Rabbi Mendel de Kotzk posa un jour la question suivante : les 5 dernières parachiot du livre de Bamidbar sont : ’Houkat, Balak, Pin’has, Matot et Massei.
’Houkat+Balak sont parfois lues ensemble le même Shabbat.
Il en est de même pour les 2 parachiot : Matot+Massei.
Pourquoi est-ce que la paracha de Pin’has, qui se trouve au milieu de ce groupe de 5, est toujours lue seule ?

La réponse du Rabbi de Kotzk : Pin’has était un extrémiste. Un extrémiste est toujours à part.
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+ Petite précision qui n’est (au mieux) qu’une goutte dans l’océan, de la réponse qu’aurait pu donner (à mon humble avis – b »h) le Rabbi Mendel de Kotzk pour développer sa réponse.

Tout d’abord le terme « extrémiste » est à prendre dans son sens positif.
On peut aller au bout des choses dans le bien comme dans le mal.

Pin’has a été un des 7 dirigeants qui ont contracté une alliance avec D. : Avraham, Its’hak, Yaakov, Moshé, Aharon, Pin’has et David.
Dans le texte des Séli’hot, nous demandons à D. d’évoquer en notre faveur l’alliance contracté avec chacun d’eux.
Ainsi, au regard du nom des 6 autres personnes, on peut se rendre compte de la grandeur de l’acte de Pin’has.

+ « Pin’has fils d’Elazar, fils d’Aharon le Cohen » : il a mit fin par son acte au fléau qui avait déjà tué 24 000 personnes.
Dans la suite du verset il est dit : « avec zèle ».
Pinh’as avait en lui une forte inclinaison à faire la paix (cela venait d’Aharon haCohen) et était parmi ceux qui faisait le service divin, et n’avait pas de préparation à combattre, utiliser des armes, …
Malgré cela, il s’empara de la lance de Moshé, déjoua la ruse des gardes et les transperça avec la lance.
Ainsi, à son niveau, pour D., il alla au bout de lui-même et de sa nature.
D’ailleurs le Kétonot Or résume en disant que le zèle pour punir les méchants apparaît à priori comme le contraire de la paix, et semble être de la controverse.
Mais la Torah, nous dit que le zèle authentique mène justement à la paix.

+ Devant l’inertie de Moshé, d’Aharon, des 70 anciens, … Pin’has aurait pu décidé de ne pas agir (« Pourquoi devrais-je intervenir, je ne crains pas plus le Ciel qu’eux! »).
Non, Pinh’as a agit car il vivait SA Torah avec son D. (cf. « pour son D. » verset 13) entièrement, à l’extrême de ses capacités, et non pas une Torah passive/subie, où l’on agit parce que tout le monde le fait (v.11 il agit « parmi eux » : il vivait donc SA Torah parmi le peuple d’Israël sans s’en détacher car il agit par amour et non par la colère/haine).

+ « Pin’has fils d’Elazar, fils d’Aharon le Cohen vit » (Balak 24 ; 7)
Que vit-il?
Rashi : Il vit l’acte et se souvint de la loi … que les hommes zélés doivent tuer le coupable.
Nos Sages disent à propos de cette loi : « Telle est la loi mais on ne l’enseigne pas ».
Si un homme tue le coupable de sa propre initiative, il a respecté la loi mais s’il va poser la question hala’hique, on lui répond de ne pas tuer le coupable.
Le ‘Hidouchei HaRim explique : cette loi émane de l’indignation qui anime l’homme lorsqu’il voit un méchant commettre une telle faute. Ce sentiment le pousse à le punir immédiatement!
Mais s’il a le temps et la patience d’aller poser une question, c’est le signe qu’il n’est pas indigné par la faute à ce point-là et il ne devra pas tuer le coupable.

Pour finir, il est évident que ces événements nous dépassent : Zimri était très érudit (car chef de tribu à une époque où le peuple d’Israël avait un très haut niveau spirituel) et très âgé (250 ans!), et il est évident que nous devons pas, à notre niveau penser appliquer cette loi en allant tuer autrui (nous avons encore tant à faire pour s’améliorer et qui nous dit qu’à la place d’autrui nous aurions pas fait pire).

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