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"Dix objets furent créés la veille du Shabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : ... la bouche du puits [qui abreuva les Bné Israël dans le désert]" (Pirké Avot 5,6)

-> Le Sfat Emet enseigne que le Shabbath, lui-même, est la bouche d'une source de bénédiction abondante.
Pendant le crépuscule de la veille de Shabbath, tout celui qui est jugé digne reçoit ces bénédictions.
Le fait d'être considéré digne de recevoir les bénédictions, dépend de la façon dont on s'est conduit pendant les 6 jours de la semaine.
Nos Sages (guémara Avoda Zara 3a) enseignent : "tout celui qui peine/se prépare la veille de Shabbath, mangera à Shabbath".

+ Une erreur courante que certains font et qu'ils croient que ceux qui passent une bonne partie de leur journée à travailler pour gagner leur vie, sont incapables de prier aussi bien que ceux qui étudient la Torah toute la journée durant.
En réalité, c'est l'inverse.
Les gens qui travaillent, ont le jour du Shabbath, une intensité de leur lumière [spirituelle] et de leur prière qui est meilleure, car cela provient de l'obscurité de la semaine passée à faire des efforts [pour sa subsistance] et qui est maintenant élevée par eux le Shabbath.

Cela n'est pas le cas pour ceux qui sont engagés tous les jours dans la Torah, parce qu'ils ne vont pas dans le monde et ne s'engage pas sur le plan physique et matériel, comme les travailleurs peuvent le faire.
Ainsi, à Shabbath, ceux qui cessent de travailler peuvent élever tout ce qu'ils ont fait, et leurs prières sont à un niveau supérieur.
Leurs batailles et épreuves de la semaine les rendent plus forts, et elles les renforcent et élèvent d'une façon que quelqu'un qui n'a pas travailler ne peut pas atteindre.
[le Baal haTanya - sur Pirké Avot 5,2]

Shabbath – un jour d’unité entre les juifs

+ Shabbath - un jour d'unité entre les juifs :

-> "Moché fit assembler toute la communauté des Bné Israël, il leur dit : "Celles-là sont les paroles qu’Hachem a ordonnées de faire. [Pendant] 6 jours, le travail sera fait, et le 7e jour sera pour vous sainteté, un Shabbath de chômage [consacré] à Hachem ; quiconque y fait un travail sera mis à mort"." (Vayakel 35,1-2)

-> La paracha Vayakel commence par nous raconter que Moché rassembla (Vayakél) toute la nation pour lui donner de brèves instructions concernant le Shabbath puis des injonctions plus détaillées sur la construction du Michkan.
Les commentateurs soulignent que le terme employé pour parler du rassemblement (Vayakél) n’est utilisé nulle part ailleurs dans la Torah et ils expliquent de diverses façons l’accent mis, précisément à ce moment, sur le rassemblement que fit Moché de l’ensemble du peuple. Cet événement eut lieu peu de temps après la faute du Veau d’or et l’un des reproches fait aux Juifs en cette occasion, fut leur manque d’unité.
Celui-ci se manifesta tout d’abord, par le meurtre de ’Hour qui les avait réprimandés. De plus, le Talmud Yérouchalmi affirme que chaque tribu façonna et vénéra un veau différent, ce qui montre que même dans leur rébellion contre Hachem, ils n’étaient pas unis.
Rav Yaacov Kamenetsky souligne que Moché les réunit précisément à cet instant, pour rectifier le manque d’unité dont ils avaient fait preuve.

=> Une autre question peut alors être soulevée. Avant de détailler longuement les détails de la construction du Michkan, Moché rappelle aux Bné Israël la mitsva de Shabbath, qui a préalablement été mentionnée plusieurs fois dans la Torah. Pourquoi était-il nécessaire de parler à nouveau de ce sujet à cet instant précis?

-> Rachi explique que la mention du Shabbath précédant les lois du Michkan nous enseigne que la construction de ce dernier reste soumise aux lois du Shabbath.

-> Selon, le Lékha’h Tov, le verset précité indique que pendant Shabbath, les gens se rassemblent dans les maisons d’étude et étudient ensemble les lois relatives au Shabbath. [alors qu'ils sont tous chacun dans leurs préoccupations de la semaine].

-> Pendant Shabbath, dans la 'Amida de Min’ha, nous disons : "Tu es Un, Ton Nom est Un et qui est comme Ton peuple, Israël, nation unique sur terre". Cette prière montre l’unicité du peuple juif, dans son service Divin.

Le rav Méir Tsvi Bergman (Chaaré Ora - vol.1) évoque cette idée quand il parle de l'âme supplémentaire (la néchama yétéra) que nous recevons pendant Shabbath.
Il écrit : "Il semble que le Néfech de Shabbath est la Néchama Yétéra qui provient de "Celui dont tous les êtres vivants dépendent", il ne s’agit pas d’une âme différente pour chaque membre du peuple d’Israël, mais plutôt d’une même âme à laquelle tout Israël est lié, il s’agit de la Néchama de Shabbath et elle unifie le peuple d'Israël".

Bien que profonde, cette idée prise au sens simple indique que la néchama yétéra (âme supplémentaire) de Shabbath comprend l’âme de tout Juif. Nous savons que le peuple juif est à tout moment, considéré comme une seule entité (kol Israël arévim ét zé lazé - guémara Shvouot 39a), mais on dirait que pendant Shabbath, l’unité du peuple juif atteint un niveau plus élevé.

-> Le Chem miChmouël (Bo 5677) demande pourquoi il n’y a pas de Mitsva de Réiya (de se rendre au Temple) pendant Shabbath, comme c’est le cas pendant Yom Tov.
Il explique que spirituellement parlant, le peuple juif forme une seule entité et il n’est donc pas nécessaire que chacun aille au Temple, il suffit que les Cohanim et les personnes impliquées dans le service du Mikdach le fassent et l’on considère que toutes les âmes juives s’y trouvent, bien qu’elles en soient physiquement éloignées.
En revanche, pendant Yom Tov, les Bné Israël n’atteignent pas le même niveau d’unité et chacun est donc tenu de se rendre personnellement au Temple (Beit haMikdach).

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[le rav Yéhonathan Gefen précise à cela, qu'il est vrai que le concept de "kol Israël arévim ét zé lazé" s’applique à chaque mitsva, mais il semble que c’est nettement plus le cas pour le Shabbat, l’accent étant mis, en ce jour, sur l’unité de la nation juive.
Il ajoute que c'est pour cela qu’il faut veiller, particulièrement pendant Shabbath, à éviter toute Ma’hloket (discorde), parce que c’est l’antithèse de ce que représente le Shabbath. ]

Shabbat Shékalim – un jour d’abondance

+ Shabbath Shékalim - un jour d'abondance :

-> Le midrach (Tan'houma Ki Tissa 3) rapporte que Moché dit à Hachem : "Maître du monde, lorsque je mourrai, je ne serai plus rappelé en souvenir", et Hachem lui répondit alors : "Par ta vie, tel que tu te tiens à présent pour leur transmettre (aux Bné Israël) la paracha Shékalim, et que tu fais le relevé de leur compte (litt. de leur tête), il en sera ainsi chaque année lorsqu'ils la liront devant Moi : ce sera comme si tu te tenais là-bas au même moment et que tu faisais le relevé de leur compte".

-> Le 'Hidouché haRim (Séfer haZékhout) écrit : "Ce midrach constitue la promesse que dans chaque génération, au moment de la lecture de paracha Shékalim, Moché ''relève la tête'' des Bné Israël".

Néanmoins, afin de mériter ce "relèvement", l'homme doit entamer le processus et vouloir sortir de la fange et de la boue dans laquelle il est plongé, comme le dit le 'Hidouché haRim lui-même : "Ce Shabbat, l'homme doit soumettre tout son corps (ses tendances animales) à sa tête (à son esprit), car si ses membres ne suivent pas sa tête, il demeurera "sans tête"."

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce "relèvement'' a été défini par nos Sages (guémara 'Haguiga 16a) : "Six choses ont été dites au sujet de l'homme, enseigne la guémara, trois dans lesquelles il ressemble aux anges, et trois dans lesquelles il ressemble à l'animal".
Une des choses par lesquelles il ressemble aux anges est qu'il se tient debout comme eux, alors que les animaux vont la tête dirigée vers le sol. Car ce membre est constamment occupé à rechercher les choses terrestres.
Et c'est précisément cet aspect que l’homme doit travailler : soumettre son mauvais penchant, s'habituer à "se tenir debout", à diriger son regard vers le haut.

Et durant le Shabbat Shékalim, il jouit d'une aide du Ciel particulière pour y parvenir, car Moché s'occupe de "relever les têtes d'Israël".
Dès lors, la possibilité nous est offerte de nous élever au-dessus des contingences matérielles et des actes purement bestiaux, de nous tenir debout devant Hachem, comme les anges célestes.

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-> Paracha Shékalim : Lue le Chabbat qui précède le début du mois d’Adar (ou à Roch ‘Hodech Adar, s’il tombe un Shabbat).
Passage = les versets de Ki Tissa 30,11-16.

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-> Le Rama miPano (Assara Maamarot) enseigne que le Temple qui se tenait à Jérusalem correspond à un Temple qui se tient au Ciel.
Tout comme Aharon haCohen est le Cohen Gadol d'en bas, l'ange Michael est le Cohen Gadol d'en-Haut. [Pérouch haRoch Al haTorah - trouvant une allusion à cela dans le verset Chémini 9,4 ]
Tout comme les korbanot sont offerts en bas, les korbanot sont offerts en haut.

-> Alors que le Temple inférieur (en-bas) est absent et que nous ne pouvons plus apporter de pièces d'argent pour les korbanot physiques, dans le Temple céleste (en-Haut), les korbanot sont offerts comme à l'accoutumée.
=> Comment ces korbanot célestes sont-ils "achetés"?
D'après les shékalim spirituels générés par notre lecture de la paracha Shékalim.
[rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik Shékalim 2]

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+ Moché élève chaque juif :

-> Moché dit à Hachem : "Quand je mourrai, serai-je oublié ?"
Hachem lui répondit : "Par ta vie, comme tu te lèves pour leur donner la paracha de Shékalim, et "ki tissa ét roch" (tu les comptes - littéralement = tu lèves leur tête - Ki Tissa 30,11), ainsi chaque année quand ils lisent [la paracha de Shékalim] devant Moi, ce sera comme si tu te tenais là à ce moment-là et que tu levais leur tête.
[midrach Tan'houma - Ki Tissa 3]

-> Lever la tête de quelqu'un signifie le transformer d'un animal terrestre, ayant la tête tournée/regardant vers le bas, en un être humain, qui peut regarder vers le ciel. ['Hidouché haRim - début Ki Tissa]
Même dans l'obscurité matérielle et la profondeur de notre génération, lorsque la paracha Shékalim arrive, notre fidèle berger, Moché Rabbénou, nous remonte le moral.

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-> Le rav Pin'has de Koretz zy'a (séfer Imré Pin'has) attendait avec impatience les "Quatre Parachiot" (Shékalim, Za'hor, Para, ha'hodech).
Il disait : "J'ai hâte que la Arba Parachiot arrive pour pouvoir me réunir avec Hachem!"

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-> Le midrach Tan'houma (Ki Tissa 3) rapporte que Moché Rabénou dit à Hachem : "Maître du monde, après ma mort, on ne se souviendra plus de moi."
Hachem répondit : "Je promets que, tout comme tu es avec eux maintenant et que tu leur as donné la paracha Shékalim et relevé leur tête, tu seras avec eux chaque année lorsqu’ils liront cette paracha, comme si tu te tenais devant eux et leur relevais la tête."

-> Le Sfat Emet explique la déclaration du midrach selon laquelle la puissance des Chekalim relève la tête d’une personne en citant le verset de Michlé (14,34) : "La tsédaka élève".
Il cite le Zohar ('helek 4, 142b) qui dit que les actions faites dans ce monde inférieur influencent les choses dans le monde supérieur et affirme qu'après la faute du Veau d'or, un grand tikoun était nécessaire pour les deux mondes. Ce tikoun (réparation) a été réalisé grâce au pouvoir de la tsédaka, qui a été accompli par les Shékalim.
Ainsi, les Shékalim ont relevé les têtes du peuple juif en leur accordant une expiation pour leur faute.

-> Le Sar Shalom de Belz explique qu’à notre époque, lorsque nous n’avons pas de Temple et que nous ne pouvons pas apporter les Shékalim au sens littéral, nous accomplissons cette mitsva en lisant la paracha des Shékalim.

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+ Shékalim = prise en compte de nos mitsvot futures :

-> La guémara (Méguila 13b) déclare : "Il était connu et révélé à Hachem qu’Haman rassemblerait un jour des shékalim pour les utiliser contre le peuple juif. C’est pourquoi Il a placé nos shékalim avant les siens. C’est ainsi qu’il est dit que le premier jour d’Adar, ils annoncent les shékalim."

Le Sefer Tiferet Shmouel demande comment les shékalim protégeaient les juifs à l’époque de Mordé'haî et d’Esther si le Beth Hamikdosh n’existait pas alors et que personne ne donnait de shekalim.

Il répond en citant ce qui est écrit dans nos séfarim Hakédochim concernant la place importante qu'occupe le peuple juif auprès d'Hachem. Chaque fois qu'une nation est en guerre avec une autre et a besoin d'aide, Hachem consulte son registre pour voir si elle possède un mérite qui la rende digne d'être sauvée. S'il ne trouve pas de mérite, Il ne l'aide pas.
En revanche, si le peuple juif a besoin d'aide, même s'il ne possède aucun mérite qui le rendrait digne d'un miracle, Il compte les mérites de mitsvot qu'ils accompliront à l'avenir et noud sauve grâce à ce mérite, car nous avons un historique de mitsvot et Il sait que nous les accomplirons.

Cela s'est même produit à la Création du monde. Bien que le peuple juif n'ait encore accompli aucune mitsvot, Hachem lui a tout de même attribué les mitsvot qu'il accomplirait à l'avenir.
Nos Sages disent qu'Hachem a créé le monde grâce au mérite de ces mitsvot futures.
[Beréchit bara = Au commencement, Il a créé, par le mérite d'Israël, ceux qu'on appelle "les premiers"" (Rachi - Béréchit 1,1).

On retrouve la même idée lors de la sortie d'Égypte (voir Rachi - Bo 13,11-12). Moché demanda à Hachem par quel mérite le peuple juif était sorti d'Égypte et Hachem répondit qu'Il les sauvait par la mérite des mitsvot qu'ils accompliraient à l'avenir, après avoir reçu la Torah.

Nous pouvons maintenant expliquer le midrach selon lequel Hachem a placé les shékalim du peuple juif avant ceux d'Haman. Cela signifie qu'Hachem a placé le mérite de nos shékalim que nous donnerions à l'avenir afin de contrebalancer les shékalim d'Haman, même si ces shékalim ne seraient pas donnés avant la reconstruction du Temple.

C'est également le sens de la guémara : 'Le premier Adar, ils annoncèrent les shékalim". Cela signifie qu'Hachem annonce dans le Ciel que le mérite des shékalim à venir est déjà suffisant pour aider peuple juif.

Il en va de même aujourd'hui. Lorsque nous avons besoin de l'aide d'Hachem, nous Lui demandons d'avoir pitié de nous par le mérite des mitsvot que nous accomplirons après qu'Il nous aura sauvés de nos ennemis.

Nous récitons également ceci dans le piyout : "Que la lumière de la géoula générale et personnelle brille sur nous par le mérite des shékalim que nous donnerons lors du Temple à l'avenir."

[ainsi en ce Shabbath Shékalim, c'est un moment propice pour réaliser qu'on est sublime et aimé par Hachem, car peu importe ce que l'on actuellement, Il en compte les mitsvot que nous désirons faire (mais que nous ne pouvons pas faire) et celles que nous ferons ultérieurement.
Cet amour d'Hachem, qu'on compte à Ses yeux, doit nous motiver à faire de notre mieux pour lui témoigner concrètement de notre amour.]

Shabbath – un jour de paix incroyable

+ Shabbath - un jour de paix incroyable :

=> Pourquoi dans la prière du vendredi soir nous mentionnons dans la bénédiction : "qui étend la tente de paix sur nous" (aporéch Souccat Shalom alénou), tandis que les soirs de la semaine, nous terminons cette bénédiction par : "qui protège Son peuple Israël pour toujours" (chomer ét amo Israël la'ad)?

-> Le Zohar (Béréchit 48a) nous enseigne :
"Viens et constate que lorsque nous procédons à la sanctification le soir du Shabbath, une tente de paix s'étend sur le monde ...
il n'y a pas besoin de prier pour la protection comme nous le mentionnons [en semaine] : "qui protège Son peuple Israël pour toujours" : car c'est seulement durant les jours de la semaine que le monde est protégé par le mérite de nos prières.
Par contre, durant le Shabbath, une tente de paix s'étend sur le monde et le protège de toute part, même les réchaïm sont protégés du guéhinam.
Ainsi, la paix s'étend sur les créatures des mondes supérieurs et inférieurs.
Lorsque nous sanctifions le jour du Shabbath, nous prononçons : "qui étend la tente de paix sur nous, sur Ton peuple Israël et sur Jérusalem"."

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-> Un autre Zohar (Kora'h 176a) rapporte :
"Viens et constate que le monde se maintient uniquement par la paix. Lorsque Hachem a créé le monde, ce dernier ne pouvait se maintenir tant que la paix ne vint se poser sur lui. De quoi s'agit-il?
Il s'agit du Shabbath qui est la paix des mondes supérieurs et inférieurs, ce qui permet au monde de se maintenir".

Le jour du Shabbath est le secret sur lequel repose toute la foi.
[rabbi Chimon bar Yo'haï - Zohar - Yitro 92a]

"Six jours, le travail sera accompli, et le septième sera pour vous, un Shabbat consacré à Hachem ... N'allumez pas le feu dans toutes vos demeures le jour du Shabbat" (Vayakel 35,2-3)

-> Dans l'introduction du Noam Elimélé'h, il est écrit :
L'homme a le devoir d'unir constamment les jours de la semaine au jour du Shabbath.
Le service divin réalisé durant les jours profanes doit être empreint de crainte tandis que le service divin réalisé durant le Shabbath doit être empreint de miséricorde et d'amour.
Ainsi, en nous souvenant du jour du Shabbath chaque jour de la semaine, nous attirons son influence d'amour et de miséricorde sur les jours profanes.
C'est la raison pour laquelle nous comptons les jours de la semaine uniquement en fonction du jour du Shabbath : 1er jour, 2e jour, 3e jour, ...

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-> "Toutes les bénédictions des mondes supérieurs et du monde inférieur dépendent du 7e jour ... parce que c'est par ce même jour que sont bénis les 6 jours de la semaine" (Zohar - Yitro 88a).
Le 'Hatam Sofer écrit : Néanmoins, un réceptacle est nécessaire afin de recevoir cette bénédiction. Or, il est écrit : "Hachem n'a pas trouvé de meilleur réceptacle pour contenir la bénédiction pour Israël, que la paix" (fin du traité de la Michna de Ouktsine)".

C'est pourquoi le Satan s’applique autant à susciter la discorde durant le Shabbat, jour prédisposé à la bénédiction, afin qu'aucun réceptacle ne soit prêt à la recevoir et que tous les jours de la semaine en soient entachés.
C’est d’après cela qu'il explique le verset : "Six jours, le travail sera accompli, et le septième sera pour vous" = le travail des six jours de la semaine sera accompli (de lui-même) pour vous, par le mérite de la sainteté du septième jour.
Ainsi : "N'allumez pas le feu (de la discorde) le jour du Shabbat", afin que la bénédiction puisse trouver un endroit où résider.
Le Zohar (Tikouné haZohar 48) rapporte que, dans le verset "N'allumez pas le feu", la Torah fait référence au feu de la dispute, pour nous mettre en garde : N'allumez pas le feu de la dispute dans toutes vos demeures le jour du Shabbat".

-> Le Baal haTourim écrit aussi à propos de ce verset : "Hachem dit : Mon feu (le feu du Guéhinam) s'arrête pour vous le jour du Shabbat, que votre feu aussi s'arrête."

-> Le Ben Ich 'Haï écrit au nom du 'Hida (Moré Baétsba 140) : "La veille de Shabbat, à l'approche de min'ha, est une heure dangereuse, prédisposée à la dispute d’un mari avec sa femme et des serviteurs entre eux.
Le Satan investit alors beaucoup d'efforts à semer la discorde. L'homme craignant D. soumettra son mauvais penchant et ne réveillera aucune dissension ni reproche, mais au contraire, il recherchera la paix."

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne ailleurs sur ce sujet :
"Sache que celui qui se dispute avec sa femme, ses enfants ou ses serviteurs est convaincu d’avoir raison et de devoir reprocher les erreurs commises par ces derniers dans la conduite de la maison. Mais en réalité, s'il possède un peu de bon sens, il comprendra que l'erreur commise n'est pas de leur fait, et n'est pas l'œuvre de leurs mains, mais celle du Satan, afin de susciter la discorde à ce moment-là ...
C'est pourquoi chacun veillera, lorsqu'il verra une quelconque bévue ou un préjudice se produire dans la bonne marche de la maison, à ne pas en imputer la faute à son épouse ni à ses serviteurs, et à ne pas se disputer avec eux. Mais, il se rappellera la raison que nous avons mentionnée plus haut, car elle est vraie, et il gardera alors le silence sans se disputer ni se mettre en colère.
En agissant de la sorte, il sera heureux dans ce monde et dans le monde futur".

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-> "Le Satan provoqua l'homme et la femme avant l'entrée du Shabbath ce qui entraîna des disputes entre eux.
Rabbi Méïr entra là-bas et les empêcha de se disputer durant 3 veilles de Shabbath consécutives jusqu'à ce qu'il fasse la paix entre eux" (guémara Guittin 52a).

Ainsi, nous apprenons de ce passage : chaque veille de Shabbath, le mauvais penchant vient créer des disputes pour chasser la paix et faire entrer les querelles dans les maisons.

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=> Pourquoi le mauvais penchant provoque-t-il des disputes précisément avant l'entrée du Shabbath?

-> Le Maharam Shick répond en citant la guémara (Shabbath 119b) :
"Deux anges de service accompagnent l'homme le soir de Shabbath depuis la synagogue jusqu'à sa maison : un ange bienfaisait et un ange accusateur. Lorsque l'homme arrive dans sa demeure et trouve les bougies de Shabbath allumées, une table préparée et le lit prêt, l'ange bienfaisant dit : qu'il soit ainsi Shabbath prochain! Et l'ange accusateur répond : "amen" malgré lui.
A l'inverse, si la maison n'est pas prête pour Shabbath, l'ange accusateur dit : qu'il en soit ainsi Shabbath prochain! Et l'ange bienfaisant répond malgré lui : "amen!"."

-> Le Maté Yéhouda rapporte que l'ange accusateur en question qui raccompagne l'homme de la synagogue jusqu'à sa maison est Samaël.
Il est rapporté dans de nombreux ouvrages qu'il s'agit du Satan, comme l'a écrit le Chla haKadoch : "Sache que Samaël c'est le mauvais penchant".
Il provoque des querelles et des disputes juste avant l'entrée de Shabbath afin d'empêcher que la maison soit prête en l'honneur du Shabbath car cela lui permettra, que D. nous en préserve, de maudire cette famille et l'ange bénéfique devra répondre "amen" malgré lui.
Dans le cas contraire, s'il en réussit pas à semer la zizanie avant Shabbath, c'est l'ange bienfaisant qui réussira à bénir toute la famille et l'ange accusateur devra répondre malgré lui "amen".

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-> "Vous n’allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Shabbath" (lo Tévaérou éch bé'hol mochvoté'hem béYom haShabbath - Vayakel 35,3).

-> La défense d’allumer est considérée par le Talmud comme devant servir de prototype pour l’ensemble des 39 travaux interdits le Shabbath [guémara Shabbath 70a].
(Les Cohanim avaient le droit d’allumer du feu dans le Michkan pour offrir les Korbanot de Shabbath. Mais ils n’avaient pas le droit
d’exécuter ce même travail à des fins privées).

-> La guémara (Shabbath 119a) enseigne que la sainteté du Shabbath est juxtaposée avec l’interdiction d’y allumer le feu, afin de nous enseigner que le feu (un incendie) ne peut se trouver que dans une maison où l’on transgresse le Shabbath.

-> Les dernières lettres de : "tévaérou éch béhol mochvoté'hem" (תְבַעֲרוּ אֵשׁ בְּכלֹ משְֹׁבתֵֹיכֶם) forment le mot "Shalom" (שלום), or nous nous saluons le Shabbath en disant "Shabbath Shalom".
L'objet de cet injonction est que comme le jour du Shabbath les gens sont libres de tout travail, ils se rencontrent et se mettent à parler de toutes sortes de choses, si bien qu’ils risquent d’en venir à faire du lachon ara, en "allumant" le feu de la discorde, ce qui est une interdiction absolue un jour de semaine et à plus forte raison le
Shabbath. C’est pourquoi on nous met en garde : "Vous n’allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Shabbath".
Au contraire, si un feu s’est allumé un jour de semaine, le Shabbath on fera la paix (Shalom), on pardonnera et on reviendra vers Hachem [Méchiv Dévarim].

[à Shabbath on dit de nombreuses fois : "Shabbath Shalom", pour avoir bien en tête que le jour du Shabbath = Shalom (le reste, on verra plus tard!).]

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-> "Vous n'allumerez pas de feu (éch) dans toutes vos demeures le jour du Shabbath" (Vayakel 35,3)

-> Le Zohar (Tikouné Zohar 48 daf 85a) dit que la colère allume le feu du guéhinam ce qui crée un dommage incommensurable le jour du Shabbath, car comme nous le feu du guéhinam s'arrête ce jour-là.

-> On peut voir une allusion à cela dans notre verset : le mot "colère" (kaas - כעס) a une valeur numérique de 150.
En général, la colère fait rage entre 2 personnes ce qui équivaut à une valeur numérique de 300.
Le Satan se trouvant parmi eux, la guématria alors obtenue est de 301, qui est celle du mot : feu (éch - אש).

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-> De même, le Alchikh haKadoch enseigne qu’une faute commise le Shabbath est plus grave qu’une faute commise les autres jours de la semaine. En effet, si le feu du Guéhinam s’éteint à l’arrivée du Shabbath, il se rallume si on commet une faute le Shabbath.
La Torah nous met en garde : le Shabbath, n’allumez pas par vos fautes, le feu du Guéhinam! Soyez particulièrement vigilants à ne pas commettre de faute le jour du Shabbath.

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-> Le Réchit 'Hokhma (chaar hakédoucha) enseigne :
Il est évident que cet avertissement de ne pas se mettre en colère est valable tout le temps. Cependant, la colère durant le Shabbath engendre un dommage sans limite.
La colère étant "le feu du guéhinam" qui est annulé le jour du Shabbath, la colère allumerait ce feu durant ce jour sacré et la punition serait immense.
Le jour du Shabbath, l'homme doit impérativement être dans l'humilité et apprendre de la façon d'agir du Créateur qui est patient et magnanime avec les réchaïm le jour du Shabbath car Il éteint le feu du guéhinam.
Celui qui acquiert l'humilité le jour du Shabbath en tirera profit durant les 6 jours de la semaine car le jour du Shabbath est la source de toutes les saintetés.

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-> "Vous n'allumerez pas le feu dans toutes vos demeures, le jour du Shabbat" (Vayakél 35,3)

=> En tant que travail interdit le Shabbat, pourquoi la Torah n'explicite que le fait d'allumer le feu?

-> En fait, pendant le Shabbat, le Guéhinam (l'enfer) ne fonctionne pas. Hachem ne laisse pas le feu du Guéhinam avoir de prise en ce jour saint. Mais la condition pour cela est qu'Israël respecte le Shabbat. Par contre, lorsque les juifs ne respectent pas le Shabbat et réalisent des travaux interdits, par cela ils allument eux-même le feu du Guéhinam.
Hachem dit alors : "Moi, J'ai éteint le feu du Guéhinam, et vous, vous l'avez allumé!" C'est pourquoi, la Torah dit clairement : "Vous n'allumerez pas le feu dans toutes vos demeures, le jour du Shabbat", il s'agit du feu du Guéhinam que le juif allume quand il profane le Shabbat et y réalise un travail interdit.
De même, pendant Shabbat, chaque Juif doit veiller à préserver son coeur pour ne pas laisser la contrariété et la colère y pénétrer. Car le feu de la colère qui brûle dans le coeur, c'est le feu du Guéhinam lui-même. C'est pourquoi, le jour du Shabbat, où le feu du Guéhinam est éteint, il faut encore plus être vigilant à ne pas s'énerver, ne pas se contrarier ni éveiller de la colère, car celui qui se met en colère pendant Shabbat, y allume le feu du Guéhinam.
Et c'est à ce propos qu'il est dit : "Vous n'allumerez pas le feu dans toutes vos demeures, le jour du Shabbat".
[Tikounim]

Les juifs furent soumis au pouvoir de ce roi cruel [A'hachvéroch] pour avoir transgressé le Shabbath.
Le livre de Né'hémia (13,15-21) relate que les juifs gardaient souvent leurs magasins ouverts le vendredi soir après l'arrivée du Shabbath. Pour les punir, D. donna à A'hachvéroch une puissance plus grande qu'il ne le méritait et lui permit d'opprimer brutalement Israël.
[Méam Loez - Méguilat Esther 1,1]

+ Selon nos Sages, tout celui qui observe le Shabbath peut prendre un décret et Hachem veillera à l'accomplir. [midrach Chémot rabba 25]

C'est pour cette raison qu'en Egypte Pharaon n'a pas permis aux juifs d'observer le Shabbath, comme le mentionne le midrach Tan'houma.
Il avait peur qu'en leur permettant d'observer le Shabbath, cela mènera qu'au final leurs prières pour la délivrance soient acceptées.
[rav 'Haïm Palaggi - Ténoufat 'Haïm]

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[cela doit renforcer à nos yeux la puissance et la valeur qu'a chaque Shabbath, et dont D. dit à Moché : "J'ai un beau cadeau dans Mon trésor, son nom est Shabbath" (guémara Bétsa 16a).]

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-> "Les égyptiens firent travailler les Bné Israël avec dureté (béfarékh)" (Chémot 1,13).
Le principe de at bach, consiste à associer à la première lettre de l'alphabet : aléph à la dernière tav, et à la seconde lettre bét l'avant dernière chin, ...
Ainsi, par ce principe, aux lettres : פרך (parékh), on associe les lettres respectives qui forment le mot : וגל de guématria 39, qui représente les 39 types de travaux productifs (méla'hot) imposés avec dureté aux esclaves juifs en Egypte.
C'est pourquoi, lorsque les Bné Israël furent libérés de cette servitude, dès la sortie d'Egypte, ils reçurent l'ordre de ne pas effectuer ces 39 travaux durant chaque Shabbath.
[Tossefot - guémara Pessa'him 117b]

-> Selon le Maasé Nissim, les juifs se reposent le Shabbath en s'abstenant de 39 méla'hot, afin de se rappeler de la sortie d'Egypte.

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-> Shabbat est un jour pour Hachem comme pour nous, comme nous le voyons dans le fait qu’il nous est interdit d’exécuter les 39 melakhot. En fait, "Hachel é'had" (Hachem est Un - יהוה אחד) a une guématria de 39, car comme c’est un jour pour Hachem et pour nous, nous nous abstenons d’effectuer les 39 melakhot.

Combien y a-t-il de chapitres dans le Traité Chabbat? 24.
De plus, les premières lettres des 5 mots "ושמרו בני ישראל את השבת" (le peuple juif observera le Shabbat - Ki Tissa 31,16), ont une valeur numérique de 24.
[rav Yéhochoua Alt]

"On m’a transmis que l’alimentation de l’âme et du corps et toute la santé du corps humain, dépendent du 4e repas [de Shabbath], qui est comparable à des millions de vitamines!
Cela suffit à un homme sage pour qu’il comprenne de lui-même et agisse en conséquence"
[rabbi Salman Moutsafi]

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-> "Toute personne qui ne mange pas un kazaït de pain au 4e repas nourrira des regrets au Monde futur!"
['Hazon Ich]

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-> Les décisionnaires rapportent au nom du Zohar : "Tout celui qui n’accomplit pas le 4e repas est considéré comme n’ayant pas effectué le 3e repas en l’honneur du Shabbath".
En négligeant de prendre ce repas (mélavé malka), on montre que le 3e repas a été pris en tant que diner, comme tous les soirs, et non pas en l’honneur du Shabbath.
[on conservera néanmoins un certain mérite partiel à avoir pris le 3e repas]

-> Il faut être très vigilant à accomplir le "4e repas" (Mélavé Malka) par le mérite duquel on méritera de se lever lors de la «Résurrection des Morts". Nos Sages disent à ce propos : "Le corps humain comprend un os dénommé "Niskoï" (ou "Louze", ou "Bètouel" ou encore "klivosset"), lequel ne tire profit d’aucun repas pris par l’homme, hormis le 4e repas de l’issue de Shabbath. Ne jouissant d’aucune autre nourriture, cet os n’a pas tiré profit du fruit interdit consommé par Adam, et le décret de mortalité ne l’affecte pas. Il n’est donc pas combustible, ne pourrit pas, ne peut être réduit en poussière ni être brisé, et c’est par lui que l’homme se reconstituera lors de la résurrection des morts" (voir Michna Broura – Choul’han Aroukh Ora'h 'Haïm 300).

[d'après le Kitsour Choul'han Arou'h du rav Ich Maslia'h]