Un serviteur juif doit être libéré par son maître au bout de 6 ans. S'il refuse d'être affranchi et désire demeurer chez son maître, ce dernier l'amènera au tribunal : "Et son maître lui percera l'oreille (droite) avec un poinçon et il le servira pour toujours" (Michpatim 21,6)

-> A propos de ce verset, Rabbi Yo'hanan ben Zakaï dit :
"Pourquoi est-ce l'oreille (qui est percée) plutôt que tout autre membre du corps?

C'est parce que D. dit : Cette oreille a entendu au mont Sinaï : "C'est à moi que les enfants d'Israël appartiennent comme serviteurs" (Béhar 25,55).
Or, cet homme a décidé de se donner un (autre) maître ; qu'on lui perce l'oreille!"
[guémara Kidouchin 22b]

Mais ce serviteur, dont on a percé l'oreille, n'était pas encore né au moment du mont Sinaï, son oreille physique n'a donc jamais réellement entendu le message de D.
=> Comment Rabbi Yo'hanan ben Zakaï a-t-il pu alors dire que "cette oreille a entendu au mont Sinaï" et doit être percée?

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch (Si'ha 39) répond que le pouvoir d'un organe qui a intégré un message spirituelle ne s'arrête pas lorsque l'homme disparaît, car tout ce qui est spirituel n'est pas limité à la vie du corps, mais passe de père en fils à toutes les générations.

Ainsi, le message divin enregistré par les oreilles de la génération du désert a été transmis de père en fils jusqu'à ce serviteur, dont l'oreille a conservé son pouvoir influençant.
C'est comme si lui-même l'avait entendu de sa propre oreille au mont Sinaï.

=> Combien devons-nous faire attention à notre spiritualité, car c'est un patrimoine que nous léguons à chacun de nos descendants.

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-> En réalité, ce voleur devrait être puni sur tout son corps, mais Hachem a pitié de lui et ne le punit qu'à l'oreille.
Un raison en est que l'oreille est aussi importante que le corps tout entier.
Si un homme rend un autre aveugle ou lui coupe une main, il ne paie que le dommage causé au membre estropié.
Par contre, s'il lui mutile l'oreille et le rend sourd, il doit payer le prix de tout son corps.
[Kli Yakar - citant rabbénou Yona]

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"Son maître lui percera l’oreille" (Michpatim 21, 6)

-> Rachi explique que quand un homme se vend en esclave du fait de sa pauvreté, s’il souhaite rester esclave après 6 années de travail, on doit lui percer l’oreille, comme pour lui dire : "L’oreille qui a entendu au mont Sinaï : "Les enfants d’Israël seront Mes serviteurs", et malgré tout il est allé acquérir un autre maître, qu’elle soit percée".

Si cet homme était tellement pauvre qu’il n’a pas trouvé d’autre issue que de se vendre en esclave, comment peut-on lui en vouloir ? Qu’aurait-il pu faire d’autre ?

Le 'Hidouché haRim apporte la réponse suivante.
Un homme qui reçoit sur lui le joug de la Royauté Divine et se considère pleinement comme serviteur d’Hachem, entraîne qu'en tant que Maître, Hachem devra lui combler tous ses besoins et cet homme ne pourra pas être pauvre.

S’il est devenu indigent, c’est qu’il ne s’est pas suffisamment soumis à la Royauté d’Hachem. Telle était sa faute.

C’est à cela que fait allusion Rachi en disant qu’il a entendu : "Les enfants d’Israël seront Mes serviteurs", et il n’a pas assez réalisé cet ordre.
C’est pourquoi, il a eu besoin d’acquérir un autre maître, car s’il avait vraiment reçu l’autorité Divine, il est sûr qu’il n’aurait pas été dans cette situation.

=> Nous devons faire de Hachem notre maître, afin qu'Il nous comble du meilleur.
[Quel maître autre que Lui, peut absolument tout nous octroyer! Il n'y a pas de meilleure adresse que celle du Créateur!!]

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"Son maître lui percera l’oreille" (Michpatim 21, 6)

-> Cette oreille a entendu au mont Sinaï : "C'est à moi que les enfants d'Israël appartiennent comme serviteurs" (Béhar 25,55).
Or, cet homme a décidé de se donner un (autre) maître ; qu'on lui perce l'oreille!"
[guémara Kidouchin 22b]

-> "Et voici les lois (michpatim) que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)
Rabbi Bounim de Péchis’ha dit que les lois de la Torah doivent être placer avant même sa propre personne. En effet, la Torah et ses mitsvot précèdent l’homme, elles sont la raison d’être même de chacune de nos forces et de nos membres. Chaque membre n’a été créé que pour accomplir avec lui les mitsvot.
Cela rejoint l’enseignement de nos Sages selon lequel les 248 membres correspondent au 248 mitsvot positives et les 365 nerfs correspondent aux 365 mitsvot négatives (les interdits). C’est bien que l’homme dans sa totalité n’a d’existence que pour réaliser les mitsvot.
"Voici les lois que tu placeras devant eux" = c’est à dire avant eux, avant leur propre être !

=> Le 'Hidouché haRim affirme que si l’oreille a entendu ("C'est à moi que les enfants d'Israël appartiennent comme serviteurs") et que la personne n’a pas tenu compte de ce qu’elle a entendu, cette oreille n’a plus de raison d’être.

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-> Le Imré Emet enseigne :
Si l’oreille a entendu des paroles de Torah mais que l’homme n’a pourtant pas enregistré ce qu’il a entendu, c’est nécessairement que cette oreille a absorbé beaucoup de railleries et d’obscénités, or "une seule goutte de
raillerie repousse beaucoup de paroles de Torah".
Par conséquent il faut percer le lobe de l’oreille, car il a été créé spécialement pour se protéger des railleries et des obscénités (en se bouchant les oreilles).
Comme cette oreille n’a pas utilisé son lobe dans ce but, il faut le percer.

-> Le Imrei Emet dit également qu'on lui perce l'oreille car elle a entendu au mont Sinaï uniquement avec son oreille et non avec son cœur.
Telle est la conséquence de faire les mitsvot avec les membres extérieurs et non avec le cœur.

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-> "J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi" (Michpatim 21,5)

Sur le mode allusif, le verset parle d’un fidèle serviteur du Créateur qui déclare haut et fort :
- "J’aime mon maître" = Hachem ;
- "ma femme" = la Torah ;
- "et mes enfants" = les mitsvot et les bonnes actions.
Par conséquent, "je ne veux pas être affranchi" = je désire rester attaché à mon Maître et ne voudrais jamais me séparer de Lui.
Seul celui qui se comporte ainsi méritera de se voir attribuer le titre honorifique de "serviteur poinçonné par son maître" auquel Hachem promet qu’"il Le servira à jamais". En effet, de même que cet homme aura eu le mérite de Le servir dans ce monde, il aura le mérite de Le servir également dans le suivant.

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-> "J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi" (Michpatim 21,5)

Rachi commente : Ma femme = la servante.

Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
Tout ce qui a été créé sur terre, ne l'a été que pour servir l'homme à accomplir son service Divin. C'est une grande sottise d'inverser cet ordre, à savoir que l'homme serve les autres créations ...

"La servante" : le rôle de la servante est de servir les membres du foyer, ses maîtres ...
La servante n'est pas un but en soi, il est interdit de s'attacher à elle, car sa fonction est de nous servir, pas que nous soyons ses serviteurs.

"La servante" représente les désirs de ce monde, la part matérielle dans la vie de l'homme.
La Torah vient nous enseigner : soyez Mes serviteurs, pas ceux du matériel. Les désirs, lorsqu'ils sont accomplis de façon permise ont une quelconque valeur. En revanche, il ne faut pas en faire un défi, le but et la finalité de la vie.
Tout est bon, tout est important, la maison, les meubles, mais tout n'est simplement "qu'une servante".
Tout n'a été créé que pour nous aider dans notre service Divin, et non pas pour servir nos désirs, qui nous dominent jour et nuit.

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Pourquoi la Torah nous demande de percer l'oreille que pour la transgression d'une seule mitsva : prendre un autre Maître que Hachem?

-> Le Maharcha cite les Tossefot qui rapportent un Midrach, qui dit que le terme : "un poinçon" (martséa - מרצע - v.21,6), qui est l’appareil avec lequel on perce l’oreille de l’esclave, a une guématria de : 400.
Cela fait allusion à l’exil d’Egypte qui a duré 400 ans, comme cela est indiqué dans l’alliance entre les morceaux, la brit ben habétarim (les 400 ans commencent dès la naissance d’Its'hak - cf.Lé'h Lé'ha 15,13).
Après ces 400 ans, Hachem a libéré Son Peuple de l’esclavage, mais cet homme est allé se prendre un autre Maître. C’est pourquoi, il sera poinçonné par un "martséa" (מרצע) ,dont la valeur numérique est de 400.

[De plus, D. eut pitié de Son peuple en le délivrant après 210 ans en Egypte (dont "seulement" 86 ans sous une véritable servitude), et l'esclave stupide refuse la liberté qu'on lui offre.
On lui perce l'oreille pour lui rappeler ces 400 années d'esclavage que Hachem, par infinie bonté, a réduit par 5 (à 86 ans!), et donc lui signifier à quel point il agit stupidement en refusant sa liberté d'être à 100% esclave d'un D. aussi plein de miséricorde, d'amour!]

-> Rabbi Israël Its'hak Yanovsky (Séfer Hamakné) enseigne que toutes les mitsvot dépendent du fait d’accepter tout d’abord la Royauté d’Hachem.
L’homme qui souhaite prendre sur lui le joug d’un autre Maître, montre par là qu’il ne reçoit pas totalement le joug de la Royauté Divine. Hachem n’est pas son Seul Maître, il porte sur lui le joug d’un autre. En conséquence de cela, la pratique de toutes les mitsvot se trouve alors affaiblie.
C’est pourquoi, c’est uniquement pour cette mitsva d’accepter d’être les serviteurs d’Hachem, que cet homme n’a pas respecté, qu’on lui perce l’oreille et non pour une autre loi. Car toutes les mitsvot dépendent de celle-là.

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique que l’oreille est le membre par lequel on parvient à la compréhension.
[Surtout à l'époque où il n'y avait pas de livres,] Ecouter, c’est comprendre. Celui qui parvient à comprendre les enseignements de Torah pourra, par cela, vaincre son yétser ara et s’en libérer.

L’oreille, membre de la compréhension, est donc par là l’organe de la liberté, et l’esclave qui ne souhaite pas être libéré, porte ainsi atteinte particulièrement à l’oreille, qui doit alors être percée.

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-> Le lieu de percement de l'oreille (ozen - אוזן) du serviteur juif (éved ivri), devant la porte (délet - דלת) ou le linteau (mézouza - מזוזה), a été choisi parce que les 3 lettres initiales : מ ד א des 3 mots respectifs (ozen, délet et mézouza) forment le mot : Adam (אדם) réservé à l'homme juif.
Il y a ici une allusion faite au serviteur juif, qui veut demeurer chez son maître, donc qui refuse d'être considéré comme un éved d'Hachem, qu'il va ainsi perdre le qualificatif noble de Adam (אדם).
[Ben Ich 'Haï - guémara Kidouchin 22a-b]

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-> Le percement de l'oreille a lieu contre la porte et son montant car Hachem dit :
"La porte et son montant étaient témoins lorsque Je suis passé en Egypte au-dessus du linteau et des 2 montants" (Chémot 12,7).
J'ai dit à ce moment là : "Pour Moi les enfants d'Israël sont esclaves" (Vayikra 25,55) = ce sont Mes esclaves et non les esclaves d'esclaves.
Alors que Je les ai libérés de l'asservissement, cet homme commet un acte qui le ramène à l'esclavage! Qu'il soit mutilé en présence de la porte et de son montant!"
["Pour Moi les enfants d'Israël sont esclaves" = Selon le Sifté Cohen, puisque nous sommes les serviteurs de Hachem, il nous est interdit de nous faire les serviteurs d'autrui.]

De plus, lorsqu'un homme n'accepte pas sa liberté, il démontre son ignorance. Il choisit de rester esclave et de se faire nourrir par autrui.
Il a l'impression que s'il est libre, les portes lui seront fermées lorsqu'il cherchera un gagne-pain. C'est là un signe de son manque de confiance en D.
S'il éprouvait une véritable foi en Hachem, il se rendrait compte que les portes de la miséricorde Divine sont toujours ouvertes et que D. peut donner à chacun tout ce dont il a besoin.

A la fin des 6 ans, les porte de la liberté sont ouvertes devant l'esclave. S'il ne veut pas être affranchi, il mérite de recevoir sa punition à la porte.
Qu'il se rende compte du mal qu'il est en train de faire et qu'il sache qu'il se ferme la porte de sa propre main.
Le maître lui perce l'oreille à côté de la mézouza pour rappeler une fois de plus à l'esclave sa médiocrité d'aimer la servante non-juive qui lui a été donnée comme épouse et les enfants qu'elle lui a enfantés.
[un esclave juif a droit de se marier à une servante non-juive, mais il doit la quitter lorsqu'il se sépare de son maître à l'issue des 6 années d'esclavage.]
Pour avoir permis à cet amour de l'empêcher de vivre une vie juive authentique, il est puni en présence de la mézouza où il est dit : "Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens". (Dévarim 6,5).

Cet esclave commet une grave faute en laissant un autre amour prendre la place de son amour pour Hachem. Il témoigne d'un attachement plus grand envers son maître qui le nourrit, son épouse non-juive et ses enfants esclaves qu'envers D.
Pour eux, il est prêt à abandonner une judaïsme authentique, à rester esclave toute sa vie et à perdre une grande part de sa place au monde futur.
=> Ce percement de l'oreille est destiné à le faire émerger de son hébétude (qui rend stupide, par perte de toute lucidité) d'esclave. Il doit se détacher des plaisirs indolents de l'esclavage et à réapprendre à assumer les responsabilités d'un homme libre.
[Méam Loez - Michpatim 21,6]

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-> La paracha Michpatim commence par les lois du "éved ivri" (l'esclave juif).

Rabbi Leibele Eiger (Torat Emet) dit que cette mitsva est une mitsva de émouna, et elle correspond au 1er des 10 Commandements (ani Hachem Eloké'ha).
En effet, lorsque l'on sait que tout provient uniquement d'Hachem alors nous ne sommes esclaves que d'Hachem.

Il écrit : "Bien que littéralement les lois de l'éved ivri ne s'appliquent plus dans notre génération, néanmoins la Torah est éternelle ... et elle est applicable à toute époque.
L'essence de cette mitsva est qu'une personne doit se libérer de toutes sortes d'esclavages. On ne doit être esclave de rien d'autre que de Hachem.
Et si
[pendant la semaine] on oublie cela, que l'on devient esclave, alors on peut être libre le 7e jour [à Shabbath].

[on peut être esclave de très nombreuses façons : du regard d'autrui en voulant faire bonne impression, de notre travail en pensant que notre parnassa ne vient que grâce à nos efforts, de nos écrans, ...]

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-> La paracha Michpatim commence avec les lois du évéd ivi (esclave juif).
"Si tu achètes un esclave hébreu, il restera 6 années esclave et à la 7e il sera remis en liberté sans rançon" (v.21,2)
Rachi explique "Lorsque tu achèteras" = Du tribunal, qui l’aura vendu à cause d’un vol qu’il a commis, comme il est écrit : "S’il ne possède rien, il sera vendu pour son vol" (v.22, 2).

=> Le 'Hatam Sofer demande : pourquoi est-ce précisément cette mitsva qui suit les 10 Commandements?
En effet, à priori après l'énorme révélation au mont Sinaï, on s'attendrait à aborder des mitsvot comme celles du Shabbath, des téfilin, de la lecture du Shéma, ...
Pourquoi la Torah commence-t-elle par les lois liées au vol?

Le 'Hatam Sofer répond par une analogie : le père d'un enfant fortement malade pense constamment à cet enfant, même bien davantage que ses autres enfants (chez qui tout va bien).
Hachem est notre Père, et Il est immensément concerné par cet enfant qui a écouté son yétser ara et qui a volé (il est alors très malade spirituellement suite à cette faute!).
C'est comme si Hachem disait : "J'ai besoin de m'occuper de lui en premier. Il a besoin de mon aide."

=> C'est pourquoi, immédiatement après le don de la Torah, la Torah discute du voleur juif, et de ce qui peut être fait pour l'aider à se repentir et devenir une bonne personne.

[on apprend de là une leçon fondamentale : aucun juif n'est oublié par Hachem.
On peut se dire que puisque je suis tombé bas alors Hachem s'est éloigné de moi. Mais non, après le don de la Torah, Hachem n'a pas oublié le juif qui s'est perdu à voler et qui avait besoin d'aide pour revenir sur le bon chemin.

La guémara (Sanhédrin 44) affirme : "Même quand quelqu'un faute, il reste un juif".
Rachi commente : "Même lorsque les juifs fautent, leur saint nom (Israël) reste sur eux".
Quoiqu'on ait pu faire, on ne perdra jamais le titre de juif, de fils adoré d'Hachem, et nous aurons de façon inchangée une partie Divine pure en nous (l'âme). Ainsi, Hachem nous aimera toujours infiniment!]

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-> Lorsque Adam a mangé du fruit de l'Arbre de la Connaissance : Hachem appela Adam, et lui dit : "Où es-tu (ayéka)?" (Béréchit 3,9).

En apparence, ces mots semblent être une remontrance : "Tu étais au plus haut niveau avant que tu ne fautes, qu'est-ce qui t'es arrivé? Comment as-tu pu chuter si bas?
Mais en réalité, c'est également des mots d'encouragement, car Hachem appelait Adam vers Lui, en lui exprimant qu'Il avait envie de Lui.
Même à ce moment, Hachem ne l'a pas abandonné.

[c'est comme si Hachem lui disait que certes sa faute a créé une distanciation, mais ta présence proche de Moi me manque. Fais téchouva et reviens au plus vite à mes côtés car Je t'aime infiniment et Il m'est dur de me séparer de toi.
=> Ce message s'applique d'une façon égale à tout juif.
(il peut être mis en parallèle avec l'idée du évéd ivri)]

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