+ Etre en terre d'Israël, sans y être physiquement :
1°/ Synagogues, baté midrach & Soucca = être en Israël :
-> "Lorsqu’on dit à Rabbi Yo'hanan qu'il y avait des personnes âgées à Bavel (Babylone), il s’étonna et dit : Il est écrit : "afin que vos jours soient prolongés et que les jours de vos enfants sur la terre soient prolongés" ; cela implique que les jours sont prolongés en terre d'Israël, mais pas en dehors d’Israël.
Pourquoi alors les habitants de Bavel vivent-ils longtemps?
Lorsqu’on lui dit que les gens de Bavel se rendent tôt le matin à la synagogue et en repartent tard le soir, il répondit : "C’est ce qui leur a permis de prolonger leur vie."
[guémara Béra'hot 8a]
-> Le Maharcha ('Hidouché Agadot) explique d’après la guémara (Méguila 29a), que les synagogues et les baté midrach (lieux d'étude) de Bavel seront transférés en terre d'Israël, et que, par conséquent, ces lieux possèdent déjà la sainteté de la terre d'Israël.
Par conséquent, ceux qui arrivent tôt à la synagogue et en repartent tard dans la nuit sont considérés comme s’ils se trouvaient en terre d'Israël, et peuvent ainsi mériter une longue vie.
-> Le midrach va même plus loin, en affirmant que les synagogues, même en dehors d'Israël, possèdent la sainteté du Temple.
Ce midrach est cité par le rav Eliyahou d’Izmir (dans son Agadot Eliyahou - sur le Yérouchalmi Péa 8,8, lettre 11), qui écrit avoir lu au nom du midrach que, lorsque le Temple fut détruit, Hachem dispersa ses pierres à travers le monde entier, comme il est écrit : "les pierres sacrées ont été dispersées à l’entrée de
chaque rue" (Eikha 4,1), et partout où une pierre est tombée, une synagogue a été construite à cet endroit.
Le Aggadot Eliyahou ajoute que c’est pour cette raison que les synagogues en dehors d'Israël sont appelées "mikdach méat" (un petit mikdach), puisqu’elles constituent une petite partie du Temple.
-> Le Tséma'h David de Dinov (Likouté Amarim - ika sabba) ajoute que la soucca, qui est appelée dans le Zohar (Emor 103a) "l’ombre de la foi", possède la sainteté d’une synagogue et que, par conséquent, s’asseoir dans la soucca revient à s’asseoir en terre d'Israël.
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2°/ La compilation du Talmud de Babylone a nécessité l'air d'Israël :
-> Les tsadikim rapportent que lorsque Ravina et Rav Achi, qui se trouvaient à Bavel, voulurent compiler la guémara, ils savaient que "l’air de la terre d'Israël rend sage" (Baba Batra 158b) ; ils s’assirent donc entre deux montagnes, prononcèrent des ordres par des formules sacrées (hashbaot kabbalistiques), et quatre nuages vinrent les envelopper. Ils prononcèrent ensuite d’autres ordres par formules sacrées et firent venir dans les nuages l’air de la terre d'Israël, ce qui leur permit de compiler le Talmud de Babylone.
Le rav Aharon de Zhitomir ajoute que, puisque le Talmud de Babylone a été rédigé grâce à l’air de ma terre d'Israël, celui qui étudie le Talmud de Babylone est considéré comme s’il se trouvait en terre d'Israël, et mérite les lumières de la terre d'Israël.
[rabbi David Abou'hatséra ]
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3°/ Les prières sont acceptées en terre d'Israël :
-> L’air sacré de la terre d'Israël fait en sorte que les prières soient acceptées au Ciel, comme l’écrit le mékoubal rav Natan Shapira (dans son Touv Haaretz 16b) : l’air de 'houtz laaretz est impur, et par conséquent, les prières récitées en 'houtz laaretz sont immédiatement recouvertes d'impureté, mais en terre d'Israël, les paroles de la prière traversent un air pur et montent directement au Ciel où elles sont acceptées et deviennent une couronne pour Hachem.
En terre d'Israël, les prières sont reçues par Hachem Lui-même, sans l’intervention d’aucun ange comme intermédiaire, contrairement à ce qui se passe en 'houtz laarets où les prières sont enveloppées d’air impur et où de nombreux mékatrégim (Accusateurs) les empêchent de s’élever vers les hauteurs ; et même après s’être élevées vers le Ciel, ces prières doivent être lavées et purifiées.
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4°/ Israël = une bénédiction au-delà de la nature :
-> Les frontières de la terre d'Israël correspondent à la Terre Supérieure, et toutes les bénédictions d’en-Haut reposent sur la terre d'Israël.
Les gens se bénissent mutuellement avec les mots "bérakha véhatslakha", bien qu’il y ait une grande différence entre les deux. La bérakha est une bénédiction au-delà de la nature, tandis que la hatslakha est une réussite dans le cadre de la nature.
Une "bérakha" signifie attirer la "chéfa" (l'abondance), comme dans la Michna (Kilayim 7,1) : " המבריך את הגפן ", ce qui signifie qu’il a courbé la vigne vers le sol d’où une nouvelle vigne a poussé ; de même, une "bérakha" attire la "hachpaah" d’En Haut vers ce monde, et la conduite de Hachem se révèle en davantage d’endroits.
Le rav rav Sim'ha Bounim de Peshischa explique que la "hatslakha" s’inscrit dans la nature, et on peut connaître la "hatslakha" également en dehors de la terre d'Israël, mais que la "bérakhah' est au-delà de la nature, et qu’elle ne peut s’appliquer qu’en terre d'Israël, comme le dit le verset : "yévaré'hékha Hachem miTsion" (tu recevras une bérakha de la terre d'Israël - Téhilim 134,3), car toutes les bérakhot proviennent de la terre d'Israël.
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+ Se sanctifier amène la sainteté d'Israël et la bénédiction sur tout :
-> Le rav David de Lelov ajoute qu’il est possible d’apporter une bénédiction (bérakha) même hors d’Israël : si une personne se sanctifie elle-même ainsi que son environnement par la sainteté et la pureté, alors une bénédiction peut lui parvenir, ainsi qu’à ses biens, puisqu’elle a élevé ce lieu au rang de la terre d'Israël (la terre Sainte par essence).
C’est ainsi que son fils, le rav Moché de Lelov, explique le verset (Vayéchev 39,1-5) :
"Yossef a été amené en Egypte ... Hachem était avec Yossef, et tout ce que faisait Yossef, Hachem le faisait prospérer entre ses mains ... et Potiphar le nomma intendant de sa maison, et il lui confia tout ce qu’il possédait ... Hachem bénit la maison de l’égyptien grâce à Yossef, et la bénédiction d'Hachem était sur tout ce qu’il possédait, dans la maison et dans les champs."
=> Pourquoi la Torah commence-t-elle par de la hatslakha : "Hachem le faisait prospérer entre ses mains" (vayéhi ich matslia'h ... Hachem matslia'h béyada), et se termine-t-elle par de la "bérakha" : "Hachem bénit ... et la bénédiction d'Hachem était sur tout" (vayévaré'h Hachem ... birkat Hachem),?
En utilisant l'enseignement de son père, le rav David de Lelov, cela s’explique clairement : au départ, Yossef ne pouvait mériter que la "hatslakha", et non la "bérakha", puisqu’il se trouvait en " 'houtz laarets", puisqu'étant en Egypte.
Lorsque Potiphar vit qu’il bénéficiait de la "hatslakha" et non d’une "bérakha", il comprit que cela devait être dû au fait que la maison et les biens appartenaient à son maître égyptien et étaient sous son contrôle.
Potiphar nomma donc Yossef intendant de sa maison et de tous ses biens, et Yossef put alors sanctifier tout ce qui l’entourait, puisque ces biens n’étaient plus sous le contrôle de Potiphar.
Comme ils bénéficiaient désormais de la sainteté de la terre d'Israël, une bérakha pouvait également leur être accordée, ce qui explique pourquoi le verset conclut : "après que Potiphar eut nommé Yossef à la tête de sa maison et de tout ce qu’il possédait : "Hachem bénit la maison de l’égyptien ... et la bénédiction d'Hachem était sur tout ce qu’il possédait, dans la maison et dans les champs."
[rabbi David Abou'hatséra ]
=> Si une personne se sanctifie, tout son environnement reçoit la kedushah d’Eretz Yisrael et la bracha peut s’appliquer partout.
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5°/ L’environnement d'un tsaddik possède la sainteté d'Israël :
-> Le rav Elimélé'h de Lizhensk (dans son Noam Elimélé'h - Likouté Chochana) écrit :
"La essentielle de la vie du peuple juif se trouve en terre d'Israël. Mais le tsadik qui s’attache à Hachem a la vie où qu’il se trouve."
Le tsadik peut attirer à lui une partie de la terre d'Israël, en même temps que l'air pur d'Israël, et alors il peut y avoir une bénédiction même s’il se trouve en 'houtz laaretz.
C’est pourquoi il y avaient certains tsadikim qui se conduisaient avec la sainteté de la terre d'Israël bien qu’ils se trouvent en 'houtz laaretz.
Des tsadikim affirment que les tombes des tsadikim en 'houtz laaretz possédent la sainteté de la terre d'Israël.
Par exemple, le rav Its'hak de Neshchiz (Zichron Tov Me’avodat Hatsadikim 11) rapporte comment le rav Yaakov Shimshon de Shpitovka s’est rendu en terre d'Israël, et à son retour, il s'est arrêté à Neshchiz pour rendre visite au rav Mordé'haï de Neshchiz.
En entrant dans la ville de Neshchiz, le rav Yaakov Shimshon s’exclama : "Je sais désormais que ce que j’ai entendu dire au nom du Rav de Neshchiz est vrai, à savoir que Neshchiz fait partie de la terre d'Israël, car je ressens ici l’atmosphère de la terre d'Israël."
Lorsqu’on rapporta cela au rav Mordé'haï de Neshchiz, il fit remarquer : "Partout où vit un tsadik, c’est la Terre d’Israël."
Le Toldot Adam (Chéla'h) déclare : "j’ai entendu de mon père, le rav Shlomo de Lentcha, qu’on lui avait un jour demandé s’il fallait lui acheter une maison à un non-juif, et il avait répondu : "Lorsqu’un juif sanctifie son foyer par la Torah et la prière, la maison passe du statut d’Eretz Canaan à celui d’Eretz Israël (terre d'Israël)."
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6°/ Attirer la sainteté d'Israël en étudiant la Torah lichma :
-> Le 'Hatam Sofer (dans ses drachot lé'Hinoukh Séfer Torah) écrit que si une personne étudie la Torah lichma, elle attire sur elle la sainteté de la terre d'Israël.
Il tire cette conclusion de la guémara (Ména'hot 110a) sur le verset (Mala'hi 1,11) : "et en tout lieu, on présente des offrandes en Mon nom, ainsi qu'une offrande de min'ha pure".
Rabbi Shmouel bar Na'hmani dit au nom de Rabbi Yonatan : "Ce sont les talmidé 'hakhamim qui s’adonnent à la Torah, partout, Je leur attribue le mérite comme s’ils brûlaient et présentaient des korbanot en Mon nom."
Par conséquent, partout où ils étudient la Torah lichma, cela est un aspect de la terre d'Israël.
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7°/ Aspirer à vivre en Israël nous permet d'y être même en physiquement en dehors :
-> Aspirer à vivre en Israël : https://todahm.com/2024/01/12/aspirer-a-vivre-en-israel
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8°/ Se purifier pour entrer dans la terre Sainte :
-> Le Ramak (Ohr Yakar - Lé'h Lé'ha - chaar 2,17) note que toutes les frontières de la terre d'Israël sont des cours d’eau : la frontière orientale est le Jourdain, comme il est écrit "la frontière descendra vers le Jourdain, pour aboutir à la mer Morte" (Massé 34,12) ; la frontière occidentale est la mer Méditerranée, comme indiqué : "la frontière occidentale, la Grande Mer, sera votre frontière" (Massé 34,6) ; la frontière méridionale est le cours d’eau d’Égypte, comme écrit : "la frontière partira alors d’Atsmon vers le cours d’eau d’Égypte" (Massé 34,5) ; et la frontière nord est le fleuve Pérat.
Cela laisse entendre que quiconque entre en terre d'Israël depuis l’air impur de 'houts laaretz (dehors d'Israël) doit d’abord s’immerger dans le mikvé et se purifier, et ce n’est qu’alors qu’il pourra entrer en terre [sainte] d'Israël. Et s’il le fait, il mérite une néchama supplémentaire en entrant en terre d'Israël.