+ La fonction spirituelle de la Havdala
-> La paracha Chémini évoque l’interdiction faite aux Cohanim de boire du vin pendant la Avoda (leur service divin au Temple).
A ce propos, le Zéra Shimshon aborde une halakha applicable à tous les juifs, qui concerne le vin.
Le Tour (Ora'h 'Haïm 296) cite un midrach qui dit que celui qui ne fait pas la Havdala sur du vin à la fin du Shabbat ou qui n’entend pas la Havdala prononcée par quelqu’un qui la fait sur du vin, ne voit aucun signe de bénédiction.
En revanche, celui qui fait la Havdala sur du vin ou qui entend la Havdala prononcée par quelqu’un qui la fait sur du vin, Hachem l’appelle "saint" et le désigne comme quelqu’un de spécial.
Le Zéra Shimshon pose la question évidente : pourquoi, pour avoir accompli quelque chose d’aussi simple en apparence que de faire la Havdala sur du vin, une personne mérite-t-elle une bénédiction, est-elle appelée "sainte" par Hachem Lui-même et désignée comme quelqu’un de spécial?
D’autant plus que certains poskim (décisionnaires) sont d’avis que cette mitsva est d’origine rabbinique (d’autres le contestent).
Le Zéra Shimshon explique cela en se basant sur la guémara (Sanhédrin 70a) qui enseigne que le vin a été créé pour consoler ceux qui sont en deuil et pour punir les réchaïm dans ce monde (puisqu'ils tirent du plaisir de leur vin, cela est considéré comme une récompense pour les maigres bonnes actions qu'ils ont accomplies en ce monde).
De même, il existe un midrach qui rapporte que lorsque Noa'h alla planter sa vigne après le Déluge, un démon s’approcha de lui et l’informa qu’ils étaient partenaires dans la vigne.
Le démon avertit Noa'h et lui dit : Assure-toi de respecter ta part, car si tu ne le fais pas, je te ferai du mal.
C’est pourquoi nos Sages enseignent que si une personne a du mérite, le vin la rendra heureuse ; sinon, il la rendra folle. En effet, le vin comporte deux aspects : l’un qui est sacré et l’autre qui relève de l’impureté. L’un qui réconforte ceux qui souffrent (sainteté) et l’autre qui récompense les réchaïm dans ce monde (impureté).
C’est pourquoi, à la fin du Shabbat, lorsqu’on dit : "amavdil ben kodech lé'hol", et qu’on fait la distinction entre le sacré et l’impur, c’est précisément à ce moment-là qu’une personne fait cette déclaration sur le vin et dit en substance qu’elle ne souhaite être liée qu’au côté de la sainteté.
Ainsi, Hachem proclame qu’une telle personne est sainte et qu’elle mérite la bénédiction.
C’est ainsi que le Zéra Shimshon explique le commandement de nos Sages (Méguila 7a), selon lequel il faut boire à Pourim jusqu’à ne plus pouvoir distinguer entre "arour Haman" (maudit soit Haman) et "Barou'h Mordé'haï" (béni soit Mordé'haï).
À Pourim, Amalek et le côté de l’impureté ont été grandement affaiblis ; par conséquent, il n’y a aucune crainte que le côté de l’impureté ne domine celui qui boit, même s’il boit plus que d’habitude.
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=> la havdala consiste à déclarer que la pureté et l’impureté sont distinctes et à se placer clairement du côté de la pureté.