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Le pouvoir de la musique

+ Le pouvoir de la musique :

-> La musique a le pouvoir de nous approcher d’Hachem. De fait, le rabbi Ouri, le Saraf de Strelisk (Imré Kadoch 84), écrit que si une personne ne parvient pas à s’approcher d’Hachem, alors il est possible de trouver cette proximité par le biais de "la Chambre du chant" (eikhla anigoun - היכל הניגון).
Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 2) écrit que "la Chambre du chant" est l’une des plus proches de nous ; pourtant, le chant s’élève jusqu’aux plus hautes sphères.

-> Le Sefer ha'Hinoukh (384) écrit que face à la nature physique de l’homme, des réveils spirituels sont nécessaires pour le reconnecter à sa spiritualité. Sinon, dans son état naturel, il reste en léthargie spirituelle. Il n’y a rien de plus grand qu'un nigoun (mélodie) pour réveiller spirituellement.

Le Rabbi de Piacsezna (Hachsharat Avreikhim 9) écrit que la musique est une forme de révélation de l’âme et des sentiments ... La musique est l’une des clés de l’âme, qui l’éveille et donne une expression à ses émotions

-> Le Gaon de Vilna (Sia'h Its'hak - Siddour haGra) écrit que nos âmes ont été empoussiérées, en proie à la peine et au désespoir après leur descente ici-bas, on peut revigorer nos coeurs avec les chants.

Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 9) écrit que pour s’extraire de sa mélancolie, il faut s’efforcer de chanter une chanson joyeuse, même contre sa volonté, jusqu’à ce que son coeur s’égaie et retrouve la joie. Cela marche à merveille.

Selon le Steïpler ('Hayé Olam 1,1), le bénéfice de la musique est grand, en dehors du plaisir physique, elle remue le coeur, incite à la diligence, à l’étude profonde et génère l’éveil.

-> Pourquoi la musique procure-t-elle un tel plaisir?
Le rav Aharon Berakhia de Modène (Maavar Yabok - Sifté Tsadik 31), élève du Rama de Pano, écrit que l’âme tire plaisir de la musique qui lui rappelle celle qu’elle entendait des Anges du Service (les malkhé haCharét), ainsi que les chants des sphères célestes.
De ce fait, incarnée, quand elle entend de la musique, l’âme en tire une jouissance, comme lorsqu’elle était attachée à sa Source.

De même, Rabbi Shlomo Alkabetz (Manot haLévi) écrit que la musique est agréable pour l’âme, lui rappelant ce qu’elle entendait en-Haut, avant sa descente.

-> Rabbi Israël de Shklov (1770-1839 - dans l'introduction au Péat haShoulkhan), rapporte que son rav, le Gaon de Vilna louait grandement la Sagesse de la musique ('hokhmat mousica).
Le Gaon de Vilna disait que la plupart des explications de la Torah, les secrets des chants des Levi'im et les secrets des Tikouné Zohar ne peuvent être compris sans cette sagesse.
De nombreux chants et rythmes proviennent du mont Sinaï et ont été ramené sur terre par Moché Rabbénou. Beaucoup de chants en dérivent, et les autres sont que des hybrides.

-> Le rav Matisyahou Salomon (Matnat 'Haïm) dit qu'une mélodie ou une composition musicale peut amener une personne à une compréhension plus claire et à une appréciation plus approfondie de la sagesse.

-> Le 'Hatam Sofer qui, apparemment, n'avait pas l'oreille musicale, aurait dit une fois : je serais prêt à donner la moitié de ma part dans la Torah pour acquérir le sens de la musique. [rapporté dans le livre Rabbénou Moché p.127]
Le Zohar mentionne souvant l'importance de la musique. Les kabalistes enseignent que l'étude des 10 Séfirot est basée sur les règles musicales.

-> Le 'Hafets 'Haïm (Michna Broura 54,3-5) enseigne, au nom du Maté Moché, que les forces spirituelles négatives (klipot) obstruent les prières de monter [vers D.], mais grâce aux [chants] des Pessouké déZimra nous les coupons".
[selon nos Sages, le mot "chant" (zimra) provient du terme "zomer" (couper/élaguer), car nous coupons les impuretés spirituelles comme préparation pour prier Hachem.
Ainsi, par exemple dans la prière du matin, nous récitons les chants des Pessouké déZimra, dans un but de préparer le terrain (en taillant toutes les négativités bloquantes) pour permettre à notre prière de monter au Ciel. ]

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-> "Le frère [de Yaval] s'appelait Youval, il était l'ancêtre de tous ceux qui jouent de la harpe et de la flûte" (Béréchit 4,21).

-> Selon le Radak : Youval a été l'initiateur de l'art de la musique.
-> Selon le Ibn Ezra : la harpe et la flûte représentent les instruments de musique. [La musique] est une grande sagesse.

-> Le Ramban (chaar haGuémoul) écrit :
"L'idée de la harpe et des autres instruments de musique dans le Temple fait allusion au discernement intellectuel qui repose dans l'âme. Dans le monde physique, il n'y n'y a rien de plus subtil et raffiné que la musique."

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-> "En vérité, toute l'idée du chant est la conquête des émotions de l'âme sur les pouvoirs du corps"
[Chem miChmouël - Vaykira]

-> La musique est une forme de révélation de l'âme et de ses sentiments ...
La musique est l'une des clés de l'âme, qui l'éveille ainsi que ses sentiments.
[Rabbi Klonimus Kalman de Piacsezna - Hachsharat Avreikhim 9]

-> Le concept de musique est l'idée d'éveiller l'essence même de la personne et ses pensées les plus profondes qui autrement ne lui seraient pas révélées, pour quelque raison que ce soit.
[rav Moché Yé'hiel Elimélé'h de Lobartov - Imré Tal - maamar haNigoun

-> Combien l'âme peut être éveillée par la musique et le chant, pour être élevée du matériel à la plus haute demeure de son Créateur.
[rav Yéhouda Ariyé de Modène - Beit Yéhouda sur le Ein Yaakov (Arakin 11a)]

-> "Rien n'est capable de susciter la joie et l'amour d'Hachem, comme la musique".
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 2]

-> La façon dont une personne agit ici-bas reflète la façon dont elle va être traité en-Haut.
En chantant une chanson joyeuse avec des intentions célestes, on se connecte au Monde de la Joie (olam hasim'ha). D'elle-même la joie coule automatiquement dans notre coeur.
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 5]

-> Un chant joyeux provoque un flux céleste et un réveil du Monde de la Joie, à partir des chants des anges qui sont nommés sur le chant pour apporter de la joie à Hachem.
[si c'est un chant de sainteté, il tire une effusion et une grande et impressionnante lumière de la sainteté des anges et de la Chambre du Chant.]
En chantant des chansons joyeuses avec des intentions pour le Ciel, on devient alors lié au Monde de la Joie, et la joie coule automatiquement dans notre coeur.
[Shomer Emounim - maamar Tsahali Véroni 9]

-> Par le chant et l'attachement à la joie, la joie devient active et augmente [en nous] de plus en plus.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi (Béchala'h)]

-> Les oiseaux chantent devant nous au ciel pour saturer nos âmes, pour éveiller nos coeurs à la joie.
[Rav Avraham - fils du Gaon de Vilna]
[Hachem a fait en sorte qu'il y ait pleins d'oiseaux qui chantent, pour nous fournir un réservoir naturel de musique, afin qu'il soit facilement disponible à nos oreilles pour attirer ses auditeurs vers la joie! ]

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+ Pérék Chira :

-> Rabbi Nathan Scherman (Pérék Chira) enseigne :
Pérék Chira est une compilation de chants que personne d'entre nous ne peut entendre. Il contient les versets qui sont "chantés" respectivement par 85 composants de la Création : les corps célestes, les montagnes et les océans, les animaux, les oiseaux, les poissons, et les insectes.

Il y a 3 opinions au sujet de qui "chantent" réellement ces 85 chants du Pérék Chira.
Certains disent que chaque création chante littéralement son propre chant, les êtres humains ne peuvent bien sûr pas les entendre, tout comme il y a beaucoup de sons dans la nature que les sens humains ne peuvent pas détecter, mais qui existent néanmoins.
Une 2e opinion est que le chant est fait par les anges. Comme nos Sages l'enseignent, même un brin d'herbe a un ange qui guide sa croissance (lui disant : Pousse!), et ces anges chantent les chants respectifs de ceux dont ils s'occupent.
La 3e opinion est que les chants ne sont pas réellement prononcées, elles sont implicites dans l'existence des créatures et de leurs rôles dans l'univers. Par conséquent, celui qui comprend la fonction du soleil, de l'océan ou d'un chat ou d'un chien, comprendrait ce que nous devrions en tirer, et c'est son chant.
[on voit à quel point le chant à Hachem est fondamental au sein de la création.]

-> Le rav Shimshon Raphael Hirsch écrit qu'il y a 2 révélations de D. dans le monde : par le biais de la nature (comme le montre le Pérék Chira, toute la création loue Hachem), et également par le biais de la transmission directe de la Torah, qui est également un chant.
En effet, il est écrit : "Et maintenant, écrivez pour vous ce chant (chira - שִּׁירָה), qu'on l'enseigne aux Bné Israël et qu'on le mette dans leur bouche, afin que ce chant me serve de témoignage à l'encontre des Bné Israël" (Vayélé'h 31,19).

[le Nétsiv développe l'idée qu'à l'image d'un chant, la Torah est plus allusive que explicite, et elle est une allusion à de profondes significations, parfois d’une seule lettre, d’un mot, ...
(de plus à l'image du chant de la création, la Torah englobe tout.)]

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+ La musique = notre langue maternelle :

-> "La musique est le langage de l'âme".
[rav Shaül de Modzhitz - Imré Shaül - Inyané Zimra 43]

-> La langue est la plume du cœur. Le chant est la plume de l'âme.
[Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi - le Baal haTanya]

-> Pourquoi la musique est-elle le langage de l'âme?

Pour comprendre cela, il faut distinguer les 2 composants principaux de l'être humain : le corps physique qui commence sa création dans le ventre de sa mère ; et l'âme qui existe déjà bien avant dans les sphères célestes.
Là-bas, l'âme a pu s'habituer à l'ambiance céleste, dont une caractéristique importante est la musique.

-> la guémara ('Haguiga 14a) nous rapporte : "chaque jour, des anges de service sont créés à partir du Nehal Dinor. Ils chantent une chanson puis cessent d'exister".
Le Arizal (Likouté Torah - Emor) explique ainsi ce processus : "il y a des anges qui sont créés chaque jour qui chantent, et qui cessent d'exister. Cela est dû à l'exposition sur eux de la Lumière du Ein Sof, plus que de mesure".

-> le 'Hayé Adam (20,1) écrit : "les circuits des cieux ... chantent constamment et offrent des louanges en Son honneur".

-> Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 3) enseigne :
"Tout le service des anges et des corps célestes est de louer et de chanter devant Lui [Hachem], avec des chants, de la musique, de la joie, ... avec le désir de leur âme et avec une grande crainte et amour, se réjouissant d'accomplir la volonté de Celui qui est béni, et Son Nom est béni pour toujours".

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 2,7) écrit :
"Combien est grande la puissance de cette sagesse [la musique], pour les anges en-Haut ainsi que les circuits des cieux (galgalé chamayim), qui font tous de la musique et chantent une musique et des chants agréables."

-> En fait, la grande force et la douceur de cette musique sont si irrésistibles que les êtres humains ne peuvent pas la supporter.
Le Zohar (Vayakel 196a) dit :
"Sans le fait que le coeur des gens est scellé et que leurs yeux sont fermés, ils ne seraient pas capables de résister à la douceur du son produit par le circuit du soleil (דגלגלתא דשמשא), alors qu'il va et offre des louanges devant Hachem".

D'ailleurs, selon une opinion dans la guémara, notre incapacité naturelle à entendre le chant angélique est précisément le moyen par lequel le régiment des troupes de San'hériv est mort.
La guémara (Sanhédrin 95b) affirme : Rabbi Its'hak Naf'ha dit : "[l'ange Gavriel] a ouvert leurs oreilles pour qu'ils entendent le chant des 'Hayot (créatures célestes), et ils sont morts".
[l'oreille humaine ne pouvant supporter la sainteté d'une mélodie venant du trône céleste du fait qu'elle est en contradiction avec sa condition matérielle. Ainsi, nos Sages nous révèlent que Hachem a utilisé ce moyen pour éliminer en une seule nuit les 185 000 chefs de troupes de l'armée de San'hériv et leurs soldats partis à l'assaut de Jérusalem au temps du roi 'Hizkiya.]

-> Non seulement les corps célestes et les anges chantent, mais même les âmes qui ont quitté leur corps physique se joignent au choeur céleste de chants et de louanges.
Le rav Eliyahou de Vidach (dans son Réchit 'Hokhma - chaar ha'aava 10) enseigne :
"Après que les âmes quittent [le corps dans lequel elles sont], elles remercient et louent Hachem ... puisque tous [les éléments des] sphères Supérieures s'agitent en chants."

-> Le rav Matisyahou Salomon (Matnat 'Haïm - Moadim) écrit :
"Les sons des hôtes Célestes sont tous entendus à travers le chant et la musique, au point que l'on peut dire que la musique est la langue des cieux".

[ainsi on n’est pas étonné que l'âme soit familière et parle couramment cette "langue".
C'est parce l'âme est d'abord exposée à la musique, et ensuite seulement au fait de parler. En ce sens, Onkelos (Béréchit 2,7) explique qu'une fois que l'âme est insufflée dans le corps alors il devient un "esprit parlant".
(ainsi, on passe d'une réalité où la langue principale est la musique, à notre monde actuel où c'est plutôt le parler.)]

-> Rabbi Yaakov Skili (Torat hamin'ha - Béaaloté'ha 56), un élève du Rachba écrit :
Lorsque l'âme entend ces sons [de musique], elle se souvient de sa première demeure et comment alors qu'elle était devant son Créateur, elle a entendu ces sons. Cela éveille en elle la joie. C'est pourquoi les instruments de musique éveillent les gens à un état de prophétie.

-> On peut citer davantage le Maavar Yabok (Sifté Tsadik 31) abordé précédemment :
"L'âme tire du plaisir de la musique, parce qu'elle est habituée à la musique au travers le chant des Anges du Service et le chant des circuits Célestes ( שיר הגלגלים).
Ainsi, même lorsqu'elle [l'âme] est confinée dans un corps et qu'elle entend de la musique, elle en retire du plaisir, tout comme elle en avait l'habitude lorsqu'elle était attachée à Sa Source [Trône Divin au Ciel].
A partir de la jouissance de la musique, il devient possible d'avoir l'esprit de la Présence Divine (Chékhina) qui vient reposer au-dessus, tout comme il résidait au Ciel."

-> Rabbi Shlomo Alkabetz (Manot haLévi 1,8) développe ce sujet :
"L'âme humaine aime la musique parce qu'elle l'entendait très régulièrement au Ciel.
Nous le savons à partir de la signification directe et véridique des versets bibliques qui décrivent comment les anges d'en-Haut ouvrent leur bouche en bénédictions, en louanges et en glorifications (מלאכי מרום פותחים את פיהם מברכין משבחין מפארין) ... dans une expression claire ... en faisant entendre le son de leurs ailes.
La musique peut faire en sorte que les gens aient tellement de joie qu'ils ont l'impression d'avoir quitté leur corps. Ils perdent la trace de l'endroit où ils se trouvent.
Pour certains, la musique douce est si apaisante qu'elle les met en sommeil. L'âme quitte simplement le corps qu'elle gardait et alors c'est comme si [elle n'était plus là et on] devient aussi immobile qu'un "cadavre", profondément endormi.

Par exemple, de nombreux nourrissons ne peuvent pas dormir du tout à moins d'entendre une berceuse.
En effet, n'ayant quittés le Ciel que récemment ils ont encore besoin de musique douce et ne peuvent pas se reposer sans elle.
Et de même, une personne malade, épuisée de sa force physique, peut se renforcer spirituellement par la musique."

-> Le rav 'Haïm Vittal (chaaré kédoucha 4,2) explique le chemin vers la prophétie :
"La prophétie ou roua'h akodech est désignée par les termes "sommeil", "rêve" ou "vision" ...
A travers la douceur de la musique, l'isolement [de l'âme] descend sur eux en raison de la douceur du son, et ils se débarrassent de l'âme. Le musicien finissait par arrêter la musique, et les élèves des prophètes restaient dans cet état élevé d'attachement (dvékout) et de prophétie."

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-> "La racine de la prière est la joie du coeur en Hachem, comme il est dit : "Glorifiez-vous de son saint nom ; que le cœur de ceux qui recherchent Hachem soit en joie!" (Téhilim 105,3).
C'est pourquoi David, roi d'Israël, avait l'habitude de jouer toutes ses prières et chansons sur une harpe. C'était pour remplir son coeur de joie de son amour pour Hachem".
[Séfer 'Hassidim 18]

-> Le roi David est appelé : "le doux chanteur d'Israël" (né'im zmirot Israël - Chmouël II 23,1).

-> Les psaumes du Séfer tehilim étaient chantés avec un accompagnement musical. En fait, chaque chapitre avait les instruments ad hoc et la mélodie appropriée pour faire naître la pensée requise, la compréhension et les émotions que le roi David cherchait à éveiller à travers ses mots.

Le Radak (Téhilim - chap.4) écrit :
"Certains Téhilim étaient chantés avec un accompagnement acoustique appelé "naguinot", et d'autres avec un instrument appelé "cheminit".
Ces chansons, mélodies ou louanges étaient chantées avec l'accompagnement, [chaque Téhilim avait] l'air qui lui était assigné. C'était une sagesse profonde qui réveillait l'âme de l'intellect."

-> Fort de ce commentaire du Radak, Rabbi Matityahou Solomon (Matnat 'Haïm - Moadim) fait la citation suivante :
"Nul ne peut prétendre pleinement comprendre clairement un téhilim sans connaître sa profondeur musicale, sans saisir et reconnaître les différents sons des instruments et leur association et correspondance précise avec tel et tel téhilim. Car c’est cela qui donne toute sa saveur et son goût pour appréhender les psaumes (téhilim) dans toute leur intériorité".

-> Le rav David Greenfeld (Bineot Déché - Béréchit) écrit :
le roi David s'éveillait tous les jours à minuit [juif] au son que produisait sa harpe suspendue au-dessus de son lit. Lorsque la brise du Nord commençait à souffler, elle faisait vibrer les cordes.
Il se levait alors et chantait des louanges et des hymnes à Hachem (guémara Béra'hot 3b) basés sur des données musicales issues des sphères supérieures.

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-> Le chant et les louanges suite à un miracle ont 2 aspects. Le premier est pour exprimer notre gratitude et remercier (pour le miracle). Cela à lui seul permet de créer de la proximité et un attachement à Hachem parce que le chant réveille l'âme.
Mais il y a un autre aspect, celui de permet de générer une plus grande conscience de la Providence d'Hachem et Sa grandeur.
[rabbi Aharon Kotler - michnat rabbi Aharon - vol.3]

-> Le rav 'Haïm Friedlander (Sifté 'Haïm - vol.2) développe l'idée que de même qu'une chanson est une fusion mélodieuse de tonalités individuelles, la vie est une synthèse de différents événements qu'Hachem nous envoie.
[une tonalité peut ne pas être très douce/agréable, mais avec une vision globale c'est elle qui va permettre de sublimer d'autres passages. Grâce à D., tout est pour le bien, et parfois un moment d'obscurité permet d'avoir une luminosité ultérieure beaucoup plus puissante.]

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+ La musique dans le Temple :

-> Nos Sages enseignent : le fait d'omettre le chant invalide le sacrifice, selon l'avis de Rabbi Méïr.
Cependant, les autres Sages soutiennent qu'une omission du chant n'invalide pas le sacrifice. [guémara Arakhin 11a]
[ainsi selon un avis, le service au Temple doit obligatoirement être fait accompagné d'un chant.]

-> La Michna (Tamid 7,4) rapporte que les Lévi'im chantaient un chant spécial pour chaque jour, et suite à la destruction du Temple nos Sages ont incorporé cette pratique dans notre prière du matin.

La guémara (Roch Hachana 31a) explique comment chacun de ces Téhilim est en parallèle avec ce qui s'est passé le jour correspondant lors des 6 jours de la création (ex: 1er jour de la création & 1ere jour de la semaine ; ...).

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+ La musique permet de faire la mitsva d'accomplir une mitsva dans la joie :

-> Rabbénou Bé'hayé (introduction à Nasso) écrit :
Le fait de se réjouir en accomplissant une mitsva est une mitsva en soi. Tout comme la mitsva est le "service" d'Hachem, la joie de faire des mtisvot est appelée "service" ...
Il y avait des chants dans le Temple, ainsi que dans le Michkan ; des chants qui étaient avec la voix et avec des instruments, afin qu'ils puissent amener l'âme d'une personne sur le chemin de la joie.
Ainsi, la Torah écrit que les Lévi'im "faisaient le service du service" (laavod avodat avoda - Nasso 4,47).
Nos Sages (guémara Arakhin 11a) expliquent : "Quel est le service du service? la chanson".
Les Lévi'im avaient comme instruction de chanter et d'ainsi susciter la joie de la mitsva d'offrir un sacrifice, afin que la mitsva soit accomplie avec joie.
[Rachi : "le service du service" = c'est la musique exécutée par les cymbales et les harpes.
(d'une certaine façon la musique permet de faire le service des sacrifices, mais également celui d'être dans la joie ["servir Hachem ton D. dans la joie" - Ki Tavo 28,47].
En ce sens, seul le fait d’être dans la joie permet de parvenir à une réalisation ultime des mitsvot d'Hachem. )]

-> Le haKtav véhaKaballa (Nasso 4,47) enseigne :
De la même manière qu'un commandement est un service à Hachem, de même la joie du commandement est appelé un service, tel qu'il et écrit : "parce que vous n'avez pas servi Hachem avec joie" (Ki Tavo 28,47).
La joie perfectionne notre service. C'est pourquoi la musique que les Lévi'im produisaient pour susciter la joie [de ceux qui apportaient les sacrifices, et qui par exemple pouvaient être attristés à l'idée de la faute qu'ils ont pu commettre comme impliqué par le sacrifice sous leurs yeux], est surnommé " le service du service".

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-> Le chant ouvre les portes du ciel. La tristesse les referme.
[rabbi Naftali de Ropshitz]

-> Les danses dédiées à D. sont des prières.
[Baal Chem Tov]

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+ Dissiper la morosité :

-> "Trois choses restaurent (la tranquillité) d'esprit. Elles sont : le son, l'apparence et l'odeur" (guémara Béra'hot 57b).
Rachi explique que le "son" dans ce contexte fait référence aux "sons des types de chansons".

Le Maharcha ('Hidouché Aggadot) commente :
"restaurent d'esprit" = cela veut dire : s'il est dans un état d'inquiétude et de chagrin, ces 3 choses le calment et lui enlève son angoisse.

-> Le Gaon de Vilna (Sia'h Its'hak - Siddour haGra) dit :
"Si nos âmes se sont effondrées à cause de la douleur et que le désespoir s'est abattu sur nous, nous pouvons encore animer notre coeur au travers de la chanson".

-> Le Shomer Emounim (maamar Tsahali Véroni 9) écrit :
"Celui qui est rongé par la tristesse et souhaite s'éveiller au bonheur devrait se fortifier et chanter une chanson joyeuse pendant un certain temps, jusqu'à ce que son coeur se transforme, contre sa volonté, en joie, et il verra des merveilles de cela.

-> Il est écrit : "l'esprit divin avait abandonné Saül, et il était en proie à un mauvais esprit suscité par le Seigneur. Les serviteurs de Chaül lui dirent : "Hélas! Un mauvais esprit de D. te tourmente. Daigne ordonner, Seigneur, que tes serviteurs qui t'entourent se mettent en quête d'un habile joueur de harpe, afin qu'il en joue quand D. t'enverra ce mauvais esprit, et cela te fera du bien ...
lorsque l'esprit venu de Dieu s'emparait de Saül, David prenait sa harpe, en jouait avec les doigts; Saül en éprouvait du soulagement et du bien-être, et le mauvais esprit le quittait." (Chmouël I 16,14-23).

Le Malbim commente :
Une fois que l'esprit d'Hachem avait quitté Saül, il n'est pas resté comme les autres gens. Au contraire, il s'inquiétait constamment, contemplant sa punition et la perte de son royaume, qui résultait de son péché ... jusqu'à ce qu'il soit consumé par la mélancolie ...
Ses serviteurs ont choisi la musique car elle peut déplacer l'âme d'un trait de caractère à un autre, et elle est capable de libérer de la dépression en passant à d'autres pensées, plus heureuses.

-> Le Rambam (Chmoné Prakim 5) comprend cela comme un conseil général :
"Celui qui est dépassé par la dépression [passagère] peut la dissiper en écoutant des chansons avec différents types de musique."

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Yaarot Dvach 2,7) écrit :
la sagesse de la musique est la sagesse du chant ... ce sont des chants justes qui réjouissent les coeurs, en supprimant la mélancolie et en permettant à l'âme d'acquérir la joie, afin que l'esprit d'Hachem s'y repose, à l'image des prophètes.

-> il est intéressant de noter que Yaakov était abattu pendant toute la période où il pensait avoir perdu Yossef, perdant à cause de cette tristesse sa capacité de se connecter à Hachem par la prophétie.
Le midrach (haGadol Vayigach 45,26) rapporte que c'est sa petite-fille Séra'h fille de Acher qui est venue annoncer à Yaakov la nouvelle que Yossef était toujours en vie, pour cela elle a utilisé une harpe.
Le Avot déRabbi nathan dit que : "l'Inspiration Divine qui l'avait quitté est revenue de nouveau sur lui à ce moment".

[la tristesse bloque notre connexion avec la spiritualité, et empêche la Présence Divine de pleinement résider sur nous. D'où l'importance de la musique.]

-> La joie qui était ressentie au Temple à Succot était incomparable, et cela par l'énorme impact des chants et des danses de la sim'hat beit hachoéva.
[michna (Soucca 5,1) : "tout celui qui n'a pas été témoin de la sim'hat beit hachoéva (cérémonie de libation des eaux au Temple pendant Souccot) n'a jamais connu de la vraie joie".]

-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : ... [Le prophète] Yona ben Amitaï est allé à Jérusalem pour la fête de Souccot, et il a participé aux réjouissances de la cérémonie de libation des eaux, et l'Inspiration Divine a reposé sur lui.
Cela nous ensigne que l'Inspiration Divine ne réside que sur quelqu'un dont le coeur est joyeux.
[guémara Soucca 22b]

-> Cette spécificité de la musique permettant d'atteindre un état d'esprit pouvant recevoir la prophétie est mentionné à plusieurs reprises dans la Torah.
Par exemple :
1°/ les prophètes utilisaient des instruments musicaux pour atteindre la prophétie :
"[le roi] David, avec les chefs de l’armée, assigna une place à part, dans le service du culte, aux fils d’Assaf, de Hêman et de Yedoutoun, qui pratiquaient l’art de la harpe, du luth et des cymbales" (Divré haYamim I 25,1)

2°/ "[le prophète Elicha dit : ] Eh bien! Amenez-moi un musicien. Tandis que celui-ci jouait de son instrument, l'esprit d'Hachem s'empara du prophète" (Méla'him II 3,15).
Le Radak commente : "Depuis le jour où le maître d'Elicha est parti, l'esprit de prophétie ne reposait pas sur lui car il était en deuil, et l'Inspiration Divine ne repose que sur une personne dans une état de joie.
D'autres disent qu'à cause de sa colère envers le roi d'Israël il était triste ...
C'est pourquoi, afin d'obtenir la joie nécessaire à la prophétie, il a dit : "Eh bien! Amenez-moi un musicien"
[on voit que la musique permet d'élever l'esprit, faisant que Hachem peut de nouveau résider sur nous, au point que les prophètes regagner leurs forces prophétiques. ]

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-> Le Kouzari (partie.2, chap.65) écrit :
"Sans aucun doute, la musique était très développée parmi [les anciens juifs]. Cela les inspirait spirituellement, tout comme de nos jours les gens disent que la musique peut modifier radicalement l'humeur d'une personne.
Mais il est invraisemblable [de penser] que la musique d'aujourd'hui est de la même qualité qu'elle ne l'était à l'époque.
[A notre époque] elle a perdu son statut et a été consignée à des serviteurs et des scélérats.
Elle a diminué en importance tout comme notre peuple a diminué en importance [spirituelle]."

-> selon certaines opinions, depuis la destruction du Temple il faut limiter la musique afin de diminuer la joie et avoir un sentiment incomplétude face à ce manque.
[cela devient plus stricte pendant les périodes du Omer et des 3 semaines menant au 9 Av.]

-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan II 8,10) développe l'idée du chant dans le futur suite à la venue du machia'h :
Dans le futur, lorsque le monde sera renouvelé, l'univers entier fonctionnera au niveau des merveilles, uniquement selon la Providence divine et non selon la nature.
Ensuite un nouveau chant émergera. Comme le dit le verset : " Chantez à Hachem un chant nouveau, car il a accompli des merveilles" (Téhilim 98,1).
Ce chant du futur est un chant de la Providence de D., une chanson de merveilles. Car alors Hachem dirigera le monde avec Providence et merveilles.

Il y a aussi un chant de la nature, comme dans le verset : "Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament proclame l’œuvre de ses mains" (Téhilim 19,2).
C'est le chant de la nature, des lois astronomiques. C'est le niveau de chant et de louange qui est chanté à Hachem pour la façon dont le monde est géré maintenant, via la nature.
Mais dans le futur, il y aura un nouveau chant de merveilles, de Providence, car alors le monde sera gouverné [clairement] par la seule Providence [d'Hachem].

-> En ce sens, nous disons dans le chant de Shabbath "tsour michélo" :
"Que le Temple soit reconstruit, la ville de Sion rempli de nouveau,
Là-bas, nous chanterons un nouveau chant, et avec joie nous monterons (vécham nachir chir 'hadach, ouvirnana naalé).

[avec la guéoula, nous aspirons à l'harmonie des temps futurs, qui produira un chant tellement sublime qu'il n'a jamais été entendu auparavant.]

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