Pour un juif, la seule crainte = celle d’Hachem

+++ Pour un juif, la seule crainte = celle d'Hachem :

+ "Quand tu t'avanceras contre tes ennemis pour leur livrer bataille, et que tu verras cavalerie et chariots de guerre, une armée supérieure à la tienne, ne sois pas effrayé par eux ; car tu as avec toi Hachem, ton D., qui t'a fait sortir du pays d'Egypte.
Or, quand vous serez sur le point de combattre, le pontife s'avancera et parlera au peuple. Il leur dira: "Ecoute, Israël! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis ; que votre courage ne mollisse point ; soyez sans crainte, ne vous laissez ni déconcerter ni terrifier par eux. Car c'est Hachem, votre D., qui marche avec vous, afin de combattre pour vous contre vos ennemis et de vous procurer la victoire."" (Choftim 20,1-4)

-> Selon Rachi, ces versets contiennent 4 avertissements contre le fait d'avoir peur.

-> Les Richonim comptent ces versets comme une mitsva : il est interdit d'avoir peur.

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,29) écrit que cette faute d'être terrorisé ne se limite pas au champ de bataille (à une guerre), elle s'applique à toute situation effrayante dans laquelle une personne peut se trouver.

=> La question se pose : comment peut-on ordonner à quelqu'un de ne pas avoir peur dans une situation terrifiante?

-> "Ne sois pas effrayé par eux" (lo tira mé'em - לא תירא מהם - Choftim 20,1)
Selon le Ibn Ezra et le Sforno, cela signifie qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur "mé'ém (peur d'eux - ici : tes ennemis), nous ne devons être effrayé/craindre uniquement Hachem.
En réalité, lorsque Hachem décide de nous mettre dans une situation effrayante, Il veut que nous le craignons Lui.
Nous devons utiliser cette opportunité pour s'ouvrir à des sentiments de "yirat chamayim" (crainte d'Hachem), ce qui signifie, au niveau le plus simple, développer notre conscience et notre réalisation que : "ein od milévado" (il n'y a rien d'autre à part Lui).

[ "ein od milévado" = aucun être humain, aucun objet, n'a la capacité d'exister et de faire la moindre chose, sans qu'Hachem n'ait émis un décret le permettant.
Il n'y a aucune raison d'avoir peur des circonstances, car c'est Hachem qui a fabriqué cette situation dans les moindres détails (avec des raisons qui nous échappent pour le moment), mais puisqu'Il peut tout et que tout dépend de Lui, nous n'avons rien à craindre, si ce n'est Lui.

La problématique est que nous vivons dans un monde majoritairement non-juif qui suit la tendance humaine : il n'y a pas de Maître dans le monde, et de toute façon on est assez fort pour comprendre et gérer tout seul ce qui ce passe.
Un juif accepte que c'est Hachem le boss, qu'Il rend toute chose possible, que pour le moment nous ne pouvons pas comprendre, mais qu'au final tout ne sera que pour notre bien ultime.
Ainsi, chez un juif : "Décharge-toi sur D. de ton fardeau, Il prendra soin de toi" (Téhilim 55,23).
Le rav de Branov ('Hamra Tava) enseigne : lorsqu'un problème arrive à un juif, il pense que "demain" sera meilleur. Il a confiance en Hachem, et il est persuadé que D. peut lui retirer tous ses soucis en un clin d'œil.
De son côté, un non-juif n'a nulle part où se mettre, où se réfugier dans de la confiance, et c'est pourquoi il reste constamment avec ses problèmes.

=> L'idée est que plus un juif se travaille constamment pour aborder la vie selon : "ein od milévado" (il n'y a rien d'autre à part Lui), le plus il verra à l'origine de toute chose qu'il y a Hachem, et le moins il aura peur.
Un non-juif va avoir peur du bâton qui le frappe, qui lui fait peur.
Tandis qu'un juif voit que c'est Hachem qui le tient, alors il n'y à rien à craindre, et au contraire c'est un appel pour qu'on vienne se blottir contre Lui (par la crainte d'Hachem générée, qui engendre également de l'amour d'avoir un papa Hachem si incroyable!).]

[ => Lorsque nous percevons des choses, on doit s'interroger : est-ce que je les aborde avec un regard juif ou bien non-juif?
Sinon, c'est que nous avons un travail personnel à faire pour tendre à mieux réagir et regarder les choses avec des lunettes juives.
A notre naissance on a la chance d'être "non non-juif", mais ensuite il faut constamment travailler pour être "juif" dans l'action. Surtout que la nature humaine, et le milieu non-juif environnant nous empêche d'agir, de porter un regard vraiment juif sur ce même monde environnant. ]

[ le fait d'être apeuré par quelque chose ne va en rien améliorer les choses, en plus de traverser ce moment d'une façon désagréable.
A l'inverse, on peut le transformer comme d'une opportunité pour renforcer sa émouna, et donc acquérir une proximité plus grande avec Hachem.
Par ailleurs, dans des moments durs, qui font peurs, il peut être intéressant de se projeter dans le futur (ex: dans 2-3 ans), et se demander si on prendra toujours autant à cœur cela, si cela vaut la peine de se prendre la tête pour si peu.
Cela peut être un sens de : "Qui est sage? Celui qui voit ce qui va arriver" (ézéou 'hakham aroé ét anolad - guémara Tamid 32a). ]

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A ce sujet du "ein od milévado", voir également :
- http://todahm.com/2015/04/30/ein-od-milevado
- http://todahm.com/2021/11/08/33616
- http://todahm.com/2020/09/21/15072-2

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-> On a vu qu'il y existe la mitsva suivante : d'interdiction d'avoir peur.
Le roi David écrit : "Je mets constamment Hachem devant moi" (chiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8).
=> Ainsi d'une certaine façon lorsque l'on a peur c'est qu'on pense que derrière cette chose qui nous effraie il n'y a pas Hachem aux manettes, et d'une certaine façon on attribue du pouvoir à une autre force que D.
(ce qui contredit le Shéma : Hachem est Un = à nos yeux derrière toutes choses, même les plus inquiétantes, il n'y a que Hachem [c'est pour cela qu'on met la main sur nos yeux : même si je ne vois pas, je ne comprends pas, j'affirme avec certitude que c'est Hachem qui gère pour le bien!]).

A la question pourquoi Hachem cherche à me faire peur :
- le mauvaise réaction : je suis tétanisée en développant l'idée que Hachem ne gère pas tout pour le bien, et donc que j'ai des raisons de m'inquiéter ;
- la bonne réaction : je comprends que Hachem m'envoie un électrochoc pour réveiller et stimuler ma émouna.
=> Lorsque j'ai peur vers où vais-je courir pour prendre refuge : est-ce chez papa Hachem et ainsi je muscler ma conscience qu'il n'y a que Lui, ou bien vais-je louper cette opportunité de rapprochement interne avec Hachem.
(avec le risque que D. m'envoie un électrochoc encore plus fort pour que je finisse par me tourner vers Lui)

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Pour nous aider à voir la vie avec des lunettes juives, on peut citer quelques commentaires de Rachi sur les versets de la Torah ci-dessus :
-> "Cavalerie et chariot" : Tous les chevaux [de l'armée égyptienne] ne comptaient, pour Hachem, que pour un seul (Béchala'h 14,23 & Choftim 20,1) ;
-> "Un peuple plus nombreux que toi" (Choftim 20,1) : [Hachem nous dit : ] C’est à tes yeux qu’il est plus nombreux, mais il ne l'est pas aux Miens.
-> "Ecoute, Israël" (Choftim 20,3) = Même si vous n’avez pas d’autre mérite que d’avoir récité le Shéma Israël, vous vous êtes rendus dignes de Son secours (guémara Sota 42a).
-> "Car Hachem, Eloké'hem" (Choftim 20,4) = [Vos ennemis] viennent armés de la force des hommes, mais vous, vous venez armés de la force de Hachem (guémara Sota 42b).

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-> Le rav Yé'hezkel Levinstein (Ohr Yé'hezkel) dit que l'homme profondément croyant doit savoir que tous les pouvoirs sont entre les mains de D.

-> Au début de la 2e guerre mondial, le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim) a rapporté au nom du 'Hafets 'Haïm : "Chaque balle [d'une arme] a une adresse. Tout ce qui est décrété sur une personne lui arrivera où qu'il soit. Il n'y a aucune raison de paniquer ; Hachem aidera".

-> b'h, voir également : Hachem est toujours là : http://todahm.com/2017/04/26/5204-2

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+ Le tonnerre & les cauchemars :

-> Selon la guémara (Béra'hot 59a), l'objectif du tonnerre et des cauchemars est de "rendre droit ce qui ait tordu dans le cœur" d'une personne.
Cela est déduit du verset : "D. a arrangé les choses de telle sorte qu'on le craigne" (Kohélet 3,14).

-> Le rav Israël Moché Sorotskin dit que c'est de cette façon que nous devons aborder toutes les choses qui nous font peurs.
Nous devons réaliser qu'elles viennent d'Hachem, et qu'il n'y a pas de place pour la crainte de la chose elle-même ; nous devons lui permettre d'éveiller notre crainte d'Hachem (yirat chamayim).

-> Le rav Eliyahou Lopian fait remarquer que les tonnerres sont pratiquement toujours suivis par de la pluie. Pourquoi cela?

Il donne la réponse suivante :
La pluie n'est pas une chose naturelle. C'est une bénédiction d'Hachem, et nous avons toujours besoin de quelques mérites pour recevoir une pluie abondante.
Parfois, nous n'avons pas assez de mérites pour cela, et alors Hachem va produire tout d'abord des tonnerres qui vont conduire à agiter la crainte d'Hachem (yirat chamayim) chez quelques personnes.
Grâce à ces mérites supplémentaires, le monde est alors capable de recevoir la bénédiction de la pluie.

La même chose est vraie pour chaque bénédiction que Hachem désire nous donner.
Nous devons être méritants pour la recevoir, et si ce n'est malheureusement pas le cas, alors Hachem nous envoie différentes choses pour nous réveiller.
A la suite de cet éveil spirituel en nous, cela va générer le mérite nécessaire pour recevoir la bénédiction d'Hachem.

[ainsi nous ne devons jamais désespérer. C'est justement lorsque l'on traverse une période sombre, qui va nous faire un sursaut de crainte d'Hachem, que l'on va exprimer concrètement notre émouna. Par ces mérites ainsi générés nous pouvons alors prétendre à une période éclatante de bénédictions qu'on n'aurait pas pu avoir sinon.
En ce sens, une journée chez les juifs commence la veille au soir, car un moment d'obscurité (nuit) dans notre vie, va permettre qu'on ait de la lumière (jour) éclatante dans notre vie. ]

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