+ Faire les mitsvot = être béni au-delà de son mazal :
"Tu serviras Hachem et Il bénira ton pain et ton eau, ... Il n'y aura aucune femme qui fera une fausse couche ou qui sera stérile dans ta terre. Je comblerai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,25-26)
-> Ces trois bénédictions, les enfants, la santé et la richesse, sont en réalité les trois choses que la guémara (Moéd Katan 21b) enseigne, qui ne sont pas basées sur le mérite, mais dépendent plutôt du mazal, le destin prédéterminé.
=> Le Zéra Shimshon demande que les versets semblent impliquer que ces choses sont basées sur les mérites de chacun (si tu fais cela, alors je Te bénirais). Et même selon Tossafot (Shabbos 156a) qui dit qu'avec un très grand mérite, on peut en effet changer son destin, ce verset ne semble toujours pas parler de quelqu'un ayant un mérite hors du commun. Il parle du moment où le peuple juif sert Hachem comme il se doit. Comment alors la guémara concilie-t-elle ces versets?
-> Le Zéra Shimshon explique que ces bénédictions peuvent avoir lieu même sans que le destin d'une personne ne soit changé. Par exemple, si, d'après le mazal, quelqu'un est censé être pauvre et vivre de pain et d'eau, ce verset dit que Hachem bénira ce pain et cette eau d'une bénédiction spéciale de satiété.
Ainsi, son destin ne changera pas, mais tout ce qu'il apportera sera béni et il ne se sentira pas différent de celui qui possède beaucoup. C'est pourquoi le verset précise que le pain et l'eau seront bénis, sans mentionner les richesses.
Il en va de même pour la bénédiction "Je comblerai le nombre de tes jours". Cela signifie que la personne vivra tous les jours qui lui sont attribués et ne mourra pas avant l'heure. Ainsi, son destin ne changera pas pour qu'il vive plus longtemps, mais il sera béni de vivre tous les jours qui lui sont attribués.
Le Zéra Shimshon explique aussi que cette bénédiction semble superflue, car si une personne n'a pas fauté, pourquoi aurait-elle besoin d'une telle bénédiction?
Le Zéra Shimshon explique qu'il existe néanmoins une bonne raison à cette bénédiction.
En effet, une personne est confrontée à de nombreuses situations où elle est en danger ou a des habitudes malsaines qui peuvent techniquement la rendre malade. Ici, la Torah dit que si une personne sert Hachem, elle sera protégée et vivra jusqu'à la fin de ses jours, même si elle se trouve sans le savoir dans une situation dangereuse.
Jusqu'à présent, le Zéra Shimshon explique que ces versets ne contredisent pas la guémara. La guémara discute de la question de savoir si, grâce à ses mérites, une personne peut réellement changer son destin.
La guémara dit que ce n'est pas possible. Sur quoi Tossafot commente qu'à travers un grand mérite, on peut en effet changer son mazal prédestiné.
Alors que ces versets, bien qu'ils disent qu'en observant les commandements de Hachem comme il se doit (ce que le Zera Shimshon ne considère pas comme un mérite suffisant pour changer son mazal), une personne reçoit des bénédictions, celles-ci se manifestent de manière limitée par son destin, mais le surpassent néanmoins d'une certaine manière, comme expliqué.
En ce qui concerne la bénédiction d'avoir des enfants et de ne pas faire de fausses couches, le Zera Shimshon dit qu'il s'agit en fait d'une bénédiction qui change le destin. Cependant, le verset écrit clairement que cette bénédiction ne s'applique que "bé'artsékha", en terre d'Israël.
Le grand mérite de vivre en terre d'Israël change le destin spécifiquement à cet égard. La raison en est que celui qui vit en terre d'Israël le fait pour se connecter à la Chékhina (voir Kétoubot 110b) et avoir des enfants fait venir la Chékhina, la présence divine d'Hachem, dans ce monde (voir Yébamot 64a), mesure pour mesure, il mérite d'avoir des enfants.
=> Quand une personne respecte la Torah comme il se doit, même si son mazal n'est pas bon, Hachem trouve le moyen de lui envoyer ce dont il a besoin sans changer son mazal.