-> Toute crainte de quelque chose dans le monde extérieur qui surgit dans le cœur d’une personne est en réalité le bras droit d'Hachem tendu pour l’éveiller à une crainte existentielle [d'Hachem].
Ainsi, lorsqu’une personne prend conscience que cette expérience de crainte est en réalité la bonté d'Hachem destinée à l’éveiller, comme il a été dit, cette crainte se transforme en amour, car on l’accepte alors avec amour, et on est ainsi libéré de cette crainte.
Car la crainte [d'Hachem] imprègne toutes les créatures et tous les mondes, et la source sous-jacente de toutes les craintes est la crainte profonde, intérieure et existentielle d'Hachem.
Ainsi, même la crainte de quelque chose d’extérieur dans le monde matériel qui surgit dans le cœur d’une personne a pour but de l’éveiller à la crainte d'Hachem. C’est là la bonté d'Hachem, Son bras droit tendu qui supplie l’homme de s’éveiller à la crainte de Lui, comme le mentionne le verset : "Que demande D. de vous, sinon de craindre D.?" (Ekev 10,12).
Et si une personne prenait conscience de la bonté et de l’amour d'Hachem à son égard, dans le fait qu’Il lui envoie cette crainte de quelque chose d’extérieur afin qu’elle s’éveille à une crainte intérieure d'Hachem, alors sa crainte se transformerait en amour, puisqu’elle accepterait la crainte avec un amour total, et elle serait libérée de la crainte.
Cependant, si la seule intention d’une personne est d’être libérée de la crainte, alors cela ne se produira pas. Et c’est là le sens de l’enseignement : "Vis-à-vis de Moché, la crainte est une chose mineure" (Béra'hot 32b), c’est-à-dire qu’à partir de la crainte d’un sage, il est facile d’atteindre la crainte d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 38]
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-> dans le texte, et de manière générale, ces craintes sont respectivement appelées "Yir'a 'hitsonit" (litt. "crainte extérieure" ou "crainte superficielle") et "Yir'a Pnimit" (litt. "crainte intérieure"), faisant allusion à l'enseignement transmis ici selon lequel les deux ne sont en réalité que deux niveaux d'une même chose.
En fait, l'expérience de la crainte elle-même est une et unique, et la différence réside uniquement dans la manière dont nous la percevons. Avons-nous peur de l'apparence superficielle qui ne fait que revêtir la présence divine, ou contemplons-nous la présence divine elle-même, et nous tenons-nous en admiration devant Elle?
(voir Toldot Yaakov Yossef n° 5 ; Déguel Ma'hané Efraim - Vayichla'h)
-> La crainte/peur pour sa vie, et toute peur est une réaction à une situation perçue comme un danger pour sa vie d’une manière ou d’une autre, est en réalité quelque chose de très existentiel pour toutes les créatures vivantes, comme on le constate aisément chez les formes de vie inférieures, et cette peur est liée à l’instinct de survie.
Cependant, à un niveau plus profond, cette peur existentielle peut être ramenée au fait qu’en fin de compte, toutes les créatures tirent leur vie d'Hachem à chaque instant. Par conséquent, puisqu'Hachem peut retirer cette force vitale à tout moment, il est tout à fait naturel qu’à un niveau très profond et inconscient, toutes les créatures éprouvent une peur existentielle de la survie, sachant qu'Hachem peut effectivement retirer l’esprit de vie qui est en elles ; cette peur est donc en réalité une crainte d'Hachem.
(voir Déguel Ma'hané Efraim - Kora'h)
-> Il faut s'abandonner complètement à la peur/crainte et l'accepter comme de l'amour d'Hachem, et ce n'est qu'alors qu'elle se transforme ; mais si l'on cherche à se libérer de la peur, c'est qu'on ne s'y est pas abandonné.
-> s’il n’est pas toujours facile de s’abandonner à la crainte d’une situation effrayante dans la vie réelle, il est beaucoup plus facile de s’abandonner à la crainte et à la révérence que l’on éprouve envers un grand sage et un homme saint, et il est d’autant plus facile de voir D. à travers lui.