Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Si tu rencontres en ton chemin un nid d'oiseaux sur quelque arbre ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser envoler la mère, sauf à t'emparer des petits ; de la sorte, tu seras heureux et tu verras se prolonger tes jours" (Ki Tétsé 22,6-7)

-> Il s'agit de la mitsva de chasser la mère du nid, et elle ne se fait que si la mère est en train de couver les œufs ou les oisillons avant qu'ils ne sachent voler.

-> "Honore ton père et ta mère, comme te l'a prescrit Hachem, ton D., afin de prolonger tes jours et de vivre heureux" (Vaét'hanan 5,15)

A l'exception de toutes les autres mitsvot, pour ces 2 là nous avons connaissance de la récompense ("prolonger tes jours").

La guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) fait remarquer qu'elles encadrent l'ensemble des mitsvot : le respect des parents étant vu comme la plus difficile des mitsvot ('hamoura chébé'hamourot), et à l'opposé, le "chiloua'h akèn" est considérée comme la plus facile (kalla chébékallot).

Malgré cela, on peut constater que la récompense promise par Hachem est la même pour les 2 mitsvot, ce qui nous apprend que nous ne pouvons pas savoir qu'elle sera la récompense des mitsvot.
En ce sens, il est écrit : "Sois méticuleux [en accomplissant] une mitsva [apparemment] mineure, comme pour une mitsva conséquente, car tu ne connais pas la rétribution accordée pour les mitsvot." (Pirké Avot 2,1)

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-> On peut se demander pourquoi finalement la même récompense concerne une mitsva très lourde autant qu’une mitsva beaucoup plus légère?

Le Sfat Emet de répondre :
C’est que quand une mitsva paraît légère et semble ne pas avoir beaucoup d’importance, les gens risqueraient de ne pas tellement s’y consacrer. Il est naturel de chercher à faire ce qui est important plus que ce qui l’est moins.
Et cela même, confère une certaine difficulté d’accomplir ces mitsvot plus légères, car on les délaisse naturellement.
=> C’est cette difficulté qui rehausse leur récompense au niveau de celle des mitsvot plus importantes.

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-> Selon le Rambam, cette mitsva vise à nous interdire d'utiliser notre supériorité sur les animaux, au moment où une bête ne peut fuir et se protéger à cause de son instinct maternel qui lui interdit d'abandonner ses petits.

En effet, nous pouvons prendre les oisillons car ceux-ci sont par nature dans une situation de faiblesse, mais pour la mère se serait faire acte de cruauté que de profiter du sacrifice (au lieu de partir elle va rester pour sauver ses petits) pour la capturer.

Par cette mitsva, la Torah cherche à nous inculquer une leçon vitale : si déjà par rapport à un animal dépourvu d'intelligence, qui n'agit que par instinct, nous devons faire preuve de compassion, à plus forte raison sommes-nous tenus de manifester de la considération envers nos semblables.

=> Ainsi, n'exploitons jamais la faiblesse d'autrui, lorsqu'il est incapable de se protéger du fait de sa situation.

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-> "Quiconque dit au sujet de [cette mitsva de] renvoyer la mère : "Ta miséricorde la prend en pitié", on le fait taire". [michna Béra'hot 5,3]

Hachem ne manque pas de moyens pour protéger Ses créatures, sans avoir recours aux actions des hommes.
Ce n'est pas l'oiseau que D. prend en pitié, mais les hommes, pour épurer leurs cœurs de toute cruauté et les gratifier de belles vertus morales.
En effet, en étant cruel avec les animaux, on devient davantage cruel d'une manière générale, même avec les autres personnes.

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-> Rabbénou Bé'hayé, cite le Zohar, rapportant en détails comment cette mitsva réveille la miséricorde Divine sur le monde entier.

En effet, lorsque l'oiseau est envoyé au loin de son nid, il est rempli de chagrin sur la destruction de son nid et de comment il est brusquement séparé de ses oisillons.
Il est tellement bouleversé qu'il a envie de se tuer.
En raison de cette grande tristesse, l'ange en charge des requêtes des oiseaux, va demander de la compassion pour cet oiseau.
C'est alors que Hachem, qui "est bon pour tous, sa pitié s’étend à toutes ses créatures" (Téhilim 145,9), va étendre son abondante compassion sur tous ceux qui souffrent et qui ont besoin de miséricorde.

=> Ainsi, une personne qui va réaliser la mitsva de "chiloua'h haken", va stimuler la miséricorde pour le monde entier, et par ricochet sur elle également.

-> D'une façon similaire, le Sifté Cohen enseigne
La mitsva de chiloua'h haken entraîne un éveil de la miséricorde Divine sur le monde.
Le Zohar dit que lorsque la mère de l'oiseau est chassée au loin, elle s'inquiète et est peinée sur le nid et ses enfants, au point de vouloir se tuer.
En raison de sa grande souffrance, le ministre/ange Céleste responsable des oiseaux va chercher de la miséricorde Divine pour cet oiseau.
Hachem se dit : "Si le ministre/ange recherche de la miséricorde pour ceux dont il est responsable, alors sans aucun doute, Moi qui suis la source de toute la miséricorde/bonté, Je dois témoigner de la miséricorde sur Mes enfants!"
Cela entraîne qu'Hachem a de la miséricorde sur le monde entier.
Ainsi, celui qui accomplit la mitsva de chiloua'h haken est à l'origine de cette grande conséquence positive.

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-> Le Gaon de Vilna (sur Michlé 30,17) dit que chasser la mère oiseau, est un acte cruel et sans cœur, à l'opposé de la mitsva de respecter ses parents, qui est un acte de compassion et d'amour.
C'est ce contraste qui fait que ces 2 mitsvot vont amener la même récompense.

En effet, la pleine mesure d'une personne s'exprime lorsqu'elle réalise une mitsva qui est contraire à sa tendance naturelle.
Certaines personnes sont gentilles de nature : la mitsva de respecter ses parents se fait alors facilement, par contre, il leur sera difficile d'agir avec cruauté, comme dans la mitsva de renvoyer la mère qui est avec ses petits ne sachant pas voler.
Pour d'autres personnes, cela sera l'inverse.

Nous recevons une récompense pour le fait d'avoir agit selon la volonté de Hachem, et non en fonction de notre logique et de nos incitations naturels.
Ainsi, pour être considéré comme un homme entier (adam chalèm) dans sa pratique de la volonté de D., il faut posséder ces 2 traits de caractère diamétralement opposés.

=> Ces 2 mitsvot ont la même récompense, car elle partage un objectif commun : démontrer un attachement total à Hachem.

Selon le Gaon de Vilna, cette mitsva n'a pas été créé pour développer de la compassion, au contraire, nous devons aller contre notre nature, nous devons être insensible à la souffrance de la mère oiseau. Cela témoigne alors que nous n'agissons que selon la volonté de D., peu importe ce que l'on ressent comme compassion.

Le Gaon de Vilna fait remarquer l'appellation de Avraham après avoir passé sa 10e et plus dure épreuve : la Akéda Yitsa'hak : "Maintenant, Je sais que tu es [un homme] craignant D. (yéré Elohim)" (Vayéra 22,12)
=> Est-ce que les 137 années de sa vie avant la Akéda n'ont-elles pas suffit à prouver qu'il était un tsadik?

Le Gaon de Vilna dit que jusqu'à cette épreuve, Avraham était connu pour son hospitalité et sa très grande bonté, mais il n'avait pas été testé sur l'opposé : la cruauté.
Peut-être qu'il ne faisait que suivre son instinct plein de gentillesse à l'écart des autres.

Ce n'est qu'une fois qu'il a été prêt à offrir en sacrifice son fils, un acte cruel et sans cœur, agissant à l'opposé de sa nature, et réalisant l'impensable pour une personne possédant autant de compassion que lui, qu'il a été dénommé ainsi.
En effet, sans hésitation, Avraham a choisi de faire la volonté de Hachem, il y a alors prouvé rétroactivement que chacun de ses actes était motivé par D., et non par sa nature interne, et c'est pourquoi il a été alors appelé : "un craignant D."

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-> Une personne reçoit assurément une plus grande récompense pour la réalisation de la mitsva du respect de ses parents, car elle demande bien davantage d'efforts.
La mitsva de chiloua'h haken, qui survient par hasard, et qui est plutôt facile à accomplir, donne une récompense bien moindre.
[même si les 2 mitsvot offrent une récompense de longue vie = une bonne récompense dans le monde à venir]
Une personne doit placer tout son cœur dans chacune des mitsvot qu'elle réalise, car chacune d'elle la rapproche davantage de Hachem.
['Hen Tov]

[il y a un lien entre ces 2 mitsvot pour nous enseigner qu'à nos yeux une mitsva n'est pas valoriser par la récompense qu'elle amène (on les trie alors selon notre échelle d'importance, nos envies, donc notre égo!), mais plutôt toute mitsva doit être aussi importante, indispensable à accomplir car étant un moyen de pouvoir être éternellement plus proche de D., ce qui est la meilleure des choses!]

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-> La guémara (Yérouchalmi Péah 1,1, basée sur Michlé 30,17) écrit que de même que les mitsvot de respecter ses parents, et de "chiloua'h haken" reçoivent une récompense identique, de même, elles amènent une punition similaires :
- Si quelqu'un ne respecte pas ses parents comme il le faut, des corbeaux, qui sont cruels, vont picorer et déchirer sa chair.
- Si quelqu'un ne réalise pas le "chiloua'h haken" comme il le faut, des aigles, qui sont compatissants, vont festoyer sur lui.

-> Le Gaon de Vilna explique que la punition correspond parfaitement, mesure pour mesure :
- lorsque l'on ne respecte pas ses parents correctement, c'est qu'on a été trop cruel avec eux.
En punition, sa peau est déchirée par des corbeaux, oiseaux pleins de cruauté, puisqu'attaquant sa proie non pas pour manger, mais uniquement par méchanceté.

- lorsque l'on n'a pas réalisé correctement le "chilou'ah kahen", c'est qu'on avait trop de compassion mal-placée.
En punition, sa peau est mangé par un oiseau qui est compatissant : l'aigle, qui mange sa proie afin de se nourrir.

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-> Le Méam Loez écrit que cette mitsva nous donne une leçon quant à nos relations avec nos enfants.
Comme par nature les oiseaux sont effrayés par les hommes, la mère oiseau a peur mais reste sur le nid par dévouement pour ses petits.
Nous devons faire preuve d'un dévouement comparable pour nos enfants.

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-> "Tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser envoler la mère"

On pourrait avoir tendance à vouloir prendre la mère et l'utiliser comme nourriture ou autre occupation.
Mais la loi de la Torah nous ordonne de considérer le bien-être des autres et de la renvoyer afin qu'elle puisse produire davantage de jeunes (oisillons).
L'observance de cette mitsva enseigne à l'homme de combattre son égotisme (le culte du moi) pour le bien commun (ex: profiter de la mère), et c'est pour cette raison que la récompense pour son accomplissement est si importante.
[Avné Ezel]

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-> Il est écrit dans le Tikouné Zohar et dans les écrits du Arizal que la réalisation de la mitsva de "Chiloua'h haken" rapproche le moment de la guéoula.
[le ‘Hida - Dvach Léfi]

-> Hachem promet : "Si vous renvoyez la mère oiseau, Je réaliserai la prophétie : "Voici, Je vous envoie le prophète Eliyahou" (Mala'hi 3,23)."
[midrach Dévarim rabba 6,7]

-> Si tu "renvoie la mère", quelle sera ta récompense?
"Tu prendras les petits" = c'est-à-dire que tu auras des enfants.
[midrach Dévarim rabba 6,6]

Le Ktav Sofer commente :
Selon nos Sages, nous ne recevons pas la récompense des mitsvot dans ce monde.
Ainsi, en ce qui concerne, la mitsva de chiloua'h haken :
- la récompense est une longue vie [soit une bonne récompense dans le monde à venir] ;
- il s'y ajoute une récompense supplémentaire (matan sechar), qui nous est accordée dans ce monde, et il s'agit d'avoir des enfants.

"Il a témoigné à faux contre son frère. Vous lui ferez comme il a projeté de faire à son frère et tu détruiras le mal de ton sein" (Choftim 19,18-19)

-> On appliquera aux faux témoins (édim zomémim) la peine qu’ils ont voulu imposer à la tierce personne.
Ainsi, par exemple, si leur témoignage avait entraîné que l'on condamne à mort une autre personne, alors les faux témoins seront exécutés.
Cependant, nos Sages expliquent que l'on exécute les faux témoins que si la tierce personne a uniquement été condamnée à mort, mais n’a pas encore été tuée du fait de leur témoignage.
Mais, si le tribunal a déjà mis à mort l’accusé, alors les faux témoins ne seront pas exécutés. En effet, la Torah dit : "On lui fera (au témoin) comme il a voulu faire à son frère", et la Torah orale explique : "Comme il a voulu faire mais pas comme il a fait."

Cette loi paraît très étonnante. Si déjà quand l'accusé a simplement été condamné à mort, alors les témoins seront tués, quand il a été effectivement mis à mort suite au témoignage, la logique voudrait qu'à fortiori les témoins soient tués!
=> Comment comprendre cela?

Nous allons voir b'h quelques réponses de nos Sages.

-> Le Ramban explique que Hachem siège avec les Sages dans le tribunal rabbinique.
Ainsi, si un homme a été exécuté par le tribunal suite au témoignage de 2 témoins, et qu’il s’avère par la suite que les témoins ont été confondus, si le Juge Suprême (Hachem) a laissé faire une telle chose que le tribunal mette à mort un individu, c’est qu’Il a trouvé bon que l’accusé soit tué.

En effet, ce dernier avait certainement commis des actions qui le condamnaient par le Tribunal d’En-Haut. Hachem a donc entraîné que celui-ci soit exécuté.
Ainsi, si le tribunal rabbinique exécute un homme c'est que cela a été décidé par Hachem.

C'est pourquoi, les témoins, même s'ils ont été confondus, ont permis de réaliser la Décision Divine, et ne seront donc pas exécutés.
En revanche, si l'accusé a été condamné à mort, puis les témoins ont été démentis avant l’exécution de l’accusé, alors on mettra à mort les témoins, car le Ciel n’a pas décidé que l’accusé mérite la mort.
En effet, les témoins ont donc réellement mis en place un plan pour tuer un véritable innocent, c'est pourquoi ils seront exécutés.

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-> Le Maguid de Doubno apporte une parabole pour expliquer ce sujet.

Réouven fait convoquer Chimon au tribunal parce que ce dernier l’a giflé.
Le juge tranche alors que Réouven doit rendre une gifle à Chimon, et Réouven proteste : "Voilà que Chimon m'a giflé alors que je ne lui avais rien fait. En revanche, moi je vais lui donner un coup alors qu’il le mérite. La punition ne correspond donc pas à la faute !"

Si les faux témoins ont simplement cherché à entraîner la mort de quelqu'un d'innocent sans être parvenus à leur fin, alors quand on les met à mort, cette punition est équitable. En effet, ils seront tués sans avoir non plus réussi à commettre de faute concrètement.

Mais, si l’accusé est exécuté suite à leur témoignage, alors le fait de tuer les témoins n’est pas une punition équitable. En effet, ils ont entraîné la mort d’un innocent alors qu'eux seront tués suite à un réel crime.
Ainsi, cette punition n’est pas suffisante par rapport à leur si grave faute et ne pourra donc pas réparer cette faute. Or, puisque les peines de la Torah ne viennent que afin de réparer la faute commise (et non pas en tant que vengeance, que D. préserve), quel est donc l’intérêt de tuer ces faux témoins si cette peine ne suffit pas pour compenser et réparer leur faute.

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-> Le Maharal de Prague explique que tant que le mauvais projet des faux témoins n'a pas encore été réalisé et que l’accusé n’a pas encore été exécuté, alors cette volonté sinistre de tuer leur prochain continue toujours a être "collée" à leur âme. Ils restent toujours attachés à cette idée et cherchent encore éperdument à réaliser leur plan.
=> C’est pourquoi, la Thora décrète qu’il faudra tuer les témoins, pour supprimer le mal du sein du peuple juif. En effet, ce mal brûle dans le cœur des témoins et il faut le supprimer.

Mais, si leur mauvais dessein a été réalisé et que l’accusé a été mis à mort, alors le mal et le désir du crime se trouvent séparés du cœur des témoins.
En effet, quand quelqu'un désire commettre une faute, tant que la faute n'est pas réalisée, cette personne "brûle" pour celle-ci. Mais une fois que la transgression a été commise, la personne se "refroidie", se calme, et son mauvais penchant le laisse seul avec sa conscience.

C’est pourquoi, nos Sages enseignent que "les réchaïm sont remplis de regrets", car une fois la faute commise, le mal se détache de leur cœur et les regrets commencent à prendre la place.
=> De ce fait, si les témoins ont entraîné la mort de l’accusé, la Torah tranche qu’on ne les tue pas, étant donné que le mal s’est détaché de leur personne, les tuer ne reviendrait donc pas à supprimer ce mal.

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-> Rabbénou Bé’hayé rapporte une réponse plutôt technique. Il dit que si l’accusé a été exécuté, il se trouve que les 2 témoins confondus s'opposent aux 2 autres témoins qui les ont démentis.
Ainsi, il n’y a que 2 personnes (à savoir les 2 autres témoins) qui s’opposent aux dires des 2 témoins confondus. C’est la parole de 2 personnes contre 2 autres personnes.
Puisqu’il n’y a pas de majorité contre les témoins confondus, on ne peut donc pas les exécuter.

En revanche, si l’accusé n’a pas été exécuté, alors lui aussi s’ajoute aux deux autres témoins pour s’opposer aux témoins confondus et dire qu’ils ont menti.
Ainsi, il y a 3 personnes (les 2 autres témoins et l’accusé) qui s’opposent aux 2 témoins confondus. Du fait d’une majorité qui s’opposent à eux, on peut donc mettre à mort les 2 faux témoins.

[Source : issu d'un dvar Torah du rav Mikaël Mouyal]

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-> Le châtiment infligé par le beth din fournit une expiation pour le fauteur même dans l'au-delà.
Par conséquent, lorsque les Edim zomémim (faux témoins) ont comploté la mort d'un innocent, ils sont condamnés à mort, et cette sentence suffit à expier leur faute.
Cependant, si les faux témoins ont réussi à faire exécuter l'accusé, leur crime est trop grave pour être pardonné.
Nous attendons donc que le beth din céleste administre un châtiment approprié pour le crime effroyable d'avoir calomnié un innocent et d'avoir causé sa mort.
[Méam Loez]

"Toutes les paroles de Torah que l'homme prononce avec ses lèvres et tous les souffles de paroles de Torah émanant de la bouche de l'homme qui étudie dans ce monde fusionnent avec l'air du monde pour se transformer en saintes formes spirituelles, qui déjà dans ce monde-ci, habillent l'homme, car elles sont vraiment une réalité spirituelle.

Après cela, lorsque l'homme quitte ce monde, elles le mènent aux racines des lettres de la Torah d'En-Haut, qui est la vie du monde futur.
Alors ses paroles et ses souffles se tiennent devant Hachem, et Lui demandent de juger favorablement cet homme.
Elles élèvent leurs voix et ne se taisent point, sans arrêt, elles implorent de juger favorablement cet homme afin qu'il soit épargné du jugement du guéhinam (enfer), tel qu'il est dit : "à ton coucher, elle te protégera".

De plus lors de la résurrection des morts, la Torah parlera et dira le mérite de l'homme, selon le degré qu'il s'est attaché et investi en elle, tel qu'il est dit : "et tu en parleras à ton réveil".
Et grâce à la Torah, ces hommes se lèveront entiers pour la vie éternelle."

[Zohar (paracha Vayichla'h 175) - rapporté dans le "Matok Midvach" de rabbi Daniel Frisch]

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-> b'h, par exemple, également à ce sujet : https://todahm.com/2019/07/08/une-torah-de-vie

"Celui qui est doté de sagesse et sort de sa pesanteur pour s'adonner à l'étude de la Torah mérite que la voix de sa Torah se fasse entendre dans le Gand Eden.
Hachem l'écoute et les tsadikim lui demandent : "Maître du monde! De qui vient cette voix?"

Hachem leur répond alors : "C'est celle du tsadik Untel, c'est l'âme sainte qui repose en lui qui s'adonne à la Torah. Ecoutez-le donc, car sa voix m'est plus chère que tous les chants et les louanges que les anges M'adressent."

C'est à ce propos qu'il est écrit dans Chir haChirim (8,13) : "Celle qui est assise dans les jardins".
Hachem dit : "Tu es une âme sainte résidant dans ce bas monde, entre les déshonneurs et les souillures du corps, et si malgré cela tu t'adonnes à la Torah au milieu de la nuit, alors les âmes du Gan Eden écouteront ta douce et agréable voix.
C'est pourquoi, fais résonner la voix de Ma Torah, car Moi aussi J'aime la voix de ta Torah, et ainsi par le mérite de l'étude de la Torah, Je te donnerai une grande récompense dans le monde futur"."

[Zohar 'Hadach (Béréchit 17) - rapporté dans le "Matok Midvach" de rabbi Daniel Frisch]

"Il y a des gens qui ne réalisent pas qu'ils mourront un jour et qu'ils doivent préparer des provisions dans ce monde pour le monde futur et amender leurs actes.
Ce sont des gens qui ne réalisent la mort qu'à leur dernier jour et ils sont pour cela comparés à des animaux, qui ne prennent conscience de la mort qu'au moment où ils sont abattus, comme il est écrit : "Comme un troupeau, ils s'avancent vers le Chéol" (Téhilim 49,15)."

[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - chap.2]

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-> "L’homme ressemble à un souffle, ses jours sont comme une ombre qui passe" (Téhilim 144,4)

Le midrach nous explique que le roi David ne faisait pas allusion à l'ombre d'un mur ou celle d'un arbre, qui sont des ombres "fixes", mais à l'ombre qui passe comme celle laissée par des abeilles.

-> Alors que reste-t-il de notre vie qui passe si vite?
Le fils de David, le roi Salomon, considéré comme le plus sage parmi les hommes, commence son livre de Kohélét par : "Vanité des vanités, vanité des vanités; tout est vanité! Quel profit tire l'homme de tout le mal qu'il se donne sous le soleil?"

Il le termine ainsi : "La conclusion de tout le discours, écoutons-la : "Crains D. et observe ses commandements (mitsvot) ; car c'est là tout l'homme. En effet, toutes les actions, D. les appellera devant son tribunal, même celles qui sont entièrement cachées, qu'elles soient bonnes ou mauvaises."

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-> La guémara (Yoma 20b) nous apprend qu'au moment où l'âme quitte le corps, elle hurle et ce hurlement se fait entendre d'un bout à l'autre du monde.

Les commentateurs expliquent que si l'âme hurle lorsqu'elle quitte le corps c'est parce qu'une cruelle réalité s'impose alors à elle, puisqu'elle découvre la réalité : elle a tronqué sa vie éternelle pour des plaisirs futiles. [la douleur est proportionnelle aux regrets, à l'ampleur du gâchis!]
Comment a-t-elle pu gaspiller autant de temps et de ressources si bêtement?
Sa détresse devient si grande qu'elle hurle de frayeur et son cri se fait entendre d'un bout à l'autre du monde.

-> "Au moment où l'homme s'apprête à quitter ce monde, Hachem Se dévoile à lui"
[midrach Yalkout Chimoni Iyov - 932]
=> Tâchons de faire que cette rencontre éternelle soit pleine de joie/fierté du travail accompli, plutôt que d'une terrible honte d'avoir mal agit!

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-> "Imaginez-vous qu'un jour, il soit décidé au Ciel de permettre à tous les morts de sortir de leurs tombes pendant une heure, et que durant ce laps de temps, on les laisse faire ce qu'ils veulent!

Lorsque cette nouvelle extraordinaire se répandrait, tous les vivants se précipiteraient dans les cimetières pour revoir leurs proches défunts.
Et voici qu'arriverait le grand moment : les tombes s'ouvriraient et tous les défunts en sortiraient!

En voyant leurs chers proches sortir de leurs tombes, les gens courraient probablement vers eux pour leur parler, après cette si douloureuse séparation.
Mais les morts, eux, s'empresseraient de se frayer un chemin parmi la foule et se rueraient au lieu d'étude de Torah (beth midrach) le plus proche.
Là-bas, ils étudieraient assidûment la Torah jusqu'au moment où ils seraient appelés à retourner sous la terre."

[rabbi 'Haïm de Brisk]

[pourquoi attendre le monde de Vérité, pour en venir à donner sa juste valeur au temps, à la Torah, ... ]

"Caïn dit à Hachem : "Ma faute est trop grande pour être supportée!"" (Béréchit 4,13)

-> Le Baal Chem Tov (Béréchit 167) enseigne :
Les étincelles de sainteté sont dispersées à travers l'univers. Rien ne peut exister sans la force vitale de ces étincelles saintes, pas même les objets inanimés comme le bois ou la pierre.
Dans chaque action qu'un homme accomplit, oui, même dans ses fautes, il subsiste une étincelle de sainteté.
Or, quelle étincelle peut être contenue dans une faute?
C'est l'étincelle de la téchouva.

Lorsqu'une personne se repent de son péché, elle libère l'étincelle sainte qui était prisonnière de ce péché, l'élevant vers les Cieux.
C'est la signification la plus profonde de la clameur de Caïn : "Ma faute est trop grande! Je ne peux pas l'élever vers les Mondes Supérieurs!"

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-> "Ma faute est trop lourde à supporter" (Béréchit 4,13)

Cette parole a été prononcée par Caïn suite au meurtre de Hevel. Le midrach explique cette phrase sous forme interrogative : "Toi qui supportes le monde entier, est-ce que moi, Tu ne pourrais pas me supporter?!"
=> Ce midrash nous apprend que la manière comment Hachem maintient le monde est comparée à un poids qu'on doit supporter. Mais pour Hachem, rien est difficile. Comment comprendre cette image?

-> Le rav Yerou'ham haévi Lévovitch explique que ce midrach veut nous enseigner une leçon pour nous. Le monde est une charge et un poids. Si on est prêt à tendre les épaules pour supporter les événements qui nous arrivent, alors on pourra traverser les événements de la vie. Mais si on cherche à les fuir et on ne se prépare pas à porter, alors il y a un grand risque de crouler sous le poids.
Cette idée nous éveille à ne pas se plaindre ou s'affliger ni se défiler devant les situations qui nous arrivent, mais au contraire à être prêt à porter et à vivre ce qui nous arrive avec courage et bravoure. C'est comme cela que l'on réussit.
Mais pour pouvoir le faire, il faut placer sa confiance en Hachem et savoir qu'Il ne donne pas de poids que l'homme ne peut supporter. Cette idée lui donnera confiance et conviction qu'il pourra tout traverser. Mais sans cette conviction qu'il sera capable de supporter les situations qu’Hachem lui envoie, l'homme risque de tomber dans l'inquiétude et le découragement, envahi par la peur qu'il n'a pas les forces pour surmonter son existence.
Confiance et courage, voici les 2 principes que l'on doit intégrer pour réussir à traverser les événements de sa vie.

" Avraham l'Hébreu (a'ivri - הָעִבְרִי)" (Lé'h Lé'ha 14,13)

-> "ha'Ivri" = celui qui se tient de l'autre côté (de : évér - cf. Rachi).
Même si l'ensemble du monde se tient avec une vision de ce qu'il faut faire dans la vie, les juifs (a'ivri) se tiennent solidement de l'autre côté, fidèles à la Volonté de D.

-> Le Divré Yé'hezkel (le rabbi de Shiniava) commente ce verset :
"Le mot "Ivrim" (hébreux) est dérivé du verbe : "avar" (passer).
Pourquoi les juifs sont-ils appelés : "Ivrim" (Hébreux)?

Un juif doit savoir que ce monde n'est rien d'autre qu'un passage vers le monde futur.
Nous ne sommes que des gens en transit, nous déplaçant d'un monde [éphémère] à l'autre [éternel].
Rappelez-vous, la chose principale est le monde futur."

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-> Pourquoi Hachem s’appelle-t-Il "le D. des Hébreux"?
Le mot "ivri" (hébreu) vient de avar (le passé). Israël ne ressemble pas aux autres nations du monde.
Les autres nations ne rêvent que de progrès et de science, alors que les juifs restent toujours en arrière, ils portent la barbe, mettent un chapeau et ne vivent pas en conformité avec l’époque moderne.
Les juifs n’ont mérité d’être délivrés de l’Egypte que parce qu’ils n’imitaient pas les égyptiens, et n’avaient changé ni leurs noms ni leur langue ni leurs vêtements (Leka’h Tov Chemot 6, 6).

[en se rattachant à nos ancêtres, nous bénéficions alors de leurs mérites énormes!]

"Aime ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem" (Kédochim 19,18)

-> Les lettres hébraïques qui suivent celles de : "réa'ha" (ton prochain - רֵעֲךָ), sont :
- le : ר suivi par :ש ;
- et ע par : פ ;
- et ך par : ל.
Ces lettres forment le mot : "chafal" (שפל) : modeste, humble.

=> Ainsi, nous pouvons traduire : "vé'aavta léréa'ha" = "aimer", c'est-à-dire "choisir", le mot qui est le "prochain" de "réa'ha" dans l'alphabet hébraïque.
Il s'agit de : "chafal" (humble) = "choisissez l'humilité", car ainsi vous aimerez votre prochain comme vous-même.

[rabbi Shalom de Belz - Dover Shalom]

[une personne humble n'est pas remplie par son égo, et a donc de la place pour autrui en elle-même!]

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-> Comment pouvons-nous aimer un prochain qui nous traite mal?

Rabbi Shmelke de Nikolsbourg (Imré Chmouël) répond :
Toutes les âmes individuelles d'Israël sont une partie de l'âme globale d'Adam, le 1er homme.
L'âme de chaque juif constitue une étincelle découlant de cette âme d'Adam.

Considérons les implications de cette idée.
Il arrive parfois qu'une personne se donne un coup à la tête involontairement. Si de rage, elle prend un bâton et frappe sa main pour avoir blessé sa tête, vous allez penser qu'elle a perdu l'esprit.
Pourquoi devrait-elle s'infliger encore plus de douleur?

Il en est de même si un juif blesse volontairement son prochain juif.
Si la personne blessé se venge, elle s'inflige un dommage contre elle-même.

=> Considérons plutôt que tout est décrété par D., et que Hachem possède plusieurs moyens d'administrer la justice.

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-> "Comment pouvons-nous aimer un méchant (racha)?

Pensez de la façon suivante : l'âme de chaque personne est une part du D. Tout-Puissant.
Par conséquent, ayez pitié de l'étincelle Divine qui est emprisonnée à l'intérieur de l'homme méchant, et aimez cette étincelle."
[Rabbi Shmelke de Nikolsbourg - Chémen haTov]

-> "J'espère pouvoir aimer un bon juif autant que D. aime un racha"
[rabbi Aharon de Karlin - Birkat Aharon]

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-> Lorsque vous voyez votre ami commettre une faute, ne l'incriminez pas.
A la place, pensez : "Quelles excuses pourrais-je imaginer pour m'exonérer si j'avais été dans sa situation?"

Appliquez la même excuse à votre ami et faites de votre mieux pour l'exempter de toute faute.
C'est le sens du passage : "Aime ton prochain comme toi-même".
[rabbi Ména'hem Mendel Haguer de Kossov - Even Chtia'h]

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-> "Aime Hachem ton D." et "Aime ton prochain" sont effectivement 2 commandements distincts, mais par essence, aimer D. et aimer son prochain forment un seul et même commandement.
C'est la tâche du tsadik de transformer les 2 amours en un seul.
[le Ohev Israël - Esser Orot]

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-> Le Noam Elimélé'h enseigne :
Le Zohar nous enseigne que l'âme habille le corps comme un vêtement, imprégnant les membres et les organes.
L'âme désire aimer Hachem, mais notre matérialité est un obstacle.

Au sens figuré, la Torah nous instruit par le verset ci-dessus d'aimer notre voisin, c'est-à-dire D. (comme dans le verset de Michlé (27,10) : "N'abandonne ni ton ami, ni l'ami de ton père"), comme nous-mêmes.
De la même façon que votre âme aime Hachem d'un amour entier, ainsi vous, le double corporel, devez aimer D. d'un amour véritable, afin que le corps et l'âme se complètent harmonieusement.

"Ils diront tour à tour : Nos mains n'ont pas versé ce sang-là, et nos yeux ne l'ont pas vu se répandre." (Choftim 21,7)

-> Rachi : Est-il envisageable que les Anciens de la ville soient des meurtriers?
Les Anciens sous-entendent : "Nous ne l'avons pas vu ni laissé repartir sans provisions et sans escorte".
=> S'ils avaient effectivement laissé partir cet homme sans provisions et sans l'avoir raccompagné, ils auraient été responsable de ce meurtre.

-> Le Saba de Kelm explique que si ce voyageur a quitté la ville dans l'indifférence générale de ses habitants, il a certainement éprouvé un abattement moral.
Cette tristesse n'aura pas manqué de l'affecter profondément, et l'aura assurément empêché de pouvoir se défendre contre un éventuel agresseur.

En revanche, s'ils avaient fait preuve de considération à son égard, cette marque d'attention l'aurait renforcé et il aurait pu tenir tête à son meurtrier.
C'est pourquoi les Anciens doivent témoigner, lors de cette confession qu'ils ne sont pas responsables de la mort de cet homme.

=> Cette réalité attribue une immense responsabilité à toute personne représentant D., et qui a la possibilité de réchauffer le cœur, de témoigner de l'amour et de l'estime à autrui.

[Nous pouvons transposer cela dans la vie de tous les jours.
En effet, si nous ne réchauffons pas le cœur de notre entourage, alors ils auront moins de forces pour faire face à leur yétser ara, et risqueront par notre faute de tomber morts sous les attaque du yétser ara.
N'oublions jamais les paroles du Zohar (Tazria 46,2) : "De même qu’un juif est puni pour avoir dit du lachon ara, de même il est puni s’il avait une opportunité de dire quelque chose de positif à autrui, et qu’il ne l’a pas fait."]

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-> Le Divré Yoël (rabbi Yoël Teitelbaum de Satmar) enseigne sur ce verset :
La guémara (Sotah 45b) demande pourquoi les Anciens doivent déclarer leur innocence. Il est certain que personne ne les suspecte d'avoir commis ce crime.
La guémara répond qu'en lavant leurs mains, ils déclarent qu'ils n'ont pas envoyé cet homme consciemment sans lui donner de provisions et de protection pour son voyage.
=> Pourquoi les Anciens doivent-ils demander pardon en disant : "Pardonne à Ton peuple Israël que Tu as racheté, Hachem!" (Choftim 21,8)?

Il est tout à fait vrai que les Anciens sont innocents du crime, car ils ont fourni au voyageur des aliments et une protection, mais ils sont coupables d'avoir permis qu'une atmosphère de manque de respect de la loi s'installe dans la cité.
Ils auraient dû faire plus attention à l'attitude morale générale de la population.
C'est ce manque qu'ils doivent expier.

En effet, lorsqu'ils déclarent : "Nos mains n'ont pas versé ce sang-là, et nos yeux ne l'ont pas vu se répandre", ils veulent dire : "Nous n'avons pas été attentifs. Nous n'avons pas pris de mesures préventives pour renforcer la stricte obéissance à la loi. Si nous avions créé un esprit de respect de la loi, ce meurtre ne se serait pas produit."

"Quand tu t’approcheras d’une ville pour lui faire la guerre, tu déclareras pour elle la paix" (Choftim 20,18)

-> La ville fait référence à l’homme qui ressemble à une ville dont tous les membres sont les rues.
De plus, la guerre en question représente la guerre que l’homme doit mener contre son mauvais penchant.

On peut remarquer que les termes : "Tu t’approcheras", qui se disent ici dans la Torah : "תקרב "(tikrav), ont la valeur numérique de 702, la même que celle du mot "שבת" (Shabbat).
Ainsi, la Torah vient faire allusion au fait que si une personne souhaite s’approcher de cette ville, c'est-à-dire de son corps, et vaincre le mauvais penchant qui la hante, il doit essentiellement s'attacher au respect du Shabbat.

De la sorte, il vaincra son penchant et atteindra même la paix avec lui.
D'ailleurs, c'est pourquoi, on se souhaite "Shabbat shalom", c'est-à-dire : "Shabbat de paix", car par le respect, la joie et la délectation du Shabbat, on en vient à obtenir la paix avec son mauvais penchant.

[Rabbi Mendel de Vizhnitz]