Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

L’humilité

+ L'humilité (selon le Ben Ich 'Haï) :

-> À l'avenir, Hachem sera une couronne sur la tête de chaque tsadik. Comme il est écrit : "Ce jour-là, Hachem des armées sera une couronne de gloire et un diadème de beauté pour le reste de son peuple" (Yéchayahou 28,5).
Est-ce que cela peut être pour tout le monde? Il est écrit "pour le reste de Son peuple", pour quiconque se rend semblable au reste.
[Méguila 15b]

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) commente :
"Est-ce que cela peut être pour tout le monde?" = Hachem sera-t-il une couronne également pour les tsadikim qui reconnaissent la valeur de leurs bonnes actions?

Notre guémara répond : "Pour quiconque se rend semblable à des restes". Il s'agit de l'humilité extrême décrite dans le verset : "Il est méprisé, il est dégoûtant à ses propres yeux" (Téhilim 15,4).
Pour les tsadikim qui sont à leurs propres yeux comme des restes de nourriture, des mèches brûlées, ou des vêtements jetés, pour eux, Dieu sera une couronne.

<--->

-> Tu te feras des franges (guédilim - גדלים) aux 4 coins de ton vêtement, avec lesquelles tu te couvriras. (Ki Tétsé 22,12)

-> Le roi David dit : "Mon cœur n'était pas orgueilleux, mes yeux n'étaient pas hautains, et je n'ai pas marché dans des voies trop grandes ou trop merveilleuses pour moi" (Téhilim 131,1).
La façon de marcher d'une personne montre s'il y a de l'orgueil dans sa tête. L'orgueil réside donc dans le cœur, les yeux et la tête.
Pensez toujours que ces 3 membres sont pauvres, comme le suggère notre verset : "Tu te feras nous" des ג דלים (guimel dalim) "les 3 pauvres".

Votre humilité doit s'étendre de manière cohérente à tout ce qui se passe "aux 4 coins" de la terre. Ne soyez pas humbles dans un domaine et arrogants dans un autre.

L'humilité deviendra alors "ton vêtement avec lequel tu te couvriras" des accusateurs, et par lequel tous tes péchés seront pardonnés.
[Ben Ich 'Haï - Od Yossef 'Haï - drouchim Ki Tétsé]

<--->

-> Si une personne se rend semblable à une bête qui saisit et mange ... son étude de la Torah sera conservée dans sa main ... Hachem lui fera lui-même un festin. [guémara Erouvin 54a]

-> Il est difficile de se sentir humble si l'on est servi par des serviteurs comme si l'on était était un roi.
C'est plus facile si vous n'êtes pas pointilleux et si vous vous occupez de vos propres besoins. Votre humilité préservera votre étude de la Torah.

Puisque vous ne cherchez pas à ce que d'autres préparent les choses pour vous, alors Hachem lui-même vous fera un festin = mesure pour mesure, D. vous enverra l'abondance directement plutôt que par l'intermédiaire d'anges ou de messagers.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]

<--->

+ L'exemple de Kora'h :

-> Le tsadi courbé (צ) et le tsadi droit (ץ) représentent le tsadik qui est courbé et le tsadik qui est droit.
[guémara Shabbat 104a]

-> Rachi commente : Une personne digne de ce nom est courbée à ses propres yeux. En fin de compte, elle sera droite dans le monde à venir.

-> Selon le Ben Ich 'Haï (Bénayahou ; Adéret Eliyahou - Kora'h) :
Le tsadi courbé éclaire le récit de la rébellion de Kora'h contre Moché, qui commence par "Kora'h a pris" (Kora'h 16,1). Il n'est pas précisé qui ou quoi il a pris.
Le midrach le complète : "Il s'est pris à un tsad (côté)", ce qui signifie qu'il a pris une leçon auprès d'un seul tsadi. Il voulait se tenir debout et droit, il recherchait donc une position élevée.
Il n'a pas tenu compte du tsadi courbé, qui enseigne qu'un tsadik doit être courbé et humble.

-> Moché dit à Kora' h ... : "Est-ce peu de chose pour toi [הַמְעַט מִכֶּם - litt. est-ce que tu t'es fait petit sur le fait] que le D. d'Israël vous ait distingués de la communauté d'Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir (Kora'h 16,8-9)

-> Hachem accorde la grandeur à une personne qui se fait petite (Zohar - 'Hayé Sarah 122,2).
Moché dit donc à Kora'h : Tu demandes plus de gloire. Mais "t'es-tu fait petit lorsque le D. d'Israël t'a séparé de l'assemblée d'Israël pour te rapprocher de Lui?" = T'es-tu abaissé lorsque D. t'a donné la gloire que tu as maintenant, afin que tu sois digne d'en avoir davantage?
[Kora'h était Lévi et premier-né, et il désirait être Cohen gadol comme Aharon]
[Ben Ich 'Haï - drouchim Kora'h]

<--->

-> Hachem ne fait reposer sa présence que sur quelqu'un de puissant, de riche, de sage et d'humble. [guémara Nedarim 32a]

-> La principale qualification pour la prophétie est l'humilité. Pourquoi la puissance et la richesse sont-elles mentionnées?
Il est tout à fait naturel qu'une personne faible et pauvre soit humble. Si quelqu'un est puissant et riche, son humilité est vraiment spéciale.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada]

[nous avons tous des moments de "hauts" où nous sommes "riches" (en honneur, en argent par rapport à d'autres, ...) et nous ne devons pas oublier que cela vient d'Hachem (le remercier et lui demander d'en faire bon usage). Plutôt que de gonfler notre égo, on doit en profiter pour gonfler notre amour pour Lui (en appréciant et reconnaissant toutes Ses bonnes attentions à notre égard). ]

-> "Lorsque vous prêtez de l'argent à Mon peuple, le pauvre est avec vous" (Michpatim 22,24)
La richesse s'accompagne naturellement d'orgueil. C'est pourquoi notre verset dit : Lorsque tu seras assez riche pour prêter de l'argent à mon peuple, fais en sorte que l'humilité, que l'on trouve normalement chez le pauvre, se trouve aussi chez toi.
[Ben Ich 'Haï - drouchim Michpatim]

-> Que signifie le verset "Et du désert un cadeau" (oumimidbar matana - 'Houkat 21,18)? Si une personne se rend semblable au désert, que tous foulent, alors la Torah lui est donnée en cadeau. [guémara Erouvin 54a]

La poussière et le désert sont des symboles d'humilité.
Certaines poussières sont exclusives. La poussière de la cour du roi n'est foulée que par les ministres et les princes. De même, certaines personnes ne s'humilient que devant ceux qui sont "importants".
Tout le monde peut fouler le désert, même les animaux. Une personne vraiment humble s'humilie devant tout le monde. Il pense que même les animaux sont meilleurs que lui ; au moins, ils ne commettent pas de péché.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada]

-> Celui qui est sage, humble et bien disposé à l'égard des gens, doit être juge dans sa ville. [guémara Sanhédrin 88b]

Pour être juge, la sagesse ne suffit pas. L'humilité est essentielle pour prendre des décisions correctes, et le peuple ne se conformera à ces décisions que si le juge est acceptable pour lui.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yehoyada]

<--->

-> Rabbi Matiya ben 'Harach dit : Prenez l'initiative de saluer chaque personne. Et soyez une queue pour les lions plutôt qu'une tête pour les renards. (Pirké Avot 4,4)

-> Si une personne vous insulte, prenez l'initiative de faire la paix. Faites-le avec "toute personne", même celle dont le statut social est inférieur au vôtre.
C'est ainsi que Rav se rendit chez un boucher qui s'était disputé avec lui (guémara Yoma 87a).

Naturellement, cela est difficile à faire, à moins d'être extrêmement humble.
C'est pourquoi notre michna conseille : "soyez une queue pour les lions plutôt qu'une tête pour les renards" = ne regardez pas ceux qui sont moins que vous ; vous pourriez vous sentir important par comparaison. Regardez plutôt ceux qui sont plus grands que vous, afin de vous rendre compte de vos lacunes.
[Ben Ich 'Haï - Halakhot chana 2 - hakdamat Emor]

<--->

-> Le cœur (לב) du sage est à sa droite ; le cœur (לב) de l'insensé est à sa gauche (Kohélet 10,2)

-> Qu'est-ce qui est significatif dans la position du cœur ?
Regardons l'alphabet hébaïque. À droite des lettres de לב (lev- cœurà, viennent les lettres de אך, (akh - "seulement" ou "mais"), indiquant une diminution et donc l'humilité. À gauche de לב, on trouve גם (gam - aussi), qui indique l'augmentation et donc l'orgueil.
Notre verset dit : Le sage suit l'humilité, à droite de לב. L'insensé suit l'orgueil/l'arrogance, à gauche.

De même, il nous est ordonné : "Tu ne t'égareras pas selon ton cœur (לב)" (vélo tatourou a'haré lévav'hem - Chéla'h Lé'ha 15,39). Après לב il y a גם, le verset nous invite à ne pas être être orgueilleux.

L'orgueil est la cause première de l'oubli de D.
Israël déclare : "Tout cela nous est arrivé, et nous ne T'avons pas oublié ... notre cœur n'a pas reculé" (Téhilim 44,18-19) = nous ne T'avons pas oublié parce que nous n'avons pas fait preuve d'orgueil.
[...]

[le Ben Ich 'Haï aborde également le fait que certaines personnes pratiquent l'humilité pur obtenir des honneurs. On peut s'enorgueillir d'être quelqu'un d'humble, et on développe alors un orgueil intérieur. ]
Il est non seulement plus difficile de se repentir d'un tel orgueil, mais c'est aussi plus dur pour une personne. Les personnes simplement orgueilleuses seront punies dans l'autre monde pour leur orgueil, mais au moins elles profitent de ce monde.
Les orgueilleux intérieurs souffrent dans ce monde de leur humilité extérieure. Ils supportent les insultes sans répliquer, s'assoient au milieu des gens qui les entourent .. ils cèdent à tout le monde, tout cela est en contradiction avec leur vraie nature. Dans l'autre monde, ils seront punis pour leur orgueil.
[Hachem sait ce qu'on a dans le coeur, et Il nous demande de ne pas avoir d'orgueil même en notre intériorité profonde. ]
[Ben Ich 'Haï - Ben Ich Hayil 3, Téchouva 2]

-> Les descendants d'Essav écrivent de gauche à droite. Ils lisent donc גם לב אך (grand, cœur, petit), parce que leurs cœurs sont hautains, ils deviendront finalement petits.
Les descendants de Yaakov s'écrivent de droite à gauche. L'ordre est donc אך לב גם (petit, cœur, grand), parce qu'ils sont humbles de cœur, ils deviendront finalement grands.

Pour nous rappeler qu'il faut être humble de cœur, la Torah écrite commence par ב et se termine par ל, ce qui donne לב (cœur).
Les 10 Commandements commencent par א et se terminent par כ, ce qui donne אך (petit).
[Ben Ich 'Haï - Aderet Tiféret - Pelaot rabbot 159]

<--->

-> Qu'elle soit annulée et qu'elle soit comme la poussière de la terre. [prière d'annulation du Hamets]

-> L'orgueil affecte une personne comme le levain affecte la pâte. Nous devons nous débarrasser de toute trace d'orgueil/arrogance comme s'il s'agissait de 'hamets avant Pessa'h.
L'orgueil est annulée en nous considérant comme la poussière de la terre, tout comme l'annulation du 'hamets.
[...]

Nos Sages ont dit : "Il suspend la terre à rien [belima ; également : fermeture]" (Iyov 26,7) = Hachem maintient le monde que grâce à celui qui garde la bouche fermée (bolem) lors d'une dispute [au lieu de répliquer] (Hulin 89a).

Il y a 2 façons de contrôler notre langue lorsque quelqu'un nous insulte.
La première consiste à garder la récompense [divine] fermement à l'esprit ...
Il existe une meilleure voie : Si nous considérons notre propre indignité, toute insulte sera minime en comparaison ... [si je me considère vraiment comme de la poussière de la terre, alors on ne doit pas s'étonner si on en vient à nous marcher dessus. L'idée n'est pas de dire qu'un juif doit se considérer comme un nul de nul. On doit être conscient et fier des grandes capacités dont Hachem nous octroie, et vouloir les utiliser au mieux. Quand on nous marche dessus et que nous réagissons : "est-ce pas plutôt parce que c'est notre égo qui en a pris un coup? (car réellement nous n'avons rien en propre, tout provient d'Hachem [ex: notre capacité de vie à chaque seconde]), alors de quoi s'enorgueillir ... ]
C'est pourquoi nous prions : "Que mon âme soit pour tous comme de la poussière" (Amida) = afin que je ne devienne pas fier de mon humilité.
[Ben Ich 'Haï - Ben Ich Hayil 3, haGadol 4]

"Voici les fêtes de Hachem ..., que vous les proclamerez" (Emor 23,4)

Nos Sages enseignent que la proclamation du nouveau mois, qui fixe la sanctification de la fête dans ce mois, dépend à l'origine du Tribunal Rabbinique. Et même si le Tribunal se trompe (même délibérément) dans la fixation du mois, le Roch 'Hodech tombera quand même, selon leur décision.
=> Cela est très étonnant. En effet, la fixation du nouveau mois est le reflet d'une réalité naturelle du monde, l'apparition de la nouvelle lune. Ainsi, comment la volonté du Tribunal Rabbinique peut-elle fixer un nouveau mois différent de cette réalité? Comment la Torah de Vérité peut-elle accepter une telle usurpation?

-> En fait, tout ce qui existe ici-bas a sa racine plus haut, dans les mondes spirituels. De même, la lune aussi a son origine au niveau spirituel, dans les mondes supérieurs. Là-bas aussi, se déroule l'apparition de la nouvelle lune dans une dimension spirituelle.
En réalité, ce qui fixe véritablement le nouveau mois, c'est l'apparition de la nouvelle lune dans les mondes supérieurs, qui reflète la vérité dans sa racine, bien plus que sa manifestation visible ici-bas.
Néanmoins, en tant qu'êtres-humains, limités dans nos moyens et vivants sur terre, nous n'avons pas connaissance de ce qui se passe dans les mondes supérieurs.

Ainsi, la Torah a demandé au Tribunal de fixer le nouveau-mois en fonction de la nouvelle lune telle qu'elle apparaît ici-bas. Car, elle reflète généralement ce qui se passe dans la racine spirituelle des choses. Les deux moments coïncident.
Malgré tout, dans notre monde encore imparfait, tant que la réparation finale n'est pas encore obtenue, il peut arriver qu'il y ait parfois des décalages. Dans ce cas, la Providence Divine tourne les choses pour que le Tribunal décide de fixer le nouveau-mois un autre jour, pour une raison quelconque. Ainsi, si telle chose se produit, ce sera la preuve que l'apparition spirituelle de la lune ne coïncide pas avec son apparition ici-bas. Mais elle correspondra au jour où le Tribunal aura fixé le nouveau mois, selon l'Intervention cachée de la Providence.
[Likouté Si'hot]

Je suis Hachem, ton D.

+ "Je suis Hachem, ton D." :

-> Le premier Commandement : "ano'hi Hachem Eloké'ha" (Je suis Hachem, ton D. - Yitro 20,2) est au singulier : "Eloké'ha", plutôt que "Eloké'hem" (votre D.). Pourquoi cela?

Une explication est que la Présence d'Hachem est plus prononcée lorsque la nation juive est une entité unie, et non pas divisée en des clans "rivaux".
[il est écrit : "donner de la force à D." (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35) = d'une certaine façon plus les juifs s'unissent, plus ils permettent à Hachem de se dévoiler et d'être présents à leurs côtés. ]

La forme au singulier "ton D.", peut également faire allusion au fait qu'Hachem se révèle de différentes manières, en fonction des besoins et du statut spirituel de chaque juif, ou de la situation du peuple juif à un moment donné ...
Si Hachem avait dit : "ano'hi Hachem Eloké'hem", cela aurait impliqué qu'Il se révèle toujours sous la même forme, quelles que soient les circonstances. En utilisant le singulier, Hachem a voulu signifier que, quelles que soient les formes qu'Il peut prendre, Il est toujours votre D., le D. qui s'applique à chaque individu.
[Sfat Emet - Shavouot 5635, 5646, 5653, 5657]

-> Une autre implication de la forme singulière ("ton D.") est que tous les juifs ont une âme unique et unie.
Même si certains juifs sont capables de mettre [davantage] en avant la Présence divine, alors que chez d'autres elle reste cachée, la source de leurs âmes est la même.
De même que toute la lumière du monde a émané du moment où Hachem a déclaré : "que la lumière soit" (yéhi ohr - Béréchit 1,2), et qu'elle a continué depuis lors, de même l'âme collective juive a pris naissance au moment où Hachem a proclamé : "Je suis Hachem ton D."
[Sfat Emet - Shavouot 5633 , 5637]

["Je suis Hachem ton D." = on utilise le singulier car en réalité tous les juifs ne sont qu'une seule et même racine d'âme, dont seule la matérialité nous laisse faussement croire que nous sommes divisés en notre essence.
C'est pour cela par exemple que chacune de mes actions va impacter en bien ou en mal les autres juifs. De même, lorsque je bénis un autre juif, par ricochet je me bénis aussi moi-même (et inversement) ... ]

"Hachem ouvrit la bouche de l'ânesse" (Balak 22,28)

-> Il est rapporté au sujet du Arizal que durant la sieste d'un Shabbat de la parachat Balak, son élève Rabbi Avraham Halévi observa que ses lèvres murmuraient pendant son sommeil. Il tendit l'oreille au-dessus de la bouche de son maître pour écouter ses paroles.
Le Arizal se réveilla et vit son élève se tenir au-dessus de lui. Il lui demanda : que veux-tu?
Il répondit : j'ai vu que le Rav parlait durant son sommeil et je souhaitais écouter ce qu'il disait.
Le Arizal lui répondit : durant mon sommeil, mon âme s'élève constamment dans les mondes supérieurs et les anges de service m'accompagnent jusqu'à Matatron, le Sar Hapnim qui me demande dans quelle yéchiva céleste je souhaite me rendre afin de recevoir des secrets des mondes supérieurs.
Rabbi Avraham Halévi lui dit : je t'en prie mon maître, peux-tu nous transmettre ce que l'on vient de t'apprendre durant ton sommeil?
Le Arizal commença à sourire et lui répondit : je témoigne en présence du Ciel et de la terre que si je devais faire un cours durant 80 ans sans interruption, je ne pourrais pas terminer d'expliquer et de dire ce que j'ai appris à présent sur la paracha de Bilaam et de son ânesse.

[cela nous montre à quel point tout texte de la Torah, même un récit anodin, a en réalité une profondeur infinie, divine.]

Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva - chap.4) nous garantit que si nous acceptons avec joie ces moments où rien ne semble aller dans notre vie, comprenant que cela nous est envoyé du Ciel et que c'est bénéfique pour nous, alors à ce moment nous déchirons les mauvais décrets et se sauvons des pires soucis qui devaient normalement nous arriver.

<--->

-> "Lorsqu'une personne reçoit avec amour les souffrances et les épreuves qu'elle endure, alors c'est cela leurs remèdes."
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Vayigach 46,7]

<--->

[ainsi, le meilleur remède à nos épreuves réside dans notre acceptation, dans notre joie (par bita'hon en Hachem), malgré les difficultés, nos incompréhensions sur ce qui se passe dans notre vie.
Moins on essaie de tout comprendre, en étant simple (tamim) dans notre certitude que cela ne provient que d'Hachem pour notre bien ultime (on le comprendra dans le monde à Venir de vérité), alors le plus on s'évite bien des galères dans la vie. ]

<--->

-> Rabbi Mordé'haï de Lekhvitch explique de manière allusive à ce sujet la Michna (Béra'hot 40a) : "Sur tout, s’il a prononcé la bénédiction Chéakol Niya Bidvaro (qui a tout créé par sa parole), il est quitte" = celui qui dit à propos de tout ce qui lui arrive (même ce qui lui semble être un malheur), "tout est le fait de la parole Divine" est acquitté par cela de toutes les épreuves.
[le sens simple est que si nous ne savons pas quelle est la bénédiction, on peut s'en acquitter par défaut en faisant "chéakol" ]

-> Rabbi Moché Avraham Barzovski dit : "j’ai hérité d’une coutume ancestrale selon laquelle celui qui prononce la bénédiction ‘Chéakol Niya Bidvaro’ avec une foi intègre dans le Créateur, bénéficie d’un adoucissement de la midat haDin (la mesure de rigueur d'Hachem)!"

<--->

-> b'h, voir également l'enseignement du 'Hatam Sofer : Parvenir à accepter avec amour les difficultés / souffrances : https://todahm.com/2021/12/12/parvenir-a-accepter-avec-amour-les-difficultes

<--->

[ issu du dvar Torah : https://todahm.com/2023/01/15/38348 ]

Si la délivrance vient par le mérite de l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot, alors se dévoilera dans toute sa splendeur le royaume Divin. Sinon, le machia'h sera comme "étant un homme pauvre chevauchant un âne" (Zé'haria 9,9).
[...]
Si la délivrance vient par le mérite de la Torah, alors elle sera agréable et facile, sinon elle se fera par le joug des nations, et sera désagréable et douloureuse.
Car par le biais des épreuves, les âmes des Bné Israël vont se purifier et sortiront des étincelles de sainteté, de la même manière que peuvent sortir ces étincelles grâce à la Torah.
[d'après le Ohr ha'Haïm haKadoch - Vayé'hi 49,11]

Yaakov a pourvu aux besoins de Yossef pendant 17 ans (âge où il a été vendu - Vayéchev 37,2), et en compensation de cela, Yossef a rendu à Yaakov toutes les bonnes choses qu'il avait reçues de lui pendant 17 années. [durée qu'il passa en Egypte après avoir retrouvé Yossef, avant de mourir]
Sans cela, il est possible que Yaakov aurait pu vivre moins d'années si ce n'est que pour que [son fils] Yossef ait le mérite de lui rendre ces années de biens.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Vayé'hi 47,28]

[certes les parents donnent beaucoup à leurs enfants, mais au Ciel on donne aussi aux parents par le mérite de leurs enfants. ]

Etre joyeux = une prérequis pour accéder à la sainteté

+ Etre joyeux = une prérequis pour accéder à la sainteté :

-> "Yaakov vécut dans le pays d'Egypte 17 ans ; la durée de la vie de Yaakov fut donc de 147 années" (Vayé'hi 47,28)

-> "Hachem dit à Yaakov : "ton nom Yaakov ne sera plus Yaakov, mais Israël"" (Vayichla'h 35,10)

=> Comment comprendre que la Torah l'appelle encore Yaakov de nombreux versets après annoncer que désormais il s'appelle : Israël?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (v.47,28) enseigne :
"Le nom de Yaakov est l'essence même de son âme et donc on ne peut le déraciner de son nom, par conséquent, il sera toujours nommé avec 2 noms (certaines fois Yaakov et certaines fois Israël)
Mais nous devons comprendre la raison pour laquelle parfois ils sera nommé Yaakov et parfois Israël.

Yaakov a toujours aspiré à atteindre des niveaux de sainteté extraordinaires et afin d'y arriver il fallait qu'il retire de lui toutes sortes de tristesse, de mélancolie et d'inquiétude. C'est la condition essentielle afin d'y accéder. La Sainteté est le fruit de la joie et de la sérénité intérieure.
Lorsqu'il atteignait ces niveaux il était surnommé Israël sitôt qu'il s'en écartait il était appelé Yaakov ...

[A l'image du Shabbath, où nous recevons une âme supplémentaire provenant d'un endroit spirituellement très élevé,] Hachem a octroyé [en permanence] à Yaakov une nouvelle âme très élevée qui porte le nom "Israël" et son lieu de résidence [à cette nouvelle âme] se trouvant en lui pendant toute la période où il ne montra aucun signe d'inquiétude ou de tristesse.

Sitôt que cette vertu disparaîtra de lui, alors cette partie âme supplémentaire qu'il a reçu le quittera. De la même manière que dès que se termine le Shabbat, l'âme supplémentaire [que nous recevons la veille de Shabbat] nous quitte, et à ce moment-là il ne sera pas surnommé Israël, car ce surnom qui indique la grandeur supplémentaire l'a quitté, ne se trouve plus. Il sera alors surnommé Yaakov.

Cette âme supplémentaire, spirituellement élevée, reviendra par une nouvelle préparation et par un nouveau travail spirituel, de la même manière que l'âme supplémentaire revient sur chacun d'entre nous de Shabbat en Shabbat par les préparatifs en vue de ce jour saint.

D'après cela, tu peux comprendre d'une manière profonde la raison pour laquelle chaque fois qu'il est nommé Yaakov dans la Torah, ce nom lui est attaché en raison du fait qu'il a montré une nuance de tristesse ou d'inquiétude au fond de lui."

+ "Ouvrez-moi les portes du salut/de la justice" (pit'hou li chaaré tsédék - Téhilim 118,19)

-> Cela fait référence aux 12 portes du Temple, une pour chacune des 12 tribus.
Chaque Roch 'Hodech, une porte différente était ouverte par le mérite de l'une des tribus, et lors des Yom Tov toutes étaient ouvertes.
Même actuellement, bien que le Temple soit en ruines et que nous soyons en exil, les portes appropriées du Temple céleste s'ouvrent à ces occasions pour permettre aux prières et aux louanges des juifs d'entrer.
[Sfat Emet - 'Hanoucca 5653]

+ En nous préparant dès maintenant, en exil, à la reconstruction du Temple, nous accomplissons la mitsva de : "véassou li mikdach" (ils me construiront un sanctuaire - Térouma 25,8), celle de reconstruire le Temple.
En fait, notre fonction principale en exil et le but central de notre long exil, est de nous préparer pour le Temple.

Le verset : "Prépare-toi une occupation au dehors ... puis, tu édifieras ta maison" (Michlé 24,27) peut faire référence à notre exil et au Temple :
- "Prépare-toi une occupation au dehors" (a'hèn ba'houts) = cela fait référence à nos efforts personnels pour atteindre la perfection spirituelle, pendant que nous sommes en exil (ba'houts - en dehors d'Israël reconstruit par le machia'h) ;
- "puis, tu édifieras ta maison" = lorsque le machia'h fera revenir tous les juifs en Israël, nous y reconstruirons le Temple.

C'est le plaidoyer d'Amos (4,12) : "prépare-toi, ô Israël, à te présenter à ton D." = (généralement cela est interprété comme faisant référence aux préparatifs requis pour bien prier [ex: sache devant qui tu Te présentes]). Mais cela est également un plaidoyer éloquent pour se préparer tandis que nous sommes encore en exil, pour le moment où nous allons saluer à nouveau Hachem dans le Temple.
[Sfat Emet - 'Hanoucca 5665]

<--->

[la sublimité du Temple, la beauté de notre relation et perception éternelle avec Hachem, dépend de nos actions en ce monde avant la guéoula (après il sera trop tard, car il n'y aura plus de libre arbitre, tout sera clair).
Certes nous voulons le machia'h au plus vite, mais tant qu'il n'est pas là nous avons toujours l'occasion de sublimer cette révélation future d'Hachem et la forme que prendra le monde à Venir.
D'où, la mitsva constante de "ils me construiront un sanctuaire" = chaque fois que nous faisons la volonté d'Hachem alors nous participons à améliorer, à rendre plus beau ce Temple, ce monde post guéoula. ]