+ Etre heureux & la matérialité :
-> Le rav Eliyahou Dessler nous enseigne que ce monde est merveilleux, mais c'est nous qui nous retirons de ce lieu de joie, comme l'enseignent nos Sages (Pirké Avot 4,28) : "La jalousie, le désir illicite et l'honneur éloignent l'homme du monde".
Par nous-même, on se place dans une réalité où il est difficile d'être joyeux.
"Qui est riche? Celui qui est heureux de son sort" (Pirké Avot 4,1).
Le rav Dessler écrit : "le bonheur ne découle pas de la richesse matérielle. Seul celui qui se concentre exclusivement sur sa richesse spirituelle peut devenir [vraiment] joyeux, et d'aucune autre manière".
-> Le rav Eliézer Menachem Mann Shach (béMé'hitsatam) a un jour demandé : "Comment une personne peut-elle être heureuse de son sort alors que nos Sages disent que tout le monde désire le double de ce qu'il possède réellement?"
Il a répondu que "cela fait en réalité référence à une personne qui n'a rien, c'est-à-dire qui n'a absolument aucune attente de ce monde. Seule une telle personne peut être vraiment heureuse."
<--->
-> Le rav Moché Sternbuch (Téchouvot véHanhagot 5,222, p.323) se souvient avoir souvent entendu des personnes non religieuses affirmer avec condescendance que la Torah ne nous permet pas de profiter du monde, avec toutes nos restrictions et interdictions.
Il s'est exclamé : "Au contraire, c'est là la joie d'un juif pratiquant, qui est capable de profiter des plaisirs spirituels du monde d'Hachem sans être entravé par le cliquetis constant des chaînes du matérialisme."
-> Comme nous l'avons appris du rav Dessler, il n'y a aucune joie véritable et durable dans le monde matériel. Mais le monde spirituel de la Torah, des mitsvot et des bonnes actions apporte véritablement à la fois le bonheur dans ce monde et l'éternité dans l'autre.
(notre moi intérieur [âme] ressent ce plaisir, le fait de faire et d'être là où il faut, et elle est heureuse).
<--->
-> Le rav Yaakov Yossef de Polnoy (Tsafnat Panéa'h p.74) enseigne que : "l'homme a la capacité de percevoir ce qui apporte la vraie joie parce que "Hachem a fait l'homme droit" (Kohélet 7,29). Cela lui permet d'apprécier la Torah et les mitsvot qu'il étudie et accomplit, car il a été créé pour apprécier ces actes célestes".
-> Le rav Aharon de Karlin (Beir Aharon - p.162) explique que les mots "ils seront rassasiés et jouiront de Ta bienveillance" (yitbéou véyit'anégou mitouvé'ha), que nous prononçons dans la prière du Shabbat, impliquent que tout le plaisir que l'homme tire de la satisfaction de ses désirs [matériels] disparaît rapidement, dès que le plaisir éphémère est terminé.
Seules les mitsvot continuent à procurer du plaisir et de la joie même après que nous avons accompli l'action elle-même.
-> Le rav Moché de Kobrin averti également que "l'âme juive provient du monde du plaisir sublime. Si elle ne se voit pas accorder les plaisirs éternels de la Torah et des mitsvot auxquels elle aspire, elle cherchera malheureusement ses plaisirs ailleurs, dans l'abîme des divertissements mondains".
-> Le rabbi d'Ichbitz (le Mé haChiloa'h - dans Beit Yaakov - Kédochim) déclare : "Il n'y a en réalité aucune joie à tirer des activités mondaines (liées à ce monde), car elles disparaissent si vite qu'elles ne peuvent même pas être considérées comme des sources de bonheur".
-> Le Sfat Emet (Dévarim, p.232) souligne que "puisque l'âme est une entité éternelle et le corps une entité éphémère, seules les sujets relatifs à l'âme peuvent procurer de la joie. Les sujets qui touchent exclusivement le corps ne peuvent mener qu'à la tristesse. C'est pour cette raison que nous éprouvons de la joie le jour du Shabbat, car nous avons reçu la néchama yétéra, l'âme supplémentaire, qui nous élève à un état d'extase."
-> Le rabbi de Sochatchov (Shem miShmouel - Toldot, p.92) poursuit sur le thème de la joie du Shabbat en expliquant le concept selon lequel, le Shabbat, nous avons le sentiment que "tout notre travail est accompli". Il explique que "ce n'est pas une ruse, car puisque [en ce jour] nous avons été élevés à un niveau purement spirituel, rien de corporel (matériel) n'a d'importance et c'est en effet comme si tout était entier et complet (d'où la joie). Nous n'avons besoin de rien d'autre que de la beauté spirituelle du Shabbat."