« Et voici la loi de l’offrande de festin de paix (aChélamim) … s’il l’offre comme offrande de remerciement » (Tsav 7,11)

-> Nos Sages enseignent qu’après la venue du machia’h, le monde atteindra un degré de perfection dans lequel les offrandes de réparation deviendront inutiles, car les hommes ne commettront plus de fautes.
En revanche, selon le midrach (Vayikra rabba 9,7), les offrandes de remerciement continueront pour l’éternité, ce qui souligne combien il est important d’exprimer notre reconnaissance.

La guémara (Pessa’him 50a) nous apprend qu’aux temps du machia’h, les hommes béniront Hachem même pour ce qui peut sembler mauvais car ils réaliseront que tous Ses actes sont des bienfaits (tout est pour notre ultime bien, même si cela peut être momentanément désagréable).

-> Le sacrifice de remerciement (Toda), est un sacrifice apportait par une personne qui a été dans une situation dangereuse, et qui en a été sauvée.
[la guémara (Béra’hot 54) illustre 4 types de dangers : un voyage dans le désert [ou tout autre voyage comportant des risques], un emprisonnement présentant un danger, une maladie grave, et un voyage en mer.]

En lien avec ce sacrifice, le midrach (Vayikra rabba 9,2) cite le verset : « Quiconque offre un sacrifice de remerciement m’honore » (Téhilim 50,23).
Le midrach fait alors remarquer que : « m’honore » (yé’habédanéni – יְכַבְּדָנְנִי) est bizarrement écrit avec un double « נ », au lieu d’un seul comme d’habitude, et cette répétition implique : « un honneur après un honneur » (כבוד אחר כבוד).

=> Qu’est-ce que cela veut dire?

-> Selon le midrach (Vayikra rabba 9,1), on n’amène pas ce sacrifice afin d’obtenir le pardon de nos fautes, mais uniquement dans un but d’honorer Hachem.
[la valeur de la lettre « noun » est de 50 => 2×50= 100, comme le fait qu’on apporte le sacrifice à 100% pour Hachem, et non en partie pour nous : pour expier nos fautes!]

-> Le Ktav Sofer donne la réponse suivante :
Lorsqu’une personne est sauvée d’un danger, qu’elle reconnait que c’est grâce à Hachem, alors elle va remercier D. pour cela.
Cependant, on doit également réaliser que tout ce que fait Hachem est pour le bien. Même ce qui nous est paru comme une mauvaise situation était en réalité une bonne chose.
C’est pour cela que celui qui amène un sacrifice de remerciement, se doit d’exprimer un double merci à Hachem : un portant sur la situation difficile qui a été traversée, et un autre sur le fait d’en avoir été sauvée.

[plus on développe les occasions de remercier Hachem, et de reconnaître qu’absolument tout est pour notre bien, plus on permet à notre émouna de se répandre en nous, de devenir vivante et non uniquement théorique! La vie est alors tellement plus agréable!!]

-> Si une personne exprime sa gratitude à Hachem, alors Hachem lui fournira davantage de délivrances et d’opportunités de témoigner sa gratitude et d’amener de tels sacrifices.
[Rabbi Akiva Eiger – Drouch vé’Hidouch – Tsav 7,12]

[« un honneur après un honneur » => dire merci à D., c’est enclencher une spirale positive, où les occasions de Le remercier vont s’enchaîner!]

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-> « De ses propres mains, il l’apportera » (Tsav 7,30)
Rachi commente que le propriétaire et le Cohen participent tous les 2 au service.
Pendant le balancement, le propriétaire tient les morceaux entre ses mains et le Cohen place ses mains sous les siennes.

Le Panim Yafot enseigne : si un fauteur veut apaiser Hachem, il apporte un sacrifice par le biais des Cohanim, car si c’était lui-même qui le ferait, cela serait de l’insolence (‘houtspa), car il a fauté envers D.
Cependant, si quelqu’un apporte un cadeau à Hachem, il l’amène lui-même, sans les Cohanim comme intermédiaires.
C’est pourquoi, lorsqu’on amène son Chélamim (offrande de paix : comme celui de remerciement), qui est un cadeau, alors il participe au service avec ses mains.

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-> Le sacrifice Chélamim est une exclusivité du peuple juif.
Un idolâtre ne peut amener qu’un sacrifice Ola, qui est complètement brûlé sur l’Autel, mais pas un Chélamim qui lui est mangé.
=> Pourquoi cela?

Un idolâtre ne peut pas comprendre que le fait de manger peut être un acte de sainteté.
Ainsi, pour lui le sacrifice est saint, mais pas la partie consistant à le manger.

Cependant, les juifs ont reçu la Torah, et ils sont ainsi conscients que l’acte le plus simple, matériel, peut devenir spirituel.
Ainsi, le fait de manger la viande matérielle du sacrifice est un acte spirituel de mitsva, et cela témoigne du lien exclusif qu’il y a entre les juifs et Hachem.
[Béer Moché]

[le midrach Tan’houma Tsav (4) rapporte que le korban Ola est complètement brûlé ; le korban ‘Hatat est en partie brûlé et en partie donné aux Cohanim ; et le korban Chélamim est en partie brûlé, en partie donné aux Cohanim et en partie au juif qui l’a apporté.
Ainsi, ce dernier est le seul sacrifice qui apporte la paix aux 3 éléments : le mizbéa’h, les Cohanim et les juifs, chacun en recevant un morceau.]

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-> La guémara (Béra’hot 54b) enseigne que 4 personnes doivent apporter un Korban Toda :
– celui qui a été libéré de prison ;
– celui qui a traversé un désert ;
– celui qui a traversé une mer ;
– celui qui s’est rétabli d’une maladie.

Rabbénou Yoël dit que l’on trouve une allusion à cela à la fin de la amida : « vé’hol a’haïm yodou’ha chéla » (Tous les êtres vivants te remercieront – וכל החיים יודוך סלה).

En effet, le mot : ‘haïm (חיים) est l’acronyme de :
-> le ח (‘hét) = חבוש (‘havouch = le prisonnier) ;
-> le י (Youd) = ים (yam = la mer) ;
-> le י (Youd) = יסורין (yissourim = les souffrances physiques du malade) ;
-> le ם (Mem) = מדבר (midbar = le désert).

De nos jours, on récite la bénédiction du Gomel, en présence d’un minyan.

-> Le ‘Hatam Sofer enseigne qu’il n’est pas suffisant de remercier Hachem pour avoir été sauvé d’un moment difficile. Même en plein milieu de la douleur, nous devons avoir la confiance (bita’hon) que Hachem va nous sauver, et réaliser que tout ce que fait D. est pour le bien.

Il conclut : C’est uniquement celui qui est capable de remercier Hachem pendant la difficulté qui peut renforcer sa émouna, et qui croient réellement en Hachem.

[nos épreuves sont des occasions de témoigner concrètement de notre émouna, elles sont le thermomètre mesurant notre niveau de confiance en D.]

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-> Une personne qui était en danger de mort et a survécu apporte une offrande de remerciement (toda), pour exprimer sa gratitude envers D. et reconnaître que c’est D. qui l’a sauvé.
Ce sacrifice de remerciement est une forme d’offrande de paix (chélamim), mais elle diffère sur 2 points : il doit être consommé pendant un jour et une nuit alors que l’on dispose, pour le chélamim, d’une journée supplémentaire.
De plus il doit être accompagné de 40 pains (30 matsa et 10 pains).

=> Comment la Torah peut-elle nous ordonner de consommer ce sacrifice (qui pouvait être une vache, un mouton ou une chèvre), accompagné de 40 pains, et ce en uniquement 24 heures?

-> Le Nétsiv (Haémek Davar 7,13) répond qu’en réalité cela était pratiquement impossible, et que la personne qui avait apporté l’offrande était alors obligée d’inviter sa famille et ses amis pour prendre part au repas.
Ce repas devenait alors l’occasion d’expliquer au plus grand nombre ce qui s’était passé, et de reconnaître publiquement à quel point Hachem nous vient en aide dans nos moments difficiles (un juif n’est jamais abandonné! S’Il a aidé mon prochain, alors moi aussi Hachem m’aidera!).

Par ce récit de 1ere main, tout le monde est très touché et sensible à la bienveillance permanente de D. à notre égard.
Lorsque quelqu’un de proche remercie D., alors cela nous pousse à regarder dans notre vie et à également en venir à Le remercier pour Ses bontés!

-> Selon le Imré Emet, si nous devons manger en un seul jour le korban de remerciement, c’est parce au cours du jour suivant Hachem nous fera tellement de nombreux miracles que nous devrons apporter un nouveau sacrifice.
=> C’est une reconnaissance du fait que Hachem nous comble miraculeusement de bonnes choses absolument tous les jours.

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-> Rabbi Its’hak Hutner enseigne que la racine du mot : « toda » est « odaa », qui signifie à la fois : « remercier », et « admettre » (modé).
En effet, pour remerciement pleinement une personne, il faut d’abord admettre que nous avions besoin de son aide.
Cela va à l’encontre de la nature humaine, car nous préférons penser que nous pouvons tout faire par soi-même (j’ai besoin de personne! je contrôle tout!), et que nous n’aimons pas être en situation de dettes de gratitude envers autrui.

-> Rabbi ‘Haïm Yossef Kofman fait remarquer que dans la prière nous disons d’abord : « modim ana’hnou la’h » (par cela nous admettons qu’il est D., et donc nous avons besoin de Lui pour tout), et ensuite : « nodé lé’ha ounéssaper téhilaté’ha » (on le remercie alors pour toutes Ses bontés permanentes).

Cela explique aussi pourquoi dans la répétition de la Amida, chacun doit réciter lui-même ce passage du modim, sans compter sur la lecture de l’officiant comme pour le restant de la Amida.
En effet : le fait d’admettre en nous-même notre totale dépendance à Hachem, est un processus que personne ne peut faire à notre place!

[une fois que cette rampe de lancement est construite dans notre cœur, on peut pleinement lancer les remerciements à proprement parler! (et chacun en a des uniques à lui!)]

-> Le Ets Yossef affirme qu’il n’y aura plus de maladie, ni de danger de mort à l’époque du machia’h, faisant que l’on apportera un Korban Toda non par obligation, mais volontairement comme moyen d’exprimer notre appréciation totale pour tout ce que fait Hachem.

[En effet, c’est la nature même des juifs, que de pouvoir remercier, apprécier les bienfaits reçus.
Dans la répétition de la amida, dans Modim, nous remercions Hachem de pouvoir le remercier (modim … al chéana’hnou modim la’h).
En effet, la capacité de remerciement nous oblige à se focaliser sur ce que l’on a, et notre vie devient alors tellement plus belle!
Ce que l’on pense être manquant est en réalité tellement minime face à l’immensité de ce que l’on a!
Plutôt que de passer ma vie à courir après ce que je n’ai pas, j’apprécie tout ce que j’ai, et qui est déjà énorme!

Hachem n’a pas besoin de nos remerciements.
Naturellement D. semble caché dans ce monde, et à chaque fois que nous le remercions, cela est un moyen de reconnaître, d’admettre Sa présence permanente (et notre dépendance totale à Lui), repoussant la tendance humaine à croire en la naturalité des choses.
Chaque occasion (même petite) de remercier D., et un moyen de renforcer concrètement notre émouna en l’illustrant de faits personnels et réels.]

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-> b’h, également sur l’offrande de paix : https://todahm.com/2020/03/06/13200

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