Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Une personne n'est pas ce qu'elle sait.
Une personne n'est pas ce qu'elle fait.
Une personne est ce à quoi elle aspire.
[rabbi Na'hman de Breslev ]

<--->

=> Jusqu'à Roch Hachana, on doit renforcer au maximum notre désir du cœur, notre aspiration sincère : dans ma vie, c'est que Toi, papa Hachem, que je veux à la folie de la folie!

"Même si un juif s'éloigne d'Hachem, Hachem le baigne de Sa lumière afin de le rapprocher de Lui.

Qu'arrive-t-il si un juif se "rapproche" de Lui pendant quelques jours seulement et puis rechute?
Ces quelques jours demeurent malgré tout très précieux aux yeux d'Hachem."
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Arvit 4,34]

"Lorsque tu ressens soudain l'envie de te repentir, tourne-toi vers Hachem là et au moment où cette pensée effleure ton esprit. Ces pensées sont parfois envoyées à l'homme dans un lieu déterminé.
Reste par conséquent à cette place et prononce rapidement quelques paroles de prière et d'hithbodédout. Si tu attends de te trouver dans un endroit plus "approprié", comme une synagogue ou une pièce privée, ce sera peut-être trop tard."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II, 124]

Machia’h & période d’Elloul à Kippour

-> Le 'Hatam Sofer enseigne que pendant les 40 jours allant de roch 'hodech Elloul jusqu’à Yom Kippour, nous devons déverser notre "שיח"(sia'h - notre parole), devant Hachem, comme il est écrit : "vé’lifné Hachem yichpo'h si'ho" (Téhilim 102,1 - "déverse tes supplications devant Hachem").
[Hachem est particulièrement proche de nous pendant cette période (le Roi est dans le champ), on est vraiment "lifné Hachem". ]
Le nombre 40 (jours) a pour guématria la lettre מ (mèm).
En insérant un "מ" dans le mot "שיח", on obtient le mot "משיח".
Cela fait-il allusion à l’idée que le fait de nous adresser à Hachem pendant ces 40 jours rapproche la venue du machia'h.

La recréation du monde à Roch Hachana

 

+ par le biais du Shofar :

-> Roch Hachana, la seule fête juive qui tombe le premier jour du mois, la lune est dans l’obscurité, car elle est masquée par le soleil et ne peut refléter son éclat.
[au début du cycle lunaire, pendant la phase de la nouvelle lune, la Lune se trouve exactement entre la terre et le soleil.]

Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Le fait que Roch Hachana ait lieu alors que la lune physique est dans l’obscurité nous indique qu’au moment où Roch Hachana commence, la "lune" céleste est elle aussi entièrement plongée dans l’obscurité.
Qu’est-ce que la lune céleste?
Le peuple juif, ainsi que toute la création. Et la nuit de Roch Hachana, nous ne recevons à peine
la lumière de "chéméch ou'maguen Hachem" (soleil [chéméch] et boulier, Hachem - Téhilim 84,12).

Lorsque Hachem a créé le monde (on va vers les 5800 ans!), en lui fournissant suffisamment de shéfa (flux de bonté) pour tenir une année.
À la fin de cette année-là, le monde était condamné car les réserves de shéfa étaient presque épuisées. Au cours de cette première nuit de Roch Hachana, une grande sévérité et une grande peur envahirent le cosmos, le soleil ne brillait pas.

Mais Hachem ne s’est pas contenté de faire briller à nouveau Sa lumière sur la "lune" pour remplir les coffres de shéfa afin que le monde puisse exister une année de plus. Hachem n’a créé le monde par Lui-même qu’une seule fois. Chaque année par la suite, Il a désigné l’homme comme Son partenaire pour recréer le monde.

C’est pourquoi il y a toujours eu un tsadik (ex: Adam, 'Hanokh, Métouchéla'h, Noa'h, les Avot (Patriarches, ...) qui ont fait jaillir la shéfa à chaque Roch Hachana, permettant ainsi au monde de continuer à exister.

D’où faisaient-ils jaillir la shéfa?
D’une sphère spirituelle très élevée, qui est la racine et la source de la création, appelée : le olam haShofar.
Par leurs méditations et leurs yi'houdim, ils activaient le olam haShofar, créant une union entre le "Soleil" et la "Lune" qui durerait toute l’année à venir.

Lorsque la Torah fut donnée sur le mont Sinaï, les juifs, qui sont les tsadikim du monde ("Et ton peuple, tous sont des tsadikim" (véamé'h koulam tsadikim) - Yéchayahou 60,21), reçurent la mitsva du shofar.
Comme le dit le Zohar (que l'on récite avant de sonner le shofar), lorsque nous sonnons notre shofar terrestre, nous éveillons le olam haShofar céleste. Le shofar céleste disperse les "nuages" qui empêchaient la "lune" céleste de recevoir la shéfa du "Soleil" céleste.

Ainsi, grâce au son du shofar, la création est à nouveau approvisionnée en ressources. Le monde continuera d’exister pendant une année supplémentaire.

<--->

+ grâce aux Malkhouyot, aux Zikhronot et aux Shofarot :

-> Par le biais du son du shofar, la création renaît, mais notre tâche n’est pas encore achevée, car chaque créature doit encore être façonnée. Comment pouvons-nous nous associer à Hachem pour recréer le monde pièce par pièce?

Eh bien, comment Hachem a-t-Il tout créé au départ? Par dix maamarot (paroles). Dix fois, Hachem a parlé (par exemple : "Et qu’il y ait de la lumière"), et dix fois, quelque chose a été créé (par exemple, : "Et il y eut de la lumière").

C’est pourquoi, après la sonnerie du shofar, vient la plus longue Amida de l’année, composée de trois sections : les Malkhouyot, les Zikhronot et les Shofarot. Chacune contient dix versets, correspondant aux dix maamarot.

Chaque juif possède une sphère d’influence, une partie du monde qui nous appartient.
Lorsque nous récitons les Malkhouyot, Zikhronot et Shofarot, nous recréons notre part du monde.

De plus, chaque personne est un "olam katan" (un petit monde). Si nous recréons le monde en récitant les Malkhouyot, Zikhronot et Shofarot, nous nous recréons également nous-mêmes.
Le degré de ferveur, d’émotion, d’amour et de crainte d'Hachem que nous mettons dans la récitation des versets détermine quel genre de monde, tant la planète terre que nous-mêmes, nous créons.

-> Selon le Sfat Emet (Roch Hachana 5644) :
Avant que Hachem ne crée le monde, la guémara ('Houlin 6a) dit qu’Il a demandé à chaque créature : "Comment veux-tu être créée?" Il a ensuite réalisé cette création exactement comme elle le souhaitait.
Chaque année, à Roch Hachana, nous sommes recréés exactement selon notre désir. Grâce à la avoda intense de cette journée, nous clarifions qui nous voulons être, et c’est ainsi que nous sommes recréés.

[il ne nous apparaît pas toujours clairement comment nous avons obtenu ce que nous voulions, car nous ne sommes pas pleinement conscients de ce que nous voulons réellement.
A Roch Hachana l'essentiel est sur nos aspirations sincères, profondes, du moment. Ainsi, à nous d'avoir de l'ambition spirituelle et d'ouvrir notre cœur autant que possible. ]

<--->

+ La recréation d’Adam :

-> Nous avons l'habitude de considérer Roch Hachana comme le premier jour de la création, mais en réalité, Hachem a commencé à créer le monde 5 jours plus tôt, le 25 Elloul.
Roch Hachana est l’anniversaire de la création d’Adam, la raison d’être du monde.

Lorsque Hachem s’est mis à créer l’homme, des groupes d’anges soutenaient qu’il ne devait pas voir le jour. "Pourquoi devrais-Tu te soucier de lui?" (ma énoch ki tizkérénou - Téhilim 8,5), demandaient-ils. [cette idée est discutée à plusieurs endroits par nos Sages, comme Béréchit raba 8,5 ; Sanhédrin 38b]
Puisque que l’homme fauterait à coup sûr, apportant des ennuis et des souffrances à tous, alors à quoi servait-il donc?
Tandis qu’ils débattaient, Hachem créa l’homme.

Comment Hachem a-t-Il créé Adam ? Alors que toutes les autres créatures ont vu le jour par le biais des maamarot, de la parole d'Hachem, l'âme (néchama) d’Adam a été créée par un souffle : "Et Il souffla dans ses narines le souffle de vie" (vayipa'h béapav nichmat 'haïm - Béréchit 2,7).

Quelle est la différence entre parler et souffler?
Lorsqu’une personne parle, l’air s’élève des poumons lors de l’expiration, produisant un son en passant par le larynx. Ensuite, ce son est transformé en mots précis grâce aux dents, à la langue et aux lèvres.
En revanche, lorsqu’une personne souffle, elle ne se contente pas d’expirer, mais expulse l’air depuis le plus profond d’elle-même. Comme le dit le Zohar : "Celui qui souffle le fait depuis l’intérieur de lui-même" (man dénafa'h mito'ho nafa'h - cité dans le Tanya - chap.2).

En nous disant que toute la création est issue de la parole d'Hachem, nous comprenons que tout a été créé par Hachem Lui-même.
En nous disant que l'âme d’Adam a été créée par le souffle d'Hachem, nous comprenons que l’âme d’Adam est taillée dans l’unité profonde de la divinité elle-même. L'âme (néchama) d’un juif est une étincelle de Hachem. [seules les juifs sont appelés Adam - Yébamot 61a]

Chaque année, lorsque le premier jour de Tichri arrive, Hachem s’assoit à nouveau sur le Kisei HaKavod (Trône de Gloire), et des anges débattent devant Lui. Les anges d’un côté disent : "Oui, recrée l’Homme". Les anges de l’autre côté disent : "Non, ne le fais pas".
Accusation, défense, mérites, démérites ; le débat fait rage.
Tandis que les anges examinent les actes de l’homme, évaluant s’il est digne d’être recréé, nous sonnons le shofar. Le baal tokéa (celui qui le sonne), agissant en tant que messager d'Hachem, qui insuffle à nouveau le "nichmat 'haïm" (souffle de vie) en chaque juif, sonne le shofar. Une fois encore, nous venons à l’existence.

[d'après le rav Moché Wolfson]

Le shofar = l’instrument du retour

-> Celui qui sonne le shofar (le baal tokéa) n’est pas seulement le messager d'Hachem chargé de souffler à nouveau notre âme (néchama) en chaque juif ; il est également notre messager auprès d'Hachem.
Lorsque le baal tokéa souffle dans le shofar, nous sommes tous renvoyés à notre essence, notre étincelle de divinité (en nous) vers Hachem. Lorsque notre souffle rencontre celui d'Hachem, nous revenons alors à la Source.
[lorsqu'Hachem créa Adam :"Il souffla dans ses narines le souffle de vie" (Béréchit 2,7). ]

Tout au long de l’année, nous prions, nous prononçons des mots. Plus nous comprenons ce que nous disons et plus nous nous concentrons sur le sens des mots, mieux c’est.
Mais avec le shofar, nous prononçons une sorte de prière que nous ne comprenons pas : nous faisons entendre une voix sans mots.
Nous poussons un cri sans paroles, exprimant notre essence profonde de "nichmat 'haïm", notre néfech Elokit qui est toujours divine et bonne.
Nous communiquons depuis le plus profond de nous-mêmes, là où s’exprime et s’éveille notre désir ardent de retour.
[juste avant de souffler le shofar, le baal tokéa récite le verset : "Elokim bit'roua Hachem békol shofar" (Téhilim 47,6), qui se traduit simplement par "Que D. soit exalté par la téroua, Hachem par le son du shofar".
Le Maguid, cependant, comprend que "Hachem", c’est Hachem Lui-même, qui est "békol shofar", le son du shofar.
À Roch Hachana, Hachem insuffla de Lui-même une néchama en Adam.
Chaque année, Hachem insuffle à nouveau notre néchama en nous par le biais du shofar, et nous la lui renvoyons par le biais du shofar. C’est ainsi que nous nous rencontrons. ]

Nous sommes comme un prince qui s’est égaré depuis si longtemps qu’il a oublié la langue de son père, le roi. Mais nous pouvons crier. Notre Père reconnaîtra toujours notre voix, même si elle est brute et inculte.

Personne ne comprend ce que dit le shofar ; nous, certainement pas.
Le shofar exprime quelque chose que nous ne pouvons pas verbaliser. Nous pouvons parler de ce que nous pensons, savons et ressentons, mais nous ne pouvons pas exprimer la racine même de notre être qui aspire simplement et désire retourner vers Celui d’où nous venons.
Nous laissons donc simplement échapper un son issu de l’essence même de notre être.

Ce son ne peut être compris que par Hachem. Lui seul comprend, entend, perçoit, et est attentif (mévin, oumaazin, mabit, oumakchiv) "à la voix de notre souffle" (lékol tékiaténou).
Hachem est expert dans l’art de discerner l’âme juive. Lui seul peut écouter un son brut et savoir qu’il s’agit de l’appel d’une "partie du D. d'en-Haut" ('helek Eloka mimaal), une néchama qui est une étincelle d'Hachem Lui-même.
Seul Hachem peut distinguer une véritable pierre précieuse de son imitation contrefaite. Il voit qui nous sommes vraiment et qui nous deviendrons.

Les anges se sont opposés à la création d’Adam. Ils ont dit : "L’homme va fauter! Pourquoi devons-nous prendre un tel risque (en le créant)?"
Mais c’est parce qu’il y a quelque chose qu’ils ne comprennent pas : la Elokout (la divinité qui est en tout juif) ...
Les anges ne comprennent pas le secret du shofar, le secret du retour de chaque juif. Hachem, Lui, le comprend ; c’est pourquoi Il nous recrée chaque année.

Chaque année, nous sonnons notre shofar ici-bas, dans ce monde, et cela nous tire, nous attire et nous ramène vers Hachem.
Finalement, Hachem sonnera de Son shofar, le shofar du machia'h, et inondera le monde de téchouva, forçant chaque néchama à revenir vers Lui. Comme le déclare la bénédiction des shofarot : "En ce jour du machia'h, le grand shofar retentira, annonçant le retour définitif de chaque juif (véaya bayom aou yitaka béshofar gadol) ... Ils se prosterneront devant Hachem à Jérusalem" (Yéchayahou 27,13) ...

-> Chaque année, le Satan est effrayé par le son du shofar car il pense qu’il s’agit du shofar du machia'h. Pourquoi le Satan a-t-il peur? N’a-t-il pas entendu le shofar l’année dernière?
Mais chaque année, ce son ressemble davantage au shofar du machia'h, car nous nous rapprochons de l’époque du machia'h (qui n'a jamais été aussi proche), et le Satan pense que c’est enfin le moment.

<--->

+ Shofar - Un moyen de retour pour tout juif :

-> Le baal tokéa du Yisma'h Israël lui demanda de lui révéler les secrets du shofar. Le rabbi repoussa sa demande à maintes reprises jusqu’à ce que, finalement, juste avant Roch Hachana, il lui dise : "Bon, d’accord. Tu veux connaître les secrets du shofar? Je vais te les dire.
"Si tu pries pour que tous les juifs, même ceux dont le parcours n’est pas irréprochable, aient une bonne année et fassent téchouva, très bien, merci beaucoup. Si tu pries pour que même les juifs qui commettent des offenses tout à fait répréhensibles aient une bonne année et reviennent vers Hachem, très bien.
Mais laisse-moi te dire à qui le shofar est vraiment destiné.
Imaginez un poritz (noble) juif, complètement coupé de son peuple et ignorant tout de la culture juive, qui sort et constate que les rues sont désertes. Il se renseigne et apprend que tout le monde est à la synagogue en train de prier, car c’est Yom Kippour.
Éclairé, il rentre chez lui pour informer sa femme de leur sortie imminente à la synagogue, mais elle lui explique qu’aucun repas de fête ne sera prêt après la récitation des prières. Bien informé, il attrape son fusil, enfourche son fidèle cheval de chasse, abat un lapin et le donne à sa femme, qui s’empresse de disposer la carcasse dans la rôtissoire. Enfin, il se rase un peu et part.
C’est ce juif-là, celui qui est capable de tuer et de manger un lapin le jour de Yom Kippour, que vous devriez garder à l’esprit lorsque vous sonnez du shofar, afin que lui aussi ait une année bénie, et que son cœur soit ému à la recherche de son Créateur."

=> Le shofar ne prononce ni mots ni lettres ; il ne module même pas son ton avec grâce. Le shofar émet un son brut, pur, non transformé, exprimant le cri de l'âme (néchama) la moins sophistiquée qui soit, retournant à sa Source.

À retenir : le shofar ramène chaque juif vers notre Source (divine).

[d'après le rav Moché Wolfson]

Il arrive parfois que le Créateur dépose un sentiment de sainteté dans le cœur d’une personne l’espace d’un instant, tel un éclair fugace. Son but est d’inciter cette personne à prendre cela à cœur et à s’efforcer de le rendre durable.
[rav Tsadok haCohen de Lublin - Pri Tsadik- Kédouchat Shabbat 2 ]

Une réprimande naît de la proximité

-> Un signe significatif de la proximité entre Hachem et Son peuple s’est manifesté à un moment où il semblait que nous étions le plus éloignés. Lorsque peuple juif venait à Jérusalem pour les Shalosh Régalim, on pouvait voir la proximité entre l'assemblée d'Israel et Hachem à travers les Kérouvim (chérubins) sur la paro'hét, qui s’unissaient miraculeusement en signe de cette proximité.
Lorsque le peuple juif accomplissait la volonté d'Hachem, les kérouvim se faisaient face.
Lorsque le peuple juif n’accomplissait pas la volonté d'Hachem, les kérouvim se détournaient l’un de l’autre. [guémara Baba Batra 99a]

Cependant, bien que l’on puisse supposer que lors de la destruction du 2e Temple, les kérouvim se seraient détournés l’un de l’autre, ce ne fut pas le cas. Au contraire, la proximité entre Hachem et le peuple juif transparaissait à travers les kérouvim, ce qui poussa ceux qui détruisaient à ce moment le Temple à se moquer de ces kérouvim en position si intimes (dans un lieu normalement si saint). [Yoma 54b]

L’étreinte des kérouvim au moment de la destruction du Temple témoignait de l’amour d'Hachem pour Son peuple, comme cela avait toujours été le cas. Cette étreinte montrait au peuple juif que ce n’est qu’après avoir manifesté Son amour profond pour lui qu'Hachem avait donné libre cours à Son attribut de justice (rigueur) pour détruire le Temple.
Une véritable réprimande et un véritable châtiment ne peuvent provenir que d’un amour sincère envers celui qui est réprimandé.
[rav 'Haïm Shmoulévitz - Si'hot Moussar 85]

=> Hachem nous enseigne que même pris d'une grande colère, on doit d'abord réveiller autant que possible notre amour envers autrui, avant d'en venir à le réprimander.
A l'image des chérubins, d'abord met ton coeur totalement face à celui d'autrui (en l'aimant, en le comprenant, en voulant son bien), et ensuite tu peux réagir.

<--->

-> La destruction du Temple fut une manifestation de la miséricorde de Hachem, car Il déversa Sa colère sur un édifice inanimé et épargna ainsi le peuple.
[midrach Eikha raba 4,14]

La sinat ‘hinam

1°/ découle du fait de trop s'aimer :

-> À l’époque du 2e Temple, le peuple juif étudiait la Torah et accomplissait les mitsvot. Pourtant, il fut détruit à cause de la sinat 'hinam. [Maharcha - Guittin 55b]

-> Selon l'Atler de Kelm ('Hokhma ouMoussar 2:161), la sinat 'hinam découle d’un amour excessif de soi-même, qui se transforme ensuite en haine envers autrui.

Une telle haine est 'hinam (gratuite), c’est-à-dire sans raison. On n’a aucun objectif à atteindre, et on n’accomplira rien avec une telle haine. Le feu de l'orgueil alimente cette haine, poussant à vouloir être au sommet et à ne pas pouvoir tolérer le succès ou l’existence d’autrui. [rav Eliyahou Dessler - Mikkhtav méEliyahou 3:215]

Il faut certes s’aimer soi-même, mais pas au point que cet amour se transforme en haine envers autrui. [rav Wolbe - Alé Sor II, p.509]

<--->

2°/ découle d'un manque de bita'hon :

-> La racine de toute sinat 'hinam (se matérialisant en jalousie et haine d'autrui) réside dans un manque de midat bita'hon. Une personne qui possède une solide assise en tant que baal bita'hon n’est jamais dérangée par de mauvaises midot envers autrui.
Cette personne est toujours en "relation" avec Hachem ; elle prie sans cesse Hachem, lui demande et espère, sachant que Hachem est la source de toute bénédiction pour elle et pour son prochain juif. Elle sait qu’elle ne peut rien gagner ni perdre vis-à-vis d’autrui à moins que Hachem ne le décrète ainsi.
[ex: il n'y a pas de concurrence en autrui, puisque aucun centime, bien, qualité, ... ne peut venir ou partir sans un accord du Ciel, et Hachem peut donner l'infini à chacun. ]

À l’époque du 1er Temple, ce sentiment de bita'hon était profondément enraciné. Le yétser ara les faisait trébucher dans d’autres domaines, et même lorsqu’ils fautaient, cela n’entraînait qu’un bref exil de 70 ans.
Cependant, à l’époque du 2e Temple, l’absence de bonnes midot indiquait qu’Israël n’était pas en "relation" avec Hachem. Leur bita'hon était plus faible qu’à l’époque du 1er Temple, et par conséquent, ils ne vivaient pas correctement sous la hachgakha d'Hachem. Leur haine et leur jalousie ont conduit à un exil qui se poursuit encore aujourd’hui.
Lorsque le cœur d’une personne est fort en bita'hon, lorsque sa sécurité et sa confiance reposent entièrement en Hachem, elle est libérée d’une vie de soucis et n’est jamais prisonnière d’une haine ou d’une jalousie infondée envers autrui.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot , Even Shéléma 3]

-> Nos Sages (Tana déBé Eliyahou Zouta 14,5) affirment que ce n’est pas la douleur de l’exil qui provoque la guéoula, mais plutôt dix juifs assis ensemble et s’appliquant à l’étude de la Torah.
Nous constatons aujourd’hui qu’il y a tant de personnes qui s’assoient pour étudier, et pourtant le machia'h n’est toujours pas venu. Que manque-t-il?
Ils doivent "s’asseoir ensemble", ils doivent faire preuve d'unité, sans qu’aucune barrière de mauvais midot ne les sépare. Les mauvais midot, cause première de cet exil (galout), sont ce qui empêche le machia'h de venir.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

<--->

-> Ces midot ne se limitent pas aux relations avec les autres. On peut agir de manière négative même envers soi-même, lorsqu’on ne reconnaît pas sa valeur ou qu’on laisse la tristesse nous accabler.
Une personne remplie de tristesse ne peut se supporter ni supporter les autres.
C’est un élément qui doit être supprimé, et lorsqu’on y parvient, on peut s’épanouir et laisser resplendir la véritable grandeur qui réside en soi.
[rav Nathan Wachtfogel - Léket Réchimot ]

=> On a vu que la sinat 'hinam peut venir soit : si l'on s'aime trop, et là on voit également : si on a une image trop négative de soi-même.
L'idée est si on n'est pas épanoui, en paix avec soi-même (ex: à sa place et en phase avec ce qu'on veut réellement dans la vie), alors plutôt que de travailler ce problème en nous, on va projeter cette frustration à l'extérieur avec de la haine gratuite (sans raison propre à cette personne).
On va alors céder à la facilité de dévaloriser, dénigrer autrui, pour mieux se valoriser (momentanément).

La émouna (bita'hon) est une aide vitale dans notre chemin d'être heureux en nous-même (ex: peu importe ce qu'on les autres), par le regard, l'approche que nous avons dans la vie.

<---->

+ Utiliser avec intelligence l'orgueil ou l'humilité de soi :

Il est intéressant de trouver que nos Sages nous conseillent des choses apparamment contraires :
-> Dans la michna (Pirké Avot 1,15) :
"Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi?" (im en ani mi li) = on a le devoir de penser à soi, de se sentir important, de s'aimer, ...
On ne doit pas servir Hachem en se négligeant, dont notre confiance en soi, ce que nous avons besoin de nécessaire (non accessoire) pour être épanoui, apprécié l'impact que nous avons dans le monde, ...
Le Pirké Avot poursuit : "Et si je ne suis que pour moi, que suis-je donc?" (oukhchéani léatsmi ma ani) = on ne doit pas trop s'aimer au point d'oublier d'être à l'écoute de notre environnement, de laisser de la place à autrui pour qu'il puisse s'épanouir, ...

-> Rabbi Eliyahou Lopian enseigne :
La signification de l’humilité ne veut pas dire qu’on ne connaît pas sa propre valeur, mais au contraire il faut qu’on connaisse les forces de son âme, et en fonction de cela on n’en viendra pas à l’orgueil, la preuve en est que l’un des 13 principes de la foi est de croire d’une foi sincère que Moché notre Maître est le maître de tous les prophètes. Et Moché, comme tout homme d’Israël, doit lui aussi croire cela.
On doit donc nécessairement dire qu’il est possible que les 2 choses coexistent, d’une part être le plus humble de tous les hommes, et croire qu’on est le maître de tous les prophètes.

[cela fait penser aux paroles de rabbi Sim'ha Bounim de Peschi'ha :
"Que l'Homme ait toujours 2 poches.
Dans l'une, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Dans l'autre : "Le monde n'a été créé que pour moi"."

=> Au cours de notre vie à nous d'utiliser le message de la bonne poche au bon moment.
(le trop peu de confiance en soi n'est pas bon, et l'inverse aussi)

(notre yétser ara va nous pousser à inverser les choses, nous dévalorisant quand on devrait se valoriser, et inversement.)]

Au moment de la destruction, Hachem a remanié la composition de Ses officiers célestes chargés d’exécuter Sa volonté sur la création. En effet, il y avait parmi le peuple d’Israël des sorciers malfaisants qui comptaient sur leur capacité à contrôler les anges chargés de veiller sur la création, et qui auraient ainsi pu empêcher la destruction (du Temple).
[Rachi - Eikha 2,5]