+ Etre défendu par les maîtres que nous avons étudié :
-> Celui qui défend la Torah d’un grand maître qui l’a précédé peut mériter de l’accueillir à l’avenir.
C’est ce que nous voyons dans la guémara (Baba Kama 111b), où Rava dit : "Quand je mourrai, Rabbi Ochaya viendra à ma rencontre, car j’ai interprété la Michna conformément à son enseignement."
Le séfer Hassidim (559), rédigé par rabbi Yéhouda 'Hassid (1150-1217), écrit que lorsqu’un tsadik qui a expliqué les paroles d’un autre tsadik, comme un Amora qui a expliqué les paroles d’un Tana, meurt, alors le Tana vient à sa rencontre avec un visage radieux.
Il marche avec lui et demande aux mala'him (anges) d’être indulgents à son égard. Il le présente devant Hachem pour parler en sa faveur.
-> Le Shach (1621-1662) écrit ('Hochen Michpat) qu’il est certain que lorsque son heure viendra de quitter ce monde, les Tanaïm l’accueilleront, car il a défendu leurs positions.
Le Shach est décédé à l’âge de 41 ans et, au cours de sa jeune vie, il a rédigé son commentaire sur Yoré Déa et 'Hochen Michpat. Dans le registre de la famille Rappaport (Otzar Plaot Hatorah, Dévarim p.881), les descendants du Shach ont écrit que, comme le Shach était décédé avant d’avoir pu achever son commentaire, il revenait chaque jour de l’académie céleste (Metivta dérakia) dans sa chambre.
C'était dans cette chambre qu'il avait l'habitude d'étudier et d'écrire, et il continua à rédiger ses 'hidouchim jusqu'à ce que son commentaire soit achevé. Ils découvrirent que le Shach avait écrit ce qui suit dans la marge de ses 'hidouchim, qu'il avait rédigés de son vivant, avant de monter à l'académie céleste : "J'ai d'abord écrit ceci (un 'hidouch), mais après être entré à l'académie céleste, je me suis rétracté." Et il l’explique là, dans la suite de ses propos en marge.
Lorsque les enfants du Shach ont préparé les paroles de leur père pour l’impression, ils ont décidé d’omettre ce qu’il avait écrit en marge à partir de la Torah qu’il avait entendue à l’académie céleste, en vertu du principe "lo bachamayim hi", ce n’est pas au ciel (Dévarim 30,12).
Seul ce qu’il a retenu alors qu’il était encore parmi les vivants est la Torah de vérité pour statuer sur la halakha.
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-> Le séfer Maguid Mécharim (Vayakel) nous dit que, parce que le rav Yossef Karo (1488-1575) a commenté le Rambam (1135-1204) et le Tour (vers 1269-vers 1343), ceux-ci seraient de bons défenseurs pour lui devant Hachem et viendraient accueillir sa néchama (âme) lorsqu’il serait temps pour lui de quitter ce monde.
-> Le rav Yéhochoua Heschel 'Harif (1593-1648) est l’auteur d’un séfer intitulé Maguiné Shlomo. Ce séfer défend Rachi (1040-1105) contre les questions de Tossafot. Il s’appelle donc Maguiné Shlomo, car il a protégé (magen signifie bouclier) Rachi, dont le nom était Shlomo ( Srabbihlomo Its'haki).
Dans la Hakdama, il est écrit que Rachi est apparu à l’auteur de son vivant avec une grande joie et lui a dit : "Tu es digne d’éloges dans ce monde et tout ira bien pour toi dans l’autre monde, car tu m’as sauvé des puissants lions que sont les Baalé Tossafot. Je viens t’accueillir dans l’autre monde avec tous mes élèves."
C’est ce qui s’est produit, car environ une demi-heure avant le décès de rabbi Yéhochoua Heschel 'Harif, des guédolim de Cracovie se trouvaient à son chevet. Rabbi Yéhochoua leur a dit : "Faites de la place, car Rachi et sa sainte suite sont arrivés, et il m’a accueilli avec joie pour me montrer le chemin de la vie. C’est parce que j’ai toujours été à ses côtés pour résoudre les questions posées par Tossafot sur son commentaire."