Paracha Chémot

– « Et voici les noms des enfants d’Israël qui sont venus en Egypte … » (chémot 1,1)

Rashi sur ce verset : « bien qu’Il les ait comptés de leur vivant, par leur noms, Il les a recomptés, après leur mort, pour faire savoir son amour pour eux, car ils sont comparés aux étoiles ».
1°/ La thora recompte les noms des enfants d’Israël pour montrer combien D. nous aime et comment D. s’occupe et se soucie de chacun de nous.
2°/ Le Sfat Emet ajoute que de même que D. a créé les étoiles pour éclairer l’obscurité de la nuit, D. a créé le peuple juif pour répandre la lumière divine même dans les lieux les plus obscurs spirituellement parlant.

3°/ Dans la Guemara Houlim 60b, il est dit qu’à la création de la terre, D. a créé 2 luminaires égaux. Mais la lune a été rapetissée car elle s’était plainte à D. en disant : « Il n’est pas possible à 2 rois de partager la même couronne! ». Pour apaiser son chagrin, D. lui a adjoint une armée d’étoiles.
Ainsi, à l’image des étoiles, le rôle de l’existence d’Israël est comme l’a souligné rabbi Akiva : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

4°/ Ce verset est une louange aux Bnei Israël qui même en exil dans un pays étranger, n’ont pas modifié leur nom, mais au contraire, l’ont porté fièrement.
D’ailleurs, les juifs se distinguèrent des égyptiens dans 4 domaines (Chémot Raba 1,33) : aucun enfant ne reçut de nom non-juif, ils continuèrent à parler en hébreu, ils ne s’habillèrent pas à la façon égyptienne et ils agissaient avec bonté les uns envers les autres, et ne dénonçaient pas de juif aux égyptiens.

5°/Le rav de Bendin disait sur ce verset que les dernières lettres des 5 premiers mots en hébreu (« vééle shémot Bneï Israël abaïm ») forment le mot Téhilim. C’est une allusion au fait que dans les difficultés et les douleurs comme en Egypte, il faut utiliser le livre des Psaumes, et c’est ainsi que viendra le salut.

6°/ [Leket Eliaou] – Le rav yéhouda Leïb Feïn demande pourquoi il est écrit  « voici les noms des enfants d’Israël » et pas directement « voici les enfants d’Israël »?

Hazal nous enseignent : « Il n’y a pas d’homme plus libre que celui qui s’adonne à l’étude de la Torah ».

Le rav nous apprend qu’un juif en exil qui se dévoue à l’étude de la Torah sera toujours un homme libre. A l’image de nos ancêtres, notre corps est en exil mais notre esprit reste libre.

– « La fille de Pharaon ouvrit, elle le vit, l’enfant; et voici un garçon pleure. Elle eut pitié de lui et dit : « c’est un des enfants des hébreux »  » (Chémot 2,6).

Rashi sur « et voici un garçon qui pleure » = sa voix était comme celle d’un grand garçon (jeune homme).

Pourquoi une voix de jeune homme? Moshé ne pleurait pas sur son sort (= avoir été abandonné par sa mère) mais sur le sort des autres (= les souffrances du peuple d’Israël). Dès sa naissance, il pleura pour son peuple.

– « Le roi d’Egypte mourut, et le enfants d’Israël gémirent à cause de l’esclavage; ils crièrent. Leur cri monta vers D. à cause de l’esclavage » (Chémot 2, 23)

Pourquoi les Bnei Israël prennent-ils conscience de la sévérité de l’exil et de l’esclavage maintenant, au moment de la mort du roi d’Egypte?
= ils avaient envie de prier et de crier auparavant, mais les égyptiens dans leur méchanceté les observaient, parce qu’ils savaient qu’Israël serait sauvé par la prière. Lorsque le roi est mort, les juifs ont profité de l’occasion pour dire aux égyptiens qu’ils pleuraient la mort de leur roi et se lamentaient avec eux, alors que la véritable raison de leurs pleurs et de leurs prières était l’esclavage et la douleur.

D. a discerné leurs intentions et a entendu leurs cris.

– « Moshé dit : S’il Te plaît, mon Maître envoie, je T’en prie par qui tu voudras envoyer » (Chémot 4,13)

Rashi sur ce verset =  » Par la main de celui que Tu as l’habitude d’envoyer, et c’est Aaron ou (autre explication) par la main d’un autre que Tu voudras envoyer; je ne suis pas destiné à les faire entrer dans la terre d’Israël et être leur sauveur dans le futur; Tu as de nombreux autres émissaires « .

Il y a en Egypte des millions de juifs en esclavage, et Moshé refuse?
Le rav Chakh en tire un grand principe. Moshé savait qu’il n’était pas possible qu’une chose bonne comme la délivrance du peuple d’Israël découle du fait que quelqu’un qui n’aurait pas dû être blessé, soit blessé.
Rabbi Sholom Mordechai Schwadron (le Maharsham) a dit à ce sujet : « J’ai reçu de mes saints maîtres que si quelqu’un court pour construire le Temple, et que cette course cause un dommage à quelqu’un, il vaut mieux qu’il reste à la maison et ne construise pas le Temple! ». Ainsi, nous ne sommes pas responsables d’amener la délivrance si c’est lié à une mauvaise action.
D’ailleurs, D. n’a pas contredit Moshé, et lui a dit : « Aaron te verra et se réjouira dans son cœur » (Chémot 4,15).
Rashi sur ce passage :  » non pas comme tu penses qu’il t’en voudrait car tu accèdes à la grandeur; et de là Aaron mérita les ornements du pectoral qui est placé sur le cœur du Grand-Prêtre « .

+ Quelques biscuits pour Shabbath :

1°/ Yoheved était agée de 130 ans à la naissance de Moshé. Contrairement à Sarah (qui a enfanté à 90 ans), on n’en parle pas dans la Torah car les miracles étaient fréquents à cette époque.
On apprend, par exemple, que les femmes juives mettaient au monde des sextuplés, tous forts et en bonne santé (chemot Raba 1,7).

2°/ Bénies soient les femmes juives !!!
Bien que l’esclavage s’était intensifié, les femmes juives ne s’avouèrent pas vaincues.
Elles se faufilaient dans les champs de travail pour laver leurs maris, les nourrir, leurs apporter des paroles de réconfort et les consoler (« D. nous libérera ! »).
Grâce à leur confiance en D., les Bnei Israël continuèrent à avoir des enfants (Yalkout Chimoni 1,163).

Le Méam Loez (Chémot 1,14) enseigne : « Hachem vit leurs bonnes intentions, et par divers moyens détournés, commença à aider ces femmes vertueuses.
De petits poissons se mirent à se multiplier dans leurs puits, facilement pêchés lorsque l’on allait puiser de l’eau … Souvent, lorsque les femmes puisaient de l’eau, le sceau remontait à moitié plein de poissons. »

3°/ Les 2 sages femmes juives.
Selon l’explication de Rashi (chémot 1,15), il y avait :
– Chifra = Yoheved (=mère de Moshé). Elle se faisait appeler Chifra car elle rendait beau le nourisson (le lavait et le nettoyait).
– Pou’ah = Myriam (=soeur de Moshé). Elle portait ce nom car elle calmait les nouveaux nés qui pleuraient (Rashi : « elle crie, parle et murmure au nourisson à la façon des femmes qui apaisent le bébé qui pleure »).

Myriam avait 5 ans et était aussi habile qu’une adulte (chémot Rabba 1,17).
Après l’ordre de Pharaon de tuer les nouveaux nés juifs mâles, elles adressaient une prière à D. pour que l’enfant naisse en bonne santé et que la mère ne meurt pas lors de l’accouchement. Elles voulaient, ainsi, montrer clairement qu’elles écoutaient D. plutôt qu’un roi de chair, au péril d’être passible de mort.
D. accepta leurs prières.

4°/ Moché naquit circoncis, signe qui indiquait qu’il allait être un tsadik (chémot Raba 1,23).
Par ailleurs, Rachi cite la guémara (Sotah 12) : « quand Moché naquit toute la maison s’est emplie de lumière (de la présence divine) » (chémot 2,2).

Le Méam Loez (Chémot 2,2) enseigne : « L’enfant (Moché) n’était âgé que de quelques heures qu’il commença à parler. Le jour de sa naissance, Moché parla avec son père et sa mère ».

5°/ Batia, la fille de Pharaon, avait rejeté depuis longtemps le culte des égyptiens et avait prit sur elle les lois de la nation juive (Pirkei de Rabbi Eliezer 48).
D’ailleurs, selon une opinion, elle s’est rendue auprès du Nil pour faire la tévila (immersion qui n’a pas de raison logique) pour devenir une convertie au judaisme (Rashi, Sota 12).

Elle l’appela Moshé (= »retiré des eaux »).
Malgré le fait qu’il avait déjà 10 noms (dont celui choisit par ses parents = Yekoutiel = qui enseigne aux Bnei Israël de placer leur espoir et leur confiance en D.), la Torah a retenu celui donné par Batia. Cela montre la grande récompense qui attend ceux qui font du hessed (service désintéressé rendu à son prochain).

6°/ Ne restons pas insensible aux difficultés d’autrui.
Dès que Moshé apprit ses origines juives, il quittait chaque jour le palais pour aller rendre visite à ses frères dans les champs de travail. Il portait des lourds fardeaux avec les Bnei Israël et pleurait et se lamentait :  » Votre torture me fait mal à moi aussi ; si seulement je pouvais mourir pour vous ! » (chémot Raba 1,32).

D’ailleurs Rashi illustre très bien l’attitude de Moshé : « il dirigea ses yeux et son cœur pour avoir de la peine pour eux » (chémot 2,11).

-> Le midrach (Chémot rabba 1,27) commente à ce sujet :
« Que signifient ces mots? Moché les voyait et en pleurait.
Il disait : « Combien de chagrin me suscitez-vous! Qui me laisserait mourir à votre place? » …
Il n’hésita pas à prêter son épaule et à aider chacun d’eux. […]
Hachem dit : « Tu as délaissé tes propres occupations pour aller voir la souffrance des juifs, te comportant ainsi comme un frère, Je jure de délaisser les Mondes supérieurs et les mondes inférieurs pour venir te parler ». »

7°/ Moshé se maria à Tsipora (fils de Yitro) à l’âge de 77 ans.

8°/ Moshé demanda : « Il est vrai que les Bnei Israël seront délivrés dans le futur mais qu’adviendra t-il de tous ces enfants qui sont maintenant cimentés dans les murs? »
D. répondit : « Si tu es inquiet au sujet des enfants qui meurent dans les murs, tu peux sauver l’un d’entre eux. Tu comprendras alors que ces enfants, s’ils avaient vécu, seraient devenus complétement pervers. Je ne fais qu’éloigner les épines du sein des Bnei Israël ».
Moshé sauva l’un de ces enfants, un garçon de nom de Mikha. C’est lui, qui va aider le erev rav (égyptiens qui se sont joints au peuple juif lors de la sortie d’Egypte) à former le veau d’or, et qui au temps des Juges va ériger une idole en Erets Israël (Sanhedrin 101 Rashi).

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