Aux délices de la Torah

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"Les prémices de la tonte de ton mouton tu lui donneras (au Cohen)" (Choftim 18,4) :

La laine permet de concevoir des vêtements. Or dans le désert, les nuées de gloire maintenaient les habits dans de bonnes conditions, de sorte qu’on n’avait pas besoin de les changer.
De plus, nos Sages disent que ces nuées sont venues par le mérite d'Aharon le Cohen.

Ainsi, puisque par le mérite d'Aharon, les vêtements étaient préservés et il était inutile d’en concevoir d’autres, en échange il reçut donc en cadeau que le peuple lui offre les prémices des tontes, car c'est avec la laine qu’on fabrique les habits.

[le Tiféret Yonathan]

"Elle se dépouillera de son vêtement de captive, elle demeurera dans ta maison, et pleurera son père et sa mère un mois entier" (Ki Tétsé 21,13)

-> "Un mois entier : c'est le mois d'Elloul"
[Zohar 'Hadach]

-> Le Ohr ha'Haïm explique que durant un mois, nous devons faire téchouva jusqu'à pleurer nos fautes envers notre père : il s'agit de Hachem (ben adam lamakom) ; et envers notre mère : il s'agit de tout autre juif (ben adam la'havéro).

[Pendant toute l'année, nous sommes sommes captifs par les problèmes de ce monde ; et pendant un mois, nous devons nous en défaire, pour pouvoir faire un bilan, prendre du recul, ouvrir notre cœur à Hachem, ...]

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-> Le Séfer Likoutim du Arizal ajoute que durant ce temps (v.21,12)
- la femme captive doit "raser sa tête" = se débarrasser de ses pensées négatives ;
- "se laissera pousser les ongles" = se débarrasser de tout objet volé ;
- "se dépouillera de son vêtement" = enlever le vêtement que ses fautes ont fabriqué.

[nous devons en faire de même : nous débarrasser de tout mauvais état d'esprit (manque de joie par exemple), de tout vol (par exemple : nous nous approprions des honneurs, notre richesse, notre sagesse, ... alors que cela appartient à D.), et plus globalement chaque faute va créer une séparation plus épaisse entre nous et Hachem, dont il faut se débarrasser par notre téchouva.]

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- "Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis" (v.10) = à cette période de l'année, pendant le mois d'Elloul, nous commençons à mener la guerre ultime contre notre yétser ara afin de nous assurer une bonne année.
- "tu verras parmi les captifs, une femme belle d'aspect" (v.11) = chaque âme juive conserve une beauté qui illumine ses alentours pendant qu'elle est en captivité d'un long exil.
- tu la désireras" (v.10) = son désir intérieur de se repentir et de restaurer l'éclat sublime de son âme.

=> Que devons-nous faire?
- "elle se rasera la tête et se laissera pousser les ongles" (v.12) = on doit retirer les ornements extérieurs de la faute (qui nous apparaît sur le moment sublime/attrayante) et se distancier de tout plaisir matériel (non nécessaire).
- "elle demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère un mois complet" (v.13) = les 30 jours du mois d'Elloul doivent être utilisés pour pleurer des larmes de téchouva pour avoir outrager notre relation avec papa Hachem, et avec notre mère la communauté d'Israël.

Mais si cela ne marche pas, alors : "s'il se trouve que tu ne la désire pas, tu la renverras mais tu ne la vendras pas pour de l'argent" (v.14) = si on ne se repent pas et que l'on reste dans la faute, alors il faut penser à notre mort où notre belle âme nous quittera pour rien (sans que nous ayons aucun bien pour notre vie éternelle).
[le Avodat Israël - rav Israël Hopstein]

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-> "Elle se rasera la tête et se laissera pousser les ongles"

Pourquoi précisément ces deux actions là?
Nos Maîtres enseignent que Hachem a créé le corps humain de façon parfaite, hormis deux éléments qui nécessitent un entretien permanent : les cheveux et les ongles. Ils poussent et prennent de la longueur, et l'homme doit régulièrement se couper les cheveux et les ongles.

Et pourquoi Hachem en a-t-Il décidé ainsi?
C'est pour rappeler à l'homme le jour de la mort. Le Zohar (Bamidbar 126a) dit : "L'homme traverse ce monde et pense qu'il lui appartient pour toujours, et qu'il y restera éternellement".
Hachem dit : "Regarde comment tu rases les cheveux de ta tête et comment tu coupes tes ongles. De la même manière qu'ils sont éphémères, de même toi aussi tu es éphémère, et un jour viendra où toi aussi tu disparaîtras de ce monde."
[rav Barou'h Rozenblum]

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"Elle pleurera son père et sa mère" (Ki Tétsé 21,13)

Le Sifri rapporte 2 avis à ce sujet :
- Selon Rabbi Eliézer : son père et sa mère véritables ;
- Selon Rabbi Akiva : il s'agit du culte idolâtre.

Pourquoi est-il nécessaire d'offrir à cette femme un mois pour pleurer ses croyances idolâtres?

Le rav Mordé'haï Miller (Chiour léYom haShabbath) enseigne :
Le jugement humain est extrêmement influençable, chacun étant prisonnier de postulats personnels.

Du fait de cette réalité, la Torah exige que la prisonnière consacre un mois entier de sa vie à faire le deuil de ses anciennes croyances, car il est particulièrement difficile de retirer nos habitudes et affirmations (dogmes) inculqués depuis notre plus tendre enfance
=> Cette jeune femme disposait ainsi d'un mois pour procéder à un examen de conscience et à une révision de toute ses convictions initiales.

C'est la raison pour laquelle nos Sages mettent en relation ce mois de méditation avec celui d'Elloul, période consacrée à l'introspection.
A la fin de chaque année, D. nous offre ainsi la possibilité de réaliser une autocritique profonde, au cours de laquelle nous devons passer en revue l'ensemble de nos actes et toute notre conduite, afin de déraciner les mauvaises convictions profondément installées dans notre esprit.

=> A l'image de la captive qui pleure sa vie passée qu'elle abandonne à jamais pour se préparer à devenir juive, nous devons en faire de même en faisant téchouva sur le passé et en devenant alors un juif parfait.

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+ Enseignements sur la femme captive :

-> La paracha Ki Tétsé s'ouvre sur le passage de la femme captive. Quand le peuple sort en guerre et qu'il y a des captifs, un soldat qui y verrait une femme non juive et qui la désirerait, alors la Torah lui permet de la prendre pour femme.
Selon les commentateurs, le processus est le suivant. Quand ce soldat désire cette femme, il peut s'unir à elle avant même de la convertir. Puis, elle passe une période d'un mois où elle s'enlaidit. Elle se rase toute la tête et laisse pousser ses ongles. Tout cela, pour que le soldat soit repoussé par elle et l'abandonne.
Mais si même après cette période le soldat désire encore vivre avec elle, alors il la convertie et se marie avec elle.

Nos Sages s'interrogent pour savoir comment le soldat a-t-il le droit au départ de s'unir avec une non juive. Ils répondent que puisqu'à un moment de guerre, le soldat est fragilisé, si la Torah lui interdisait cette femme, il ne pourrait pas respecter cet interdit.
Ainsi, pour ne pas que le soldat vive malgré tout avec elle de façon interdite, ne pouvant pas s'en empêcher, la Torah lui autorise donc cela.
=> Mais on peut encore s'interroger. Si à la base ce mariage aurait dû être interdit, comment comprendre que du fait de l'état d'esprit du soldat, la Torah lui autorise un interdit? On ne trouve une telle chose nulle part ailleurs!
De plus, nos Sages enseignent que les soldats qui allaient en guerre devaient être de très grands tsadikim. Ils ne devaient avoir aucune faute même très légère à leur compte. De fait, comment comprendre que de tels tsadikim soient tentés par l'interdit de vivre avec une captive étrangère au point même que du fait de leur impossibilité de respecter cet interdit, la Torah doit le leur permettre?

En fait, ce sujet de la femme captive peut être interprété de façon originale, avec un éclairage très positif.
Le Zohar dit que suite à la faute d'Adam, plusieurs âmes très élevées ont été capturées par les forces de l'impureté. Ces âmes sont généralement libérées à travers la conversion. Quand un non juif se converti, son âme qui faisait partie de ces grandes âmes captives, est libérée.
Il en est de même au sujet de la femme captive dont parle notre paracha. Quand le soldat désire une femme captive, c'est en fait qu'il ressent profondément que cette femme a en elle une âme très haute, et il désire la libérer en s'unissant à elle. En effet, comme on l'a dit, ce n'était que de très grands tsadikim qui allaient en guerre. Ces hommes étaient purs de toute faute.
Bien plus, ils étaient protégés de tout mal du fait qu'ils s'occupaient de la Mitsva de combattre les ennemis d'Hachem. Et celui qui s'occupe d'une mitsva est protégé du mal. Si malgré tout cela, il désire une femme se trouvant parmi les captifs, cela est une preuve qu'en fait, une âme sainte habite cette femme.
C'est cette sainteté qui se trouve en elle que désire réellement ce soldat d'envergure spirituelle si grande. Et si la Torah lui a permis en finalité de la convertir et de vivre avec elle, c'est que par ce biais là, il va pouvoir libérer la grande âme qui est en elle.

D'après cela, on peut comprendre un enseignement de nos Sages. D'un côté, la Torah dit que cette captive est une "femme de belle apparence". D'autre part, le midrash dit qu'elle peut même être laide, puisque le verset dit au soldat : "Et que tu la désires", même si elle est laide.
Si c'est ainsi, on peut se demander pourquoi la Torah dit au départ qu'elle est belle, si par la suite elle inclut même une femme laide?
Mais d'après ce que l'on a dit, on comprend que quand la Torah a dit qu'elle est belle, elle parle ici de la beauté de son âme, et non de son corps. Et pour ne pas que l'on croit que l'on parle de la beauté physique, c'est pourquoi la Torah précise : "Et que tu la désires", pour inclure même une femme laide. Car la femme captive dont on parle est belle intérieurement, même si elle peut être laide extérieurement et physiquement.

=> D'après cela, on peut se demander pourquoi la Torah permet au soldat de s'unir à elle une première fois même avant de la convertir, du fait que si on la lui interdisait il ne pourrait pas respecter l'interdit?
Mais d'après ce qui a été expliqué, il ne devrait pas y avoir du tout d'interdit puisque cette union permet au soldat d'accomplir une grande mitsva de libérer une âme précieuse!
De plus, pourquoi faut-il en 2e temps laisser une période d'un mois où cette femme va s'enlaidir, comme pour dissuader le soldat. Mais si le but de ce mariage est de libérer une grande âme, pourquoi faut-il essayer de dissuader le soldat? Au contraire. Qu'il se marie avec elle de suite, pour réaliser cette si grande réparation !

En fait, certes le soldat voit en cette femme le dépositaire d'une grande âme. Il ressent donc qu'il est une grande mitsva de l'épouser pour libérer cette part de sainteté. Seulement, le mauvais penchant se glisse et se cache dans toutes les situations. Ainsi, il est possible qu'en réalité le mauvais penchant se dissimule derrière cela et persuade le soldat qu'il y a là une grande Mitsva de libérer une sainte âme, alors que réellement il n'en est pas vraiment ainsi.
Le penchant est très performant pour faire passer une faute pour une mitsva.
Avant de laisser le soldat se marier avec la femme captive, la Torah cherche donc d'abord à faire passer un test pour vérifier que son désir émane uniquement d'une source pure de réparer l'âme contenue en elle, et qu'il ne s'agit pas d'un coup du mauvais penchant qui éveille simplement le désir d'un homme pour une femme interdite, et déguisant le tout dans une apparence de mitsva.
C'est pourquoi, la Torah demande à la captive de s'enlaidir pendant un mois, pour annuler et supprimer toute la part du mauvais penchant qui pourrait se cacher pour éveiller le désir du soldat pour la beauté féminine.
En dégradant sa beauté, l'attirance physique éveillée par le penchant pourra être neutralisée. Et si malgré tout, après cela le soldat souhaite encore vivre avec cette femme, cela est la preuve que son désir est vraiment pur, car il aura alors été vérifié que ce n'est pas le mauvais penchant qui en est à l'origine.
Si après ce mois, le soldat désire encore cette femme, le test aura vérifié qu'elle détient réellement une grande âme et que c'est elle que le soldat désire libérer. Son désir émane bien du domaine de la sainteté.

Alors, la Torah lui recommande de la convertir et il pourra se marier avec elle. Seulement, ce test-là c'est la deuxième étape. Mais avant tout cela, dans un premier temps, dès que le soldat a vu la femme captive et la désire, la Torah lui autorise d'emblée une première union avec elle. Et c'est à ce sujet que nos Sages disent qu'on la lui a permise pour ne pas qu'il la prenne de façon interdite. Car au moment où il est sorti faire la guerre contre les ennemis d'Hachem, le soldat n'est pas assez posé pour vérifier l'origine réel de son désir.
Son désir de libérer une âme captive brûle tellement en lui que même si on ne lui permet pas l'union avec cette femme qui lui permettra selon lui de réaliser cette réparation, il ne pourra pas se contenir et ce désir intense de réparation le poussera malgré tout à s'unir à elle.
C'est pourquoi la Torah lui permet la première union, car elle émane finalement d'un désir sacré. Mais ensuite, il faudra passer le test pour vérifier posément la réelle nature de ce désir, avant de le laisser la convertir et l'épouser, comme on l'a expliqué.
[Basé sur le Darach Moché, d'après le Ohr Ha'Haïm]

"Qui est l’homme craintif, au cœur sensible, qu’il retourne chez lui" (Chotfim 20,8)

Quand le peuple doit aller en guerre, les personnes craintifs doivent retourner chez eux et ne peuvent participer à la guerre.

Cela est également valable concernant la guerre contre le mauvais penchant.
Celui qui est craintif et au moral faible ne peut réussir à vaincre son yétser ara. En effet, la victoire dépend de la joie intérieure.

La raison essentielle qui entraîne de tomber entre les mains du mauvais penchant est la tristesse et le découragement. Celui qui se renforce et a un cœur joyeux et positif réussira.

[Rabbi Na'hman de Breslev]

"Ce sera parce que (Ekev) vous écouterez ces lois" (Ekev 7, 12)

La Torah utilise ici le terme : Ekev (עקב), pour dire "parce que".
Or ce terme, qui signifie aussi : "le talon", fait allusion à l’humilité, car l’homme humble se considère être au talon et non à la tête.

La Torah vient ainsi nous enseigner que c'est par le mérite du "talon", symbole de l’humilité, que "vous écouterez ces lois" et que vous les comprendrez (car dans la tradition, "écouter" c’est "comprendre").
En effet, les lois de la Torah ne peuvent réellement être comprises et intégrées que par une personne humble et modeste.

[le Or ha'Haïm haKadoch]

"Vois, je vous ai enseigné des décrets et des jugements comme me l'a ordonné Hachem mon D. pour agir ainsi au sein du pays" (Vaét'hanan 4,5)

Au moment où la Torah a été donné, il y avait un groupe de personnes qui ont cherché à atteindre un plus haut niveau de pureté en se distanciant de la matérialité, accomplissant leur service divin en totale isolation.

Le verset nous enseigne que ce n'est pas une façon convenable d'agir ainsi.
Nous devons suivre les commandements de D. "au sein du pays", c'est-à-dire en faisant partie de la société, et non en ermite, séparé du monde environnant.

[le Arvé Na'hal ]

Rabbi Yéhochoua ben Lévi déclare : "Celui qui revoit son ami après 12 mois de séparation prononce la formule : Béni ... qui ressuscite les morts" (guémara Béra'hot 58b).

=> Pourquoi les Sages ont-ils institué de prononcer une telle bénédiction? Quel est le rapport avec la résurrection des morts?

-> Le Maharcha répond : chaque année à Roch Hachana, Hachem décide si l'homme va continuer à vivre ou non. Et donc, si quelqu'un est resté 12 mois sans voir son ami, Roch Hachana a forcément eu lieu entre-temps. Or, il constate que son ami est toujours vivant.
Cela est bien la preuve qu'il a été épargné de la sentence de mort à Roch Hachana, et c'est pourquoi il doit réciter la bénédiction sur la résurrection des morts, dès qu'il l'aperçoit.

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-> Cet enseignement nous montre qu'en réalité nous ne vivons pas pleinement Roch Hachana. On se dit : ça va je suis encore jeune, ça va je suis en bonne santé, ça va j'ai un métier sûr avec un salaire mensuel, ça va j'ai un appartement/maison, ça va encore une Roch Hachana par habitude, ça va...
Donc au final, on ne vit pas Roch Hachana comme si notre vie était en jeu, comme si chacun des actifs que nous avons (ressources, capacités, santé, famille, spiritualité, ...), absolument tout va dépendre du jugement du Roi des rois.
Ainsi, nous devons utiliser notre pouvoir d'imagination, pour que cela débouche à un déversement de notre cœur à papa Hachem. A l'aide, je n'ai rien et ne suis rien sans Toi!

En ce sens, le rav Israël Salanter disait : je ne comprends pas comment les gens peuvent se promener une semaine avant Roch Hachana en étant calmes et sereins, en continuant à se comporter comme auparavant. Il y a pourtant la crainte que dans encore quelques jours, Hachem décrète, que l'on nous en préserve, que leur rôle dans ce monde s'arrêtera et qu'll les prendra d'ici ...

"Le mot émouna, généralement traduit par "foi", ne signifie pas du tout cela. Il ne s'agit pas d'un attribut cognitif, c'est-à-dire de quelque chose que l'on croit vrai. Il appartient à une sphère de discours entièrement différente.
Il s'agit d'un attribut moral qui signifie la fidélité, comme dans un mariage. La foi dans la Torah est l'histoire d'un amour, l'amour d'Hachem pour la création, pour l'humanité et pour une famille particulière, les enfants d'Abraham, un amour plein de passion mais qui n'est pas toujours, ni même souvent, réciproque.
Parfois, il est décrit comme la relation entre un parent et un enfant. D'autres fois, notamment dans la littérature prophétique, il est envisagé comme l'amour entre un mari et une femme souvent infidèle.
Mais ce n'est jamais moins que de l'amour."
[rav Jonathan Sacks - Essays on Ethics p.xxvii-xxviii]

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-> "La émouna signifie que je prends votre main et que vous prenez la mienne et que nous marchons ensemble dans ce pays inconnu qu'est l'avenir. C'est ce que j'appelle une relation d'alliance. C'est notre relation avec Hachem. C'est aussi la relation du mariage."
[rav Jonathan Sacks - Celebrating Life p.89]

-> "Parce que la Bible est entrée dans la civilisation occidentale par le biais du grec, et parce que pour les Grecs la vocation la plus élevée était la poursuite de la connaissance, nous avons pendant des siècles pensé à la foi comme une sorte de connaissance, intuitive, visionnaire peut-être, mais cognitive. De ce point de vue, avoir la foi, c'est connaître, ou croire, certains faits concernant le monde.
[Or, ce n'est pas du tout le point de vue juif. La émouna est une question de relation. C'est le lien par lequel deux personnes, chacune respectant la liberté et l'intégrité de l'autre, s'engagent par un serment de loyauté à rester ensemble."
[rav Jonathan Sacks - Marriage is a song for two voices in harmony]

Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu’ils jugent comme principal

+ Tsadik et racha sont récompensés dans le monde qu'ils jugent comme principal :

"Le Rocher, Son oeuvre est parfaite, car toute Ses voies sont justice ; D. de fidélité et sans iniquité, Il est juste et droit" (Haazinou 32,4)

-> Rachi commente : "Hachem récompense les justes dans le monde à Venir. Bien qu'Il retarde leur récompense, Il finira par accomplir Sa parole ; [inversement], Hachem récompense les réchaïm pour toutes les bonnes actions qu'ils accomplissent dans ce monde".

-> Le Maharal (Gour Aryé) explique :
Il est normal qu'Hachem récompense les justes dans le monde à Venir et les fauteurs dans ce monde-ci, car Hachem récompense une personne dans le monde qu'elle considère comme principal.

Les actes d'une personne révèlent ce qu'elle considère comme étant le monde principal.
Ceux qui s'engagent dans des activités spirituelles et négligent leurs besoins matériels considèrent manifestement le monde à Venir comme principal/primordial. Ils n'utilisent ce monde que pour accumuler des mérites en vue du prochain monde.
En revanche, ceux qui ne sont jamais satisfaits de leur situation matérielle dans ce monde et qui ne reculent devant rien pour l'améliorer considèrent manifestement ce monde comme leur monde principal.
Les tsadikim comme les fauteurs méritent d'être récompensés dans le monde qu'ils considère comme principal.

Une autre raison pour laquelle les tsadikim ne sont pas récompensés dans ce monde est qu'un travailleur n'est payé que lorsque son travail est terminé, comme l'enseignent nos Sages (Baba Métsia 65a) : "les salaires ne sont payés qu'à la fin".
Les tsadikim (justes) passent leur vie dans une quête sans fin pour servir Hachem, et leur travail ne s'achève qu'à leur mort. Ainsi, un tsadik n'est récompensé que par le "fruit" de son travail dans ce monde, mais la récompense principale l'attend dans le monde à Venir, une fois son travail achevé.

En revanche, une personne fauteuse passe sa vie à rechercher sans cesse des plaisirs matériels. Lorsqu'elle accomplit une mitsva, elle marque une pause dans ses activités généralement vides de sens.
Pour un fauteur, chaque mitsva est une entité distincte et séparée et ne fait pas partie de la mission de toute une vie. Ainsi, sa récompense est due à la réalisation de chaque mitsva individuelle pendant qu'il est encore dans ce monde.

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=> Un juste est récompensé dans le monde à Venir parce que c'est son monde qu'il considère comme essentiel/principal.
Un fauteur est également récompensé dans son monde principal, ce monde-ci.
De plus, une personne juste (tsadik) est constamment engagée dans des mitsvot, et elle n'achève son travail spirituel qu'à son entrée dans le monde à Venir (où elle recevra son salaire).
Cependant, une mitsva est un acte distinct pour un pécheur et son paiement est dû immédiatement après chaque mitsva.

"Quand il y a un jugement en bas, il n'y a pas de jugement en haut. Et quand il n'y a pas de jugement en bas, il y a un jugement en haut" (midrach Dévarim rabba 5,4)

Si l'homme s'inculpe lui-même (en faisant téchouva), il devient alors son propre juge, et en agissant ainsi, il fait disparaître la nécessité d'être jugé par le Ciel. Puisqu'il s'est lui-même incriminé, Hachem le dispense de tout dédommagement, car il a procédé à son propre procès.

L'homme dispose d'un moyen efficace pour être épargné du Jugement Céleste, ressortir indemne, et être préservé de graves punitions. Il lui suffit d'être convaincu que sa sentence est parfaitement justifiée et de reconnaître sa culpabilité.
Et telle est la grandeur de la justification du jugement. Car grâce au fait que l'homme reconnaisse pleinement la véracité du jugement, prenne conscience de sa petitesse et avoue ses fautes, il écarte de lui toutes les sanctions qu'il était censé recevoir en raison de ses péchés.

La guémara (Baba Kama 64b) se base sur le verset (Michpatim 22,8) : "Celui que le tribunal condamnera paiera le double à son prochain", pour déduire l'enseignement suivant : en général, c'est toujours le Tribunal Rabbinique qui condamne l'homme. Mais si l'homme "se condamne lui-même", en reconnaissant que le jugement est justifié et qu'il est coupable, il devient alors son propre juge.
Et grâce à cela, il sera exempté des remboursements, puisque c'est lui-même qui a fixé son propre jugement.

"L'essentiel du projet divin est de nous éloigner du défaut de l'ingratitude, et de nous conduire vers la qualité de la reconnaissance, car c'est un grand concept parmi tous les fondements de la religion (juive).
Et de lui dépend tout le service divin, permettant de prendre conscience que l'âme Lui appartient, que le corps est Son œuvre, que nous sommes tous Ses serviteurs, et que c'est par ce salaire qu'll nous fait acquérir le pays en héritage."
[Alchikh haKadoch]