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"Mordé'haï sortit de chez le roi en costume royal, bleu d'azur et blanc, avec une grande couronne d'or (atéret zahav guédola)" (Esther 8,15)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que si Haman avait mentionné une "kéter malkhout" (couronne royale), alors cela ferait référence à la couronne personnelle d'A'hachvéroch.
Mais on a ici "atéret zahav", impliquant que Mordé'haï portait une couronne à caractère décoratif, plutôt qu'un symbole de pouvoir (ici le rav Kanievsky fait référence à Sotah 49b, qui traite d'autres types de couronnes qui ne sont pas de nature royale).

-> Le Targoum affirme que la couronne d'or portée par Mordé'haï fait référence à ses téfilin, qui étaient en or.
Le rav Kanievsky note que la halakha interdit le port de tefillin en or (Méguilah 24b) ; ainsi, le Targoum doit signifier que Mordé'haï plaçait ses tefillin ordinaires, en cuir, dans un réceptacle en or.

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+ "Et il habilla Mordé'haï" (Esther 6,11).

-> Lorsque Haman apporta à Mordé'haï les vêtements royaux, Mordé'haï protesta en disant qu'il était faible et sale à cause du jeûne et du fait qu'il portait un sac et de la cendre.
Comme tous les salons de coiffure et les bains publics de Shoushan avaient été fermés en l'honneur du défilé de Mordé'haï, Haman fut contraint de laver Mordé'haï et de lui couper les cheveux (Méguila 16a).

Cependant, Rachi (Méguila 16a) indique que le défilé de Mordé'haï eut lieu le 16 Nissan, le 2e jour de Pessa'h, qui est un jour de fête dans la diaspora.
Comment Mordé'haï a-t-il pu se faire couper les cheveux un jour de fête?

Le rav 'Haïm Kanievsky répond que, puisque Mordé'haï s'est fait couper les cheveux par un non-juif (Haman), il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique.
Par respect pour le roi, une restriction rabbinique est levée le deuxième jour de Yom Tov. Comme il aurait été honteux de porter des vêtements royaux alors qu'il était sale et négligé, Mordé'haï a été autorisé à se faire couper les cheveux.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique un verset de la Torah de la même manière.
La Torah indique que lorsque Yossef fut sorti de prison et amené devant Pharaon, il se rasa et changea de vêtements (Mikets 41,15). Cependant, les Sages (Roch Hachana 10b) enseignent que Yossef fut libéré de prison le jour de Roch Hachana. Comment aurait-il pu se raser?
Le midrach (Sechel Tov) dit que c'est le chef des échansons, qui était responsable de la libération de Yossef, qui l'a rasé. Comme c'était un non-juif qui l'avait rasé, il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique, qui a été levée par respect pour le roi, car il aurait été inexcusable que Yossef se présente devant Pharaon sans être soigné.

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-> "La rose de Yaakov (shoshanat Yaakov) était joyeuse et heureuse lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu d'un habit bleu royal (té'hélét)" (chant de shoshanat Yaakov)

-> Le sens littéral de cette phrase est que les juifs se réjouirent lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de l'habit royal.
Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre interprétation. Le mot "té'hélet [Mordé'haï]" fait référence au té'hé'let, le fil bleu royal du tsitsit.
Avant d'enfiler les vêtements royaux d'A'hachvéroch, Mordé'haï prit soin d'y ajouter des tsitsit. Lorsque les juifs virent Haman faire défiler quelqu'un dans les rues, ils ne reconnurent pas tout de suite Mordé'haï dans ses atours royaux. Mais lorsqu'ils virent les tsitsit, ils comprirent que la personne à cheval était Mordé'haï, et ils se réjouirent.
Ainsi, le chant de Shoshanat Yaakov nous dit que les juifs étaient joyeux et heureux lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de té'hélet ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent les tsitsit sur les robes royales, ils reconnurent Mordé'haï et se réjouirent.

Cependant, le rav Kanievsky ajoute qu'en réalité, il est peu probable que les vêtements d'A'hachvéroch aient nécessité des tsitsit. Seuls les juifs portaient intentionnellement des vêtements à quatre coins afin d'accomplir la mitsva des tsitsit. Les vêtements des non-juifs n'avaient généralement pas quatre coins et ne nécessitaient donc pas de tsitsit.

Alternativement, le rav Kanievsky dit que la phrase "lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu de té'hélet" peut faire référence à ce qui suit.
Le Tiféret Tsion dit que lorsque Haman réalisa qu'il n'avait d'autre choix que de conduire Mordé'haï à travers la place de la ville, il réfléchit à un moyen de minimiser son embarras. Lorsque Mordé'haï revêtit les habits royaux, Haman enfila les vêtements de Mordé'haï, espérant que les gens qui le voyaient supposeraient que c'était Mordé'haï qui conduisait le cheval (comme le supposa effectivement la fille d'Haman, qui vida un pot de chambre sur sa tête ; Méguila 16a).

Cependant, Haman n'a pas revêtu tous les vêtements de Mordé'haï. Mordé'haï n'avait pas retiré ses tsitsit et Haman ne pouvait donc pas les porter. Les juifs ont donc vu la personne conduisant le cheval revêtue des vêtements de Mordé'haï, mais ils ont réalisé que la personne chevauchant le cheval portait les tsitsit.
Malgré son déguisement, les juifs ont compris qu'Haman conduisait Mordé'haï, et ils se sont donc réjouis : "La rose de Yaakov était joyeuse et heureuse, lorsqu'ils virent ensemble Mordechai vêtu de té'hélet" ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent que Mordechai portait les tsitsit, ils furent heureux.
[c'est l'une des raisons possibles de la coutume de porter des costumes à Pourim : pour rappeler qu'Haman a tenté de se déguiser en Mordé'haï. ]

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