Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ "Lorsqu'une personne ouvre sa main, ses 4 doigts (hormis le pouce) ont tous des longueurs différentes.
Lorsqu'elle ferme sa main autour de son pouce, tous ses 4 doigts ont la même taille.

De même, il y a 4 niveaux de charité : à un frère ou proche dans le besoin (léa'hékha) ; à un pauvre de sa ville (léaniyékha) ; à quelqu’un d'extrêmement pauvre (léévyonéh'a) et à un pauvre résidant en Israël (béartsékha).

Ainsi, le verset : "Ne ferme pas ta main" (Réé 15,7) signifie qu'il ne faut pas faire la tsédaka d'une main fermée en donnant à tout le monde exactement la même chose, mais plutôt, "Ouvre-lui plutôt ta main" (v.15,8) + donne aux pauvres, chacun selon ses besoins appropriés."

[Rav Shalom Rokéa'h - le Sar Shalom]

[Il faut s'adapter aux besoins de chacun, que ce soit dans l'importance du montant donné, mais également dans le reste.
Certaines personnes n'ont principalement pas besoin d'argent, mais ont besoin de marques d'estime, de l'écoute, de la joie, de la confiance en Hachem, de conseils, ...

Il ne faut pas donner par habitude, en se déchargeant d'un fardeau, mais en se mettant à la place de l'autre en ressentant réellement sa douleur, tout en étant joyeux de pouvoir faire la volonté de D. en aidant un frère juif! ]

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-> La guémara (Kétoubot 67b) apprend du verset : "Prête-lui en raison de ses besoins, de ce qui peut lui manquer!" (Réé 15,8), que l'on est obligé d'offrir à un pauvre même un cheval pour se déplacer et un serviteur courant devant lui.

Puisqu'il est nécessaire de pouvoir se déplacer sans en devenir malade, on comprend le besoin du cheval.
Mais pourquoi doit-on fournir un serviteur courant devant? C'est une demande ridicule!

Rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk dit que nos Sages nous enseignent une grande leçon de la psychologie humaine : le fait de donner à un fou de sa folie, c'est également un important acte de bonté!

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-> "Car tu lui ouvriras (au pauvre) suffisamment ta main, suivant ses besoins" (Réé 15,8)

-> Nos Sages (guémara (Kétoubot 67b) commentent ce verset ainsi : "suivant ses besoins" :
"Cela inclut même le fait de lui donner un cheval pour se déplacer et un serviteur pour courir devant lui. On raconte que Hillel Hazakène avait acheté un cheval et avait recours à un serviteur pour courir devant un pauvre de bonne famille (qui avait jadis connu cette richesse). Une fois, il ne trouva pas de serviteur et se mit lui-même à courir devant lui."

-> Rabbi 'Haïm Chmoulévitch demande à propos de cette guémara : on peut encore comprendre qu'Hillel donnât à ce pauvre un cheval pour se déplacer, mais comment se fit-il qu'il courut en personne devant lui alors qu'il était le Nassi (le chef spirituel) du peuple d'Israël?

Il lui était, en effet, défendu de se rabaisser à courir devant ce pauvre pour satisfaire ses caprices uniquement parce qu’il s'était habitué par le passé à ce qu'un serviteur le fasse.
Cela prouve, répond-il, qu'il faut considérer les sentiments d'autrui comme un cas de "Pikoua'h Néfech" (une question de vie ou de mort). Hillel comprit également que ce serait dangereux pour ce pauvre s'il lui manquait ce à quoi il avait été habitué depuis toujours, à savoir qu'un serviteur coure devant lui.
De ce fait, même s'il était Nassi (et tenu par la Torah de veiller à l'honneur dû à son rang), néanmoins "Pikoua'h Néfech do'hé kol haTorah" (le danger de mort repousse toute la Torah), et il était autorisé, et même obligé, de courir devant lui afin de lui sauver la vie.

-> Le rav Elimélé'h Biderman conclut :
Cela vient nous enseigner l'importance extrême de prodiguer, autant que nous le pouvons, du bien à notre prochain, tant physiquement que financièrement [que moralement]. On prendra garde à ne jamais humilier un juif, quel qu'il soit, et on lui attribuera tous les honneurs qui lui reviennent.
Et même si les honneurs sont illusoires dans ce monde, néanmoins, en ce qui concerne autrui, il nous est interdit de penser de cette manière. Mais au contraire, on l'honorera par tous les moyens en notre pouvoir.

"Mais il reconnaîtra pour premier-né le fils de celle qui est haïe" (Ki Tétsé 21,17)

Le Gaon de Vilna fait remarquer que les seules lettres de l'alphabet hébraïque dont la valeur numérique est le double de la précédente, sont : le ב (bét), le כ (kaf) et le ר (réch).
En effet, le bét (2) vaut le double du aléph (1) ; le kaf (20) le double du youd (10), et le réch (200) le double du kouf (100).

Ces mêmes lettres forment le mot : בכר (fils premier-né - bé'hor).
Cela reflète le droit conféré au premier-né de recueillir le double dans la succession paternelle.

"Vous marcherez après Hachem votre D." (Réé 13,5)

Pourquoi le verset emploie-t-il le mot "après (a'haré), qui a une connotation de séparation et de distance?

En effet, Rachi dit : "Toutes les fois qu'il apparaît, le mot "a'haré" contient une idée d'éloignement". (Réé 11,30)
Or, ne sommes-nous pas tenus de nous attacher à Hachem et de nous tenir aussi "proches" de Lui qu'il est possible?

Rabbi Avraham Mordé'haï Alter de Gour donne la réponse suivante :
Plus nous reconnaissons Sa grandeur et notre propre insignifiance, plus nous nous rendons compte de notre éloignement par rapport à Lui.
C'est seulement après avoir pris conscience de la distance qui nous sépare de Lui que nous pouvons essayer de devenir plus "proches".

[une des explications concernant l'extrême humilité de Moché est le fait qu'aucun être humain n'a pu se tenir aussi proche de Hachem que lui.
Or, plus on est proche de D., plus on se rend compte de son véritable éloignement, de sa petitesse. ]

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-> Rabbi 'Hama, fils de rabbi 'Hanina dit : Que signifie ce verset : "Vous suivrez Hachem, votre D." (Réé 13,5)?
Est-il possible que l'homme suive la Présence Divine, alors qu'il est écrit : "Car Hachem ton D. est un feu dévorant"(Vaét'hanan 4,24)?
Il faut donc comprendre suivre Hachem dans le sens de suivre Ses comportements (et Son exemple).
[guémara Sota 14a]

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-> Plus un homme développe sa tendance à prendre, plus il s'éloigne de son Créateur et plus il limite sa perception spirituelle.
Par contre, un homme qui pratique les actions de 'hessed, qui étudie la Torah et qui pratique les mitsvot avec enthousiasme et de façon désintéressée est un donneur ; il "ressemble" alors à son Créateur et s'attache à lui.
Dans cet attachement, il n'y a pas de limitations, car toute aspiration à s'élever dans la pureté des midot, dans la recherche de la Vérité dans les actes de 'hessed et dans le don de soi avec enthousiasme, n'est jamais limitée.
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou - tome.1,p.32 ; tome.4,p.50]

"L’araméen a fait perdre mon père et il est descendu en Egypte" (Ki Tavo 26,5)

Nos Sages expliquent que l’araméen c’est Lavan, qui a voulu éliminer mon père, Yaakov.

On peut cependant se demander quel est le lien entre la volonté de Lavan de faire disparaître Yaakov notre père, et la descente en Egypte. Apparemment ces 2 faits sont bien distincts et n’ont pas de lien.

-> Selon Rachi, le lien entre les 2 est la volonté des autres peuples de faire du mal à Israël.
Non seulement Lavan a voulu faire du mal à Israël, mais d’autres encore ont aussi cherché à nous nuire, tels que les Égyptiens qui ont fait du mal aux Hébreux après que Yaakov soit descendu en Egypte.

-> Selon le Alchikh haKadoch, si Lavan n'avait pas trompé Yaakov en lui faisant épouser Léa alors que c'est de Ra'hél qu'il voulait faire sa femme, c'est celle-ci qui lui aurait donné tous ses enfants, et l'on peut penser que Yaakov aurait alors été son aîné, accepté comme tel par tous ses frères
En conséquence de cela, c'est Lavan, d'une certaine façon, qui a causé la jalousie entre les fils de Yaakov et Yossef, et sans cette détestation, il n'y aurait pas eu de descente en Egypte.

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-> Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) explique que lorsque Yaakov vécut chez Lavan, celui-ci voulut le "faire perdre" spirituellement, par son influence mauvaise et pécheresse. Et malgré cela, Yaakov réussit à tenir et à y respecter les 613 mitsvot, sans se laisser aucunement corrompre par la perversité de Lavan.

Cette expérience permit à Yaakov d’en conclure que même quand il vit dans une influence mauvaise, il a la capacité de réussir à tenir spirituellement.
De la sorte, lorsque plus tard Yossef se trouvait en Egypte et qu’on proposa à Yaakov d'y descendre pour le rejoindre, il accepta.
En effet, bien qu'il savait qu'en Egypte se trouvait aussi beaucoup d’impureté, malgré tout, il s'inspira de son expérience chez Lavan pour être rassuré que même en Egypte, il saura garder sa pureté.

Ainsi, c’est parce que "Lavan a voulu faire perdre mon père (Yaakov)" spirituellement, par son influence dépravée, et que Yaakov a quand même tenu, que lorsqu'on proposa plus tard à Yaakov de rejoindre Yossef, il accepta et "il descendit en Egypte", assuré qu’il y tiendrait aussi et préserverait sa sainteté.

En effet, s’il n’avait pas connu l’expérience chez Lavan, alors il n’aurait pas accepté de descendre en Egypte, même pour rejoindre Yossef, car il aurait eu peur de l’influence négative des égyptiens.

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-> Le 'Hatam Sofer propose une autre explication, qui s’éloigne de la réponse précédente.
Il rapporte l’enseignement de nos Sages selon lequel l’esclavage d’Egypte a servi à purifier et à raffiner les juifs de l’impureté originelle (faute d'Adam haRichon) se trouvant en chaque être vivant.

D'après le midrach, Avraham a transmis à Yichmaël la part de cette impureté originelle qui était en lui. De la sorte, Yits’hak est sorti plus raffiné.
Mais celui-ci avait encore une part d’impureté en lui qu'il fit passer chez Essav. Ainsi, Yaakov est sorti complètement pur.

On peut alors se demander pourquoi fallait-il aller en Egypte pour se raffiner de l’impureté originelle, puisque cette impureté était complètement éliminée dès la génération de Yaakov?

La réponse est que Lavan a réussi quelque peu à introduire une certaine souillure très fine dans l’âme des tribus, qui ont évolués dans son entourage (c'est en cela que cette réponse s'éloigne de la réponse du Darach Moché pour qui Lavan n’a pas réussi à avoir d’influence néfaste sur Yaakov et ses enfants).
Et c’est justement pour se raffiner et s'épurer de cette impureté reçue de par l'influence de Lavan qu'il fallait descendre en Egypte pour y être asservi et ainsi se nettoyer de cette souillure.

=> C'est ce à quoi le verset fait allusion : "Lavan a fait perdre mon père", en introduisant cette souillure spirituelle en lui et en ses enfants. Et de ce fait, "il est descendu en Egypte" pour s’épurer et se raffiner de cette impureté.

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-> Selon le 'Hidouché haRim, l’araméen qui se dit "Arami" (ארמי) fait allusion au "Ramaï" (רמאי), le fourbe et le trompeur (ces 2 mots ont les mêmes lettres).

Ainsi, celui qui trompe les autres (et lui-même) et s’écarte de la vérité de la Torah, même si un tel individu a des parents illustres dont le mérite devrait le protéger, malgré tout il ne pourra pas bénéficier du mérite de ses ancêtres.

=> "Le Ramaï", le malhonnête qui est en moi, c'est-à-dire ma tromperie, "a fait perdre mon père" = m’a privé du mérite de mes pères, pour ne plus pouvoir en profiter.

"Un vêtement d’homme ne sera pas sur une femme, et un homme ne portera pas un vêtement de femme" (Ki Tétsé 22,5)

Selon Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Halakhot), ce verset peut s’expliquer de façon allusive.
La femme symbolise la douceur et l’homme la fermeté.

-> Quand il est nécessaire d’adopter une attitude féminine, pleine de douceur, comme par exemple quand on prie à Hachem et lui demande de nous aider dans un certain domaine, alors on ne choisira pas la dureté et on ne priera pas en exigeant.

-> Mais à d’autres moments, pour défendre la Torah que certains réchaïm bafouent par exemple, il faut alors opter pour une attitude masculine ferme et stricte.
Dans un tel cas, on ne se comportera pas avec la douceur propre à la femme.

=> Ce verset s'explique ainsi : chaque situation mérite un comportement adapté.

"Tu diras en ton cœur : Ma force et la puissance de ma main m'ont assuré ce succès" (Ekev 8,17)

-> L'une des raisons pour lesquelles nous devons nous laver les mains le matin est que l'impureté régnant sur l'homme pendant son sommeil et se dissipant à son réveil adhère encore à elles.
Nous devons donc procéder à ces ablutions pour l'en faire disparaître.

Pourquoi les mains plutôt qu'une autre partie du corps?

-> Le Mélits Yochèr explique car c'est à elles que l'homme attribue ses succès dans le monde matériel, et il n'existe pas de plus grande source d'impureté qu'une telle pensée.
En effet, la croyance en ses propres aptitudes se situe aux antipodes de la foi en Hachem, Créateur et Maître de toutes choses.

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-> Le Saba de Kelm fait remarquer qu'il n'est pas écrit : "de crainte que tu ne dises en ton cœur", mais de manière affirmative : "tu diras en ton cœur", et ce car l'homme est naturellement enclin à attribuer chaque succès à ses actions et à ses propres pouvoirs.

C'est pourquoi, il est écrit dans le verset suivant : "alors, tu te souviendras de Hachem ton D., car c'est Lui qui te donne la force pour réaliser un succès" (v.8,18)

[naturellement nous avons des pensées de type : "c'est grâce à moi que ...". Pour les combattre, nous devons alors apporter des pensées du type : "C'est grâce à Hachem que ..."! ]

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-> "Nos Sages (guémara Sanhedrin 26b) affirment que la Torah atténue la force de l'homme.
Savez-vous à quoi fait référence la "force" de l'homme?
Si un sot étudie la Torah, il cessera de dire : "C'est ma propre force, c'est le pouvoir de mon bras, qui m'a valu cette richesse" (Ekev 8,17).
C'est cette force-là qui sera atténuée par l'étude de la Torah."

[le Maguid de Zlotchov - rabbi Yé'hiel Mikhal de Zlotchov - Mayim Rabbim (Ekev)]

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-> Le Léka'h Tov enseigne :
"Non seulement les conséquences de nos actes dépendent de la volonté Divine, mais même nos initiatives et nos idées sont inspirées par Hachem, comme Onkelos l'indique dans son targoum : "C'et Lui qui t'aura donné le conseil d'acquérir des biens [judicieusement].
[...]
Nous savons que : "tout est décidé par le Ciel, sauf la crainte du Ciel".
Malheureusement, beaucoup d'hommes ont tendance à inverser les termes de cette affirmation et à penser que dans le domaine spirituel, où les décisions n'appartiennent qu'à eux seuls, ils ne peuvent se battre contre la nature dont ils sont dotés et acceptent leur niveau spirituel comme une fatalité.
Inversement, pour les questions d'ordre matériel, qui dépendent uniquement de D., ils pensent pouvoir tout maîtriser à leur gré."

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-> "Tu te souviendras d'Hachem car c'est Lui Qui te donne la force" (Ekev 8,18)

-> La traduction araméenne de Onkelos rend ce verset ainsi : "Tu te souviendras d'Hachem, car Il te donne le conseil pour acquérir des biens".
Cela signifie que non seulement Hachem donne la force et l'énergie pour s'occuper de ses affaires, mais Il donne aussi le conseil et la pensée eux-mêmes dans l'esprit et le coeur de l'homme, pour réaliser ses entreprises. Tous les projets, les idées, les plans que l'individu conçoit dans son esprit dans tout ce qu'il entreprend dans la vie, lui sont en fait envoyés par Hachem et viennent de Lui.

=> Le Baal Chem Tov se base sur ce principe pour expliquer l'enseignement de nos Sages selon lequel les réchaïm (impies) sont remplis de regret. S'il s'agit des regrets pour leurs fautes, pourquoi sont-ils alors considérés comme des réchaïm? Le regret des fautes constitue une démarche de repentir et il n'est donc plus un racha!

C'est pourquoi, le Baal Chem Tov explique que ces regrets qui emplissent le coeur des réchaïm concernent en fait les affaires matérielles. Il n'est pas ici question des regrets pour les fautes, mais de regrets concernant leurs entreprises. En effet, l'homme doit savoir clairement que non seulement tout ce qui lui arrive dans la vie mais même tout ce qu'il entreprend par ses actions, tout est déterminé par Hachem. Et même les idées et les pensées qu'il conçoit pour la réussite de ses activités lui viennent d'Hachem, comme l'a rapporté Onkelos.
Un homme qui sait cela ne peut dès lors plus concevoir aucun regret en ce qui concerne les affaires de ce monde et ce qu'il a entrepris dans la vie, car tout cela a été voulu et réalisé par Hachem. Et s'il regrette ses décisions et ses actions d'ordre matériel, c'est bien qu'il lui manque cette confiance et cette foi en Hachem Qui est Lui le Seul à l'origine de tout.
Et c'est pour cela qu'il est appelé "racha (impie)", parce qu'il n'a pas réelle confiance en Hachem. C'est uniquement dans le domaine spirituel, en ce qui concerne les bonnes ou les mauvaises actions qu'un homme fait dans le domaine du service d'Hachem, que l'homme a le libre arbitre. Dans ce domaine, c'est lui le seul à décider quelles actions il fera, s'il empruntera la bonne voie, celle de la Torah, ou non.

"Vous les attacherez comme signe ... et vous les enseignerez à vos enfants" (Ekev 11,18-19)

La mitsva des téfilin et l'éducation des enfants sont liées l'une à l'autre.
En effet, de même que l'on n'a pas accompli la mitsva des téfilin si, en les portant, on a laissé son esprit s'en écarter, de même ne peut-on pas éduquer correctement ses enfants si on ne leur consacre pas toute son attention.
[Rav Avraham Mordé'haï de Gour]

[d'ailleurs pour nous aider à toujours avoir conscience que nous portons des téfilin, nous les touchons à différents moments de la prière]

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-> "Vous placerez Mes Paroles sur votre coeur" (Ekev 11,18)

=> Apparemment on peut s'interroger sur ce verset, car on se serait plutôt attendu qu'il dise : "Vous placerez Mes Paroles dans votre coeur", les paroles de Torah doivent traverser et imprégner le coeur en profondeur.
Quel est l'intérêt de placer les paroles de Torah sur le coeur, c'est-à-dire au dessus du coeur, en superficiel?

-> Le Rabbi Mendel de Kotsk apprend de là que la Torah demande à l'homme d'étudier la Torah et d'emmagasiner les idées et la sagesse de la Torah en les étudiant dans les livres ou en les écoutant des maîtres, même si on ne les ressent pas et on ne les vit pas dans la réalité de nos vies. Même si les paroles de Torah restent superficielles et extérieures à nous, même si elles ne parviennent pas à pénétrer dans le coeur, nous avons néanmoins le devoir de les étudier pour qu'elles soient tout au moins "sur vos coeurs".
Et si on se demande quel en est l'intérêt, la réponse est que nos Sages enseignent qu'il n'y a pas d'homme qui n'a pas son moment, c'est-à-dire que tout homme à un moment donné de sa vie, aura son heure et son occasion d'ouvrir son coeur.
Quand Hachem voit qu'un homme persévère dans Son service et qu'il souhaite s'approcher de Lui, mais que son coeur reste fermé, alors dans Sa Bonté, Il trouvera le bon moment pour lui ouvrir le coeur dans certaines circonstances. Et quand son coeur s'ouvrira, alors toutes les paroles de Torah et toute la sagesse qu'il a étudiées et qui n'étaient jusque-là en attente, déposées "sur son coeur", rentreront alors à l'intérieur de son coeur, en profondeur. Et là il ressentira la lumière de la Torah et se deviendra un autre homme. Il ressentira la lumière de la vérité des paroles de Torah et s'y conformera avec confiance et simplicité. Il saura alors par lui-même tout ce qu'il doit faire, car les conseils et les leçons de Torah sont déjà prêts, venant de tout ce qu'il a entreposé sur son coeur. Il pourra alors réaliser un entier repentir et corriger les erreurs de tous les jours de sa vie où il était encore éloigné. Il saura alors se plier devant Hachem et revenir pleinement vers Lui. Sa vie pourra alors prendre un nouveau tournant, conforme à l'esprit et les enseignements de la Torah.

"L'ange dit à Hagar : ... Relève-toi et reprends cet enfant. [...] Hachem dessilla les yeux et elle aperçut une source" (Vayéra 21,18-19)

Selon le midrach (Béréchit rabba 33) :
"Rabbi Binyamin dit : Tous les hommes sont aveugles jusqu'au moment où Hachem éclaire leur regard."

=> Si D. ne nous montrait pas la voie à suivre, nul ne saurait la trouver.

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[Il est si facile d'être aveuglé par son égo, par sa paresse, par les plaisirs du monde matériel, ...
Combien devons-nous prier Hachem afin qu'Il nous permette de ne pas être aveugle à ce qui est vraiment essentiel à notre vie!]

"Tu choisiras la vie" (Nitsavim 30,19)

Choisirions-nous volontairement la mort?

Selon le 'Hatam Sofer, la Torah parle ici de la vie éternelle dans le monde à venir.
La choisir nous oblige souvent à renoncer aux plaisirs éphémères du monde matériel, mais cela en vaut la peine!

[Renoncer à ce que les nations environnantes appellent la vie, pour se focaliser sur ce que la Torah appelle la vraie vie. ]

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+ "J'ai placé devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisis la vie!" (Nitsavim 30,19)

-> Rabbi Arié Lévine enseigne :
"Qui ne préférait pas la vie à la mort?
Pourquoi n'est-il pas écrit : "choisis la vie" (ouba'harta 'haïm), mais littéralement : "choisis DANS la vie" (ouba'harta ba'haïm)?

La Torah nous ordonne de préférer le bon au mauvais, le beau au médiocre.
En effet, il y a vie et vie.
Il existe de nombreuses choses que nous pensons provenir du bon penchant, mais en réalité, toute leur nature et leur origine se situent dans le mauvais penchant, qui vient séduire l'homme sous l'apparence du bon penchant.

C'est la raison pour laquelle la Torah nous met en garde en disant : "choisis dans la vie" : dans la vie, il faut choisir le bon.
Savoir qui est réellement le bon penchant, quels sont ses conseils, et les suivre."

[choisis DANS la vie = par seulement en apparence, mais également dans l'intériorité de la chose, dans son essence!
Un yétser ara déguisé en yétser atov est bon en apparence, en immédiateté, mais mauvaise deDANS.]

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-> Tout homme souhaite la vie. Ainsi pourquoi la Torah a-t-elle besoin de préciser : "Tu choisiras la vie"?
En réalité, on peut expliquer que "la vie et la mort" ainsi que "la bénédiction et la malédiction", dont parle le verset, fait référence à 2 manières de servir Hachem.
On peut servir Hachem par amour de la vie et de la bénédiction, conscient de l'importance des mitsvot qui accordent à l'homme le réel bonheur. Mais on peut aussi servir Hachem par crainte de la mort et de la malédiction, sachant que s'éloigner de la Torah conduirait l'homme à sa perte.

Ces 2 modes de service d'Hachem sont valables. Malgré tout, la Torah conseille à l'homme : "Tu choisiras la vie, pour que tu vives toi et ta descendance" = il est préférable de servir Hachem par amour de la vie, plutôt que par peur de la mort, car de cette façon, tu pourras vivre "toi et ta descendance", car même si un homme serait prêt à vivre dans la crainte, très souvent, les enfants ne souhaitent pas suivre un tel chemin.
Pour conduire au fait que "ta descendance" également te suive, il convient plutôt de leur transmettre l'amour du bien, ce qui les motivera plus.
[Beit Avraham]

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+ "Ce n'est pas le serpent qui cause la mort, mais c'est la faute qui tue"
[rabbi 'Hanina ben Dossa - Béra'hot 33a]

-> L'intention n'est pas de dire que le péché commis par un homme le met en état de danger, mais le péché lui-même tue. En effet, c'est la spiritualité qui assure la vitalité de l'homme, et ainsi enfreindre la Loi de la Torah, c'est se tuer soi-même!
C'est pourquoi nos Sages disent que le yétser ara qui nous incite à fauter et l'ange de la mort ne font qu'un.

Cette idée se retrouve dans le verset : "J'ai mis devant toi la vie et la mort ... tu choisiras la vie" (Nitsavim 30,19).
Il ne signifie pas que la vie et la mort sont les conséquences respectives de l'accomplissement des mitsvot et des avérot, mais la mitsva elle-même est la vie [puisqu'amenant sur nous un flux de vie spirituelle] et la avéra elle-même est la mort [puisque diminuant notre capital de vie spirituelle].
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou (tome 5 p.235)]

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Le Ben Ich 'Haï (guémara Béra'hot 33a) enseigne :
-> avant de faire téchouva : "Malheur à l'homme atteint par le yétser ara", qui l'incite à transgresser les commandements de la Torah, qui le domine et qui lui retire ainsi des étincelles de sainteté cachées en lui.
-> Par contre, lorsque cet homme fait téchouva et redevient tsadik, non seulement il récupère ses étincelles de sainteté, mais de plus il acquiert les forces que possédait le yétser ara ainsi méprisé.

[il en ressort qu'à chaque faute (avéra) nous perdons des étincelles de sainteté qui sont en nous (la spiritualité étant notre réelle vitalité). Cependant Hachem, dans Son infinie bonté, nous permet de faire téchouva et de tout restaurer!
"Choisis la vie!" = même si malheureusement tu as fauté, choisissant ainsi la mort, tu peux toujours par ta téchouva choisir la vie!]

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-> "La bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi ... et tu reviendras jusqu'à Hachem ton D." (Nitsavim 30,1-2)

On peut s'interroger : en général, quand l'homme vie dans la réussite et la bénédiction, quand tout va bien et qu'il connaît l'opulence, alors il ne réfléchit pas vraiment à ses actions pour se repentir. Ce sont surtout les épreuves et les malédictions qui poussent l'homme à se remettre en question. Ainsi, pourquoi la Torah mentionne-t-il également la bénédiction comme facteur de repentir?

-> Selon certains commentateurs, le verset décrit le processus de téchouva depuis son début : "Lorsque viendront sur toi ... la bénédiction" = si ces réussites te conduisent à t'éloigner des mitsvot et à fauter, alors cela entraînera "la malédiction", alors ces épreuves qu'Hachem t'enverra te poussera à réfléchir et "tu reviendras vers Hachem ton D.
Ainsi, il faut comprendre ici que la bénédiction dont parle le verset est la cause de la malédiction, et pas du repentir.

-> Le Baal Chem Tov explique que parfois, la bénédiction aussi peut troubler l'homme et le faire réfléchir jusqu'à le mener au repentir.
On peut apporter pour le comprendre l'image d'un serviteur qui a fauté vis-à-vis de son roi. Au lieu de le punir, ce dernier commença à l'élever et à le faire réussir, jusqu'à ce qu'il le fasse passer au rang de ministre. Ce serviteur, voyant la bonté de son roi, n'en sera que plus confus. Il ne cessera de ressentir de la honte pour avoir fauté envers ce roi si bon, qui le couvre de tant de bienfaits.
Comment a-t-il pu commettre un tel méfait? Et évidemment il le regrettera que plus amèrement.
Parfois, Hachem agit à l'image de ce roi. Il ce peut qu'Il couvre le pécheur de bénédictions et de bienfaits. Et si l'homme a un minimum de sensibilité, alors ce sont justement ces bienfaits qui le pousseront à ressentir une honte profonde et un regret immense de voir combien Hachem le couvre de réussites alors que lui, il s'était permis de fauter envers un tel Roi, si Bon avec lui.
Toute cette réflexion pourra le conduire à un profond repentir, devant le Roi des rois qui l'aime tant alors que lui, il s'est mal comporté devant Lui.

-> Le Ktav Sofer enseigne que même quand Hachem envoie des souffrances au peuple juif, malgré tout, même dans les pires épreuves, Hachem continue à veiller à Son Peuple et le protéger de façon surnaturelle.
Combien de pogroms et de massacres a subi notre peuple? Et malgré tout, nous existons encore, et pour toujours. Ce phénomène défie toute logique.
Alors que des nations bien plus puissantes, qui ont dominé le monde et n'ont pas subi de souffrances particulières, ont aujourd'hui complètement disparu, le peuple juif, comparable à un agneau parmi 70 loups, continue à exister.
Quand un homme réfléchit à tout cela, quand il voit "la bénédiction et la malédiction", c'est-à-dire la bénédiction Divine infinie qui se trouve dans la malédiction même, alors il comprendra qu'Hachem protège son peuple de façon providentielle. Il constatera l'immense amour d'Hachem pour le peuple juif, qu'Il protège comme la prunelle des yeux, même quand les règles naturelles devraient mener à l'anéantissement de ce peuple. Et il est clair qu'une telle prise de conscience contient en elle la force de conduire l'homme au repentir : "Et tu reviendras vers Hachem ton D.".

[à l'image de parents qui prennent tout particulièrement soin de leur enfant qui est très gravement malade (même si c'est de sa faute), de même Hachem est très proche de nous qui sommes très malades spirituellement parlant. Ainsi, au sein de la malédiction (notre état de malade suite à nos fautes), nous décelons la bénédiction (l'amour et la proximité de D. avec nous, ses enfants). Certes nous subissons une opération (moment difficile) pour guérir des conséquences de nos fautes, mais papa Hachem est là, nous tenant la main, et attendant le moindre sentiment de téchouva pour réduire les douleurs de l'intervention.
Nous nous rendons compte qu'au moment de la mort tout nous quittera, et ce qu'on aura investi pour Hachem nous accompagnera, et constituera notre éternité.]

-> Le Ohel Yaakov explique que parfois, même les souffrances n'amènent pas l'homme à la réflexion. Les malédictions ne sont pas toujours fructueuses pour éveiller les gens à voir la vérité.
En effet, si tout le monde est atteint par un même malheur, alors l'homme risque de se dire que cette souffrance est venue de façon fortuite et naturelle, puisque tout le monde en est concerné. Les fauteurs ont tendance à rationaliser : "les temps sont difficiles, tout le monde est frappé".
Dès lors, il ne fera pas le lien entre ses fautes et ce malheur.

C'est pourquoi, quand Hachem veut pousser les juifs à se repentir, pour ne pas qu'ils fassent ce mauvais raisonnement, Il envoie la bénédiction au reste du monde, et des souffrances au peuple juif. Dès lors, l'homme ne pourra plus se dire que ce malheur est venu par hasard. Car s'il en est ainsi, pourquoi s'abat-il que sur le peuple Juif, alors que les autres peuples vivent dans le bonheur?
C'est bien qu'Hachem envoie cette épreuve sur Son Peuple pour le pousser à revenir vers Lui!
Dès lors, cette réflexion le mènera au repentir.
Ainsi, la Torah vient dire que si Hachem envoie "la bénédiction et la malédiction" = la bénédiction pour le reste du monde et la malédiction pour le peuple juif, alors dans un tel cas, il ne sera plus possible de se tromper en pensant que les épreuves viennent sans raison, et on saura qu'Hachem les a envoyées pour conduire au repentir.
Ainsi : "tu reviendras vers Hachem ton D."
[Ce n'est que lorsque les malédictions et bénédictions viennent en même temps, lorsque les autres profitent du succès tandis que nous souffrons un difficile exil, que nous réalisons que notre souffrance est la manière d'Hachem de nous stimuler à faire téchouva.]

[d'une certaine façon, on peut également ajouter que : "La bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi" = si nous n'avions que la bénédiction nous prendrions cela pour acquis et nous ne l'apprécierons pas pleinement (se concentrant parfois sur le manquant). A l'image de la lune qui est pleinement visible de nuit, les bénédictions sont davantage perceptibles et appréciables avec un peu de malédictions.
On parle souvent du verre à moitié plein et à moitié vide. Mais on oublie de se dire que la partie vide est également utile, comme par exemple elle nous permet de se déplacer, de boire tranquillement sans stresser de renverser de l'eau tout autour!]

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-> La guémara (Avoda Zara 4a) rapporte : "Hachem dit : Lorsque Je juge le peuple juif, Je ne le juge pas comme Je juge un idolâtre ; mais plutôt Je les punis coup par coup, comme une poule qui picore."
Rachi explique que lorsque Hachem doit punir le peuple juif, Il ne va pas les broyer/écraser, mais Il va se cacher d'eux petit à petit, par quoi ils tombent sous le contrôle de leur ennemis. Cela entraîne qu'ils sont nettoyés de leurs fautes et méritent le monde à venir.
En se basant sur cela, on peut comprendre le verset que même lorsque Hachem maudit le peuple juif, Il le fait avec miséricorde.
[Béer Moché]

[la malédiction est une bénédiction dans le sens où elle permet de se purifier, et D. le fait à dose supportable (on découpant la souffrance en plein de petites graines digestes, comme la poule qui mange ses grains sans s'en rendre compte!), de la façon la plus agréable, on en paie le prix]

-> La malédiction est un signe de la part d'Hachem que les juifs doivent doivent faire téchouva, après quoi ils vont de nouveau voir la bénédiction.
[Sifté Cohen]
["La bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi" -> "devant toi" = à toi de choisir, cela dépend si tu fais la volonté de D. ou pas!]

-> La guémara (Béra'hot 54a) enseigne qu'une personne est obligée de bénir Hachem pour le mal qui lui arrive de la même façon qu'elle bénit Hachem pour le bien qu'elle reçoit.
On doit accepter le mal de D. comme l'on accepte le bien : avec joie!
Le verset : "La bénédiction et la malédiction que j'ai mises devant toi" = nous devons tout accepter de la même manière.
[d'une certaine façon, s'il y a une différence apparente : bien et mal, c'est uniquement car c'est "devant toi" = c'est notre façon faussée de voir dans ce monde, à l'inverse d'une vision dans le monde de Vérité, où tout n'est que bénédiction!]
[Ohr ha'Haïm haKadoch ]

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-> "J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité; choisis la vie!" (Nitsavim 30,19)
Les retombées qui découlent d’une vie juive sont tellement incroyables, que le reste est appelé : mort.

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+ Vois, j'ai placé devant toi aujourd'hui la vie et le bien, la mort et le mal" (Nitsavim 30,15)

-> Rabbi Yo'hanan dit à propos de ce verset :
"Depuis le jour où D. a fait cette déclaration, le bien et le mal n'émanent plus de Sa bouche : le mal frappe de lui-même celui qui fait le mal et le bien comble celui qui fait le bien.
(Rachi sur Eikha 3,38)

-> Le rav Ména'hem Mendel de Kotsk enseigne :
Si une personne préfère le "bien" à la "vie", en d'autres termes en faisant le bien uniquement afin d'améliorer la qualité de sa vie, alors ses priorités sont dans le désordre.
La Torah écrit d'abord : "la vie" et ensuite "le bien", car la vie a été créée uniquement afin que le bien soit fait.
Ainsi, le bien doit être la finalité de la vie, et seulement un outil de vie.

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-> "Tu choisiras la vie afin de vivre toi et tes enfants" (Nitsavim 30,19)

On peut s'interroger sur ce verset. En effet, nos Sages enseignent que l'homme doit servir Hachem de façon désintéressée, c'est-à-dire que son intention et son objectif doit être de réaliser la Volonté d'Hachem pour Lui procurer de la satisfaction. Ainsi, l'homme ne doit pas rechercher des intérêts personnels comme la richesse, les honneurs et même la longévité, même si Hachem de Son côté ne manquera pas de bénir l'homme qui Le sert. Aussi, comment comprendre que le verset dise ici que l'homme doit choisir la vie, c'est à dire le chemin de la Torah "afin de vivre". Mais pourtant, cela ne doit pas être l'intention et l'objectif du Service Divin!

-> Rabbi Yé'hiel Mikhal de Zlotchov explique que pour être vivante, une mitsva doit être accomplie avec vie et vitalité. C'est-à-dire, avec amour et crainte d'Hachem, dans la recherche de Le servir et de Lui faire plaisir. Une telle mitsva est lumineuse et remplie d'une très grande vitalité spirituelle. Et quand une Mitsva est "pleine de vie", elle a la force en retour d'influer dans le monde toutes les bénédictions de vie et de miséricorde.
C'est qu'une mitsva vivante a la force d'attirer de la vie. Tel est le sens de notre verset : "Tu choisiras la vie afin de vivre". L'homme se doit de choisir la vie et d'accomplir la Torah et les mitsvot "afin de vivre".
Son service d'Hachem doit pouvoir attirer la bénédiction Divine et le flux de vitalité. Pour cela, il doit justement être accompli avec amour et crainte d'Hachem, dans une démarche pleinement désintéressée, visant essentiellement à faire plaisir à Hachem.
La Torah demande de réaliser de telles mitsvot, pleines de vie, capable d'attirer la vie, "afin de vivre toi et tes enfants".

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-> "J'en atteste sur vous aujourd'hui le ciel et la terre » (Nitsavim 30,19)

-> Rachi explique qu'Hachem dit au peuple juif : "Regardez le ciel que J'ai créé pour vous servir ... Regardez la terre que J'ai créé pour vous servir".
=> On peut se demander quel sens y a-t-il de regarder le ciel et la terre? Quel but Hachem cherche que l'on obtienne par cette attitude?

-> Rabbi Zévouloun Guerez explique qu'un juif se doit d'intégrer deux grands principes de vie pour parfaire son Service d'Hachem. D'un côté, comme le disait Avraham, "je suis poussière et cendre". Et de l'autre, comme le disent nos Sages : " le monde entier n'a été créé que pour moi".
Bien qu'en apparence, ces deux idées s'opposent, en réalité elles se complètent et mènent l'homme vers un Service d'Hachem plus complet. Quand une mitsva se présente à l'homme et que le mauvais penchant le dissuade de l'accomplir par toutes sortes d'arguments vains, l'homme doit alors se dire : "Le monde n'a été créé que pour moi", j'en suis pleinement responsable et dois le mener vers son objectif. Se renforcer dans cet esprit poussera l'homme à agir le plus possible et le mieux qu'il peut. Mais quand il aura réaliser de grandes choses, il ne devra surtout pas en concevoir quelconque orgueil ou prétention, D. Préserve. Il n'oubliera pas de se dire qu'en fin de compte, "je ne suis que poussière et cendre". Ce qui lui permettra de rester humble et modeste, et de toujours savoir qu'il est faillible et manquant, se devant encore aspirer à plus.

Quand un homme regarde le ciel, il est debout et lève la tête pour voir en haut. Dans un premier temps, l'homme doit sentir son importance pour s'empresser à faire un maximum de bonnes actions et aspirer au plus haut. Mais après l'action, il se pliera et se rabaissera pour observer la terre. Il ne devra pas manquer à garder en conscience l'insignifiance et l'imperfection humain pour toujours rester humble.

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-> Rav Houna dit au nom de Rabbi Elazar : "Dans la voie qu'un homme veut suivre, le Ciel l'y conduit".
[guémara Makot 10b]

-> b'h, voir le commentaire du Maharcha : https://todahm.com/2022/09/28/37209

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-> "Regarde, J’ai placé devant toi la vie et le bien, la mort et le mal ... J’ai placé la mort et la vie devant toi, la bénédiction et la malédiction ; tu choisiras la vie afin que tu vives, toi et descendance" (Nitsavim 30,19).

-> Le Collel de Sarcelles (Nitsavim 5779) enseigne :
Lorsque la Torah parle de la Vie, elle ne fait pas simplement référence au fait de respirer, mais plutôt au processus par lequel on grandit dans son Service et le travail sur ses Midot.
Etre en "Vie" suppose d'embrasser les défis que l’existence présente, en les utilisant pour devenir une personne meilleure.
On peut donc opter pour "la Mort" en évitant d’affronter les épreuves et en tournant le dos à ces opportunités difficiles par lesquelles on peut s'élever. Ainsi, choisir "la Mort", c’est préférer le confort à l’effort, et une vie tranquille à une existence pleine de défis et de progrès ...

A à présent, il nous est plus facile de comprendre en quoi c'est un choix difficile.
Notons que le fait d’opter pour la Mort n’est pas uniquement un manquement quant à l’accomplissement des mitsvot. Un homme peut respecter la Torah tout en choisissant la "Mort" ; s'il ne cherche pas à s’améliorer et à combattre son yétser ara, il favorise l’option la plus commode : en d’autres termes, il choisit la "Mort".
Ce qui est effrayant, c’est que l’on peut faire ce choix tout à fait consciemment et vivre toute sa vie en rythme de croisière. Si l’on ne fait pas d’effort pour améliorer sa relation avec Hachem, pour prier avec plus de kavana, pour être un meilleur conjoint ou parent, ..., on opte pour la facilité.
A un niveau un peu plus profond le choix entre le confort et le défi correspond en réalité, à la possibilité de se lier soit au corps, soit à l’âme. Le corps de l’homme (Adam) cherche à retourner vers la "terre" (Adam), son point de départ ; cela se manifeste par une volonté de s'allonger, se reposer, jouir de divers plaisirs et agréments.
Pour sa part, l’âme désire retourner vers le Ciel (chamayim), dont elle est originaire. Cette attrait est représenté par la volonté de progresser et de grandir.

=> Ainsi, chacun est constamment confronté à cette lutte, et tiraillé dans des directions opposées.
La Thora, dans la paracha de cette semaine, nous informe que pour réussir dans le but de notre existence, nous devons choisir la "Vie".

Le jour de Roch Hachana, nous ne sommes pas seulement jugés sur les mitsvot que nous accomplissons, mais également sur notre façon d'être en général ; quelles sont nos aspirations, qu’est-ce qui nous importe, quels sont nos objectifs?
Désirons-nous une vie facile (même en observant les mitsvot) ou une vie dans laquelle nous nous efforçons de révéler notre potentiel?
Ce sont de tels choix que nous devons réaliser en ce jour de Roch Hachana. Puissions-nous tous être inscrits dans le "Livre de la Vie".

"Les prémices de la tonte de ton mouton tu lui donneras (au Cohen)" (Choftim 18,4) :

La laine permet de concevoir des vêtements. Or dans le désert, les nuées de gloire maintenaient les habits dans de bonnes conditions, de sorte qu’on n’avait pas besoin de les changer.
De plus, nos Sages disent que ces nuées sont venues par le mérite d'Aharon le Cohen.

Ainsi, puisque par le mérite d'Aharon, les vêtements étaient préservés et il était inutile d’en concevoir d’autres, en échange il reçut donc en cadeau que le peuple lui offre les prémices des tontes, car c'est avec la laine qu’on fabrique les habits.

[le Tiféret Yonathan]