+ Naassé véNichma (selon le Zera Chimchon)
Et ils dirent : "Tout ce que Hachem a dit, nous le ferons et nous l'accomplirons" (Michpatim 24,7)
-> La guémara (Shabbat 88a) rapporte que lorsque le peuple juif dit "nous ferons et nous accepterons" (naassé vénichma), une voix céleste proclama : "Qui a révélé ce secret à Mes enfants? Cette manière de servir Hashem est un secret que (seuls) les anges utilisent".
=> Le Zéra Shimshon demande : qu'y a-t-il de si extraordinaire dans l'attitude des anges pour que Hachem la qualifie de grand secret?
-> Le Zéra Shimshon explique que même si un non-juif peut étudier la Torah et la guémara (Sanhédrin 59a & Baba Kama 38a) et qu'il est alors assimilé à un Cohen Gadol, il reste néanmoins une différence.
Lorsqu'un non-juif étudie la Torah, il n'est pas tenu de le faire, mais il accomplit néanmoins ce qu'il sait être le désir d'Hachem. Dans ce contexte, il n'est pas confronté à la résistance du yétser ara qui, naturellement, tente d'arrêter ceux qui sont tenus d'accomplir les commandements.
Un juif se trouve à un niveau supérieur : il est tenu d'accomplir les commandements et les accomplit, annulant ainsi l'influence automatique du yétser ara qui s'oppose à celui qui est tenu par Hachem d'accomplir quelque chose. C'est pourquoi un juif reçoit une récompense pour son étude de la Torah et un non-juif n'en reçoit pas.
Bien qu'un juif reçoive une récompense pour ses actions, le niveau le plus élevé qu'un juif puisse atteindre est de servir Hachem sans que la récompense ultime soit ce qui pousse une personne à faire la volonté de Hachem. Au contraire, on doit servir Hachem simplement parce que Hachem nous l'a ordonné, comme l'enseigne les Pirké Avot (1,3).
La profondeur de la proclamation du peuple juif de "naassé vénichma" concernait cette disposition à faire la volonté d'Hachem.
Évidemment, ils devaient d'abord entendre les mitsvot d'Hachem afin de savoir quoi faire. Ils ne voulaient pas dire qu'ils serviraient Hachem avant même d'en avoir reçu l'ordre, car cela n'aurait aucun sens.
Leur déclaration "naassé vénichma" était plutôt une façon de dire qu'ils étaient prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui Le sert de son propre gré, sans même en avoir reçu l'ordre.
Ainsi, "naassé" (nous ferons), avant "nichma" (nous écouterons), signifie que nous sommes prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui n'a même pas reçu d'ordre, une telle personne ne sert clairement pas Hachem pour obtenir une récompense, car lorsqu'il n'y a pas d'ordre, il n'y a pas de yétser ara et donc pas besoin d'une récompense.
C'est ce que voulaient signifier les juifs par "nichma", ils étaient prêts à servir Hachem au plus haut niveau, sans être motivés par leur désir de récompense.
C'est ainsi que les anges servent Hachem. Ils ne reçoivent aucune récompense pour leurs actions, mais cela ne les préoccupe pas. Ils servent Hachem sans même se soucier de la récompense.
Le peuple juif a reflété cette attitude lorsqu'il a dit "naassé vénichma", et c'est le secret auquel la voix céleste faisait référence.