Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Lorsque nous éprouvons de la peine pour la destruction du Temple que nous avons causée par nos fautes, nous ne devons pas déplorer notre situation dramatique, mais considérer la peine du Créateur qui est immense ...
Ceci peut être comparé à un fils qui a tant irrité son père qu’il se voit contraint de le quitter. Si le fils aime réellement son père et lui est fidèle, il ne s’apitoiera pas sur son propre sort, mais plutôt sur la peine qu’il a suscitée à son père.
[Pélé Yoets]

"Quand un juif prie, Hachem embrasse chaque mot qui sort de ses lèvres"
[Baal Chem Tov]

"Je vais te renseigner sur ce que fera ce peuple à ton peuple à la fin des temps" (Balak 24,14)

-> ''A la fin des temps'', juste avant la venue du machia'h, on essaiera par tous les moyens de tout faire pour que le peuple d'Israël s'assimile et devienne comme les autres nations, sans lien privilégié avec Hachem.

Cela est en allusion dans ce verset.
Bil'am vient ici renseigner Balak en lui prédisant qu'à "la fin des temps", "on fera de ce peuple (d'Israël)" [ce qu'il faut pour le rendre similaire] "à ton peuple", assimilé parmi les nations, sans leurs particularités et leur sainteté.
[rabbi Bounim de Pschisha]

"Un ange de Hachem se mit sur son chemin pour lui faire obstacle" (Balak 22,22)

-> Rabbi Aharon Zakaï (dans son Torat haParacha), donne un grand principe en s’appuyant sur le midrach.
C’était un ange de miséricorde, et il voulait l’empêcher de fauter et de se perdre.
De là, nous apprenons l’ampleur de la miséricorde d'Hachem, qui a envoyé un ange spécialement pour empêcher Bilam de fauter et lui donner la possibilité de se repentir de ses mauvaises actions.

Bien que Bilam n’ait pas été un homme ordinaire pour qu’on puisse dire que sa faute était involontaire, mais un très grand homme, ainsi qu’il est écrit "qui connaît la pensée d'Hachem", et que tous ses actes aient été délibérés, parce qu’il avait une grande et profonde compréhension, malgré tout cela du Ciel on a eu pitié de lui.
=> Disons donc qui si telle est la miséricorde envers un non-juif, à combien plus forte raison pour tout juif.
C’est pourquoi lorsque l’on sent qu’on est vaincu par ses instincts et qu’on désire fauter, on doit se renforcer, et alors on recevra évidemment la pitié et l’aide du Ciel.

"La haine que portent les ignorants à un homme sage est plus grande que celle que ressentent les goyim envers Israël"
[guémara Pessa'him 49b]

-> Le rav David Pinto explique :
Un homme érudit est comme un livre de moussar ambulant, car quiconque le voit se sent obligé de lui ressembler.
Quand un ignorant rencontre un homme érudit rempli de qualités et à la conduite droite et juste, il se sent très honteux de ne pas réussir à surmonter lui-même ses mauvais instincts et à se comporter comme ce sage dont les actes et les voies sont agréables. Etant incapable de corriger ses défauts, il ressent alors une haine puissante envers cet homme qui, par sa simple existence, lui rappelle à quel point il a besoin de s’améliorer.

"Comment maudirais-je celui que D. n’a point maudit? Comment menacerais-je, quand Hachem est sans colère?" (Balak 23,8)

-> Le Ménorat haMaor commente :
"Maudirais-je" se dit en hébreu : "Ekov" (אֶקֹּב).
Que cachent les lettres de ce mot?

Les 3 lettres qui le composent sont les initiales des mots : "Amen", "Kadich", "Baré'hou".
En réalité, Bil’am le racha a dit : "Comment pourrais-je les maudire alors qu’ils disent plusieurs fois par jour "Amen", le "Kadich" et "Baré'hou" ?"

L'ânesse dit à Bil'am : "Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as toujours montée jusqu'à ce jour? Avais-je coutume d'agir ainsi avec toi?" (Balak 22,30)

-> Abba Cohen Bardéla dit : Malheur à nous au jour du jugement! Malheur à nous au jour de la remontrance!
Bil'am, l'homme le plus sage parmi les nations du monde, ne put rien répondre aux reproches de son ânesse. [...]
A plus forte raison en sera-t-il ainsi lorsque Hachem adressera des remontrances à chacun selon ce qu'il était, comme il est dit : "Je te reprendrai et te mettrai Mes griefs sous les yeux" (Téhilim 50)"
[midrach Béréchit rabba - Vayigach]

-> Le Beit haLévi commente :
Par nature, quand un homme commet une faute ou un acte répréhensible, il se trouve toutes sortes d'excuses pour justifier son geste.
Mais lors du Jugement futur, Hachem, chez qui l'oubli n'existe pas, présentera à l'homme d'autres actions similaires, accomplies dans des circonstances différentes, qui l'amenèrent à opter pour l'attitude exactement inverse.
C'est en ce sens que l'on peut lire dans ce texte : Hachem adressera des remontrances à chacun selon ce qu'il était" = c'est-à-dire à l'aune de sa propre conduite.

[ex : on affirme ne pas avoir de forces, de temps pour aller étudier la Torah, mais lorsqu'il s'agit de faire autre chose, alors nous le pouvons!]

"Il se couche, il repose comme le lion et le léopard : qui osera le réveiller?" (Balak 24,9)

-> Rabbi Abahou ben Zoutrati dit au nom de rav Yéhouda bar Zvida : On a envisagé d'inclure la section de Balak dans le Shéma.
Pourquoi ne l'a-t-on finalement pas fait?

Pour ne pas peser sur l'assistance ...
Rabbi Yossi bar Avin affirme : [On l'a envisagé] parce qu'il est écrit dans ce passage : "Il se couche, il repose comme le lion et le léopard : qui osera le réveiller?"
[guémara Béra'hot 12b]

-> "Il se couche, il repose" = ce qui fait écho au [verset figurant dans le Shéma] : "A ton coucher et à ton lever" = c'est-à-dire que Hachem nous protège à notre coucher et à notre lever, afin que nous puissions dormir paisiblement comme le lion et le léopard.
[Rachi - guémara Béra'hot 12b]

-> Il aurait convenu que nous lisions la section de Balak quotidiennement ...
Rabbi 'Hina dit : Parce qu'il y est question de coucher et de lever.
[guémara Yérouchalmi]

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-> "Mon peuple! Rappelle-toi seulement ce que méditait Balak, roi de Moav, et ce que lui répondit Bil'am, fils de Béor, de Chittim à Guilgal, et tu connaîtras les bontés de Hachem" (Mikha 6).

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-> "Hachem mit Sa parole dans la bouche de Bil’am" (Balak 23,5)

-> Hachem a dit à Israël : "Mes enfants! Ce racha a voulu vous maudire, mais J’ai déformé sa parole et J’ai transformé ses mots en bénédictions".
En effet, il est dit : "Mais Hachem, ton D., n’a pas voulu écouter Bil’am" (Balak 23,6).
Un ange s’est installé dans sa gorge. Lorsque Bil’am voulait prononcer une bénédiction, l’ange le laissait faire.
En revanche, s’il s’apprêtait à maudire le peuple, l’ange lui fermait la bouche et l’en empêchait.
Ainsi, le terme "Sa parole" désigne en réalité "un ange", comme dans le verset : "Il envoya Sa parole pour les guérir" (Téhilim 107,20).
[midrach Yelamdénou]

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-> Pour la plupart des récits de la Torah, les événements relatés se sont déroulés sous les yeux de Moché et du peuple juif.
Or, la paracha de Balak est une exception à cette règle : hormis ses 9 derniers versets, toute la narration de ce passage rapporte des faits et des échanges qui se sont produits loin du campement d'Israël. Pas un hébreu n'a vu les messagers de Balak se rendre chez Bil'am, et personne n'a été informé de leurs sombres desseins.

De même pour la suite de ce récit : ni Moché ni aucun des Bné Israël n'ont eu connaissance des manœuvres déployées par ces hommes ou des bénédictions de Bil'am. Et selon toute vraisemblance, ces machinations ont été gardées secrètes, et hormis les anciens de Moav et Midiyan, nul n'a été mis dans la confidence.
=> Comment Moché a-t-il pu transcrire un rapport détaillé des événements entre Balak et Bil'am?

Le rav 'Hanokh Erentrau (Komets haMin'ha) explique que la réponse apparaît clairement dans le verset : "Quelqu'un peut-il se cacher dans un lieu secret, sans que Je le voie, dit Hachem" (Yirmiyahou 23). Rien de tout ce qui se passe dans le monde n'échappe à Hachem : c'est donc Lui qui informa Moché de ce projet et qui lui en fit le récit.
=> Notre paracha constitue donc une preuve irréfutable de l'origine Divine de la Torah.

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-> De plus, ce miracle s'est produit de manière totalement secrète : personne n'eut vent du complot contre le peuple juif, et seuls Balak et ses ministres virent comment les malédictions se transformèrent miraculeusement en bénédictions.
C'est à ce sujet qu'il est écrit : "Celui qui accomplit, Lui seul, de grands prodiges" (Téhilim 136).
Dans ce contexte, "Lui seul" ne signifie pas que D. n'a besoin de l'aide de quiconque, ce qui serait une évidente vérité.
L'explication apparaît dans cette sentence de la guémara (Nida 30a) : "Le bénéficiaire d'un miracle n'en a [souvent] pas conscience".
Si le Créateur accomplit "Lui seul" ces miracles, c'est parce que l'homme n'est souvent au courant ni du danger qui le guettait, ni de la délivrance dont il a été l'objet.
["Il ne dort ni ne ne sommeille, le Gardien d'Israël" (Téhilim 121,4)]

=> Ceci et la preuve irréfutable de l'intervention de la Providence Divine, qui constitue l'un de nos principes de foi.

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-> Le rav Yossef Albo (Séfer ha'Ikarim) recense 3 articles de foi élémentaires :
1°/ l'existence du Créateur ;
2°/ l'origine de la Torah ;
3°/ l'intervention de la Providence dans le monde.

Le Léka'h Tov commente :
Dans le passage du Shéma, nous proclamons le 1er de ces principes, à savoir l'existence d'un D. unique.
Si nos Sages ont envisagé d'y inclure également la lecture de la paracha Balak, c'est parce qu'ils y ont décelé les 2 autres principes : celui de l'origine Divine de la Torah et celui de la Providence dans le monde.
La lecture de ces 2 passages aurait ainsi permis d'évoquer ces 3 fondements de notre foi, en complétant le Shéma avec notre paracha.

Le Satan (l'Accusateur céleste) agit toujours avec une bonne intention pour défendre l'honneur du Ciel (léchem chamaïm), en provoquant un jugement de tous ceux qui se révoltent ou qui fautent envers Hachem.
[Gaon de Vilna - Adéret Eliyahou]

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-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome 3) enseigne :
"La volonté d'Hachem est de prodiguer des bienfaits à tous, c'est pourquoi Il a créé le monde de façon à faire bénéficier toutes les créatures du bien véridique (tov amiti) ; ce bien est caché dans le respect des Lois de la Torah et le service Divin.
Il n'y a pas une seule chose dans la Création qui n'ait été créée pour ce but de procurer du bien authentique à l'homme.
Même le yétser ara (qui est le Satan) a pour fonction essentielle le bien véridique en donnant à l'homme la possibilité du dévoilement d'Hachem.
Ce n'est que grâce au Satan que nous bénéficions d'une récompense lorsqu'on sait lui résister, malgré les obstacles qu'il place devant nous.
Le Satan lui-même est "heureux" lorsqu'on lui résiste jusqu'à le vaincre, car c'est son véritable but.
Son intention est donc pour défendre l'honneur du Ciel (léchem chamaïm), malgré les apparences contraires."

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-> Pour le Satan, sa "cruauté" n'est qu'extérieur, mais à l'intérieur de son cœur émane un grand amour envers l'homme ... et une volonté de les aider à avoir du mérite.
[rabbi Miller - Chiour léYom haShabbath

[par exemple, lorsque le Satan (l'ange d'Essav) a lutté toute la nuit avec Yaakov, à son retour de chez Lavan (fin du chapitre 32 de Béréchit), l'Ange s'est félicité d'avoir été vaincu par Yaakov, et lui a donné le nom prestigieux d'Israël et l'a béni.]

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-> Lorsque rabbi A'ha fils de Yaakov fit ce commentaire (de rabbi Lévi) dans la ville de Papounia, le Satan vint lui embrasser les pieds.
[guémara Baba Batra 16a]

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
La guémara (Kidouchin 29b) relate ce récit : il y avait un démon dans la maison d'étude d'Abayé : lorsque 2 personnes y entraient pour étudier, même en plein jour, il les tourmentait.
Lorsque Abayé apprit que rabbi A'ha fils de Yaakov arriva pour étudier dans sa maison d'étude, il demanda à ses élèves : "Que personne n'héberge rabbi A'ha! Peut-être un miracle se produira-t-il en raison de sa piété".
Rabbi A'ha fut donc obligé de passer la nuit à la maison d'étude.
Le démon lui apparut sous la forme d'un gros serpent à 7 têtes. [en correspondance avec les 7 sphères (séfirot) d'impureté, en rapport avec les 7 noms que possède le yétser ara]
Rabbi A'ha se leva et pria afin d'éliminer cet endommageur. A chaque prosternation dans sa prière, une des têtes du démon se détachait et tombait ; ainsi, il élimina ce démon après 7 prosternations.
Après ces faits, rabbi A'ha en fit le récit dans une dracha à Papounia, où il expliquait comment il a écrasé le Satan par ces flexions des genoux et il vanta le Satan d'agir léchem chamayim.
Le Satan, flatté, comprit que rabbi A'ha avait transformé cette animosité du Satan contre lui en amitié.
Le Satan embrassa alors en signe de paix (shalom) les pieds de rabbi A'ha qui étaient, par les flexion des genoux, à l'origine de sa victoire sur le Satan.

Moché écrivit son livre (le 'houmach), la paracha de Bil'am et le livre de Yov.
[guémara Baba Batra 15a]

=> Pourquoi la guémara dit-elle que Moché a écrit la paracha de Bil'am? Ne fait-elle pas partie du 'houmach rédigé par Moché?

-> Rachi commente :
Bien que la paracha de Bil'am, dans le livre de Bamidbar (Balak), soit incluse dans les 5 livres du 'houmach, elle doit être considérée comme une paracha indépendante. En effet, les prophéties et les allégories de Bil'am sur les nations du monde n'ont aucun rapport direct avec Moché, sa Torah et les événements de sa vie et du peuple juif.

-> Le Ritba enseigne :
La paracha de Bil'am du 'houmach a été rédigée comme toutes les autres parachiot par Moché, sous la dictée d'Hachem.
Par contre pour la section de Bil'am rédigée par Moché, dont parle la guémara, il s'agit d'un livre spécial désigné : "Séfer Bil'am" où est raconté, plus longuement que dans la paracha Balak, le déroulement des événements. Ce livre (séfer) a été perdu par la suite, comme ont été perdus d'autres séfarim.

-> Le Avi Ezri (sur Rambam dans Yessodé haTorah 6,7) écrit :
Tous les prophètes reçoivent leur prophétie selon leur niveau et la comprennent selon leur état de préparation.
Moché recevait sa prophétie avec une grande clarté et sans énigmes, selon le verset : "Je lui parle face à face, dans une claire apparition et sans énigmes" (Béaaloté'ha 12,8).
Bil'am aussi a bénéficié ici, exceptionnellement, d'une prophétie claire afin d'être obligé, malgré lui, de bénir le peuple juif.
Cependant, le manque de préparation de Bil'am pour cette prophétie a obligé Moché à réécrire cette section comme une copie ; c'est cela qui différentie la paracha Bil'am des autres parachiot du Séfer Torah écrites directement par Moché.

[du fait que les bénédictions que contient la paracha Balak ont été imposées au prophète des nations Bil'am, qui avait l'intention de maudire ce peuple, Moché a dû réécrire cette paracha de Bil'am, afin que ces bénédictions émanent d'une source pure et non d'une source impure. Ainsi, le "canal" par lequel transite une information est plus important que l'information elle-même, serait-ce une bénédiction aussi extraordinaire.]