Aux délices de la Torah

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Moshé et les Bné Israël chantèrent ce cantique à Hachem, et ils dirent (Béchala'h 15,1)

-> Ce Shabbat est connu sous le nom de "Shabbat Shira" parce que la shira (chant, cantique) que les Bné Israël ont chantée au bord de la mer est lue cette semaine. Cependant, le lien entre la Shira et ce Shabbath doit encore être expliqué plus en profondeur.

Le verset déclare : "Ils crurent à ses paroles, ils chantèrent ses louanges" (vaaminou bidvarav, yachirou téhilato - Téhilim 106,12).
Le midrach (Chémot rabba 22,3) déclare : "Bien qu'il ait été dit précédemment que la nation juive avait cru (vayamen aam - Chémot 4,31), elle est revenue à la non-croyance, comme il est dit : 'Nos pères, en Egypte, n’ont pas compris tes miracles, ni gardé le souvenir de tes nombreux bienfaits! Ils se révoltèrent aux bords de la mer, de la mer Rouge' (Téhilim 106,7). Mais une fois qu'ils sont arrivés à la mer et qu'ils ont vu la puissance d'Hachem et la façon dont Il a jugé les réchaïm (les égyptiens), ils ont cru en Lui. Par le mérite de cette émouna, le roua'h hakodech reposa sur eux et ils dirent la chira".

Le Yisma'h Israël déclare que nous voyons dans ce midrach que celui qui a la émouna est capable de dire une chira. Il poursuit en disant que Shabbath représente la création du monde. La sainteté du Shabbath renforce notre émouna qu'Hachem a créé le monde, comme nous le récitons dans la Kabalat Shabbath : "To'h émouné am ségoula", grâce à la émouna, nous pouvons mériter de saluer Shabbath et de bénéficier de sa sainteté.
C'est pourquoi on l'appelle "Shabbath Shira", cela doit nous permettre de davantage prendre conscience que Shabbath est un jour où se renforce la émouna, ce qui nous permet de dire un shira.
[dans l'obscurité de l'exil, dans la routine de la semaine, on doit profiter du supplément de émouna, d'âme de Shabbath, pour rallumer notre relation avec Hachem, en Lui chantant, en laissant parler notre âme. C'est le message de Shabbath Shira. ]

Le pouvoir intrinsèque de nos mots

+ Le pouvoir intrinsèque de nos mots :

-> Il est important de réaliser pleinement le pouvoir des mots eux-mêmes.
La guémara (Kétoubot 62b) rapporte l'histoire de Yéhouda, fils de Rav 'Hiya, gendre de Rav Yanai, qui passait toute la semaine à étudier la Torah et revenait le vendredi pour être à la maison pour le Shabbath avec sa femme. Chaque semaine, il était précédé par une colonne de feu qui arrivait en son honneur.
Une semaine, il était tellement absorbé par son étude qu'il ne rentra pas à la maison.
Lorsque Rav Yanaï vit qu'il n'y avait pas de colonne de feu, il supposa que son gendre était mort. Il demanda donc à sa famille de renverser son lit, ce qui, à l'époque, était la coutume lorsque quelqu'un décédait.
La guémara nous dit que ce fut "comme une erreur venant du souverain" (Kohélet 10,5), et Yéhouda mourut dans le beit hamidrach.

=> Comment cette tragédie a-t-elle pu se produire? Nous savons que les tsadikim peuvent apporter des bénédictions ou des malédictions extraordinaires, mais ici, Rav Yanaï n'aurait certainement pas voulu qu'une telle chose se produise!

Le rav El'hanan Wasserman (Kovetz Chiourim - sur Kétoubot - chap-208) écrit que nous apprenons ici : "Les mots prononcés par la bouche d'une personne sainte affectent le monde, même s'ils sont prononcés sans aucune intention." Les mots eux-mêmes ont un pouvoir!
Le rav Wasserman poursuit en écrivant que celui qui prononce de mauvaises paroles, telles que des mensonges, des malédictions ou du lachon ara, contamine sa bouche et les mots qu'il prononce perdent leur pouvoir naturel.

-> La guémara (Shabbos 119b) discute de l'importance de l'étude de la Torah par les jeunes enfants, qui étant sous la bar mitsva, n'ont pas de faute, et nous dit que toute ville qui n'a pas d'enfants en train d'étudier sera détruite. Ces enfants ne doivent pas être interrompus dans leur étude, même pour aider à la reconstruction du Temple.
Reich Lakich, l'un des Amoraim, déclare : "le monde ne tient que par le souffle (l'étude de la Torah et la prière) des enfants".
Son collègue Abbayé lui demande : "Qu'en est-il de la vôtre et de la mienne? Notre Torah est certainement assez spéciale pour justifier la continuation du monde."
Reich Lakich répondit que les enfants n'ont pas de faute et que leur Torah et leur prière sont donc plus importantes que les siennes et celles d'Abbayé.

Examinons l'ampleur de cette affirmation. Les Amoraïm comptaient parmi les plus grands hommes qui aient jamais vécu ; leur vie entière était empreinte de sainteté et de pureté, consacrée uniquement à l'accomplissement de la volonté d'Hachem. Lorsqu'ils priaient et apprenaient, ils le faisaient avec un niveau de pureté et de dévouement que nous ne pourrons jamais comprendre. Ils maîtrisaient tous les domaines de la Torah et la guémara rapporte de nombreux cas où ils ont accompli des miracles dévoilés, ramenant même des morts à la vie.
Cependant, la Torah et la prière des petits enfants, qui ne comprennent même pas les mots qu'ils prononcent, sont plus grandes que toutes les leurs, parce que les enfants qui n'ont pas de faute ont une bouche sainte.

Nous voyons donc que les mots eux-mêmes, s'ils sont prononcés correctement et avec une bouche pure, sont plus puissants que la prière des plus grands adultes du peuple juif, prononcée avec la kavana la plus profonde.

=> Le rav Wasserman poursuit en comparant les paroles d'un homme à une hache. Avec son tranchant, une hache coupe même sans effort, mais si elle devient rouillée, elle ne coupera pas tant que la rouille n'aura pas été enlevée.
Nos paroles ont une capacité naturelle à produire des effets dans les Cieux, à moins qu'elles ne deviennent "rouillées" à cause de notre mauvaise langue.

[nous retrouvons cette idée dans la Torah. Yaakov dit à ses 12 enfants, les 12 tribus, qu'il a conquis la ville de Chekhem "avec mon épée et mon arc" (Vayé'hi 48,22), ce que le Targum Onkelos rend par "avec mes prières et mes supplications". L'épée d'un juif est sa prière. ]
[rav Avraham Tabor]

Se préparer avant une mitsva

"Vous avez refusé de respecter Mes lois" (Béchala'h 16,28)

-> Hachem reprocha aux Hébreux de ne pas avoir respecté l'ordre. Celui de rester dans les champs pour ne pas aller chercher la Manne le Shabbat. Mais, Hachem inclut Moché dans cette remontrance. Il ne lui a pas dit : "Ils ont refusé de respecter Mes lois", mais "vous avez refusé", afin d'associer Moché à cette faute.
Nos Sages expliquent qu'Hachem voulut lui reprocher une certaine négligence qu'il avait commise, lui aussi. En effet, lorsque Hachem lui demanda d'avertir le peuple qu'il ne devrait pas sortir dans les champs pour aller ramasser la Manne pendant Shabbat, Moché attendit le dernier moment, c'est-à-dire vendredi pour leur rapporter cet ordre. Hachem voulait lui en faire le reproche et c'est ainsi l'inclut dans la critique faite au peuple.
=> Mais pourquoi Hachem lui fit cette remarque en l'incluant dans le reproche au peuple d'avoir transgressé le Shabbat? Car ces deux fautes ne sont pas comparables.

-> Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique que pour qu'une mitsva soit accomplie comme il se doit, elle nécessite une préparation. Un certain temps doit être pris au préalable pour s'y préparer, pour étudier les lois de cette Mitsva, sa signification, son importance, afin de pouvoir s'en imprégner.
Mais aussi pour se préparer intérieurement. Cela consiste à réfléchir à ce qu'on s'apprête à faire : servir Hachem, le Créateur et le Roi du monde et réaliser Sa Volonté, ce qui nous permettrait de nous lier à Lui et d'étancher la soif de notre âme qui aspire plus que tout à ressentir une proximité avec Lui.

Une mitsva réalisée dans cet état d'esprit serait bien plus profonde, imprégnée de crainte et d'amour d'Hachem. Nos Sages nous apprennent qu'il convient d'éviter à tout prix "d'entrer" dans une mitsva de façon soudaine et précipitée, sans s'y être préparé. Elle risquerait d'être vide de sens et superficielle, de manquer de ferveur et de profondeur. Prenons l'exemple des prières quotidiennes.
Il faut éviter d'attendre la dernière minute pour se dépêcher de s'en acquitter, dans la hâte, car elles perdront toute leur ferveur. Il est bien plus recommandé de prendre un petit moment pour se préparer intérieurement. Penser devant Qui on s'apprête à parler et prendre conscience qu'Il peut nous accorder TOUT ce qu'on lui demande. Même une ou deux minutes seulement pour penser à cela avant de prier, pourront changer radicalement notre ressenti et toute la valeur de notre prière.
De même, souvent quand une Mitsva est quelque peu difficile, le fait de s'y préparer permet de se familiariser et se faire à l'idée de devoir l'accomplir. Ce qui la rendrait plus accessible. Alors que si on s'y confronte d'emblée, sans préparation, on ne serait pas prêt à devoir la faire.
Parfois on risquerait de ne pas réussir à la respecter, car on se rendrait compte des difficultés que l'on n'aurait pas prévues.

C'est ainsi que si Moché avait averti le peuple du respect du Shabbat à l'avance, les Hébreux auraient eu le temps de s'y préparer intérieurement. Mais comme il a attendu la veille de Shabbat pour les informer, ils n'ont pas pu s'y préparer. Cette mitsva s'imposa à eux de façon soudaine, ce qui les confronta trop brusquement à sa difficulté. C'est pour cela que certains sont venus à transgresser.
Aussi, Hachem inclut Moché dans le reproche qu'il fit au peuple, car il en portait une certaine responsabilité.

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-> le rav Nissim Yaguen (v.16,23) voit différemment cette attitude de Moché : https://todahm.com/2021/09/10/33053

Miracles dans le temps

+ Miracles dans le temps :

-> Nous récitons une bénédiction pour les miracles de 'Hanouca et de Pourim, mais pas pour ceux de Pessa'h, car les premiers sont le fruit de notre initiative, alors que les seconds sont entièrement surnaturels.
Pourquoi récitons-nous la bénédiction "Qui a fait des miracles" (chéassa nissim) à 'Hanouca et à Pourim, mais pas à Pessa'h, bien que des miracles aient également été accomplis à cette occasion?

La raison semble être la suivante : Considérons que les miracles de 'Hanouca et de Pourim ont tous deux été réalisés par l'intermédiaire de femmes. [guémara Shabbath 23a]
Considérons que D. accomplit des miracles entièrement surnaturels, comme Il l'a fait en nous faisant sortir d'Égypte, en frappant les égyptiens par les 10 plaies et en fendant la mer.

Cependant, Il accomplit également des miracles dans le cadre de la nature, comme lors de 'Hanouca, lorsqu'une femme donna du lait à boire à son ennemi, le faisant dormir, puis le tua. (Rabbénou Nissim - Shabbath 23a)
Il en va de même pour Pourim : au début, Haman était le favori du roi, mais plus tard, en raison de l'amour du roi pour Esther, Haman a été tué. (Esther rabba intro 9)
Ainsi, dans le cas de 'Hanouca et de Pourim, les miracles ont été accomplis dans les limites de la nature, dans le temps. C'est la signification de la bénédiction "Qui a fait des miracles pour nos ancêtres à cette époque, de nos jours" (bayamim aém, bazman azé).
C'est pourquoi cette bénédiction est récitée à 'Hanouca et à Pourim, lorsque le miracle s'est produit dans le cadre de la nature, dans le temps.
À Pessah, en revanche, le miracle était entièrement surnaturel.
Par conséquent, la bénédiction "Qui a fait des miracles" ne s'applique pas.

Cela explique également pourquoi les miracles de Hanouca et de Pourim ont été accomplis par l'intermédiaire de femmes. Ce monde reçoit le flux de bonté de D., et comme nous l'avons écrit, le miracle a été accompli dans les limites de ce monde, dans la nature. Ce monde est le destinataire. Par conséquent, dans les cas de Hanouca et de Pourim, le miracle a été accompli par l'intermédiaire d'une femme, qui illustre la qualité de la réception.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - 'Hanoucca]

-> Rabban Shimon ben Gamliel dit au nom de Rabbi Yéhochoua : Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n'y a pas eu un seul jour [sans malédiction].
Rava dit : Chaque jour, les malédictions sont plus grandes que la veille ... Alors, pourquoi le monde existe-t-il?
Il existe grâce à la Kédoucha déSidra et au "Amen chémé rabba" de l'Aggada.
[guémara Sotah 49a ]

-> Tout talmid 'hakham qui enseigne la Aggada peut expier toutes les fautes d'Israël. S'il récite le Kadich [après avoir terminé] son Aggada, toutes ses fautes sont pardonnées.
Même si un mauvais décret a été scellé à son sujet, Hachem lui pardonne ses fautes.
[rav Avraham Azoulai - 'Hessed léAvraham 2,30 ]

En Egypte, les juifs ont fait de l’idolâtrie contre leur réelle volonté

+ En Egypte, les juifs ont fait de l'idolâtrie contre leur réelle volonté :

-> Le Zéra Shimshon (Vaéra 6,2-5) précise que, bien que les juifs aient effectivement atteint le 49e niveau d'impureté et qu'ils aient servi l'idolatrie (avoda zara), le verset les décrit comme "nus et dépouillés" (Yé'hezkel 16,7). Cette description décrit clairement la situation des peuples juifs en Égypte.
De la même manière qu'une personne normale qui est nue souhaite qu'on lui donne des vêtements, le peuple juif souhaitait servir Hachem. Ce n'est qu'à cause de l'impureté de l'Egypte qu'ils sont tombés si bas.

De même, le Yalkout Chimoni (Béchala'h 240) dit que les juifs ont été délivrés par le mérite de leur émouna.
Ainsi, les juifs possédaient effectivement des mérites : à la fois leur désir de servir Hachem et celui de leur émouna en Lui.

Pourquoi la tribu de Lévi n’a pas été esclave en Egypte

+ Pourquoi la tribu de Lévi n'a pas été esclave en Egypte? :

"Le roi d'Egypte leur dit : "Moché et Aharon, pourquoi détournez-vous le peuple de son travail? Allez à vos tâches personnelles!" (Chémot 5,4)

-> Rachi explique que l'intention de Pharaon en disant "Allez à vos tâches personnelles" était que, puisque les Léviim n'étaient pas tenus de participer au travail physique (l'esclavage), Pharaon a spécifiquement dit "Allez à vos propres tâches", ce qui signifie, allez vous occuper de ce que vous avez à faire dans votre maison, mais pas du travail physique que tous les autres juifs sont tenus de faire.

Le Zéra Shimshon demande : pourquoi la tribu de Lévi n'a-t-elle pas été inclus dans le décret sur le travail physique (l'esclavage), alors que le verset qui décrit le décret sur l'exil égyptien et la servitude ne fait pas de différence entre les tribus?
Le verset dit : "ta descendance sera des étrangers dans un pays qui n'est pas le leur, où elle sera asservie et opprimée, durant 400 ans" (Lé'h Lé'ha 15,13). D'après ce verset, il semblerait que tout le monde fera partie du décret d'esclavage. Si c'est le cas, pourquoi la tribu de Lévi est-elle exclue?

Le Zéra Shimshon répond que le midrach (Chémot rabba 1,10) dit que lorsque Yossef est décédé, le peuple juif a cessé d'observer la mitsva de la Brit Mila. Ils ont agi ainsi parce qu'ils voulaient ressembler aux égyptiens. Lorsque cela s'est produit, Hachem a fait en sorte que les égyptiens les détestent.

Le Zéra Shimshon souligne qu'il semble que si le peuple juif avait respecté la mitsva de la Mila, il n'aurait pas été soumis à l'esclavage et au travail harassant de l'exil égyptien. Comment cela coïncide-t-il avec le verset qui semble dire que le peuple juif aurait été soumis à ce décret de toute façon?

Le Zera Shimshon suggère qu'il y avait deux parties au décret de la descente en Égypte. À l'origine, le décret prévoyait seulement que le peuple juif serait étranger dans le pays. Cependant, s'ils ne respectaient pas le symbole du peuple juif, la mitsva de la circoncision (mila), ils seraient alors soumis au décret supplémentaire du travail d'esclave.
Étant donné que la tribu de Lévi a respecté la mitsva de Mila, ils sont restés des étrangers, mais n'ont pas été soumis au travail physique. Tous les autres juifs qui ont renoncé à la mitsva de la circoncision ont ensuite été soumis à la deuxième partie du décret, à savoir le travail d'esclave éreintant.

Le Zéra Shimshon tire cela de la formulation du verset susmentionné. Le passuk dit : "ta descendance sera des étrangers dans un pays qui n'est pas le leur, où elle sera asservie et opprimée".
Le verset aurait pu dire : "ta descendance sera opprimée dans un pays qui n'est pas le leur." De même, une fois que le verset a dit qu'ils seront des étrangers, il n'est pas nécessaire d'ajouter "dans un pays qui n'est pas le leur"?

Le Zéra Shimshon dit que si le décret était en fait un décret en deux parties, ce verset est très bien compris.
La première partie du décret était que le peuple juif serait un étranger dans un pays étranger. S'ils se font remarquer et vivent comme s'il ne s'agissait pas de leur propre pays, en conservant leur identité juive (symbolisée) par le biais de la mitsva de la circoncision, alors le décret s'arrête là.
C'est pourquoi le verset ajoute "dans un pays qui n'est pas le leur", pour souligner que s'ils vivaient comme si ce n'était pas leur pays et n'essayaient pas de s'assimiler, tout le décret s'arrêterait là. Dans ce cas, tout ce que le décret impliquerait serait de vivre comme des étrangers en Égypte.

Cependant, s'ils ne respectent pas cette ségrégation, le verset continue à dire quelle sera la seconde partie du décret "où elle sera asservie et opprimée".
C'est la raison pour laquelle le verset énonce le décret en deux parties et ne se contente pas de dire : "Vos enfants seront opprimés dans un pays qui n'est pas le leur."

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[l'exil égyptien comporte une part de tous les exils qui ont suivi (dans le nôtre). On peut éventuellement apprendre que certes nous avons un décret d'être en exil (étranger parmi les nations), mais plus nous abandonnons nos valeurs et symboles juifs en voulant se fondre dans la masse du pays environnant, alors plus nous risquons d'avoir une 2e partie à ce décret : le fait d'y être opprimés! ]

Le commandement le plus strict est d'honorer son père et sa mère.
[Yérouchalmi - Péa 1,1 ]

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-> La guémara (Kidouchin 31b) assimile le fait d'honorer ses parents à celui d'honorer Hachem. La mitsva d'honorer ses parents est si difficile que Rabbi Yo'hanan dit : "Heureux celui qui n'a jamais vu ses parents", car il est pratiquement impossible de remplir correctement cette mitsva.

-> Le Messékh 'Hokhma (Vaét'hanan 5,16) souligne que de nombreux enfants prétendent que leurs parents ne se sont guère impliqués dans leur éducation et ne méritent donc pas leur honneur. Il réfute cette affirmation en se basant sur le fait que l'honneur dû à ses parents a été commandé aux Bné Israël alors qu'ils étaient dans le désert. Là-bas, l'éducation des enfants ne nécessitait qu'une implication minimale de la part des parents : la manne tombait du ciel, l'eau jaillissait du puits de Myriam et les Nuées de Gloire leur fournissaient un abri.
Néanmoins, Hachem a ordonné aux enfants de cette génération d'honorer leurs parents.

La grande valeur des mitsvot

+ La grande valeur des mitsvot :

-> Peu avant son décès, le Gaon de Vilna tenait ses tsitsit entre ses mains et dit : "Dans le monde à Venir, tout ce que je donnerai ne suffira pas pour accomplir la mitsva des tsitsit. Dans ce monde, en revanche, on peut acquérir cette mitsva pour quelques centimes!"
Le Gaon de Vilna a passé toute sa vie à étudier l’intégralité de la Torah, ne dormait presque pas la nuit et accomplissait chaque mitsva dans les moindres détails. Pourquoi était-il si bouleversé de ne plus pouvoir porter de tsitsit?

La réponse est que plus une personne est grande, plus elle comprend l’ampleur et l’importance de chaque mitsva. Même une mitsva accomplie avec une intention incorrecte mérite une grande récompense (dans l'éternité de notre monde à Venir).

Le rav Aharon Leib Steinman cite les paroles de Rachi ('Houkat 21,34) qui démontrent cela. Lorsque Moché est parti combattre le géant Og et son armée, Hachem lui a dit de ne pas avoir peur. Rachi explique que Moché avait peur parce qu’Og avait un mérite : il avait informé Abraham que son parent, Lot, avait été capturé, et Avraham avait alors pu aller sauver Lot.
Or, Rachi avait précédemment (Lé'h Lé'ha 14,13) déclaré que l’intention réelle d’Og n’était pas de sauver Lot, mais qu’Avraham serait tué au combat et qu’Og épouserait alors Sarah. Ainsi, cette "mitsva" avait été accomplie dans une intention très mauvaise.
Néanmoins, Moché craignait que ce mérite ne suffise à aider Og à vaincre les juifs.
Il est donc certain qu’une personne qui accomplit une mitsva avec la bonne intention sera largement récompensée.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Nid'hé Israël - glose au chap.38) écrit de même.
Il explique que les réchaïm reçoivent leur récompense dans ce monde parce que leurs mitsvot sont "factices" et ne sont pas accomplies pour l’amour de Hachem, et que la récompense de ce monde est "factice" par rapport à celle du monde à venir.
En revanche, lorsqu’un juste (tsadik) accomplit une mitsva pour les bonnes raisons, sa récompense est réservée au monde à Venir, et elle est si grande que même les anges ne peuvent la comprendre, comme le dit le verset (Yéchayahou 64,3) : "Aucun œil, sauf le Tien, ô Dieu, n’a vu [ce qu’Il fera] pour celui qui L’attend".
Le 'Hafets 'Haïm compare cela à quelqu’un qui possède un billet de banque d’une valeur nominale si immense qu’aucune banque, même la plus riche, ne peut l’honorer.
De même, seul Hachem peut connaître toute l’étendue de la récompense des mitsvot.

-> La joie et l’exaltation du rav Steinman après avoir accompli une mitsva étaient indescriptibles. Après avoir entendu le shofar à Rosh Hashana, il était extrêmement heureux et il bénissait tout le monde de tout son cœur.
Dans ses dernières années, la question s’est posée de savoir s’il serait autorisé à jeûner à Yom Kippour. Finalement, il a jeûné. Il en était si ravi que plusieurs mois après Yom Kippour, il a dit à son petit-fils : "Je suis tellement heureux d’avoir pu jeûner à Yom Kippour!"

Un matin, le rav Steinman mit ses tefillin avec une émotion et une dévotion particulières. Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il expliqua : "Pessa'h vient de se terminer, et pendant cette période, je n’ai pas pu accomplir cette grande mitsva, qui, selon Rambam, comprend en réalité huit mitsvot. Cette mitsva m’a manqué comme un père regrette son fils unique, et je suis donc si heureux de retrouver mes téfilin, qui me sont si chers!"

Les mitsvot sont les moyens par lesquels nous atteignons la véritable perfection [principalement dans le monde à Venir]. Sans elles, il est impossible d'y parvenir. On sait cependant que cet objectif ne peut être atteint que par le résultat combiné du respect de toutes les mitsvot.
En fait, la récompense [c'est-à-dire le niveau de bonheur et de perfection que l'on méritera] reflétera la manière dont les mitsvot ont été respectées. Selon le niveau d'observance des mitsvot d'une personne, telle sera sa perfection dans le monde à Venir, et même le moindre écart se reflétera très certainement dans le résultat final. ...
Une personne doit donc être très attentive et précise dans l'accomplissement des mitsvot et le service d'Hachem, tout autant que ceux qui pèsent l'or et les bijoux avec un soin extrême, car les mitsvot sont très précieuses puisqu'elles mènent à la véritable perfection et à la joie éternelle, qui sont les choses les plus précieuses qui soient.
[Ram'hal - Messilat Yécharim 1 ]