Aux délices de la Torah

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Par le mérite de Mamré

+ Par le mérite de Mamré :

"Et Hachem lui apparut dans les champs de Mamré, alors qu'il était assis à l'entrée de la tente" (Vayéra 18,1)

-> Le Sefer Ohev Israël cite le rav Moché de Pshevorsk qui dit que ce verset nous enseigne la grande humilité d'Avraham. Il était si humble qu'il pensait ne pas être digne que la Chékhina repose dans sa tente. Il croyait que la Chékhina était là grâce au mérite du tsadik, Mamré, qui Le servait avec dévouement.

En conséquence, le verset dit : "Vayéra élav" (et Il lui apparut). Il semblait à Avraham que ce qui suit était vrai : "dans les champs de Mamré" (bééloné Mamré), qu'Il vivait dans les champs de Mamré, ce qui signifie que la présence de Hachem était là grâce au mérite de Mamré, et non grâce à lui, car il croyait que Mamré était à un niveau supérieur au sien.

Le verset continue : "Et il s'assit à l'entrée de la tente" (véou yochev péta'h a'ohel). Il pensait qu'il n'était qu' "à la porte" (péta'h) et qu'il n'était pas encore digne d'entrer dans la demeure d'Hachem.

Le rav Moché de Pshevorsk dit que c'est ainsi que vivent les tsadikim. Ils passent leur vie à servir Hachem, mais continuent de croire qu'ils n'ont pas encore atteint le niveau élevé qui leur permettrait d'entrer dans Sa maison.

Mitsva d’attendre le machia’h

Le 1er des 10 Commandements est : "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de l'esclavage" (Yitro 20,2).

-> Le Smak écrit :
"De la même manière qu'il nous incombe de croire que Hachem nous a fait sortir d'Egypte, nous devons également croire que Hachem nous fera sortir et nous rassemblera parmi les nations (c'est-à-dire également de l'exil actuel)."

Le Smak (mitsva n°1) est d'avis que croire en la venue du machia'h fait partie intégrante de la croyance selon laquelle Hachem nous a fait sortir d'Egypte. Ainsi, la première mitsva de la Torah (selon son décompte) est d'attendre activement et d'aspirer à la venue du machia'h.

Les anges qui influencent les clients

+ Les anges qui influencent les clients :

-> Rabbi Na'houm de Tchernobyl dit : "Une personne qui place l'entrée de son magasin face à la rue principale manque de émouna, car elle doit avoir la foi que les acheteurs entreront même si sa porte est sur le côté".
Il faisait remarquer que chaque non-juif est accompagné de deux anges qui le guident vers le magasin où il est destiné à acheter des marchandises.

[ à cette époque, la plupart des transactions commerciales concernaient des ventes à des non-juifs, raison pour laquelle Rabbi Na'houm a fait cette remarque en référence à un acheteur non juif. Mais cela vaut évidemment aussi pour les acheteurs juifs, comme nous le verrons juste après dans le séfer 'Hassidim. ]

-> Le rabbi de Klausenbourg, en rapportant cela, ajoutait qu'il avait trouvé une source à l'affirmation de Rabbi Na'houm dans le séfer 'Hassidim (309) : "Lorsque le mazal (destinée) d'un commerçant est en hausse, Hachem envoie des anges pour inciter les vendeurs à se rendre à l'endroit où il se trouve, et incite le marchand à acheter leurs marchandises. Ces anges incitent ensuite les acheteurs à venir vers le commerçant, ou incitent ce dernier à aller vers eux et à leur vendre ses marchandises".

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-> Lorsqu'avec honnêteté d'esprit, une personne investit les efforts qui sont nécessaires (et non excessifs) et laisse le reste entre les mains d'Hachem, alors Hachem lui fournit tout ce dont elle a besoin, comme le dit le verset : "Quant à celui qui se confie en Hachem, la bonté l'entoure" (Téhilim 32,10).
Cela est développé en détail dans le moussar, comme par le 'Hovot HaLévavot (chaar HaBita'hon).

Impact de la première pensée, parole, sur la sainteté de toute la journée

+ Impact de la première pensée, parole, sur la sainteté de toute la journée :

-> La parole et l'action trouvent leur source dans la pensée de l'homme. Si la pensée est pure et sainte, toutes les paroles et actions qui en découlent seront également pures et saintes.
Il est donc extrêmement important que la première pensée du matin soit appropriée, car elle donne le ton pour toute la journée.
De même, il faut veiller à "sanctifier et purifier sa première parole" chaque jour au réveil. Cela exige toutefois que la première pensée soit attachée à la sainteté.
[Baal Chem Tov]

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[un juif(ve) commence sa journée par "modé ani" (je Te remercie).
L'idée est que quoiqu'il arrive nous devons être vigilant à avoir des pensées positives et spirituelles, de la joie d'être juif, ... car cela aura un impact sur le restant de la journée. ]

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+ Premières pensées le matin :

-> Nos Sages traitent de l'importance et de la valeur des pensées qui nous viennent à l'esprit au réveil, de leur impact sur les mondes célestes et de leur influence sur notre âme tout au long de la journée.

-> Le Bné Yissa'har (Igra déPirka 205) suggère de veiller à commencer sa journée avec sainteté (kédoucha). Si l'on sanctifie le tout début de la journée, le reste de la journée suivra ce modèle.

-> Selon rabbi Méir miApta (Ohr laChamayim), lorsque l'on se réveille, alors que l'on est encore allongé dans son lit, il faut prendre l'habitude de trembler devant Hachem et de ressentir véritablement la crainte du Ciel. Le reste de sa journée sera alors rempli de sainteté.

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-> Le Bné Yissa'har (Déré'h Pikoudé'ha) déclare que dès qu'on sort du lit, on doit éveiller ses pensées et se consacrer à l'accomplissement de la mitsva de craindre Hachem. On doit observer la grandeur d'Hachem jusqu'à ce qu'on soit inspiré à craindre Hachem. On doit le faire chaque fois qu'on s'en souvient, et certainement avant de prier, d'étudier ou d'accomplir une mitsva.

-> Le rav Haïm de Volozhin (Kéter Roch - Hilkhot Talmud Torah 71) dit qu'il a été prouvé que lorsqu'on se lève le matin et qu'on accepte sincèrement le joug de la Torah de tout son cœur, en s'engageant à ignorer toutes les distractions, on mérite que son étude ne soit pas perturbé et on réussira certainement dans son étude de la Torah ce jour-là.
Selon l'intensité avec laquelle on accepte le joug de la Torah le matin, et selon le degré auquel on renforce sa résolution, c'est ainsi que Hachem nous aidera ce jour-là, et c'est ainsi que les distractions de cette journée seront éliminées.

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-> Un test décisif pour savoir où l'on en est dans son service de Hachem consiste à observer ses premières pensées dès le réveil. Si nos premières pensées concernent nos affaires et autres activités quotidiennes, on peut probablement supposer que notre cœur n'est pas concentré sur notre service d'Hachem et que nos pensées sont ancrées dans les affaires mondaines.
[par exemple: on fera l'effort d'atteindre un peu avant de regarder son téléphone. En ce sens, certains sages recommandent de terminer notre prière avant de regarder ses messages, emails. L'idée est qu'en consacrant nos premières forces à Hachem (le spirituel, le saint) [c'est ce qui est le plus important, l'essentiel], alors le restant de la journée s'en trouvera positivement impacter. ]
D'autre part, quelqu'un qui est motivé par la pureté constatera que dès son réveil, ses pensées seront concentrées sur la grandeur d'Hachem.
[Ohr haMéïr - chir hachirim 3,1]

-> Le Réchit 'Hokhma (chaar hakédoucha) écrit qu'il est recommandé de se lever dans la joie le matin. Il ne faut pas se lever en pensant que l'on porte un lourd fardeau, car on serait puni pour de telles pensées, comme le dit le verset : "Parce que tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie" (Ki Tavo 28,47).
[Au réveil, on doit réaliser que ] nous nous tenons en présence du Roi suprême, et en présence de tous Ses serviteurs et servantes, et le Roi dit : "Je voudrais que tu sois l'un de Mes serviteurs qui chantent Mes louanges". Quel genre de serviteur ne serait pas disposé à servir le Roi (des rois)?
Il faut réfléchir : "Comment ai-je mérité d'être parmi les serviteurs qui se tiennent devant le Roi dans son palais?"
On doit également contempler toutes les bontés que le Roi nous a accordées, et ne pas les tenir pour acquises, mais plutôt se renforcer dans le service de son Roi.
On doit se comparer à un serviteur dont le maître lui a gracieusement accordé une avance sur son salaire. Un tel serviteur servirait certainement son maître avec empressement, avec un visage agréable et avec amour.

-> Le Chlah Hakadoch (chaar haOtiyot 1) décrit en détail comment il convient de se lever le matin.
Il faut se concentrer pleinement sur la contemplation de l'unicité d'Hachem et sur le fait qu'Il est le Saint, le Roi qui règne sur l'univers tout entier.
Il faut observer le ciel et la terre et méditer sur le verset : "Lève les yeux vers le ciel et contemple qui a créé tout cela" (Yéchayahou 40,26), car Hachem a tout créé à partir du néant absolu.
Il faut réfléchir à "Combien sont multiples Tes œuvres, Hachem" (Téhilim 104,24). Combien sont grandes les œuvres d'Hachem qui a créé la terre et tout ce qui s'y trouve, des êtres inanimés aux êtres les plus intelligents, l'océan et tout ce qu'il contient, les montagnes et les volcans en éruption.
Tout cela est comme un grain de moutarde par rapport au système solaire, et il en va de même pour chaque sphère par rapport à celle qui la surplombe.
L'univers tout entier n'est rien comparé à un ange, et il y a des milliers et des dizaines de milliers d'anges dans l'armée d'Hachem.
Tous ceux-ci ne sont rien en comparaison du Trône divin dans toute sa gloire, et le Trône n'est rien en comparaison de la gloire divine elle-même.
Hachem est la seule Cause, d'où tout émane, et il n'y a personne d'autre que Lui.
Lorsque vous méditez sur tout cela, vous serez rempli de crainte d'Hachem, et l'amour d'Hachem imprégnera également votre cœur, vous inspirant à vous attacher à Hachem.

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+ Priez pour que notre cœur soit totalement dévoué à Hachem :

-> Le Zohar 'Hadach écrit que la prière suivante doit être récitée au lever du matin : "Que ce soit Ta volonté, Hachem mon D., que mon cœur soit prêt et dévoué ; que je ne T'oublie pas."

Le Yaavetz (dans son siddour - Hanhagat Haboker 4) dit qu'il faut veiller à réciter cette prière avec les mains propres. Cependant, le 'Hida (Avodat haKodech - Kesher Godel 1,1) cite cette prière sans y mentionner le nom d'Hachem. Il dit donc qu'elle peut être récitée avec les mains impures, tout comme Modé Ani.

"A propos de celui qui se retient de regarder le mal et ferme les yeux, Hachem dit : 'Celui-là m’appartient.' "

[midrach rabba rapporté par le Pélé Yoets - entrée Regard]

"Face à la 'Hanouccia, demandez une seule chose : 'Je veux voir le bien qui se trouve dans chaque personne. Donne-moi un bon œil. Je veux voir le bien qui est en moi, voir le bien qui est dans mes épreuves.' "

[le 'Hida haKadoch]

La jalousie envers autrui

+ La jalousie envers autrui :

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 1ere partie - drouch 5) explique la différence entre une faute envers son prochain (avéra ben adam la'makom) et une faute envers Hachem (avéra ben adam la'makom) en disant que lorsqu'on commet une faute contre Hachem, il est facile de regretter et de faire téchouva, mais lorsque l'on fait une faute envers son prochain, c'est beaucoup plus difficile.

Pour preuve, il note que si quelqu'un vient voir un Rav et lui dit qu'il a trouvé dans sa maison de la nourriture taréf (non cashère) ou du 'hametz à Pessa'h, et que le Rav lui dit qu'il doit s'en débarrasser immédiatement, il obéira à la décision, même s'il s'agit d'une perte monétaire importante. Il remerciera même le Rav de lui avoir évité une transgression.
Cependant, si une personne emmène son prochain à un din Torah et que les Dayanim décident qu'il doit payer 100 euros, elle n'appréciera pas cette décision et détestera les juges pour l'avoir fait payer.
Une personne n'est pas aussi bouleversée par le fait que de l'argent soit perdu que par le fait que de l'argent soit donné à son prochain, car elle deviendra jalouse de son prochain et lui en voudra pour l'argent.

Les Baalé Moussar écrivent que tel était l'état d'esprit d'Essav. Il ne se souciait pas vraiment des bénédictions qu'il avait perdus, et il aurait été satisfait de la bénédiction qu'il avait reçue de "vivre par l'épée" (Toldot 27,40). Mais : "Essav prit Yaakov en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait donnée" (Toldot 27,41) = La seule raison pour laquelle il était contrarié était que Yaakov avait pris les bénédictions et qu'il était jaloux de lui.

On raconte que deux marchands vinrent un jour voir le rav 'Haïm Soloveitchik, le rav de Brisk, pour un din Torah. Après qu'ils eurent tous deux exposé leurs revendications, le rav de Brisk trancha en faveur de l'un d'entre eux, et l'autre marchand se mit en colère et cria que la décision était erronée.
Le rav de Brisk resta ferme et ordonna à l'homme de suivre sa décision. Après le départ de l'homme, rav 'Haïm demanda aux personnes présentes dans la salle : "Comment se fait-il que lorsqu'un rav décide qu'une vache valant des milliers de dollars est taréf, la décision est acceptée sans discussion, mais que lorsqu'un rav rend une décision contre quelqu'un dans un din Torah, même s'il ne s'agit que d'une petite somme d'argent, la décision n'est pas acceptée et la partie perdante pleure et se plaint?"

Personne n'ayant donné de réponse, le rav de Brisk dit : Je vais vous l'expliquer. La midda de la jalousie obscurcit l'esprit d'une personne. Une personne est prête à perdre des milliers de dollars tant que personne d'autre ne reçoit cet argent. Mais si quelqu'un d'autre prend son argent, il ne peut pas le supporter.

Il a utilisé cette idée pour expliquer le verset (Béréchit 4,6) qui dit qu'Hachem a demandé à Kayin : "Pourquoi es-tu contrarié?" Quelle était la question? Kayin était contrarié parce qu'Hachem n'avait pas accepté son korban. Que demandait Hachem?
La réponse est qu'Hachem demandait à Kayin s'il était vraiment contrarié que son offrande ait été rejetée, ou s'il était contrarié parce que celle de Hevel avait été acceptée.

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-> Rav Eliezer dit que la meilleure midda est d'avoir un "ayin tova" (Pirké Avot 2,12).

-> Rabbénou Yona explique que cela signifie le trait de générosité.
La raison pour laquelle il s'agit d'une si bonne midda est qu'une personne généreuse qui a un "bon œil" et voit le bien chez les autres sera digne d'acquérir toutes les autres bonnes middot.

Bikourim & gratitude envers Hachem

+ Bikourim & gratitude envers Hachem :

-> Le séfer Ha'Hinoukh (mitsva 16) dit que les actions d'une personne ont le pouvoir d'influencer son cœur et son processus de pensée, de manière positive ou négative.
De même, le séfer ha'Hinoukh écrit (en référence aux bikourim, mitsva 606) qu'en exprimant verbalement notre gratitude, nous éveillons notre cœur à ressentir sincèrement de la gratitude.
Lorsque nous accomplissons la mitsva de bikourim, nous faisons les deux : nous agissons d'abord en nous rendant à Jérusalem et en apportant les premiers fruits dans un panier.
Puis, une fois dans le Temple, nous exprimons notre gratitude à Hachem.
Quel effet puissant cela doit avoir sur les émotions et le processus de pensée de la personne, provoquant une transformation positive globale chez elle.

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[ainsi, plus nous multiplions les occasions de remercier Hachem (même sur des choses petites et habituelles de la vie), en le matérialisant par exemple par un sourire, une danse, un chant personnel à Hachem, alors plus nous influençons notre intériorité en l'illuminant d'amour et de confiance en papa Hachem. ]

"Les juifs en exil sont comme des veuves et des orphelins".
[midrach Téhilim 68,3 ]

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-> [Suite à la destruction du Temple,] en dehors de la terre d'Israël c'est une tombe ; les vers nous entourent et nous sommes incapables de nous sauver des non juifs qui dévorent notre chair ... Nous espérons maintenant la résurrection des morts, "Secouez la poussière ; levez-vous!"
[ Gaon de Vilna - fin du commentaire sur Sifra déTzniouta ]

A propos de Binyamin, il a dit : "Le bien-aimé d'Hachem demeurera en sécurité à ses côtés ; Il le protège tout au long de la journée et demeure entre ses épaules" (Vézot haBéra'ha 33,12)

-> Selon le Zohar (Vayechi 226a), Binyamin symbolise la demeure intérieure de la Ché'hina. "Entre ses épaules" représente le Temple reposant sur son territoire.
Mais d'un point de vue mystique, ce verset parle de chaque âme : celui qui devient bien-aimé [de D.] grâce au bita'hon mérite que Hachem demeure en lui.
[Shem MiShmouel - parachat véZot HaBéra'ha ]