Bo – les matsot

++ Bo – les matsot :

+ « Vous garderez les matsot » (ouchmartém ét amatsot – וּשְׁמַרְתֶּם אֶת הַמַּצּוֹת – Paracha Bo 12;17 )

En changeant la ponctuation, on peut lire ce verset : ouchmartém et amitsvot = vous garderez les mitsvot (le mot matsot pouvant être lu mitsvot).
Ainsi, de même, qu’on ne laisse pas lever/fermenter une matsa, on ne diffère pas l’accomplissement d’une mitsva.

Si une mitsva se présente à nous, il convient non seulement de la pratiquer sans délai et ne pas la retarder, mais mieux encore, de se précipiter pour l’accomplir.

On n’accomplit pas une mitsva avec un air de contrariété mais plutôt avec joie et enthousiasme (« Servez D. avec joie » – Téhilim 100;2)

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+ « Le 1er mois, le 14e jour du mois, vous mangerez des matsot (מצת) » (Paracha Bo 12;18)

Dans ce verset, le mot matsot est écrit sans la lettre vav.
Les 3 lettres, constituant ce mot, permettent de former : « Tsédaka tatsil mimavét » (צְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת – Michlé 10;2) = le don de la tsédaka sauve de la mort.
Le lien entre ‘matsot’ et ‘tsédaka’ fait allusion à la coutume répandue depuis des générations, d’être particulièrement généreux dans le don de la tsédaka à Pessa’h (ex: les paniers de Pessa’h).

Le don de la tsédaka et la consommation de la matsa, préservent tous 2 de la mort.

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+ « Vous ne mangerez d’aucune pâte levée, dans toutes vos demeures vous consommerez des matsot. » (Paracha Bo 12;20)

Contrairement aux interdits de la cacherout, où il est admis qu’une quantité inférieure à 1/60e introduite par inadvertance puisse être tolérée, en matière de ‘hamets, aucune quantité n’est tolérable.
Il est interdit de manger ou de posséder la moindre quantité de ‘hamets, même la plus infime.

Il y eut des périodes où il était très difficile de s’acquérir de la matsa.
On consommait alors une quantité minimale de matsa de 1 ou 2 olives (kazayit) le 1er soir, pour s’acquitter de l’obligation de consommer la matsa, et le reste de la fête, on se nourrissait de fruits, légumes, viandes et poissons.

Cette particularité de l’interdiction du ‘hamets, même en quantité infime, correspond à la similitude qu’on peut établir entre le ‘hamets et le mauvais penchant.
Si on laisse lever le ‘hamets, il est envahissant.
De même, si on laisse s’introduire en nous le mauvais penchant, ce dernier finira par prendre des proportions démesurées et nous envahir.
C’est pour cela que le ‘hamets est interdit même en quantité infime et qu’il faut se préserver du mauvais penchant depuis le départ.

On peut noter que les mots חמץ (‘hamets) et מצה (matsa), ont pour seule différence que l’un est écrit avec un ה et l’autre avec un ח , signifiant ainsi que le mal peut être déguisé et paraître comme un bien.

En effet, la différence entre ces 2 lettres tient à un tout petit espace vide (hé de matsa), d’où la nécessité d’être vigilant et de prendre toutes les précautions.

Le ‘hamets représentant le mal, la lettre ‘hét comporte une grande ouverture par le bas, qui constitue une large issue donnant accès au mauvais penchant.
La seule issue ouverte est vers le bas, signe que le yétser ara n’a aucun désir de nous quitter et souhaite nous maintenir plus bas que bas.

Tandis que la lettre hé de matsa comporte 2 issues (en bas et en haut) : nul n’étant infaillible, une fois le mauvais penchant entré par la grande porte du bas, il faut le combattre et s’en débarrasser par l’issue de secours, celle du haut .
Ainsi, le hé est ouvert sur son côté gauche, en haut, pour nous signifier que si on est tombé dans sa avoda Hachem (=fauter), il y a toujours une entrée/possibilité de faire Téchouva.
De plus, dans notre vie, il faut toujours avoir une fenêtre/ouverture vers le haut/ciel, vers D. (gratitude, intégrité/bonne foi avec D., …).

=== La différence entre ces 2 lettres/mots est le fait de boucher cette fenêtre du haut!

A l’image de la matsa qui est faite d’eau (venant du ciel – spirituel) et d’un céréale (venant de la terre – matériel), laissons D. illuminer notre vie quotidienne d’une façon pure, sans aucune interférence/’hamets.

Par ailleurs, on constate que le mot matsa = 135 = valeur numérique du mot קלה (à la légère) = nous mettant en garde de ne pas prendre les commandements à la légère.

Concernant le ‘hamets, il est d’autant plus facile de transgresser ce commandement que cette même nourriture est permise toute l’année.
Il faut s’en souvenir et doubler de vigilance pour ne pas la consommer pendant les 8 jours de Pessa’h.

On ne peut pas vaincre son inclinaison naturelle au mal (yétser ara) sans l’aide de D. et sans appliquer le : éloignes-toi du mal et fais le bien!

Le yétser ara est comme une mite, qui bien qu’étant minuscule/invisible à l’œil nu, peut arriver à terme à faire s’effondrer le plus grand/solide des immeubles (en mangeant incognito miette par miette les fondations!).

Souvent, on a tendance à relativiser une attaque du yétser ara : il n’y a pas de dégât apparent, alors pourquoi s’inquiéter!
Mais en regardant de plus près, chaque attaque conduit à accentuer une petite fissure/faille qui avec le temps va s’accentuer, pour finir par nous faire tomber.

Source: compilation & adaptation de commentaires issu du livre « Guévourot aTorah » de Gabriel Cohen (+ reprise d’une idée émise par le rav Ron Chaya)

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