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La grande lumière du jour de Pourim

+ La grande lumière du jour de Pourim :

-> Le Yessod Yossef (chap.82) enseigne :
"Sachez qu'il existe un Olam 'Hadach, un monde nouveau, en-Haut, un monde très saint et impressionnant, qui n'est pas révélé à l'extérieur en raison de son caractère très élevé (exalté), sauf une fois par an.

Il commence à être révélé pendant la lecture de la méguila.
Nous devons susciter la compassion afin que cette grande et sainte lumière influence et brille sur les têtes de la nation d'Israel qui se rassemble dans les synagogues avec un cœur pur de la kavana.

C'est ce que signifie la bénédiction que nous disons avant la lecture de la méguila : "Qui nous a sanctifiés avec Ses mitsvot et nous a commandé concernant la "mikra méguila" (littéralement "lire la Méguila")."
[Mais mikra signifie également "appeler", et la méguila signifie également "révéler" (ex: mégalé), nous indiquant que Hachem nous a ordonné d'appeler cette grande lumière vers l'extérieur afin qu'elle soit révélée. En entendant cela, toute la congrégation doit répondre "Amen" avec une grande kavana.

Nous devons inciter celui qui lit la méguila à faire preuve d'un grand tremblement et d'une grande crainte lorsqu'il prononce cette bénédiction. L'assemblée qui écoute doit également ressentir un tremblement, une crainte, une humilité et une révérence, car [ce monde qui est révélé pendant la lecture de la méguila] est très élevé et impressionnant.

Chaque personne doit être consciente que ce monde exalté est maintenant révélé au monde extérieur pour briller sur Israël, et chaque individu doit avoir l'intention de se rendre digne de recevoir une étincelle sacrée de pureté, de sainteté, d'humilité, de crainte, de sagesse, de compréhension et de connaissance."

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-> Avec ces mots, le Yessod Yossef résume Pourim. Comme le dit le Arizal (Pri Eitz 'Haïm - chaar Pourim - chap.5), le monde spirituel révélé à Pourim est appelé "nouveau" parce qu'il n'a jamais été révélé auparavant, ni lors de la sortie d'Égypte, ni lors de la remise de la Torah. Et ce monde n'est pas seulement nouveau pour ceux qui ne l'ont jamais expérimenté, il est essentiellement nouveau.
Une paire de chaussures reste neuve pendant environ une semaine, puis devient vieille, mais le monde élevé de Kéter est toujours nouveau, peu importe depuis combien de temps nous y sommes.

Chaque année, à Pourim, nous avons une surprise : une nouvelle révélation d'un monde qui est toujours nouveau.
Le Maharal, dont les œuvres semblent philosophiques mais sont en réalité profondément enracinées dans la kabbale, a intitulé son séfer sur Pourim : Ohr 'Hadach, une nouvelle lumière.
On peut noter aussi que la guématria de : עַל מִקְרָא מְגִלָּה (al mikra méguila) est de 519, soit la même que : אור חדש (ohr 'hadach).

À présent, nous pouvons comprendre mieux comprend les paroles du 'Hatam Sofer (drachat 164a) :
"La lumière contenue dans la méguila est littéralement plus grande et plus élevée que celle de la sainte Torah elle-même".
[ohr kadoch akalloul baMéguila ou mamach yotèr gadol véni'hbad miToraténou akédocha béatsma]

Pourim est si noble ; c'est la racine de tout ce qui suit.
A un niveau simple, Pessa'h est la source de tous les Yamim Tovim. La émouna aveuglante qui se révèle lors de la nuit du Séder insuffle de la lumière dans l'année juive, nous nourrissant d'une connaissance instinctive de Hachem.
Par conséquent, Pessa'h détermine les dates de tous les Yamim Tovim par le système dit 'at-bach'.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Le premier jour de Pessah, א de Pessa'h, correspond au ת, soit Ticha béAv (תשעה באב). Si le premier jour de Pessah est le jeudi, Ticha béAv le sera également.
Si le 2e jour de Pessa'h, le ב de Pessah tombe un vendredi, alors le ש soit Shavouot (שבועות) le sera également.

Mais le 6e jour de Pessah (soit ו qui donne פ, soit Pourim), ne détermine pas le Pourim de l'année suivante, mais nous indique quand était tombé le Pourim de l'année précédente.
En effet, Pourim est la racine même de Pessa'h. Il faut Pessa'h pour déballer les lumières de Pourim, pour les faire passer de la super-conscience de Kéter à la émouna consciente de Pessah.
[Kéter signifie "couronne" [les séfirot], c'est la séfira qui se situe à leur tête (c'est la plus élevée) et les domine. La émouna de Pessa'h prend sa racine dans la sphère qui se trouve en dessous : 'Hokhma.
'Hokhma dépasse encore notre compréhension, où nos pensées ne sont encore que de vagues instincts. C'est pourquoi nous demandons "quoi?" encore et encore lors de la nuit sacrée du Seder. (nous posons des questions pour créer une dynamique lors du Séder, et implémentant en nous la émouna)
Nous ne pouvons pas demander pourquoi, nous ne pouvons pas vraiment comprendre, nous essayons simplement d'avoir une vague idée de ce qui se passe (c'est Hachem qui est aux manettes). ]

Trente jours avant un Yom Tov, nous commençons à nous y préparer. [ex: certains commencent à y apprendre les halakhot de Pessa'h à Pourim, soit 30 jours avant. ]
Même si peu de gens peuvent accomplir beaucoup de travail pour Pessa'h pendant Pourim, les bases sont posées ce jour-là.

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-> Au cours du miracle de Pourim, Hachem a révélé l'amour inconditionnel qui rayonne dans ce monde suprême dans l'impureté de Shoushan, pendant la fin sombre de l'exil perse.
La plus haute séfira (attributs ou émanations par lequel Hachem interagit avec le monde) de Kéter ne brillait pas dans la lumière des miracles, mais dans la banalité de la nature, pendant une période de hester panim (où D. cachait Sa présence) si profondement que le nom d'Hachem était caché (en témoigne qu'il n'apparait pas dans la méguila).

C'est pourquoi Pourim est encore plus grand que Yom Kippour. [le Tikouné Zohar (tikoun 21) dit que Yom Kippour est une jour ké-Pourim, un jour "comme" Pourim. ]
Le rabbi de Berditchev Kédouchat Lévi (Kédoucha Richona léPourim) note que Yom Kippourim signifie un jour "comme" Pourim (kéPourim) ; et non que Pourim est un jour comme Yom Kippour. Qui est comparé à qui? Le petit au grand.

À Pourim, le Kéter brise les barrières du quotidien, éclairant, purifiant et élevant le monde physique. [selon le Tikouné Zohar 21]
Hachem tend la main à ceux qui sont submergés dans les sables mouvants du matérialisme et les sauve.
La Chékhina descend vers nous dans les profondeurs de notre humilité, éclairant nos cœurs assombris.
Pourim est un jour de joie car ce jour-là, la matérialité elle-même est illuminée par les lumières divines les plus élevées.

Lorsque le machia'h viendra, Yom Kippour rattrapera Pourim. Il deviendra enfin un jour de joie, et non plus de souffrance (ex: on mange pas). [Tikouné Zohar 21]
Pour l'instant, nous ne profitons de Kéter avec joie que lors de Pourim.

[de plus, alors que le Kéter ne brille que par moments ici et là pendant Yom Kippour, il brille toute la journée pendant Pourim.
Il est vrai que lorsque Kéter brille pendant Yom Kippour, il brille plus intensément que pendant Pourim, mais pendant Pourim, il illumine le monde physique pendant toute la journée.

Le jour du Shabbat, les lumières de Kéter brillent au moment où nous prononçons le mot "ayé" (איה) pendant la kédoucha de moussaf.
Le rav Mordé'haï Finkelman, un élève du rav Wolfson, fait remarquer que "איה" (ayé) est l'acronyme de : אֲשֶׁר יִשְׁלְטוּ הַיְּהוּדִים (lorsque les juifs ont pris le dessus [sur ceux qui les haïssent] - Esther 9,1).
Cela témoigne du fait que "ayé", moment de dévoilement de la séfira du Kéter, les juifs prennent spirituellement le dessus sur tout. Ils sont alors au plus proche et le plus resplendissant devant Hachem. ]

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-> Le nom d'Hachem est absent de la méguila parce qu'Il était absent [en apparence] de la scène de Pourim. [le récit se passe sur des années, avec des événements couvert de la naturalité des choses. ]
Le Baal HaTanya (séder haTéfila - chaar haPourim) donne une explication surprenante basée sur l'association entre Pourim et Yom Kippour, à propos desquels la Torah dit : "Devant Hachem, vous vous purifierez" (lifné Hachem tit'arou - לִפְנֵי יְהוָה תִּטְהָרוּ - A'haré Mot 16,30).
À un niveau simple, cela signifie que lors de Yom Kippour, nous nous purifions en présence d'Hachem.

Cependant, "lifné" (devant, avant) peut également signifier "ce qui précède". Ainsi, "lifné hachem" peut signifier "par ce qui précède les quatre lettres du nom de Hachem (יְהוָה )". [lorsqu'on va le plus à droite, ce qui précède ce mot est la couronne, la pointe du youd - le koutso shel youd ]
La purification de Yom Kippour vient de Kéter (qui signifie 'couronne'), la pointe surplombant le youd qui se trouve au-dessus des quatre lettres du nom d'Hachem.
De même, le miracle de Pourim vient du Kéter, d'un monde au-dessus des lettres du nom d'Hachem.
C'est pourquoi ils sont absents de la méguila.
[l'absence du Nom divin dans la méguila, l'absence dévoilée de l'implication de D. dans le récit de Pourim est en réalité un témoignage de la grandeur de ce jour qui est au-dessus du nom d'Hachem (c'est la séfira la plus élevée, le Kéter).
Kippour est comme Pourim, dans le sens où à Kippour il y a des moments qui atteigne la plus haute réalité spirituelle possible (le Kéter, où nous sommes 'lifné Hachem'), mais à Pourim cela l'est constamment pendant toute la journée.
La réalité est si déguisée qu'en apparence Pourim est un jour simple, quasi ordinaire (ex: pas autant d'interdictions comme un yom tov, Kippour, pas autant de prières, ...), mais en fait ce jour nous sommes tout le temps dans le monde le plus élevé (le plus proche d'Hachem - lifné Hachem), et c'est dommage de ne pas en profiter! ]

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-> Puisque Pourim puise dans des sphères si élevées (Kéter) et émane d'un domaine de perfection et de bonté, même les âmes de ceux qui sont tombés le plus bas peuvent bénéficier d'un tikoun (réparation) lors de cette fête.

Selon le rabbi Aharon de Karlin :
Même dans les moments cruciaux de Yom Kippour, pendant laNé'ila, lorsque toutes les portes du ciel s'ouvrent, il en reste une qui reste fermée. A Pourim, même cette porte [remplie de l'amour inconditionnelle d'Hachem] s'ouvre.
Ainsi, même les âmes qui ne peuvent jamais bénéficier d'un tikoun ont une chance à Pourim.
Or, le pouvoir de se rectifier de son vivant est infiniment plus grand qu'après la mort. Profitons de Pourim!

[d'après le rav Moché Wolfson ]

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