Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Le Shabbath nous offre une nouvelle perspective sur nos activités du quotidien.
La joie ressentie pendant les jours de la semaine est uniquement orientée vers ce jour saint, car sans lui, ce bonheur est vide de sens."

[Rav Chimchon Pinkous - basé sur le midrach Béréchit rabba 10,10]

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-> Notre proximité avec Hachem dans le monde à venir sera à la mesure de notre élévation pendant le Shabbath dans ce monde-ci.
[Rabbi Chlomo de Karlin]

-> Pendant Shabbath règne une lumière éclatante, issue de l'éblouissante lumière originelle qui emplissait la terre et fut mise de côté pour les tsadikim.
[Tiféret Chlomo]

La Havdala

+ La Havdala :

-> Selon le Rambam, c'est une mitsva positive de la Torah que de sanctifier le Shabbath par une expression verbale.
Ce rappel doit être fait à son début par le Kiddouch qui sanctifie le jour, et à sa fin par la Havdala qui est une déclaration de séparation.

D'après certains décisionnaires, la Havadala est une institution de nos Sages qui est évoquée implicitement dans certains versets de la Torah.
Tout le monde est d'accord, qu'elle a été rédigée par les Sages de la Grande Assemblée [à l'image des autres prières].
[le Lévouch 296,1]

-> Lorsque la Grande Assemblée a institué initialement la Havdala, la prière était uniquement prononcée pendant la Amida dans la bénédiction de : ata 'honantanou.

Lorsque les juifs ont gagné en richesses, il a été décrété que la Havdala sera récitée sur un verre de vin.
Lorsque les juifs sont devenus par la suite de nouveau pauvres, la Havdala a de nouveau été insérée dans la Amida, tout en maintenant la règle de la faire sur le vin.
[guémara Béra'hot 33a]

-> Rabbi Yo'hanan dit : Celui qui réside en Israël, celui qui éduque ses enfants à étudier la Torah, et celui qui fait la Havdala sur du vin à la sortie de Shabbath, sont assurés d'hériter leur part dans le monde à venir.
[guémara Pessa'him 113a]

-> Rabbi 'Hiya bar Abba enseigne : Quiconque récite la Havdala à toutes les sorties de Shabbath aura des enfants qui étudient la Torah.
Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit : Il aura des enfants méritants d'être des maîtres [en Torah].
[guémara Chvouot 18a]

-> Rav Yits'hak dit : Quiconque accomplira la mitsva de la Havdala correctement, méritera d'avoir des garçons intelligents ayant le niveau d'enseigner les préceptes de la Torah, Hachem le chérira en le surnommant : "kadoch" (Saint), par contre, celui qui délaisse cette mitsva, ne connaîtra jamais le bonheur et la prospérité."
[Pirké déRabbi Eliezer - chap.20]

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-> Rabbi Tsadok [Pirké DéRabbi Elièzer] dit : "Celui qui ne fait pas la Havdala sur du vin à la sortie de Shabbath, ni ne se fait acquitter par autrui, ne verra jamais de bénédiction. Si par contre il le fait, D. l’appelle “saint” et le considère comme son joyau."
[rapporté dans la kitsour Choul'han Aroukh du rav Ich Maslia'h]

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+ L'ordre des bénédictions :

-> A ce sujet (b'h) : https://todahm.com/2016/08/22/la-havdala

-> L'ordre des bénédictions suit l'avis de Beit Hillel, qui se base sur le verset : "béssamim roch" (בְּשָׂמִים רֹאשׁ - Ki Tissa 30,23), se traduisant littéralement par : "les béssamim en 1ers".

La senteur est appréciée par l'âme, tandis que la vision de la flamme est apprécié par le corps.
Les béssamim sont prioritaires sur la flamme.
[Yaavèts]

-> Le vin, les aromatiques/épices, la flamme et la séparation s'élèvent dans l'ordre des capacités humaines, en partant de celui qui est le grossier à celui qui est le plus subtile :

1°/ le sens du goût, que nous ressentons lorsque nous mangeons et buvons, est celui qui est le plus physique. C'est pourquoi la bénédiction sur le vin vient d'abord.

2°/ le sens de l'odorat par les senteurs peuvent être ressentie même à distance sans la nécessité de devoir toucher l'objet. Etant ainsi un sens qui est moins physique, sa bénédiction vient en 2e position.

3°/ le sens de la vue : c'est un sens encore plus raffiné, puisque nous pouvons apercevoir même les étoiles qui sont à des années lumières de nous. C'est pourquoi la 3e bénédiction porte sur la vision de la flamme.

4°/ la bénédiction de la Havdala est celle qui se situe au niveau le plus élevé.
En effet, uniquement l'intelligence humaine peut faire la distinction entre le sacré et le profane.
C'est cela qui nous donne les moyens de comprendre la sainte Torah.

[le Kaf ha'Haïm 296,3]

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+ Les odeurs : Boré miné bessamim :

-> Pourquoi faisons-nous une bénédiction sur la senteur d'aromatiques/d'épices?

A la sortie de Shabbath, au moment où la néchama yétéra (le supplément d'âme) nous quitte, un juif se sent triste et déprimé.
En respirant l'odeur agréable des bessamim, cela va élever son esprit.
[Tossafot - guémara Beitsa 33b]

-> Pendant Shabbath les feux du guéhinam sont éteints, et ils ne sont rallumés qu'à sa sortie.
La senteur des bessamim est désignée pour neutraliser l'odeur nauséabonde émanant du guéhinam.
[le Bach 296]

-> Lorsque 'Hava a fauté en mangeant du fruit interdit, 4 de ses 5 sens en ont retiré du plaisir : elle l'a vu, elle a entendu la séduction du serpent, elle a touché le fruit et elle l'a goûté.

Puisque 'Hava a réalisé la faute dans la journée du vendredi, la néchama yétéra, qui prend plaisir aux senteurs n'était pas encore arrivée.
A la sortie de Shabbath, lorsque la néchama yétéra nous quitte, nous prenons plaisir à la pensée du seul sens qui n'a pas été contaminé par la faute de 'Hava : celui de l'odorat.
[Séfer Mat'amim]

-> La néchama yétéra vient d'en-haut où elle respire les odeurs divines du Gan Eden.
Elle n'est pas heureuse d'être dans ce monde avec des odeurs nauséabondes de fautes.
Nous lui fournissons les bessamim pour rendre plus agréable son inconfort.
[Séfer Mat'amim]

-> Il en est de même au moment d'une brit mila : https://todahm.com/2020/05/23/13486

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-> A la différence des effets transitoires du Shabbath, l'impact laissé par les Yom Tov est permanent, laissant pour toujours une trace indélébile sur le corps aussi bien que l'âme d'un juif.
A l'époque du Temple, les pèlerins étaient changés pour toujours par leur visite à Jérusalem pendant les Yom Tov.
Cette différence explique pourquoi nous ne sentons pas des épices parfumées dans la Havdala à la fin d'un Yom Tov.
Les Tossafot (guémara Pessa'him 102b) suggère que la fonction des épices dans la Havdala est de compenser la perte de "l'âme supplémentaire" qui nous quitte à la fin du Shabbath.
Cependant, l'âme supplémentaire accordée à un Yom Tov ne nous quitte jamais même après la fin de la fête.
[Sfat Emet - Emor 5647]

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+ La flamme : Boré méoré ha'esh :

-> Lorsque Adam fut créé, il y avait la lumière du jour pendant 36 heures de suite : 12 heures le vendredi (depuis l'heure de sa création en ce jour), 12 heures pour la nuit du vendredi soir, et 12 heures pour le Shabbath.

Lorsque le soleil s'est couché à la sortie de Shabbath, Adam en a été terrifié.
Banni du Gan Eden, il pensait qu'il faisait face à des dangers mortels invisibles à ses yeux (puisqu'il faisait nuit noire!).

Mais Hachem a fourni à Adam un instinct de survie, et il a frotté des pierres ensemble qui ont alors créé un feu, lui apportant de la lumière et de la chaleur.
A ce moment, Adam a récité une bénédiction sur le feu : "Boré méoré a'esh" (Qui créé les lumières du feu).
[midrach Béréchit rabba 11,2]

-> Le Lévouch dit que la raison principale pour laquelle nous disons la bénédiction : "Boré méoré a'esh" à la sortie de Shabbath, est pour se souvenir de la lumière originelle que Hachem a créé le 1er jour de la Création, comme il est dit : "D. dit : Que la lumière soit" (Béréchit 1,3).

Selon le Divré Yoël, parmi toutes les créations originelles, nous ne faisons de bénédiction uniquement sur le feu, car les autres créations vont bénéficier également aux réchaïm.
Quant à lui, le feu représente la lumière du 1er jour de la Création qui a été cachée dans la Torah, pour que ne puisse en profiter que les tsadikim qui étudient la Torah en l'honneur d'Hachem.

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-> La Havdala doit être récitée avec des chants traditionnels, puisque nous disons : "Au revoir!" à notre invité le Shabbath.

Un invité important est escorté jusqu'à la porte et renvoyé sur sa route avec des chansons, comme il est dit : "Je t'aurais reconduit avec allégresse, avec des chants, au son du tambourin et de la harpe!" (Vayétsé 31,27). "
[le Yaavets]

-> "A l'issue de chaque Shabbath, le machia'h et Eliyahou haNavi siègent sous l'arbre de la vie pour retranscrire les mérites du peuple juif qui respecte le Shabbath, c'est alors que Hachem s'associe à eux et appose son sceau en signe de consentement."
[midrach Ruth - chap.5]

[Nous avons l'habitude de dire à plusieurs reprises : Eliyahou haNavi za'hour létov! ]
[il y a une coutume (au nom du Arizal) de réciter à la sortie de Shabbath la phrase : Eliyahou Hanavi Zakhour Létov (אליהו הנביא זכור לטוב - le prophète Eliyahou qu’il soit mentionné pour le Bien), car celle-ci totalise la valeur numérique de 400, correspondant aux 400 forces d’impureté d’Essav qui seront soumises au machia’h lors de la Guéoula annoncée par Eliahou Hanavi. ]

-> Eliyahou haNavi est préposé pour noter à la fin de Shabbath toutes les mitsvot de chaque juif faites à Shabbath. C'est au Gan Eden, installé sous l'Arbre de Vie (ets 'haïm), qu'Eliyahou écrit chacune des mitsvot de chaque juif faite à Shabbath, c'est pour cette raison que nous mentionnons Eliyahou haNavi à la sortie de Shabbath, au moment de la havdala.
De plus, lorsque Eliyahou haNavi inscrit les mérites du peuple d'Israël, il en tire une satisfaction proportionnelle à la qualité et à la quantité des mitsvot accomplies ce Shabbath, et il éprouve pour chaque personne un amour lié à ces mérites.
[Ben Ich 'Haï - guémara Kétouvot 61a]

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-> Il est enseigné : "Ils ont l'assurance, Israël, que Eliyahou haNavi ne viendra pas les veilles de Shabbath ou veilles de fêtes pour ne pas les déranger dans leur préparatifs" (guémara Erouvin 43b).
On apprend de là qu'à partir de la sortie de Shabbath débute le moment de sa possible venue, c'est pourquoi nous mentionnons Eliyahou haNavi à la sortie de Shabbath.

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+ Mentionner Eliyahou haNavi à la sortie de Shabbath :

-> Le Tour (Ora’h ‘haim 295) écrit qu’à la sortie de Shabbat, on a la coutume de mentionner Eliyahou haNavi.

-> Le Baal haManhig (Hilkhot Shabbat 71) en explique la raison : c’est parce qu’il sera celui en charge d'annoncer la guéoula (la rédemption/délivrance), et la guémara (Erouvin 43b) affirme qu’Eliyahou ne viendra pas érev Shabbat ou érev Yom Tov (pour ne pas en perturber les préparatifs notamment). Ainsi prions nous, une fois Shabbat écoulé et que le machia’h est de nouveau susceptible de se dévoiler, qu’il vienne et nous annonce la rédemption.

-> Le Arou'h haChoulkhan suggère que puisque Chabbat est "méén olam aba" , un avant-goût du monde futur (guémara Béra'hot 57b), il est porteur de grande joie. La tristesse ressentie à son départ doit être jugulée. Chanter des chants avec des mots inspirants, remplis d’espoir pour la rédemption, atteint cet objectif.

-> Le Aboudraham écrit que la raison pour laquelle Eliyahou est associé à la sortie de Shabbat est dans le fait que nos Sages (Shabbath 118b) connectent l’observance du Shabbat à la libération et à la guéoula.
C’est donc seulement à l’issue de ce saint jour que nous implorons Hachem : "Nous avons fidèlement observé ton Shabbat, tel que Tu nous l’as ordonné. Maintenant, s’il te plaît, par ce mérite, envoie-nous Eliyahou haNavi."

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-> Le Maharil (fin d’ Hilkhot Chabbat) cite une Tossefta selon laquelle chaque à la sortie de Shabbat, Eliyahou s’assoit sous le Ets Ha’haim, l’arbre de la vie dans le Gan Eden, et consigne les mérites de tous ceux qui ont observé Shabbat.

-> On peut citer quelques liens entre Eliyahou haNavi et la sortie de Shabbat :
1°/ La sortie de Shabbat est un temps de petite mort puisque notre néchama yétéra (le supplément d'âme reçu en ce jour) nous quitte (guémara Beitsa 16a).
Eliyahou est celui qui va annoncer la guéoula, un temps d’éternité, de résurrection des morts. Cela sied parfaitement avec Eliyahou qui ne mourut pas comme on le rappelle à son sujet dans un des chants du Mélave Malka : "l’homme qui ne goûta pas le goût de la mort ni de l’inhumation" (איש שלא טעם טעם מיתה וקבורה - voir Méla'him 2,2-11).
Cela correspond bien aussi avec la sortie de Shabbat où l’on nourrit le Louz, l’os qui ne peut pas pourrir et qui sera à l’origine de la résurrection (voir michna Broura 300:2).

2°/ La brit mila est réalisée le 8e jour où est présent Eliyahou, le mala'h habrit (ange de l'alliance - Mala'hi 3,1). Le début du 8e jour depuis le début de la création (soit dimanche) est le temps de la sortie de Shabbat (la veille au soir).

3°/ Eliyahou vécut dans ce monde qu’il quitta vivant dans un tourbillon de feu et devint un mala'h (ange). De même qu’il subit une transformation, on peut comprendre qu’il assiste aux brit mila, où l’enfant subit lui aussi un changement, étant purifié par le retrait de l’excroissance de sa chair.
De même, la sortie de Shabbat opère le passage entre le Shabbat et la semaine. Eliyahou élève la personne après Shabbat quand elle connaît un certain déclin spirituel.

4°/ Eliyahou est porteur de bonnes nouvelles (comme nous le disons dans le Bircat Hamazon : "hara'haman ou yichla'h lanou ét Eliyahou haNavi za'hour létov ouyivacher lanou béchorot tovot véné'hamot -> Que le Miséricordieux nous envoie Eliyahou haNavi, de mémoire bénie, pour qu’il nous délivre de bonnes nouvelles, des délivrances et des consolations).
Dans le zémer Elyahou Hanavi que l’on chante durant le Mélavé Malka, nous disons également: איש פקיד על כל בשורות טובות = l’homme préposé aux bonnes nouvelles.
=> A la sortie de Shabbat, beaucoup connaissent un certain abattement puis sont revigorés par le Mélave Malka, lié à Eliyahou.

[après un boost de spiritualité à Shabbath, on peut risque de redescendre (le retour à la réalité de la vie quotidienne peut faire mal, nous rendre triste, avoir un peu de désespoir ... Ainsi, au moment de retrouver notre vie de tous les jours on n'oublie pas que Eliyahou haNavi peut arriver à tout instant pour nous annoncer la guéoula, et en ce sens cela nous remobilise pour qu'on donne le meilleur de nous-même dans la semaine à venir.)]

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-> b'h, Sur le sujet de la Havdala, voir également un dvar Torah sur : Pourquoi regardons-nous nos ongles durant la havdala? : https://todahm.com/2016/04/25/pourquoi-regardons-nous-nos-ongles-durant-la-havdala

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-> Dans le Zohar (Béréchit p.17), rabbi Chimon bar Yo'haï dit que chaque samedi soir un ange de destruction associé à la médisance quitte le purgatoire et tente de dominer le peuple juif lorsqu'il dit dans la prière du soir : "l'oeuvre de nos mains subsistera pour nous" (Téhilim 90,17 - vihi noam Hachem ... oumaassé yadénou konénéou).

Cet ange essaie à tout prix de se mêler aux juifs et d'introduire parmi eux le mauvais œil.
Cependant, lorsqu'ils récitent la Havdala en observant strictement toutes ses règles, l'ange les quitte pour retourner à la résidence de Kora'h et de son clan dans l'abîme.
[Méam Loez - Yitro 20,8]

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+ Pourquoi la coutume est que les femmes ne boivent pas du vin de la Havdala?

-> 'Hava pressa du raison (fruit interdit) pour que Adam en consomme, occasionnant ainsi la faute originelle, c'est pourquoi elle reçut en punition le sang des menstruations.
La punition prit cette forme suite à l'impureté que provoqua en elle le serpent. Et du fait de la consommation de vin engendra la période de Nida (la séparation entre Adam et 'Hava), les femmes n'ont pas à boire du vin de la Havdala (de séparation).
[le Chla haKadoch - traité Shabbath, chapitre Torat Ohr]

[selon certains de nos Sages : mieux vaut pour la femme ne pas goûter au vin de la Havdala, car cela pourrait éveiller l'attention des accusateurs contre elle.]

-> Si les femmes buvaient du vin de Havdala, elles auraient des accouchements très difficiles.
[des Sages de Jérusalem - répondant à une question de rabbi Chem Tov Gaguine]

Pourquoi manger du poisson à Shabbath?

+ Pourquoi manger du poisson à Shabbath?

-> Comment une personne peut prendre plaisir à Shabbath?
Rav Yéhouda répond : en mangeant un grand poisson.
[guémara Shabbath 118a]

-> Selon le Baal haTanya, la Torah ne nous ordonne pas de manger du poisson à Shabbath ; c'est un embellissement de la mitsva de prendre plaisir à Shabbath.
[Choulh'an Arou'h haRav 242,4]

-> "Il est bien de manger du poisson lors des 3 repas de Shabbath, à moins qu'on ne l'apprécie pas."
[Michna Broura 242,2]

-> Les repas de Shabbath sont comparés à la manne descendant dans le désert, et nos Sages disent qu'elle avait le goût de tout aliment qu'on pouvait imaginer, à l'exception du poisson.
Pour compenser cette saveur alors inaccessible, nous faisons un effort d'en manger à Shabbath.
[Taamé haMinhaguim]

-> La valeur numérique de : dag (poisson - דג) est de 7, mettant en avant la signification de le manger le 7e jour de la semaine, à Shabbath.
[Oneg Shabbath]

-> Shabbath est un jour destiné à des objectifs spirituels : prier, étudier la Torah, faire des mitsvot.
En ce sens, le moins nous passons de temps à dormir, le mieux c'est.

En mangeant du poisson, qui ne ferme jamais les yeux et même continue parfois à nager pendant son sommeil, nous nous rappelons de ne pas perdre les heures si précieuses de Shabbath en dormant [voir pire en tuant le temps, disant du lachon ara, ...].
[oul'Acher Amar]

[les poissons ne peuvent vivre que dans l'eau, qui représente la Torah. Or, Shabbath n'a été donné que pour l'étude de la Torah.
Manger du poisson est bien un rappel en ce sens. ]

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-> Le Rama de Pano enseigne : quelqu’un qui délaisse l’étude de la Torah finit par se réincarner en poisson ; en effet, il est écrit : "Il expira et fut rassemblé à son peuple" (Béréchit 49,33), et à propos des poissons nous trouvons : "Faut-il leur rassembler tous les poissons de la mer?" (Bamidbar 11,22).
Et le Shabbat, toutes ces réincarnations trouvent leur réparation.
Donc quelqu’un qui mange un poisson, ce qui est une chose matérielle faisant partie du repas de Shabbat en l’honneur du saint Shabbat, fait un tikoun (réparation) à ce poisson, qui est dans sa racine une réincarnation spirituelle."
[rapporté par le rav David Pinto (la voie à suivre n°616)]

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-> La guémara (Baba Batra 75a) rapporte que dans le monde futur, Hachem fera un festin pour les tsadikim.
Le menu consistera en de la chair du poisson Léviathan, de la viande d'un bœuf sauvage (le chor habor) et du vin ayant été mis de côté depuis les 6 jours de la Création.

Afin de nous donner un avant goût du monde à venir (jour qui est entièrement Shabbath), nous consommons ces 3 choses qui seront servis pendant le grand festin futur : du poisson, de la viande et du vin.
[le Matté Moché]

-> Puisque le poisson vit sous l'eau, ils n'ont pas de lien avec ce monde.
Shabbath étant un semblant du monde à venir, il est de même détaché de ce monde.
Il convient ainsi de manger du poisson en ce jour.
['Hachava léTova]

-> Contrairement aux animaux, le poisson ne produit pas de son.
En mangeant du poisson, nous nous rappelons d'agir comme eux en nous retenant de paroles inutiles et légères, en ce jour si spécial.
[Imré Yéhouda - Chéla'h]

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+ "Les cieux sont à D. tandis que la terre ferme fut octroyée à l'homme" (Téhilim 115,16)

Rabbi Baroukh Leff enseigne que ce n'est que la terre ferme qui fut donnée aux hommes ; l'eau ne nécessite pas d'être développée ultérieurement.
Les mers ne font partie que du domaine divin, et sont déjà parfaites.
Par conséquent, les poissons qui sont en son sein n'ont pas besoin de ché'hita (abattage rituel), et peuvent être consommés directement après avoir été tirés de l'eau.

Les animaux nécessitent encore une action humaine afin de les amener à leur niveau de perfection, ce qui n'est pas nécessaire pour les poissons.

Etant 2 mondes séparés, ils ne doivent jamais être mangés ensemble.

En ce sens, le Ari zal enseigne qu'une personne qui est un vrai tsadik, laisse une vie quasi parfaite ne nécessitant quasiment plus de réparation.
Ainsi, Hachem fait revenir brièvement dans notre monde son âme quasi parfaite sous la forme d'un poisson, qui ont eux aussi une forme parfaite.

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+ "De tout ce qui était sur la terre sèche, périt" (Noa'h 7,22)

-> Malgré le fait que les eaux du déluge étaient bouillantes (guémara Sanhédrin 108b), les poissons ne sont pas morts (guémara Zéva'him 113b).

Les poissons ont été les 1eres créatures vivantes que D. a créé.
Ils sont apparus le 5e jour, avant les oiseaux (qui ont aussi été créés en ce même jour), et avant les autres animaux et les hommes (qui ont été créés le 6e jour).
C'est en considération de cette qualité qu'ils n'ont pas été détruits.

D'ailleurs, la coutume de commencer par manger du poisson à Shabbath peut venir de ce fait qu'ils ont été créés avant les volailles (oiseaux) et les animaux.

-> Le Torat Yé'hiel dit qu'ils ont été récompensés d'être mangés le Shabbath, pour avoir été la seule espèce qui n'a pas fauté durant la génération de Noa'h.

-> Le Ramban (Béréchit 9,3) rapporte qu'après le déluge, Noa'h a reçu la permission de manger de la chair animale, car les animaux ont été sauvés grâce à lui.
Mais puisque les poissons ne sont pas morts pendant le déluge, Noa'h n'a pas été autorisé à les consommer.

Selon le Pardess Yossef (Noa'h), ce n'est qu'après le don de la Torah, qui a eu lieu un Shabbath, que la permission de manger des poissons a été accordée.

D'ailleurs, certains rabbanim 'hassidiques n'en mangeaient pas le restant de la semaine, car c'est un plat de fête réservé au Shabbath.

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-> Pourquoi les poissons conviennent-ils si bien aux repas du Shabbat?
Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique : ""Tout ce qui peuplait le sol expira", et non les poissons de la mer. Ceci peut expliquer pourquoi précisément les poissons ont été choisis pour orner la table du Chabbat : pour nous enseigner que le feu du guéhinam n’a pas d’emprise sur le jour saint, de même que les poissons échappèrent au feu du déluge, qui anéantit le monde par des eaux bouillantes."

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-> La guémara (Béra'hot 20a) rapporte que le fait qu'ils soient complètement enveloppés par l'eau protectrice garantit également de ne pas souffrir du ayin ara (mauvais œil).
Confinés dans leur domaine sûr et isolé, ils sont hors d'atteinte de toute la négativité du milieu extérieur.

-> Shabbath est l'occasion de prendre conscience et de renforcer notre souhait d'éviter de nous exposer à l'influence négative du monde matériel, pour davantage se concentrer sur notre spiritualité, et ce en étant remplis de sainteté.

=> En ce jour dédié à une grande proximité avec Hachem (néchama supplémentaire), nous prenons conscience de la requête de papa Hachem : kédochim tiyou (soyez kadoch!).

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+ "D. bénit le 7e jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour Il se reposa de l'oeuvre entière qu'Il avait produite et organisée" (Béréchit 2,3)

-> Rabbi Tsvi Elimélé'h de Dinov (Bné Yissa'har) enseigne :
Il est de coutume de manger du poisson pendant Shabbath, à cause des 3 bénédictions que D. a prononcées au moment de la Création :
1°/ la 1ere bénédiction a été donnée aux poisson lorsque D. leur a dit : "Croissez et multipliez! Remplissez les eaux" (Béréchit 1,22) ;
2°/ la 2e bénédiction a été octroyée à l'homme : "Croissez et multipliez! Remplissez la terre" (Béréchit 1,28) ;
3°/ la 3e bénédiction a été conférée au Shabbath, selon les mots : "D. bénit le 7e jour et le proclama saint" (Béréchit 2,3).

=> Ainsi, en consommant du poisson pendant le Shabbath, nous avons le mérite que les 3 bénédictions données à l'homme, au Shabbath et au poisson, se réalisent à travers nous.

-> Les Kabbalistes retrouvent cette idée à travers les mots du roi David : "Dans de vertes prairies (déché), Il me fait camper", où le mot : "déché" correspond aux initiales des mots : daguim (poissons), Shabbat et adam (homme), allusion à cette combinaison magique garantissant une triple bénédiction, à laquelle renvoie la fin du verset : "Il me conduit au bord d’eaux paisibles" (Téhilim 23,2).

Le 3e repas de Shabbath

+ Le 3e repas de Shabbath :

-> Selon la kabbale, le moment du 3e repas de Shabbath est dénommé : "Raava Déraavin" (le temps de faveur des faveurs), c'est la période durant laquelle Hachem est disposé avec le plus de bonté envers le peuple juif.

-> Le 'Hozé de Lublin fait remarquer que les 2 premiers repas sont consommés à des horaires habituelles auxquelles nous avons faim.
Le 3e repas a lieu à un moment où souvent nous n'aurions jamais mangé à nouveau si ce n'était pas pour accomplir la mitsva.
Ainsi, c'est le seul repas qui permet d'attester que nous le faisons parce que Hachem nous l'ordonne, et non pas notre ventre.

Par cela, le 3e repas a le pouvoir de sanctifier les 2 repas précédents, et c'est comme si les 3 repas étaient consommés par un seul esprit de dévouement.
[Divré Emet]

-> Les 3 repas de Shabbath font allusion aux 3 Patriarches : Avraham, Yits'hak et Yaakov.

Yaakov, symbole du 3e repas, englobe ses ascendants : Avraham et Yits'hak.
Ainsi, le 3e repas comprend les 2 repas précédents.

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+ Un temps de faveur des faveurs :

-> Hachem a commencé à créer le monde à la sortie de Shabbath.
L'instant juste avant qu'Il commence à créer était le dernier moment de Shabbath.
Ainsi, la volonté divine de créer le monde a surgi un instant avant le début des 6 jours de la semaine, qui est le moment où l'on mange le 3e repas.

C'est un temps de déversement de faveurs, car c'est là que s'est éveillé la volonté divine de créer le monde dans un acte de suprême bonté.
[le Maor vaChémech - Likoutim]

-> Le Divré Chmouel (sur Mikets 43,25) commente en disant que Yaakov a demandé à ses enfants de partager spécifiquement leur 3e repas de Shabbath avec Yossef, car c'est un moment de "raava déraavin", que cela aiderait certainement, et ce fait le cas.

-> Puisque le 3e repas est un temps de faveur des faveurs, une prière pour la subsistance sera certainement répondue.
De plus, c'est au cours de ce repas que le comportement d'une personne est déterminé, c'est pourquoi c'est un moment opportun pour prier pour être humble et soumis (à la volonté de D.).
[Imré Pin'has - page 114]

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+ Le point culminant de Shabbath :

-> Selon le Azi zal, au moment de la 3e Séouda, les juifs sont invités à s'asseoir à la table de Hachem : "pour voir la splendeur de la présence divine".

-> Le 3e repas est le moment où Hachem s'unit avec le peuple juif et nous devenons un avec la présence divine.
[Tséma'h David - Shabbath]

-> Le Maguid de Kozhnitz dit qu'à ce moment chaque juif a le statut de : "Tsadikim qui sont assis au Gan Eden, portant les couronnes qu'ils ont obtenus avec les mitsvot qu'ils ont réalisé, profitant de la splendeur de la sainte présence divine" (guémara Béra'hot 17a).

-> Nos Sages enseignent que le 3e repas est un moment très adapté pour faire téchouva, car c'est un temps où l'âme d'une personne est (particulièrement) liée à Hachem.

D'ailleurs, rabbi Kalonymus Kalmish Shapiro disait que le 3e repas est le Yom Kippour hebdomadaire.

-> Observant 2 hommes discutant l'un l'autre pendant la période du 3e repas, le rabbi de Satmar les a réprimandé : "Vous êtes en train de perdre les minutes les plus précieuses de toute la semaine en commérages!"

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-> Le 'Hida rapporte avoir vu un manuscrit de rabbi 'Haïm Vital citant rav 'Haï Gaon, affirmant qu'il y a une tradition testée et approuvée qu'une personne qui prolonge le 3e repas sera couronnée de succès pendant la semaine à venir.

-> Le 'Hafets 'Haïm donnait un cours de Torah à une communauté, et une fois l'heure de la fin de Shabbath dépassée, il sentit une impatience grandissante dans l'assemblée : faisons arvit au plus vite, Shabbath est terminé!

Il a dit : "Qui peut dire que dans sa famille, il n'a pas un ancêtre qui est en enfer?

La règle est que l'on remet les personnes à souffrir en enfer, qu'une fois que le dernier minyan de sa ville fait sortir Shabbath (récitant le "ouva létsion" dans la prière de arvit).

Etes-vous impatient d'amener au plus vite les atroces souffrances de l'enfer sur vos ancêtres, en voulant faire sortir au plus vite Shabbath?"

Les repas de Shabbath

+ Les repas de Shabbath :

-> Durant la semaine, Hachem tire de la satisfaction lorsque les juifs récitent le birkat hamazone.
Cependant pendant Shabbath, Hachem éprouve une joie extrême même lorsqu'un juif est en train d'apprécier son repas.
[le Zohar]

-> On peut ressentir la sainteté du Shabbath principalement pendant ses repas.
[Rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik - Tazria]

-> "Les repas de Shabbath font pénétrer de la émouna chéléma (foi parfaite) en chaque juif"
[Sifté Tsadik - Vayikra]

-> "Grâce aux repas de Shabbath, une personne acquiert de l'amour pur et de la crainte de Hachem"
[Rabbi de Riminov - Tiféret 'Haïm]

-> "Les repas de Shabbath sont faits pour satisfaire notre faim spirituelle et régaler notre âme supplémentaire"
[Rabbi de Kobrin - Torat Avot]

-> L'âme supplémentaire (néchama yétéra), que nous recevons le Shabbath, tire beaucoup de plaisir du birkat hamazon, car c'est une nouveauté qu'elle ne vit pas au Ciel. [Rama de Pano - Assara Maamarot]
C'est pourquoi l'objectif principal des repas du Shabbath est de donner du plaisir à l'âme supplémentaire en récitant le birkat hamazon.
[Agra déKalla - paracha Vayéra]

-> Les repas de Shabbath ont le pouvoir d'inciter à faire téchouva.
En effet, si une personne est agitée par des pensées de téchouva pendant un repas de Shabbath, elle peut être sûre que sa téchouva est authentique.
[Rabbi Aharon de Karlin - Beit Aharon]

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-> Le Zohar (Béchala'h) dit que nous devons inviter la présence divine à nos repas de Shabbath, comme si l'on accueillait un important invité.

-> Nous devons s'asseoir avec respect à la table du Shabbath, car nous sommes assis au festin du Roi.
Le Zohar dit : lorsque nous disons le haMotsi la présence divine apparaît.
[Choul'han haTahor - Maamar haTsniout]

-> Le Radak (sur Yéchayahou 58,13) enseigne que notre façon de parler doit être plus calme et plus douce pendant Shabbath.

Le Pélé Yoets (A'hila) dit que pendant une Séouda mitsva, on doit faire attention à ne pas parler d'une façon interdite (moquerie, paroles grossières, ...), car la perte que cela entraîne dépasse les mérites générés par cette séouda.

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-> Nous mangeons les repas de Shabbath afin que les 6 jours de la semaine soient bénis par ces repas.
[Likouté Eitsot - Rabbi Na'hman de Breslev]

-> Les 6 jours de la semaine tirent leurs bénédictions des repas du Shabbath.
[Zohar - Yitro 88]

-> Le repas du vendredi soir ainsi que la prière d'arvit, amènent la bénédiction sur les 2 premiers jours de la semaine (dimanche et lundi).
Le 2e repas et la prière de cha'harit, apportent la bénédiction sur les 2 jours suivants.
Le 3e repas et la prière de min'ha, accordent la bénédiction sur les autres jours.
[Yalkout Réouvéni]

-> Les 3 repas de Shabbath symbolisent les 3 Patriarches.

- Celui de vendredi soir réveille les mérites de Yits'hak, qui va nous sauver des souffrances liées à l'arrivée du machia'h.
- Celui de samedi midi (le 2e) réveille les mérites de Avraham, qui va nous protéger des souffrances du guéhinam.
- Le 3e repas réveille les mérites de Yaakov, qui va nous sauver de la guerre de Gog et Magog, le conflit terrifiant qui va ravager le monde avant l'arrivée du machia'h.

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-> Les repas de Shabbath compensent tous les repas de la semaine durant lesquels notre objectif n'a été que de satisfaire notre envie personnelle.
[Séfer Min'hat Shabbath]

-> "Pourquoi est-ce une mitsva de manger, de boire et de dormir pendant Shabbath?

Par ce moyen, nous élevons les plaisirs dont nous profitons pendant la semaine, et ce même sans avoir des pensées ou des intentions élevées.
Au même moment, nous entraînons la descente d'un flux de d'abondance pour la semaine à venir."

[Sfat Emet - Brezan paracha Chela'h]

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-> Hachem chérit tellement les repas de Shabbath, qu'Il a assuré aux juifs : S'il vous manque des ressources pour préparer Shabbath, vous pouvez emprunter sur Mon compte, et Je vous assure que Je vous rembourserai.
[guémara Beitsa 15b]

-> La guémara (Shabbath 118a) dit que si une personne prend plaisir à Shabbath, on lui accordera les désirs de son cœur.

-> Certaines personnes se délectent des repas de Shabbath, en oubliant de se réjouir du Shabbath.
Cela ressemble à une personne qui fait un festin pour un important invité mais qui oublie de l'inviter.
Elle fait tous les préparatifs pour Shabbath, mais elle oublie d'inviter le Shabbath.
[Rabbi Moché Leib de Sassov]

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-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) enseigne :
"Une femme pertinente m'a dit un jour qu'elle achetait le vendredi 10kg de pommes de terre et 5kg de viande en l'honneur du Shabbath. Puisque les dépenses du Shabbath sont sur le compte d'Hachem, pourquoi ne mangerait-on pas sur son compte toute la semaine? ...
J'ai adopté moi-même cette méthode, et depuis je commande le vendredi des aliments en quantité suffisante pour toute la semaine, mais bien entendu tous ces achats sont en l'honneur du Shabbath.

Il faut ajouter que c'est le Shabbath qui doit être honoré et exalté, pas soi-même ... Il est permis d'acheter tout ce qui est nécessaire pour le Shabbath, mais si on ne se concentre que sur ses propres besoins, en achetant par exemple des quantité de pistaches et de pépites par amour de soi-même, le Shabbath ne remboursera pas ce genre de dettes."

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2019/10/03/10940-2

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-> "La joie en Hachem est votre force" (Né'hémia 8,10)
Rabbi Yo'hanan dit au nom de rabbi Eliézer fils de rabbi Chimon : Hachem dit aux Bné Israël : Mes enfants, empruntez sur mon compte et sanctifiez la sainteté du jour [de Shabbath], ayez confiance en Moi, je rembourserai". [guémara Beitsa 15b]
Rachi explique que la joie qu'expriment les juifs à Hachem et pour l'application des mitsvot, c'est notre force, notre pouvoir. Par la force de la joie qu'ils ont envers Hachem, ils mériteront qu'on leur règle toutes les dettes contractées à cause de cette joie, sans devoir s'en soucier.

Il ne s'agit pas seulement de dépenses pécuniaires en l'honneur du Shabbath, mais également de la confiance en la force du Shabbath à nous garder et nous protéger de tout mal.
Celui qui croit en la force et la vertu de ce jour saint, méritera de voir de ses propres yeux comment le Shabbath remplit son rôle et "travaille" pour lui.
[rabbi Nissim Yaguen]

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-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
Le Choulkhan Aroukh a tranché que chacun doit se lever tôt le vendredi matin pour préparer le Shabbath. Même si on a plusieurs employés, on doit s'affairer soi-même en l'honneur du Shabbath.
En effet, il est interdit de s'occuper de ses affaires avant de prier le matin. Mais en ce qui concerne les besoins du Shabbath c'est permis, si la personne craint de ne pouvoir s'en occuper par la suite.

Par exemple, si on estime qu'il ne restera plus de 'halot à la boulangerie après la prière, il est permis de les acheter auparavant.
Pourquoi?

La michna Broura explique que les besoins du Shabbath sont ceux des Cieux.
C'est-à-dire que les gâteaux, les sorbets et tous les autres aliments ne sont pas des denrées matérielles mais spirituelles ...

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-> "Parce que (תַּחַת אֲשֶׁר) tu n'auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur, au sein de l'abondance" (Ki Tavo 28,47)

Le verset commence par : "ta'hat achèr", signifiant littéralement : sous achèr.
Les lettres en-dessous, venant après celles du mot : "achèr", permettent de former : "Shabbath".

Ainsi, la Torah nous dit que la malédiction arrivera au peuple juif car ils ne se sont réjouis des délices du Shabbath.
[Bné Yissa'har - rapporté dans le Agra déKalla - Ki Tavo]

=> Nous devons nous réjouir du Shabbath, et les repas sont un excellent moyen pour y arriver.
[en ce sens, il est bien de dire : li'hvod Shabbath (en l'honneur du Shabbath)]

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-> "Le 7e jour, comme le cœur du roi était mis en liesse par le vin ..." (Méguilat Esther 1,10)

Rava dit : Le 7e jour était un Shabbath, lorsque la différence entre les juifs et les non-juifs a été la plus visible.
En effet, contrairement aux non-juifs, lorsque les juifs mangent et boivent, ils commencent par dire des mots de Torah et des louanges à Hachem. [D. est alors en liesse!]
[guémara Méguila 12b]
[b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2018/03/05/6211-2 ]

-> Yéhochoua ben 'Hanina rapporte que la nourriture de Shabbath a une goût unique par rapport aux autres jours, car : "Nous avons une épice spéciale que nous y mettons, et dont son nom est : Shabbath.

Rabbi Yéhochoua lui a rétorqué : Cela fonctionne pour une personne qui observe le Shabbath, mais pour ceux qui ne l’observent pas, cela n’a aucun effet. "
[guémara Shabbath 119a]

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-> "Celui qui s'acquitte de son obligation de manger les 3 repas de Shabbath échappe à 3 punitions : les douleurs d'enfantement du machia'h, le jugement du guéhinam, et la guerre de Gog et Magog."
[guémara Shababth 118a]

-> "Les repas de Shabbath amènent des bénédictions spirituels et matériels.
Celui qui honore le Shabbath en mangeant de savoureux plats et en se revêtant de beaux habits, apporte de l'abondance dans la parnassa."
[Kol Yaakov - paracha Béhar]

-> "En mangeant les repas de Shabbath, une personne amène la chute de ses ennemis."
[Rabbi na'hman de Breslev - Likouté Moharan]

-> "La joie spirituelle de manger les repas de Shabbath et de Yom Tov est aussi efficace que les tourments du fait de jeûner.

On devient plus proche de Hachem, pas uniquement par le jeûne, mais aussi par le fait de manger les repas de Shabbath, et ce tant que les repas sont consommés en l'honneur de D."
[Réponse du Rivash]

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-> Les 3 repas de Shabbath sont ajoutés aux 7 bénédictions de la Amida de Shabbath, afin d'en faire un total de 10 bénédictions.
[le Zohar - rapporté par Rabbi Chmouel Eliyahou de Zvolin]

-> "A Shabbath, une personne peut davantage s'élever par ses repas que par ses prières.

Si l'on n'arrive pas à ressentir le plaisir inhérent aux repas du Shabbath, il faut prier pour cela."
[Torat Avot léShabbath]

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+ Les Korbanot :

-> "Manger les repas de Shabbath est équivalent en sainteté à la consommation des korbanot."
[Gaon de Vilna - Adéret Eliyahou - Béréchit 2,1]

-> "En mangeant les repas de Shabbath, une personne va injecter de la sainteté dans de la nourriture ordinaire, ce qui va l'élever.
Faire cela est plus louable que de manger les korbanot, qui étaient [déjà] intrinsèquement kadoch.
[Ainsi, les repas de Shabbath contiennent plus de sainteté que les offrandes apportaient aux Temple!]

[le Yichma'h Moché]

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+ La saveur de la manne :

-> "Les plats de Shabbath contiennent une trace du goût de la manne qui provenait du ciel.

En mangeant les plats du Shabbath, on savoure un semblant du monde à venir."
[Zichron Chmouel - paracha Béréchit]

-> Durant les 40 années dans le désert, les juifs étaient nourris par la manne, qui descendait quotidiennement du ciel [sauf le Shabbath].

Les juifs ne disaient pas de bénédiction sur la manne durant les jours de la semaine, mais ils en disaient une sur celle qu'ils mangeaient le Shabbath, et qui avait la qualité d'être sacrée (kodachim).

Ils y récitaient la bénédiction suivante : "Béni est Hachem qui nous a sanctifié par Ses commandements et qui nous a ordonné de manger le repas du Shabbath". "

[Bné Yissa'har - Maamaré haShabbatot 43,3]

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-> Les 3 repas de Shabbath rappellent les 3 grands miracles qu'ont vécu nos ancêtres dans le désert.
Le puits a été créé le vendredi après-midi après le coucher du soleil, et on le commémore par le repas du vendredi soir.
La manne a été accordée par le mérite de Moché, et elle est célébrée tous les Shabbath matin. Cela est indiqué par la prière : "yichma'h Moché bémat'nat 'hélko" (Moché s'est réjouit du cadeau de sa part).
Le 3e repas qui englobe tous les autres repas de Shabbath, nous rappelle les Nuées de Gloire qui entouraient Israël de tous les côtés.
[Sfat Emat - 'Houkat 5648]

"Honorer le Shabbath fait plus d'impact au Ciel que 1 000 jeûnes"

[midrach Tan'houma - Béréchit 3]

-> "Uniquement le jour du Shabbath, les 3 Patriarches portent leurs couronnes, et tous les juifs sont nourris par eux.
A Shabbath, tous les réchaïm en enfer ont un répit, et tout jugement sévère du monde est suspendu.
A Shabbath, la Torah est couronnée de couronnes de perfection, et le bruit de la réjouissance est entendu dans 250 mondes."

[Zohar - Paracha Yitro]

"Les fêtes dans la mesure où elles sont des jours de repos, sont apparentées au Shabbath qui constitue le jour de repos le plus saint et le plus important."

[le Maharal de Prague - Gour Aryé
- "Le 7e jour est un jour de repos complet" (Shabbath Shabbathon - Emor 23,3)]

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-> Dans le chapitre 23 de Vayikra, la Torah va parler des fêtes juives dans l'ordre suivant : le Shabbath, puis Pessa'h, puis Shavouot, puis Roch Hachana, et enfin Souccot et Chemini Atséret.

Pourquoi la Torah y évoque le Shabbath dans un passage relatif aux fêtes, et pourquoi le mentionne-t-elle en 1er lieu?

Le Méfaréch Inyanim (Mikraot Guédolot) répond : "le Shabbath est le fondement de toutes les fêtes.

De même que des fondations doivent précéder toute construction, car c'est sur elles que le bâtiment reposera, ainsi le Shabbath doit figurer en tête de toutes les fêtes.
Et de même que l'équilibre d'une maison dépend de la solidité de son assise, la valeur des fêtes dépend du Shabbath, qui en est le socle."

L'idée est que si l'on croit qu' "en 6 jours, Hachem a fait le ciel et la terre" (Shabbath), alors cela constitue la fondation sur laquelle nous pouvons construire les autres fêtes.
En effet, le Shabbath renferme le principe de la Création du monde, principe sur lequel pourra se fonder la foi dans la sortie d'Egypte (il donne la vie et gère en permanence toute chose).

Ce n'est qu'en accordant de l'importance au Shabbath, que nous pourrons véritablement en faire de même pour les autres fêtes.

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-> "Si vous réussissez à respecter le Shabbath, Hachem vous donnera 3 fêtes : Pessa'h, Shavouot et Souccot"
[Mékhilta - Béchala'h]

=> Nous avons obtenu les 3 fêtes par le mérite du respect de Shabbath.

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-> "D. a béni le 7e jour et l'a sanctifié" (Béréchit 2,3)

-> La place du Shabbath est toujours le 7e jour de la semaine, jour où D. s'est reposé.
Les fêtes, par contre, n'ont pas été sanctifiées définitivement au moment de la Création, mais tombent chaque année à une date différente en fonction du jour que le Sanhédrin (représentant du peuple) a déclaré Roch 'Hodech ce mois-là.

-> Yom Tov diffère de Shabbath par le nombre d'animaux offerts au service de Moussaf.

Le sacrifice de moussaf de Shabbath se compose de 2 agneaux alors que le moussaf des Yom Tov comprend de 1 à 13 bœufs, 1 ou 2 béliers, 7 ou 14 agneaux et 1 bouc (cf. Bamidbar 28,9-10 ; 16-31 et 29,1-39).

Pourquoi une telle distinction?

Comme la sainteté du Shabbath vient directement de D., le peuple juif n'a pas besoin d'apporter de sainteté supplémentaire par une abondance de sacrifices.

Du fait que la sainteté des fêtes provient des efforts du peuple juif de se rapprocher de D., on offre un plus grand nombre d'animaux sur l'Autel pour resserrer encore le lien entre Hachem et Israël.

Shabbath est la pensée de D., les autres jours Sa parole

"Les jours de la semaine, vous pouvez travailler et accomplir tout votre travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, votre D." (Yitro 20,9-10)

-> Ce passage peut être compris à la lumière de la déclaration du Zohar (2:88a) concernant les mots : "Hachem a béni le 7e jour et l'a sanctifié" (Béréchit 2,3) = "Il l'a béni par la manne (en faisant descendre de la manne supplémentaire le 6e jour) et l'a sanctifié par la manne (en ne faisant pas descendre de manne le 7e jour)".

En règle générale, il y a des personnes qui parlent sans interruption, tandis que d'autres ponctuent leur discours de pauses, se donnant ainsi le temps de réfléchir à ce qui doit être dit.
A l'instar de ce 2e type de personne, les 6 jours de la Création correspondent au domaine de l'action, dans lequel la parole de D. s'est déjà manifestée.
En revanche, le Shabbath fait allusion au domaine de la pensée, aux pauses entre les mots.

C'est pourquoi la manne, qui est l'actualisation physique de la bénédiction d'Hachem, n'est pas tombé le Shabbath, puisque le Shabbath symbolise le domaine de la pensée, où le potentiel n'a pas encore été actualisé. Ce domaine est caché et dissimulé dans le Ein Sof, et il ne peut être révélé à l'humanité et se manifester dans le domaine de l'action. Ce n'est que pendant les 6 jours ouvrables que le domaine physique de l'action peut se manifester. Néanmoins, tout émane et coule de la pensée, qui influence ensuite la parole et se manifeste en tant que telle.
En conséquence, Shabbath affecte les 6 jours de travail qui suivent. (Zohar 1:75b)

C'est la signification de l'énoncé : "Il l'a béni avec la manne et l'a sanctifié avec la manne". La bénédiction pour que la manne tombe pendant la semaine provient du Shabbath.
Shabbath est "la source de la bénédiction" (mékor habéra'ha - Lé'ha Dodi) et la manne est la manifestation physique de cette bénédiction. La manne sert d'archétype à toute la générosité dont nous jouissons pendant les six jours de la semaine, et qui découle de Shabbath.

Par conséquent, pendant la semaine, lorsque le monde de l'action se manifeste, sa composante divine n'est pas discernée empiriquement, c'est-à-dire que nous ne pouvons pas voir la divinité dans les choses et les actions physiques.
Cependant, le Shabbath, l'aspect physique/matériel de la création est dissimulé et caché au sein de D., car seul le domaine de la pensée est alors manifeste ; il est donc possible de discerner empiriquement que tout est "une portion de Dieu en haut" (Iyov 31,2).

C'est l'allusion au verset "Tu peux travailler 6 jours et accomplir tout ton travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, Ton D." = le Shabbath, tout retourne à sa racine, à la cause de toutes les causes, et l'aspect divin de la réalité est palpable, car nous réalisons alors qu'en vérité, il n'y a pas de physicalité indépendante. [Likouté Torah - Béhar].
Au contraire, la nature matérielle de la réalité est dissimulée et cachée dans la pensée d'Hachem, et tout ce que nous percevons est l'aspect Divin de la réalité.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 20,9-10 ]

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-> Les jours de la semaine manifestent la parole de D., tandis que le Shabbat manifeste la pensée de D.

Shabbath : un jour spécial pour l’étude de la Torah

+ Shabbath : un jour spécial pour l'étude de la Torah

-> "La seule raison pour laquelle le Shabbath et les jours de Yom Tov ont été donnés, est afin d'accorder au peuple juif du temps pour étudier la Torah"
[guémara Yérouchalmi - Shabbath 15,3]

Selon la Pessikta (déRabbi Bére'hya 23), ceci est tout particulièrement le cas de ceux qui travaillent durant la semaine, et qui se doivent d'étudier autant que possible en ce jour.

-> Par le fait d'étudier la Torah, un juif construit un édifice spirituel ... qui sera sa part dans le monde à venir.

Puisque Shabbath est un semblant du monde à venir, la Torah et le Shabbath sont liés intrinsèquement.
Le jour du Shabbath cette capacité de construction de son monde futur est 1 000 plus importante que le restant de la semaine.
[le Ben Ich 'Haï]

=> Si l'on avait un journée durant laquelle notre employeur multipliait notre salaire par 1 000, est-ce qu'on se priverait d'en profiter?
Il en est de même à Shabbath (à une échelle spirituelle!), et l'on imagine la honte de Hachem, lorsqu'Il voit que malgré ce salaire phénoménal, Son peuple continue à négliger Sa volonté, Sa Torah, et ce pour des futilités.

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-> Pendant que le peuple errait dans le désert, la Torah s'est plainte à Hachem :
"Maître du monde! Lorsque les juifs entreront en terre d'Israël, qu'adviendra-t-il de moi?
Ils seront alors trop occupés par labourer leurs champs, par planter et par effectuer les récoltes.
Quand est-ce qu'ils auront du temps afin de m'étudier?

Hachem a répondu : "J'ai un partenaire pour toi : le Shabbath.
Le jour du Shabbath, ils ne travailleront pas, ils iront à la synagogue et se consacreront à l'étude de la Torah."

[Tour - Ora'h 'Haïm 290]

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-> En se retenant de travailler, nous accomplissons passivement la mitsva de garder le Shabbath.
Garder activement le Shabbath se réalise par le biais de la parole : en étudiant la Torah et en priant.

[le Kédouchat Lévi - Vayakel]

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-> [L'absence de la parole Divine le Shabbath après les 6 jours de Création du monde,] nous enseigne que l'on doit éviter de dire des choses vaines ce jour.
On s'efforcera de prononcer des paroles de Torah, tel rabbi Chimon bar Yo'haï qui disait : "Aujourd'hui c'est Shabbath", dès que sa mère désirait parler de choses triviales.
[Méam Loez 2,2]

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-> La guémara (Guittin 38b) dit qu'il y a 3 raisons expliquant pourquoi une personne perd sa richesse.
Une des raisons est le fait de prendre son repas principal de Shabbath, pendant que le cours de Torah est donné à la synagogue.
Pourquoi cela?

Shabbath a été donné à chaque personne afin qu'elle se libère de ses soucis matériels et pour qu'elle s’immerge dans l'étude de la Torah, ce qui amène beaucoup de satisfaction à son âme.

A Shabbath, nous recevons une âme supplémentaire, qui nous rend plus intelligent et capable de comprendre les enseignements de la Torah.
C'est pourquoi, un riche qui va prendre son temps pour savourer de somptueux repas, et ce au détriment de l'étude de la Torah, sera puni par la perte de sa fortune.

[le Maharal - 'Hidouché Aggadot Maharal - Guittin 38]

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-> Le Shabbath est la fondation de toute la Torah, faisant que la Torah se pose sur le Shabbath.

En effet, le Shabbath est une condition préalable à la Torah, et c'est uniquement en l'observant qu'on peut acquérir la connaissance de la Torah.
C'est pour cette raison, que les lois du Shabbath ont été données au peuple juif à Marah, peu après la sortie d'Egypte et avant le don de la Torah.

[le Méor Enayim]

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-> Pendant Shabbath, Hachem augmente la sagesse afin de nous permettre de contempler et d'admirer les merveilles de Sa création.

Puisqu'une personne est occupée par travailler durant toute la semaine, à Shabbath, elle doit focaliser toute son attention sur des recherches spirituelles en étudiant la Torah et en évitant de discuter de sujets futiles.

[Ibn Ezra - Yitro]

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-> Le Zohar appelle Shabbath : "la journée de l'âme" (yoma dénichmata) et également : "la journée de la Torah" (yoma déOraïta).

A tout moment, chaque âme a la capacité de découvrir de nouvelles pensées de Torah.
Cependant à Shabbath, cette capacité est plus importante, puisque chaque juif reçoit une âme supplémentaire. Ceci explique le lien entre ces 2 dénominations de ce jour.

[Bné Yissa'har - Shabbatot 5,1]

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-> Le Chlah haKadoch (guémara Soucca 45) cite le Baal HaAkéda comme ayant dit que le but de l'âme supplémentaire qui nous est donnée le Shabbath est de nous permettre de mieux comprendre la Torah.

-> Le Dericha (Ora'h 'Haïm 430) écrit que le Shabbath est une occasion spéciale pour ceux qui recherchent la Torah. Le Shabbath, ils peuvent réaliser beaucoup de choses dans leur étude qu'ils ne sont pas en mesure de réaliser pendant la semaine.

C'est pourquoi le Chazon Ish disait, à propos des sugyot qu'il avait du mal à comprendre pendant la semaine, qu'il les étudierait à nouveau le Shabbath, et que ce n'est qu'à ce moment-là qu'il parviendrait à les comprendre complètement.

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-> L'inspiration pour de nouvelles pensées de Torah a lieu principalement le Shabbath.

[Magen Avraham - Ki Tétsé]

-> Selon le Avnei Nézer, certaines idées de Torah ne peuvent venir à l'esprit que pendant Shabbath.

-> "A Shabbath, nous pouvons comprendre des idées profonde (en Torah), qu'il serait parfois impossible à comprendre durant la semaine"
['Hazon Ich - rapporté dans le Séfer rabbi Shimon biTorato]

[une explication est qu'à Shabbath : "ménou'ha vésim'ha, or laYéhoudim" => la Torah étant appelé "or", il y a une meilleure clarté dans la Torah le jour du Shabbath!]

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-> A la sortie de Shabbath, lorsque l'âme supplémentaire retourne au Ciel, les anges demandent : "Quelle nouvelle idée de Torah as-tu pensé durant ce Shabbath?"

Si la néchama yétéra n'a pas eu de nouvelles pensées sur la Torah, elle est expulsée des Courts internes du Ciel.

C'est pourquoi tout le monde doit s'efforcer d'avoir une nouvelle interprétation d'un passage de la Torah, ou bien d'écouter d'une autre personne une nouvelle perspective sur la paracha de la semaine.

[Ohr Tsadikim 29,26]

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-> Selon le Tana déBé Eliyahou rabba (1), tout notre temps libre du Shabbath se doit d'être consacré exclusivement à l'étude de la Torah.

-> L'étude de la Torah est toujours une source de joie et de plaisir, mais la sainteté du Shabbath lui donne une "faveur" toute spéciale, faisant que l'étude en ce jour est particulièrement agréable.
Il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (דְּבַשׁ וְחָלָב תַּחַת לְשׁוֹנֵךְ - Chir haChirim 4,11).
Le 'Hida fait remarquer que les 3 dernières lettres de "du miel et du lait sous" (dvach vé'halav ta'hat - דְּבַשׁ וְחָלָב תַּחַת) forment le mot שבת (Shabbath). Cela fait allusion au fait que le plaisir de l'étude de la Torah est ressenti à Shabbath d'une manière particulièrement profonde.

-> Le midrach (Chémot rabba 5,18) rapporte que pendant l'esclavage en Egypte, Moché a donné aux Bné Israël des parchemins pour qu'ils les lisent et les étudient pendant Shabbath, afin que la joie de cette étude puisse élever leur esprit et leur donner les forces, les encourageant au sein de leurs terribles souffrances.
Pharaon a alors dit : qu'ils ne s'occupent pas (véal yichou) de paroles mensongères" (Chémot 5,9).
Le midrach explique le mot "yichou" comme faisant référence au plaisir si particulier de l'étude de la Torah.
Pharaon ne voulait pas que les Bné Israël soit encouragé et élevé par la joie de l'étude de la Torah pendant Shabbath.
Comme le commente le midrach : "Qu'ils ne se réjouissent pas et ne se reposent pas le jour du Shabbath".
Pharaon avait compris que l'étude du Shabbath amène une joie sans commune mesure, et il ne voulait pas que les Bné Israël ressentent cette joie.

-> Le midrach Cho'her Tov (Téhilim 119) met en lien 2 versets :
- "Que le travail s'appesantisse sur les hommes et qu'ils y soient astreints, et qu'ils ne s'occupent pas (véal yich'ou) de paroles mensongères" (Chémot 5,9) ;
- "Si ta Torah n'avait fait mes délices (chaachouaï), j'aurais succombé dans ma misère" (Téhilim 119,92).
Les mots "yichou" et "chaachouaï" sont similaires.

Le midrach explique que lorsque Pharaon désirait que les juifs "ne s'occupent pas de paroles mensongères", il désirait qu'ils ignorent les parchemins qu'ils avaient en leur possession, desquels ils tiraient énormément de plaisir en les étudiant le Shabbath, c'était leur chaachouaï (mes délices).

-> Le 'Hazon Ich disait :
"Si un non-juif réaliserait et ressentait le goût si magnifique qu'une personne expérimente lorsqu'elle étudie une page de guémara avant les prières du saint jour de Shabbath, il viendrait se convertir et se réfugier sous les ailes de la Présence Divine (Chékhina)."

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-> La sainteté (kédoucha) existe dans 3 dimensions : le temps, l'espace et les personnes.
Le temps le plus sacré est Shabbath, comme nous récitons chaque vendredi soir dans le kiddouch : "té'hila lémikraé kodech", Shabbath est le premier à être déclaré saint.
Le rav Tsadok haCohen de Lublin fait remarquer que le premier contexte dans lequel tout concept est mentionné dans la Torah révèle son essence.
Puisque la sainteté est mentionnée dans la Torah pour la première fois en référence au Shabbath, nous pouvons conclure que le Shabbath signifie l'expression ultime de la sainteté.

[le lieu le plus saint est le Temple, et la personne la plus sainte est Yaakov Avinou, comme nous le récitons dans le birkat hamazone : "kédochénou kédoch Yaakov", faisant référence à Hachem par "Le sacré de Yaakov".
De même dans la Amida, la 1ere bénédiction est liée à Avraham (magen Avraham), la 2e à Its'hak (mé'hayé métim - selon la tradition il a ressuscité sur l'autel lors de la Akéda), et la 3e bénédiction est liée à Yaakov (ata kadoch = tu es saint ; puisqu'il incarna la qualité de sainteté).]

Nos Sages observent que ces 3 dimensions de sainteté reçoivent tous leur statut saint de la Torah.
C'est ainsi que la Torah a été donnée le plus sacré des jours : à Shabbath.
Le Temple a reçu sa sainteté des Lou'hot, qui étaient stockées dans l'Arche dans la chambre la plus sacrée du Temple.
Yaakov était saint car il excellait dans le domaine de la Torah. [Avraham = 'hessed, et Its'hak = avoda (prière et sacrifice à D.)
La dévotion spéciale de Yaakov dans la Torah, se remarque dans le fait que l'ange d'Essav, qui représente le Satan, s'est attaqué qu'à Yaakov, et pas à Avraham ('hessed) ou à Its'hak (avoda), car seule l'étude de la Torah est véritablement une menace mortelle pour lui.

=> Ainsi, si nous voulons véritablement expérimenter la sainteté du Shabbath, nous devons passer du temps à y étudier la Torah. En effet, puisque toute la sainteté du Shabbath prend racine dans la sainteté de la Torah, l'étudier est indispensable pour atteindre pleinement la sainteté à Shabbath.
[rav David Sutton]

-> Le roi Shlomo enseigne : "la mitsva est [comparée à] la bougie, et la Torah la lumière" (ki nér mitsva véTorah or - Michlé 6,23).
Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm) explique que les mitsvot sont les réceptacles que nous avons besoin pour contenir la sainteté, mais sans Torah, ils vont rester que ce simples réceptacles.
[ainsi, la mitsva du Shabbath est un réceptacle incroyable, mais pour pleinement l'enflammer, le faire briller, nous avons besoin d'y étudier la Torah en ce jour]

-> Il existe un grand lien entre l'observance du Shabbath et l'étude de la Torah.
Il est fait référence de : "haTorah haKédocha" (la sainte Torah), et de même nous avons : "Shabbath kodech" (le saint Shabbath).
De plus, dans différents contextes nos Sages parlent de la Torah et du Shabbath comme des "cadeaux" que Hachem nous a donné avec amour.
Egalement, le Shabbath est un jour où nous sommes libérés du fardeau de la parnassa, pour pouvoir consacrer bien plus de temps à la Torah que nous pouvons le faire durant la semaine.
[rav David Sutton]

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1089) écrit :
"Il est affirmé : "Les Shabbatot et jours de fête n’ont pas uniquement été donnés pour manger et boire, mais aussi et surtout pour se plonger dans les paroles de Torah" (guémara Yérouchalmi - Shabbath 15,3). De même, dans le Tana debé Eliahou (chap. 1), nous pouvons lire : "Hachem dit au peuple juif : Bien que vous travailliez durant les six jours de la semaine, le Chabbat, vous vous consacrerez à l’étude de la Torah" ...

L’étude de la Torah pratiquée lors du jour saint apporte la bénédiction sur tous les autres, le Shabbat y faisant descendre un courant de sainteté et de pureté. Nos Maîtres affirment à cet égard (guémara Guitin 77a) que le dimanche, le lundi et le mardi sont liés au Shabbat qui les précède, tandis que le mercredi, le jeudi et le vendredi sont attachés à celui qui les suit. Le Shabbat se situe donc au milieu, entouré de part et d’autre par les jours de la semaine sur lesquels il diffuse lumière et sainteté.

Par conséquent, la lumière de la Ménora symbolise celle de la Torah, conformément à l’enseignement de nos Sages selon lequel "la lumière c’est la Torah" (guémara Méguila 16b).
La lumière diffusée par la bougie centrale représente celle de la Torah du Shabbat, centre de la semaine, tandis que les 3 branches placées de part et d’autre du candélabre sont l’image des jours de la semaine entourant le Shabbat.
Ceci est donc porteur d’un message édifiant à notre intention : la lumière de la Torah du Shabbat se diffuse sur tous les jours de la semaine et y déverse la bénédiction.

Tel est le sens profond de notre verset : "C’est vis-à-vis de la face du candélabre que les sept lampes doivent projeter la lumière" (Béaaloté'ha 8,2) = Plus on fera monter la lumière centrale, celle du Shabbat, par l’éclairage de la Torah, plus on amplifiera la bénédiction se déversant par ce biais sur le reste de la semaine ...
Plus l’homme s’investit dans l’étude lors du jour saint, plus il en récolte les fruits tout au long de la semaine."

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-> Le 'Hafets 'Haïm écrit que par le fait d'étudier à Shabbath, nous tournons notre temps de travail de la semaine en un service d'Hachem.
Il explique que si on s'affaire à étudier le Shabbath où l'on a du temps de libre, cela atteste rétroactivement que le but de toute notre semaine de travail n'est qu'afin d'être capable de pouvoir étudier.

[à l'inverse si lorsqu'on a le temps (Shabbath) on étudie pas, alors toutes nos activités terrestres sont plutôt pour notre égo, que pour Hachem, et alors non seulement on ne profite pas de l'incroyable force de l'étude du Shabbath (1000 fois plus que la semaine), mais en plus on perd l'occasion d'élever notre semaine passée en du temps entièrement d'étude de Torah.]

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-> En ce sens différentes sources soulignent le fait que Shabbath est un moment où l'on doit se consacrer au maximum à l'étude de la Torah.
- Le Ohr Zaroua écrit que la raison pour laquelle à min'ha nos Sages n'ont fixé que 3 montées et pas de haftara, est afin que cette prière soit courte pour laisser un maximum de temps aux gens pour qu'ils puissent étudier la Torah à Shabbath. [mais en principe sinon on aurait dû avoir 7 montées et la haftara, même à min'ha]

- Dans le passage où le Kaf ha'Haïm aborde la question de jouer à la balle Shabbath, après l'exposé du point halakhique, il écrit :
"Toute personne craignant D. contemplera ce que nos Sages de mémoire bénie ont dit : "Shabbath et les Yom Tov n'ont été donnés à Israël que pour s'engager dans la Torah".
C'est pourquoi, comment peut-on abandonner en ce jour la sainte Torah, qui est plus précieuse que l'or, et s'engager dans des futilités ... Qui sait combien de fois est plus importante la récompense de l'étude de Shabbath et Yom Tov que [l'étude] pendant la semaine ..."

- Shabbath et Yom Tov sont de temps en temps décrits dans la Torah par les termes : "mikra kodech".
Le haKétav véHakabala explique que le mot "mikra" signifie "invite".
Shabbath et les Yom Tov sont des "mikraé kodech", dans le sens où ils sont prévus comme des occasions pour "inviter" la kédoucha, amener la sainteté dans nos vies.
Les repas spéciaux que nous mangeons et les beaux habits que nous portons, ne sont que de simples stimuli externes afin de réveiller la nature spéciale de ce jour.
L'essence de Shabbath ne sont pas les repas ou les habits, mais plutôt la kédoucha.
Si nous passons Shabbath uniquement à manger et à se reposer, sans étude de Torah, alors nous avons raté le composant principal et essentiel du Shabbath, tout l'objectif pour lequel on l'observe.
En effet, Shabbath est un moment destiné à amener de la sainteté dans notre vie, ce qui se fait principalement en se dévouant à l'étude de la Torah.
[rav David Sutton]

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-> "C'est pourquoi la Torah a été donnée un Shabbath, car l'étude principale de la Torah est accomplie pendant Shabbath".
[Sifté Cohen - Yitro 19,12]

-> La Torah a été donnée un Shabbat parce qu'il faut l'étudier en ce jour encore davantage que durant la semaine.
Le Shabbath est un jour de repos où l'homme est dégagé de tout souci matériel. Dès lors, celui qui ne l'étudie pas mais perd son temps à écouter des commérages ou à lire des romans est considéré comme profanant le Shabbath et sera puni par Hachem.
[Sifté Cohen - rapporté par le Méam Loez (Yitro 20,1)]

[Le Tiféret Yonathan écrit que la Torah est la plus grande bénédiction qui soit car grâce à elle l'homme acquiert la vie éternelle dans le monde futur. Ainsi, nul jour n'est plus approprié pour donner la Torah que le Shabbath.
(en étudiant davantage la Torah le Shabbath, nous prouvons concrètement cette réalité!)]

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-> Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l'âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : "entre Moi et les juifs" (v.31,17). En hébreu, "entre Moi" se dit : "béni" (בֵּינִי), un acrostiche des mots : "béShabbath yéch néchama yétéra" (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) ...

L'âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d'autres agréments mais seulement de la Torah.
L'âme supplémentaire vient à l'homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu'il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : "vayinafach" (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : "vay néfech" (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : "Malheur aux gens qui détruisent leur âme!"
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l'étude de la Torah.
C'est comme s'ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L'âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l'âme supplémentaire se plaint d'avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu'il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu'il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez - Ki Tissa 31,16-17]

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-> "Mais le 7e jour, il y aura repos" (Emor 23,3)

Citant l’enseignement de nos Sages selon lequel le Shabbat n’a été donné au peuple juif qu’afin de lui donner le loisir d’étudier la Torah, l’auteur du Bné Chouchan y trouve une allusion à travers le verset : "Mais le 7e jour, il y aura repos" (וּבַיּוֹם הַשְּׁבִיעִי שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן).
Il fait remarquer que les initiales hébraïques de cette expression équivalent numériquement au mot Torah (תורה).
En d’autres termes, durant Shabbat, il nous incombe de nous plonger dans l’étude de la Torah.

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-> b'h, quelques idées sur ce sujet : https://todahm.com/2014/02/23/1190-2

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Pekoudé - par.5) cite le Zohar (Vayakel 205a), expliquant que Shabbat est un jour destiné aux activités spirituelles plutôt que physiques. Hachem désire principalement que l'homme Le serve sans s'impliquer dans les occupations de ce monde. C'est pourquoi Shabbat est considéré comme la réalisation du but principal de la création.
[comme nous le disons dans la prière du vendredi soir : "Tu as sanctifié le 7e jour pour Ton Nom, achèvement de la création du Ciel et de la terre" (takhlit maassé chamayim vaarets)]

Rabbi Tsadok haCohen de Lublin dit à plusieurs autres endroits (paracha Béhar par.8 ; paracha 'Houkat par.5) que D. avait pour but, en créant le monde, que Ses créatures acceptent Sa royauté ; le Shabbat est le jour où un peuple entier met de côté ses poursuites matérielles pour rehausser l'honneur d'Hachem, qui "se lève et s'assoit sur Son Trône de Gloire".

Aussi, le Sfat Emet (Choftim 5633) avance une autre interprétation du mot "takhlit" qu'il rapproche du mot "kilyon" (languir) : "Le sens de 'takhlit' est que, le Shabbat, le physique est annulé et toute la [création] se languit de s'attacher à la Source de vie en Haut".

Abarbanel (Ki Tissa 31,12) dit que les jours de la semaine sont des jours où l'homme s'engage dans les activités de ce monde qui le mèneront au monde futur, but ultime de la création. Shabbat lui-même est semblable au monde futur (guémara Béra'hot 40b).
[le but de la création de ce monde qui durera 6000 ans, est d'atteindre le monde futur, qui existera au 7e millénaire, Shabbath, le 7e jour faisant allusion au monde futur.
Ainsi, en se consacrant à la spiritualité pendant Shabbath on se plonge déjà dans un état semblant à celui qui va arriver avec la venue du machia'h. Non seulement cela remet les pendules à l'heure sur les vraies priorités (préparer notre éternité, et non investir dans l'éphémère), mais également cela témoigne à Hachem de notre impatience que ce moment arrive où l'on pourra s'adonner entièrement à la Torah (ce qui est malheureusement bien dur en semaine).]

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-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
Pourquoi Shabbath est-il appelé "le but de la création du ciel et de la terre"?
La Création du monde a pour but que ses éléments physiques soient sanctifiés en servant de véhicules à l'avodat Hachem. C'est pourquoi, avant la faute, Adam Harichone fut placé au Gan Eden où le monde matériel, dans un état sublime, méritait déjà de servir de réceptacle à la sainteté.
Après la faute d'Adam, l'humanité reçut la mission de réparer la dégradation du monde et de sanctifier le monde matériel.

Shabbat sert donc à introduire la sainteté dans notre vie quotidienne. Il remplit le but de la création, en élevant le monde matériel et en faisant de lui un outil pour l'avodat Hachem. De ce fait, Shabbat est appelé "takhlit" (but principal), de la création du ciel et de la terre.

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+ Que considère-t-on comme un 'hiddouch de Torah?

-> Toute nouveauté en Torah (à notre esprit), même minime constitue une nouvelle idée.

-> A ce sujet, il est intéressant de rapporter les paroles du Yessod véChorech haAvoda (8,12) :
"Si une personne prend sur elle d'adopter un nouveau bon trait de caractère, Hachem la chérit comme si elle avait créé une nouvelle pensée de Torah.

Si elle décide, par exemple, de moins parler de paroles inutiles pendant Shabbath, ou d'étudier plus que la semaine précédente, ou bien de prier avec plus de concentration, ... Hachem compte ces bonnes résolutions comme de l'étude de la Torah, et ensemble avec les anges, Il se réjouit de ces bonnes intentions.

Il n'y a pas de plus grand 'hiddouch (nouvelle interprétation) que de prendre sur soi une amélioration dans sa façon d'agir. "

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-> Le 'Hida (Machzik Béra'ha - Ora'h 'Haïm 290) écrit qu'il y a une valeur toute particulière à développer un 'hiddouch pendant Shabbath.
Il cite le Arizal qui enseigne que lorsqu'une personne développe un 'hiddouch pendant Shabbath, cela amène un plaisir tout particulier aux âmes de ses parents et de ses ancêtres décédés, dans le monde à Venir.

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+ Etudier les lois du Shabbath :

-> Hachem a dit à Moché : "Les rabbins des générations futures suivront ton exemple, en organisant chaque Shabbath, des cours enseignant les lois de ce jour, et c'est ainsi que Mon nom sera glorifié parmi Mes enfants."

Moché a alors proclamé au peuple juif : "Si vous continuez à agir ainsi, Hachem considérera comme si vous l'aviez fait Roi du monde".

[midrach Yalkout Chimoni - Vayakél]

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-> De même, qu'observer le Shabbath est équivalent à avoir réalisé les 613 mitsvot, de même l'étude des lois de ce jour est équivalente à avoir étudié toutes les mitsvot.

[le Avnei Nézer - Eglei Tal - Introduction]

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-> "Les lois du Shabbath sont comme une montagne suspendue à un fil " [guémara 'Haguiga 10a]

Les détails des lois du Shabbath ne sont pas clairement exprimés dans la Torah, n'y étant qu'en allusion : par une lettre ou un mot supplémentaire.

Etant transmises oralement, il est important d'aller voir un rabbin afin d'apprendre ces lois avec toutes leurs nombreuses ramifications.

[Zikné 'Hassidim]

[Si l'on n'est pas fréquemment vigilant à apprendre et à réviser les lois du Shabbath, nos Sages nous assurent qu'il est alors impossible de ne pas y fauter. ]

"Une chose est demandée de l’Homme : que son attachement à Shabbat soit si fort que même si, juste avant l’entrée de Shabbat, il a l’esprit plongé dans des affaires très importantes, lorsque Shabbat commencera, il ne devra plus avoir aucune envie de penser à son travail.

En comparaison avec la forte sainteté de Shabbat, toutes les choses de ce monde devront être sans aucune importance à ses yeux, car tous les efforts de l’Homme [pendant la semaine] sont juste une préparation vers un but et Shabbat est ce but spirituel de la Création. "

[Rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]