Aux délices de la Torah

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"Ne détiens pas [injustement] ce qui est dû à ton voisin. Ne garde pas la nuit chez toi le salaire d'un journalier jusqu'au matin" (Kédochim 19,13)

-> Retenir le salaire d'un employé équivaut à lui prendre la vie.
L'homme coupable de cette faute risque de mourir avant son temps.
La gravité de ce péché est telle que l'on doit être très vigilant. De même qu'il prend la vie de son employé en ne lui donnant pas son salaire, l'employeur sera puni mesure pour mesure.

Un jour, rabbi Hamouna employa un homme, et en lui remettant son salaire, il lui dit : "Voici ton âme que tu m'as donnée en gage" ...

On raconte qu'un employé du Arizal (rabbi Its'hak Louria) finit son travail le soir.
Le rav ne fit pas sa prière avant de lui avoir versé son salaire.

Si l'on observe ce commandement et que l'on paie ses employés à temps, outre la récompense gardée pour nous au monde futur, on bénéficie d'un grand avantage dans ce monde.
Une âme sainte reposera sur soi : "l'âme supplémentaire" (néchama yétéra).
En hébreu, l'expression : "en son jour tu lui remettras son salaire" (Ki Tétsé 24,15), se dit : "béyomo titène sé'haro" (בְּיוֹמוֹ תִתֵּן שְׂכָרוֹ). Les initiales de ces mots forment le mot : Shabbath.
De même qu'une "âme supplémentaire" repose sur l'homme le Shabbath, cette âme enveloppera celui qui rémunère son employé à temps.

[Méam Loez - Kédochim 19,13]

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+ Le paiement du salaire en son temps

-> L’injonction qui apparaît dans notre paracha (Kédochim) : "Que le salaire du journalier ne reste point par devers toi jusqu’au lendemain" est répétée dans Devarim avec encore plus de vigueur : "Le jour même, tu lui remettras son salaire, avant que le soleil se couche; car il est pauvre, et il attend son salaire avec anxiété. Crains qu’il n’implore D. contre toi, et que tu ne sois trouvé coupable".

-> Il est écrit dans le Séfer ha'Hassidim : "Ceux qui retiennent le salaire d’un employé, qui achètent aux non-juifs un objet volé, qui utilisent des instruments d’idolâtrie, leurs bougies, leurs bijoux et leurs outils, qui refusent de payer leur contribution à la communauté : leur argent est mis en anathème.
D. décrète que cet argent sera perdu quelle que soit la personne qui le détiendrait. C’est pourquoi on fera attention à ne pas se trouver en possession d’un tel bien."

-> Le Kav haYachar (chap.14) enseigne :
On affirme dans le Zohar que quiconque retient le salaire d’un travailleur sera sévèrement puni. Chaque ouvrier aspire ardemment à la rétribution de son labeur, et retenir son salaire revient à séquestrer l’âme de ce travailleur et celle des membres de sa famille.
Un homme qui agirait ainsi verrait s’éloigner de lui et s’évanouir toute la prospérité qui lui était a priori destinée. Tout cela car il a retenu le salaire d’un employé et que cette faute raccourcit les jours de la vie, que D. préserve.

Ce texte du Zohar est un avertissement important : il n’y a pas de plus grande profanation du nom de D. que de laisser un employé (fût-il non-juif) demander sa rémunération en pleurant et en suppliant son employeur.
Il attend son salaire pour l’effort qu’il a fourni et la peine qu’il s’est donnée et pourtant son patron fait mine de ne pas l’entendre, le renvoie ... et le fait revenir ... avant de lui remettre son dû.
La punition survient très rapidement pour quiconque agit ainsi : ses biens seront perdus et voués à la disparition.
Même s’il vit convenablement dans le moment présent, il n’aura finalement ni bien-être ni réussite, il arrivera dans le monde à venir totalement démuni et on n’aura pas pitié de lui.
En plus de tout ce que nous venons de citer, cette transgression amène encore de nombreuses autres punitions. C’est pourquoi nous devons être très attentifs à ne pas trébucher et tomber dans cette faute de retenir le salaire d’un travailleur.

"Ne maudis pas le sourd. Ne place pas d'obstacle devant l'aveugle. Tu dois craindre ton D., Je suis Hachem" (Kédochim 19,14)

-> Le verset : "Ne maudis pas le sourd", ne vise pas seulement le malentendant, mais n'importe quel juif.
En fait, la Torah veut dire : "Ne maudis pas même le sourd" pour nous apprendre à quel point il faut veiller à l'honneur d'autrui.
Bien qu'un sourd ne puisse entendre l'insulte et n'en soit pas mortifié, il est défendu de le maudire.
A plus forte raison cela est-il interdit à l'égard de celui qui entend et en sera peiné!

Si un homme en maudit un autre, il transgresse le commandement de Hachem même si l'homme visé est absent ou endormi.

Une personne qui se maudit elle-même aura également commis une faute. Une punition supplémentaire lui sera infligée car un esprit mauvais a pour tâche d'attendre que l'homme se maudisse.
Lorsque certaines personnes ont des difficultés à gagner leur vie, elles se maudissent en disant : "Que Hachem me fasse mourir et que je sois débarrassé de mes soucis!"
Par exemple, certains appuient leur serment par une malédiction : "Que je me noie dans la mer si je mens!".
Un esprit nuisible entend ces paroles et les fait s'accomplir. Il faut donc veiller attentivement à ne jamais se maudire.

"Ne maudis pas le sourd ('héréch)" = le mot 'hérech (חֵרֵשׁ) peut être lu comme l’abréviation de : 'haïm raïm chélé'ha" (ta mauvaise vie).
La Torah nous : "Ne maudis pas ta mauvaises vie. Si des choses pénibles t'arrivent, ne maudis pas ton sort. Accepte tes épreuves avec amour et sache que tout ce que le Créateur fait est pour ton bien. Hachem fera en sorte que tout se termine bien."

[Méam Loez - Kédochim 19,14]

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18)

Le mot hébreu signifiant : amour (aava) a une valeur numérique de 13, la même que celle du mot : é'had (un).
Cela nous enseigne que lorsque les juifs s'aiment mutuellement, l'unité prévaut entre eux.

Hachem choisit Israël parmi toutes les autres nations notamment à cause de l'unité et de l'amour qui règne entre les juifs.
Nous louons Hachem chaque jour dans la prière du matin : "qui choisit Son peuple Israël par amour" (abo'hère béamo Israël béaava) = Hachem choisit Israël à cause de leur amour mutuel.

Nous faisons suivre cette bénédiction du Shéma : "Ecoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un" (Vaét'hanan 6,4) = lorsque l'unité règne entre nous ici-bas, nous montrons que Hachem est Un et que Son Nom est Un. C'est parce que Hachem est Un qu'Il a choisi Israël, un peuple unique parmi les nations en raison de son unité.

[Méam Loez - Kédochim 19,17]

"Vous observerez Mes décrets : n'accouple pas tes bêtes avec des espèces différentes. Ne sème pas dans ton champ de grains hétérogènes. Ne porte pas de vêtement contenant un mélange d'étoffes interdit." (Kédochim 19,19)

-> Ce verset mentionne 3 mélanges interdits : le mélange d'animaux (kilé bééma), le mélange de graines (kilé zéraïm), et le mélange de tissus (kilé bégadim -> le lin et la laine) ...

Certes nous ne pouvons pas comprendre le sens profond de ce décret, mais son sens simple est accessible.
Lorsque Hachem a créé les éléments de Son univers, que ce soit les plantes ou les animaux, Il a conçu pour chacun un pouvoir et une étoile, accompagnés d'un ange responsable.
Chaque espèce possède donc ses qualités propres. Si l'homme mélange les espèces, il bouleverse les structures établies par Hachem.

De plus, un homme qui croise des animaux ou des plantes indique qu'il ne considère pas les espèces créées par Hachem comme insuffisantes et désire en créer de nouvelles.
Pour des raisons connues de Lui seul, Hachem a créé un nombre déterminé d'espèces. L'homme qui s'immisce dans cet agencement détruit l'ordre de l'univers.

De plus, la personne qui mélange les espèces agricoles empêche leur ange gardien d'y veiller. Car chaque ange surveille les espèces pour lesquelles il a été créé et non les espèces hybrides.
C'est pourquoi les mélanges interdits sont appelés : "kilayim". Ce mot provient de : "kala", qui signifie empêcher ou retenir, comme dans le verset : "Ne retiens (ti'hlé) pas Ta pitié" (Téhilim 40,12).

De plus, celui qui hybride des espèces différentes falsifie le sceau de la nature, le sceau du Roi de l'univers.

[Méam Loez - Kédochim 19,19]

"Vous compterez pour vous 7 semaines entières à partir du lendemain du Shabbath [1er jour de Pessa'h], depuis le jour où vous avez offert le Omer en offrande balancée, jusqu'au lendemain de la 7e semaine, vous compterez 50 jours. Vous offrirez une offrande de nouveau blé à Hachem." (Emor 23,15-16)

-> Bien que les juifs se fussent écartés de l'idolâtrie dès leur sortie d'Egypte, ils étaient encore impurs.
Ils ressemblaient à une femme ayant eu ses règles et qui reste impure bien que le flux ait cessé.
Elle n'est pas autorisée à avoir de relations conjugales avec son mari avant d'avoir compté 7 jours de pureté.
Après ces 7 jours, elle doit se tremper dans un mikvé pour être permise à son mari.

Ainsi en était-il des juifs. Après avoir quitté l'Egypte et s'être éloigné de l'idolâtrie, ils commencèrent, dès le lendemain, à compter 7 semaines.
Une femme doit compter 7 jours de pureté après ses règles mais les juifs durent compter 7 semaines.
En effet, il existe 7 sortes d'impureté (touma), et pour chacune la Torah demande un compte de 7 jours.

Voici ces 7 catégories d'impureté : la menstruation (15,24) ; les flux masculins et féminins (15,13 ; 15,28) ; l'accouchement (12,3) ; le contact avec un mort (Dévarim 19,16) ; la tsaraat (13,34) ; la tsaraat des vêtements (13,50) ; et la tsaraat des maisons (14,38).

En Egypte, les juifs ne s'étaient pas préservés de ces impuretés.
Pour le purifier, Hachem leur ordonna donc de compter 7 fois 7 jours, soit 49 jours au total.

Chaque jour, les juifs franchirent une nouvelle porte de sainteté.
Le 50e jour, ils franchirent donc la 50e porte. A ce moment-là, ils furent totalement débarrassés de leur impureté et ressemblaient à une mariée sous le dais nuptial. Alors Hachem leur donna la Torah le 6 Sivan, fête de Shavouot.
[...]

La Torah dit : "Vous compterez pour vous-même ... depuis le lendemain du Shabbath" (23,15), et non "depuis le lendemain de Pessa'h".
En hébreu, Shabbath signifie le repos ou l'arrêt.
[Le verset peut donc être traduit : "Vous compterez pour vous-mêmes ... depuis le lendemain de l'arrêt (Shabbath) de votre impureté"].

Lorsqu'ils cessèrent d'adhérer à l'idolâtrie le 1er jour de Pessa'h, les juifs ressemblaient à une femme dont le flux menstruel a cessé.
Etant donné que l'idolâtrie ressemble à l'impureté de la menstruation (nidda), les juifs durent compter 7 semaines, au cours desquelles leur impureté s'estompa peu à peu.
C'est pourquoi la Torah désigne ces semaines par l'expression "Shabbath" (cessation).
La Torah dit : "Il y aura 7 Shabbath complets" et non "7 semaines complètes".

Cela nous enseigne qu'à chacun de ces Shabbath, leur impureté décroissait.
Enfin, à la fin du 7e Shabbath, l'impureté des juifs disparut totalement.
[Méam Loez - Emor 23,15-16]

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-> Les Bné Israël eurent besoin d’une période pour se délivrer de l’impureté égyptienne qu’ils avaient contractée (considérée aussi comme une période de "convalescence" de 49 jours [valeur numérique du mot : חולה (‘Holé - malade) ] pour les guérir de leurs impuretés).

Comme une femme "Nidda" (rendue impure par sa menstruation), ils devaient se purifier par une "abstinence" de 7 semaines, symbolisant les "7 jours de pureté" (chiva nékiim) qui font suite à la période de menstruation et qui nécessitent d’être comptés ("elle comptera" [voir Métsora 15,28)]), à l’instar des jours de l’Omer (7 semaines de purification plutôt que 7 jours car ils contractèrent en Egypte les 7 sortes d’impuretés).

Ensuite, ils purent s’unir à D. le jour du dont de la Torah (considéré comme celui du mariage entre Hachem [le ‘Hatan] et Israël [la Kala]).
Quant à l’immersion dans l’eau, dont le "Mikvé" est le symbole, elle est représentée par le "bain" de la Torah. [Zohar III 97b - Ohr ha'Haïm haKadoch]
["L’eau ne fait référence qu’à la Torah" - guémara Avoda Zara 5b – én mayim ella Torah]

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-> "Vous compterez pour vous 7 semaines entières à partir du lendemain du Shabbath ..."

-> Rachi précie que nous parlons du lendemain du 1er jour de la fête de Pessa'h, car si tu dis que c’est un Shabbath, tu ne sauras pas duquel il s’agit.

=> Pourquoi la Torah appelle la fête de Pessa'h Shabbath?

-> Le Kédouchat Levi explique que le Shabbath exprime le couronnement du projet divin, le but de la création du monde. La création du monde, l’œuvre de D. n’a de valeur que par le Shabbath.
Si l’homme reconnaît la maîtrise de D. sur le monde en observant le Shabbath, le Shabbath aura achevé l’œuvre de la création en lui donnant un sens.
Malheureusement bien vite, l’homme a oublié D. ; il a pensé que la nature pouvait exister en dehors du créateur du monde. Alors, D. a dû intervenir par un miracle pour briser les lois de la nature. Cependant malgré ses interventions surnaturelles l’Humanité n’a pas compris ; elle ne s’est repenti ni après le déluge ni après La tour de Babel ni après qu’Abraham eut été sauvé de la fournaise ardente.
La première fois qu’un peuple aura tiré la leçon des miracles et fait téchouva, ce sera lors de la sortie d’Égypte.
Le Peuple juif a suivi Hachem dans le désert comme il est écrit: "je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse de l’amour de tes fiançailles lorsque tu m'as suivi dans le désert dans une terre inculte" (Yirmiyahou 2,2).

Pessah est donc devenu le couronnement de l’œuvre de la création, car c’est à ce moment-là que les hommes ont enfin reconnu D. comme le maître du monde.
=> C’est la raison pour laquelle Pessah, à propos de l’offrande du Omer, est appelée Shabbath par la Torah. En effet, on apportait cette offrande à récolte pour bien nous rappeler que tout appartient à D.
Ainsi nous comprenons aisément pourquoi il est écrit dans le verset le lendemain du Shabbath.

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-> "Vous compterez pour vous au lendemain du Chabbat" (Emor 23,15)

-> Il s'agit de la mitsva de compter les 49 jours du Omer. La loi orale révèle que ce "Shabbat" dont il est question dans ce verset, fait référence à Pessa'h. Le compte du Omer débute le lendemain du 1er jour de Pessa'h.
Mais les Baïtoussim, qui renient la tradition orale, comprennent que la Torah parle du "samedi" [compréhension littérale basée que sur la Torah Ecrite, sans la compréhension par la Torah Orale].
Ainsi, ils commençaient à compter le Omer à partir du lendemain du samedi, c'est à dire le premier dimanche, qui suivait Pessa'h.
=> Mais pourquoi la Torah ne dit-elle pas explicitement que le compte du Omer doit débuter le lendemain de Pessa'h, cela aurait ainsi évité un débat inutile et une erreur d'interprétation?

Le Heguioné Halakha fait remarquer que la fête de Shavouot, qui célèbre le don de la Thora, tombe à la suite du compte du Omer. Après avoir compté les 49 jours, le 50e jour, c'est Shavouot.
Hachem veut nous apprendre qu'il est impossible de dissocier la Torah orale de la Torah écrite. Il n'est pas envisageable qu'une personne se contente uniquement de la Torah écrite, et ne souhaite célébrer à Shavouot que le don de celle-ci. C'est pour cela que la Torah écrite fait intentionnellement débuter le compte du Omer "le lendemain du Shabbat", qui est interprété comme "le lendemain de Pessa'h" par la Torah orale, pour que lorsque l'on fêtera 50 jours plus tard la fête de Shavouot, célébrant le don de la Torah, cette fête tombera le jour fixé par la Torah écrite selon l'interprétation de la Torah orale. Comme pour dire qu'il ne peut y avoir de Shavouot et de don de la Torah qu'avec l'association de la Torah orale, qui est inséparable de la loi écrite.

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-> 7 semaines séparent Pessa'h de Shavouot, ce qui est à mettre en relation avec les 7 jours de pureté de Nidda.
Il est connu que le sang de la mère se transforme pour devenir du lait pour le nourrisson, c'est-à-dire qu'il passe de l'Attribut de rigueur à celui de miséricorde.
C'est pour cela que nous mangeons des produits laitiers [à Shavouot, 50e jour, marquant le terme des 7 semaines de sang de Nidda, transformé en lait], pour être à ce moment-même sous l'Attributs de miséricorde.
[d'après le Zohar]

"Vous garderez Mes lois ('houkim) et Mes ordonnances (michpatim), que l'homme pratiquera et vivra grâce à eux, Je suis Hachem" (A'haré Mot 18,5)

-> "Si vous gardez mes lois, le Satan/mauvais penchant n'aura pas d'emprise sur vous" (midrach Yalkout Chimoni - Bé'houkotaï 671).

Le 'Hatam Sofer écrit que nos prières sont généralement dépourvues de concentration (kavana), c'est pourquoi le Satan peut nous accuser auprès de Hachem.

Cependant, lorsque nous observons les michpatim comme les 'houkim (qui n'ont pas d'explication logique), c'est-à-dire de manière inconditionnelle et sans faire dépendre notre accomplissement de notre compréhension, alors Hachem également, contre toute logique, reçoit nos prières comme si elles venaient du plus profond de nos cœurs et qu'elles étaient pleines de kavanot.
Le mauvais penchant n'a alors aucune emprise sur nous.

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-> "Veille à accomplir même les mitsvot les moins importantes, qui semblent ne pas être récompensées ici-bas, comme celles qui sont importantes et qui procurent un salaire sur terre" (Pirké Avot 2,1)

Le 'Hida commente : car lorsque l'homme montre son empressement et son amour pour toutes les mitsvot, même lorsqu'elles ne lui paraissent pas essentielles, il honore par cela Hachem et en retirera une récompense dans ce monde.

[nous devons accomplir toute mitsva pour la gloire de Hachem, indépendamment de son importance à nos yeux, et par cette attitude nous en seront récompensés dans ce monde-ci!]

"Le lépreux atteint de ce mal [la lèpre], ses vêtements seront déchirés, il laissera pousser ses cheveux, s'enveloppera jusqu'aux lèvres et criera : "Impur! Impur!"" (Tazria 13,45)

-> Nos maîtres (guémara Shabbath 67a) apprennent de ce verset que le lépreux doit faire connaître son mal aux autres, afin qu'ils implorent la miséricorde Divine en sa faveur.
Ils déduisent de là un autre enseignement : "Lorsqu'un arbre perd ses fruits, on le peint en rouge, afin que les passants qui le voient prient pour lui."

Le rav 'Haïm Friedlander s'interroge : Comment peut-on apprendre du lépreux qu'il nous faut prier pour l'arbre malade?
Le lépreux endure une souffrance terrible : outre sa douleur physique, il est séparé de sa famille et de son entourage, il crie et prie les hommes de demander la miséricorde pour lui.
En revanche, l'arbre n'est qu'un objet et par ailleurs, son propriétaire en général a de nombreux autres arbres.

Le rav Friedlander explique que nos maîtres nous enseignent ici l'importance de la vertu qui consiste à aider son prochain à porter son fardeau (nossé béol im 'havéro).
Que notre prochain ressente une souffrance physique comme la lèpre, ou une douleur suite à la perte de ses biens ou même d'un seul arbre, que sa peine soit grande ou légère, il n'y a pas de différence, car fondamentalement, il s'agit d'un homme qui souffre.

Cela exige que nous ressentions ses douleurs comme si elles étaient les nôtres, et que nous priions pour sa guérison, et celle de son arbre.

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-> "Et le lépreux sur lequel sera une tache ... proclamera : 'impur, impur'." (Tazria 13,45)

-> La guémara (Shabbat 67a) rapporte ce verset en expliquant que le lépreux doit aussi annoncer son état à son entourage afin que la communauté sollicite pour lui la miséricorde Divine.
Nos Sages ont également appris de là que l’on doit peindre en rouge le tronc d’un arbre qui perd ses fruits afin que les passants le remarquent et prient pour qu’il guérisse.

-> Le rav Yé’hezkiel Levinstein déduit de cette guémara des principes importants concernant les lois de la
prière.
A priori, demande-t-il, on est en droit de s’interroger sur l’intention contenue dans les propos de la guémara : veut-elle signifier que l’on doit proclamer un jour de prières pour faire annuler le décret qui pèse sur cet arbre? Il est certain que non. Le but est en fait de dire ici, qu’en remarquant un arbre peint en rouge, signe de son état maladif et de sa fin précoce, chaque passant exprimera une courte requête tout en marchant, afin que le Hachem fasse retrouver sa santé antérieure.
=> Cela prouve que même une courte requête comme celle-ci est considérée comme une prière.

Un juif ne devra jamais penser que prier consiste seulement à se répandre en supplications longues et fastidieuses et en déduire alors que cela ne le concerne pas puisqu’il n’en n’a pas le niveau.
Loin de là est l’intention de la Torah : chacun doit donner de l’importance à chaque petite prière, même celle prononcée près d’un arbre au milieu de la ville.
On apprend de là également combien un homme doit prier pour délivrer son prochain des épreuves qu’il traverse. Il
est alors certain que sa prière sera exaucée et rapprochera son salut.

[dès qu'on remarque qu'il y a dans la vie d'autrui un "arbre peint en rouge" (problème de parnassa, de shalom bayit, d'enfant, de santé, ...), alors on doit faire une petite prière pour que notre prochain aille mieux. [mitsva de : Tu aimeras ton prochain comme toi-même]
De plus, selon nos Sages par le fait de prier pour autrui, on se protège également d'avoir un tel problème, car : "Toute personne qui prie pour un besoin de son prochain, alors qu’elle en a elle-même besoin, se verra exaucée en 1er" (guémara Baba Kama 92a).
Ainsi, parfois on n'a même pas encore connaissance de ce besoin, mais comme on a prié pour autrui, alors on en est déjà sauvé.
b'h, sur ce sujet, voir également : http//todahm.com/2017/09/27/5606-2 ]

["arbre peint en rouge" = on apprend ainsi que nous devons parfois peindre en rouge, c'est-à-dire utiliser notre imagination pour se mettre à la place d'autrui subissant ce problème, dans un but de ressentir même momentanément autant que possible son éventuelle douleur, et alors on pourra faire une prière de tout notre cœur. (à le pauvre, Hachem sauve-le au plus vite!!)
A l'inverse, notre yétser ara, conscient du pouvoir de quelques mots de prière, va nous dire : "il est beau cet arbre peint en rouge!" (ex: ça va c'est pas si terrible ce qu'il a, il y a pire! ).]

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-> Le rav de Kobrin affirme que la prière de chaque juif possède le pouvoir d’accomplir tous les désirs de son cœur à l’instant même. Et si nous constatons parfois que nos prières semblent demeurer sans réponse, cela est dû au fait que l’homme lui-même ne croit pas profondément à la force de sa prière.
Celui qui croit sincèrement que la prière possède la force de déchirer les cieux et de lui procurer tout ce qu’il
demande verra effectivement toutes ses requêtes se réaliser sans retard!

[c'est notre yétser ara qui essaie de nous dévaloriser (ex: qui es-tu pour que tes prières aient un impact!), alors qu'en réalité Hachem apprécie la prière de chaque juif, qui plus est lorsqu'on la fait par amour de notre prochain! Combien Hachem apprécie de voir que Ses enfants sont proches dans le cœur, s'aiment et se soutiennent les uns les autres! Au comble de la joie, Il comble tout le monde de bénédictions, peu importe qu'on le mérite ou pas. ]

L’essence du jeûne

"Pourquoi avons-nous jeûné et n'as-Tu pas vu? Pourquoi avons-nous affligé notre âme et agis-Tu comme si Tu ne le savais pas?" (Haftara de Yom Kippour)

-> Selon le Méam Loez (A'haré Mot 16,26-34) :
Hachem répond : "Comment puis-Je agréer votre jeûne? Vous ne vous repentez pas! ...
Votre jeûne n'est qu'un acte superficiel. Appelez-vous réellement Hachem afin qu'Il vous délivre de vos malheurs?
Vous ne jeûnez pas aujourd'hui pour que votre voix soit entendue en Haut.

De l'extérieur, on pourrait vous prendre pour des anges. Mais vous ne pouvez Me tromper car Je connais les pensées de chacun. Je sais qu'il aurait mieux valu que vous ne jeûniez pas.

Ce que Je désire, c'est que vous déliiez les liens de la méchanceté, que chacun abandonne ses mauvaises actions, se repente, et ne reproduise pus jamais ses fautes.
Que chacun accomplisse de bonnes actions selon ses possibilités! Si vous voyez un homme sans vêtements, couvrez-le et n'oubliez pas votre propre chair : les membres de votre famille.
Accomplissez toutes les bonne actions possibles!

Alors vous appellerez et Hachem répondra. Vous crierez et Il dira : Me voici!"

En réalité, Hachem n'a pas besoin de notre jeûne. Tout ce qu'il désire de nous est le repentir et l'abandon de nos mauvaises actions.
Nous pourrons alors être sûrs qu'Il nous pardonnera et nous purifiera de nos fautes.

"Vous serez purifiés devant Hachem" (A'haré Mot 16,30) = votre purification doit d'abord intervenir dans notre cœur et être visible "devant Hachem".

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-> b'h, sur la notion de jeûne juif : https://todahm.com/2020/03/23/le-sens-dun-jeune

Le sang sur les portes [des maisons juives au moment de la sortie d'Egypte] n'a pas empêché la plaie d'entrer dans leur maison, mais c'est plutôt ... tout celui qui croyait et avait confiance en Hachem, et n'avait pas peur de Pharaon et de ses décrets, en sacrifiant publiquement le dieu égyptien (l'agneau) ... celui-ci est considéré comme un tsadik.
Puisqu'il a confiance en Hachem, alors il mérite d'être protégé.

[rabbénou Bé'hayé]

[Plus nous développons une solide confiance en Hachem, plus nous sommes protégés contre toutes les mauvaises choses de la vie.]

Nous avons tous des anges Accusateurs au ciel qui argumentent sur pourquoi Hachem ne doit pas nous donner une bonne parnassa.
Cependant, lorsque nous récitons le birkat hamazon avec concentration (kavana), nous créons des anges Défenseurs qui nous défendent et protègent notre parnassa.

[Maharcha - guémara Nazir 66b]