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"Mais la reine Vachti refusa de venir malgré l'ordre du roi transmis par les chambellans" (Esther 1,12)

-> La guémara (Méguila 12b) rapporte qu'A'hachvéroch ordonna à Vachti de se présenter devant lui nue, vêtue uniquement de sa couronne. Cependant, Vachti avait contracté la lèpre, et l'ange Gavriel lui avait donné une queue ; elle refusa donc de se présenter nue.
Le midrach (cité par le Manot HaLévi) indique qu'A'hachvéroch et Vachti avaient convenu à l'avance qu'elle se présenterait nue au festin ; comme l'indique la guémara (Méguila 12a-b), Vachti et A'hachvéroch avaient tous deux l'intention d'agir de manière immorale.
Ce n'est que lorsqu'elle contracta la lèpre et qu'une queue lui poussa qu'elle refusa de se montrer.

-> Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre raison pour laquelle la Méguila mentionne que Vachti a refusé l'ordre qui lui avait été transmis par les eunuques (homme châtré qui gardait les femmes dans les harems).
Le midrach (Esther raba 5,3 ; voir aussi Manot HaLévi) indique que les chambellans d'A'hachvéroch sont appelés "charissim" (סָּרִיסִים), ce qui signifie littéralement eunuques ; A'hachvéroch avait des eunuques comme serviteurs qui s'occupaient des femmes nobles de la cour, afin de s'assurer que les serviteurs ne séduisent pas les femmes de la cour.

Vachti pensait qu'en tant que reine, elle devait être au-dessus de tout soupçon. Lorsque A'hachvéroch lui envoya un ordre par l'intermédiaire des סָּרִיסִים, les eunuques chambellans, elle se sentit insultée que le roi la soupçonne d'avoir commis un péché avec les serviteurs. Profondément offensée, elle refusa l'ordre.

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-> "Mémou'han s'exprima ainsi devant le roi" (Esther 1,16)

La guémara (Méguila 12b) affirme que Mémou'han était Haman.
Le Malbim (3,1) suggère qu'Haman était Méhouman, l'un des chambellans qui avait été envoyé pour appeler Vachti. Si tel est le cas, Mémou'han et Méhouman étaient la même personne ; il était le plus important des chambellans (puisqu'il était le premier des sept) et le moins important des conseillers (puisqu'il était le dernier des sept).
Le rav 'Haïm Kanievsky note que Mémou'han était "la queue des lions et la tête des renards" (voir Pirké Avot 4,15), c'est-à-dire qu'il était le plus important des chambellans qui exécutaient les ordres du roi, mais qu'il était le moins important du groupe plus distingué des conseillers.

Si Mémou'han était bien Méhouman, on comprend pourquoi c'est lui qui s'est avancé pour conseiller A'hachvéroh. Méhouman étant l'un des eunuques qui avaient convoqué Vachti, son témoignage était nécessaire pour relater exactement comment Vachti avait répondu, le ton qu'elle avait utilisé, quelles semblaient être ses intentions, ... afin qu'elle puisse être jugée correctement.
C'est ainsi que Mémou'han fut invité à raconter ce qui s'était passé.

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-> "Cette proposition fut favorable aux yeux du roi et des officiers" (Esther 1,21).

À l'origine, tous les conseillers et nobles du roi restèrent silencieux et s'abstinrent de donner des conseils sur la manière de traiter Vachti. On peut supposer qu'ils craignaient que le lendemain, une fois A'hachvéroch dégrisé du festin, il regrette ce qui s'était passé et punisse ceux qui lui avaient donné des conseils à ce sujet. Le seul qui osa s'avancer fut Mémou'han, le moins important des conseillers.

Cependant, lorsque les autres virent que le roi était satisfait du conseil de Mémou'han, ils s'empressèrent de l'approuver. Ainsi, la Méguila note ici que les paroles de Mémou'han trouvèrent grâce aux yeux du roi et des fonctionnaires. La Méguila mentionne d'abord le roi, puis les officiers. Cela indique que le roi a d'abord accepté le plan ; une fois que les officiers ont vu que le roi était d'accord, ils se sont tous joints à lui et s'en sont attribué le mérite.

Cependant, le midrach (Abba Gourion 2) note que cela ne les a pas aidés. Le lendemain, A'hachvéroch a en effet regretté d'avoir tué Vachti et a exécuté ses officiers et ses conseillers pour lui avoir suggéré de le faire. C'est pourquoi ces conseillers ne sont plus jamais mentionnés dans la Méguila.

-> Mémou'han échappa à la vengeance du roi. La guémara (Méguila 12b) indique que Mémou'han était Haman. C'est peut-être ainsi qu'il échappa à la mort avec le reste des conseillers du roi : il changea son nom et son identité pour devenir Haman et put ainsi échapper à la colère du roi.
[rav 'Haïm Kanievsky]

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