Birkat Hamazone

+ Birkat Hamazone :

Rabbi Eliézer Gordon, le Roch Yéchiva de Lomze, s’interrogea :
« Comment se fait-il qu’après avoir remercié D. pour la nourriture et la parnassa par 4 bénédictions, nous avons des dizaines de requêtes supplémentaires.
Compte les hara’haman, particulièrement dans le rite séfarade.
N’est-ce pas de l’effronterie? »

Il répondit :
« D. se conduit avec nous comme une mère avec son enfant.
Que fait une mère lorsque son enfant refuse de manger?
Elle lui promet un bonbon ou de la glace.
Remarque comme cela semble absurde!
Non seulement la maman donne la nourriture gratuitement à son enfant et la porte jusqu’à sa bouche, mais elle lui donne des récompenses pour l’inciter à manger.
Ce n’est pas une absurdité car elle est une mère.
Son amour pour son enfant est tel, que tout son désir est de lui offrir des cadeaux s’il mange le repas qu’elle lui a préparé. »
Non seulement D. est heureux de voir Ses enfants jouir de l’abondance qu’Il leur accorde, mais en plus, lorsque nous Le bénissons pour cela, D. nous dit : « Demandez-en encore beaucoup et Je vous exaucerai. »

Source :  issu du livre « Binéoth Déché » du Rav David Chaoul Greenfeld

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-> Le Birkat haMazone est grand parce qu’il augmente l’aptitude à bénir dans la cour céleste …
Quiconque mange sans avoir béni Hachem est considéré comme s’il avait volé sa nourriture des mains d’Hachem.
[Zohar ‘Hadach]

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« Le Maguid de Mézéritch avait l’habitude de dire à ses étudiants qu’il est plus important d’être vigilant à réciter le birkat hamazone avec ferveur, que de prier avec ferveur.

Prier a été institué par les Sages de la Grande Assemblée, tandis que le birkat hamazone est un commandement positif de la Torah. »

[le Toldot Aharon]

[Le Maguid de Mézéritch avait plus d’intention (kavana) dans le Birkat haMazone que dans l’Amida. En effet, il disait que le birkat hamzone est une mitsva de la Torah et est ainsi d’un niveau supérieure que la Amida, qui est une mitsva de nos Sages (rabbanim).]]

-> Pour mesurer l’importance du birkat hamazone, on peut rapporter les paroles de nos Sages :
Celui qui craint Hachem ne récitera pas le birkat hamazone en portant uniquement la kippa sur la tête, mais s’efforcera de mettre un chapeau ; et la coutume est de mettre également la veste en l’honneur de la mitsva.
[Michna Broura 183,11 ; Yé’havé Daat vol.4 chap.1 ; Or Létsion p.110 par.3]

-> Le Réchit ‘Hokhma écrit :
Il convient de penser, au moment où on récite le birkat hamazone, que l’on accomplit une mitsva positive. C’est pourquoi il ne faut pas le dire avec frivolité ou le marmonner sans kavana (concentration/intention), mais se préparer à la rencontre de son D.
De plus, il convient de se couvrir la tête d’un chapeau, tel que celui que l’on porte au-dehors, face aux hommes.
On devra être imprégné de crainte et d’amour … Autrement dit, craindre son Maître, qui est infini et souverain infaillible, et L’aimer, c’est-à-dire se souvenir de la grande bonté qu’Il nous a prodiguée, en nous procurant notre subsistance même si on ne le méritait pas du fait de nos péchés, conformément au texte : « Qui nourrit le monde entier dans Sa bonté, avec bienveillance, bonté et miséricorde », en d’autres termes, Il nourrit tous, bons et mauvais.
Il faut prononcer le texte du birkat hamazone avec entrain et amour, mot à mot, sereinement et calmement.

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-> Le Alchikh haKadoch commente le verset : « Car ta bonté vaut mieux que la vie, mes lèvres Te béniront » (Téhilim 63,4) de la façon suivante : Quelle est la bonté qui vaut mieux que la vie?

Réponse :
Que tu m’aies donné la permission que mes lèvres Te loue, ce que ne méritent pas certains anges supérieurs.
Il faut y penser à ceci lorsque l’on récite dans le birka hamazone : « al hakol ana’hnou modim la’h » (pour tout, nous Te louons).
Autrement dit, pour tout et plus que tout nous Te bénissons sur le fait que par Ton amour Tu t’es adressé à nous les hommes (créature si basse) en nous ordonnant de Te louer, comme il est écrit : « tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras ». Car Hachem notre D. nous a ainsi témoigné l’ampleur de Son affection, un amour envers Son peuple élu.
Il est impossible de ne pas se réjouir!
[rabbi Eliézer Papo – ‘Hessed Laalafim]

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-> Réciter le birkat hamzone est une mitsa très aimée par Hachem.
Lorsqu’on récite le birkat hamazone comme il le faut, cela amène une joie indescriptible dans tous les mondes Supérieurs.
Nous devons le dire comme si c’était notre plus grand mérite.
Notre cœur devrait chanter de joie d’avoir l’opportunité de réaliser cette merveilleuse mitsva de remercier et louer Hachem pour la bonté qu’Il nous octroie.
[Zohar ‘Hadach – méguilat Ruth]

-> Tout celui qui qui récite le birkat hamazone de la bonne manière, aura toutes les bénédictions du monde qui viendront sur lui.
[midrach – Otsar midrachim – Ekev – au nom de Reich Lakich]

-> « Il [Hachem] bénira ta nourriture et ta boisson et j’écarterai tout fléau du milieu de toi » (Michpatim 23,25)
Le midrach (midrach Alfa Beita) interprète ce verset comme une promesse de Hachem que si nous récitons le birkat hamazone après avoir terminé un repas, alors Il retirera toute maladie de nous.

-> Lorsqu’un juif dit le birkat hamazone avec kavana (intention), alors toute la nourriture qu’il mange se transforme en médicament qui va guérir toute maladie qu’il peut avoir.
[Maor vaChémech – Michpatim]

-> Celui qui prononce le birkat hamazone avec concentration méritera de l’entendre de la bouche du roi David, lorsqu’à la venue du machia’h, Hachem fera une Séouda pour les tsadikim.
[Kav haYachar – chap.87]

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-> « Une personne qui est méticuleuse dans l’accomplissement des mitsvot, doit toujours réciter le birkat hamazone en lisant le texte, plutôt que de tête, par cœur » [le Ba’h – Baal haTourim 188]

-> « Une personne qui dit le birkat hamazone avec ferveur va mériter d’entendre le birkat hamazone du roi David, lorsque Hachem fera le grand banquet pour tous les tsadikim. »  [Kav haYachar – chap.87]

-> « Toute personne qui récite le birkat hamazone avec ferveur (kavana) aura une subsistance abondante durant toute sa vie »  [Séfer ha’Hinoukh – mitsva 430]

-> Celui qui récite le birkat hamazone avec concentration (kavana) et satisfaction méritera de la part de Hachem qu’Il lui procure sa subsistance avec plaisir, favorablement, et avec honneur toute sa vie.
[Zohar – Vayakel 218a]
[cette idée est rapportée, par exemple par : Kaf ha’Haïm 183,31&46 [plaisir] (et 185,2 [honneur]) ; Ben Ich ‘Haï ‘Houkat 1 ; Séfer ha’Hinoukh]

-> « Si vous dites le birkat hamazone d’une voix forte et joyeuse, cela vous aidera à devenir riche »  [Kav haYachar – commentant Michlé 10,22]

[dans le Ségoulot Israël (81,19), il est écrit que le birkat hamazone favorise la richesse à condition de le réciter joyeusement.]

-> Celui qui dit le birkat hamazone à voix haute, méritera de devenir riche.
[‘Hida – Nitsoutsé Orot – Zohar Vayakel]

-> Un pauvre est venu demander un conseil au rav Yossef ‘Haïm Sonnenfeld pour faire de l’argent.
Le rav lui a répond : « Dis le birkat hamazone à partir d’un Siddour, avec intention (kavana). »

De même, une femme stérile a pleuré au Maharil Diskin qu’elle n’avait pas d’enfant.
Le rabbi lui a dit : « Prenez sur vous de toujours réciter comme il faut le birkat hamazone à partir d’un Siddour, avec intention (kavana). Cela vous aidera. »
[le Steïpler et le rav Shach donnaient toujours ce même conseil aux gens qui n’avaient pas encore d’enfant.]

Lorsqu’un homme a approché le rabbi Shlomo de Zhvil pour lui demander une bénédiction afin que son fils soit un tsadik, le rabbi lui a dit : « Fais attention à toujours dire le birkat hamazone à partir d’un Siddour. Cela sera ta meilleure bénédiction ».

[puisque le birkat hamazone est si spécial, qu’il amène sur nous tellement de bénédictions, notre yétser ara fait tout pour que nous le récitions à la va-vite, par habitude.
Nous devons donc sans cesse nous rappeler sa véritable valeur : ce n’est pas une corvée à se débarrasser, mais au contraire une source phénoménale de bénédictions!
Ainsi, le géant en Torah de sa génération, le rav Shach énonçait doucement chaque mot du birkat hamazone, comme s’il comptait des pièces d’or. Cela lui prenait 15 minutes pour terminer cette prière, et une fois qu’il la finissait son visage rayonnait de bonheur.
Un élève lui a demandé pourquoi il en était si joyeux, et le rav Shach lui a répondu : « Je viens d’avoir le mérite de dire comme il le faut le birkat hamazone. Le birkat hamazone permet d’amener sur une personne du succès dans tous les domaines, et d’avoir une longue vie ». ]

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-> J’ai trouvé la raison pour laquelle la lettre pé finale (ף) n’apparaît pas dans tout le birkat hamazone.
C’est parce que tout celui qui récite le birkat hamazone avec la concentration requise, alors la colère de Hachem ne régnera pas sur lui. (אַף – af = colère)
[Béer Heitev – Orach ‘Haïm 185 – citant le Bach]

-> La guémara (Béra’hot 20b) rapporte les paroles de Hachem aux anges : « Comment puis-Je ne pas faire preuve de préférences à la nation d’Israël, qui dit le birkat hamazone à partir d’un kazayit (environ 30g) ou d’un kabétsa (environ 50g – une petite quantité), malgré le fait que Je leur ai ordonné de faire le birkat hamazone à partir du moment où ils sont satisfaits [leur faim]?
Je les favoriserai car ils me favorisent! »

Le Sifri explique : « Hachem va oublier Sa colère, et va tourner Sa face vers nous ».

[ainsi grâce au birkat hamazone au moment où Hachem doit normalement s’énerver contre nous, alors non seulement Il ne le fait pas, mais en plus Il va se tourner vers nous pour chercher à nous favoriser!]

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-> On a vu que les juifs ont pris sur eux de faire le birkat hamazone à partir d’une petite quantité de kazayit ou de kabétsa, et non à partir du moment où ils sont rassasiés.

Le rav Its’hak Koppelman enseigne à ce sujet :
Selon le principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida), cette « considération » que Hachem manifeste envers les juifs découle du fait qu’ils se sont eux-mêmes rapprochés de Lui.
=> Comment, en disant le birkat hamazone après avoir mangé qu’un kazayit, ont-ils pu mériter cette « considération »?

La guémara (Yoma 39a) dit : « Pendant les 40 ans où Chimon haTsadik servit dans le Temple en tant que Cohen Gadol, il y eut l’abondance (béra’ha) dans le omer, les 2 pains et les pains de préposition : tout Cohen qui en recevait un kazayit (environ 30g!) s’en rassasiait et même en laissait. Cependant, après son décès, cette béra’ha disparut. »

Pourquoi ce miracle n’est-il pas mentionné parmi la liste des 10 miracles qui se produisaient dans le Temple (rapportés dans le Pirké Avot 5,8)?
En réalité, cela n’était pas un miracle : il s’agissait d’un phénomène normal, car toute personne qui se rapproche de Hachem pourra se rassasier d’un kazayit de pain et devra donc réciter le birkat hamazone.

=> Ainsi, lorsque les juifs disaient le birkat hamazone après avoir mangé un kazayit et avoir été rassasiés, ce n’était pas par excès de zèle, mais c’était plutôt un signe qu’ils s’étaient rapprochés de Hachem : ils méritaient donc qu’Il se rapproche d’eux et les privilégie. [comme il est écrit : « Tu diriges Ta face vers eux, en les privilégiant et Tu leur accordes la paix! » (Nasso 6,26)]

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-> « Le birkat hamazone que nous disons pendant Shabbath amène de bénédictions pour toute la semaine à venir »  [Agra déKalla – Vayéra]

-> « Le Zohar enseigne que pendant Shabbath, on doit prononcer « rétsé » avec une grande concentration, car cela amène une énorme rectification dans le royaume céleste »  [Yessod véChorech haAvoda 8,6]

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-> b’h, au sujet du birkat hamazone, voir également : http://todahm.com/2019/10/03/10851

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+ Mayim A’haronim :

-> Mayin A’haronim, l’ablution des mains en fin de repas, est une obligation. [Choul’han Arou’h 181,1]

Elle a été instaurée afin d’avoir les mains propres avant de réciter le birkat hamazone.
Et aussi, pour éliminer toute trace de sel de Sodome, qui est dangereux pour les yeux.
De nos jours, il est également à craindre que dans le sel de table se trouve un peu de sel de Sodome, ayant la même propriété de rendre aveugle.

Selon la Kabbala, la raison de cette ablution est de repousser les forces du mal (Kaf ha’Haïm 181,1).
Cette eau est très impure, on fera donc attention à ne pas se toucher son visage ou sa bouche avant de se sécher les doigts (Kaf ha’Haïm 181,1).

-> Celui qui méprise cette ablution verra ses jours raccourcis (‘Hida dans Birké Yossef 181,7), sa subsistance (parnassa) sera diminuée (Aroukh haChoul’han 181,5) et il amènera sur lui des souffrances.
Le Yalkout Réouvéni rapporte que Iyov ne faisait pas cette ablution, et c’est ce qui lui attira toutes ses épreuves.

-> La halakha exige de laver les 2 premières articulations des doigts (Choul’han Arou’h 181,4) [et pour le pouce la 1ere (michna Broura 181,10)], mais il est bon de suivre l’avis de la Kabbala qui conseille de laver aussi la 3e articulation, celle qui est proche de la paume.
Malheureusement, certaines personnes méprisent cette halakha et mouillent à peine le bout des doigts, ce qui n’est pas valable selon le din (michna Broura 181,10).
Cependant, il ne faut pas non plus exagérer et se laver avec beaucoup d’eau, car cette eau selon la Kabbala est la part que reçoit le Satan.

-> Le ‘Hida (Birké Yossef) rapporte les paroles de son grand-père, rabbi Avraham Azoulay, au nom du Talmud de Jérusalem, selon lequel celui qui ne s’interrompt pas entre Mayim A’haronim et le Birkat Hamazone empêche le Satan de formuler toutes ses accusations relatives au repas écoulé.

-> On raconte qu’une fois une personne alla rendre visite au saint Arizal et lui confia qu’elle souffrait énormément de son épaule.
Le Arizal regarda son front [car sur le front de la personne sont inscrites toutes ses fautes] et lui répondit : « La source de ta souffrance est que tu t’interromps entre Mayim A’haronim et le Birkat Hamazone, immédiatement après le Mayim A’haronim il faut faire le Birkat Hamazone », et du fait que tu n’as pas accompli ce précepte, tu souffres de ton épaule qui est appelée en hébreu : « katéf » (כָּתֵף) [mêmes lettres que Tékéf (immédiatement – תכף)].
Il lui conseilla de ne plus jamais s’interrompre, et son mal guérit.
[Kav haYachar – chap.87]

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