Aux délices de la Torah

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"Yaakov resta seul" (Vayichla'h 32,25)

-> Le guémara ('Houlin 91a, citée par Rachi) raconte que Yaakov est resté seul après avoir transféré sa famille et ses biens de l'autre côté de la rivière parce qu'il avait oublié de petites fioles et qu'il était revenu les chercher.

Le Arizal explique que tout ce qu'une personne possède, aussi insignifiant soit-il en apparence, lui est donné dans le cadre de la mission de sa vie, et que le fait de le dédaigner témoigne d'un mépris pour le Ciel.

Le 'Hidouché haRim ajoute que cela est d'autant plus vrai en ce qui concerne les talents, les compétences et les bonnes qualités d'une personne. Il faut veiller à ne pas en abuser (les utiliser en mal) et à ne pas les atrophier (ne pas les utiliser en bien comme on pourrait le faire).

Miraculeusement, ils ne reconnurent pas son visage

+ Miraculeusement, ils ne reconnurent pas son visage :

"Ses frères ne purent lui répondre parce qu'ils étaient surpris par son visage" (Vayigach 45,3)

-> Le séfer Imré Pin'has cite le rav 'Haïm Krasner expliquant que le visage de Yossef ressemblait beaucoup à celui de Yaakov. Si c'est le cas, pourquoi ses frères ne l'ont-ils pas reconnu tout de suite?

La seule réponse possible est qu'un miracle s'est produit et qu'ils ont été incapables de le reconnaître jusqu'à ce qu'Hachem décide que c'était le bon moment pour qu'il leur révèle qui il était. Une fois ce moment arrivé, ils ont immédiatement reconnu qu'il ressemblait exactement à leur père.
C'est pourquoi le verset dit qu'ils ont été surpris par "son visage". Ils ont vu que son visage ressemblait à celui de leur père, et cela les a beaucoup effrayés.

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-> Le séfer Agra déKalla demande ce que signifie le fait qu'ils aient été surpris "par son visage". Pourquoi ne dit-on pas simplement qu'ils ont été surpris "par lui"?

Il répond qu'ils ont regardé son visage et ont vu qu'il était illuminé par la sainteté. Ils ont réalisé que leur frère était toujours un tsadik et ils ont été surpris. Ils étaient stupéfaits qu'il ait réussi à surmonter les tentations de ce pays immoral et qu'il soit resté complètement juste (tsadik).
Ils se demandèrent comment il avait pu rester aussi saint, avec un visage aussi brillant, alors qu'il vivait dans un endroit aussi corrompu.

Les douleurs de la naissance du machia’h

+ Lorsqu'elle évoque l'arrivée de machia'h, la guémara compare l'attente et l'accouchement final à une grossesse et à la naissance qui s'ensuit. Dans le même ordre d'idées, la période précédant l'arrivée de machia'h et notre guéoula ultime est appelée "les douleurs de la naissance de machia'h", les derniers soubresauts de la naissance où le moment du salut est presque arrivé, mais où la douleur est à son comble. [Sanhedrin 98b - avec Maharcha]

Le Vilna Gaon (Even Chéléma 11,5) écrit que ce processus s'est également produit en Égypte lorsque le peuple juif était confronté à ses défis les plus douloureux. Au moment précis où leur douleur s'amplifiait jusqu'à ce qu'ils ne puissent presque plus la supporter, leur Délivrance est arrivé.

[cela ressemble aux derniers soubresauts d'une lumière avant de s'éteindre, de même les forces du mal déploient leurs dernières cartouches avant leur fin. ]

"Haman sortit ce jour-là, heureux et le cœur joyeux" (Esther 5,9)

-> Nous devons maintenant comprendre comment il est approprié pour la Torah de dire d'Haman qu'il avait un cœur joyeux.
Surtout qu'on trouve dans de nombreux autres versets du Tana'h : "Il buvait et son cœur était joyeux" (Shoftim 19,6&22 ; Chmouël I 25,36 ; Chmouël II 13,28 ; Méla'him I 8,66 ; Ruth 3,7 ; ...), et sur ces mots la guémara suggère que cette formulation fait référence à l'étude de la Torah.

=> Si tel est le cas, comment est-il approprié de dire à propos d'Haman qu'il avait un " cœur joyeux ", ce qui implique qu'il étudiait la Torah ?

[ en ce qui concerne l'utilisation de cette expression dans le récit de Boaz, le midrach dit qu'elle signifie qu'il a récité le Birkat HaMazon, ce qui implique que cela donne à une personne un cœur joyeux. (midrach Ruth rabba 5).
Ailleurs, le midrach (Tan'houma Béhar 3) dit que cette expression se réfère à l'étude de la Torah.]
[...]

Lorsqu'Esther a organisé son festin et invité Haman à y assister, elle avait des intentions saintes. Elle a certainement organisé cette fête de manière à ce qu'elle soit enracinée dans la sainteté.
Son intention était de séparer Haman de la Sitra A'hara, de la source de sa vitalité, et elle l'a donc invité à son festin, qui était préparé dans la sainteté. Elle voulait ainsi le couper de toute source de vitalité.
Il serait séparé de son côté racha, mais serait incapable de s'attacher avec succès au côté de la sainteté, pour en recevoir la vitalité. C'est ce qui causera sa perte.

C'est le sens profond du verset : "Si ton ennemi a faim, donne-lui du pain, et s'il a soif, donne-lui de l'eau à boire, car tu jetteras des charbons sur sa tête" (Michlé 25,21-22).
En séparant votre ennemi du côté racha, afin de l'amener vers le côté de la sainteté, qu'il ne parviendra jamais à atteindre, vous "jetez des charbons sur sa tête".
Rachi commente que cela fait référence au mauvais penchant. S'il a faim et vous demande de le rassasier de fautes, amenez-le au beit midrach et nourrissez-le de Torah. De même, donnez-lui à boire l'eau de la Torah.

C'est ce que signifie le verset "Haman sortit ce jour-là, heureux et le cœur joyeux", lorsqu'il participa au festin d'Esther, qui était du côté de la sainteté : elle le sépara de la Sitra A'hara (force du mal/impureté) afin de l'amener du côté de la sainteté et le coupa ainsi de sa source de vitalité.
Ainsi, le verset dit "avec un cœur joyeux", ce qui fait référence aux actes qui sont nourris par le côté de la sainteté, comme l'étude de la Torah.
C'est pourquoi le verset suivant dit : "Mais Haman s'est retenu." En effet, comment peut-on dire qu'Haman s'est retenu, puisque la retenue est une bonne qualité? Comme le dit la Michna : "Qui est fort? Celui qui contrôle son penchant" (Pirké Avot 4,1).
Grâce aux étincelles de sainteté qu'Haman a reçues en participant au festin d'Esther, il a été en mesure de réfréner son mauvais penchant.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pourim n°5 ]

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=> En servant à Haman un festin préparé dans la sainteté, Esther a séparé Haman de sa source de mal, affaiblissant ainsi son pouvoir de faire le mal.

La nuit de Pessah, il faut se comporter avec sainteté et crainte, et se réjouir des mitsvot que nous avons mérité de recevoir d'Hachem cette nuit-là ...
A mon avis, si quelqu'un a un cerveau dans son crâne et fait confiance à la Torah, comment pourrait-il s'en moquer? Comment pourrait-il ne pas craindre [de perdre l'occasion de réaliser] cette grande mitsva qu'il n'a pas la possibilité d'accomplir le reste de l'année? ...
Nos terribles fautes sont déjà suffisantes, nous sommes imprécis dans les mitsvot quotidiennes telles que les téfilin et le Birkat Hamazon ; pourquoi sommes-nous également imprécis dans ces mitsvot?
[rav Akiva Eiger - drouché vé'Hhidouché Rabbi Akiva Eiger - drachot p.248 ]

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-> Nous avons tendance à traiter avec davantage d'importance les mitsvot qui se présentent à nous de façon occasionnelle.
Il est dit au nom de rav Nissim Karelitz que cela explique pourquoi les gens sont incroyablement scrupuleux dans le choix d'un tsrog (passant souvent beaucoup de temps à inspecter chaque centimètre carré à la recherche d'imperfections), alors qu'ils ne prêtent aucune attention aux lanières de leurs tefillin, qui doivent être parfaitement noires (et que l'on met tous les jours sauf le Shabbath et yom tov)

Nous avons tendance à traiter avec davantage d'importance les mitsvot qui se présentent à nous de façon occasionnelle.
Il est dit au nom de rav Nissim Karelitz que cela explique pourquoi les gens sont incroyablement scrupuleux dans le choix d'un tsrog (passant souvent beaucoup de temps à inspecter chaque centimètre carré à la recherche d'imperfections), alors qu'ils ne prêtent aucune attention aux lanières de leurs tefillin, qui doivent être parfaitement noires (et que l'on met tous les jours sauf le Shabbath et yom tov).

Calculer la date de la venue du Machia’h?

+ Calculer la date de la venue du Machia'h?

Rabbi Chmouel Bar Néhémie a dit, rav Yo'hanan a dit :
"Malédiction à ceux qui établissent des comptes pour fixer la période de la fin des temps.
Lorsque leur compte ne se réalise pas, ils provoquent le découragement au sein d'Israël, et chacun de dire : Puisque la fin des temps prévue est arrivée et ne vient pas ... [elle ne viendra pas] ...

Néanmoins, attendez-là, comme il est dit : "Si elle [la fin des temps] diffère, attends-là avec confiance" (Habakouk 2,3).
[..]

Ce verset (d'Habakouk) est d'une grande profondeur et il ne faut pas tenir compte des calculs concernant la fin des temps, mais il faut croire en la guéoula et l'attendre."

[guémara Sanhédrin 96b & 97b]
Pour lire la suite, cliquez ci-après : https://todahm.com/2014/08/08/concernant-la-date-exacte-de-la-fin-des-temps

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+ Les phases de la délivrance :

"Quelles sont les phases de la délivrance?
Il semble que ... telle est la délivrance d'Israël : au début, elle sera lente, puis plus elle avancera, plus elle s'accélérera."

[guémara Yérouchalmi - Béra'hot - chap.81]

=> La guéoula ne viendra pas soudainement, mais par étapes successives.
Et pour quelle raison?
Afin que nous nous préparions mentalement à recevoir le libérateur et que nous soyons aptes à accueillir la délivrance.

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On peut citer les paroles du Rabbi Dov Bar de Radowitz :
"Des battements de chaque montre se fait entendre la voix de l'ange de la mort s'approchant.
C'est pourquoi il suscite la tristesse et "une noire amertume".

Mais la montre de mon maître, le 'Hozé de Lublin, déclare et annonce à chaque tic-tac que le Machia'h approche, et c'est là une bonne nouvelle."

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Attendre le Machia'h à chaque instant, c'est être dans un état d'esprit où l'on ne remet pas à plus tard ce que l'on peut faire maintenant.
C'est donner le meilleur de soi-même, selon la logique de la Torah, de nos Sages ...

[Le yétser ara, c'est sûrement très intéressant ce que tu as à me proposer, mais j'ai un invité (le machia'h) qui arrive d'un instant à l'autre, et je ne suis absolument pas libre pour t'écouter ...

On en reparle après, quand mon invité sera là ... 🙂 ]

"Il y a tellement de kédoucha dans les lettres de la Torah, et à plus forte raison quand elles s'assemblent en mots et en versets, que même leur prononciation parvient à influer sur l'homme, à soumettre son cœur à D. et à accepter totalement Sa royauté infinie.

Cette ségoula extraordinaire se trouve dans notre Torah, quel bonheur!"

[Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou]

"Puisque son âme est attachée à son âme" (Vayigach 44,30)

Comment les âmes de Yaakov et de Binyamin sont-elles devenues attachées l'une à l'autre?

Le mot : "attachée" se dit : kéchoura (קְשׁוּרָה), et il a pour valeur numérique : 611, qui est la même que celle du mot : "Torah" (תורה).

Yaakov a enseigné à Binyamin la Torah, et par le biais de cette étude de la Torah, leurs âmes se sont attachées.

=> La Torah est la langue qui unifie entre eux les juifs du passé, du présent et des générations futures.

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+ "Notre peuple n’en est qu’un uniquement grâce à la Torah."

[Rav Saadia Gaon – Emounot véDéot 3,7]

Source (b"h) : traduction personnelle issue d’un dvar Torah du rabbi Bogomilsky (Védibarta Bam)

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+ "Il (Yaakov) envoya Yéhouda devant lui, chez Yossef, pour préparer devant lui, à Gochen" (Vayigach 46,28)

-> Rachi commente : pour lui préparer un centre d’études d’où sortira l’enseignement.

-> Ensuite, à leur arrivée en Egypte, ils vont voir Pharaon, qui leur demande : "Quelles sont vos occupations?" (v.47,3).
Le rabbi David Gourwitz fait remarquer que le mot : "occupations" (maassé'hem - מַּעֲשֵׂיכֶם) a une guématria de 480, qui est la même que : "Talmud" (תלמוד).
En effet, quelles sont les occupations des juifs?
Ils ont des actions (maassé'hem) qui se basent sur le Talmud, ils étudient la Torah quand et où ils le peuvent.
Notre profession n'est pas ce que nous faisons dans la vie, puisque ce n'est qu'une malédiction nécessaire pour nous permettre de faire ce que tout juif doit réellement faire dans sa vie : étudier et vivre selon la Torah.

-> Le rav 'Haïm Friedlander dit que le 1er souci de Yaakov pendant cette période d'exil en Egypte, fut d'assurer aux enfants l'enseignement sacré. En fait, même si Yaakov n'entretient pas de relations avec les égyptiens, ce centre d'études était nécessaire pour clarifier ce qui est permis et ce qui est interdit, et distinguer la vérité du mensonge.

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+ "Pour préparer devant lui, à Gochen" :

-> Le Yichma'h Israël (l'Alexander rabbi) commente sur ce verset :
Les actions des Pères sont un signe pour les enfants. En descendant en Egypte, Yaakov traça la voie pour ses enfants pour survivre en exil jusqu'à la venue du machia'h.
Nous en trouvons une indication dans le fait que : "à Gochèn" (Gochena – גשנה), a la même valeur numérique que : machia’h (משיח), soit 358.

=> Ainsi, en allant en exil à Gochen, Yaakov a fait les préparatifs pour nous donner les moyens de rester confiant en D. et en la Torah durant le long et amer exil.
Le midrach dit que Yaakov envoya Yéhouda à Gochen pour préparer une école pour l'étude de la Torah. En effet, c'est la lumière de la sainte Torah qui illumine nos vies jusqu'au jour où : "Hachem sera pour toi une lumière qu'il est impossible d'éteindre" (Yéchayahou 60,20).

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-> Le pays de Gochen est la terre que Pharaon avait donné à Sarah en compensation de ce qu'il l'avait séquestrée dans son palais lorsqu'elle et Avraham étaient descendus en Egypte pendant la famine.
Depuis, un esprit de sainteté réside en ce lieu grâce au mérite de Sarah. L'influence corruptrice de l'ange gardien de l'Egypte n'a pas affecté cet endroit.
[Pirké déRabbi Eliézer 26]

[en effet, l'environnement dans lequel nous évoluons a une influence indirecte sur nous, d'où l'importance de rester autant que possible dans notre territoire rempli de sainteté (notre Gochen à nous!).]

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+ "Tu t'installeras dans le pays Gochen ... toi et tes enfants et les enfants de tes enfants" (Vayigach 45,10)

-> Pourquoi Yossef a-t-il décidé d'installer son père et sa famille dans le pays de Gochen, loin de la capitale, et n'a-t-il pas plutôt proposé à son père de s'installer près du palais du roi dans la capitale de l'Egypte, pour qu'il puisse le voir à chaque instant?

Nous trouvons la réponse dans la décision du Rema (Choul'han Aroukh - Yoré Déa 240,7) selon laquelle : "Si le fils est grand en Torah et que le père aussi lui doit le respect, il faut qu'ils s'éloignent l'un de l'autre, pour qu'aucun d'eux ne néglige le respect dû à l'autre".
Yossef s'est conduit en accord avec cette hala'ha. En effet, Yaakov et Yossef se devaient le respect mutuellement.
Yaakov devait honorer Yossef parce qu'il était le gouverneur du pays et le vice-roi d'Egypte, et Yossef devait honorer Yaakov parce que c'était son père.
Par conséquent, Yaakov et Yossef se sont installés à des endroits éloignés l'un de l'autre.

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[en étant éloigné de son père, Yossef se permettait également de respecter son engagement de ne pas révéler à son père ce que ses frères lui ont fait.
Il était prêt à sacrifier de beaux  moments avec son père adoré (après une séparation de 22 ans), car cette distance entre eux rassurerait ses frères (il ne risque rien de dire!), et de plus il s'empêche ainsi de révéler la réalité afin de leur éviter une honte énorme (comment ont-il pu faire cela!).]

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-> Le rav Yossef Chlomo Kahenman (v.45,28) dit que quand Yaakov vit les charrettes (allusion à la égla aroufa) [envoyées par Yossef], il s'exclama : "Od Yossef 'haï" (Yossef est toujours vivant!). Avec ces mots "toujours vivant", Yaakov voulait signifier que pour accéder à la vraie vie, il faut s'attacher à l'étude de la Torah.

"Pardonne donc l'offense que [nous,] les serviteurs du D. de ton père, avons commise." (Vayé'hi 50,17)

Rachi de dire : "Si ton père est mort, son D. existe toujours."

Le Atéret Tsvi commente en rapportant la guémara ('Haguiga 15) : "Lorsqu'un homme souffre, que dit la présence divine? J'ai mal à la tête, J'ai mal au bras".

Les frères pensaient que Yossef ne les avait pas punis du vivant de leur père pour ne pas lui causer de peine.
Ils lui dirent donc : "Si ton père est mort, son D. existe toujours" = si tu ne voulais pas causer de peine à ton père, à plus forte raison ne dois-tu pas causer de peine au Maître du monde qui souffre avec chaque juif qui souffre ...