Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Hachem nous dit que les malédictions viennent sur le peuple juif : "parce que tu n'auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur" (Ki Tavo 28,47).

-> Le 'Hidouché haRim dit que si nous recevons de terribles malédictions pour ne pas servir Hachem avec joie, il est évident que nous recevons également d'immenses bénédiction et de bonté si nous servons Hachem avec joie.

Il ajoute que si nous sommes joyeux, nous apprendrons avec joie et nous "vivrons avec la Torah et mitsvot d'Hachem", et cela nous procure bénédictions et une grande lumière céleste.

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->"La principale avoda devrait être le fait d'être joyeux, car en vérité, il n'y a pas de tristesse dans le monde pour celui qui reconnaît la grande lumière de la Vérité."
['Hazon Ich - dans ses Igrot - 'helek 1 mikhtav 36]

-> "Renforce ton apprentissage et fais en sorte que ton cœur soit joyeux à tout moment, car par la joie, une grande abondance de sagesse descend d'en haut."
['Hazon Ich - dans ses Igrot - 'helek 2 mikhtav 9]

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+ La joie sauve de la souffrance :

-> "Tu es pour moi un abri, tu me protèges contre l’adversité, tu m’environnes toujours de chants de délivrance" (ata sétér li, mitsar titsréni, roné falét téssovévéni - Téhilim 32,7)

Le Saraf de Magalintsa explique que lorsque Hachem voit une personne qui est triste, Il lui envoie de la souffrance, puis lui enlève cette souffrance.
Lorsque la personne est libérée de sa douleur, elle devient pleine de joie. Bien qu'elle ne soit pas mieux qu'avant, elle est heureuse car il ne souffre plus.

Il explique le verset de Téhilim pour signifier que le roi David disait à Hachem : "Tu es pour moi un abri, tu me protèges contre l’adversité" = tu n'as pas à m'envoyer une souffrance et à la retirer ensuite pour que je sois dans la joie.

"Tu m’environnes toujours de chants de délivrance" = le roi David dit qu'il est toujours joyeux même sans souffrir car il chante à Hachem et ressent Sa délivrance à tout moment.
Il dit : "Je suis toujours dans la joie, et quelqu'un qui est toujours joyeux n'a pas besoin qu'on lui envoie une quelconque forme de souffrance."

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-> De même, le rav Méïr de Prémichlan enseigne que lorsqu'une personne est satisfaite de ce qu'elle a et ne désire rien d'autre, elle sera joyeuse. Elle n'aura pas besoin d'avoir une quelconque forme de souffrance qui doit lui être retirée pour qu'elle puisse voir qu'elle aurait dû être heureuse depuis le début.
Mais si quelqu'un est triste/malheureux de son sort, Hachem doit le mettre dans une situation inconfortable et ensuite lui supprimer la cause de son inconfort pour qu'elle en arrive à ressentir qu'elle aurait dû être joyeuse de son sort depuis le début.
[ainsi se travailler à toujours être dans la joie, nous évite bien des souffrances! ]

"Hachem détourna le peuple par le chemin du désert, en direction de la Mer Rouge, et les Bné Israël montèrent armés du pays d'Egypte" (Béchala'h 13,18)

-> Le Divré Yisroel note que les lettres du mot "vé'hamouchim" (armé - וַחֲמֻשִׁים), peuvent être réarrangées pour s'écrire "vésamé'him" (et ils étaient joyeux - ושמחים).
[quelle était l'arme des juifs à la sortie d'Egypte? leur joie! ]
Cela fait allusion au fait qu'une personne peut mettre de côté tous ses problèmes grâce au pouvoir de la joie, tout comme les juifs ont quitté l'Égypte avec joie.

Si c'est le cas, pourquoi le verset dit "vé'hamouchim", plutôt que de dire explicitement "vésamé'him"?

C'est parce que le mot " 'hamouchim" fait également allusion au fait qu'ils avaient quitté les 50 niveaux ('hamichim) d'impureté. Ainsi, ils étaient joyeux parce qu'ils quittaient ce lieu d'impureté, et non pas à cause de la quantité considérable d'or et d'argent qu'ils avaient acquis des des égyptiens.

[Plus nous faisons la volonté d'Hachem (nous agissons alors en accord avec notre intériorité [âme]), plus nous nous purifions, plus nous nous rapprochons de Lui, et alors plus nous avons de joie.
Car il n'y a pas de joie plus parfaite que celle d'être à proximité de papa Hachem! ]

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-> Le Maguid de Zlotchov disait qu'on peut avoir toutes les raisons d'être tristes, de pleurer, lorsque nous sommes dépendants d'un ou des être(s) humain(s). Mais nous avons toutes les raisons d'être joyeux lorsque nous sommes dépendants [et confiants] uniquement en Hachem [qui est au-dessus de tout et qui peut tout].
[ainsi lorsque les Bné Israël ont quitté l'Egypte, ils étaient armés ('hamouchim) de l'idée qu'en toute situation ils pourraient compter sur leur papa Hachem, et c'est la meilleure arme qui existe! Cela se manifestait par leur joie (sémé'him).]

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2018/01/01/5998-2

"Israël vit la grande main que Hachem avait déployée contre l'Egypte et le peuple révéra Hachem, ils eurent foi en Hachem" (Béchala'h 14,31)

-> Le Séfer Likouté Yéhouda cite son grand-père, le 'Hidouché haRim, qui explique que le verset nous enseigne que même si le peuple juif a vu tous les incroyables miracles avec leurs yeux, ils avaient encore besoin d'avoir la émouna.
[la définition de la émouna est de croire en quelque chose même si on ne l'a jamais vu]
C'est parce que l'on peut atteindre un plus grand niveau de compréhension la grandeur d'Hachem à travers émouna qu'en voyant les choses avec ses seuls yeux.

-> Le Beit Israël rapporte que quelqu'un a dit un jour au rabbi Mendel de Kotsk à propos d'une certaine personne qui était capable de voir le Ouchpizin dans sa Soucca. Le Rabbi Kotsk répondit : "Je ne les vois pas. Mais j'ai la émuna qu'ils qu'ils sont là. Et la émouna est un niveau plus élevé que la vue!"

Le Beit Israël conclut en disant que c'est l'explication de notre verset.
Il parle d'abord des gens simples et dit qu'ils ont vu la grande main d'Hachem. Ils ont vu tous les miracles grandioses de leurs leurs yeux, et n'auraient pas cru en Hachem s'ils ne les ne les avaient pas vus.
Cependant, les gens plus élevés spirituellement du peuple avaient la émouna même sans les voir. En ce qui les concerne, il est dit qu'ils ont cru en Hachem. Ils n'ont pas regardé autour d'eux pour voir quoi que ce soit. Ils croyaient simplement en Hachem sans avoir besoin de voir.

-> Le soir de Pessa'h, le Noda biYéhouda se levait et escortait Eliyahou haNavi dans les l'escalier extérieur.
Il disait, "Je ne vois pas vraiment voir Eliyahou haNavi dans ma maison. Mais je crois complètement qu'il va dans chaque maison juive juive la nuit de Pessa'h. Puisque je sais qu'il est ici, je l'escorte hors de la maison."

Le 'Hidouché haRim commentait cela : "Une telle émouna est plus grande que de voir Eliyahu Hanavi!"

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+ Celui qui fait confiance à Hachem reçoit tout ce qu'il désire :

-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (dans son Kédouchat Lévi - Béchala'h) écrit longuement sur le pouvoir de la émouna et du bita'hon et comment la croyance et la confiance en Hachem fournissent une personne d'une abondance de parnassa.

Il dit ce qui suit :
La voie d'Hachem est de fournir de la bonté à Ses créations. Cependant, il existe 2 types de bonté. Certaines bonnes choses viennent d'en haut, alors que d'autres viennent aussi de ce monde.
En d'autres termes, certaines mots, certaines bonnes choses sont simplement envoyées par Hachem depuis en haut, tandis que d'autres sont créées par les gens qui font de bonnes actions et augmentent ainsi l'amour et la compassion d'Hachem.

Cela ressort du verset : "Hachem est mon ombre" (Téhilim 125,5).
Le Baal Chem Tov explique que tout comme une l'ombre imite tout ce qu'une personne fait, de même Hachem "copie" tout ce qu'une personne fait dans ce monde. Si la personne agit avec gentillesse et compassion envers les autres, Hachem agira de la même manière envers elle.
Comme le disent nos Sages (Shabbat 151b) : "Quiconque fait preuve de miséricorde envers les gens, aura sur lui la miséricorde de la part du Ciel."
Ainsi, quelle que soit la manière dont une personne aide les autres et fait le bien dans ce monde, elle sera traitée en conséquence par Hachem.

Le rabbi de Berditchev conclut :
Par conséquent, si une personne fait confiance en Hachem et a la foi qu'Il lui fournira tout ce dont il a besoin, Hachem le traitera en conséquence et Il lui enverra tout ce qu'il demande.
Mais si une personne manque de foi et s'inquiète de son gagne-pain, alors il perdra une partie de ses moyens de subsistance.
Loué soit l'homme qui a confiance en Hachem. Hachem fournira la parnassa pour cette personne au mérite de sa confiance.

"Ils dirent à Moché : "N'y a-t-il pas de tombeaux en Egypte que tu nous aies emmenés pour mourir dans le désert? Que nous as-tu fait là, de nous sortir d'Egypte?" (Béchala'h 14,11)

-> Le Séfer Likouté Yéhouda cite son grand-père, le 'Hidouché haRim comme demandant : comment le peuple juif pouvait-il se plaindre à Moché et prétendre qu'il les a emmenés mourir dans le désert. N'avaient-ils pas été témoins de nombreux miracles pendant la sortie d'Egypte? Pourquoi auraient-ils pensé qu'ils allaient tous mourir?

Le 'Hidouché haRim répond que le peuple juif en Égypte avait sombré au 49e niveau d'impureté.
Ils se sont échappés d'Egypte afin de s'élever de l'impureté à la sainteté. Cependant, ils ont alors vu les égyptiens les pourchasser après eux.
Cela signifie qu'ils ont vu l'impureté d'Egypte à leur poursuite. Ils ont réalisé qu'ils étaient toujours affectés par cette impureté et n'avaient pas réussi à s'en débarrasser.
C'est de cela qu'ils se se plaignaient. Ils demandaient comment le fait de quitter l'Égypte leur avait été bénéfique s'ils étaient toujours aussi impurs qu'avant.

Moché a répondu (v.14,13) en leur disant de rester fermes et de de voir le salut d'Hachem.
Il disait que le fait même fait qu'ils reconnaissent leur faible niveau spirituel conduirait au salut d'Hachem.
Avant de de quitter l'Egypte, ils ne savaient même pas qu'ils étaient enfoncés dans l'impureté. Ainsi, le fait qu'ils comprenaient maintenant qu'ils étaient impurs et devaient s'améliorer était un signe que le salut avait commencé.

=> Lorsqu'une personne reconnaît son faible niveau spirituel, elle est déjà sur le chemin de l'amélioration.
[lorsque l'on prend conscience de ce qui ne va pas en nous, plutôt que de désespérer, on doit se réjouir d'être arriver à ce niveau de conscience, et ensuite tout en faisant de notre mieux, on est certain que Hachem nous libérera de cet "Egypte" personnel.
(en effet puisqu'on a fait de nous même un premier pas en avant pour nous purifier [cette prise de conscience de notre réalité], Hachem peut alors nous aider à avancer davantage en ce sens). ]

La grandeur de nos prières quotidiennes

+ La grandeur de nos prières quotidiennes :

-> Les prières formelles composées par les hommes de la Grande Assemblée sont le résultat de la contribution combinée de 120 saints hommes, y compris des prophètes. Ces hommes ont incorporé l'ensemble des connaissances ésotériques dans les mots sacrés de nos prières.
[rabbi 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm - 2,10]

-> En tant que microcosme de toutes les entités créées, l'homme est capable d'inspirer tous les êtres vivants. Lorsqu'une personne prononce correctement les mots de la prière, toute la création se joint à elle dans la prière. Même le chant d'un oiseau de passage peut entrer dans la prière de l'homme, s'unissant à lui pour louer Hachem.
[Darké Tsédek 6b ; Tsavaat Baal Chem Tov]

-> La 'Hida (Chem haGuédolim sur rabbi Its'hak d'Acco) écrit que la combinaison de lettres, telle que formulée par les hommes de la Grande Assemblée, a le pouvoir de susciter des forces au-delà de notre imagination. Lorsque nous articulons nos prières, les lettres sacrées se connectent à leurs racines spirituelles. Ainsi dynamisées, elles interagissent avec les circonstances qui prévalent sur terre à cet instant, ce qui entraîne des réalisations spirituelles sans précédent.

Quelques réflexions pour un bon mariage (4e partie)

+ Quelques réflexions pour un bon mariage (4e partie) :

-> La michna (Guittin 90a) rapporte 3 opinions concernant le type d'actions qu'une femme peut commettre et qui est considéré comme un motif de divorce :
Beit Chamaï dit que l'on ne peut divorcer de sa femme que si l'on trouve en elle un acte d'adultère.
L'opinion de Beit Hillel est que même si elle a simplement brûlé sa nourriture, il peut divorcer.
L'opinion de Rabbi Akiva est que même si un homme a simplement trouvé une autre femme plus attirante que la sienne, il est justifié de divorcer de sa femme.

=> Cette michna demande à être interprétée. Et ce qui la rend encore plus problématique, c'est que Beit Hillel est l'école de pensée associée au 'hessed (bonté), à l'indulgence et pourtant, ici, ils permettent un divorce juste parce que la femme a brûlé la nourriture?!
De plus, comment rabbi Akiva peut-il dire que si un homme trouve une autre femme plus attirante que la sienne, il peut divorcer, alors que rabbi Akiva lui-même savait à quel point la femme joue un rôle important dans le succès du mari, car sans sa propre femme, il ne serait jamais devenu le grand rabbi Akiva. [la guémara rapporte par exemple qu'il a dit devant ses 24 000 élèves : "C’est à elle que nous devons ma Torah, et la vôtre!" - voir guémara Kétoubot 62b-63a]
Comment peut-il donc préconiser de laisser sa femme sur le bord de la route simplement parce qu'on a trouvé une autre femme plus séduisante qu'elle?

Donner un gett (acte de divorce) est la dernière phase d'un conflit conjugal. Parfois, il arrive qu'un couple puisse vivre ensemble dans la même maison mais qu'il soit véritablement divorcé l'un de l'autre, pas au sens littéral, mais émotionnellement.
Ainsi, la michna nous dit ce qui doit se passer dans un mariage pour qu'un couple sache qu'il n'est pas vraiment "marié" l'un à l'autre, au sens émotionnel du terme.

Comment une personne peut-elle savoir quand le lien profond dans un couple est tellement brisé que le divorce est la prochaine étape logique?
-> L'opinion de Beit Shamai est que s'il constate que sa femme a commis un acte d'adultère, cela constitue un motif de divorce. Cela signifie qu'une fois que le couple ne ressent plus le besoin d'être loyal l'un envers l'autre, c'est un signe qu'ils sont déjà divorcés émotionnellement l'un de l'autre, et le divorce technique n'est que l'étape suivante.
-> Selon Beit Hillel, même si elle a brûlé sa nourriture, c'est-à-dire si quelqu'un peut sentir que la nourriture de sa femme est brûlée ou qu'il y a un meilleur cuisinier qu'elle, ils ne sont pas mariés intérieurement. Lorsqu'un homme et une femme sont vraiment liés par les liens du mariage, le simple fait que ce soit la nourriture de sa femme devrait déjà signifier pour le mari que c'est la meilleure nourriture du monde. L'important n'est pas ce qu'elle a fait, mais de savoir qui l'a fait.
-> L'opinion de rabbi Akiva est que si l'on peut contempler une femme plus belle que son épouse, c'est un signe qu'il est intérieurement divorcé d'elle.
Dans des circonstances normales, un couple devrait atteindre un tel niveau de proximité qu'aucun des conjoints ne pourrait avoir l'impression qu'il existe quelqu'un d'autre au monde plus attirant que son partenaire.
C'est pourquoi il est dit (michna Yadayim 3:5) que Chir haChirim, le chant d'amour entre nous et Hachem (le mariage ultime), est Kodech Kadachim, le saint des saints, car il représente le ravissement complet et total entre le peuple juif et Hachem.

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-> L’opinion de Beit Hillel est que même si la femme a simplement brûlé sa nourriture, le mari pourra divorcer. Comment devons-nous comprendre cela? Ce qui rend cette michna plus problématique, c’est que Beit Hillel est l’école de pensée associée au ‘hessed, à la bonté, à la clémence, or ici, elle permet un divorce pour un motif futile.
Brûler un plat se produit occasionnellement dans tout mariage. Mais la question est de savoir comment la femme va réagir. Si elle est une bonne épouse, elle enlèvera la partie brûlée pour elle-même et donnera à son mari la partie savoureuse ou moins cuite.
Mais une femme méchante partagera la nourriture brûlée avec son mari.
Une femme encore pire donnera à son mari la nourriture brûlée et gardera la partie la moins brûlée pour elle-même.
L’opinion de Beit Hillel est que si elle brûle sa nourriture (אפילו הקדיחה תבשילו - afilou ikdi'ha tavchilo - la guémara emploie le SA nourriture), ce qui signifie qu’elle la considère comme la sienne et lui donne la partie brûlée, c’est un motif de divorce, car cela montre la bien piètre qualité de leur harmonie conjugale.
[un roch yéchiva rapporté par le rav Yéhochoua Alt]

-> Le rav Yaakov Kamenetsky disait que quiconque divorcerait de sa femme pour un repas brûlé, n’aurait même pas commencé à comprendre le sens d’un mariage et par conséquent, son "épouse" serait réellement bien mieux sans lui.

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=> Comment devons-nous considérer les tâches en apparence peu importantes, comme changer la couche d'un bébé, sortir les poubelles ou nettoyer la maison?
Bien qu'elles semblent insignifiantes, la vérité est qu'elles peuvent être tout aussi importantes, lorsque nous le faisons léchem chamayim (purement selon la Volonté d’Hachem).

Lorsque le rav Yéhouda Samet et sa femme ont eu plusieurs petits enfants, ils ont accroché une pancarte au-dessus de leur table à langer qui disait : "Je change cette couche afin d'aider cet enfant à devenir un érudit en Torah (si c'est un garçon), un craignant le Ciel (yéré chamayim), un serviteur d'Hachem, une échet 'hayil (si c'est une fille) et je le fais avec sincérité et joie.
Bien qu'ils ne l'aient pas toujours lu à haute voix, cela a eu un impact énorme sur la façon dont ils changeaient les couches.

Un invité pauvre qui finissait de manger chez le 'Hozé de Lublin remarqua qu'il nettoyait la table. Perplexe, l'homme demanda : "Je peux comprendre que vous serviez les invités en raison de la grande mitsva de hachnasat or'him, mais pourquoi nettoyez-vous la table? Les serviteurs font cela".
Le 'Hozé lui répondit que le jour de Yom Kippour, après le service sacré dans le Kodech Hakadachim (le saint des saints), le Cohen Gadol débarassait également la poêle à feu et la cuillère. Cette mitsva n'est donc pas moins importante.

Cette idée est représentée par la teroumat hadéchen qui consistait à enlever les cendres du mizbéa'h (l'Autel), soit en apparence le sale boulot. Pour cette raison, déchen (דשן) est un acronyme pour : davar chééno néchchav (ce qui est considéré comme sans importance).
Or, en réalité nous voyons combien il est significatif puisqu'elle a été placé à côté du mizbéa’h.
Ainsi, la prochaine fois que nous devrons faire un travail sale, nous devons réaliser qu'il s'agit en fait de nous purifier.

[d'une certaine façon sortir les poubelles, nettoyer la maison, ... on peut dire à Hachem regarde comment je prends soin de notre foyer où Tu résides avec nous, regarde comment j'agis selon Ta volonté par amour de mon prochain (conjoint), pour le shalom bayit, ... ]

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+ Femmes & étude de la Torah :

-> Le 'Hatam Sofer (dans ses drachot p.353) écrit que si une femme soutient son mari et ses enfants dans l'étude de la Torah, bien que le mari et les enfants voient leur récompense diminuée s'ils se perdent et ne suivent pas la voie de la Torah qu'elle a soutenue, sa récompense n'en est pas réduite.
[par exemple, s'ils ont parlé plus que nécessaire, s'ils ont étudié avec moins d'intensité qu'ils auraient pu, ... cela ne regarde pas la récompense de la femme qui aura comme mérites le maximum possible, comme s’ils avaient fait le mawimum possible.]

Le Kédouchat Tsion (1874-1941) a dit à l’un de ses élèves dont la femme voulait un contrat écrit attestant qu'elle avait droit à la moitié de la récompense de son mari : "Sa récompense [à votre femme] est bien plus grande que la tienne. Vous apprenez la Torah, vous pratiquez votre Avodat Hachem et vous vous amusez! Mais elle reste seule à la maison! Quel genre de plaisir a-t-elle?"

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2014/08/07/la-femme-son-mari-et-letude-de-la-torah

-> La raison pour laquelle les femmes ne sont pas obligées de faire les mitsvot dépendantes du temps, n'est pas pour leur insignifiance, mais plutôt en raison de leur importance [intrinsèque].
En effet, elles n'ont pas besoin des mitsvot pour les pousser à observer et à se lier à Hachem.
Il y a une sainte passion inhérente en chaque femme [juive] de se connecter à la spiritualité, et par conséquent elles sont [naturellement] toujours connectées à D.
[alors que les hommes ont besoin de nombreuses mitsvot, d'un minyan et de l'étude de la Torah pour y parvenir!]
[rabbi Chimchon Raphael Hirsch - rapporté dans le Nétivot Tohar - p.61]

Aucune prière n’est vaine

+ Aucune prière n'est vaine :

-> Hachem invite l'homme à prier : "Invoque-moi et je te répondrai" (Yirmiyahou 33,9)
Rabbi Zeira ajoute : Lorsqu'un homme reçoit un visiteur, la première fois, il le fait asseoir sur un canapé ; la deuxième sur une chaise ; la troisième sur un banc. La quatrième fois, il râle : "Combien de temps encore va-t-il me déranger?"
Mais Hachem attend éternellement nos prières. Dès que nous nous adressons à Lui, Il s'empresse de nous répondre.
[midrach Sochar Tov]

-> Hachem se réjouit de nos prières constantes. Alors que l'homme s'offusquerait de demandes répétées, Hachem veut avoir de nos nouvelles. [Méor Enayim]

[Lorsque nous demandons une faveur à un ami, nous espérons qu'il exaucera notre souhait, et que nous n'aurons pas à le solliciter à nouveau. Cependant, pour Hachem chacun de nos prières est significative et digne d'intérêt.

De plus, Chaque fois que nous nous adressons à Hachem, notre lien avec Lui est renforcé.

Selon le Nétivot Olam, la prière est le désir le plus intime de l'âme (ce moment où l'on quitte tout de ce monde pour être en face à face, en intimité avec papa Hachem). ]

-> "Quel peuple est assez grand pour avoir D. proche de Lui, comme l'est Hachem, notre D., chaque fois que nous L'appelons?" (Vaét'hanan 4,7)

Hachem répond immédiatement à toute demande quelque soit la langue. [Yalkout Dévarim]

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+ Persévérer à prier :

-> "Une personne qui prie beaucoup verra ses prières exaucées" (guémara Béra'ho't 32).

Le fait que nous prions encore et encore est une indication que nous comptons vraiment sur Hachem pour nous sauver. Même si une personne est indigne de voir ses prières exaucées, si elle prie et implore Hachem de l'aider, alors Hachem aura de la compassion en raison de sa confiance en Lui.

[midrach Tan'houma Vayéra 1]

Si nous ne voyons pas de résultat à nos prières, nous ne devons pas perdre confiance et désesper en Hachem, et nous devons prier encore et encore, comme il est dit : "Espère en Hachem, courage! que ton cœur soit ferme! oui, espère en Hachem!" (Téhilim 27,14).

[en effet, ce mérite de toujours garder notre émouna alors que notre yétser ara (nature humaine) nous pousse à baisser les bras, va être un mérite donnant une force énorme à nos prières! ]

-> Les portes du Ciel ne sont pas toujours ouvertes. Cependant, si nous répétons nos prières assez souvent, à un moment donné, les portes finiront par s'ouvrir et nos souhaits seront exaucés. [midrach Dévarim rabba 2,12]

-> Its'hak et Rivka savaient que des prières fréquentes permettraient d'atteindre le but recherché. Rachi (Toldot 25,21) nous apprend qu'ils ont prié à plusieurs reprises et longuement.

-> Moché a continué à prier pendant 40 jours jusqu'à ce que Hachem pardonne aux juifs pour le péché du Veau d'or. Nombreux sont les commentaires qui soulignent qu'il a prié encore et encore. Ils soulignent que prier encore et encore est plus efficace qu'une seule longue prière. ['Hayé Olam 1,28]

-> 'Hana pria encore et encore. Finalement, Hachem répondit à ses prières.
Le Ralbag (Chmouël 1,7) dit que lorsqu'une personne prie encore et encore, chaque soupir et chaque larme sont recueillis.

-> Il semble parfois que nos prières ne serviront à rien. Pourtant, "les prières et les jeûnes servent nos intérêts ainsi que ceux de nos enfants" (Sefer ha'Hassidim).
Même lorsqu'elles ne sont pas exaucées, nos prières sont stockées dans les mondes supérieurs ; chaque prière nous est créditée dans le monde à venir.
[rabbi Itsh'ak Huberman - Ki Tissa]

-> Les lettres de Rabbi Nathan de Breslev précise qu'il est interdit de s'entêter à demander des choses à Hachem. Il faut seulement demander et supplier avec de nombreuses requêtes et supplications, et Hachem fera ce qui est bon. Si Hachem veut que quelque chose soit, il amènera l'affaire à la meilleure conclusion possible, que ce soit immédiatement ou plus tard.

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-> Parfois, un parent peut refuser la demande d'un enfant parce qu'elle est inappropriée. Néanmoins, il offrira à l'enfant une autre faveur.
Hachem fait souvent de même. Comme un parent aimant, Hachem ignore nos demandes de choses qui peuvent nous nuire, mais en même temps, Il nous confère d'autres avantages que nous n'avons même pas demandés. Cette pensée devrait nous permettre de continuer à prier même lorsqu'il semble que nos prières n'ont aucun effet.
[Yessodé haDaat - chap.47]

-> Hachem savait qu'Avraham prierait résolument en faveur de la ville de Sodome après qu'Il l'informe de ce qu'Il allait y faire.
D'ailleurs, Avraham continua à prier en faveur de Sodome même après que les anges soient partis pour détruire la ville. Bien que ses prières n'ont pas efficaces à ce moment-là (n'évitant pas la détruction de la ville et de ses habitants), elles seront finalement utilisées par ses descendants. [rav Pinkous - Chéarim béTefilla]
En effet, dans le cas d'Avraham, il fallut plusieurs générations pour que ses prières produisent des résultats positifs. Seul Lot et ses deux filles survécurent à la destruction de Sodome et devinrent les géniteurs de 2 ennemis du peuple juif. Plusieurs générations plus tard, Ruth, une descendante de cette union, devint l'arrière-grand-mère du roi David.
Ainsi, les prières d'Avraham ont préservé l'ancêtre du roi David et assuré la dynastie davidique [et donc la venue du machia'h]. [rabbi Tsadok haCohen]
[nos Sages disent aussi que ces prières d'Avraham qui en apparence n'ont servi à rien, vous en réalité être utilisé pour aider plus tard dans l'histoire le peuple juif, ses descendants. Cela illsutre le fait qu'aucune prière ne se perd, n'est inutile. ]

-> Le Steipler encourageait les gens à continuer à prier pour une personne malade, même si la situation semblait désespérée. La prière soulage la souffrance du malade et prolonge sa vie ... et après tout, les miracles existent. Les prières augmenteront le mérite de la personne malade dans ce monde et dans le monde à venir, puisqu'elle sera récompensée pour avoir incité d'autres juifs à prier et à se tourner vers Hachem. Enfin, ces prières permettront de sauver de nombreuses autres personnes. Ce n'est que dans le monde à venir qu'il sera possible de voir tous les avantages qui ont résulté de chaque prière individuelle.

-> "Les yeux de tous se tournent vers Toi avec espoir et Tu leur donnes leur nourriture en temps voulu" (Téhilim 145,15). Nous devons avoir la certitude que toute prière a forcément un impact, aucune n'est inutile.
Selon le midrach (Dévarim rabba 2,10), certaines prières peuvent être répondue avant même de l'avoir articulée, d'autres après un instant, une heure, une journée, 3 jours, 20 jours, ... [nous devons garder en tête que nous avons l'assurance que cela viendra par Hachem "en temps voulu", au moment e plus opportun.]

-> Le Steipler ('Hayé Olam) écrit qu'il y a des prières qui sont exaucées immédiatement, et d'autres qui le sont après 30 ans. En fin de compte, on verra à quel point nos prières ont fait une différence.
Il est impossible pour une personne de savoir quelle aurait été sa situation si elle n'avait pas prié ; sans ses prières, les choses auraient pu être bien pires. Nos prières peuvent grandement améliorer notre situation.
[dans notre monde nous avons un yétser ara qui nous pousse à dévaloriser l'impact de nos prières. Dans le monde de Vérité, nous verrons l'impact incroyable sur nous, sur chaque juif, sur le monde entier, ... que nos prières ont pu avoir. (ex: des gens ont été guéris, ont eu des enfants, ... grâce à nous. Et nous selon crédités des conséquences positives indirectes en résultant.) ]

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-> Si une personne prie et n'est pas exaucée, elle ne doit pas perdre la foi et ne doit pas se décourager. Elle doit prier à nouveau, comme il est dit : "Aspire à Hachem, renforce ton cœur et aspire à Hachem." (Tehillim 27, 140)

-> Hachem peut retarder l'exaucement d'une prière afin qu'une personne devienne plus consciente de sa dépendance totale envers Hachem. Cela lui permettra de prier plus intensément. [Sfat Emet - Téhilim 27,14]
Parfois, une prière qui semble sans réponse a été détournée remplir un besoin cosmique. [Déguel Ma'hané Efraïm]

-> Une réponse tardive à nos prières peut refléter le désir d'Hachem de mettre la foi d'une personne à l'épreuve. Hachem omet délibérément de répondre aux prières d'une personne afin de déterminer si elle manifestera une foi authentique et continuera à prier. La frustration que nous éprouvons lorsque nos demandes sont rejetées expie nos péchés. Nous sommes ainsi épargnés de divers châtiments.
[rabbi Aharon Kotler - michnat rabbi Aharon]

-> Hachem peut refuser notre demande parce que nous demandons quelque chose qui nous ferait du mal. Parfois, nous prévoyons d'utiliser ce que nous demandons à des fins inappropriées.
Une prière peut également être rejetée si son accomplissement affecte les autres. La prière du roi David pour qu'il ne meure pas le Shabbat a été refusée (guémara Shabbath 31a) car c'est ce jour-là que le règne de son fils Salomon devait commencer.

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-> La prière est notre arme secrète : "Eux par des chars et eux par des chevaux, tandis que nous invoquons le nom d'Hachem "(Téhilim 20). [Lev Shalom]

[ex: la réussite d'une nation non-juive repose sur son ange responsable au Ciel, et par nos prières nous le bombardonnons d'armes spirituelles réduisant sa force, et donc celles de ses nations sur terre. De plus, nous réveillons l'amour et la miséricorde de notre papa Hachem, le boss qui peut tout. ]

-> Le Ménorat haMaor désigne le vol et les pensées impures comme les principaux obstacles à l'acceptation de nos prières.
Le Yessod véChorech ha'Avoda place le vol en tête de la liste des péchés qui entravent l'acceptation de nos prières. Il mentionne également les péchés de chaatnez et de rétention du salaire d'un travailleur journalier.

"Et il advint (vayéhi - וַיְהִי) lorsque Pharaon laissa partir le peuple, que Hachem ne les conduisit pas à travers le pays des Philistins" (Béchala'h 13,17)

Nos Sages (guémara Méguila 11a) disent que le mot וַיְהִי dénote la douleur et la souffrance. Il s'agit d'une contraction de "ויי והי", qui se traduit par "malheur et deuil" (Megillah 11a).

-> Le rav Yéhochoua Rokéa'h, le 2e Rabbi de Belz, explique qu'après tout ce qu'Hachem a fait pour les juifs, après tous les miracles dont ils ont été témoins, ainsi que la domination d'Hachem sur Pharaon et l'Égypte, il y avait encore des juifs qui disaient : "vayehi béchala'h Pharaon", que c'était Pharaon qui avait envoyé les juifs, et non Hachem.
Par conséquent, il s'agit d'un langage de souffrance (lachon tsaar), parce qu'il y avait encore des certains juifs qui n'étaient pas parvenus à cette émouna, cette croyance en Hachem.

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch inclut une autre question : Pourquoi Pharaon a-t-il été décrit comme celui qui les a fait sortir ("Pharaon laissa partir le peuple")? Hachem est celui qui nous a fait sortir d'Egypte!
Il explique que la nation que Pharaon a fait sortir n'était autre que le érev rav, des égyptiens qui sont partis avec Bné Israël.
Nous trouvons constamment l'utilisation du mot "am" (peuple), lorsque la Torah énumère les nombreuses fautes qui ont eu lieu dans le désert. Il s'agit des personnes qui ont fait partie du voyage, contrairement aux termes "Israël" ou "Bné Israël" qui désignent nos véritables frères juifs.
[or dans notre verset, il est écrit : "vayehi béchala'h Pharaon ét aAM" -> peuple, donc cela fait allusion au érev rav. ]

Ainsi, c'est bien Pharaon qui a envoyé ce "peuple" (érev rav) et son intention était de leur faire fomenter des problèmes et de convaincre les Bné Israël de retourner en Égypte.

-> Plus tard dans le désert, à l'époque du péché du Veau d'or, Hachem a critiqué Moché, rejetant la responsabilité du Veau d'or sur le érev rav, que Moché avait fait monter d'Égypte, comme il est dit : "Va, descends, car ton peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte a agi de manière corrompue" (Ki Tissa 32:7). Rachi explique que le verset ne dit pas "le peuple", mais "ton peuple" (am'ha), parce que c'est Moché lui-même a accepté le érev rav, sans consulter Hachem. Moshé avait pensé que ce serait bon pour eux de s'accrocher à la Chékhina, mais ce sont eux qui se sont corrompus et ont corrompu les autres.

=> C'est pourquoi le mot "vayehi", un lanquage de souffrance est utilisé pour parler du "peuple" qui a quitté l'Égypte. Ce n'était pas ce qu'Hachem voulait ; c'était le fait de Pharaon, qui avait des intentions néfastes.
Ces futurs fauteurs de troubles ont été envoyés par Pharaon (et non sortis par Hachem). En cela, il y avait quelque chose à déplorer.

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-> b'h, autres explications : https://todahm.com/2020/03/23/12887-2

"Alors chantera Moché et les Bné Israël" (az yachir Moché ouBné Israël - Béchala'h 15,1)

-> Dans ce verset, la Torah raconte que lorsqu'ils ont fini de traverser la mer Rouge et qu'ils ont vu leurs ennemis (es égyptiens) gisant morts le long du rivage, le peuple juif a éclaté en chants de joie.
Cependant, les mots : "az yachir" semblent difficiles à comprendre. Le mot "az" implique le passé tandis que le mot "yachir" signifie "chantera", au futur.
=> Comment devons-nous comprendre cela?

-> Le rav Levi Its'hak de Berditchev dit que les Bné Israël étaient certains qu'Hachem les sauverait. Cela avait-il un sens pour Lui d'accomplir tant de merveilles incroyables jusqu'à présent pour que le grand final se termine par la mort de la nation entière? Assurément, c'était impensable.
En fait, nos Sages (Mékhilta - Béchala'h 16,20) nous disent que le peuple juif avait une telle confiance dans le salut d'Hachem qu'ils ont apporté des tambours avec eux lors de leur sortie d'Égypte dans leur certitude d'être sauvés.

Selon le rav de Berditchev, ceci est l'explication des mots "Az Yashir".
Az est au passé, faisant référence aux moments avant même que la mer ne se fende ; Yashir est au futur = le peuple juif était déjà certain qu'il allait chanter. Avant même que leur salut ne soit arrivé, les Bné Israel savait déjà qu'ils chanteraient en étant secourus.
Leur foi était si parfaite que pour eux, le salut était une certitude totale.

Avant l'ouverture de la mer Rouge, ils avaient d'un côté toute l'armée égyptienne surarmée à leur poursuite et de l'autre une mer déchaînée devant eux, le peuple juif était coincé entre le marteau et l'enclume. Il n'y avait pas d'issue! Vers où pouvaient-ils courir, vers qui pouvaient-ils se tourner?
Or, bien qu'en apparence coincé dans ce qui semblait être la situation la plus désespérée et sans issue, le peuple juif avait déjà commencé à chanter (az yachir).

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-> Lorsque l'on demandait à un certain 'hassid Breslev comment il faisait pour rester joyeux même dans des moments aussi difficiles, il répondait : "J'emprunte simplement un rikoud (une danse) aux jours meilleurs à venir!" Il s'agit d'une toute autre approche de la vie.
Souvent, nous sommes confrontés à des circonstances éprouvantes qui échappent à notre contrôle ; nous ratons le bus pour une réunion importante, nous renversons du café sur notre chemise fraîchement lavée, ...
Les situations sont infinies. Mais si nous croyons vraiment au "gam zou létova", qu'un jour dans le futur nous verrons comment tout était vraiment pour le mieux, alors pourquoi ne pas commencer à chanter dès maintenant?
En effet, combien plus agréable serait le reste de notre journée, et en fait notre vie entière, si au lieu de nous énerver sur ces choses qui vont mal et qui sont de toute façon au-delà de notre capacité à les changer, nous les traversions en dansant ?

À quoi bon s'énerver parce que la circulation est bloquée et que je suis en retard au travail? Mes coups de klaxon furieux vont-ils contribuer à améliorer la situation? Ce n'est pas comme si tout le monde attendait que je klaxonne et que maintenant grâce à cela ils peuvent commencer à bouger.
Combien la vie serait plus agréable, si au lieu de taper du poing sur le volant par frustration, je respire profondément et commence à taper doucement un rythme sur l'air de "Hodou l'Hachem ki tov!" (remercions Hachem car Sa bonté est éternelle [même quand à mes yeux tout semble aller de travers, pour le mal]).
Nous avons une toute autre vie lorsque notre émouna certaine dans le salut [d'Hachem] atteint le point où nous pouvons chanter joyeusement avant même que le salut n'arrive.
C'est le message de "az yashir". Dans le passé, avant même que leur salut n'arrive, le peuple juif chantait déjà un avenir meilleur.

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+ En résumé :

==> Même dans les moments de danger extrême que le peuple juif a passé coincé entre l'armée égyptienne et la mer déchaînée, ils avaient une foi si parfaite qu'ils seraient sauvés qu'ils ont déjà commencé à chanter.
Si nous travaillons sur notre foi que notre Père céleste [Hachem] ne nous abandonnera jamais, et que chaque situation dans la vie, aussi négative qu'elle puisse paraître, est toujours pour notre bien, nous pouvons déjà commencer à chanter avant même que le salut n'arrive.

Quelques réflexions pour un bon mariage (3e partie)

+ Quelques réflexions pour un bon mariage (3e partie) :

-> On raconte l'histoire d'un mari qui abusait verbalement de sa femme. Sa femme est allée demander conseil à un Rav qui lui a conseillé, à chaque fois qu'il l'insultait, d'enfoncer un clou dans du bois avec un marteau. Cela atténuerait sa frustration et sa colère.
Après quelques jours à entendre ce bruit de clou, le mari interrogea sa femme à ce sujet. Elle lui a expliqué qu'après chaque insulte, c'est ce qu'elle faisait.
Après avoir vu les nombreux clous, il a été très ému de s'améliorer, car il n'avait pas réalisé la gravité de ses dommages. Il a riposté en lui disant que pour chaque compliment qu'il lui faisait, elle devait lui retirer un clou.
Après quelques jours, elle lui a dit que tous les clous étaient sortis. Il lui répond qu'il a réparé ses erreurs passées avec elle et qu'il a maintenant une ardoise toute propre. Elle lui a répondu que les trous étaient toujours présents dans le morceau de bois.

=> Nous apprenons ainsi que les dommages que nous causons par nos paroles perdurent, car même si les clous sont retirés, les trous (dommages) restent.

[sur le moment on se dit : "ça va ce n'est que des paroles, c'est pas si grave!" Mais on doit avoir à l'esprit que ce n'est pas la vérité, que nos mots peuvent laisser des traces qu'il sera très difficile, voir impossible d'effacer. (dans la majorité des cas c'est simplement par égo : on ne me parle pas comme ça, c'est moi qui aura le dernier le mot, ...)]
[ex: nous avons passé une mauvaise journée, où l'on nous a manqué de respect, alors notre façon animale de retrouver cet orgueil est en manquant de respect avec sa femme/enfants. On profite de cette situation que l'on considère comme acquise (c'est bon c'est ma femme pour toujours!), alors qu'elle est en perpétuelle construction.]

-> L'importance de ne pas endommager une femme par nos paroles est illustrée par le fait que les lettres finales de : "vélo tonou ich ét amito" ("ne pas bouleverser les gens par des mots - "וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת עֲמִיתוֹ - Béhar 25,17) forment le mot : ichto (אשתו), sa femme, car c'est là que cela s'applique particulièrement.
Avant de parler, nous devons nous demander si les mots que nous nous apprêtons à prononcer seront utiles ou nuisibles.
Parmi les innombrables mots que nous prononçons chaque jour, combien sont positifs?

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-> Lorsqu'une personne s'énerve contre son conjoint, elle doit se rappeler que : "bérokez ra'hem tizkor" (dans la colère, souviens-toi d'avoir pitié - 'Habakouk 3,2).

-> "Prépare-toi dans l’antichambre, de sorte que tu puisses pénétrer dans la salle de réception" (atkèn atsma'h biprozdor kédé chétikaness litraklin - Pirké Avot 4,16).
[à un niveau simple de compréhension, ce monde temporaire est comme un hall où l'on se prépare avant de rentrer dans le monde à venir, qui est éternel (qui dépend de ce qu'on aura fait ici). ]
Selon nos Sages, cette michna est aussi un conseil pour le mariage : avant de rentrer dans nos maisons (la salle de réception), nous devons nous préparer à l'humeur de nos conjoints (et de nos enfants).

[de même qu'avant de prier on se rappelle de la grandeur d'Hachem, de devant qui nous prions, de même avant d'entrer chez nous, nous devons développer notre conscience de la grandeur dans notre vie de notre conjoint, nous devons prendre un petit moment pour réveiller en nous de beaux sentiments (amour, de gratitude, ...) sur l'importance pour nous de notre conjoint. Ce n'est pas n'importe qui!
En ce sens de grands rabbanim prenaient quelques secondes pour se recoiffer avant de rentrer chez eux, ou bien lire quelques informations pour avoir de la discussion (n'ayant leur tête que dans des sujets complexes de Torah), ...
En effet, dans notre "couple" avec Hachem, ou avec notre conjoint, l'habitude fait perdre l'importance et l’appréciation d’avoir une telle relation de proximité. ]

-> "Prépare-toi dans l’antichambre, de sorte que tu puisses pénétrer dans la salle de réception" (Pirké Avot 4,16) = de nombreux Sages nous conseillent de ne pas rentrer en étant affamé chez nous, car nous sommes alors dans un état propice à s'énerver pour un rien. Mais plutôt, on doit préparer notre retour en manger un peu avant.
D'ailleurs cela l'est clairement écrit : "quand il aura faim, il sera en colère" (véaya ki yir'av véitkatsaf - Yéchayahou 8,21)

-> Le Sfat Emet haKadmon (cité dans le Ein Yaakov - Yoma 81b) indique que le fait de manger la veille de Yom Kippour a pour but de mettre les gens de bonne humeur, afin qu'ils soient prêts à pardonner à leur prochain.
Hachem a donné la mitsva de manger et de boire la veille de Kippour, afin d'être d'humeur joyeuse car avant de manger, une personne peut s'irriter plus facilement.

-> La michna (Shabbath 2:7) nous dit qu'il y a 3 choses que l'on doit dire dans sa maison (béto'h béto), la veille de Shabbath juste avant la tombée de la nuit : "As-tu payé la dîme? As-tu préparé le érouv? As-tu allumé la lumière de Shabbath?"
Le Tiféret Israël (Yachin 60) se demande pourquoi il n'est pas plutôt écrit : "lébné béto" (à sa famille) [en place de : dans sa maison]?

Lorsque nous parlons avec notre conjoint, cela doit se faire sur un ton doux et léger.
Le Tiféret Israël explique qu'il ne faut pas le dire d'une voix forte qui peut être entendue de l'extérieur. Il faut plutôt le dire doucement afin d'être écouté.
C'est ainsi qu'il explique pourquoi la michna dit : "bét'oh béto" (dans sa maison), car cela connote cette idée.

Dans le même ordre d'idées, rabbi Avigdor Miller disait : "Si un couple ne s'écoute pas et ne s'entend pas, ses voisins les entendront [car ils hausseront le ton -> j'ai raison car je le dis le plus fort!]".

[de plus, le fait d'élever la voix incite à installer et développer l'énervement, la colère. En ce sens, nos Sages nous conseillent de toujours parler calmement.
Il est sain de parler de ce qui ne va pas, mais il faut choisir un moment opportun où l'autre est de bonne humeur et en utilisant une forme pleine d'amour et de respect de la dignité d'autrui. ]

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-> Il a été dit que le mariage est comme la vie : il y a des hauts et des bas. Il ne faut pas désespérer pendant les périodes de baisse, mais plutôt répéter "cela aussi passera".
Dans la maison de rabbi Efraïm Zalman Margolis, un verre en cristal s'est brisé un jour. Alors que sa femme était hystérique, il était calme au point que cela la dérangeait.
Lorsqu'elle lui a demandé pourquoi il était si calme, il a répondu : "Demandez le moi l'année prochaine".
Un an plus tard, il a dit qu'il était calme parce que maintenant il n'est plus contrarié par ce problème. Alors pourquoi s'énerver au moment où cela arrive?

-> La michna enseigne : "lo matsati lagouf tov mistika" ( je n’ai rien trouvé de plus bénéfique pour l’individu, que le silence - Pirké Avot 1,17).
Cela fait particulièrement référence au mariage, car on nous enseigne que "ichto kégoufo" (la femme d'un homme est comme lui-même - guémara Béra'hot 24a).
On peut comprendre : je n'ai rien trouvé de mieux "lagouf" (pour l'homme et la femme) que le silence (mistika). En effet, par le silence, de nombreux désaccords peuvent être évités.
De nombreuses fois, dans le mariage, nous pouvons appliquer le verset : "hamaskil baét ha'i yidom" (Amos 5,13) = l'homme prudent se tait en ce temps-ci.

Le verset dit : "tovim hachnayim min haé'had" (Kohélét 4,9) : deux sont meilleurs qu'un.
Une explication est que lorsque 2 personnes vivent en harmonie (tovim hachnayim), c'est souvent parce que l'une d'elles a été tolérante et indulgente (min haé'had).
Un homme sage dit : "Vous pouvez changer votre mariage en vous changeant vous-même".

La michna (Pirké Avot 5,7) dit que l'un des miracles qui s'est produit dans le Temple était que les gens se tenaient serrés les uns contre les autres tout en ayant largement d'espace pour se prosterner (omdin tséfoufim oumichta'havim réva'him).
Une autre explication est que si quelqu'un se tient debout avec un égo gonflé, étant rigide et inflexible (omdin), alors il est à l'étroit (tséfoufim) et il n'y a pas de place pour quelqu'un d'autre dans sa vie.
En revanche, si quelqu'un est souple et flexible (michta'havim), alors il y a de la place pour d'autres personnes dans sa vie (réva'him).
Ceci est particulièrement véridique dans le mariage.

La guémara (Sota 17a) enseigne que si un mari et une femme le méritent alors la Chékhina habite parmi eux (ich vé'icha zakhou Chékhina bénéhem).
Une autre explication est que s'ils ont le shalom bayit, c'est parce qu'ils ont la Chékhina qui y réside, ce qui signifie qu'ils vivent selon la halakha et qu'ils ont les traits de caractère appropriés.

En fin de compte, lorsqu'une personne a un désaccord avec son conjoint, elle doit en arriver au point où elle a l'impression de se battre avec elle-même, comme s'il s'agissait de sa main droite et de sa main gauche.
Pour qu'un corps fonctionne correctement, les parties du corps doivent fonctionner harmonieusement car si une partie du corps fonctionne mal, cela affectera le reste du corps.
On peut dire la même chose d'un mari et d'une femme. Ils doivent s'unir et travailler en harmonie. Nous devrions tous mériter d'être les meilleurs conjoints que nous puissions être.
[rav Yéhochoua Alt]