentes des autres.
Par conséquent, lorsqu'ils entendent parler de la grandeur d'un tsadik, ils haussent les épaules et disent : "Mais qui peut être comme lu ? C'était un ange. Si je naissais ange, je serais moi aussi, je serais comme lui."
C'est pourquoi il est important de se rappeler que les tsaddikim sont des êtres humains. Ils ont aussi des défis à relever, et ils sont devenus grands et saints parce qu'ils ont passé ces épreuves.
Si nous réussissons nos épreuves, nous pouvons aussi atteindre des niveaux des niveaux incroyablement élevés.

[par ailleurs, nos Sages enseignent que rabbi Chimon bar Yo'haï est né par le mérite des nombreuses larmes qu'a versé sa mère (Sarah). On apprend de là l'importance des parents de prier de tout coeur pour mériter d'avoir et d'éduquer de bons enfants. ]

Chaque juif est un motif de fierté unique, et Hachem s'enorgueillit de chacun d'entre eux.
Même les plus bas parmi les plus bas [spirituellement], et même les juifs réchaïm, tant qu'ils sont appelés "juifs", ils offrent une fierté unique, car Hachem est fier de chacun d'entre eux individuellement ...
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 17:1]

La beauté de toute âme juive

+++ La beauté de toute âme juive :

+ "Car l'âme de l'homme est la bougie de D." (Michlé 20,27)

-> Le Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya - chap.19) explique que cela fait référence à l'aspiration intérieure constante de l'âme juive à s'affranchir du lien corporel pour s'unir au Maître du monde, tout comme une flamme vacillante saute et danse constamment dans une tentative désespérée d'échapper au lien terrestre de la mèche.

Le Baal haTanya (Torah Ohr - Tétsavé) écrit :
La "Knésset Israël" est la source de chaque âme juive et elle est appelée par le nom "Libi" (Mon cœur).
Cette âme collective est le point intérieur de chaque cœur juif dont la nature est de s'élever, comme une flamme, pour s'attacher à Hachem. C'est l'essence de l'âme, fondée dans les royaumes de la sainteté, une portion littérale de D. en Haut.
Son seul désir et sa seule aspiration sont de s'annuler et de s'inclure dans la lumière d'Hachem, de permettre à cette lumière de se manifester dans les pouvoirs mentaux et les traits émotionnels qui, à leur tour, s'expriment dans la pensée, la parole et l'action, les "vêtements" de l'âme ...

-> De son côté, rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan - Tinyana 7) enseigne :
Celui qui connaît la sainteté du peuple juif et le lieu d'où il est issu, et qui comprend sa nature spirituelle et sa sublimité, celui-là sait que le peuple juif est absolument éloigné du péché, et que le péché n'a aucun lien avec eux, compte tenu de l'immense sainteté de leur origine et de l'énormité de leur sublimité et de leur spiritualité.

[l'âme juif est une partie provenant de l'intériorité d'Hachem, qui avant de descendre dans ce monde était sous le Trône Divin ... = c'est des concepts qui nous échappent , mais qui doivent ancrer en nous un sentiment d'importance, de valorisation personnel, qui nous responsabilise dans nos actions. ]

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-> "karov ata Hachem (Hachem, Tu es proche - Téhilim 119,151)
Le Ibn Ezra commente : "karov mikol karov" (Plus proche que tout ce qui est proche).

La proximité avec Hachem se trouve au centre de l'âme juive, plus proche que tout ce qui est proche.
[Hachem partage nos douleurs, l'âme pure juive reste présente même chez le juif le plus racha, Hachem aime énormément tout juif indépendamment de ce qu'il peut faire, ...
Un juif doit savoir que celui qui est le proche de lui, qui a conscience de tout ce que nous ressentons (nos difficultés, nos faiblesses, nos forces, ...), qui peut tout et ne veut que notre bien, c'est Hachem : notre papa, notre confident, ...
Notre yétser ara, la routine, veut nous faire oublier cette réalité, mais c'est cela être juif : avoir Hachem qui est "karov mikol karov"! ]

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-> La téchouva ne signifie pas "tourner" (j'ai pris un mauvais chemin de vie, alors j'en prends un autre que j'espère meilleur), mais plutôt "retourner".
La téchouva ne consiste pas à atteindre quelque chose de nouveau que nous n'avions pas déjà auparavant. Il s'agit simplement de revenir à l'état le plus naturel du juif, une vie vécue en accord avec les aspirations de notre identité la plus profonde.

[ le terme téchouva (תשובה) se décompose en "tachouv hé" (תשוב ה) = retourne vers la partie Divine qui est en toi (ne te définis pas selon les standard du monde environnant (richesse, honneur, ...), selon le regard d'autrui qui sont fluctuants, intéressés et faussés, ... mais plutôt selon la vraie valeur constante que tu as auprès d'Hachem (béni bé'hori).
Ainsi, faire téchouva, c'est retourner vers notre véritable être juif, et c'est donc l'occasion de prendre conscience de ce que l'on est vraiment, de la grandeur de notre intériorité, de la relation de proximité que nous avons avec papa Hachem. ]

-> Le rav Avraham Kook (Orot haTéchouva 16,10) écrit :
"Lorsque nous oublions la nature de notre âme individuelle, lorsque nous détournons notre attention de la qualité de la vie intérieure de l'individu, tout devient confus et plein de doutes.
La première téchouva, qui illumine immédiatement toute l'obscurité, est celle qui consiste à revenir à soi-même, à l'essence de son âme (néchama).
Immédiatement, il retourne à Hachem, l'âme des âmes, et continue à avancer, de plus en plus haut, dans la sainteté et la pureté."

-> Ailleurs, le rav Avraham Kook (Moussar Avi'ha 1,8) enseigne :
"Il faut apprendre à connaître la grandeur de son âme et sa sublimité dans son essence même.
Même si elle peut se salir de toutes sortes de scories physiques, "même si un myrte se trouve parmi les épines, il reste un myrte, et nous devons nous y référer en tant que myrte "(guémara Sanhédrin 44a) = l'âme reste toujours brillante en vertu de son essence.
[ "même lorsque le peuple juif a fauté, on l'appelle encore "Israël!"" - Sanhédrin 44a]
En vérité, la simple prise de conscience de ce fait purifie, car cette connaissance est l'une des branches puissantes de la téchouva par amour (mé aava)."

-> Le rav Avraham Kook (Pinkesé haRaya 11,15) écrit également :
"Du côté de l'âme, on a déjà la capacité de se réjouir en Hachem et de prendre plaisir aux délices de Son amour et à la lumière d'une conscience élargie.
C'est juste que la faiblesse ou la bassesse du corps empêche cette lumière de se révéler. Il apparaît que l'essence est toujours déjà prête. Ce n'est que l'élément secondaire qui fait obstacle.
Par conséquent, une personne doit être consciente que l'essence est primaire. Il faut être convaincu que la lumière d'Hachem brille déjà dans son âme, même si elle est cachée."

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-> On peut noter également que le mot téchouva (retour), peut également signifier "une réponse".
Au plus profond de notre cœur et de notre âme, nous sommes animés d'un désir impérieux d'incarner l'esprit de la téchouva en répondant à l'appel d'Hachem (notre âme) qui souffre de nous voir éloigner à cause de nos fautes, qui désire que nous soyons le plus proche de Lui, car Il nous aime plus que tout.
[Mes enfants revenaient (chouvou banim!). ]

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-> Rachi ( Béra'hot 4b) : "Si un juif qui a l'habitude de prier dans une synagogue ne se présente pas, Hachem s'enquiert de lui : "Quelle est la situation de Ploni (de un tel)?"

[Hachem se préoccupe constamment, avec un amour particulier, de chaque juif. ]

Allumer le feux de notre cœur pour Hachem

+ Allumer le feux de notre cœur :

-> Il y a des gens qui dorment toute la journée. Même s'ils donnent l'impression d'être occupés par la Torah et la prière, Hachem ne se réjouit pas de leur présence, car toute leur avoda reste en bas et n'est pas capable de s'élever en haut.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 60:6]

[au lieu d'entretenir le sentiment d'être constamment "fiancé" auprès du Maître du monde (véérasti'h li léolam - Hochéa 2,19), on se contente de suivre notre vie religieuse dans la routine, comme une chose à faire (parfois à se débarrasser, la tête ailleurs), sans reconnaître l'émerveillement et la noblesse de la judaïcité. [l'impact fou et éternel de chaque mitsva, de chaque prièr]
Nous oublions d'y mettre notre joie, notre fierté ... ]

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-> "Hachem désire le cœur"
[ra'hmana liba baé - guémara Sanhédrin 106b]

-> "Que l'on fasse beaucoup ou peu, l'essentiel est que son cœur soit orienté [mé'haven] vers le Ciel"
[guémara Béra'hot 17a]

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-> Rabbi Kalonymus Kalman Shapira (dans son Hachsharat haAvré'him) écrit :
"Qu'il soit clairement établi que non seulement celui qui éprouve un ravissement complet (hit'lahavout) dans sa avoda, mais aussi celui qui est simplement touché à un niveau émotionnel (hitragchout), ce sentiment représente les premiers stades de l'émergence de son âme, sur laquelle réside une lumière élevée.
Les sentiments agréables et les émotions saintes éprouvés par cette personne dans ses prières, ses mitsvot et son étude de la Torah, ainsi que l'éruption d'étincelles de plaisir et de feu sacré, proviennent de sa portion du Gan Eden, qu'elle expérimentera pleinement, pour l'éternité, après l'achèvement de ses jours et de ses années".

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-> Le rav Shlomo Wolbe (Alé Shour - vol.2) enseigne :
La majeure partie de notre observance de la mitsva consiste simplement à accomplir la loi (halakha). Que serait notre vie, à la fois communautaire, personnelle et spirituelle, sans ces lois?
Cependant, même ainsi : "Jérusalem n'a pas été détruite jusqu'à ce qu'ils accomplissent la loi de la Torah en n'agissant pas au-delà [d'une application] à la lettre de la loi" (guémara Baba Métsia 30b).
La "halakha à la lettre" représente les limites à l'intérieur desquelles nous vivons notre vie. Cependant, la vie elle-même se trouve à l'intérieur de ces mêmes limites (lifnim méchourat hadin).
Il est impossible de fonder sa vie sur les seules limites. Ce n'est qu'au-delà de la surface des frontières que l'on trouve la bonté et l'amour. Il est de notre devoir de leur donner de l'espace et de les faire passer de la potentialité à la réalité.

[ la halakha est un cadre commun, dans lequel chacun doit y mettre de la vie, doit allumer le feu de son coeur, pour servir Hachem avec qualité et amour!
Hachem ne manque pas de "robot" de la halakha, comme par exemple les anges. Ainsi, le plus important n'est pas d'agir selon la volonté de D. (Hachem n'a besoin de rien), mais plutôt avec quel état d'esprit, avec quel joie et positivité j'y mets.]

-> Le roi David écrit : "Servez Hachem dans la joie!" (Téhilim 100,2 - ivdou ét Hachem béSim'ha).

-> "Soyez dans la joyeux (béSim'ha) et vous aurez des raisons d'être dans la joie (béSim'ha) ...
Car Hachem aime la joie!"
[Beit Israël]

-> Sur son lit de mort, Rabbi Méïr Shapiro, Roch Yéchiva de Lublin, n'avait plus les forces de parler, mais il a réussi à écrire 2 mots à ses élèves : rak bésim'ha (que dans la joie!).
Il est mort le visage rayonnant de joie, avec sur le bout des lèvres : que dans la joie, que dans la joie!

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-> le mot : "bésim'ha" (dans la joie - בשמחה) possède les mêmes lettres que : "ma'hchava" (la pensée - מחשבה).
Se focaliser sur tout le positif de la vie, est une façon de penser qui amène la joie, et qui est donc dépendante de notre regard envers le monde.
Etre joyeux, c'est réellement concrétiser le fait d'avoir confiance que Hachem peut tout et que tout est pour le bien (émouna/bita'hon), c'est avoir vraiment conscience de devant qui nous sommes (ex: ma Amida est un face à face avec le Maître de l'Univers : Hachem, qui est là en privé avec moi!), de la chance que nous avons d'agir selon Sa volonté (c'est ce qu'il y a de mieux à faire de ma vie! ; je construis mon éternité grâce à cela alors que les autres investissent dans du vide), ...
Etre joyeux, c'est regarder la vie en tant que juif, fils du meilleur papa au monde : Hachem!

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-> Pratiquement tous les maîtres hassidiques insistent sur le fait qu'il ne suffit pas pour un juif de suivre les voies de la Torah dans le but d'obtenir une récompense dans le monde à venir. Au contraire, Hachem veut que notre avoda soit débordante de passion, d'excitation, de vitalité et de sens, au point que nous fassions l'expérience d'un goût de paradis dans ce monde.
C'est ainsi qu'ils ont interprété les mots de la michna : "Sé'har mitsva mitsva", non pas que "la récompense d'une mitsva est l'opportunité d'accomplir une autre mitsva", mais plutôt que : "la récompense d'une mitsva est la mitsva elle-même ".
[ex: le Baal Chem Tov (Kéter Chem Tov 96) ; rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 5:2) ; Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya chap.39)]

[le paradis n'est pas le fait d'avoir plein d'argent, et de regarder netflix toute la journée, ... c'est plutôt la possibilité d'être débarrassé de toutes contraintes pour pouvoir toujours plus se rapprocher d'Hachem (ce qui est le plus grande plaisir possible). En ce sens, Hachem n'a besoin de rien, et une mitsva est une occasion offerte de se rapprocher, de s'attacher davantage avec Lui. ]

-> Rabbi Na'houm de Tchernobyl (Méor Enayim - Vayéra) écrit :
La récompense principale d'une mitsva est la mitsva elle-même, le lien Divin et le plaisir spirituel impliqué dans l'action qui est un aspect de "saluer le visage de la Présence Divine (Chékhina)".
Sans cela, on parle de "mitsva vide", car il manque la force vitale et l'âme, il ne reste que le "corps" de l'acte.
Elle n'est véritablement appelée "mitsva" que par le biais du désir et de l'attachement ("tsavta") de l'étincelle intérieure de la Divinité à sa Source.

-> L'un des principaux enseignements que le Baal Shem Tov et ses élèves cherchaient à transmettre est l'idée qu'il est possible pour un juif de puiser dans l'esprit glorieux du monde à Venir (olam aba) même lorsqu'il vit dans ce monde-ci.
En ce sens, les premiers maîtres hassidiques entraînaient leurs disciples à sentir les rayons de l'esprit du monde à Venir.

-> Les lois, les concepts, les coutumes, les préceptes et les idéaux de notre sainte Torah forment une porte d'entrée par lequel le juif peut voyager vers un monde de lucidité transcendante et attirer des courants de clarté d'un autre monde pour illuminer le monde de l'obscurité, transformant la réalité avec l'éclat de sa perception spirituelle.
Les pensées, les paroles et les actions de sainteté qui sont autorisées à atteindre le cœur du juif pour engager consciemment son âme avec sincérité, joie, confiance et humilité, attirent l'esprit du monde à Venir dans son âme et remplissent son monde d'un parfum de paradis.

On raconte l'histoire d'un rabbin qui visita le paradis en rêve.
En entrant dans la salle où les Tanaïm jouissaient de leur récompense éternelle, il vit qu'ils étaient tous assis autour d'une simple table en bois, en train d'étudier la Torah.
Déçu, le rabbin demanda à un ange : "C'est tout? C'est à cela que ressemble le paradis?"
Il reçut la réponse suivante : "Les Tanaïm ne sont pas au paradis. Le paradis est dans les Tanaïm".

Les tsadikim souhaitaient démontrer comment la joie du paradis, présente dans chaque mitsva et chaque mot de la Torah et de la prière, pouvait se répandre dans les activités quotidiennes d'une personne, les remplissant toutes de sens et de satisfaction.
L'objectif, enseignaient-ils, n'est pas de se retirer de ce monde et de attacher seulement à la spiritualité du prochain, mais plutôt de permettre à l'esprit du monde à Venir d'illuminer son expérience quotidienne ...

Ainsi, lorsqu'il s'agit d'avodat Hachem, c'est la structure de la halakha et l'observance des mitsvot qui fournit un cadre, le seul cadre [possible], dans lequel [chaque juif] peut véritablement s'épanouir. [permettant à son intériorité d'exprimer ses plus beaux sentiments à Hachem]
[rav Yaakov Klein]

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-> Rabbi Nathan (Likouté Téfilot - vol.1,89) fait la prière suivante :
La joie et l'enchantement que je devrais légitimement ressentir à l'égard de ma part sont incommensurables et dépassent tout calcul, puisque Tu [Ha] m'as accordé le mérite, dans Ta grande miséricorde, d'être compté parmi la nation juive, la nation choisie parmi toutes les nations et élevée au-delà de toutes les langues, car Tu exprimes Ta tendresse pour nous en utilisant tous les termes d'affection, et Tu aimes Ta nation, Israël, d'un grand amour et d'un lien tout à fait éternel.
Et, en raison de Ton amour et de Ta miséricorde envers Ta nation, Israël, Tu nous as accordé une grande quantité de Torah et de mitsvot, de sorte que nous devrions ressentir une joie, une célébration et une allégresse sans fin pour chaque mitsva qui ravive l'âme et réjouit le cœur.

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-> L'expérience des mitsvot par le juif le plus simple sera le paradis des non-juifs dans le monde à venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 21:11]

[chaque mitsva n'est pas une contrainte d'Hachem, mais un cadeau incroyable, c'est un lien direct avec le Roi des rois, l'Auteur de toute existence.
Faire les mitsvot, c'est accomplir l'objectif de la Création, en conférant à l'ensemble de la matérialité une signification/profondeur, une pertinence et une sainteté accrues.
Hachem se réjouit des désirs de notre coeur pour les mitsvot (pour Lui) plus que toute autre chose. ]

Le Omer : la période entre Pessa’h et Shavouot (selon le rabbi de Berditchev)

+ Le Omer : la période entre Pessa'h et Shavouot (selon le rabbi de Berditchev) :

-> De nombreuses personnes ont l'impression que Shavouot est un Yom Tov totalement indépendant de Pessa'h. Après tout, ces fêtes célèbrent des événements distincts, ont leurs propres des mitsvot qui sont uniques, la Torah les considérant même comme des Régalim différentes. Quel lien pourrait-il y avoir entre les deux?

Cepenedant le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor) enseigne que si nous comprenons correctement la mitsva du Séfirat haOmer, qui consiste à compter les 7 semaines entre Pessa'h et Shavouot, nous nous rendrons compte que Pessa'h et Shavouot sont en réalité liées aux niveaux les plus profonds.

Le rabbi Berditchev explique que Shavouot est simplement une ré-acceptation de la grande lumière qui descend sur nous lors de la première nuit de Pessa'h (celle du Séder).
Pessa'h célèbre la sortie des juifs de la terre d'Égypte, une bonté totale de la part du Maître du monde que le peuple juif n'avait aucunement méritée.
Dans cette veine, nos Sages enseignent qu'au moment de la sortie d'Egypte, les anges poursuivants ont demandé à Hachem pourquoi, si le peuple juif était une nation d'adorateurs d'idoles tout comme les égyptiens, ils méritaient d'être délivrés.
Pourtant, Hachem les a fait sortir, quel que soit leur état actuel, car la lumière spéciale de Pessa'h se répand sur la nation juive, qu'elle le mérite ou non.
Cette année-là, la lumière qui se révèle chaque 15 Nissan a pris la forme de la rédemption de la nation juive d'Égypte. Chaque année suivante, lorsque la nuit du Séder arrive, les projecteurs du ciel s'allument à nouveau et cette même lumière remplit nos vies, apportant avec elle une immense bonté dans les domaines spirituel et physique.

Cependant, nos Sages enseignent que, comme nous n'avons pas travaillé pour mériter cette lumière, il n'y a pas de récipient dans lequel elle puisse s'attarder.
Cette lumière est suffisamment forte pour détruire les chaînes de notre esclavage et nous aider à "Pessa'h", c'est-à-dire à franchir des étapes dans l'ascension habituellement rigide et ordonnée vers la proximité de D., mais elle ne peut pas rester et nous aider à achever le processus de liberté, puisqu'elle n'a pas été gagnée.
C’est pour cette raison qu'après la première nuit de Pessah', la lumière du Séder nous est retirée.

Le processus du compte du Omer nous permet de gagner la grande lumière de la nuit du Séder de telle sorte que lorsqu'elle descend à nouveau la nuit de Shaovuot, elle reste avec nous pour toujours.

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-> Lorsqu'un enfant naît, une lumière extraordinaire descend du ciel au moment de sa naissance pour une seconde fugace avant d'être reprise pour lui permettre d'accomplir la mission de toute une vie d'atteindre cette lumière une fois de plus.
La sortie du peuple juif d'Egypte est comparé à la naissance d'un nouveau-né. C'est ainsi qu'ils sont également passés par ce processus exact.

-> Nos sages nous disent que pendant les 9 mois que le fœtus passe dans le ventre de sa mère, une bougie brûle au-dessus de sa tête, à la lumière de laquelle il est capable de voir d'un bout à l'autre du monde.
Cependant, à un certain moment du développement du fœtus, un ange lui tapote la lèvre et toute sa conscience est oubliée, la bougie s'éteint.

Le rabbi Berditchev (Kédouchat Lévi - Vayéchev) enseigne qu'au moment où le bébé est prêt à faire son entrée dans le monde, Hachem lui envoie un flash de la conscience qu'il avait avant la tape de l'ange.

Il s'agit d'une pichenette, qui s'attarde quelques secondes avant d'être reprise rapidement.
Par conséquent, dès notre naissance, il nous reste à la fois l'effet de la pichenette de l'ange (la perte de la bougie allumée) et l'impression laissée par le dernier éclair de la conscience divine (le retour de la bougie, même si ce n'est que pour un bref instant).
Grâce à ces deux événements, nous sommes en mesure d'avoir un équilibre entre le bien et le mal : la bénédiction de la reconnaissance divine par la lumière de la bougie du souvenir, et la malédiction de la pichenette de l'ange de l'oubli.
Nous sommes maintenant prêts à nous lancer dans la mission de toute une vie qui consiste à utiliser le libre choix offert par ces deux événements pour choisir la bénédiction plutôt que la malédiction, le bien plutôt que le mal, la vie plutôt que la mort.

[le rabbi de Berditchev dit que pour accéder à ce flash pendant notre vie, on doit savoir se poser et prendre conscience de la toute puissance d'Hachem, à quel point notre objectif dans ce monde est de servir Hachem, que les choses tendent à être éphémères, mensongères, ... (à nous d'investir dans la Divinité, qui est éternelles, la Vérité, ... ) ]

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-> Bien que le premier soir de Pessa'h, la bonté descende, que nous la désirions ou non, Hachem préfère que nous développions un désir pour la grande lumière de Pessa'h, et c'est pourquoi Il a fixé un moment spécial pour le faire pendant les 49 jours saints de la Séfirat haOmer.

Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor) explique que chaque semaine de la Séfirat haOmer correspond à un aspect différent de la avodat Hachem, tandis que chaque jour individuel correspond à des attributs particuliers au sein de la catégorie plus large de la Séfira de cette semaine.
La première semaine est celle du 'Hessed, au cours de laquelle nous devons nous concentrer sur le désir d'atteindre un véritable amour pour notre Créateur.
La deuxième semaine est celle de Guévoura, au cours de laquelle nous devons nous concentrer sur le désir d'atteindre la véritable crainte du Ciel (yirat Hachem).
La troisième est la Séfira de Tiféret, dans laquelle nous désirons qu'Hachem se réjouisse et s'enorgueillisse du peuple juif.
Dans les quatrième et cinquième semaines de Nétsa'h et Hod, nous nous efforçons d'atteindre une émouna parfaite, une foi et une confiance dans le Maître du monde.
La sixième semaine correspond à la Séfira de Yessod, au cours de laquelle nous nous efforçons de nous connecter et de nous lier, ainsi que toutes nos actions, à Hachem.
Enfin, la dernière semaine est celle de Malkhout, au cours de laquelle nous nous efforçons de nous soumettre à la souveraineté absolue de notre Père céleste.

Rabbi Levi Its'hak de Berditchev enseigne que la quantité de lumière spirituelle et l'assistance Divine dans tous les domaines de la avodat Hachem de l'année à venir, qui doit être reçue la nuit de Shavouot, dépendent de la quantité de travail que nous avons fourni pour gagner et développer le désir de cette lumière pendant les semaines de Séfira.
Il nous incombe donc de faire le point sur l'assistance divine spéciale de cette période afin de redoubler d'efforts en matière de avodat Hachem (notre service Divin).
Voici ses paroles : "Par conséquent, puisque ces attributs sont tirés du Créateur pendant les jours de Séfira, il est approprié que chaque personne s'isole pendant les jours de Séfira et serve Hachem, car les attributs [d'Hachem] sont tirés vers le peuple juif pendant ces jours.
Pendant la période du compte du Omer, une personne doit se réjouir et se lier à ces attributs, car elle souhaite qu'ils soient attirés sur elle, comme l'enseignent nos Sages : "Dans la voie où l'homme désire aller, ils l'amènent"."

-> C'est pour cette raison que le Yom Tov qui suit le compte du Omer est appelé "Shavouot", car il s'agit simplement de l'aboutissement des "semaines" (shavouot) précédentes.
De même que la bénédiction de Shabbath est reçue en fonction de l'avodat Hachem des jours qui la précèdent, de même une personne ne reçoit les bénédictions de Shavouot qu'en fonction des semaines qu'elle a passées à s'y préparer.
Le rabbi de Berditchev ajoute que la Torah appelle Shavouot "Atséret", car de même que Shemini Atséret est le "grand final" de Souccot, le moment où toute la lumière recueillie par le Yom Tov et ses mitsvot s'installe dans l'âme juive, de même Shavouot est le "grand final" de Pessa'h, la seconde moitié d'un tout spectaculaire.

Alors que nous marchons vers Shavouot, concentrons-nous sur la nature de ces jours du compte du Omer (Séfira) et veillons à les utiliser pour construire un récipient de désir suffisamment grand pour que lorsque les lumières spirituelles de la nuit du Séder de Pessa'h redescendent de nouveau à Shabouot, nous pouvons alors les recueillir pour qu'elles restent avec nous pour toute l'éternité.
[rav Yaakov Klein]

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+ En résumé :

-> La lumière spirituelle non méritée de Pessa'h ne peut pas rester avec nous car elle n'a pas de récipient.
Au cours des 7 semaines du compte du Omer, nous travaillons sur les différents attributs de notre service Divin (avodat Hachem) correspondant aux 7 Séfiros inférieures (les moyens avec lesquels Hachem interagit avec nous dans ce monde).
Ce faisant, nous construisons un récipient approprié pour contenir la lumière de la nuit du Séder de Pessa'h, de sorte que lorsqu'elle redescendra pendant la nuit de Shavouot, elle pourra rester avec nous pour toujours.

[de nombreuses personnes utilisent la période du Omer pour améliorer leurs traits de caractère, étudier davantage la Torah, ... tout cela est une préparation permettant de recevoir et conserver un maximum des bénédictions de Shavouot. ]

La gravité de fauter, et le moyen de réparer

+ La gravité de fauter, et le moyen de réparer :

-> "A D. ne plaise, par ses actes, ses paroles et ses pensées qui ne sont pas bonnes, il [un juif] détruit de nombreuses puissances et d'innombrables mondes célestes saints ... ou il provoque l'obscurcissement ou la diminution de leur lumière et de leur sainteé, et ajoute de la puissance aux royaumes de l'impureté".
[rabbi 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm - chap.3]

-> Par la suite, rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm - chap.4) écrit :
"En vérité, le cœur de celui qui est sage et qui comprend ce concept frémira en lui et il tremblera lorsqu'il se concentrera sur l'étendue des dommages causés par chacune de ses fautes, des dommages encore plus importants que ceux causés par Névou'hadnetzar et Titus (qui ont détruit le Temple), car les actions de Névou'hadnetzar et Titus n'ont causé aucun défaut en Haut, car il ne leur a pas été donné la possibilité d'atteindre cet endroit par leurs actions."

=> Cela est terrifiant à considérer! Chacune des fautes que nous transgressons, même si elles sont apparemment insignifiantes, a un effet plus dévastateur dans les royaumes célestes que la destruction du Temple!

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor) enseigne comment remédier à ces dommages.
Voici ses paroles : "Il est connu que lorsqu'une personne faute, à D. ne plaise, elle cause une souillure dans les cieux et ajoute de la puissance aux forces de l'impureté. Le remède à cela est de brûler ces forces maléfiques en dirigeant une passion ardente vers le Créateur. En effet, cette inspiration incroyable n'est venue qu'à la suite de la faute, car son esprit avait des pensées obscures".

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-> Nos Sages (guémara Yoma 86b) enseignent que la téchouva méahava (le repentir né de l'amour), a le pouvoir de transformer les fautes d'une personne en mitsvot.
Expliquant ce concept, le Baal haTanya (Likouté Amarim - Tanya - chap.7) dit que lorsque la culpabilité et le chagrin causés par une faute poussent une personne à davantage désirer et être inspirée dans son avodat Hachem, l'amenant à la téchouva méahava, alors cette faute s'est transformée en mitsva.
Avec le recul, le fauteur est capable de voir que cette faute a en fait conduit à une aliya, à une progression/élévation dans sa avodat Hachem, remplissant ainsi la même fonction qu'une mitsva, qui est un moyen de se rapprocher du Maître du monde.

-> Dans le même ordre d'idées, rabbi Tsadok haCohen (Tsidkat haTsadik 40,52,100) écrit que le principe de la téchouva est atteint lorsqu'une personne se rend compte que, d'une manière très profonde, sa faute était aussi la volonté de D.
Il est évident que cette affirmation peut être incroyablement dangereuse si elle est mal interprétée, mais il va de soi que rabbi Tsadok haCohen ne veut pas dire, D. préserve, qu'une personne doit rationaliser sa conduite pécheresse en "réalisant" que toutes ses actions sont en fait la volonté du ciel.
La "réalisation" à laquelle ce tsadik fait référence a lieu lorsqu'une personne peut regarder honnêtement en arrière et voir que son méfait a entraîné un changement complet et durable dans le sérieux et l'intensité de sa avodat Hachem. C'est alors qu'elle peut être sûre que sa faute n'était qu'un moyen de la rendre encore plus grande, une "yérida létsoré'h aliva" (une descente/chute permettant davantage d'élévation). [voir aussi rabbi Na'hman - Likouté Maharan 22:11]
[évidemment qu'on ne désire pas la faute, qu'on fait tout pour l'éviter, mais si à postériori nous avons déjà fauté alors nous devons autant que possible faire en sorte que cela nous soit un tremplin spirituel.
A l'inverse, notre yétser ara nous fait tomber et ensuite il nous fait culpabiliser, nous attrister. En effet, il s'est trop bien la force de la tristesse, du désespoir, mais surtout d'utiliser une chute pour davantage s'élever (à l'image du ressort qui se contracte pour mieux pouvoir s'élancer vers le haut). ]

-> En ce sens, nos Sages (Sanhédrin 99a) affirment : "À la place des baalé téchouva, même les complétement justes ne peuvent s'y tenir".
L'une des explications de cette affirmation est qu'une personne qui a fauté et ensuite réalisé une téchouva dessus, elle a fait une utilisation de la tristesse de son regret sur ses fautes dans un but de la propulser vers les plus hauts sommets spirituels, à un endroit que même les tsadikim parfaits ne peuvent atteindre.

-> C'est à cette rectification que le rabbi de Berditchev fait référence.
Si le feu de la faute a provoqué une descente dans les royaumes de l'impureté, c'est le feu de la spiritualité provoqué par la tristesse que l'on ressent d'avoir fauté qui est nécessaire pour le ramener dans le royaume de la lumière sainte.

-> Comme l'écrit rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 156) :
"La pureté du cœur est atteinte lorsque le cœur d'une personne brûle d'une passion pour Hachem. Pour rectifier le fait que son cœur a brûlé à cause d'une faute ou d'un désir impur, à D. ne plaise, qui a contaminé son cœur, celui-ci doit s'enflammer de passion pour Hachem. Grâce à cela, son cœur atteint la pureté, comme le dit le verset : "Tout ce qui entre dans le feu, vous le ferez passer par le feu et il sera purifié".

=> Nous avons tous commis de très nombreuses fautes qui ont causé des dommages considérables au monde (à notre monde intérieur, au monde Celeste, terrestre, ...).
Mais comme l'affirme rabbi Na'hman de Breslev : "s'il y a un moyen de détruire, il y a un moyen de réparer", et "il n'y a pas de désespoir dans le monde" .
Tout peut être renversé. En utilisant le lourd sentiment de regret résultant de notre faute, pour le porter à renforcer notre avodat Hachem à un meilleur niveau, avec plus de passion (papa Hachem, pardon, certes je suis tombé dans la faute, mais je vais essayer de faire mieux Ta volonté).
Nous utilisons la faute elle-même pour nous aider dans notre croissance spirituelle.
[c'est l'idée enseignée par rabbi Na'hman de Breslev, comme dans le Likouté Moharan 116]

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Emor 21,9) enseigne :
Une faute n'affecte pas seulement l'âme (néchama) de l'individu, mais "elle souille son père" = la transgression affecte et cause une souillure dans les royaumes célestes.
Quel est le moyen de remédier à ces dommages considérables?
La réparation (tikoun) consiste à faire rebondir la culpabilité et la tristesse causées par la faute et à les utiliser pour nous propulser vers de plus hauts sommets dans notre avodat Hachem, en atteignant des niveaux inédits de feu émotionnel et de passion dans notre service.
Lorsque nous faisons cela, non seulement nos fautes sont pardonnées, mais elles sont entièrement transformés, nous enlevons les robes de l'Accusateur et revêtons celles de l'avocat [qui nous défend au Ciel], transformant la faute la plus grave en mérite ultime.

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-> Cela doit également nous rappeler que tout ce qu'un juif pense, dit ou fait a le pouvoir de provoquer des changements majeurs dans les forces célestes.
Chaque mitsva accomplie (même la plus simple, facile) par une personne a pour conséquence de générer des quantités incalculables de bénédictions, de lumière et de bonté Divine dans les sphères spirituelles, et en fin de compte dans ce monde physique également.
À l'inverse, chaque faute transgressée entraîne la diminution immédiate de cette bénédiction, de cette lumière et de cette bonté, et apporte au contraire la destruction et la colère divine sur l'univers.

[libre arbitre oblige, on ne se rend pas compte de l'impact phénoménal de chacune de nos actions.
Les premiers mots d'un juif sont "modé ani (je Te remercie) ... 'hémla raba émounaté'ha (grande est Ta confiance en moi)" = malgré notre risque de fauter, Hachem nous redonne la vie à notre réveil en nous donnant la capacité d'impacter considérablement le monde (en bien, en mal), car Il a confiance en nous.
Alors à nous de Lui prouver qu'Il en a eu raison, qu'Il soit éternellement fier de nous! ]

Tous les juifs sont liés les uns les autres

+ Tous les juifs sont liés les uns les autres :

-> "Réprimande ton prochain juif, et ne porte pas de faute à cause de lui" (Kédochim 19,17)

-> Rachi explique que la fin du verset nous enseigne comment réprimander : nous ne devons pas mettre notre prochain juif dans l'embarras, car c'est une grave faute.

-> Le Targoum Onkelos et Rabbénou Yonah (Chaaré Téchouva 3:72) comprennent que "ne porte pas de faute à cause de lui" nous enseigne pourquoi nous sommes tenus de réprimander = parce que celui qui est témoin de la faute de son prochain juif et qui reste silencieux est tenu pour responsable de cette faute.
"Kol Israêl arévim zé bazé" (tous les juifs sont garants les uns des autres - guémara Shevouot 39a), note Rabbénou Yona. Tout comme un garant doit rembourser la dette d'un emprunteur comme s'il s'agissait de la sienne, chaque juif est responsable de l'observance de la Torah par l'autre.

-> Ainsi, nous pouvons comprendre cette directive comme n'importe quelle autre mitsva. Tout comme il existe une obligation de garder la cacherout, il existe une obligation de s'assurer que les commandements de la Torah sont suivis par d'autres. Une personne est donc responsable de toute transgression qu'elle aurait pu éviter.

Le rav Moché Cordovero va plus loin.
Il (Tomer Deborah 1,4) écrit que l'âme de chaque juif comprend un peu de l'âme de tous les autres juifs. Par conséquent, lorsqu'un juif commet une faute, c'est comme si nous l'avions tous commis, puisqu'un fragment de nous se trouve dans celui qui a fauté.
En raison de ce lien, chaque juif est garant et responsable des actions de son prochain.

-> Le rav Aharon Kotler (Michnat Rabbi Aharon) remet en question cette explication.
Si chaque fois que quelqu'un faute, c'est comme si tout le monde fautait, pourquoi un juif est-il puni pour l'infraction de son compagnon seulement s'il aurait pu l'en empêcher?
Rav Aharon Kotler répond que si l'on n'a pas pu arrêter celui qui a fauté, on considère que la partie de nous qui se trouve à l'intérieur du fauteur a le statut d'avoir fauté sous la contrainte et est exemptée de punition, puisque le péché a été commis contre notre volonté.

Le rav Aharon Kotler ajoute qu'il en va de même en ce qui concerne les mitsvot. De même que celui qui désapprouve la faute d'un autre n'en est pas tenu pour responsable, celui qui approuve la mitsva d'un autre en est considéré comme responsable et il en a aussi le mérite.
Cependant, s'il ne la désire pas, ou pire s'il essaie de l'empêcher, la partie de lui qui se trouve à l'intérieur de son prochain juif est forcée d'accomplir la mitsva, et il ne reçoit donc aucune récompense.

Rachi (Ki Tétsé 24,19) écrit que si l'on laisse tomber une pièce de monnaie par accident et qu'un pauvre la trouve et l'utilise pour subvenir à ses besoins, celui qui a perdu la pièce a accompli la mitsva de la tsédaka.
Sur la base de son explication ci-dessus, le rav Kotler maintient que ce n'est le cas que si la personne qui a perdu l'argent est heureuse que le pauvre ait pu subvenir à ses besoins avec cette pièce.

=> Ainsi, pour se connecter à tout le bien accompli par le peuple juif et en bénéficier, il faut se soucier du statut spirituel du peuple juif et de l'honneur d'Hachem.
[ cela est à ajouter au fait que seule l'unité entre les juifs nous permettra d'accomplir toutes les mitsvot, car certaines sont propres à certaines personnes (ex: Cohen, Roi, ...). Si nous ne formons qu'un, alors on considère comme si nous avions accompli toutes les mitsvot nous-même. ]

-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem 2:3:8) écrit qu'Hachem a lié tous les juifs afin que nous puissions bénéficier des mitsvot des uns et des autres, et par conséquent, nous sommes également responsables des fautes des autres.
Hachem veut que chacun reçoive le bien suprême dans le monde à Venir. Cependant, certaines personnes ne le méritent pas. C'est pourquoi [dans Sa bonté] Hachem a relié tout le peuple juif, afin que chaque juif puisse s'accrocher aux mérites de l'autre et ainsi se prélasser dans la gloire d'Hachem pour l'éternité.

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-> Nous retrouvons le principe de "l'âme partagée" du Tomer Devorah dans le verset suivant.
La Torah ordonne : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18).
Le Ramban souligne qu'il est impossible de se soucier d'autrui autant que de soi-même. La Torah exige plutôt que nous agissions envers les autres comme si nous les aimions autant que nous-mêmes. Nous devons les traiter comme nous voudrions être traités.

Cependant, rabbi Moché Cordovéro (Tomer Devorah) insiste sur le fait que, puisque chaque juif est lié à tous les autres et fait partie d'eux (il y a une petite partie de moi en mon prochain juif!), je dois ressentir la douleur ou le bonheur d'un autre comme si c'était le mien, parce que lui et moi ne faisons qu'un!
[le Malbim explique de la même façon ce verset. ]

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[on peut ajouter un autre aspect : puisqu'en réalité les juifs ne sont qu'un (que seul les corps/matérialité semble diviser), lorsque mon prochain va bien, alors par ricochet je vais également aller mieux.
Le rav Salanter disait par exemple que si quelqu'un dit du lachon ara à Salant, alors un autre juif à Paris pourra en être impacté négativement en profanant Shabbath. [l'inverse est également vrai]
Cela nous responsabilise : Chacun de mes actes impacte tous les autres juifs (en bien ou en mal). ]

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-> Chaque juif fait partie d'un collectif appelé Klal Yisrael (peuple juif).
Le rav Hutner note que le mot "רעך" (réa'ha - ton prochain) est lié au mot תרועה (téroua), les sons brefs et brisés du shofar.
Ce terme décrit quelque chose de cassé ou un morceau de quelque chose de plus grand. (De même, le mot רע (ra), mauvais ou maléfique, signifie en fait "cassé", car le mal est incomplet et imparfait).
Le rav Hutner écrit qu'un compagnon juif est appelé "réa'ha", car chaque membre du peuple juif n'est pas un tout en soi, mais plutôt une partie d'une unité plus grande.

-> Cette idée est soulignée par l'explication que donne le Talmud Yérouchalmi (Nédarim 9:4) du commandement qui précède immédiatement celui de "tu aimeras ton prochain" : celui de "Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les membres de ton peuple" (lo tikom vélo titor - Kédochim 19,18).

Le Yérouchalmi propose une parabole : Imaginez que quelqu'un se coupe par erreur la main. La main blessée prendrait-elle alors un couteau et couperait-elle l'autre main? Bien sûr que non!

De la même manière, tous les membres de peuple juif forment une unité, et se venger d'un autre revient à se venger de soi-même.

-> Le fait que nous soyons tous unis a également une signification halakhique.
Il n'est permis de prier que pour Hachem, et non pour les anges. Il est même interdit de leur demander de servir de médiateur entre nous et D. [Rambam, Pérouch haMichnayot, Sanhedrin 10 ; et aussi Hilkhot téchouva 3,7]

De même le Maharam miRottenberg précise que même si l'on se rend compte que c'est Hachem qui répond à notre prière, il est interdit d'utiliser un ange comme médiateur, de peur que l'on en vienne à servir l'ange au lieu d'Hachem.

Alors pourquoi pouvons-nous demander à un tsadik de prier pour nous?

Selon le 'Hatam Sofer (Shout 'Hatam Sofer - OH 166) puisque nous faisons partie du même corps national que le tsadik, il est compréhensible que nous envoyions la "tête" prier au nom du "pied".

-> Une deuxième ramification halakhique est mentionnée par le 'Hazon Ich.
Sur la base du principe : "Tout est entre les mains du ciel, sauf la crainte du Ciel" (guémara Béra'hot 33b), on est tenu de prier pour sa propre crainte du Ciel (yirat chamayim).
Le 'Hazon Ich déclare que l'on peut également prier pour qu'Hachem aide une autre personne à obtenir la crainte d'Hachem.
En effet, puisque nous formons un seul corps, lorsqu'on prie pour un autre juif, c'est comme si ce dernier priait pour lui-même.

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-> [la Torah nous demande d'aimer notre prochain comme soi-même. Les juifs sont comme des membres d'un corps humain. Ainsi, il y en a qu'on "préfère" à d'autres (ex: les yeux, le coeur, ...), d'autres qu'on ne soupçonne même pas d'exister, ... et pourtant ils sont tous nécessaires à notre bonne vie.
De même, chaque juif a dans ce monde un rôle unique que Hachem lui a attribué, et qu'il doit réaliser de son mieux. Il n'y a pas de jalousie négative, chacun a un apport unique au peuple juif.
(la Torah ne nous demande pas d'aimer forcément chaque juif identiquement, mais elle demande d'avoir un respect et un amour pour tous. De même qu'on considère et apprécie chacun des organes de notre corps. (ex: j'aime pas la forme du foie, alors je vais le mettre de côté! ) ]

[ex: le rav Yé'hezkel Weinfeld dit que même si le plus grand tsadik de la génération (même Moché) s'il prie seul, il ne peut pas faire la kédoucha, car la sainteté nécessite une connexion avec d'autres personnes.]

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-> Le Ach Pri Tévoua rapporte qu'en hébreu, les termes caractérisant un être humain (une personne) ont tous un singulier et un pluriel.
Ainsi, on a :
-> Ich (איש) qui est singulier ; et anachim (אנשים) qui est pluriel ;
-> guéver (גבר) qui est le singulier ; et guévarim (גברים) qui en est le pluriel.
-> Seul le mot: Adam (אדם) n’existe qu’au singulier.

Nos Sages (guémara Yébamot 61a) nous enseignent que c’est seulement le peuple juif qui est appelé : adam (אדם), car ce n’est que parmi le peuple juif qu’il existe un sentiment intrinsèque d’unité, qui conduit au fait que toutes les individualités de la nation se fusionnent en une seule, unifiée.

-> Le rav Yaakov Mazeh dit : l'ensemble du peuple juif est une seule et même personne. La douleur d'un juif affecte tous les autres juifs du monde, tout comme une blessure au bras affecte l'ensemble du corps.
Mais les non-juifs ne sont pas appelés adam. Il s'agit de plusieurs personnes différentes, et non d'une entité singulière.

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-> Le rav Zev Leff fait remarquer que le mot hébreu "ani" (je - אני) s'écrit avec un alef (א), numériquement un, représente l'individu. Il se termine avec un Youd (י), numériquement dix, représente un minyan (le tsibour - la communauté. Et un noun (נ), numériquement 50, représente les 50 portes de compréhension et de pureté auxquelles peuvent accéder l'esprit et le cœur, portes que nous devons ouvrir afin de fusionner notre moi individuel avec la nation tout entière.

=> ainsi, vivre juif c'est passer d'une perspective de mon petit "JE" (égo) à un grand "JE", cela d'un collectif, du peuple juif.

+ "Comment puis-je rendre à Hachem toute Sa bonté à mon égard? J'invoquerai le nom d'Hachem" (Téhilim 116,12)

-> Peu importe le bien qu'un individu fait dans sa vie, il est insignifiant comparé à tout ce qu'Hachem nous donne.
Reconnaître cette vérité nous permet de recevoir une générosité illimitée, qui n'est pas méritée, qui nous est donnée simplement par la bonté et la compassion absolues d'Hachem.
[Avné Nezer]

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-> Reconnaître tout le 'hessed (bonté) que l'on reçoit déjà d'Hachem conduit à la grande et puissante révélation que le 'hessed d'Hachem se poursuit à chaque instant.
Celui qui n'a pas développé ce trait de reconnaissance (hakarat hatov) ne reconnaîtra jamais le 'hessed d'Hachem, ni dans ce monde, ni dans le monde à venir.
Il lui manquera complètement cet aspect vital de la vie éternelle.
[rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou - partie 3 - p.101]

La source de la musique, du chant

+++ La source de la musique, du chant :

+ Exposer son intériorité :

-> La chanson est un véhicule par lequel l'essence d'une personne, ainsi que ses désirs et ses sentiments les plus profonds, sont exprimés et transmis.
Il existe une dangereuse possibilité de découvrir et de déterrer des aspects négatifs de soi-même, qui jusqu'à présent, ont été enterrés et dissimulés en toute sécurité.
De plus, une fois qu'une personne a découvert et exposé une partie de son âme [par la musique, le chant], cette partie est maintenant vulnérable, et sa conduite à ce stade aura un impact sur son essence même et son être intérieur.

Rabbi Kalonymus Kalman Shapira (Hachsharat ha'havrékhim 9) écrit :
"Nous voyons de grands chanteurs et musiciens dont le cœur est éloigné d'Hachem, sans croyance et sans cœur, que le Ciel nous épargne, et même parmi les adorateurs d'idoles, il y a des musiciens.
Car la musique n'est rien d'autre qu'une forme de mise à nu de l'âme et de ses sentiments.
Cependant, il est impossible de déterminer ce qu'une personne fera au moment où elle exprimera ce sentiment, et ce qu'elle accomplira avec la partie de son âme qui est maintenant exposée.

De même qu'il peut y avoir deux personnes joyeuses, l'une canalisant sa joie pour accroître son service à Hachem, tandis que l'autre devient simplement sauvage, il en va de même pour la musique, qui est l'une des clés de l'âme, pour éveiller ses sentiments.
Il est possible pour une personne d'ouvrir son âme et d'en faire sortir une partie, mais non seulement elle n'en fait rien (de constructif), mais au contraire elle souille cette partie de son âme, que ce soit avec une joie sauvage ou avec le cœur brisé de la dépression et du désespoir.
Cela pourrait l'amener à perdre sa confiance et sa foi d'antan et à faire des choses qui ne devraient pas être faites, le Ciel nous en préserve".

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-> Puisque le musicien qui joue ou chante expose son essence intérieure à travers sa musique, l'auditeur absorbe simultanément ces aspects en même temps que la musique qu'il écoute.
Par conséquent, si une personne écoute la musique et le chant d'un musicien dont l'essence est bonne et pure, elle s'y connectera et absorbera des étincelles de cette bonté et de cette pureté dans sa propre essence et son propre être.
Cela fera partie de son identité, et peut-être inconsciemment, l'influencera pour le meilleur.

Malheureusement, l'inverse est également vrai. Si une personne écoute la musique d'un musicien ou d'un chanteur dont l'essence n'est pas bonne et pure, elle se connectera à cette musique et absorbera des étincelles de décadence et d'impureté dans sa propre essence.
Elle s'infiltrera et fera partie de son identité, et même inconsciemment, l'influencera pour le pire.
Il faut donc être extrêmement sélectif dans le choix de la musique et des chansons que l'on écoute, et s'assurer qu'elles émanent d'une personne dont l'essence aura une influence positive sur la sienne.
[rav Elicha Sandler]

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+ Un effet profond :

-> Le Rabbi de Modzhitz (Imré Shaül - Inyané zimra vésim'ha 41) met en garde :
Mon grand-père de Zvohlin, de sainte et bénie mémoire, avait l'habitude de dire : Une personne prend une lourde responsabilité lorsqu'elle chante (littéralement : fait entendre son chant). En effet, l'élévation de l'âme (néfech et néchama) [de ses auditeurs] et sa descente dépendent de la musique.
Tout dépend du musicien, de ce qu'il joue et de la manière dont il joue. La musique est susceptible soit d'élever l'âme vers les plus hauts sommets, soit de l'abaisser vers les plus basses profondeurs .

[il est remarquable de noter sa position, selon laquelle même les instruments (pas seulement les paroles), ainsi que la manière dont la musique est jouée, jouent un rôle déterminant pour savoir si la musique élèvera la personne ou la fera tomber, dégringoler et sombrer. ]

-> Le rav Ahrele Roth (Shomer Emounim - maamar tsahali véroni 6) écrit :
"Un chant joyeux provoque un flux de Divinité et un réveil du monde de la joie, du chant des anges, qui sont désignés pour apporter la joie à Hachem, et ce à condition qu'il ne s'agisse pas d'un chant provenant d'un individu à l'esprit léger.
Dans ce cas, il est méprisé et méprisable aux yeux d'Hachem."

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan 1:3) se lamente :
"Lorsque quelqu'un entend la musique d'un musicien racha, il lui est difficile de servir son Créateur.
En revanche, lorsqu'il l'entend d'un musicien "casher", elle lui est bénéfique."

-> Le rav Avraham Schorr (Halekach véhalibouv 5761 - Chémini 2) enseigne :
"Dans le chant d'une personne qui chante, ses pensées et son intérieur entrent.
Si l'on écoute un chant de quelqu'un qui est éloigné des pensées pures, ces chants terniront le cœur de l'auditeur, peut-être plus que les paroles qui sortent de sa bouche.
En effet, la chanson est comme une flèche empoisonnée qui pénètre le cœur de l'auditeur."

-> Le rav Isroel Elya Weintraub écrit :
"Les chanteurs de chansons instillent automatiquement les émotions de leur cœur dans leur chanson, stimulant ainsi les émotions de l'auditeur dans cette direction.
En conséquence, un musicien qui est "non cachère" a la capacité de faire en sorte que les personnes qui écoutent sa musique deviennent elles aussi "non cachères".
La notion de "non casher" se prolonge entre le chanteur et le musicien."

-> Cette idée s'étend au-delà du chanteur et du musicien eux-mêmes. Vers la fin d'un long responsum, le rav Yaakov Moché Hillel (Vayachev haYam 2:7) avertit qu'il faut être tout aussi vigilant et sélectif en ce qui concerne le caractère du compositeur de la mélodie. Il explique :
"À mon humble avis, tout air composé par un non-juif ou un fauteur (juif), même s'il n'était pas initialement accompagné de paroles, ni de promiscuité ni d'idolâtrie, ne devrait pas être écouté, et ne devrait certainement pas être chanté ou joué, car "la force de l'ouvrier est dans l'ouvrage".
Plus précisément, la musique a le pouvoir particulier d'éveiller chez l'auditeur les émotions mêmes qui étaient présentes dans l'esprit et la concentration du compositeur de cette mélodie, même si elles n'étaient pas accompagnées de mots."

-> Il est intéressant de rapporter qu'à la fin de sa discussion, il admet que les chants des non-juifs, qui se sont déjà infiltrés au cours des millénaires et sont devenus partie intégrante du milieu des chants juifs, ne sont pas interdits.
Le rav Hillel explique :
"En ce qui concerne les chants qui proviennent des chants des non-juifs d'il y a des décennies et des siècles, dont nous ne connaissons ni les paroles ni la structure, il n'est pas de notre ressort de les interdire.
Même la question de "l'effet de l'ouvrier dans son œuvre", qui devrait nous préoccuper, n'est peut-être pas non plus un problème, puisqu'ils ont été sanctifiés par nous au fil des ans et que le souvenir de leur source corrompue et lascive est pratiquement oublié ; ils n'éveillent et ne rappellent plus ces choses méprisables. Il semble donc qu'il n'y ait aucune raison de les interdire."

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-> Il n'est pas étonnant que lorsque les serviteurs du roi Shaoul cherchèrent un musicien qui serait qualifié pour jouer devant le roi et lui remonter le moral, ils recherchèrent des qualités de caractère en plus de l'acuité musicale.
Le Kouzari (maamar 2:65) rapporte : "L'un des jeunes gens appela et dit : "J'ai vu un fils de Yichaï de Beit Lé'hem qui sait jouer de la musique, qui est d'une grande force, d'une profonde compréhension, un homme de taille, et Hachem est avec lui."

Un musicien a accès aux recoins les plus profonds de l'âme de ceux qui écoutent sa musique. Il est donc impératif, avant d'écouter de la musique, de savoir à qui l'on confie son âme et son essence.
La musique émane de l'essence du musicien, puis elle s'infiltre et se connecte à l'essence de l'auditeur. Par conséquent, avant d'écouter de la musique, il convient de se demander si l'expérience aura un effet positif, édifiant et inspirant, ou si elle engendrera de la négativité, voire de la dépravation, dans l'être intérieur.
[rav Elicha Sandler]

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+ Des paroles impures :

-> Jusqu'à présent, l'accent a été mis sur le musicien, les instruments et le compositeur, indépendamment de la nature des paroles particulières sur lesquelles la musique est chantée.
Il est toutefois essentiel de se méfier également des paroles 'décadentes'.

Comme nous l'enseignent nos Sages (guémara Shabbath 33a) :
"À cause de la faute d'obscénité de la bouche, beaucoup de calamités et de décrets sévères sont renouvelés, les jeunes meurent, les orphelins et les veuves crient, et ne sont pas exaucés."

-> En écoutant des paroles entachées et souillées par des insinuations d'immoralité et autres, on cause des dommages dévastateurs à l'âme même, est en réalité coupée de sa source.
Le Réchit 'Hokhma (chaar haAhava 10) écrit :
"Les chansons dont les paroles sont empreintes de désir et de vulgarité empêchent l'âme d'être liée à la vie éternelle ... En effet, certaines personnes de faible valeur sont attirées par ces chansons basses et détruisent leur âme."

[ les mots chantés en musique s'impriment de manière indélébile dans le cœur même de l'auditeur. Ainsi, lorsque mots sont négatifs, décadentes et impures, les dommages sont profondément enracinés en nous. ]

-> Cela permet de comprendre le décret de nos Sages (michna Sota 48a) selon lequel, à la suite de la dissolution du Sanhédrin, aucune musique ne devait être jouée dans les lieux de consommation de boissons.
Le Talmud Yerushalmi explique :
Rav 'Hisda dit : "Au début, la crainte du Sanhédrin était sur eux, et ils n'utilisaient pas de mots vulgaires dans leurs chansons. Maintenant qu'ils ne craignent plus le Sanhédrin, ils utilisent des mots vulgaires dans leurs chansons".

Les conséquences d'une telle pratique pouvant être si dévastatrices, il a été décidé que le préjudice potentiel l'emportait sur le gain énorme que la musique aurait autrement procuré.

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+ En résumé :

-> S'il y a tant à gagner en jouant ou en écoutant de la musique, il est impératif de comprendre qu'il y a aussi beaucoup à perdre. [ce qui existe en bien, existe aussi en mal, libre arbitre oblige]
Si le chanteur, le musicien ou même le compositeur est de mauvaise réputation, sa musique peut être entachée et imprégnée d'éléments négatifs qui, à leur tour, sont absorbés par l'auditeur.
Il peut en résulter des dommages considérables pour l'âme de l'auditeur, sans parler de l'extrême difficulté à servir Hachem de tout son cœur.
Toutefois, si l'on fait preuve de discernement et de vigilance quant à la nature et à l'origine de sa musique, celle-ci peut constituer un réservoir d'opportunités spirituelles et de bénédictions inouïes.

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-> "La musique est susceptible soit d'élever quelqu'un vers les plus hauts sommets [spirituels], soit de l'abaisser vers les plus basses profondeurs".
[rabbi de Modzhitz - Imré Shaül]

-> Si nous chantons des versets, c'est parce que notre intention est d'éveiller notre cœur à leur contenu, de les faire pénétrer en nous, car par le chant, le cœur s'éveille ... en chantant les versets, nous nous éveillons, et de son propre chef, nous devenons heureux.
[Stéïpler]

-> S'ils n'apprennent pas de moussar, alors au moins, le chant (sur les mots des versets) suscitera une certaine crainte du Ciel!
[Stéïpler - cité dans Haggadat haKéhilat Yaakov]

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+ La musique, chant, stimule l'intelligence :

-> Abarbanel (Béchala'h) écrit :
La plupart des gens oublient les histoires simples, même s'ils en ont été préoccupés toute la journée. Pourtant, lorsqu'on les met en musique, qu'on les chante et qu'on les joue, on se souvient toujours d'elles grâce à leur chant ...
C'est à ce propos que nos Sages (guémara Méguila 32a) ont dit : "Au sujet de quiconque lit (la Torah Ecrite) sans un ton agréable, et apprend (la Torah Orale) sans chant, il est dit : "Et je leur ai aussi donné des lois qui ne sont pas bonnes" (Yé'hezkel 20,25) = ce qui signifie que leur souvenir quittera l'esprit".

-> Pour la Torah Ecrite : Rachi (Méguila 32a) explique que "lire sans un ton agréable" fait référence aux "trop" (les cantillations) avec lesquelles la Torah Ecrite est censée être lue. La lecture de la Torah Ecrite de cette manière est ordonnée par Hachem, par le biais d'une halacha léMoche miSinaï.

-> Pour la Torah Orale : les Tossafot (Méguila 32a) expliquent que cela était nécessaire à l'époque où la Torah Orale était transmise de la manière dont elle avait été conçue : uniquement oralement.
Il était donc nécessaire d'employer une technique d'apprentissage qui permette de retenir au mieux les informations.

-> Le Tiféret Israël (Arakhin 4:1) développe cela :
J'ai du mal à comprendre ce que la guémara déclare souvent dans l'explication de michnayot difficiles : "Il manque une ligne à la michna et c'est ce qu'elle aurait dû dire".
Si c'est effectivement le cas, pourquoi n'ont-ils pas simplement édité le texte de cette michna (pour inclure la ligne manquante)? Et pourquoi le Tana a-t-il choisi d'utiliser une terminologie abrégée?

Si je n'avais pas peur d'être aussi novateur, il me semblerait ... que si le Tanna a parfois choisi une terminologie alors qu'à d'autres moments il en a choisi une autre, c'est pour s'adapter à l'air de la chanson qui a été désignée pour cette michna particulière.
C'est pour cette raison qu'il incluait parfois une clause apparemment supplémentaire : "ceci et certainement ceci" (c'est-à-dire que cela va sans dire), car cela alignait les clauses de la michna avec les sections des parties de la chanson.
Par conséquent, même s'il manquait une ligne, ils l'ont laissée ainsi ... car s'ils devaient réarranger les mots, cela embrouillerait le chant désigné, ce qui embrouillerait la mémoire et entraînerait l'oubli de la michna, que le Ciel nous en préserve.

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-> "mizmor léDavid, léazkir" (mizmor de David pour se rappeler - Téhilim 38,1)
Le 'Hida ('Homat Anach) suggère que c'est peut-être la raison pour laquelle le roi David a décrit l'étude de la Torah comme des zemirot (des chants). [Téhilim 119]

-> Le Stéïpler ('Hayé Olam 1:1) enseigne :
Le bénéfice du chant est grand, en dehors du plaisir physique, parce que la chanson éveille le cœur à la motivation, à l'assiduité, à l'étude profonde et à l'éveil.

-> En plus d'améliorer la capacité de la mémoire et de stimuler une étude plus intense, nous constatons que la musique a la capacité d'éveiller la sagesse contenue au plus profond de nous-mêmes.
Le Radak utilise ce concept lorsqu'il souligne l'idée que les chapitres de Tehilim ont été conçus pour être chantés avec un accompagnement musical. En fait, chaque chapitre avait ses propres instruments et mélodies, afin de susciter la pensée, la compréhension et les émotions que Dovid Hamelech cherchait à évoquer avec ce passage particulier.
Le Radak (Téhilim 4,1) écrit : "C'est avec un accompagnement instrumental que les chants, les mélodies et les louanges étaient dits, chacun selon sa mélodie, qui leur était connue. C'était une grande sagesse et cela avait l'habitude d'éveiller l'âme sage."

Se basant sur ces mots, le rav Mattisyahou Salomon (Matnat 'Haïm - Moadim) rapporte les paroles suivantes :
"On ne peut jamais comprendre pleinement un chapitre de Tehilim avec clarté, tant que l'on ne connaît pas cette sagesse et que l'on ne comprend pas et ne reconnaît pas les sons distincts des instruments de musique et la façon dont chaque instrument spécifique s'adapte à un paragraphe spécifique différent de tous les autres. Car ce sont les instruments de musique et la mélodie qui donnent la saveur et la compréhension nécessaires pour appréhender les sujets avec la profondeur voulue."

-> Le rav Its'hak Maltzan (Sidour haGra) enseigne :
"Les sons des instruments de musique éveillent et préparent l'âme à l'action, ainsi qu'à l'accomplissement intellectuel."

-> Le Steipler a également commenté un jour :
"[Les gens] chantent au moment où ils apprennent la guémara ... parce que notre intention est d'étudier et que la musique nous permet de mieux comprendre. "

-> "Chantez l'intelligence" (zamérou maskil - Téhilim 47,1).
Selon le Méïri (Beit haBé'hira - Téhilim47) : c'est-à-dire non pas une chanson banale, mais une chanson qui éveille le cœur et donne de l'intelligence à ceux qui l'écoutent!

Le rav Mattisyahou Salomon (Matnat 'Haïm - Moadim) estime que le Meïri veut dire que la musique peut éveiller la compréhension quelque peu endormie de l'âme pour la rendre plus éveillée et plus alerte, et donc plus compréhensive.

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-> b'h, voir également : La musique et le chant = chemin vers la téchouva : https://todahm.com/2023/05/30/la-musique-et-le-chant-chemin-vers-la-techouva

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+ Petite histoire :

-> On raconte (séfer haNiggounim - intro) que le rav Schnéour Zalman de Liadi se trouvait un jour dans la ville de Shklo, une ville regorgeant de gens brillants, sages et érudits en Torah.
Ils se sont rassemblés autour du rav Schnéour Zalman et l'ont assailli de questions talmudiques et d'interrogations. Avant de répondre, le Rabbi chanta d'abord devant eux l'une de ses chansons qui était remplie de dvékout intenses.
L'effet sur les sens des auditeurs était si fort qu'ils s'éveillaient avec des sentiments profonds de joie et d'allégresse de l'âme, à tel point que toutes leurs questions disparaissaient d'elles-mêmes!

[le chant est capable de faire émerger la sagesse intérieure pour motiver et faciliter une compréhension plus profonde. Même l'intelligence et la mémoire d'une personne peuvent être renforcées et stimulées par un chant approprié. ]

La confiance en Hachem peut surmonter les choses préjudiciables et un mauvais mazal.
La confiance est si puissante qu'elle nous protège dans ce monde et dans le monde à venir.
[Maharal - Nétivot Olam, Netiv haBita'hon - chap.1]

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-> "Celui qui met sa confiance en Hachem sera entouré de bonté" (Téhilim 32,10)
Selon le midrach (Yalkout Chimoni Téhilim), cela inclut même une personne racha.
Le 'Hafets 'Haïm mentionne fréquemment qu'une personne peut être loin d'être parfaite, mais si elle s'accroche fermement à sa confiance en Hachem, alors sa foi la protégera [Chmirat haLachon - partie II, ch.19 ; Chem Olam]

-> L’auteur du Léchem écrit que rien ne fait obstacle au bita'hon.

-> Nos Sages disent : "la bénédiction ne réside que dans une chose cachée des yeux" (en habrakha chora bédavar hasamouï min aayin) = le fait de placer notre confiance en Hachem qui est caché à nos yeux.
Si nous faisons cela, la délivrance [de nos problèmes] peut également venir par des moyens cachés ou par des moyens dont nous n'aurions jamais rêvé.
[Méor Einayim - Vaeth'anan]

[Une personne en quête de délivrance à ses problèmes qui imagine plusieurs possibilités de sauvetage limite l'intervention d'Hachem en sa faveur. (d'une certaine façon : puisque tu ne penses pas à Moi, alors Je te laisse te débrouiller dans les limites de la naturalité, sans Mon aide)
Lorsqu'une personne a confiance en Hachem, les possibilités sont illimitées. ]

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-> La crainte d'un autre être humain peut entraîner la souffrance d'une personne (Rabbénou Bé'hayé - Ekev), car c'est nier qu'Hachem contrôle la situation.
Aucun être humain ne peut nous faire du mal à moins que cette souffrance n'ait été décrétée par Hachem. C'est l'intention du verset : "Un piège apporte la terreur à une personne, mais celui qui se confie à Hachem sera sauvé du malheur". (Michlé 29,25)

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-> Lorsque nous nous ne faisons rien pour accroître notre confiance en Lui, alors Hachem supprime la providence Divine spéciale qui accompagne chaque personne, ce qui entraîne un véritable danger.
C'est la raison pour laquelle la Torah stipule que les soldats qui avaient peur devaient être renvoyés chez eux. Leur anxiété les rendait indignes d'un miracle (Ramban - Choftim 20,8).

-> "Avaler le maror (l'amertume de la vie) sans le mâcher ne permet pas de remplir notre obligation" (guémara Pessa'him 115)
Le Tiféret Yéhouda dit : nous apprenons ainsi que nous manquons à notre devoir tant que nous ne diluons pas notre sentiment interne d'amertume par la foi et la force d'âme.

-> En récompense de la confiance de l'homme, Hachem élimine la peur, comme il est dit : "Il ne craint pas les mauvaises nouvelles, car la confiance en Hachem est fermement ancrée dans son cœur." (Téhilim 112:7 - Gaon de Vilna).

De même, il est écrit : "Sa délivrance est proche de ceux qui Le craignent" (Téhilim 85:10).
Et ailleurs : "C'est Moi, Moi seul, qui te réconforte ; qui es-tu pour avoir peur d'humains mortels et d'hommes qui deviendront comme de l'herbe?" (Yéchayahou 51,12).

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-> Hachem ne donne pas à ceux qui s'inquiètent. Il donne à ceux qui demandent.
[rabbi Elimélé'h de Lizhensk]

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-> Avoir des pensées négatives sur ce qui peut arriver est préjudiciable au bien-être d'une personne. Ces pensées peuvent faire en sorte que ses soucis deviennent la réalité, car l'âme d'un homme s'attache à ce qui occupe ses pensées.
S'il pense au jugement, celui-ci s'accrochera à lui.

Inversement, s'il se fie à la bonté d'Hachem, c'est là que son âme s'attachera, et la bonté d'Hachem l'entourera. [Likouté Yékarim 207]

-> S'inquiéter à propos de la pauvreté donne à l'ange de la pauvreté le pouvoir de nous faire du mal.
[Maharal - 'Hidouché Aggadot - guémara Baba Métsia 33]

-> davantage sur ce sujet de l'impact de nos pensées négatives : Pense bien et tout ira bien : https://todahm.com/2020/03/31/13093-2