Aux délices de la Torah

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"Tu prélèveras la dîme" (Réé 14,22)

Ce verset se traduit littéralement par : "Prélève la dîme, tu prélèveras la dîme" (assèr téassèr).
La guémara (Taanit 9a) nous dit que cette double formulation vient nous signifier : "Prélève la dîme (assèr) afin que tu t'enrichisses (tit'achèr)."

Le 'Hatam Sofer remarque que c'est le seul cas où la Torah nous autorise à mettre au défi D. de tenir Sa promesse de récompenser financièrement ceux qui prélèvent les dîmes.

-> "Apportez toutes les dîmes dans le lieu du dépôt ... et attendez-moi à cette épreuve , dit D. : [vous verrez] si je n'ouvre pas en votre faveur les cataractes du ciel, si je ne répands pas sur vous la bénédiction au-delà de toute mesure (ad bli daï - עַד בְּלִי דָי)." (Mala'hi 3,10)

Le Oznayim laTorah commente que D. promet à ceux qui prélèvent les dîmes qu'Il déversera pour eux Sa bénédiction jusqu'à ce que leurs lèvres s'épuisent à dire : "assez!" (daï - דָי) devant l'abondance qui leur sera accordée (cf.guémara Shabbath 32b).

Telle est la véritable richesse, selon l'enseignement de nos Sages (Pirké Avot 4,1) : "Qui est riche? Celui qui est heureux de sa part".

La plupart des gens aisés sont insatisfaits et cherchent constamment à amasser davantage, même s'il n'en ont pas besoin.
Par cet enseignement, D. promet à ceux qui prélèvent les dîmes une opulence telle que, heureux de leur sort, ils s'exclameront : "Assez!"

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-> assèr téassèr : cette double formulation vient nous signifier : "Prélève la dîme (assèr) afin que tu t'enrichisses (tit'achèr)" ...

Rabbi Yo'hanan répond au fils de Reich Lakich : "On ne doit pas agir ainsi pour toutes les mitsvot [tester, mettre à l'épreuve la promesse de Hachem], à l'exception de la mitsva de donner de la tsédaka, comme le verset l'affirme : "Testez-Moi avec cela (la tsédaka), dit Hachem, et voyez si je n'ouvre pas en votre faveur les cataractes du ciel, si je ne répands pas sur vous la bénédiction au-delà de toute mesure" (Mala'hi 3,10).
[guémara (Taanit 9a)]

=> Hachem nous promet que donner à la tsédaka ne nous appauvrira pas, et plus que cela il nous permet même de le mettre à l'épreuve pour vérifier que cela fonctionne!

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-> A propos de la mitsva du Maasser (la dîme), citons ici la parole qu'Hachem a placée dans la bouche du prophète Malakhi (3,10) : "De grâce, mettez-moi à l'épreuve en cela, et vous verrez si Je ne vous ouvre pas les portes du Ciel".

Le Maguid de Doubno nous explique :
Hachem, dans Sa grande miséricorde, nous a fait don de Sa Torah qui comporte 613 mitsvot. Le but de toutes les mitsvot est de nous prodiguer les bienfaits inhérents à chacune d'elle, suivant la nature de cette mitsva et d'être par-là, une source de bénédiction pour l'homme. Néanmoins, un homme, créature de chair et de sang, pourra exiger des preuves et se mettre à douter en disant : "D'où saurai-je que les mitsvot sont effectivement une source de bénédiction et que je ne perdrai rien à les accomplir (par exemple, lorsqu'il se presse pour aller travailler et qu'il lui semble qu'en écourtant sa prière et en quittant le Minyane plus tôt, il augmentera ses gains)?"
Pour cela, le Créateur a été bon avec nous et, du fait qu'il est difficile de Le mettre à l'épreuve sur toutes les mitsvot, Il nous a dit : "Prenez une mitsva, qui pourrait sembler être davantage une cause de perte que les autres mitsvot, puisque celui qui donne son Maasser prélève sur l'argent qu'il a gagné, et mettez-moi à l'épreuve en prélevant le Maasser, afin de vous enrichir. Vous pourrez ainsi en conclure, pour toutes les mitsvot, qu'elles renferment en elles un immense bénéfice, et que celui qui M'écoute ne perd jamais rien".

-> Dans son ouvrage Kéter Roch, l'auteur écrit que Rav 'Haïm de Vologine rapporte au nom du Gaon de Vilna que 'celui qui veille à donner son Maasser est assuré de ne pas subir de préjudice, et celui qui veille à donner le cinquième de ses gains est assuré de s'enrichir’.
Grâce à cela, il enracinera en lui la confiance en D., et si seulement tout Israël donnait son Maasser, s'accomplirait la promesse de la Torah (dans notre paracha Réé 15,4) : "Il n'y aura pas d'indigent parmi toi".

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+ Bonus :

On peut trouver également une allusion à ce concept que prélever la dîme conduit à nous enrichir, dans le verset : "kaf a'hat assara zaav méléa" (une coupe en or de 10 shekels, pleine - Bamidbar - Nasso 7,14).

Le mot "kaf" en hébreu veut aussi dire : "la paume [d'une main]".
Ainsi, la Torah nous apprend que :
- kaf = la paume d'une main ;
- a'hat assara = qui donne la dîme, méritera en retour ;
- zaav méléa = d'être pleine, remplie par de l'or.

Source : adaptation personnelle issue du "Védibarta Bam" du Rabbi Moshe Bogomilsky, et du "Talelei Orot" du rav Yissa'har Dov Rubin

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-> "La Torah (Réé 14,22) nous assure que celui qui prélève correctement les dîmes (maaser) s'enrichit.
Cela n'est pas uniquement vrai pour le matériel, mais également pour le spirituel.
Un rav ou bien toute personne donnant de son précieux temps afin d'enseigner et instruire autrui de la Torah, méritera une richesse dans son étude personnelle de la Torah."
[Rav Shimon Shkop]

"Afin de te faire souffrir et afin de t’élever" (Ekev 8,16)

Le 'Hafets 'Haïm de commenter :
-> "Afin de te faire souffrir" = pour voir si tu as pleinement confiance en D. ;
-> "et afin de t'élever" = au-dessus des autres peuples, si tu parviens à surmonter cette épreuve.

Quand D. veut élever une personne à un niveau supérieur, Il la soumet d'abord à un examen, conformément à cet enseignement du midrach (Béréchit Raba) : "D. n'élève un homme à un haut rang qu'après l'avoir mis à l'épreuve".

Le midrach raba de nous dire également : "Heureux l'homme qui passe l'épreuve, car toute personne est mise à l'épreuve par D."

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La guémara (Béra'hot 5a) enseigne : "D. a accordé 3 beaux présents à Israël, mais en spécifiant à chaque fois qu'il faut peiner pour le mériter. A savoir : la Torah, la terre d'Israël et le monde futur".

-> la Torah : l'acceptation des souffrances est l'une des 48 conditions requises pour acquérir la Torah (comme il est écrit dans les pirké avot 6,5).

-> la terre d'Israël : elle ne peut s'acquérir qu'au prix de nombreuses souffrances, à hauteur de la valeur réelle de cette terre.

-> le monde futur : comme le disent nos Sages : "D. inflige des souffrances aux justes pour renforcer leurs bras dans le monde futur" (guémara Avoda Zara 4a).

Tout bien de grande valeur, nécessite d'en payer un prix fort ...

"Lorsque nous arrêtons dans notre cœur qu'Hachem est le roi, D., et qu'en dehors de Lui, il n'y a aucune puissance, que tous les mondes et que tout n'est rempli que de son unité simple et parfaite, alors D., à Son tour, fait que pour nous aucune force ni aucune puissance ne puisse agir contre nous."
[Néfech ha'Haïm - 3e portique]

"Le marié et la mariée doivent être conscients que leur objectif est de permettre la révélation du meilleur contenu chez son partenaire, et ce sera leur épanouissement dans la vie."

[rabbi Avigdor Miller]

-> Selon le Zohar (paracha Chémot), Batya a mérité d'être au centre de toutes les saintes Imahot (Matriarches) :
Chaque matin, Sarah Iménou quitte sa demeure céleste et se rend au héchal de Rivka Iménou. Elles se souhaitent le bonjour et vont voir Léa et Ra'hel. Toutes les quatre rendent ensuite visite à Yo'héved, avant d'arriver à la forteresse qu'est la demeure céleste de Batya. Elles la remercient d'avoir sauvé Moché Rabbénou et se mettent ensemble à prier pour le machia'h.

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+ Quelques exemples de récompenses de Batya d'avoir sauvé Moché :
- elle était première-née de Pharaon et a été épargné lors de la plaie des 1er nés (Pessikta déRav Kahana 7) ;
- elle s'appelait avant Tarmous, et son acte de bonté lui fit mériter l'honneur d'être appelée : "fille de D." (Batya). [Pirké déRabbi Eliézer 47]
- elle aura comme récompense de rentrer vivante au gan Eden. (midrach Michlé 31,15).

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-> Le Zohar haKadoch (Chéla'h) écrit que Batya, la fille de Pharaon, est dans un endroit au gan Eden avec les femmes les plus justes qui ont jamais vécu. Trois fois par jour, on lui montre une image de Moché Rabbénou et on lui dit : "Heureuse êtes-vous, que vous avez été responsable d'élever ce grand tsadik!"
Elle est l'une des 7 personnes qui est allée au Gan Eden alors qu'elle était encore en vie.
Hachem lui-même l'a nommé : "Fille d'Hachem" (bat-YA).

Moché avait d'autres prénoms, mais il est connu par celui qu'elle lui a donné.
Tout cela en raison du fait qu'elle a risqué sa vie pour empêcher que Moché ne meurt dans le fleuve.
Elle est crédité d'avoir élevé "l'enseignant de tous les juifs" (rabban chél kol Israël). Elle reçoit une récompense inimaginable au Gan Eden.

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-> D'après certaines opinions, Batya n'était pas la fille de Pharaon mais l'une de 2 sœurs abandonnées, amenées au palais en raison de leur beauté exceptionnelle.
La seconde sœur, nommée Tsipora, a été adoptée par Yitro et deviendra, plus tard, l'épouse de Moché.
[des 2 sœurs : Pharaon a pris Batya, et Yitro a pris Tsipora]
[midrach Talpiot ; Sifté Cohen]

Lorsque vous demandez pardon, Hachem vous pardonne immédiatement. Vous n'avez pas à attendre une semaine ou un mois ...
Vous demandez pardon à Hachem et Hachem vous pardonne. C'est aussi simple que cela.
[rabbi Elimélé'h Biderman ]

Le mérite de chaque juif a donné de la force à Avraham de réussir dans ses épreuves

+ Le mérite de chaque juif a donné de la force à Avraham de réussir dans ses épreuves :

-> Avraham était bien conscient de l'impact durable de ses actions. Il agissait en tenant compte des ramifications et des effets que cela aurait sur ses enfants. En tant que père de son peuple, il était tout à fait naturel et approprié qu'il réfléchisse à l'impact sur ses descendants. Nous aussi, nous devons être vigilants quant aux conséquences futures de chacune de nos actions sur les générations à venir.

Pourquoi le peuple juif mérite-t-il de profiter du sacrifice courageux d'Avraham (de la Akédat Its'hak)?
Tout simplement parce que sans nous, ses enfants, Avraham n'aurait jamais pu accomplir tout ce qu'il a accompli.
Le pouvoir impressionnant des Patriarches (Avot) reposait, au moins en partie, sur le fait qu'ils étaient les ancêtres du peuple juif. En tant qu'individus isolés, ils n'auraient jamais pu atteindre les sommets qu'ils ont atteints en tant que pères de notre peuple.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5634 ]

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-> Si les générations futures de juifs ont souvent pris les bonnes décisions (maassé), les pensées nobles sont également essentielles. Grâce au mérite de l'Akéda, Hachem fusionne les pensées nobles d'Avraham avec les actes pieux de ses enfants (cf. Kidouchin 40a - une bonne pensée est considérée comme une [bonne] action).

Il est également possible que la récompense envisagée par Avraham pour ses enfants ne soit pas une bénédiction matérielle, mais simplement la capacité d'accomplir des mitsvot. Comme il est dit (Pirké Avot 4,2) : "la [plus grande] récompense d'une mitsva est [la possibilité d'accomplir davantage de] mitsvot".
En fait, chaque acte de service divin (avoda Hachem) accompli par les juifs à l'époque contemporaine trouve son origine dans l'Akéda.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5645 ]

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-> L'impact le plus important et le plus durable de la Akéda (et de toutes les traits d'Avraham) a été la capacité d'Israël à surmonter les limites du monde naturel et à mener une existence miraculeuse. Grâce à la détermination d'Avraham à dépasser ses instincts naturels pour épargner son fils, nous, le peuple juif, récoltons les fruits de l'Akéda et méritons nous aussi un mode de vie surnaturel.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5639 & 5645]

"Entre Moi et les Bné Israël, c'est un signe pour toujours" (Ki Tissa 31,17).
Le Sabbath, avec son renouveau hebdomadaire et sa revitalisation de l'âme de chaque juif, est la preuve suprême de la haute estime avec laquelle Hachem tient les juifs, le signe éternel de la relation unique entre le Créateur et Son peuple.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5651 ]

Si Hachem maintient Sa présence dans ce monde (olam azé), malgré toutes ses faiblesses, cela témoigne de Sa proximité (et de Son accessibilité) avec l'humanité et avec Israël en particulier.
Réfléchissez à la présence de Hachem dans ce monde, pensez à Son intimité avec votre propre vie, et gardant cela à l'esprit, revenez vers Lui.
[Sfat Emet - Roch Hachana 5651 ]

Les 10 jours de téchouva et les 10 Commandements

+ Les 10 jours de téchouva et les 10 Commandements :

-> Les 2 jours de Roch Hachana sont appelés Yoma Ari'hta, une longue journée. Cette terminologie et ce concept sont propres à Roch Hachana et ne sont pas utilisés en référence aux autres Yamim Tovim.
La sainteté des 2 jours de Roch Hachana est considérée comme une seule sainteté (kédoucha a'hat,). Tous les autres Yamim Tovim durent 2 jours en dehors de la terre d'Israël. Ils ne sont pas considérés comme un seul jour, mais plutôt comme 2 jours distincts de Yom Tov.

-> Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach I - drouch 5) enseigne : hormis le fait que les 10 jours de repentir sont des outils spirituels capables de nous aider à corriger nos fautes, ces 10 jours de téchouva correspondent aux 10 Commandements.

Moché Rabbénou monta dans les Cieux à Roch 'Hodech Elloul et revint 40 jours plus tard, à Yom Kippour, avec les 2e Lou'hot, qui contenaient les 10 Commandements.
En effet, le séfer Elef Katav cite le Rav Daniel Prustitz, un contemporain du 'Hatam Sofer. Il explique que durant chaque jour des 10 jours de téchouva, un nouveau commandement des 10 Commandements fut inscrit. Lorsqu'ils furent tous au complet, Moché redescendit et présenta les 2e Lou'hot au peuple juif.

Le premier jour de Roch Hachana correspond au premier commandement : "Je suis Hachem, ton D." (ani Hachem Eloké'ha - Yitro 20:2).
Dans Kéchet Yéhonatan, le rav Yonathan Eibshitz explique la pertinence de cette équivalence. À Roch Hachana, nous utilisons le Shofar et les versets de Mal'hiyot (la Royauté), et de Zi'hronot (le Souvenir), pour proclamer la souveraineté de Hachem sur nous. Il s'agit d'un rituel tout à fait approprié pour le premier jour de Roch Hachana, puisque qu'il correspond à "ani Hachem Eloké'ha", la déclaration de la Royauté de Hachem. Nous sonnons du Shofar pour couronner Hachem comme notre Roi.

Le 2e jour de Roch Hachana correspond au 2e des 10 Commandements : "lo yiyé lé'ha Elokim a'hérim" (Tu ne reconnaîtras pas d'autres dieux - Yitro 20,3).
Nous savons que les 2 premiers Commandements furent prononcées par Hachem 'en une seule parole' (bédibour é'had). Hachem parla une fois et nous entendîmes 2 déclarations : par conséquent, les 2 jours de l'année qui leur correspondent sont considérés comme un seul jour long. C'est pourquoi Roch Hachana est considéré comme un 'Yoma Ari'hta'.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach II - drouch 1) continue cette analogie : initialement, le 2e jour de Roch Hachana n'était observé qu'à l'étranger, pas en terre d'Israël, et la guémara (Kétoubot 110b) précise que celui qui réside en dehors de la terre d'Israël est considéré comme adorant une divinité étrangère.
Ainsi, le rav Eibshitz affirme que le 2e jour des 10 jours de téchouva correspond au 2e Commandaments : "Tu ne reconnaîtras pas d'autres dieux".

Le 3e jour de Tichri est la date à laquelle on commémore le meurtre de Guédalia. Ainsi, ce jour-là correspond au 6e Commandement : "Tu ne tueras pas" (Yitro 20,13

Le jour de la veille de Yom Kippour, une tâche importante est mise en avant : on doit s'assurer que lorsqu'on entre dans Kippour, les seules fautes restantes relèvent du domaine de ben adam laMakom, étant donné que les fautes ben adam la'havéro (envers autrui) ont été rectifiées.
Ainsi, le rav Eibshitz enseigne que la veille de Yom Kippour correspond au Commandement de "Tu ne voleras pas" (lo tiknov).

En raison de la préoccupation particulière que nous puissions avoir en notre possession des objets ne nous appartenant pas, il est d'usage de faire des kapparot avec un poulet.
Nos Sages expliquent que les poulets ne sont pas aptes à être utilisés comme korbanot, car leurs entrailles contiennent de la guezéla, du vol. Puisque les poulets picorent leur nourriture à même le sol, quel que soit leur propriétaire, elles sont représentatives de la faute du vol.
Pendant que nous effectuons les kapparot, nous demandons à Hachem de modifier tous les décrets qui auraient dû incomber aux voleurs (ganavim), et de permettre à la place qu'ils retombent sur le poulet.
Il s'agit là, affirme le rav Eibshitz, d'une dimension plus profonde de la mitsva des kapparot.

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=> D'où les A'haronim ont-ils déduit le concept selon lequel les 10 Commandements correspondent aux 10 jours de téchouva?

Le Tana déBé Eliyahou Zouta (chap.22) enseigne :
De nombreux avantages sont accordés aux Bné Israël pendant les 10 jours de téchouva. Chacun des 7 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour, on peut rectifier le jour correspondant de la semaine pour toutes les infractions commises ce jour-là au cours de l'année précédente.
De plus, bien que le reste de l'année, Hachem n'est prêt à accepter que les prières récitées en minyan, durant les 10 jours de téchouva, Il accepte volontiers même les prières exprimées individuellement en privé.
Pourquoi Hachem nous a-t-Il offert ce cadeau si particulier que nous connaissons sous le nom des 10 jours de téchouva?
Le Tana déBé Eliyahou répond que nous recevons ce don grâce au mérite des 10 épreuves, auxquelles fut soumis Avraham Avinou et dont il triompha.
C'est aussi, dit le Tanna déBé Eliyahou, par le mérite du peuple juif d'avoir accepté les 10 Commandemants.
Ceci est l'une des premières sources d'où les A'haronim déduisirent que les 10 jours de téchouva correspondent aux 10 Commandements.

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-> Selon la Pessikta (רבת בחודש השכיעי רשבע) : lorsque nous faisons téchouva tout au long des 10 jours allant de Roch Hachana à Yom Kippour, Hachem promet qu'Il nous purifiera et nous recréera en tant que nouvelle entité.
La Pessikta mentionne également que les 10 jours de téchouva correspondent aux 10 Commandements.

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+ Les 10 jours de repentir correspondent aux 10 Paroles :

-> Le rav Yonathan Eibshitz établit une autre corrélation : tout comme les 10 jours de téchouva correspondent aux 10 Commandements, ils correspondent également aux 10 Paroles avec lesquelles Hachem créa le monde.
La guémara (Roch Hachana 32a) compte le nombre de fois où Hachem "exprima" une parole pour mettre en œuvre une nouvelle création, et n'en totalise que neuf ; toutefois, elle précise ensuite que le mot Beréchit lui-même constitue également une parole, qui servit à créer. Contrairement aux neuf autres paroles, explicitement écrites dans le texte, cette parole est dissimulé.

Beréchit, la première parole ayant servi à créer, correspond au premier jour de Roch Hachana. De même que la parole est cachée, Roch Hachana, est également caché (bakéssé), au moment du mois où la lune n'est pas visible (à la différence des autres fêtes juives, ayant lieu vers le 15 du mois, où la lune est grande).

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+ Yom Kippour correspond au Commandement de 'lo ta'hmod' :

-> Suivant le modèle que les 10 Commandements ont un parallèle avec les dix jours de téchouva, Yom Kippour correspond ainsi au dernier : "lo ta'hmod" (tu ne convoiteras pas).
Il s'agit d'un lien surprenant, car on aurait pu penser que Yom Kippour serait plus à même de correspondre à la faute la plus grave de la Torah.
Toutefois, ce lien peut s'expliquer grâce à un du Gaon de Vilna, qui explique que toutes les fautes sont enracinés dans le désir ('hemda). Comme toute la Torah est englobée dans les 10 Commandements, et que les 10 Commandements sont englobés dans le Commandement final, celui de lo ta'hmod, il devient tout à fait logique que le jour le plus saint et le plus important de l'année corresponde à lo ta'hmod, qui englobe toute la Torah.

-> Le 'Hida (Dévaril A'hadim - drouch 20 Shabbath chouva) cite Rav Yonathan Eibshitz, qui développe davantage ce concept. Ils évoquent le concept selon lequel "la fin, la conclusion, d'un segment de la Torah est enracinée dans le début".
Le dernière Commandements (lo ta'hmod), et le premier (Ano'hi Hachem), sont interconnectées, tout comme Yom Kippour et Roch Hachana. Celui qui est habitué à suivre les pulsions du désir et de la luxure finira par renier Ano'hi Hachem.
La façon de garantir la préservation d'Ano'hi est de contrôler ses désirs et d'accomplir "lo ta'hmod" (tu ne convoiteras pas). Si l'on permet à ses désirs de le dominer, alors Ano'hi risque de disparaître.

-> Le rav Yossef Engel (Otsrot Yossef) enseigne :
Comment peut-on peut dire à une personne de s'abstenir de faire une action ou d'effectuer une activité. Si quelqu'un voit un objet qu'il aime vraiment, il le désirera. N'est-ce pas une réaction naturelle? Je le vois, je l'aime, je le veux (lo ta'hmod = confoiter). Une personne peut s'empêcher d'agir sur ce désir, mais comment peut-elle s'empêcher d'aspirer aux possessions d'autrui?

En réponse, le rav Yossef Engel explique que puisque Lo Ta'hmod correspond à Yom Kippour, la Torah préconise que ce jour de l'année, nous devons éliminer tous les désirs physiques (taava) et luxure.
Le commandement négatif, est donc principalement destiné à Yom Kippour, le seul jour de l'année où il serait possible d'éradiquer la luxure dans son intégralité, un jour où le désir (autre que pour faire la volonté d'Hachem) est retirée du cœur humain, et le seul jour dans l'année où le Satan n'est pas opérationnel. Un jour, nous enseignent le Pirké déRabbi Eliezer, où nous sommes comme les anges qui n'ont pas de désirs matériels. C'est le seul jour de l'année où cesse la luxure.
Par conséquent, ce jour-là, nous avons la possibilité d'accomplir lo ta'hmod.

Mais la Torah dit-elle que lo ta'hmod est limité à un jour par an? C'est l'un des Dix Commandements à accomplir chaque jour de sa vie.
Le rav Yossef Engel suggère que l'interdiction de lo tá'hmod signifie que l'on doit restreindre les désirs physiques durant toute l'année afin que lorsque Yom Kippour arrive, on puisse accomplir cette mitsva dans sa totalité. En vérité, il n'y a qu'un seul jour par an où il est possible de respecter complètement le commandement négatif, dans son sens le plus complet et le plus vrai. Mais on ne peut atteindre ce niveau à Yom Kippour que si l'on vit avec discipline tout au long de l'année. Alors, quand Yom Kippour arrive et que nous sommes comme des anges qui n'éprouvent pas de taava, lo ta'hmod (tu ne convoiteras pas) peut être réalisé comme il était censé l'être.

-> Yom Kippour correspond à la fois à la convoitise (la 'hemda) et au désir (la taava). D'une manière ou d'une autre, l'origine de tout mal devant être corrigé à Yom Kippour trouve ses racines dans ces deux phénomènes humains.

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+ Le Satan à Yom Kippour - est-il en congé total? :

-> La guémara (Yoma 20a) révèle qu'à Yom Kippour, le Satan n'a aucune autorité pour nous provoquer, nous persuader de fauter et nous poursuivre en justice. Ce jour-là, c'est comme s'il n'était pas de service.

Cette idée découle du nom même de Satan (השטן), dont la guématria est de 364. 364 jours par an, le Satan a la permission de nous poursuivre, mais à Yom Kippour, il n'est pas autorisé à le faire.
Deux questions se posent : que signifie ce concept selon lequel pendant Yom Kippour, le Satan ne peut pas nous provoquer ni nous poursuivre? Malheureusement, il arrive parfois que des personnes commettent des fautes même à Yom Kippour.
De plus, remarque le rav Yossef Engel, le nom de Satan est שטן, ayant la valeur numérique de 359 et non de 364. Son nom n'est pas haSatan. Le hé est seulement ajouté comme titre, haSatan, le Satan. Pourquoi incluons-nous la lettre hé dans le calcul de la guématria de son nom?

Le rav Yossef Engel explique que le Satan opère de 2 façons distinctes et qu'il existe donc une différence entre Satan et haSatan. Il y a le Satan flagrant, et le Satan interne et subconscient.
Tout au long de l'année, il emploie 2 tactiques fondamentales pour inciter les gens à fauter. D'une part, il cajole, encourage, dirige et ordonne à une personne d'agir même contre une halakha claire. Celui qui succombe écoute les instructions du Satan lorsqu'il commet la faute. C'est le Satan agissant comme haSatan : le Satan évident et flagrant.

Cependant, la plupart du temps, il ne fonctionne pas de cette façon, mais emploie une forme de subterfuge, plongeant une personne dans la confusion, puis la convainquant que non seulement il est acceptable d'accomplir la faute, mais que même, dans ce cas précis, c'est une mitsva de faire cette action.

La Guemara (Soucca 52a) enseigne que le Satan a 7 noms. L'un d'eux est Tséfoni (caché/dissimulé). Il est caché en nous et dissimule ses intentions au point où nous pouvons penser qu'il est en réalité le yétser hatov.

Au quotidien, nous devons combattre à la fois le Satan flagrant et déclaré, et le Satan intérieur et caché.
Alors que le Satan pleinement déclaré, connu sous le nom de haSatan, ne remplit pas sa fonction à Yom Kippour, le Satan caché est opérationnel 365 jours par an; il ne fait jamais de pause.

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+ Un autre Yoma Ari'hta :

-> De la même manière que (les 2 jours de) Roch Hachana est considéré comme "Yoma Ari'hta" (une longue journée), il existe deux jours supplémentaires pouvant également être considérés comme Yoma Arikhta. La guémara (Pessa'him 118b) précise que celui qui mange le 9 Tichri, qui est la veille de Yom Kippour, est considéré comme ayant jeûné à la fois le 9 et le 10. Les neuvième et dixième jours de Tichri sont donc considérés comme une seule longue journée.

Yom Kippour (10 Tichri) correspond à "lo ta'hmod, et le 9 Tichri correspond au neuvième commandement : "lo taané bér'atra éd shaker" (tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain - Yitro 20,13).
La guémara associe le faux témoignage à la faute de lachon ara. Elle cite Rav Chéchet au nom de Rav Elazar ben Azaria, qui déclare que celui qui dit du lachon ara, celui qui accepte le lachon ara et celui qui témoigne faussement méritent d'être jetés aux chiens.
Ce curieux regroupement est destiné à nous apprendre que témoigner faussement est synonyme de violer l'interdit du lachon ara.

Ainsi, puisque le 9 Tichri correspond à l'interdit de "faux témoignage", qui implique de prendre ses distances avec le lachon ara, et que le 10 Tichri correspond au Commandement interdisant la 'hemda et la taava,
Le rav Yossef Engel enseigne que c'est pour ces raisons que ces 2 jours sont considérés comme un seul long jour de jeûne. En effet, ces 2 jours réunis parviennent à corriger les 3 fautes qui, en tant que groupe, constituent la racine de toute faute, comme en témoigne celle d'Adam et de 'Hava, qui incorporait la 'hemda, la taava et le lachone hara.
[lachon ara du serpent à 'Hava sur Hachem (affirmant qu'Hachem avait mangé de l'Arbre de la Connaissance et avait constitué ensuite le monde entier) ; et le verset (3,6) : "Et la femme comprit que l'arbre était bon à manger et qu'il était un délice pour les yeux, et que l'arbre était désirable comme moyen de sagesse".
Ces 3 fautes se retrouvent souvent regroupées dans l'enseignement de nos Sages, comme la guémara (Baba Batra165a) : "La plupart des gens volent [ce qui est enraciné dans la 'hemda], certaines personnes commettent des adultères [qui sont enracinés dans la taava], et tout le monde viole l'avak (poussière) de lachon ara". ]
Le 9 et le 10 Tichri forment une paire dynamique qui nous aide à éradiquer les trois fautes cardinales, et ainsi à vaincre toute iniquité.