L’hospitalité

« Il était assis à la porte de sa tente … Il a vu et a couru à leur rencontre » (Vayéra 18,1-2)

+ L’hospitalité :

-> Tous les habitants du monde sont comme des invités de D. Nous sommes tous de passage, et D. nous héberge.
Si l’espace d’un instant, Hachem arrêtait son hospitalité envers nous, le monde cesserait d’exister.

[le Chla haKadoch – Vayéra]

=> En pratiquant l’hospitalité envers autrui, nous imitons Hachem!

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-> « Combien est précieuse pour Hachem, la mitsva d’hospitalité!
On nous apprend qu’Avraham a accompli toutes les lois de la Torah, mais c’est spécialement sur cette mitsva d’hospitalité que de nombreux détails vont nous être donnés (Béréchit 18,1-8), tandis que les autres mitsvot sont rapportées d’une façon générale. »
[‘Hafets ‘Haïm – Ahavat ‘Hessed]

=> Parmi toutes les très nombreuses mitsvot qu’il a fait, Avraham s’est distingué par celle de l’hospitalité.
Le Rambam (Matnat Aniyim 10,1) rapporte que nous devons suivre son exemple, si nous souhaitons être appelé : un véritable descendant d’Avraham.

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-> L’hospitalité est comparable à un arbre fruitier. Quiconque est hospitalier aura de bons enfants.
[D’après la guémara (Béra’hot chap.8),] Cela est d’autant plus vrai lorsque l’invité est un érudit. Permettre à un tel homme d’utiliser nos biens est pareil à une offrande apportée devant D.
[Méam Loez – Vayéra 21,33-34]

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-> Rabbi Yo’hanan dit : ‘Accueillir des invités, est aussi grand que de se lever tôt afin d’aller à la maison d’étude [de la Torah]’
[guémara Shabbath 127a]

Le Maharal (‘Hidouché Agadot) explique cela :
« En faisant de l’hospitalité à des invités, nous accueillons des êtres humains fait à l’image de D.
Cela est par essence une activité Divine, comme l’est le fait d’aller au Beit haMidrach afin d’y étudier la Torah. »

-> Rav Yéhouda dit au nom de Rav : ‘Accueillir des invités est plus grand que d’accueillir la présence divine’ (cf.Béréchit 18,3)
[guémara Shabbath 127a]

Le Maharal (‘Hidouché Agadot) commente cela :
« Bien que nous pouvons nous connecter à la présence divine, cette relation est vouée à être limitée, au regard de la distance infinie entre l’homme et D.
Cependant, en couvrant d’honneur et d’affection notre invité dans le cadre de l’hospitalité, nous pouvons se connecter complètement à l’image Divine qui est en cette personne. »
[ainsi, l’hospitalité permet d’être davantage connecter à Hachem qu’en recevant la présence divine!]

-> Selon le Rambam (Hilkhot Talmud Torah 3,4), si une personne a le choix entre une mitsva et l’étude de la Torah : si la mitsva peut être faite par d’autre(s), on ne doit pas interrompre son étude, sinon on doit faire la mitsva, et ensuite revenir à son étude.

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-> « Dès qu’Avraham voyait des voyageurs, il courait vers eux, se mettait à terre et les suppliait d’accepter sa proposition d’hospitalité.
Bien que ce haut niveau de conduite ne nous est pas atteignable, nous nous devons d’en apprendre à aller chercher des invités, et à les accepter dans nos maisons avec beaucoup d’affection, comme nous l’aurions fait avec une personne très riche dont nous espérons gagner une somme importante d’argent.
[…]
L’hôte doit parler à ses invités d’une façon agréable afin qu’ils se sentent à l’aise.
Il ne doit pas leur dire ses problèmes, car ils pourraient penser qu’ils en sont la cause, et qu’il perd de l’argent en les accueillant.
[…]
Afin de se motiver, on doit se dire : ‘Si c’était moi l’invité, je voudrais certainement être traité avec respect et attention.
Je me dois donc de traiter mes invités en conséquent.
Personne ne peut savoir comment il finira [et s’il aura besoin à son tour de l’hospitalité] »

[‘Hafets ‘Haïm – Ahavat ‘Hessed 3,2]

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-> L’hospitalité d’Avraham incluait : la nourriture, la boisson et le fait d’accompagner l’invité sur son chemin (cf.Rachi sur Béréchit 21,33 -> le terme « Eshel » est l’acronyme de ces 3 actions).

-> Selon la guémara (Sotah 46b), en raccompagnant son invité, on s’assure qu’il ne subisse pas de mal.

Le Maharcha (Sotah 45b) explique qu’en raccompagnant son invité, on permet aux « anges gardiens » de pouvoir accompagner notre invité après notre départ, le protégeant alors de tout danger jusqu’à sa destination.

Le Méam Loez (Vayéra 18,16) enseigne qu’il est extrêmement bénéfique de raccompagner son visiteur, car ainsi la Présence Divine l’accompagne et le protège sur la route du retour.
D’ailleurs, les anges désiraient donner à Avraham l’opportunité d’accomplir ce précepte. Bien qu’ils pouvaient se transporter instantanément à Sodome, ils partirent à pied pour permettre à Avraham de les accompagner.
Avraham croyait encore être avec des êtres humains.
[…]
On a coutume de confier à quelqu’un qui fait un long voyage une pièce de monnaie qu’il donnera à un pauvre, une fois arrivé à destination. Le voyageur a alors le statut de « chalia’h mitsva » (délégué à l’accomplissement d’une mitsva), et il est donc préservé du danger.

-> Le Sma’h (‘Hochen Michpat) enseigne que de nos jours nous devons accompagner notre invité jusqu’à la porte ou au moins sur une distance de 2 mètres.

Il peut être intéressant de citer l’exemple extrême rapporté par le Rambam (Hilkhot Aveil 14,3) disant qu’à l’époque, il fallait raccompagner son maître principal en Torah sur une distance de 13km!

-> Le ‘Hafets ‘Haïm (Ahavat ‘Hessed) dit qu’il ne faut pas oublier de raccompagner ses invités, car c’est la finalisation de la mitsva d’hospitalité (cf. Avraham : manger+boire+raccompagner = Eshel), et dans ce cas, on se prive des bénédictions que cette mitsva aurait pu nous amener …

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+ La récompense liée à l’hospitalité :

-> Fournir de l’hospitalité est l’une des quelques mitsvot dont l’on profite des « fruits » dans ce monde, et dont la récompense reste intacte dans le monde à venir.
[guémara Shabbath 127a]

-> Le Tikouné Zohar enseigne que la façon dont l’on va accueillir ses invités dans ce monde, va déterminer la manière dont notre âme va être accueillie dans le monde à venir.
[Rabbi Aharon Roth – Shoul’han haTahor]

-> Rabbi Chimon bar Yo’haï (Zohar) promet que quiconque accueille avec joie les étrangers dans sa maison et fait en sorte qu’ils se sentent bien chez lui, en bénéficiera immensément au moment de sa mort.
Quand l’âme quitte le corps, elle est pareille à un étranger, ne sachant pas où se diriger.
Grâce au mérite de l’hospitalité, l’âme est accueillie avec bienveillance dans le monde futur et se sent comme chez elle.
[Tikouné Zohar – p.92]

-> Le Méam Loez (Vayéra 21,33-34) rapporte le Zohar suivant :
Lorsqu’on a un invité, on se réjouira et on louera D. de nous donner une telle opportunité. En effet, grâce à cela des décrets néfastes sont annulés.
Avant de détruire Sodome, Hachem envoya 3 anges (déguisés en voyageur) à Avraham pour qu’il puisse accomplir la mitsva de l’hospitalité, et si Loth fut épargné, c’est grâce à ce mérite d’Avraham (qui lui a déchiré son décret de mort).

Le Méam Loez poursuit : Lors de période de malheurs, D. se souvient de ceux qui se sont comportés avec douceur envers les pauvres, et les sauvent de la mort.

-> Rabbi Yo’hanan, ainsi que Rech Lakich expliquent : ‘Lorsque le Temple était érigé, l’Autel expiait les fautes d’une personne [par les sacrifices qui y étaient brûlés].
De nos jours, il n’y a plus de Temple, mais la table [sur laquelle on mange] fait l’expiation de nos fautes’ [guémara ‘Haguiga 27a]

Rachi de préciser : au travers l’hospitalité à des invités.

Le ‘Hatam Sofer (Torat Moché – Vayikra p.97) commente cette guémara : « lorsque la table d’une personne est comme un Autel (mizbéa’h), alors toute sa maison devient comme le Temple. »
Il est écrit : « C’est mon D. et je l’embellirai » ( זֶה אֵלִי וְאַנְוֵה – Béchala’h 15,2).
« C’est mon D. » (zé éli – זֶה אֵלִי) est l’acronyme du verset : « Voici la table qui est devant Hachem! » (זֶה הַשֻּׁלְחָן אֲשֶׁר לִפְנֵי יְהוָה – Yé’hezkel 41,22).
Selon le ‘Hatam Sofer, si tu veux proclamer D. (zé éli), alors il faut faire de sa maison un magnifique lieu de résidence pour Hachem.

-> « La récompense pour raccompagner une personne est sans limite »
[guémara Sotah 46b]

-> Le Rambam (Hilkhot Avélout – chap.14,2) écrit : « La mitsva d’accompagner est supérieure à toute, c’est la loi qu’a érigée Avraham, l’hospitalité est plus grande que l’accueil de la Présence Divine, et il est plus important de raccompagner les invités que de les recevoir
Toute personne qui ne raccompagne un invité, c’est comme s’il avait fait couler son sang »

Rabbi Yits’hak Berkovits explique ces propos :
« La mitsva de recevoir des invités l’est essentiellement afin de leur garantir : nourriture et hébergement.
Cependant, accompagner un invité est considéré comme étant plus important que cela, car on lui témoigne de l’honneur, ce qui va développer sa confiance en lui, et qui l’aidera ainsi à faire face à la suite de sa vie. »

Le Saba de Kelm enseigne à ce sujet :
Quand un invité se repose quelque part en mangeant à sa faim des meilleurs mets, il s’élève parfois dans son cœur le soupçon que le maître de maison a peut-être hâte de se débarrasser de lui.
C’est pourquoi, même quand il a fini de boire et de manger, il présume que son hôte est heureux de pouvoir enfin se débarrasser de lui, la preuve en étant que toujours, une fois que l’invité s’en va, le maître de maison ferme immédiatement la porte, comme pour dire : « bon débarras ».
C’est pourquoi, quand l’invité quitte la maison avec cette impression, c’est comme si l’hôte avait versé le sang.
Cela n’est pas le cas quand l’hôte l’accompagne pendant au moins quelques pas, alors l’invité sent que le maître de maison est heureux d’avoir pu observer la mitsva grâce à lui, et il se sent aimé et désiré, ce qui est le fondement de la mitsva de l’hospitalité.
Par conséquent, par ce petit acte qui porte sur la courte distance pendant laquelle il l’accompagne, le maître de maison acquis son univers.

=> C’est une grande leçon sur la façon de se comporter dans la vie, qu’il faut aussi appliquer dans d’autres domaines : on peut acquérir son univers par de petites actions, avec un petit peu de réflexion et d’attention.

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-> Rabbi Yo’hanan dit : ‘Accueillir des invités, est aussi grand que de se lever tôt afin d’aller à la maison d’étude [de la Torah]’
[guémara Shabbath 127a]

-> La mitsva d’inviter des voyageurs (hospitalité) a un lourd risque spirituel. Ils peuvent parler de sujets inappropriés à une maison juive, comme le lachon ara. De plus, le fait de se tourner vers leurs besoins demande d’interrompre notre étude quotidienne de la Torah.
Néanmoins, si Avraham a arrêté sa rencontre avec Hachem afin de recevoir 3 invités, cela nous enseigne que nous devons mettre de côté nos occupations spirituelles afin de réaliser cette mitsdva.
[le Baal Chem Tov]

[il leur a quand même demandé de laver leurs pieds, afin de limiter autant que possible le risque spirituel]

-> La raison pour laquelle nous devons interrompre nos occupations spirituelles pour accomplir la mitsva d’hospitalité, et que cela nous permet d’atteindre davantage de proximité avec la présence divine, qui se repose sur ceux qui vont accueillir chez eux des personnes dans le besoin.
[le Yichma’h Moché]

-> Un vendredi soir, où il recevait des invités qui avaient voyagés toute la journée, le ‘Hafets ‘Haïm n’a pas lu le traditionnel chant : « Shalom Alé’hem! » avant le kidouch, comme en est l’habitude. Il a attendu qu’ils soient tous servis en nourriture pour le faire.
Il a alors expliqué : « Sachant que vous avez voyagé, il est très probable que vous deviez être affamés. Les anges (à qui est destiné ce chant) ne mangent pas et ne sont pas affamés. Ils peuvent ainsi attendre que je vous donne à manger, avant que je m’occupe ensuite d’eux! »

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-> « Veille à la mitsva de l’hospitalité pour mener une bonne vie, car alors tu réussiras en ce monde et ta droiture t’accompagnera dans le monde à venir. »
[Séfer haBrit – 2e partie article 12]

-> La mitsva de visiter les malades s’effectue à la fois avec le corps et avec l’âme : avec le corps en s’efforçant de rendre service au malade, et avec l’âme en priant pour lui.
Quiconque rend visite au malade sans prier pour lui n’a pas accompli cette mitsva.
[rav Tikochinski – Séfer Guécher ha’Haïm]

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One Response to L’hospitalité

  1. Ping: Aux délices de la Torah

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