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Les témoins au jugement après notre mort

+ Les témoins au jugement après notre mort :

=> Qui va donc témoigner contre le défunt?

-> Il existe plusieurs réponses à cette interrogation.
Premièrement la guémara ('Haguiga 16a ; Taanit 11a) rapporte que les poutres et les pierres de la maison du défunt témoigneront contre lui.
D'autres avis soutiennent que c'est l'âme qui témoignera.
Rabbi Haïm Vital (Ets 'Haïm - chaar 26, chap.1) enseigne que ce sont les deux anges c'est-à-dire le bon et le mauvais penchant qui accompagnent l'homme durant toute sa vie.
Enfin un avis soutient que ce sont les membres du corps de l'homme qui témoigneront.

Nous pouvons expliquer que ces quatre types de témoignages sont complémentaires : en effet, les poutres et les pierres de la maison témoignent sur les actes que son propriétaire aurait pu commettre de façon cachée dans sa maison. L'âme peut témoigner sur les pensées et les mensonges commis par l'homme. Les anges qui l'accompagnent pourront témoigner des fautes commises à l'extérieur de la maison. Et les membres pourront témoigner notamment lorsque la personne se rend aux toilettes. En effet, les anges n'entrent pas là où l'homme fait ses besoins. (Béra'hot 60b)

-> Toutefois, à propos des anges qui témoignent contre le défunt, un autre avis soutient qu'il ne s'agit pas du bon et du mauvais penchant mais plutôt des anges créés par les fautes commises. (Zohar - Nasso 126b)
Il est également rapporté que le soleil et la lune témoignent contre l'homme. (Zohar - Michpatim 125a)
Par ailleurs il rapporté qu'il s'agit de Samaël et de ses campements. (Zohar - A'haré Mot 63b)
D'autres références encore précisent que la Torah elle-même témoigne contre le défunt. (Zohar - A'haré Mot 75b)

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=> Qui seront les juges du Tribunal céleste et quelles sont les questions posées dans le Tribunal céleste?

-> Avant de rejoindre le Tribunal céleste pour y être présenté pour son jugement, l'âme quitte le monde ici-bas en passant par 'Hevron, où se trouve le caveau des Patriarches. Avant de s'élever dans les mondes supérieurs, l'âme rencontre Adam. (Zohar - Noa'h 65b)

-> Il est rapporté dans le Zohar (Balak 185b) que deux anges saisissent l'âme et l'élèvent jusqu'aux portes du Tribunal céleste. À ce moment-là, l'âme n'a aucune forme précise mais ressemble à un concentré de lumière. Si cette dernière est opaque, des anges de destruction l'accablent tandis que si elle est éblouissante, ces derniers ne peuvent l'approcher. Les Justes (tsadikim) du Gan Eden se rassemblent pour assister au procès et les livres sont ouverts.

-> Rabbi Yéhouda Petaya (dans Yen haRokéa'h) note que les juges du Tribunal céleste sont des Justes de la même génération que le défunt, et ce, afin de prendre en considération le niveau et le contexte spirituel de la personne jugée.

-> Selon le Zohar (Nasso 220a), les proches du défunt se rendent également au jugement. S'ils sont absents, c'est un mauvais signe qui doit inquiéter la personne en question.
Nos Sages (Shabbath 31a) enseignent que lorsque l'homme se présente devant le Tribunal céleste, on lui demande : "As-tu été honnête? As-tu fixé des moments pour l'étude de la Torah? As-tu engendré des enfants? As-tu guetté la Délivrance?"
[il est à noter que ces questions ne représentent que les têtes de chapitres. L'enquête et les questions du Tribunal céleste pour établir le statut du défunt sont d'une profondeur inouïe et difficile d'accès à la
A l'issue du procès divin, l'âme [de tout juif] donne raison à la justice Divine et déclare : "Maître de l'univers! Tu as bien jugé, Tu as bien innocenté, Tu as bien condamné et Tu as bien fait d'avoir institué le Guéhinam pour les réchaïm et le Gan Eden pour les justes (tsadikim)." - guémara Erouvin 19a ]

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-> Il est rapporté dans le Nézer haKodech (sur parachat Matot), dont l'enseignement s'appuie sur le Zohar (fin Adra Zouta) :
"Sache que dans le Ciel, il y a deux Tribunaux célestes : le premier est le Bet Din d'Hachem, dont la rigueur de la justice est atténuée par la miséricorde. Le second est le Bet Din de Matatron (מטטרו"ן), le Sar Hapnim des mondes supérieurs, dont la rigueur de la justice est implacable.
Tu dois savoir que celui qui n'est ni juste (tsadik) ni racha passe par le Tribunal céleste de Matatron. Par contre, seuls les tsadikim guémourim (entèrement Juste) qui soutiennent la Présence divine seront présentés directement devant le Maître de l'univers en personne sans passer par aucun intermédiaire."

-> Tu dois savoir également que le jugement du Tribunal céleste n'est pas figé mais il se modifie constamment dans les mondes supérieurs, lieu où la matière et la temporalité n'existent pas. En effet, bien que le défunt ait été jugé favorablement et mérite d'accéder au Gan Eden, ce dernier a toujours la possibilité de s'élever encore davantage et de progresser grâce notamment à sa descendance ou encore grâce aux mitsvot qu'il a pu accomplir durant son vivant et qui continuent de lui apporter du mérite.
Comme par exemple, une personne qui a fait construire une synagogue ou qui a fait imprimer des livres de Torah. Dans les deux cas, par son mérite, des mitsvot sont accomplies par l'intermédiaire d'autres juifs.

-> Il existe quatre verdicts possibles : le Guéhinam, la réincarnation, le kaf hakéla ou le Gan Eden.
Le Guéhinam est la plus légère des punitions car elle permet de rectifier de légers manquements.
La guémara (Sota 10b ; Erouvin 19a) rapporte que le Guéhinam a 7 compartiments.

Concernant la réincarnation, le Arizal (chaar haguilgoulim - hakdama 8) explique que l'homme se réincarne pour trois raisons essentielles :
la première raison est la transgression d'un commandement de la Torah qui impose à son auteur de revenir en guilgoul (réincarnation) pour réparer son acte.
La seconde est un commandement non accompli, cet homme devra revenir sur terre pour l'accomplir.
La troisième raison est que l'homme peut se réincarner pour le besoin d'autrui, le guider, l'aider à se parfaire et à réparer ses fautes.
Dans la plupart des cas, la réincarnation est une punition très difficile, bien plus que celle du Guéhinam.
En effet, les Sages (Erouvin 13b) nous ont déjà enseigné : Il aurait été préférable pour l'homme de ne pas avoir été créé.

La punition la plus difficile est indiscutablement le kaf hakéla qui se définit par une errance sans fin de l'âme qui ne trouve à aucun moment le repos.

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+ La récompense au Gan Eden :

-> Une fois que l'âme aura réparé tous ses manquements, elle pourra réintégrer ses lévouchim (litt. habits, vêtements). Ce terme désigne l'enveloppe corporelle originelle conçue à partir de lumière pure, que nos Maîtres les Mékoubalim appellent la 'Halouka déRabanan. [Zohar Noa'h 66a ; Zohar Pékoudé 247a ; Ets 'Haïm chaar 49,4]

Cette dernière pourra enfin se réjouir et se délecter d'une autre dimension la Création.
Comme nous le savons, l'âme se subdivise en trois parties essentielles : le néfech, le roua'h et la néchama. Chacune de ces trois parties trouvera repos dans des lieux différents. Le néfech sera en partie attachée encore monde ici-bas dans la tombe. Le roua'h trouvera le repos dans le Gan Eden inférieur tandis que la néchama se délectera du le Gan Eden supérieur. (Zohar - hakdama 7)

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-> Tant que les ossements du corps se trouvent dans la tombe, une partie du néfech s'y trouve également. (chaar hakdamot 26b)
Durant les jours de Shabbat, de Roch 'Hodech et des jours de fête, la néchama s'élève dans le Gan Eden supérieur, renouvelant ainsi sa lumière et portant avec elle le roua'h qui s'élève du Gan Eden inférieur vers le Gan Eden supérieur et jouir de cette nouvelle émanation de lumière infinie.
Puis le roua'h redescend résider dans le Gan Eden inférieur à la sortie du Shabbat, rempli d'abondance et de lumière qu'il a reçu dans le Gan Eden d'en haut.
Puis le néfech qui se trouve dans la tombe se revitalise par cette lumière et chacun des ossements se fortifie dans la tombe et multiplie les louanges au Créateur, comme il est écrit : "Tous les ossements proclameront : Eternel, qui est comme Toi?" (Téhilim 35,10).
Le verset s'exprime précisément au futur pour faire référence à la résurrection des morts lorsqu'ils se relèveront de la tombe. (Zohar - Térouma 141a)

-> Le Arizal (Ets 'Haïm - chaar 22,chap.2) explique que seule une toute petite partie du néfech que l'on appelle "havalé dégarmé" reste dans la tombe afin d'alimenter les ossements pour qu'ils puissent se maintenir jusqu'à la résurrection des morts.
C'est ici que se trouve le secret du louz, os à partir duquel le corps va se reconstituer durant la résurrection.

-> Parallèlement, si la partie du néfech qui reste dans la tombe, le "havalé dégarmé" n'est pas alimentée par la néchama qui a reçu la lumière du Gan Éden supérieur pour la transmettre au roua'h qui la transmettra à son tour au néfech, tous les ossements se décomposeront y compris le louz.
Dans ce cas, cet individu ne pourra pas se relever pour la résurrection des morts et il s'agit tout simplement du secret de karet c'est-à-dire le retranchement d'un individu du peuple d'Israël.

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-> En effet, le Zohar (Térouma 142b) rapporte que le néfech obtient le repos par le mérite d'avoir soumis les klipot à l'aide de son corps durant son vivant. C'est ainsi que l'âme va se réjouir dans le monde des âmes.
L'ange, que l'on appelle ידומיע"ם, accompagné de ses officiers qui sont au nombre de plusieurs milliers de myriades, iront à la rencontre cette âme. Elle sera escortée et on la fera entrer dans tous les portails du Gan Eden afin qu'elle se délecte de la vision exquise du plaisir des Justes (tsadikim).
On lui montrera l'honneur réservé aux Justes qui se trouvent là-bas ainsi que l'honneur qui lui est réservé. Cette âme se vêtira de son vêtement créé à partir de l'air du Gan Eden.
La dimension de sa 'Halouka déRabanan sera en fonction des mitsvot qu'elle aura accompli durant son vivant. Le néfech deviendra un réceptacle pour le roua'h et ils se réjouiront de la récompense des commandements réalisés. Elle sera mise au courant de tous les sujets du monde ici-bas qui se dérouleront à l'avenir.

Tout ceci prendra place durant les jours de la semaine. Cependant, durant le jour de Shabbat, les mondes supérieurs s'unissent et le roua'h s'élèvent durant chabbat pour être couronné avec la néchama qui se trouve dans le Gan Eden supérieur.
Ainsi, le néfech qui s'est attaché au roua'h reçoit l'éclat de sa lumière, comme la lune reflète la lumière du soleil. Lorsque le roua'h s'attache à la néchama, cette dernière bénéficie directement de l'émanation de la lumière sans fin.
C'est alors que le repos atteint son paroxysme car les mondes supérieurs et le monde inférieur s'unissent directement à l'émanation divine, créant un lien et une unité entre toutes les dimensions de la Création.
Hachem se réjouit des actes des hommes et les éclaire.
Ainsi, le repos de l'âme qui se trouve ici-bas bénéficie de la lumière sans fin en s'attachant aux mondes supérieurs, comme il est écrit : "véayéta néfech adoni tséroura bitsrour a'haïm" (Et voici que l'âme de mon Maître est attachée au Tsror ha'Haïm (faisceau de la vie) - Chmouël I 25,29)

-> Il s'agit de la vie éternelle, après la séparation de l'âme et du corps. C'est grâce à cette élévation exceptionnelle que le néfech se nourrit de lumière lorsqu'il redescend à la sortie de chabbat au point que les ossements et tous les membres qui se trouvent dans la tombe se nourrissent et sont rassasiés de cette lumière, comme il est écrit : "Hachem te guidera constamment, Il prodiguera à ton âme des jouissances pures et fortifiera tes membres. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne se tarissent pas" (Yéchayahou 58,11).
[lorsque le Zohar fait référence à une émanation de lumière, il s'agit du ohr haganouz, la lumière originelle de la création qui a été cachée pour que seuls les tsadikim en bénéficient. ('Haguiga 12a)]
Heureux sont les Justes qui ont craint Hakadoch Baroukh Hou dans ce monde ici-bas et dont les trois parties de l'âme vont bénéficier de ces trois niveaux de repos.

-> Il existe 7 portails dans le Gan Eden et ils sont reliés à la source des sept attributs divins qui émanent des mondes supérieurs. De même qu'il existe sept portails dans le Gan Eden inférieur, il existe également 7 portails dans le Gan Eden supérieur. Les six premiers portails du Gan Eden inférieur accueillent les âmes en fonction de leur statut tandis qu'aucune âme ne réside dans le septième portail.
En effet, il a uniquement pour fonction d'élever l'âme du Gan Eden inférieur au Gan Eden supérieur en fonction des mérites. Le Gan Eden inférieur a pour fonction de faire un monde intermédiaire entre le monde matériel ici-bas et le Gan Eden supérieur qui est totalement dénué de matière. C'est la raison pour laquelle le Talmud rapporte à plusieurs reprises, l'existence de notions sensorielles ou matérielles qui ont lieu au Gan Eden.
Par exemple, Rabbi Chimon bar Yo'hai se trouve assis sur 13 trônes en or (Kétoubot 77b) ou encore Hachem qui promet à Rabbi Eléazar ben Pedat qu'il pourra jouir de 13 rivières d'huile de balsamier (Taanit 25a) ou encore Alexandre le Grand qui remonta un cours d'eau l'amenant jusqu'aux portes du Gan Eden (Tamid 32b).

Concernant le Gan Eden supérieur, la guémara (Béra'hot 17a ; Nida 30b) enseigne : "Il n'y a pas de boisson et de nourriture dans le monde futur."

Ainsi, chaque fois où sera évoqué une réalité sensorielle ou matérielle, il s'agira du Gan Eden inférieur où réside le roua'h, intermédiaire entre le néfech qui est totalement rattaché à la matière et la néchama qui est totalement détachée de la matière.
A l'inverse, lorsque la notion de matérialité est absente, il s'agit du Gan Eden supérieur.

[d'après le Tsor ha'Haïm - A'haré Mot 16,1]

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